23/10/2005

"France, qu'as-tu fait de ton NON?"...Six mois après, le "coma"...Comment "riposter " aux impostures?...

Quelle tristesse… Ce n’est évidemment pas de la faute de « Ripostes », cette excellente émission dominicale de France 5 produiteet présentée par Serge Moatti… Ce n’est pas même de la faute des intervenants… Jean-Louis Bourlanges, Jacques Nikonoff, Marylise Lebranchu, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Jorge Semprun ont des qualités et des tempéraments différents :le plateau était plutôt bon…Mais la tristesse vient d’un constat de base : «  France, qu’as-tu fait de ton NON ? » est une question qui ne pouvait pas avoir d’autres conséquences que celles que nous subissons actuellement :une Union européenne dans un « coma profond », en panne, en crise, en berne, avec des dupes du Oui et des cocus du Non… Et des « exploiteurs de crise » qui sont exactement les adversaires déclarés de ceux qui ont le plus provoqués le Non :les souverainistes, les « ultra-libéralistes », les héritiers de Maggie Thatcher, les adversaires d’une Europe-puissance ou d’une Europe influente.
Le tout avec des formules ou stupides ou mensongères ou hypocrites. Ou les trois en même temps, dans les mêmes bouches...

Attac prend ses rêves pour des réalités, joue avec des « y a qu’à »,"yfautque","suffitde"et  refuse de voir les réalités en face, re-cultive un discours idéologique donc dégagé du respect du « principe de réalité ». Nikonoff a crevé son plafond avec des "plans A, B, C"  qui ne font rire que ceux qui savent que le ridicule ne tue plus depuis longtemps … La crise de la pensée,aujourd’hui, est à gauche de la gauche. A cet endroit où, comme sous la troisième République, les extrèmes se retrouvent insidieusement....

Mélenchon s’est fait intelligemment remettre en place par Jorge Semprun. « Monsieur le sénateur » parle « au nom du peuple » alors que le système sénatorial français est le moins « démocratique » de nos démocraties : le pourfendeur des élites est par fonction élu des notables…
Monsieur Dupont-Aignan peut arborer les sourire satisfait de ceux qui triomphent (en apparence et à court terme) grâce à la complicité « objective » de ses pires adversaires. Il se réclame de De Gaulle en oubliant que le général a fait accepter le Traité de Rome et a lancé un « plan Fouchet » qui se retrouvait dans le projet de Constitution.
Et il réinvente ce qu’il méconnaît :l’Europe de Metternich, du Conseil de l’Europe et  de Louis Armand. Son « Europe à la carte » strictement intergouvernementale est une Europe sans atout face aux défis qu’il prétend relever ( Chine , inde, mondialisation, etc…) Un faux souverainisme archaïque dans des habits neufs déjà  usés.
Le tout , comme chez les démagogues populistes dits de « gauche », s’appuie, chez les "NONISTES" sur les critiques « de Bruxelles », des « eurocrates », de « élites », bref des « apatrides »… Ce n’est pas »pauvre Europe »  qu’il faut dire : c’est « Pauvre France ». Une France où l’on confond de plus en plus « démocratie » avec « démocratie directe », ce qui est d’abord un signe de panne de mémoire et un contre-sens : la démocratie (pardon de le répéter aux yeux de ceux qui me lisent régulièrement) n’est pas plus la doxocratie que l’oligarchie….Et qui en l'occurence devient médiocratie.

Merci tout de même à Jorge Semprun, à Jean-Louis Bourlanges et à Mme  Lebranchu : Oui, il faut sortir de la crise, Oui, il ne faut pas ajouter du temps perdu à du temps perdu. Mais pourquoi diable ne pas tirer des circonstances pour lancer ces « Etats généraux de l’Europe » qui s’imposaient avant même les referenda français et néerlandais ? Et pourquoi ne pas prendre des initiatives pour sortir de cette crise annoncée par « le haut » ?

Les Français qui ont voté pour le Non ont-ils eu conscience de dire NON à une Europe POLITIQUE, donc Oui à une Europe exclusivement commerciale, Non à une Europe plus DEMOCRATIQUE, Non à une Europe de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Non à une Europe plus influente dans le monde ? Les coopérations renforcées, les Avant-gardes, les noyaux durs auraient été favorisés par une ratification du projet de Constitution. Il ne sert à rien de le regretter. La seule question, aujourd’hui, c’est commet « ON » en sort ? Ce n’est pas l’Europe qui est dans le coma : ce sont les Européens, Français en tête.

