31/10/2005

IL faut réhabiliter le mot "LIBERAL"

Sans doute les indispensables traductions accentuent- elles les difficultés …Les mots n’ont le même sens ni  la même valeur d’une langue à l’autre. Surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux qu’à des réalités, des faits, des choses…Piègés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard. « Libéralisme »  fait partie de ces mots détournés de leur sens, trahis, défigurés, empoissonnés.
L’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais!) de la campagne référendaire française vient du fait que de esprits intelligents aient réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot »,en insulte, en repoussoir.
Qu’est-ce que « libéral » ? C’est ce qui se rapporte à la Liberté et aux Libertés.
Liberté :un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la Liberté est un combat incessant et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer.
Si « j’écris Ton Nom :LIBERTE », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « Libéral » ou « Libéralisme » ?  Si les mots sont piègés, c’est la plupart du temps parce que par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages…
Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » :libéralisme, capitalisme, libre-échangisme…
Le premier congrès de la « Gauche européenne » qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athène », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations illustre trop bien ces "détourenement de sens", ce "kidnapping des réalités" et les fuites qu'elles trahissent...  
Ce qui est nommé « politiques néo-libérales » et « néo-libéralisme » désigne en fait l’ « hyper-capitalisme », ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, socialistes, humanistes, personnalistes qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.
Nous ne le disons pas assez ; Les Etats-Unis, par exemple, ne  sont pas une puissance « libérale », mais un Empire « capitaliste ». Les « néo-conservateurs » de   Londres, de Chicago et d’ailleurs ne sont pas des « libéraux » mais des… conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes :la Chine l’illustre trop bien.
Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit. A un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux ,à tous les ennemis de la Liberté et des libertés,de droite et de gauche.
L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la  sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement  individuel et la solidarité collective.
Que la géo-finance internationale et cette « économie casino » favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation…Insuffisante porte atteinte à ces mariages de la Liberté et de la Solidarite, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’ est une évidence. Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que « le laisser-faire et le laisser-passer » ne signifie pas « laisser faire et passer n’importe quoi, n’importe comment et à n’importe que prix », c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux,  pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs et pour placer  l’Homme,   au cœur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.
Mais la mode de « l’anti-libéralisme » cache en fait une peur de la Liberté, de cette liberté  qui rime avec responsabilité, C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui  ne devienne pas synonyme de régression.

Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du « mot Liberté » sont en fait le miroir d’un détournement de regard : ce sont les réalités  qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire qui nourrit la pensée idéologique et le réel. Ce réel qu’on peut changer en bien grâce à des idéaux et des idées qui partent des réalités mais ne les nient point. C'est sans doute à gauche, aujourd'hui, qu'il importe de réhabiliter le plus le mot LIBERAL

Daniel RIOT

28/10/2005

Union européenne: Exhortations au "sursaut"..

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IRAN-ISRAEL: De vives réactions verbales


Ils ont réagi. Tant mieux. Mais concrètement, que va-t-il se passer? Mystère... Cette menace sans précédent appelle des mesures sans précédent.

Les gouvernements européens ont, en effet, condamné  les propos du président iranien appelant à ce qu'IsraJel soit "rayé de la carte": dans les principales capitales, les ambassadeurs de Téhéran ont été convoqués, mais l'Union européenne n'a pas été jusqu'à soutenir l'appel lancé par l'Etat hébreu à suspendre l'Iran de l'ONU.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a condamné "absolument" les propos du président Mahmoud Ahmadinejad, qualifiées de "complètement inacceptables". Mais, lorsqu'on lui a demandé s'il pensait que l'Iran devait être exclu de l'ONU, il a répondu: "je ne ferai aucune proposition concrète aujourd'hui".

Lors du sommet informel des Vingt-Cinq à Hampton Court, près de Londres, le Premier ministre britannique Tony Blair a pour sa part, estimé que l'appel lancé par Mahmoud Ahmadinéjad à éliminer Israël était "complètement et totalement inacceptable". "Je n'ai jamais vu une situation semblable où le président d'un pays dit qu'ils veulent (...) anéantir un autre pays", a martelé M. Blair.

