29/08/2005
Pour un Conseil national des affaires européennes
"Les implications pour la France et l'Europe du non français du 29 mai à la Constitution européenne". Un thème qui s'impose pour la conférence des ambassadeurs...Le Président Chirac a annoncé qu'il avait demandé à son Premier ministre, Dominique de Villepin, de lui faire des popositions en vue de créer une "nouvelle adhésion des citoyens au projet européen". Cela s'impose aussi en effet... Après la victoire du "non" au référendum du 29 mai, il faut, pour le président de la République, "proposer aux français une autre façon de construire l'Europe, plus démocratique et qui les associe mieux aux décisions qui concernent leur avenir." Pour Jacques Chirac il conviendra d'associer davantage "le Parlement, mais aussi les collectivités locales, les partenaires sociaux et la société civile aux processus de décision européens". Il est grand temps...
Edgar Morin le soulignait voilà longtemps déjà:"l'Europe n'est pas qu'une affaire supranationale: c'st une question infranationale". D'où notre idée déjà énoncée sur ce Blog bien avant le Référendum de créer un Conseil national des affaires européennes et d'affecter ces mêmes affaires non à un ministre qui dépend du Quai d'Orsay mais à un vice-premier ministre à compétences horizontales qui serait le vrai "Monsieur (ou la Madame)Europe" en France et le "Monsieur (ou la madame) France" en Europe.
Les propositions françaises seront élaborées dans la perspective du sommet informel organisé les 27 et 28 octobre par la présidence britannique pour tenter de surmonter la crise ouverte par les "non" français et néerlandais au projet de Constitution européenne. La France rappellera à cette occasion "le besoin d'institutions rénovées et adaptées" et réaffirmera sa vision d'une "Europe politique, ambitieuse, sociale et solidaire" a aussi déclaré Jacques Chirac pour qui "L'Europe n'a pas vocation à être une vaste zone de libre échange diluée dans l'économie globalisée. Elle est avant tout un projet politique fondé sur des valeurs communes."
C'est cet aspect politique de la construction européenne qu'il importe de "constituer". En réconciliant les idées de Monnet-Schuman et du général de Gaulle. Et en poussant la logique européenne plus loin que le faisait le projet de traité constitutionnel, notamment dans des secteurs clefs: la défense, la sûreté intérieure et la Justice, la protection civile, la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité, l'énergie, l'environnement, la recherche et le développement, la fiscalité, le "modèle social".
Le temps de vrais "Etats généraux de l'Europe" ne devrait-il pas sonner? Secteur par secteur et général. Localement, régionalement, nationalement et au niveau européen... Tout cela peut s'organiser. C'est étrange que ces "affaires européennes" si essentielles, au-delà des clivages entre les tenants du NON et ceux du OUi au projet de traité constitutionnel, tiennent aussi peu de place des ces "universités d'été" qui marquent la "rentrée" de tous les partis...
20:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
28/08/2005
"Le trop plein de vide" des "Européens menacés de lassitude"
Bonjour, c'est la rentrée...même pour celles et ceux qui ne sont pas partis. "Vacances":drole de mot..."Vacant", c'est vide...Qui disait que nous vivions dans une ère du "pain, des jeux et du vide"? Un mauvais esprit sans doute. En fait, c'est Karel Kosik, lauteur de "la crise des temps modernes.Dialectique de la morale". Kosik, c'est l'un des écrivains de "l'Est" que j'ai (re)découvert grâce à un excellent ouvrage d'Alexandra Laignel-Lavastine qui m'a bien occupé le mois d'aoû:"Esprits d'Europe.Autour de Czeslaw Milosz, Jan Patocka, Istvan Bibo" (calmann-levy).
Voilà un livre que tout le monde aurait dû lire avant le référendum sur l'Europe.Les cocus du NON et les Floués du OUI y auraient trouvé matière à réflexions....pour qu'ensemble nous sortions de cette ère "d'autosuppression de l'Europe" comme disait Patocka en lançant:"La trahision ne sauve rien.Elle achève de touot perdre". C'est avec l'esprit des "dissidents" qu'il nous faut renouer pour sortir de cette Krisis européenne qui provient plus des conséquences d'un élargissement non présenté comme un enrichissement et d'une crise des pensées politiques et économico-sociales que du contenu même du projet de Constitution pour l'Union...
L'idée des "Etats généraux" de l'Europe s'impose de plus en plus, mais elle doit s'appuyer sur des réflexions vsant à "penser l'Europe".Rien de nouveau sous le soleil.On en revient à Husserl en 1935:"Ou l'Europe sombrera dans la haine de l'esprit, ou elle renaîtra de l'esprit de philosophie".... Cela présuppose que nous sortions de cette "lassitude" qui selon Husserl déjà était décrite comme "le plus grand péril qui menace l'Europe". (dessin de Tomi Ungerer)
13:55 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe










