27/03/2006

La rage d'enfant d'André GLUCKSMANN: A lire absolument

medium_andre_g.jpgComment peut-on ne pas apprécier André Glucksmann ? En ne l’ayant jamais ou peu lu, peut-être. En le jugeant  sur les « on dit », sur cette « réputation » qui, selon Aristote, est « ce qui ne dépend pas de nous », sur quelques images médiatiques souvent trompeuses ? En le jalousant sans doute…Il est si brillant et si énigmatique à la fois… « Nos jugements nous jugent », écrivait Valéry… Moi, j’aime André. Et ses écrits. Je le proclame et le revendique. Parce qu’il est l‘un esprits qui m’a le plus aidé à tenter de concilier géopolitique et géophilosophie, personnalisme et machiavélisme, culte des valeurs et réalisme, rapports de forces et primat des valeurs.
L’épée  reste l’axe  du monde, comme disait de Gaulle. Les Européens l’oublient trop… Et les bons sentiments ne suffisent à pas faire le Bien. Le problème, d’ailleurs, ce n’est pas le Bien, c’est le Mal.
« Le Bien et le Mal ne sont pas des valeurs parfaitement opposées l’une à l’autre » (…) « La question du Mal a constitué d’emblée l’enjeu fondamental de la pensée ». Avec une interrogation de fond : « Existe-t-il une manière de vivre non dans mais face à l’absurde ? »
Depuis « La cuisinière et le mangeur d’hommes », en 1975, je crois avoir lu tous ses livres (y compris ceux que je n’avais pas lu avant, notamment son « Discours de la Guerre » qui remonte à 1967), et nous devons dû avoir quelque quinze rencontres non mondaines depuis.
Je me fais un bonheur (et j’ai l’honneur), de le revoir ce mercredi à Strasbourg, pour un  déjeuner-débat du Club de la presse et pour une rencontre organisée à la Bibliothèque municipale de Strasbourg par la librairie Kléber autour de son dernier ouvrage qui est, pour moi, le plus mûr, le plus complet, le plus talentueux, le plus « littéraire » et le plus authentiquement philosophique qu’il ait signé. Comme un bon cru, Glucksmann ! Il s’enrichit  en vieillissant.  
Emouvante, cette « Rage d’enfant » si autobiographique sans nombrilisme vain ou vaniteux, si bien écrit et si bien « pensé ». La presse « poeple » y voit surtout des éléments de sa vie. Même dans ses pages dites « littéraires » : Glucksmann, c’est le Chanceux, « l’Homme-Bonheur », littéralement et effectivement. Affectivement. « De son enfance meurtrie par l'Histoire à ses engagements d'adulte, le philosophe tire une brillante réflexion sur l'universalité du mal », écrit L‘Express…  Cherchez le faits divers : là n’est pourtant pas l‘essentiel, même s’il est révélateur.
« La grande littérature, authentique science du Mal, dévoile les artifices humains trop humains qui le dissimulent »(…) « Le souci de soi passe par le miroir de l’actualité, aussi ténébreuse soit-elle » (…) On s’intéresse plus à l’itinéraire d’André qu’à son vrai dessein : avoir un destin et l’assumer. Et le reconnaître pour ce qu’il est :un des esprits les plus lucides de cette époque, entre Sartre et Aron, au-delà des modes, avec Foucault, sans tomber (sombrer) dans la doxa qui nous fait oublier que Heidegger a pêché plusieurs fois, y compris après 45.
André n’a rien d’un rétro-futuriste : c’est ce qui fait sa qualité essentielle. Il nous aide à dégager des horizons d’espérance en nous forçant à voir les réalités en face.
Sans doute cela vient-il du fait qu’il est d’abord un rescapé, André. Celui qu’on  nommait Jojo RIVIERE a eu, c’est vrai,  un destin de déraciné, « d’ébranlé », de « solitaire ».  De Rescapé. De révolté. De sauvé, surtout.
Sauvé par une mère qui lui a enseigné la plus belle des vertus : celle de l’insolence, du culot, de la franchise. Du vrai courage, celui que l’on a (ou non) en pleine conscience des dangers.
Martha, la magnifique !… Avec elle, grâce à elle,  André est né plusieurs fois, puisqu’il a été sauvé plusieurs fois. Du fascisme, du stalinisme et de ce mal qui explique tous les maux : la bêtise, la lâcheté, le refus de voir les réalités en  face, les facilités de l’autruche.
Magnifique, la photo de couverture du livre édité chez Plon. Il bougonne, le petit ? Il serre les poings.  Il fronce le front. Il ferme ses mâchoires. Sa rage deviendra colère… Et le restera. Rage de vivre, ou plutôt de sur-vivre. Malgré l’inhumanité vécue ou vue. Partagée.
Tout y est dans cette photo. Tout ? Tout Glucks… Toute la survie dans un monde où l’inhumanité demeure après Auschwitz, après Hiroshima, après le Goulag, après les plus grandes des découvertes HORRIBLES de l’inhumanité. L’hybris, c’est la vie… jusqu’à la mort.