"Leur attitude vis-à-vis d'Israël, leur attitude vis-à-vis du terrorisme, leur attitude sur la question des armes nucléaires, ceci n'est acceptable", a-t-il ajouté. "Pouvez-vous imaginer un Etat comme cela avec une attitude comme celle-là posséder une arme nucléaire?", a-t-il demandé.

Un peu plus tôt, le porte-parole du Premier ministre Tony Blair condamnait "dans les termes les plus fermes" les propos du président iranien, alors que le Foreign Office précisait avoir convoqué pour réprimande l'ambassadeur de Téhéran plus tard jeudi.

L'Espagne, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie ont convoqué les représentants de Téhéran sur leur territoire pour émettre des protestations. A Paris, l'ambassadeur d'Iran Sadegh Kharrazi a lui aussi été convoqué, pour condamnation et clarification. "Il lui a été rappelé que le droit d'Israël à exister ne peut être contesté. La question du conflit israélo-palestinien ne saurait servir de prétexte à la remise en cause de ce droit fondamental", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Jean-Baptiste Mattei.

De son côté, développant les arguments de la position israélienne, le numéro deux de l'ambassade israélienne à Londres, Zvi Rav-Ner, a estimé que voir un Etat-membre de l'ONU appeler "au génocide et à l'extermination d'un autre Etat-membre" était une première. "C'est une violation claire de la charte des Nations unies qui doit être gérée par la communauté internationale", a-t-il dit.

Dans le même temps, les capitales arabes gardaient un silence prudent, même si les propos du président iranien tenus mercredi devant un parterre d'étudiants faisaient les premières pages dans la presse.

D'autant qu'Ahmadinejad n'avait pas épargné, au cours de cette conférence consacrée au "monde sans sionisme", certains pays arabes et musulmans. "Quiconque reconnaît Israël brûlera dans le feu de la fureur de la nation islamique", a-t-il lancé. L'Egypte et la Jordanie ont toutes deux signé la paix avec l'Etat hébreu.
 

27/10/2005

L E SCANDALE DE L'AMIANTE....et Jospin: Aucun rapport apparent...

Le Sénat français est génial... Avec 20 ou 15 bonnes années de retard, il découvre et dénonce le scandale de l'amiante . Là de qui se moque-t-on? Le plus beau scandale fut et reste celui de l'immeuble de la Commission, le Beyrlaymont, à Bruxelles qu'auncun responsable français n'a dénoncé, dans la forme et sur le fond...L'écoeurement d'une partie des citoyens vient du manque de cohérences des "responsables"...Jospin en fait un  livre. Pathétique. Lui qui n'a eu, selon la formule de Rocard, "aucune inspiration européenne" pendant ses années à Matignon joue les donneurs de leçons. Pitoyable. Donc triste... Très triste. Comme si les "populistes" avaient besoin de ce type de grain à moudre... "Le progrès doit être encore possible" dit-il en ce moment sur France 2... N'est-il pas le premier responsable du fait que le progrès aujoud'hui est synonyme de régression? Mes amis socialistes vont m'en vouloir...Tant pis. Réfexion faite, c'est drôle de faire un lien entre l'amiante et Jospin...Je dois être ringard , injuste et stupide... Iconoclaste. J'assume.

Strasbourg: des débats non honorés...Pardon

Il y a une chose dont j'ai horreur: ne pas pouvoir tenir mes engagements. Pardon à ceux qui comptaient sur moi aujourd'hui. Ma première culpabilité concerne "Vivre ensemble". Une belle initiative de la COJEP.

Premières rencontres internationales du VIVRE ENSEMBLE, L’Europe, un modèle de vivre ensemble ?
Actualités
 
Actualités : 27 Octobre 2005 - HOTEL HILTON STRASBOURG

PROGRAMME DE LA JOURNEE


+ 14h00 : Discours d’inauguration
. Mme Olaf OLAFSDOTTIR (Dépt. Education Conseil de l’Europe)
. Monsieur Tuncay CAKMAK (Plateforme Cojépienne d’Europe)

+ Conférence - Introduction au Vivre Ensemble
. Madame Catherine TRAUTMANN(Députée Européenne)
. Monsieur Joseph DAUL (Député Européen)

+ 14h50 : Table Ronde n°1 - L’UE : un modèle de Vivre Ensemble ?