On ne rejouera pas le match de la campagne référendaire... Mais où est le coté « salutaire » promis de la crise annoncée, programmée et télécommandée ? Il y a une vraie crise des élites. Et de la démocratie représentative. C’est vrai. Elle est surtout très aiguë en France, ou plutôt à Paris. Où est l’Europe dans les débats politiciens de gauche et de droite actuels ? Le "sénateur Mélanchon" et ses amis qui s'rrogent le droit de parler "au nom du peuple" ont peut-être des formules-miracles. "tous les socialistes sont fédéralistes", a-t-il osé affirmer. Cela suppose deux redéfinitions: celle de "socialiste", et celle de "fédéraliste"... Ah si l'Europe n'était que française et que socialiste, les débats seraient plus simples, non? Encore un effort, camarades....Demain, il fera jour. mais qu'est-ce qu'on va s'ennuyer ou s'entredéchirer...

 Il parait qu'au soir du referendum, "plein d'Européens" ont bu du Champagne: ce fut dit sur le plateau de Moatti. sans rire. A Londres et à Washington, c'est sûr, oui. A votre santé, camarades. Dans l'Europe "à la carte", il y a aussi le choix du déclin, de la régression, de la désunion. Qui disait que le mieux est souvent l'ennemi du bien? Un contre-révolutionnaire, sans doute..."Où sont les "espoirs" promis par les prédicateurs du NON? Le Pen n'était pas sur le plateau de Moatti. Inutile. Il engrange, sans rien dire et sans rien faire. Ils sont si nombreux à rouler pour lui, tout en le dénonçant, of course... Mais dire cela , c'est s'exposer aux pires insultes, de droite et de gauche. Tant pis.C'est l'approche de la vérité qui est insupportable dans les périodes de crise. D'ailleurs les guerres ne naissent-elles pas toutes d'abord du heurt entre le "su" et le "cru", entre le réel et l'imaginé, entre le faux et le vrai? Nous sommes dans une ère du virtuel: Attention, dangers!

Daniel RIOT


 

Commentaires

Je ne sais quoi dire à une telle débauche de moyens inutile pour défendre un traité mourant. Ce traité ne défendait pas plus une Europe politique que Philippe de Villiers défends de refuser l'entrée à la Turquie. Tout ce qu'elle contenait, c'était réécrire les systèmes existants, sans amélioration (du moins d'un point de vue le plus objectif que j'aie eu, prière de me corriger sinon), à défauts de ne plus pouvoir la modifier (car comment obtenir une unanimité avec l'Angleterre dans l'Europe?). Vous vous appuyez sur des valeurs de mondialisation, mais ces valeurs ceux qui ont voté "non" n'en veulent pas, car ce terme est trompeur: la mondialisation ne fait qu'affaiblir les pays pauvres, en enrichissant les entreprises des pays riches.

De plus, cessez d'insulter les partisans du non: ils ne sont pas d'extrême droite, ils sont même majoritairement de la vraie gauche: celle qui veut plus d'égalité et moins de libéralisme car dans un monde sans règles, il n'est de stabilité possible. J'entends par là qu'il veulent que cessent la politique de "décontraignisation" de ceux qui ont le moins de contraintes.

Je suis d'accord qu'il faut une Constitution à l'Europe, mais pas celle-là. Je dis "NON" à une Europe qui ne serait qu'un marché! "Oui" à une Europe qui aide tous ses citoyens à vivre leur vie, et pourquoi pas les citoyens d'ailleurs?

Ecrit par : Robin | 23/10/2005

Nier qu' il y ait une fracture entre la majorité des français et leurs "people" ( les representants, les journalistes, etc ) est absurde ; le referendum l'a prouvé , comme le fait que tres peu de français votent pour des partis " de gouvernement " ( une fois enlevés les abstentionnistes, puis les votes de protestation d 'extreme gauche et d'extreme droite )

Face à cela , On peut en effet se limiter à crier au populisme sans se remettre un minimum en question , mais ça serait dommage, non ?

Ecrit par : mat | 23/10/2005

Oui, et alors? la mondialisation? Seule une Europe CONSTITUEE peut la réguler, en limiter les dégats et faire en sorte que l'Humanité en tire parti. La mondialisation est ue idée européenne. Elle a même débouché sur le colonialisme....Que les gens n'aint pasvu les enjeux, les mécanismes, la portée de ce qui était proposé est une chose. Chacun assume les conséquences de ses actes et de ses votes. moi je crois aux responsabilités individuelles. Que ceux qui ont proné le NON suggèrent des solutions....La Constitution ne faisait aucun miracle, mais son refus nous met dans l'impasse. Alors, assumez, jeunes gens...Et les "fractures françaises" n'ont rien à voir avec cela. le réferendum n'avait rien d'une présidentielle. Une seule question reste d'actualité: o% est le coté "salutaire" de la crise, où sont les "espoirs" de la victoire du NON. En 1954 déjà les français avaient dit NON à l'Europe politique...Rien de bien neuf en Gaulle. Astérix n'a plus de potion; Cà, c'estun problème...Et les Romains ne sont plus ce qu'ils étaient...Les fous, c'est nous. Salut et fraternité.Assumez, il en restera quelque chose...peut-être. Tout le mode cherche le plaisir, même celui qui va se pendre , disait je ne sais plus qui...Le droit de se tirer dans le pieds fait-il partie des droits de l'homme?