Il est, dit-il, des photos qui montrent, constatent. C’est un fait, une scène. « Regardez. Dépouillez-vous de vos ignorances et de vos  préjugés ». Il est, aussi,  des photos qui « performent »…
Informer, c’est performer, rendre performant, donc être porteur de référent, de répondant et de signifiant. Conduire au questionnement de la vraie question : « Qu’est-ce que l’être ?», comme s’interrogeait déjà Aristote. Nous y sommes encore à cette question… Plus que jamais peut-être avec les technologies de l‘information, les images de la désespérance ( la grand messe du « 20 heures »), la sur-information apparente (cette forme de désinformation)… « Les médias contre le journalisme », redirait Jean-Claude Guillebaud.
Sur le monde, André a le regard de la Vigie : « Veilleur où en est la nuit ? »… Il est des crépuscules qui n’annoncent pas d’aube… «Le drame solaire » de Mallarmé : « Aucune promesse ne promeut la résurrection de l’aurore »…
Il a donc le regard de celui qui ne ferme pas les yeux, ou regarde « ailleurs » : le voici aux antipodes de ce « mal français » si bien illustré par le « bonheur combraysien » de Proust qui se résume en un « refus de voir », par la loi (hypocrite) du silence, par « l’occultation des conflits dans une paix des cimetières »
Tout voir en face ! Y compris, et surtout, la mort. La « bouche d’ombre » de Victor Hugo. « Détenir le principe de tous les engagements possibles… et maintenir en eux la nécessité d’une distance et la possibilité d’un dégagement, en criant casse-cou, au nom de l’enfant qu’on égorge dans le ventre de sa mère »
La conscience. Voilà le mot-clef. Essentiel et existentiel. Un mot d’ordre. Conscience de soi, sans narcissisme. Conscience du monde, sans le « délirant désir d’abolir le hasard, l’angoisse et l’incertitude ». Conscience de ses limites.  « Rien n’aura lieu que le lieu »…  « Toute pensée émet un coup de dés »… Conscience que nous sommes, chacun à son niveau, des ACTEURS du monde : « Je ne suis pas un prophète d’apocalypse, tout juste un penseur aux aguets »
Glucksmann est plus qu’inspiré par Maarmé : il est imprégné de Mallarmé, ce poète qui « peint la modernité blanc sur blanc », sans « faux-fuyants », en sachant porter « le deuil de l’au-delà ». Icare, non : il se brûle les ailes. Igitur, oui : son « schéma » nous sert de guide dans nos « conflits identitaires » actuels. « Le fou de Dieu est d’abord un fou de soi »…  « L’obsessionnelle poursuite de soi reste une impasse absolue ». Celle qui conduit au nihilisme ou l’entretient.
Le nihilisme : une obsession chez André. Et la clef de nombre de nos maux. Relire « Dostoïevski à Manhattan », publié en 2002… après le « 11 septembre », la chute des Twin Towers, ce « nouveau Pearl Harbor » qui « arracha l’Amérique à son rêve d’universelle trêve des confiseurs ». Relire aussi tout ce qu’il a écrit sur la Russie. Et sur Acibiade. L’heure, pour lui, est celle du marxisme-nihilisme, Avec, en vedette, JUNON, celui qui confond « force et puissance ». Et, en point de mire, TYPHON, l’ennemi, celui qu’i faut « reconnaître de loin et connaître de près » si l’on veut le combattre …
 « Le souci de soi, c’est d’abord le souci de l’autre que soi. A l’extérieur comme à l’intérieur. Afin de défier l’inhumanité, je dois déshabiller ‘inhumain en moi et le dévoiler alentours»
Face à TYPHON, Glucksmann fait appel à Socrate… et à l’impérative nécessité de se reconnaître ATYPHOS, c’est-à-dire celui qui est  de « caractère modeste », qui sait « garder la tête froide », même devant « la violence absolue ». Mais qui sait trouver un sens à sa vie, à ses écrits, et…à l’Europe.
Dans une « Rage d’enfant », André Glucksmann a écrit plusieurs livres. Sur lui : des fragments de vie émouvants. Sur ceux qui l’inspirent : de belles références. Sur la France et les Français : amour et lucidité. Ah ! Cette Napoléonite qui nous poursuit et nous empoisonne… Sur ses engagements : au nom de l’Homme. Sur la philosophie : ce refus de fermer les yeux. Sur l’Europe.
En clair, si j’ai un livre à vous conseiller en ce début de printemps, c’est celui-là. L’essais le pus pertinent de ce début 2006. Abstenez-vous de le ire si vous vous contentez des « airbags de la pensée » qui font la doxa de ces jours où les crépuscules semblent compter plus que les aurores
Daniel RIOT
·         « Une rage d’enfant », par André GLUCKSMANN. Editions PLON. 290 pages. 19, 50€
·         Rencontre avec  André Glucksmann,à Strasbourg,au Club de la presse, à midi trente à l’Ancienne Douane, et à 17 heures à la BMS