+ Quelles solutions pour une société multiculturelle ?
. Un représentant de la Plateforme Cojépienne d’Europe

+ Supranationalité, infranationalité, transnationalité : vers une nation européenne ?
. Mr Jo LEINEN (Prés. Commission Constitution du Parlement Européen)

+ Société multiculturelle et/ou droits individuels: quel équilibre ?
. Monsieur Altay MANÇO (Directeur IRFAM - Belgique)



+ 16 h 30 : Pause Café



+ 16 h 45 : Table Ronde n° 2 - Société Européenne et nationalismes locaux
. Modérateur : Mr Samim AKGÖNÜL(Sociologue, Chercheur au CNRS)

+ Europe des Nations ou Europe des Peuples ?
. Monsieur Robert ENGEL (Adjoint au Maire de la Ville de Sélestat)

+ Racisme, Antisémitisme, Islamophobie : les fantômes du passé hantent-ils l’Europe ?
. Un représentant de la Plateforme Cojépienne d’Europe
+ L’intégration de la Turquie : un défi pour le vivre ensemble européen
. Mr Pierre CHABAL (Maître de conférences, Université du Havre)

Le présent programme est susceptible d’être modifier par le renforcement d’un ou plusieurs intervenants.



18 h 15 : CONCLUSIONS



Calendrier des événements à venir

. Formation du 18 au 21 nov. 2005
Centre Européen de la Jeunesse
Dans l’apprentissage de la citoyenneté démocratique européenne, les Associations, une force éducatrice !

. Les Rencontres Orient-Occident
Mai et Novembre 2006
Echanges Interculturels entre jeunes d’Orient et d’Occident

. Les Citoyens Modèles
Année 2006
Campagne visant à mettre en avant les réussites citoyennes. La campagne se fera dans toute l’Europe.

. Semaine de la lutte contre le Racisme et les Discriminations
Avril 2006
Actions de toutes sortes visant à lutter contre le racisme et autres formes
d’intolérances.

CONTACT@COJEP.COM
J'espère que cette journée terminée par un concert de Derviches Tourneurs (si sages) s'est bien passée.
Mon deuxième regret concerne évidemment le débat organisé à l'ENA. Mais je sais que mon ami Jacques FORTIER, des DNA, a su faire tout seul ce que nous devions faire à deux... En fait,pour tout dire, je suis comme l'Union européenne: Malade... Mais cela n'est pas grave. L'Europe a connu pire. Et moi, je ne désespère pas de jours meilleurs. Disons NON au déclinisme masaochiste, NON à la sinistrose chronique, NON au défaitisme fait plus de résignation lâche que de mélancolie compréhensible, NON aux fausses fatalités.
Regardez ce temps, à un moment où l'on va passer à "l'heure d'hiver"....Que votre météo du coeur soit belle aussi.... "Nous mourons tous de lassitude", disait un bon philosophe...C'est encore plus vrai dans une ère où, comme dit le Président du Parlement européen, la "sécurité des cimetières" est érigée en idéal.

Sommet des 25:l'Europe cocufiée dans le chateau de Henri VIII et de ses six femmes...

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IRAN:La ligne rouge

"Cet appel contrevient à la charte des Nations unies et équivaut à un crime contre l'Humanité. Il faut présenter une demande claire et nette au secrétaire général de l'Onu et au Conseil de sécurité pour obtenir l'expulsion de l'Iran de l'Onu". Réuni en sommet informel, les 25 feraient bien de suivre cette exhortation de Shimon Perez.Il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Et il est des propos à ne pas prendre à la légère:tous les dictateurs ont toujours annoncé ce que finalment ils ont fait quand on n'a pas su les prendre au sérieux à temps....

Dans une lettre ouverte , Shimon Peres, le vice-Premier ministre israélien, a demande à Ariel Sharon, le Premier ministre, de répliquer diplomatiquement aux propos de Mahmoud Ahmadinejad qui  lors d'une conférence intitulée "le monde sans le sionisme", a proclamé mercredi qu'"Israël doit être rayé de la carte". Selon Shimon Peres, "il est inconcevable qu'à la tête d'un pays membre de l'Onu se trouve un homme appelant à un génocide".

