30/11/2005
Les "prisons" de la CIA en Europe: En Quête de vérité
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19:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Mémoires à vif? Détournements de mémoires
Pourquoi la France a-t-elle autant de difficultés à faire face à son histoire réelle, à assumer l’héritage tel qu’il est et non tel qu’on le souhaiterait, à faire un vrai devoir de mémoire ? Grave question. Sans réponse facile.
Cela vient peut-être du fait que ce pays centralisé, profondément monarchique, s’est construit en partie sur des légendes cultivées, des mythes transmis…Nos ancêtres les Gaulois…Clovis, roi des Francs…Charlemagne, empereur français…La Révolution sans la Terreur et sans l’Empire… L’empire sans les violences…Les fausses victoires trop célébrées et les vraies défaites oubliées… « Parfois, confiait un jour De Gaulle à Peyrefitte, je fais semblant. Et çà marche ». Mais, parfois, çà ne marche pas…
« Vous les Français, me disait récemment un ami belge vous apprenez dès l’école à confondre Idéal et réalité, fiction et réalité, c’est l’histoire du Coq qui chante même sur un fumier… De l’emphase et du lyrisme pour les valeurs et les principes. Des litotes et des silences pour le respect des valeurs et des principes. Cela vous a déjà jouer de vilains tours…Waterloo, Trafalgar, L’affaire Dreyfus, Pétain, la décolonisation si difficile,.. Vos difficultés intérieures actuelles viennent en partie de là. Tous les Etats-nations reposent sur une sorte de mysticisme national et sur des histoires plus que sur l’Histoire. Mais, vous, vous êtes champions…Pourtant l’école historienne française compte d’excellents esprits ».
Eh ! oui… Combien de temps pour reconnaître les responsabilités françaises dans l’antisémiitisme du vingtième siècle ? Combien de temps pour dire que les « événements d’ Algérie » était une guerre ? Combien de temps pour réparer (faiblement) les injustices commises envers les « harkis » ?
Pourtant nous avons un culte de la commémoration qui se manifeste quotidiennement, ou presque : les anniversaires du jour…sont fêtés comme les saints, sans savoir qui ils sont.
C’est dans ce contexte qu’il importe de replacer les débats stupides au Parlement sur les « aspects positifs » des colonisations françaises. Stupide et inadmissible ce type de prises de positions qui sont traduites dans une loi. Il est vari qu’il y a des précédents : quand, par exemple, le Parlement légifère sur le « génocide arménien », il se mêle de ce qui ne le regarde pas.
Les politiques doivent donner aux historiens les moyens de faire leur travail, d’accomplir leur mission, non de leur dicter les consignes et encore de se mettre à leur place.. En l’occurrence, qui peut nier que les entreprise coloniales françaises ont eu des effets négatifs et positifs ? Mettre à nu les uns et les autres n’est une insulte pour personne, n’est une mise en procès de personne. Que recherche-t-on avec cet amendement encore plus bête que ridicule ? Une amnistie par l’amnésie ? il n’est pas sain qu’un pays qui des raisons d’être fier de lui et de s’aimer (heureusement) vive dans des mensonges entretenus. La Vérité triomphe toujours.
Qui plus est, ce double vote parlementaire apporte de l’eau au moulin de deux qui sombrent dans les excès inverses, nourrit par ricochet les raisonnements victimaires des « indigènes de la République ».
Cette irresponsabilité des législateurs n’est pas faits non plus pour enrayer la crise, le dénigrement croissant, de la démocratie représentative.
Enfin, il est logique que ce scandale contre la mémoire, contre l’Histoire et contre la démocratie ne facilite pas cette « amitié » franco-algérienne, si souhaitable pour les deux pays et leurs peuples toujours marqués par les « feux mal éteints » de cette guerre qui fut d’abord une guerre civile à trois dimensuions : entre Algériens, entre français et entre Français et Algériens.