Ecrit par : daniel | 24/10/2005

Le vote étant passé et l'Europe dans l'impasse pour quelques années maintenant, peut-être est-il temps de se poser de nouvelles questions. Le débat a besoin d'être rénové pour éviter une fermentation intelectuelle que l'Europe ne mérite pas. Giscard a voulu baptiser le traité qui a été refusé de Constitution. Ce débat sur l'importance du terme Constitution peut paraître stérile à première vue, sauf si on considère -et ce serait la bonne analyse- que ce choix n'était pas neutre. Il fut une flagrante illustration du décalage qui existe entre en Europe entre ceux qui la construisent, et les autres.
En effet, on peut dire très schématiquement qu'une Constitution est le fruit de la volonté d'un peuple à un moment donné. Cette remarque en apelle il me semble deux autres. Premièrement, le projet de la convention -et la convention elle-même- étaient-ils la traduction d'une réelle volonté populaire? La réponse du peuple français a été négative. Vous faites, Monsieur Riot, la distinction entre la démocratie et la démocratie représentative et de ce point de vue je suis entièrement d'accord. J' ajoute, et dites-moi si je me trompe, que la démocratie directe ou semi-directe est plus "démocratique" que la démocratie représentative. Seulement des obstacles théoriques et surtout pratiques (un coût très elevé) empêchent bien souvent sa mise en place. Mais l'Europe ne méritait-elle pas cela? Ne méritait-elle pas mieux qu'une convention? Vous me rétorquerez avec justesse que cette convention était démocratique dans son essence... Oui mais pas assez pour un sujet de cette importance, le vote du 29 mai en a apporté la preuve. A qui confier ce travail de rédaction alors? Au parlement européen? Pourquoi pas? Elire une assemblée constituante? Le mot fait peur... Le temps du Gaullisme triomphant est mort, et le peuple français n'adoptera pas une constitution européenne comme le peuple de 1958 a adopté le projet gaulliste, pourtant élaboré sans aucune préoccupation démocratique. Les hommes et les circonstances ont changé.
Il ne faut pas oublier non plus que la visibilité fait partie intégrante de la démocratie. Malheureusement les campagnes massives qui ont précédé le début des ratifications n'ont pas pu rattraper le flou qui a entouré le travail de la convention -je ne parle pas pour vous ni pour moi d'ailleurs mais pour un citoyen européen "moyen", pour peu que cela l'intéresse-. Ce problème de la visibilité de l'Europe m'amène à ma deuxième remarque.
Constitution, fruit de la volonté d'un peuple. En l'occurence un peuple Européen. Je suis persuadé que votre observation attentive de la vie européenne depuis de longues années ne vous a pas laissé insensible au problème de l'identité européenne. Celle-ci a eu d'énormes difficultés à émerger. Depuis Amsterdam la citoyenneté européenne est reconnue à tout ressortissant issu des Etats-membres. Un peuple européen s'est mis progressivement en place juridiquement. Mais qu'en est-il vraiment? Pensez-vous que cette notion de peuple européen existe réellement au plus profond des habitants des 25 membres? Je suis persuadé que non. Quand on regarde la lente et difficile élaboration de la politique européenne de sécurité et de défense, pense t'on sincèrement pouvoir revendiquer une Constitution au sens propre du terme?
L'Europe doit avançer j'en suis le premier convaincu et j'ai voté OUI le 29 mai. J'aime l'Europe, je rêve d'une Europe plus forte et plus intégrée, et c'est alors que je me fais toutes ces remarques. Est-ce normal docteur?
Regardons l'Europe, l'Europe des peuples -non celle des élites intellectuelles- en face. Apprenons tout d'abord à vivre ensemble, pour que la citoyenneté d'Amsterdam cesse d'être uniquement une réalité juridique. La mondialisation nous impose d'avoir des institutions fortes pour faire face...certes. Repensons alors à adopter certaines mesures contenues dans l'ex-traité. Des avançées restent possibles, que les anciens partisans du OUI se réveillent! Refusons la logique du tout ou rien!
Lorsque son peuple -et non plus ses peuples- sera prêt, nous réaborderons la problématique de la Constitution j'en suis certain. Chaque chose en son temps.