"L'appel du président iranien est d'autant plus grave au vu des tentatives de l'Iran de développer un programme nucléaire et d'acquérir des missiles à longue portée", souligne également, à juste titre, Shimon Peres. sans

La "franchise" et la clarté du Président iranien auront peut-être un avantage;: réveiller ls consciences et les volontés endormies d'esprits dits occidentaux qui oublient les slogans du gand mufti de Jérusalem, allié des nazis:"les juifs à la mer". Nous voici en pleine régression et dans un climat qui s'annonce rien de bon. Ce n'est évidemment pas en laissant sans vraie réponse les propos du président iranien que la communauté internationale pourra favoriser le règlement du conflit isrélo-arabe et israelo-palestinien...

Les dossiers iranien et syrien nécessitent lucidité et courage. Aux Européens de montrer qu'ils savent aussi réagir sans "esprit munichois". C'est à eux plus qu'à tout autre de convaincre Moscou,  Pékin et quelques autres capitales des périls ainsi ravivés. La France a là l'occasion de montrer concrètement que les orientations pro-arabes de sa diplomatie  a des limites précises. Ne peut-elle pas user de son influence (réelle ou supposée) dans les capitales du monde arabe pour faire condamner avec force cet appel au meurtre, ce chant de haine et ce "programme de la honte" de Téhéran? La morale et le réalisme  exigent autre chose que des condamnations verbales plus formelles que réelles: le "principe de précaution" si souvent agité doit avoir sa version diplomatique. L'Union européenne ne manque pas de moyens de pressions sur l'Iran. Alors, des actes et des démarches. Vite!

Sur un plan médiatique,un constat:pourquoi tant de commentateurs si prompts à critiquer tel ou tel aspect des politiques isréaliennes (parfois avec raison) ne réagissent-ils pas plus et plus fermement  aux politiques et aux pratiques de la Syrie et de l'Iran? Les leçons données d'une façon trop sélective perdent toute crédibilité.

Daniel RIOT

Repères (L'Express)>>>>>>

Sélection de sites (Nouvel obserateur)>>>>>

24/10/2005

Hommage: le dernier envol de FOLON

medium_folon.jpgLes merdouilles du monde et de la vie nous font parfois (trop souvent) oublier l’essentiel :la poésie du monde,la richesse de la vie, le bonheur de respirer,ce beau,ce bien,ce vrai qui peuvent coïncider. Je regrette de ne pas avoir salué rapidement le dernier envol de Folon… Bonne retraite Jean-Michel. Je me suis attardé sur le site de l’ina. Le générique d’antenne2, c’était plus que beau : intelligent. Un vrai programme. Merci. On parviendra un jour à réconcilier qualité des programmes et de l’information et popularité sur des médias tentés d'échapper à leurs premières missions. Nous sommes dans une crise de croissance. Nous sortirons de cette adolescence. Folon reste synonyme d’envol. Il savait dessiner le vent : c’était beau, bien et vrai…Il était un grand rêveur paresseux, donc un vrai réaliste très travailleur. L’envol de Folon c’est une partie d’humanité qui s’envole…Mais rien n’est perdu. Tout ne dépend que de nous. Il suffit, comme redirait Guillebaud, de remettre le principe d'humanité au coeur de toute action.

Son site >>>>

Son générique d’antenne 2 avec LIBE et  l’ina >>>>>

01:40 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Blog

23/10/2005

"France, qu'as-tu fait de ton NON?"...Six mois après, le "coma"...Comment "riposter " aux impostures?...

