29/11/2005

Sérieuses menaces sur les fonds structurels

 Tony Blair revoit à la baisse le budget de l'Union européenne
L’Europe joue gros cette semaine. Et Tony blair aussi…. Le premier ministre britannique qui a complètement manquée sa présidence de l’Union jusqu’à présent va tenter de trouver le moyen de sortir l'U E de l'impasse budgétaire dans laquelle il l'a lui-même conduite, en juin dernier…. Sa recette ? la pire de toutes celles qu’on pouvait craindre : il veut opérer des coupes « drastiques », dit-on à Londres , dans le chapitre des fonds structurels  de manière à ramener le budget européen de 1,06% à 1,03% du PIB des 25.
Les fonds structurels, constituent le seul vrai levier d’une politique de développement régional. Ils sont même le seul outil concret d’une politique sociale. Régions en difficultés en sous-developpement, attention ! Ce « compromis »,comme on dit à Londres, confirme trois tendances lourdes :
1)      Londres veut vraiment défaire l’Union. Ces fonds que Jacques Delors avaient eu raison faire augmenter vont fondre, comme les espérances euro-méditerranéenne, comme les promesses de la stratégie de Lisbonne
2)      Londres et d’autres capitales sont de plus en plus hostiles aux politiques de développement régional. Barosso avait déjà clamé son inquiétude la semaine dernière à Strasbourg devant l’Assemblée des Régions d’Europe…
3)      Londres et d’autres capitales cassent l’Europe  à force de pingrerie. C’est l’Europe de l’oncle Picsou. Comme si l’Union était une dépense et non investissement. En France la gauche qui a voté NON n’vait raison que sur un point : c’est 3% du PIB européen que devrait représenter le budget européen si on ne veut pas transformer le Marché commun en simple zone de libre-échange et si l’on veut relancer la croissance, développer l’emploi et réduire les inégalités.
Inutile de préciser que ce « compromis » ne va pas faire l’affaire des nouveaux pays et des futurs. Ni celle des régions ou des « pays » des anciens membres.

Si la « trouvaille «  de Blair est acceptée, le « fils travailliste de Maggie Thatcher » va pouvoir se dire « satisfait » d’avoir contourné l'antagonisme franco-britannique sur la politique agricole commune (PAC) et la «ristourne» budgétaire britannique héritée de 1984, une époque où la Royaume Uni était en difficulté. Contourner ainsi un marchandage bi-latéral stupide n’est pas trouver un compromis mais compromettre l’avenir de la Maison Europe. « Vous verrez, avait prévenu de Gaulle, qu’après avoir casse le Marché commun de l’intérieur, les Anglais tenteront de le détruire de l’intérieur ». Il est temps que les europhiles britanniques (il y en a) se réveillent…
Au fait, nous sommes le 29 novembre, six mois jour pour jour après le Non français au référendum. Un constat s’impose : où est la « crise salutaire » promise par ceux qui disaient « Non à la Constitution » en prétendant dire « Oui à l ‘Europe » ? Le « plan B » existe : c’est le « plan Blair ». Il  s’agit non seulement de jetter bébé avec l’eau du bain : il s’agit de casser la baignoire et de décourager les gens de faire des bébés.
Pauvre Union ! Non seulment il n’y a plus de pilote dans l’avion, mais il n’y a plus de carburant. Seuls les « escargotistes » d’un archéo-nationalisme passéistes et les Chevaliers d’outre-Atlantique de l’Hyper-capitalisme sauvage peuvent s’en réjouir.
Daniel RIOT

 

16:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe

Commentaires

La réforme des fonds structurels européens est, de facto, une atteinte qui vise les régions à forte identité, les régions en développement et le principe fédéraliste que l'on peut vouloir développer.

La perfide albion, en relançant le centralisme, comme le fait à sa façon la Datar, sait qu'elle joue contre l'europe

Ecrit par : Alsator | 30/11/2005

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