Le « devoir de mémoire » est d’abord un devoir de mise à place, d’approche de la vérité, de connaissance, de savoir. Or, on confond (de plus en plus) le savoir et le croire. Dans cette affaire, ce ne sont pas les mémoires qui sont à vif, ce sont les détournement de mémoire. Signe des temps…
Daniel RIOT
15:40 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Papy Potter ou le sorcier de la régression
Qui se plaint ? il y a des heureux. Les producteurs et les distributeurs de Harry Potter par exemple : Le quatrième volet de la série de la romancière britannique J.K. Rowling sur les exploits d'un jeune sorcier, «Harry Potter et la Coupe de Feu», a réalisé plus de 400 millions de dollars de recettes à travers le monde après seulement dix jours d’exploitation. La vie est belle, non. Le peiti Harry a 14 ans et il travaille depuis longtemps. Alors le retour à l’apprentissage à 14 ans ? Pourquoi pas ? A Naples, en Roumanie, et ailleurs l’apprentissage est terminé depuis longtemps…. A quand la généralisation du travail des enfants ? Harry a d’ailleurs tout l’avenir devant lui : il peut s’il reste en bonne santé espérer tourner les aventures de Pépé ou papy Potter jusqu’à (au moins 69 ans). Un rapport d’experts propose en effet au gouvernement britannique de faire passer l'âge de la retraite à 69 ans d'ici 2050
La population active de l'Union européenne devrait passer de 303 millions à 280 millions d'ici 2030, alors que la proportion de retraités par rapport aux actifs pourrait doubler d'ici 2050.
L'an dernier, l'Italie a rallongé le temps de travail des salariés de 57 à 60 ans pour qu'ils obtiennent une retraite complète. Les syndicats belges ont organisé une grève nationale le mois dernier contre les projets du gouvernement visant à faire passer l'âge de la retraite de 58 à 60 ans. Quant aux parlementaires allemands, ils ont accepté au début du mois que l'âge de la retraite passe de 65 à 67 ans entre 2012 et 2035. Le mouvement se généralise. A quand la retraite à 100 ans ? Le travail c’est la santé.
Ces évolutions constituent un contre-coup à un excès inverse. Bac + X donnait (et donne encore) une entrée(éventuelle) dans la vie active à 30 ans et le jeunisme entreprenarial décrètait le « coup du cocotier » à partir de la cinquantaine. Cela ne pouvait évidemment pas durer…C'était brûler la bougie par les deux bouts...
Si Potter a autant de succès c’est sans doute par compensation : nous vivons une époque où pour la première fois dans l’Histoire sans doute (à vérifier) , les enfants ne sont pas sûrs de vivre mieux que leurs parents. Le progrès n’est plus une progression. Harry Potter ou le sorcier de la régression.
daniel riot
13:50 Publié dans fragment de pensée | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29/11/2005
Sérieuses menaces sur les fonds structurels
Tony Blair revoit à la baisse le budget de l'Union européenne
L’Europe joue gros cette semaine. Et Tony blair aussi…. Le premier ministre britannique qui a complètement manquée sa présidence de l’Union jusqu’à présent va tenter de trouver le moyen de sortir l'U E de l'impasse budgétaire dans laquelle il l'a lui-même conduite, en juin dernier…. Sa recette ? la pire de toutes celles qu’on pouvait craindre : il veut opérer des coupes « drastiques », dit-on à Londres , dans le chapitre des fonds structurels de manière à ramener le budget européen de 1,06% à 1,03% du PIB des 25.
Les fonds structurels, constituent le seul vrai levier d’une politique de développement régional. Ils sont même le seul outil concret d’une politique sociale. Régions en difficultés en sous-developpement, attention ! Ce « compromis »,comme on dit à Londres, confirme trois tendances lourdes :
1) Londres veut vraiment défaire l’Union. Ces fonds que Jacques Delors avaient eu raison faire augmenter vont fondre, comme les espérances euro-méditerranéenne, comme les promesses de la stratégie de Lisbonne
2) Londres et d’autres capitales sont de plus en plus hostiles aux politiques de développement régional. Barosso avait déjà clamé son inquiétude la semaine dernière à Strasbourg devant l’Assemblée des Régions d’Europe…
3) Londres et d’autres capitales cassent l’Europe à force de pingrerie. C’est l’Europe de l’oncle Picsou. Comme si l’Union était une dépense et non investissement. En France la gauche qui a voté NON n’vait raison que sur un point : c’est 3% du PIB européen que devrait représenter le budget européen si on ne veut pas transformer le Marché commun en simple zone de libre-échange et si l’on veut relancer la croissance, développer l’emploi et réduire les inégalités.
Inutile de préciser que ce « compromis » ne va pas faire l’affaire des nouveaux pays et des futurs. Ni celle des régions ou des « pays » des anciens membres.
