01/12/2004
De la responsabilité des universitaires...
Contre Gollnisch….
Que vois-je ? Bruno Gollnisch, que j’ai eu l’occasion de (trop) croiser au Parlement européen serait « inattaquable » en dépit de ses propos révisionnistes et négationnistes…C’est beau le « droit d’expression » à l’Université et dans les média…
Je déteste les censures. Je déplore les tendances liberticides très fortes qui se manifestent aujourd’hui en profondeur. Je dénonce le « gouvernement des juges » et le juridisme ambiant. Et j’ai trop de respect pour la liberté d’opinion pour ne pas affronter de face, démocratiquement, toutes les opinions, y compris celles qui donnent la nausée…Le propre de la démocratie c’est de devoir combattre démocratiquement les ennemis de la démocratie.
Mais je cherche à comprendre…
Comment des "vides juridiques" nous condamnent-ils à donner licence à une chaîne de télévision qui a pour vocation de semer la haine? Pire :pourquoi des animateurs de programmes et des journalistes se croient-ils obligés de faire de la publicité à cette chaîne …même en la dénonçant ?
Comment des universitaires peuvent-ils, s’abritant derrière leurs toges, commettre des crimes non prévus par le Code pénal, contre l’intelligence, contre l’esprit, contre la Vérité ?

Comment autant de professeurs d’université restent-ils les bras croisés devant des paroles de honte qui non seulement insultent le passé mais hypothèquent l’avenir ? Faut-il rappeler que toutes les horreurs faites ont d’abord été des horreurs pensées et dites ? Hitler avait tout annoncé. Milosevic n’a fait qu’appliquer des « résolutions » de « l’académie des écrivains de Belgrade ». Jetez un coup d’œil dans les archives des journaux, des barreaux, des facultés, des administrations des époques de la « montée du nazisme »….
Le négationnisme et le révisionnisme, aujourd’hui, sont en vogue parce que l’Holocauste, la Shoa, l’Indicible gênent celles et ceux qui aimeraient pouvoir se déchaîner avec autant de verve que les « faiseurs de haine » d’ « Avant-Hitler » qui leur servent toujours de maîtres-penseurs …
Gênant, cet Hitler ! Il en a trop fait : cela donne mauvaises conscience. Et il n’a pas réussi tout ce qu’il voulait faire…
En minimisant, banalisant, relativisant l’ampleur et la spécificité de la Shoa, les doctes universitaires assoiffés de "pureté" (de la race?) tentent de dédouaner leur mauvaise conscience. Ils ne peuvent qu’être ravis qu’un politique, érudit, consacré par la double onction du savoir et du suffrage universel abonde dans leur sens. « Abonde » …comme « nausée-abonde »
Que des « vides juridiques » dans cette ère de trop-plein de juridisme puissent garantir une impunité à Maître Gollnisch me conforte dans le (petit) soutien que j’ai donné sur ce Blog à un prof de droit de Strasbourg, Chantal Cutajar, qui a compris que face à la Bêtise meurtrière et suicidaire, il fallait agir, concrètement, et non seulement mugir avec la facilité des pétitionnaires ou des éditorialistes professionnels(cliquez sur "initiatives" pour retrouver Chantal Cutajar) .
La "réponse Cutajar"
J’apprends que son projet de tenir des cours de droit « délocalisés » au Struhtof, à Schirmeck, dans un de ces « lieux de la honte » que personne ne peut gommer est en cours de réalisation. Voilà une excellente nouvelle J’espère seulement que la « réponse Cutajar » fera école : toutes les disciplines du savoir ne sont-elles pas directement concernées par ce que l’Europe a connu de pire ? Le destin collectif dépend des petites contributions de chacun, quelle que soit sa place et son pouvoir. Chantal Cutajar a le mérite (qui devrait être plus largement partagé) de nous rappeler que le professorat, est d’abord un engagement citoyen. Comme tous les métiers, d’ailleurs…

19:15 Publié dans Edito, Initiatives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note