Ecrit par : Pouf | 24/10/2005

J'assume entièrement mon refus de la Constitution: elle n'apportait rien, c'est un fait; mais en plus ce n'est pas son refus: c'est son acceptation qui nous aurait mis dans l'impasse: on n'aurait plus rien pu changer, et on aurait donc ouvert les portes à l'extrême libéralisme, sans pour autant avoir une réelle Europe politique. On aurait rien gagné, rien perdu (et encore, quid de la privatisation des services publics?) peut-être, mais on se serait figé pour toujours jusqu'à être obligé de violer les règles pour agir. Quant aux propositions, des gens plus intelligents que moi en ont, mais laissez-les s'exprimer sans les attaquer et les insulter. De toute façon, là on perd quelques années. Si on avait accepté, c'est toute possibilité de changement que l'on aurait refusée. Maintenant que les partisans du oui sortent de leur immobilisme, afin que tout le monde participe à la construction d'une Europe politique meilleure! Quant aux partisans du non, ils devraient également se bouger un peu plus, c'est vrai.

Ecrit par : Robin | 24/10/2005

J'assume entièrement mon refus de la Constitution: elle n'apportait rien, c'est un fait; mais en plus ce n'est pas son refus: c'est son acceptation qui nous aurait mis dans l'impasse: on n'aurait plus rien pu changer, et on aurait donc ouvert les portes à l'extrême libéralisme, sans pour autant avoir une réelle Europe politique. On aurait rien gagné, rien perdu (et encore, quid de la privatisation des services publics?) peut-être, mais on se serait figé pour toujours jusqu'à être obligé de violer les règles pour agir. Quant aux propositions, des gens plus intelligents que moi en ont, mais laissez-les s'exprimer sans les attaquer et les insulter. De toute façon, là on perd quelques années. Si on avait accepté, c'est toute possibilité de changement que l'on aurait refusée. Maintenant que les partisans du oui sortent de leur immobilisme, afin que tout le monde participe à la construction d'une Europe politique meilleure! Quant aux partisans du non, ils devraient également se bouger un peu plus, c'est vrai.

Ecrit par : Robin | 24/10/2005

"on n'aurait plus rien pu changer", "on se serait figé pour toujours", "tout possibilité de changement que l'on aurait refusée"... Quelle insistance sur des informations qui sont pourtant fausses! Répétons-le ce n'était pas une constitution, mais un traité, donc du droit international, du droit communautaire en l'occurence. Il aurait fallu ensuite l'unanimité pour le réviser, même unanimité qui était requise pour son adoption... De plus arrêtons ce propager cet autre mensonge: ce sont les hommes qui font les politiques et non les textes. Je vis actuellement au Mexique qui s'est doté en 1917 d'une des premieres Constitution sociale, certains ont même parlé de socialiste. Cela fait maintenant presque 90 ans. Je t'invite a venir voir a quel point sont respectés les droits sociaux ici. Autre exemple, aucun constitutionnaliste n'aurait pu imaginer que la constitution de 1958 serait appliquée ainsi aujourd'hui. La pratique differe de la lettre; et c'est de la pratique que naissent les droits sociaux. Option morte-née.
Alors voila. Tu veux construire une Europe plus sociale? Moi aussi. Mais ne prend pas les mauvais pretextes... Ce sont les hommes qu'il faut changer, et leur facon de penser l'Europe. Tout autre chose serait une erreur. Ou une abdication devant des discours démagogigues...
L'autre erreur est d'avoir affublée ce texte de Constitution. J'en reste persuadé.

Ecrit par : Pouf | 24/10/2005

Quant à moi, je suis etonné qu'on me somme d'"assumer " (sous entendu : je serai un irresponsable ).
j'ai voté oui ;

mais ça ne m'empeche pas de penser que le danger n'est pas le populisme qui rode avec de grandes dents autour de la maison europe ; non le vrai danger , c'est ses representants elus ( pour qui j'ai aussi voté, là aussi par pragmatisme et principe de realité, une fois de plus , face au principe de plaisir ) qui culpabilisent les gens de voter autre chose , et qui n'ont rien appris du 20 eme siecle ; ils continuent à croire qu'ils peuvent - pire, "qu'ils doivent" - faire le bonheur des gens malgré eux
l'antiparlementarisme des annes 30 se nourissait aussi des abus, passe-droits et mesquineries des parlementaires: le remede n'etait pas de denoncer le populisme, mais plutot d'améliorer le regime , non ?