Si la « trouvaille « de Blair est acceptée, le « fils travailliste de Maggie Thatcher » va pouvoir se dire « satisfait » d’avoir contourné l'antagonisme franco-britannique sur la politique agricole commune (PAC) et la «ristourne» budgétaire britannique héritée de 1984, une époque où la Royaume Uni était en difficulté. Contourner ainsi un marchandage bi-latéral stupide n’est pas trouver un compromis mais compromettre l’avenir de la Maison Europe. « Vous verrez, avait prévenu de Gaulle, qu’après avoir casse le Marché commun de l’intérieur, les Anglais tenteront de le détruire de l’intérieur ». Il est temps que les europhiles britanniques (il y en a) se réveillent…
Au fait, nous sommes le 29 novembre, six mois jour pour jour après le Non français au référendum. Un constat s’impose : où est la « crise salutaire » promise par ceux qui disaient « Non à la Constitution » en prétendant dire « Oui à l ‘Europe » ? Le « plan B » existe : c’est le « plan Blair ». Il s’agit non seulement de jetter bébé avec l’eau du bain : il s’agit de casser la baignoire et de décourager les gens de faire des bébés.
Pauvre Union ! Non seulment il n’y a plus de pilote dans l’avion, mais il n’y a plus de carburant. Seuls les « escargotistes » d’un archéo-nationalisme passéistes et les Chevaliers d’outre-Atlantique de l’Hyper-capitalisme sauvage peuvent s’en réjouir.
Daniel RIOT
16:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe
"Esprits d'Europe" d'Alexandra Laignel-Lavestine sacré meilleur essais européen de l'année
Enfin un prix littéraire qui ne souffre aucune contestation. Alexandra Laignel-Lavastine reçoit le Prix Européen de l'Essai"Charles Veillon" 2005 à l'occasion de la parution de son livre "Esprits d'Europe", publié cette année aux Editions Calmann-Lévy, Paris. J'en suis ravi. Elle le mérite. Et je ne recommanderai jamais assez la lecture de cet ouvrage à tous ceux qui veulent mieux penser ou repenser l'Europe. La cérémonie d'attribution aura lieu le 10 février 2006 à Lausanne.Sur les intellectuels d'Europe centrale et orientale, elle a publié trois ouvrages : l'un consacré au philosophe roumain Constantin Noïca, Nationalisme et Philosophie : le paradoxe (1998), le second à la pensée politique de la dissidence, Jan Patocka : l'esprit de la dissidence (1998), le troisième à Cioran, Eliade, Ionesco : l'oubli du fascisme (2002).Elle collabore, par ailleurs, au "Monde des livres" et à RFI

Esprits d'Europe
Calmann-Lévy, 2005
Pourquoi faisons-nous l'Europe ? À la question de son sens et des valeurs qui la fondent, de nombreux intellectuels d'Europe centrale ont consacré leur oeuvre, leur engagement, leur vie même.
Le moment est venu de redécouvrir cette extraordinaire communauté d'esprits, dominée par trois figures exemplaires : Czeslaw Milosz (1911-2004), poète et essayiste polonais, prix Nobel de littérature ; Jan Patocka (1907-1977), philosophe tchèque, grand inspirateur de la dissidence, mort assassiné par la police politique ; et le Hongrois Istvan Bibo (1911-1979), l'un des penseurs les plus pénétrants des "hystéries collectives" qui secouent à intervalles réguliers le Vieux Continent.
C'est autour de la trajectoire, des idées et du rayonnement de ces trois consciences de notre temps que s'organise cet essai. Au-delà, tout un continent immergé de la culture européenne se révèle à nous, entre affinités électives et influences réciproques : de Kafka à Kertész et de Koestler à Kundera, mais aussi de Musil à Milosz, de Husserl à Patocka ou encore de Hannah Arendt à István Bibó, et de Sandor Marai à Zygmunt Bauman. Instruits par les catastrophes du XXe siècle, ces penseurs rendent à nouveau visibles les fondements éthiques de la civilisation européenne. Pour qu'aujourd'hui, la Réunification ne s'accomplisse pas dans le désenchantement de l'homme et de la démocratie.
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11:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
28/11/2005
Harki à vie? La Mémoire, la Justice et l'avenir
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15:47 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
22/11/2005
Harkis à vie? Eléments de réponses...
Depuis le 4 novembre dernier, l'Espace Insight présente l'exposition "Harkis à vie ?" .De nombreux visiteurs ont manifesté leur intérêt pour l'histoire des Harkis, la position de l'Etat français sur cette question, celle de l'Etat algérien...Chantal Cutajar, présidente de l'association Droit pour la Justice et très concernée y compris personnellement par les remous de l'histoire de l'immigration française et plus précisémment des rapports entre la France et l'Algérie a pris l'initiative d'organiser une table-ronde autour de la question Harki.
La rencontre débutera par la projection du film :"cette guerre au feu mal éteint", de Jean-Marie FAWER : 52', production ANA Films et France 3 Alsace et sera suivie d'un débat auquel participeront :
- Maître Guy BENICHOU, Avocat à Strasbourg.