Commentaires
Gollnish est assurément un âne qui fait l'âne, mais il n'en demeure pas moins qu'il ne nie pas les crimes mais s'en remet aux historiens pour en préciser le mode. Bien sûr qu'en espèce un crime les vaut tous. Mais il y a eu et il y a encore dénombrement et analyse pour ceux de Milosevic. C'est mainternant et notre époque. Et le mode n'est pas futile. Qu'il en soit de même pour toute époque n'a rien de choquant : les universitaires ne sont pas les remparts de nos émotions, pas plus que les médecins légistes.
Et ce qui vaut pour l'histoire contemporaine vaut, pour l'historien, au même titre que toute l'Histoire.
La distanciation est nécessaire, elle ne rend pas docte mais protège du "poids émotionel" des matériaux historiques.
Sinon vous devez admettre Michelet au paragon de la recherche.
Quant à savoir en quoi le métier de plombier est un engagement citoyen...c'est plus affaire de moralisateur que de moraliste.
Reponse DR Qu'est-ce que vous avez contre les plombiers? Un tuyau? Ce qu'il faut éviter c'est ce que Nietsche nommait la "moraline". Qu'est-ce que vous avez aussi contre les ânes? Ils n'aimeraient sans doute pas votre comparaison. Pour ce qui est de la "distanciation", vous avez raison:il faut prendre des distances avec tous ceux qui directement ou indirectement ont des émotions troubles devant l'Indicible. Je transmets vos commentaires à Gollnisch: cela le confortera dans sa certitude de ne pas être isolé...
Écrit par : C2 | 03/12/2004
Et voilà enfin en grandeur réel ce qu'est un "blog-propriétaire"
Toujours les mêmes anathèmes, "si t'es pas comme moi t'es comme l'autre sur qui je crache".
C'est donc seulement ça ces "blogs", des dégueuloirs personnels ? Des locus-solus d'invectitve ?
Mon cher journaliste, c'est vous-même qui êtes dans l'émotion ("trouble", pourquoi "trouble", un jugement?) devant l'indicible dont vous ne cessez de dire ; ou plutôt de vous y faire parler/écrire/raconter.
"Abonde"-"nausée-abonde", doctes universitaires assoiffés de pureté (de la race), c'est le style même des pamphlétaires nazis...enfin, de leurs journalistes à eux.
Mais tout est sauf quand vous vous attibuez sans vergogne et à vous-même "le courage d'aborder en face", le "respect de toutes les opinions" et même "celles qui donnent la nausée"
Ah le grand courageux que voilà...
Et il nous cite Nietsche pour solde de tout compte.
Pas peu fier de s'étaler.
Alors on va arrêter-là la fréquentation.
Bonne retraite logorhéique pleine de certitudes, sans doute à la hauteur de celles du temps de l'émargement chez franc-antilles...(voyez comme il est facile d'être d'une mauvaise foi acide et de jouer de la pirouette comme vous)
Mais avant que de vous laisser à vos méchancetés qui tournent courts et ne sont qu'échappatoires, une remarque : si on n'avait pas déterré les cadavres des cadres polonais dont les russes attribuaient l'assassinat aux allemands - à Katyn, je crois - si l'historien et le légiste n'avaient pas fouillé la merde de l'Histoire, on attribuerait toujours pas le crime aux russes eux-mêmes.
Moralité : je citerai un auteur que vous ne pouvez ignorer, Verhoven Muckenschiess
"Pas la peine de se référer à de grandes plumes si c'est pour ensuite tremper son duvet dans l'eau pâle."
Remarque DR:j'ai toujours adoré le pseudo comme jeu, mais je l'ai toujours détesté comme masque. Une honte de soi-même ou une de ces lâchetés qui font tant de ravages? C2, il est vrai, est signe plus que signature:"nos jugements nous jugent" rédirait Valéry. Je cite souvent cette phrase non par facilité mais par esprit de charité. bonne chnace:tout le monde est perfectible.
Écrit par : C2 | 04/12/2004
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