Ecrit par : mat | 25/10/2005

"Maintenant que les partisans du oui sortent de leur immobilisme, afin que tout le monde participe à la construction d'une Europe politique meilleure!" c'est rigolo ça, depuis quand c'est à l'opposition de gouverner ? Nous avon proposé un projet construit, il a été refusé. Très bien, proposez donc mieux si vous pouvez, nous on a fait le maximum (et je reconnais volontiers que ce maximum est bien petit mais enfin, quand on voit qu'on doit concilier le laïcardisme franco-belge et le catholicisme d'État irlando-polonais, l'état-providence scandinave et le libéralisme britannique, le fédéralisme franco-allemand et l'euroscepticisme polono-danois, c'est difficile de faire mieux).

PS : sans l'exigence d'unanimité, cette constitution serait déjà adoptée, donc oui je suis tout à fait d'accord avec toi Ronan, il faut absolument supprimer cette unanimité qui empêche de changer les choses.

Ecrit par : Ali Baba | 25/10/2005

Je vois que j'ai fait réagir, c'est plus que je n'aurais espéré.
Tout d'abord, et j'ai lu la Constitution, en refusant ce texte on a pas refusé de changer les choses, on a refusé de ne plus pouvoir les changer. De plus, à ceux qui disent qu'il faut supprimer l'unanimité qui a empêché l'acception, à ce moment-là faisons faire des référendums à tous les pays. On ne serait pas surpris du résultat, que ce soit en Allemagne ou au Royaume-Uni. Démocratie jusqu'au bout!

De plus, même s'il n'y avait pas eu de "non" français ni de "non" néérlandais, le traité serait loin d'être accepté. Donc, gardons commune mesure.

Et qu'on ne m'accuse pas de mentir: on aurait plus jamais pu modifier la Constitution, qui c'est vrai n'aurait pas dû porter ce titre. Je pourrais aussi me réfugier dans le "c'est lui, il ment", mais j'aimerais autant que l'on fasse avancer le débat. Je me baserais donc sr l'un de vos commentaires pour justifier le fait qu'il n'y aurait jamais d'unanimité: "on doit concilier le laïcardisme franco-belge et le catholicisme d'État irlando-polonais, l'état-providence scandinave et le libéralisme britannique, le fédéralisme franco-allemand et l'euroscepticisme polono-danois"

Ce que je peux dire aussi, c'est que pour l'instant, on cherche à intégrer le traité constitutionnel pour qu'il passe quand même, sans chercher à le corriger. Là, effectivement, on perd du temps.

Qu'on me taxe de choisir de mauvais prétextes? Les partisans du "oui" ne font que ça. Cependant je n'ai encore entendu aucune personne, pas même les politiques, démontrer que cette Constitution proposait ne serait-ce qu'une avancée. Sauf mensonge, comme dire que le Parlement européen aurait plus de pouvoir. En tout cas, les Français ont eu la Constitution, et ont décidé qu'elle était mauvaise. Les aspirations de ceux que certains appellent "technocrates" s'éloignent de celles du peuple.

De plus, pourquoi se repencher sur cette Constitution et ne pas en faire une nouvelle?

Ecrit par : Robin | 25/10/2005

Où ai-je écrit que c'était à l'opposition de gouverner?

Ecrit par : Robin | 25/10/2005

Tu n'es pas sans savoir que la pratique référendaire est interdite en Allemagne, depuis le précédent dramatique du régime nazi. Quand au résultat qui serait sorti de ce référendum, la France et les Français devraient pouvoir regarder autre chose que leur nombril, et éviter de penser à la place de toute l'Europe.
Non la constitution européenne ne défendra pas le service public à la française, qui comme son nom l'indique est une particularité typiquement française. L'Europe est une construction du compromis permanent... l'aurait-on oublié? Les partisans du "oui" eux le savaient, et n'ont jamais nié que ce n'était pas le meilleur traité imaginable, mais tout simplement le meilleur possible. Je cherche encore le compromis du côté du "non", et le chercherai sans doutes longtemps. Ce texte ne comportait pas d'avançées? Mlaheureusement nous ne le saurons jamais, puisque j'en suis convaincu c'est dans la pratique qu'on juge d'une constitution. Quant au rôle du Parlement, il aurait en effet acquis plus de pouvoirs n'en déplaise à certains, même si la situation aurait été encore largement perfectible! Que chacun ait SA vision de l'Europe est légitime, et rassure d'un certain point de vue. Mais que chacun veuille construire SON Europe n'augure rien de bon pour la suite. L'intérêt général n'a jamais été la somme des volontés de chacun. Et l'intérêt général est le fondement d'une démocratie. Problème, le NON du 29 mai est une somme d'intérêts privés divergents: certains socialsites ou communistes, d'autres souverainistes...
Quel projet pour la suite? Quelle avançées sont encore possibles si on continue ainsi? Ces questions ne sont pas des arguments mais de simples interrogations...

