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04/12/2004

"L'Eternel Retour aux toilettes"




« Merdre ! Oh ! voilà du joli, Père Ubu ! » Comment ne pas penser à Alfred Jarry ? Ou à Louis- Ferdinand Céline : « La merde a de l’avenir. Un jour, on en fera des discours »

topor_jpeg_1.jpgC’était ce soir au « Parlement des philosophes » à Strasbourg lors d’ un débat brillant autour d’un « gros » mot : Nihilisme !

Jean-François Mattei lance doctement la réflexion, à partir de Nietzsche et de Heidegger bien sûr, en lançant des texto à Platon, Paul Bourget, Tourgueniev, Balzac, Victor Hugo… « Le Rien ? Ce n’est pas rien…Un diamant noir »

topor_jpeg_2.jpgPeter Sloterdijk confirme qu’il sait allier humour et profondeur. Le ni-hilisme, c’est « le manque d’enracinement dans quelque chose qui te saisit ». Le sens trouvé dans le non-sens. C’est le phénomène du « parfait cynique » de Diderot dans le « Neveu de Rameau ». La réduction de tout au métabolisme.

Le métabolisme ? « La vie n’est que métabolisme et tout métabolisme aboutit dans les toilettes »…N’était-ce pas déjà une vision prémonitoire de la société de consommation : on avale et on évacue …Ah ! « le bonheur de l’Homme qui se vide », se soulage…Le « Dernier Homme » sera le dernier à connaître le joie des toilettes. Tout est vanité, non ?

Jean-François Courtine surmonte son envie de tirer la chasse et pense que le nihilisme, qiu consiste à dire que rien d’humain n’a de sens , est en germe dans la métaphysique « classique » qui privilégie le « céleste » au détriment du terrestre, du provisoire, du périssable….

Vous suivez ? Il s’agit de trouver ou non du sens à la double question leibnizienne: « pourquoi quelque chose à la place de rien ? »…et « pourquoi cette chose à la place d’autre chose ? »

La très sartrienne Catherine Malabou doit clore ce premier tour de table : « Je dois faire la synthèse entre la merde et la métaphysique. Peut-on faire la différence ? J’ai trouvé un lien : c’est le papier »

topor_signature_jpeg.jpgJe résume. N’allez surtout pas croire que les deux heures de débats ne méritent que ce « compte rendu ». J’y reviendrai…après digestion. Quand j’aurai connu la joie de l’Homme « qui se vide »…

En attendant, Antonin Artaud avait raison : « Quand ça sent la merde, çà sent l’Etre ».Comme disait je ne sais plus qui : « quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter ». C’est que fait le coq sur le tas de fumier en affirmant son Etre en transcendant son Néant.

Commentaires

tres beau Doudou, tres bien. Ca donne envie de participer au colloque.

Ecrit par : Pauline | 04/12/2004

excellent comme tout ce que tu fais
bises

robert

Ecrit par : Robert Walter | 06/12/2004

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