- Chantal CUTAJAR, Présidente de l'Association Droit pour la Justice
- Jean-Marie FAWER, Réalisateur du film "Cette guerre aux feux mal éteints"
- Mohamed GUERROUMI, Président de l'Association Franco-ALgérienne et leurs Amis (A.F.A.L.A)
- le Colonel Aziz MELIANI
Dimanche 27 novembre 2005 à 17h
FILM SUIVI D'UNE TABLE RONDE animée par Daniel RIOT, Directeur de la Rédaction européenne de France 3, producteur de l’émission « Européos » et vice-président de Droit pour la Justice
Harkis à vie ? Eléments de réponses...
10, rue Thomann 67000 Strasbourg
Espace Insight
Contact Presse
Arnaud Weber
Collectif Insight
+33 (0)6 63 08 86 68
+33 (0)3 88 21 05 18
+33 (0)3 88 21 07 52 (fax)
Site web
http://ledroitpourlajustice.blogspirit.com
16:34 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe
Leçons politiques d'Outre-Rhin....
Angela Merckel et sa grande coalition au pouvoir. Voir mon commentaire >>>>>>>>>>>
13:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blog
Mes découvertes de Cognac
Quelle richesse ce salon des littératures européennes à Cognac! Quelques découvertes ou redécouvertes parmi d'autres. De vrais coups de coeur. Quatre femmes de talents, parmi d'autres.
Lourdès Ventura
Journaliste et critique littéraire, Lourdes Ventura, née en 1956 à Palencia, est aussi écrivain et essayiste.Connue en France par les hispanistes, elle le sera par le grand public grâce à la traduction en français de son roman Le poète sans paupières. A lire (et à relire)IMPERATIVEMENT. En plus, elle est belle. Si belle qu'elle vous fait baisser les paupières. Mais son livre est à lire les yeux bien ouverts. Une plume en or, cette femme fatale. La poésie? Elle l'incarne. A quand le prochain livre? A quand la prochaine rencontre? Cette Lou est plus que Lou....SOS Freud! Elle me fait peur, ou plutot elle me fascine--ce qui revient au même. Quelle Aventura! L'Espagne est talentueuse. Lourdes a un talent de tueuse. Parce qu'elle fait craquer ceux qui la lisent et ceux qui la croisent. En plus, elle est modeste et timide, cette enfant d'un bon génie. J'arrête:je m'abîme dans ce qui n'a pas de nom, sauf un qui commence par A...
DR
Le poète sans paupières - Buchet-Chastel
traduit de l'espagnol par Vincent Ozanam, 2005
Dès le début du Poètes sans paupières, Gustavo Adolfo, s'exclame : la poésie doit être objective, de la poésie pour tout le monde … il faut jouir de l'extase de l'invention esthétique, se laisser porter par le vertige de l'inconscient, s'abîmer dans ce qui n'a pas de nom.
Cette affirmation est la voix de l'auteur qui par son roman veut livrer au lecteur une histoire universelle, une histoire d'amour dont le déroulement, le langage, la poésie sont de tous temps, où les images, les gestes, les dialogues n'ont pas d'âge.
Une jeune fille du XXIe siècle qui connaît ses premiers émois amoureux découvre le journal intime d'une aïeule dans lequel elle décrit l'amour passionné qu'elle a vécu : elle se laisse porter par les sentiments, elle s'approprie des vers de Hölderlin ou de Heine. Le sens, la vie c'est dans la poésie. La poésie est liberté, la seule liberté possible.
| Clémence Boulouque
Chasse à courre Après avoir été un brillant jeune banquier d'affaires, Frédéric Marquez est embauché à moins de trente ans dans une société de chasseurs de têtes. Issu d'une famille modeste de la grande banlieue, il est animé d'une implacable soif de réussite. L'argent lui brûle les doigts, les femmes passent dans sa vie sans qu'il sache ni veuille les retenir. Seule Sonia Stepan, recruteuse pour une boîte concurrente, lui fera quitter sa carapace d'égocentrisme cynique ; mais Sonia vit avec un autre homme… Cette peinture de mœurs, à la fois féroce et glaciale, donne à voir un milieu rarement pénétré par la littérature. Les jeunes gens décrits par l'auteur sont efflanqués et amers, ils ne connaissent ni la compassion, ni la patience, ni la paix : " La réussite n'est qu'une des facettes de la peur "… |
Dubravka Ugresic
Née à Belgrade en 1949, Dubravka Ugrešic, écrivain serbe, vit en exil aux Pays Bas depuis 1993. Profondément attachée à l'Etat multiculturel qu'était la Yougoslavie, elle exècre cette Croatie où " on vous traite désormais de yougo-zombi, yougo-nostalgique, daltonien national, et où il est maintenant interdit de prononcer le nom de la Yougoslavie ".