Ecrit par : Pouf | 25/10/2005

Deux choses:
Vous ne m'avez pas démontré que le Parlement aurait eu plus de pouvoir, et un argument d'autorité ne me suffit pas.
On ne peut concilier tout le monde, il est donc inutile d'imposer un traité irrévocable rédigé par des "représentants" du peuple non élus, mais plutôt que de mal concilier comme ça a été fait, proposé un traité qui permette de garder les spécificités nationales (comme nos services publics) sans chercher à les supprimer.

De plus, en disant que les autres seraient d'accord, je suis très loin de penser au nombril des Français seuls, et votre affirmation est hypocrite. On n'en sera jamais sûr, mais ni les sondages Allemands ni les sondages Britanniques n'étaient bien favorables à cette Constitution.

Et puis, les partisans du "oui" ont surtout tenté de convaincre que se serait le cataclysme si on refusait cette Constitution, pourtant l'Europe est toujours là. Les partisans du "oui" ont tenté de gagner par la terreur (qui a écrit à propos de nazis plus haut?) et ça c'est impardonnables, surtout pour des gens qui se veulent raisonnables.

Ecrit par : Robin | 26/10/2005

Il est étrange que l'amertume des défenseurs du "oui" soit encore à se demander "si" et "si".
Par pur pragmatisme, avez vous, vous les "ouitistes", analysé les raisons des "nonistes" comme vous les appelez ?
Vous dites que l'Europe est en panne, çà me rappelle ce médecin (politicien) qui veut imposer une thérapie (constitution) innéficace et même dangereuse alors que le patient (peuple) aurait tant aimé qu'on lui demande s'il voulait UNE thérapie (traité).
D'autre part se voiler la face en appelant traité une constitution c'est jeter un rideau de fer sur la réalité, et même dans la pire des démocratie représentative ce sont des élus qui rédigent les textes légilsatifs, en fut il de même de cette foutue constitution ?.
Vous êtes vous demandé si quelque part les "nonistes" n'ont pas voulu protéger l'Europe d'un texte assassin qui aurait donné plein pouvoir à une caste de privilégiés technocrates de l'art politique.
Mais encore, où avez vous vu dans ce torchon le renforcement de la démocratie, où est la séparation des pouvoirs, où peut on trouvé les engagements alternatifs ?
Les seules réponses que j'y vois, sont que la révisabilité est plus que compromise, que les assemblées sont interférentes, et que les représentants ne s'appuient que sur les motions de bureaucrates.
Non cette Europe dictatoriale ne pouvait en aucun cas être acceptable par le bon sens commun.
Quand à un compromis quel qu'il soit je ne pense pas que ce fut la question posée aux français, faisons la différence entre "voulez vous une constitution" et "voulez vous cette constitution".
Admettons de même que ce texte est tombé dans l'assiette malgré la démission d'une importante partie de ses concepteurs durant l'écriture jugeant qu'il était antidémocratique, nulle part ceci a été mentionné, surtout pas dans la bouche des défenseurs.
Et il est inadmissible de subir des attaques incessantes de gens qui se disent démocrates sous prétexte que LEUR texte était le bon, il reste à le prouver et j'attends comme des millions d'électeurs.
Inadmissible aussi de ce faire traiter d'anti-européen par des gens qui réfutent la présence de la Turquie dans l' UE, alors que l'histoire démontre sans ambiguité son enclin naturel à être tournée vers l'Europe (en cherchant bien je pense qu'on pourrait retrouver quelques aïeux turques au nain magyar).
Insupportable de ne voir que ce volet pseudo-politique dans la bouche des eurocombatifs, qu'en est il d'une armée commune, d'une police unique, d'une uniformisation des impots, des salaires, même des règles les plus anodines de vie ?

J'ai voté NON parceque ce brouillon n'était que destiné à la corbeille, et je demande à celui plus européaniste que moi de me jeter la 1ere pierre.
Tant que la politique européenne sera faite par des politiciens démagogues et réactionnaires, messieurs les OUITISTES la vision de Votre Europe sera vouée à l'échec.