Quelle tristesse… Ce n’est évidemment pas de la faute de « Ripostes », cette excellente émission dominicale de France 5 produiteet présentée par Serge Moatti… Ce n’est pas même de la faute des intervenants… Jean-Louis Bourlanges, Jacques Nikonoff, Marylise Lebranchu, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Jorge Semprun ont des qualités et des tempéraments différents :le plateau était plutôt bon…Mais la tristesse vient d’un constat de base : «  France, qu’as-tu fait de ton NON ? » est une question qui ne pouvait pas avoir d’autres conséquences que celles que nous subissons actuellement :une Union européenne dans un « coma profond », en panne, en crise, en berne, avec des dupes du Oui et des cocus du Non… Et des « exploiteurs de crise » qui sont exactement les adversaires déclarés de ceux qui ont le plus provoqués le Non :les souverainistes, les « ultra-libéralistes », les héritiers de Maggie Thatcher, les adversaires d’une Europe-puissance ou d’une Europe influente.
Le tout avec des formules ou stupides ou mensongères ou hypocrites. Ou les trois en même temps, dans les mêmes bouches...

Attac prend ses rêves pour des réalités, joue avec des « y a qu’à »,"yfautque","suffitde"et  refuse de voir les réalités en face, re-cultive un discours idéologique donc dégagé du respect du « principe de réalité ». Nikonoff a crevé son plafond avec des "plans A, B, C"  qui ne font rire que ceux qui savent que le ridicule ne tue plus depuis longtemps … La crise de la pensée,aujourd’hui, est à gauche de la gauche. A cet endroit où, comme sous la troisième République, les extrèmes se retrouvent insidieusement....

Mélenchon s’est fait intelligemment remettre en place par Jorge Semprun. « Monsieur le sénateur » parle « au nom du peuple » alors que le système sénatorial français est le moins « démocratique » de nos démocraties : le pourfendeur des élites est par fonction élu des notables…
Monsieur Dupont-Aignan peut arborer les sourire satisfait de ceux qui triomphent (en apparence et à court terme) grâce à la complicité « objective » de ses pires adversaires. Il se réclame de De Gaulle en oubliant que le général a fait accepter le Traité de Rome et a lancé un « plan Fouchet » qui se retrouvait dans le projet de Constitution.
Et il réinvente ce qu’il méconnaît :l’Europe de Metternich, du Conseil de l’Europe et  de Louis Armand. Son « Europe à la carte » strictement intergouvernementale est une Europe sans atout face aux défis qu’il prétend relever ( Chine , inde, mondialisation, etc…) Un faux souverainisme archaïque dans des habits neufs déjà  usés.
Le tout , comme chez les démagogues populistes dits de « gauche », s’appuie, chez les "NONISTES" sur les critiques « de Bruxelles », des « eurocrates », de « élites », bref des « apatrides »… Ce n’est pas »pauvre Europe »  qu’il faut dire : c’est « Pauvre France ». Une France où l’on confond de plus en plus « démocratie » avec « démocratie directe », ce qui est d’abord un signe de panne de mémoire et un contre-sens : la démocratie (pardon de le répéter aux yeux de ceux qui me lisent régulièrement) n’est pas plus la doxocratie que l’oligarchie….Et qui en l'occurence devient médiocratie.

Merci tout de même à Jorge Semprun, à Jean-Louis Bourlanges et à Mme  Lebranchu : Oui, il faut sortir de la crise, Oui, il ne faut pas ajouter du temps perdu à du temps perdu. Mais pourquoi diable ne pas tirer des circonstances pour lancer ces « Etats généraux de l’Europe » qui s’imposaient avant même les referenda français et néerlandais ? Et pourquoi ne pas prendre des initiatives pour sortir de cette crise annoncée par « le haut » ?

Les Français qui ont voté pour le Non ont-ils eu conscience de dire NON à une Europe POLITIQUE, donc Oui à une Europe exclusivement commerciale, Non à une Europe plus DEMOCRATIQUE, Non à une Europe de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Non à une Europe plus influente dans le monde ? Les coopérations renforcées, les Avant-gardes, les noyaux durs auraient été favorisés par une ratification du projet de Constitution. Il ne sert à rien de le regretter. La seule question, aujourd’hui, c’est commet « ON » en sort ? Ce n’est pas l’Europe qui est dans le coma : ce sont les Européens, Français en tête.