Professeur de littérature russe, elle a été amenée à enseigner aux Etats Unis et dans plusieurs pays européens.
Essayiste, scénariste et romancière, Dubravka Ugrešic a reçu en 1996 le prix Charles Veillon, prix du meilleur essai européen pour La culture du mensonge. Son premier roman L'offensive du roman fleuve a été traduit en français en 1993, ses nouvelles Dans la gueule de la vie en 1997 et le roman Le musée des redditions sans condition en 2004.Son œuvre est considérée, notamment en Grande-Bretagne, comme l'une des découvertes les plus intéressantes des dix dernières années.
Ceci n'est pas un livre - Fayard
traduit du serbo-croate par Mireille Robin, 2005
Dans cette série de sanguines, Dubravka Ugrešic décrit, avec humour et un plaisir communicatif, l'univers nouveau du livre tel qu'il se met insidieusement en place chez nous, un monde dont elle a pris la mesure aux États-Unis puis en Allemagne, et qui témoigne d'une évolution bien inquiétante.
Nul n'échappe à sa plume incisive : les agents qui n'acceptent de juger un livre que sur synopsis, les foires du livre qui tournent à la foire tout court, les éditeurs davantage préoccupés de marketing que de littérature, et les auteurs, de plus en plus désorientés et prêts à toutes les compromissions pour être publiés - et lus.
Faut-il vivre en exilée aujourd'hui, après avoir été élevée derrière le Rideau de fer dans l'amour de la littérature et l'admiration de l'Ouest, pour peindre avec tant de férocité la vie littéraire en Occident ? Sans doute, si l'on veut bien admettre que rien ne ressemble plus au destin du livre au temps du communisme que celui qui lui est promis en vertu du marché-roi.
Alexandra Laignel-Lavastine
Née en 1966, Alexandra Laignel-Lavastine est philosophe et historienne des idées.
Sur les intellectuels d'Europe centrale et orientale, elle a publié trois ouvrages : l'un consacré au philosophe roumain Constantin Noïca, Nationalisme et Philosophie : le paradoxe (1998), le second à la pensée politique de la dissidence, Jan Patocka : l'esprit de la dissidence (1998), le troisième à Cioran, Eliade, Ionesco : l'oubli du fascisme (2002).Elle collabore, par ailleurs, au "Monde des livres" et à RFI
Pour moi, c'est le meilleur essais européen de l'année. A lire et relire...en prenant du temps.Pour que l'Europe respire vraiment avec ses "deux poumons"
Esprits d'Europe
Calmann-Lévy, 2005
Pourquoi faisons-nous l'Europe ? À la question de son sens et des valeurs qui la fondent, de nombreux intellectuels d'Europe centrale ont consacré leur oeuvre, leur engagement, leur vie même.
Le moment est venu de redécouvrir cette extraordinaire communauté d'esprits, dominée par trois figures exemplaires : Czeslaw Milosz (1911-2004), poète et essayiste polonais, prix Nobel de littérature ; Jan Patocka (1907-1977), philosophe tchèque, grand inspirateur de la dissidence, mort assassiné par la police politique ; et le Hongrois Istvan Bibo (1911-1979), l'un des penseurs les plus pénétrants des "hystéries collectives" qui secouent à intervalles réguliers le Vieux Continent.
C'est autour de la trajectoire, des idées et du rayonnement de ces trois consciences de notre temps que s'organise cet essai. Au-delà, tout un continent immergé de la culture européenne se révèle à nous, entre affinités électives et influences réciproques : de Kafka à Kertész et de Koestler à Kundera, mais aussi de Musil à Milosz, de Husserl à Patocka ou encore de Hannah Arendt à István Bibó, et de Sandor Marai à Zygmunt Bauman. Instruits par les catastrophes du XXe siècle, ces penseurs rendent à nouveau visibles les fondements éthiques de la civilisation européenne. Pour qu'aujourd'hui, la Réunification ne s'accomplisse pas dans le désenchantement de l'homme et de la démocratie.
11:10 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe
16/11/2005
Dans la ville natale de Jean Monnet....
Une nouvelle fois, je me fais un plaisir de co-animer le Salon des littératures européennes de COGNAC. Ce blog sera un peu moins nourri dans les jours qui viennent. Voir le site>>>>>>>>>
21:07 Publié dans Initiatives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe











Clémence Boulouque est née en 1977. Après des études à Sciences-Po et à l'Essec et un Master de relations internationales aux États-Unis, elle est actuellement journaliste pour la presse écrite et la radio (Figaro et France Culture).