Ecrit par : Emile Red | 26/10/2005

Des deux choses l'une, ou l'on impose le service publique a la francaise a toute l'Europe, ou l'on accepte cette notion hybride de SIEG qui a au moins le merite d'exister et qui garantit le financement des secteurs non rentables des SP par l'Etat afin garantir le meme service a tous, ce qui n'était pas du gout de tout le monde... Je pencherai pour la premiere solution, mais est-ce ainsi qu'on va constuire l'Europe en imposant a 1 contre 25? Qui l'accepterait aujourd'hui? Soyons réaliste et arretons de voir l'Europe comme une grande France!
Comme le remarquait un commentaire précédent, l'Europe est toujours debout et la cataclysme n'as pas eu lieu. Nous ne devons pas avoir la même vision de la crise. Certes l'Europe existe toujours, encore heureux! Mais elle est bloquée pour des années alors que la Chine, l'Inde et d'autres ne nous attendront pas. Qu'importe de toute facon "a long terme on est tous morts" n'est-ce pas?
Maintenant un partisan du "non" pourrait-il répondre a mes questions précédentes... quel projet pour la suite? Quelles avancées CONCRETES et REALISTES proposez-vous? puisque je suis persuadé que vous n'avez pas emis ce vote sans contre-projet ...
PS: Moi aussi je suis pour la démocratie et les droits sociaux, qui ne forment malheureusement pas des propositions concretes.

Ecrit par : Pouf | 26/10/2005

Robin, a propos de votre commentaire sur mon utilisation du mot "nazi" - qui n'est pas interdit je crois-, priere de ne pas sortir mes propos de leur contexte, ca ne vous met vraiment pas a l'honneur...ni les ex-défenseurs de non que vous représentez. Merci.

Ecrit par : pouf | 26/10/2005

Pouf dit : "Puisque je suis persuadé que vous n'avez pas emis ce vote sans contre-projet ... "

Je répondrai par une parabole de mon invention : "Est il nécessaire d'avoir faim ou envie de pain pour prévenir le gogo qu'il met les pieds dans une boulangerie dégueulasse".

Un projet ce fait avec l'assentiment des premiers concernés et non pas en catimini dans leur dos, il en résulte ce qui est arrivé.
Un projet respecte les règles démocratiques directes ou représentatives (assemblée constituante), je ne me souviens pas avoir participé à une quleconque élection à ces fins.
Je ne vois pas, d' aucune manière, pourquoi voter contre une félonie obligerait à proposer autre chose, enfin, malgré tout je suis pret comme de nombreux citoyens à élire une constituante même si ce n'est pas la panacée.

En ce qui concerne le service publique, je serais curieux de savoir si on proposait aux 450 Millions d'européens les réformes qui hausserait leur niveau social et culturel s'ils seraient assez idiots pour le refuser.
Malheureusement personne dans les hautes sphère ne propose ce genre de référendum, faut il se demander pourquoi ?
De là à penser que les intérets des politiques (de tous bords et de toutes nations) ne convergent pas avec l'intérets des peuples il n'y a qu'un pas que je trouve timoré de réfuter.
Il n'est nullement question d'imposer un quelconque modèle mais de prendre ce qu'il y a de plus convaincant et de plus attractif dans chaque système de chaque pays membre.
On est avec cette constitution loin du rattrapage social, culturel, politique, que chaque nation est en droit d'attendre de l'Europe, je crois même que ce texte va tout à fait dans le sens opposé.

Alors est il vraiment utile de proposer autre chose au présent, sachant que nos politiciens sont encore aux couches-culottes de l'évolution démocratique et fédérale européenne ?
On entend trop souvent dire que les citoyens ne sont pas pret je suis sur qu'au contraire ils le sont beaucoup plus que la plupart de nos représentants cantonnés dans leurs petites chapelles étriquées défendant leur lopin de pouvoir becs et ongles au mépris de toute éthique démocratique.

Et je ne suis pas loin de penser que les défenseurs d'arrière garde du "oui" procède du même raisonnement.
Preuve en est : je ne vois nulle part dans cette frange d'électeurs, un défenseur de l'adhésion de la Turquie, un défenseur des lois progressistes sur le canabis (hollande), l'homosexualité (espagne), la santé (france, suède), les retraites (slovénie), la parité en entreprise (allemagne), la culture (belgique, rep. tcheque, france), l'impot (irlande, danemark) .........

Est il besoin d'une constitution pour dire qu'on veut ce qui se fait de mieux dans l'ensemble de l'Europe ?

Et de lire certains qui parlent d"état-nation" me fait de plus en plus peur, faire une telle confusion entre l'état et la nation ne présage pas les avancées qu'on est en droit d'attendre, tout au contraire, noyer le poisson dans un langage fallacieux ne peut être qu'une preuve suplémentaire du désir politique de garder les rênes du pouvoir au mépris de l'électorat.