On ne rejouera pas le match de la campagne référendaire... Mais où est le coté « salutaire » promis de la crise annoncée, programmée et télécommandée ? Il y a une vraie crise des élites. Et de la démocratie représentative. C’est vrai. Elle est surtout très aiguë en France, ou plutôt à Paris. Où est l’Europe dans les débats politiciens de gauche et de droite actuels ? Le "sénateur Mélanchon" et ses amis qui s'rrogent le droit de parler "au nom du peuple" ont peut-être des formules-miracles. "tous les socialistes sont fédéralistes", a-t-il osé affirmer. Cela suppose deux redéfinitions: celle de "socialiste", et celle de "fédéraliste"... Ah si l'Europe n'était que française et que socialiste, les débats seraient plus simples, non? Encore un effort, camarades....Demain, il fera jour. mais qu'est-ce qu'on va s'ennuyer ou s'entredéchirer...

 Il parait qu'au soir du referendum, "plein d'Européens" ont bu du Champagne: ce fut dit sur le plateau de Moatti. sans rire. A Londres et à Washington, c'est sûr, oui. A votre santé, camarades. Dans l'Europe "à la carte", il y a aussi le choix du déclin, de la régression, de la désunion. Qui disait que le mieux est souvent l'ennemi du bien? Un contre-révolutionnaire, sans doute..."Où sont les "espoirs" promis par les prédicateurs du NON? Le Pen n'était pas sur le plateau de Moatti. Inutile. Il engrange, sans rien dire et sans rien faire. Ils sont si nombreux à rouler pour lui, tout en le dénonçant, of course... Mais dire cela , c'est s'exposer aux pires insultes, de droite et de gauche. Tant pis.C'est l'approche de la vérité qui est insupportable dans les périodes de crise. D'ailleurs les guerres ne naissent-elles pas toutes d'abord du heurt entre le "su" et le "cru", entre le réel et l'imaginé, entre le faux et le vrai? Nous sommes dans une ère du virtuel: Attention, dangers!

Daniel RIOT


 

UNESCO: Une victoire d'une conception personnaliste de la culture

Faut-il parler d’un « succès français » ? Pourquoi pas ? L’UNESCO a suivi la ligne de « l’exception culturelle » défendue depuis des années par Paris. En clair, la culture n’est pas une marchandise comme les autres. Ce qui est exactement le contraire de ce que prônent et réclament les Etats-Unis.
Certes la Convention adoptée cette semaine à l’UNESCO a une portée concrète limitée. Que pèse l’UNESCO face à l’OMC ? Que représente cette heureuse victoire « des valeurs, des principes et du sens » fac e aux déséquilibres des moyens de productions en tous genre d’Outre-Atlantique, en  termes d’images, surtout ?  Que vaut juridiquement cette Convention face aux « clauses culturelles » que ne manquent jamais d’inclure les Américains dans leurs accords commerciaux et financiers bilatéraux ?  Que recouvrent quelques notions vagues   telles que « diversité culturelle »  ou « activités , biens et services culturels » ?
Mais les Américains n’ont pas apprécié du tout ce Trafalgar diplomatique…. Ils menacent de revoir leur présence dans l’Unesco… Et mettent en garde « contre un nouvel échec du cycle de Doha de libéralisation des échanges », lors de la prochaine conférence ministérielle, du 13 au 18 décembre à Hongkong.
Depuis deux ans et jusqu’au dernier moment les Américains avaient pourtant multiplier les pressions. Mais ils se sont retrouvé bien seuls. Même les Anglais qui ont joué la « carte européenne » les ont lâchés. Et de fidèles alliés, comme les Canadiens,les Japonais, les Australiens n’ont pas été les derniers à dénoncer « l’impérialisme culturel » des Etats-Unis.
Ce vote de l’UNESCO est bien sûr à mettre en liaison avec les débats mondiaux sur le contrôle d’Internet et sur la quête d’une organisation plus équilibrée d’un monde « multipolaire ». La « culture » est aussi une arme : qui l’ignore ? Elle doit surtout être une arme contre la marchandisation générale de la Personne humaine. En cela le vote de l’UNESCO constitue un événement positif et encourageant à mettre en avant. Et l’unité européenne sur ce point précis est plus que rassurant : Schuman avait bien vu qu’au-delà du Charbon et de l’acier, la « construction européenne » est d’abord une «  révolution culturelle »

 Daniel RIOT

13:40 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe

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