Ecrit par : Emile Red | 27/10/2005

Ce débat déjà eu lieu 1950 au conseil de l'Europe. Ce n'est pas l'Histoire qui bégaie...Les perroquets snt-is porteurs d virus de la grippe aviaire? Il parâit..J'écris cela avec humour et philosophie (ndlrà l'ttention de ceux qui se prennent vraiment au sérieux).

Ecrit par : daniel | 27/10/2005

Le Mouvement Onixien : http://fedeter.free.fr Moi je crois qu'il n'y a que la solution de la démocratie mondiale qui pourra résoudre une fois pour toutes les maux de nos sociétés modernes.

Ecrit par : Eric | 27/10/2005

Mon allusion n'avait fait que souligner la proximité des méthodes des nazis et des partisans du oui, et c'était la réponse à votre remarque sur l'interdiction référendaire en Allemagne. Si il ne vous plaît pas que l'on retourne vos arguments contre vous, tant pis. Et si vous voulez vraiment des mots hors de leur contexte, relisez la campagne du oui.

Est-il nécessaire de proposer une avancée pour refuser l'absence d'avancée?

De plus, les projets ne manquent pas, il faudrait soit les écouter soit être près à les accepter (et on constate tous les jours que ce n'est pas gagné).

Est-il nécessaire, puisqu'on ne tombe pas d'accord, d'imposer une règle commune (par exemple sur les services publics)? Et faut-il, si on l'impose, niveler par le bas question de niveau de vie?
Je rejoints également d'autres commentaires: "En ce qui concerne le service publique, je serais curieux de savoir si on proposait aux 450 Millions d'européens les réformes qui hausserait leur niveau social et culturel s'ils seraient assez idiots pour le refuser."

Enfin, si vous croyez pouvoir empêcher la Chine ou l'Inde de monter en puissance, vous avez perdu d'avance: ce sont deux pays que l'on ne pourra plus faire reculer par la mondialisation, la seule alternative restant la guerre thermonucléaire globale (tout de suite les grands mots!).
De plus, je souhaite que tout les pays arrivent au même niveau et s'améliorent, et encore plus les pays pauvres que les autres. Il est hors de question que j'aie la moindre envie d'empêcher d'autres pays de se développer parce qu'ils risqueraient de faire de la concurrence.

Ecrit par : Robin | 28/10/2005

Je ne veux ni empêcher le développement de la Chine, ni celui de l'Inde, mais seulement donner des moyens à l'Europe. Donner un poids supplémententaire à l'Europe pour le problème des quotas textiles par exemple qui ne vous aura pas échappé... Où est aujourd'hui ce ministre des affaires étrangères qui aurait donné un visage unique et donc une visibilité plus importante aux positions européennes. Le dogmatisme a parlé: il n'y avait aucune avançée dans ce traité. Nous nous en mordrons les doigts dans quelques années.
pour répondre aux précédents commentaires: Qui pourrait raisonnablement souhaiter un nivellement par la-bàs? Le "NON" n'a pas "le monopole du coeur" messieurs! Mais dites-vous bien qu'il sera toujours plus efficace d'élire des représentants de gauche pour négocier les politiques que de rejetter un cadre juridique jugé à tort de "libéral"...

Ecrit par : Pouf | 28/10/2005

Le nivellement par le bas ? Mais qui peut bien vouloir çà....
Je suis attérré de voir une telle question, faudrait il enfoncer vos tête d' aveugles, vos oreilles de sourds dans vos écrans cathodiques pour enfin être lucide ?
D'une manière plus, générale et moins agressive, il ne faut pas se demander qui mais pourquoi.
Comme le dit si bien Robin quoi qu'on fasse la montée en puissance de la chine et autres pays asiatiques est inéluctable, or la hausse de niveau social a toujours était de paire avec l'évolution économique.
Il n'est pas idiots de la part du patronats et de ses bottes politiques de tendre à baisser le niveau social ici, sachant qu'au rythme de croissance de ces énormes pays émmergents, ils parviendront rapidement, au moins au niveau salariale, à nous rattraper, tuant dans l'oeuf leur propre capacité égémonique.
Ainsi nous reviendrons à la case départ chez nous : faibles salaires, faible niveau social et culturel, chomage moyen et compétitivité accrue. Jusqu'au prochain coup de trafalgar économique, afrique ou pays arabes.
Pendant ce temps les délocaliseurs en série, les banquiers qui ne banquent pas, les usuriers de tout poil gonflent leur comptes définitivement.
Parlons donc encore de "monopole du coeur", oui, au régime des nouvelles dispositions sécu. sociale c'est vrai qu'ils seront les seuls à l'avoir ce monopole dans les hopitaux désertés.

Ecrit par : Emile Red | 28/10/2005

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