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24/03/2006

CRIMES CONTRE L'HUMANITE: le 3 avril à Strasbourg

 

Soirée en hommage à Véronique DUTRIEZ
Lundi 3 avril 2006 à 20h30 à Strasbourg à l’Odyssée
Le Ministère de l’Education nationale et la Fondation pour la mémoire de la Shoah présentent
Crimes contre l’humanité 1933 – 1945
Un film pédagogique européen réalisé avec des élèves et pour les élèves
Avec Simone VEIL, Jorge SEMPRUN, Stéphane HESSEL, Boris TASLITZKY, Georges FEDERMANN…
Filmé dans quatre pays européens : Pologne, Allemagne, République tchèque et France
Soutenu par les Mémoriaux de Paris, de Buchenwald-Dora, d’Auschwitz, de Terezin, d’Izieu, de Besançon, du Struthof, de Drancy, les musées de Prague et d’Orléans
« Ce film, par la cohérence du traitement du sujet et par sa richesse, traduit ce en quoi je crois et ce pour quoi je lutte : l'enseignement de cette période de l'histoire est fondamentale dans la construction de notre conscience d'Européen et doit être une priorité pédagogique. Il permet aussi de se poser la question de la modernité de cette histoire ». Georges Federmann
Cinéma Odyssée, 3, rue des Francs-Bourgeois, 67000 Strasbourg. Tel : 03-88-75-11-52 – Fax : 03-88-75-12-71
cinemaodyssee@hotmail.com - www.cinemaodyssee.com
 « Notre travail est le fruit de notre époque et de notre société, réclamant des survivants des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, des outils pour transmettre leur mémoire pour éclairer l’essentiel de leurs expériences de guerre, d’occupation ou de déportés. Nos nombreux rencontres et encouragements ont beaucoup participé à la réussite du dernier film. Nous remercions en particulier Jean Léger, Jorge Semprún, Geneviève Erramuzpé, Hélène Mouchard-Zay, Joachim Koenig, Richard Metz, Elizabeth Pastwa, Simone Veil, Pierre-Jérome Biscarat et Jacques-Olivier David qui ont tous donné un élan supplémentaire à notre projet. »
Vincent MOISSENET, professeur de lettres modernes, formateur en pédagogie de l’audiovisuel et coordonnateur de « Réalisons l’Europe »
Depuis quelques années, avec l’ouverture de nouvelles archives et la proximité des cinquantième et soixantième anniversaires de la fin de la 2ème Guerre Mondiale, de nombreux ouvrages sur la résistance et la déportation sont parus. Relations purement historiques ou souvenirs des derniers témoins encore vivants, il manquait à ces parutions des travaux d’ensemble facilement accessibles aux adolescents. Or, ce sont ces adolescents, citoyens de demain, qu’il est essentiel de toucher et de sensibiliser à l’histoire ô combien violente du 20ème siècle. Or, un jour, ou peut-être une nuit, naquit dans la tête d’un jeune professeur de français du collège André Malraux de Paron un projet ambitieux, plus qu’ambitieux même puisqu’il prévoit de créer sur une période de 10 ans un outil pédagogique préparant les élèves à l’Europe. Un projet dont la réalisation nécessite donc un certain souffle ! J’ai eu la chance d’assister à la naissance du 3ème volet de ces travaux et j’avoue avoir été fort impressionné par la persévérance, le sérieux et la volonté permanente de surmonter des obstacles qui n’ont pas manqué. Il a d’abord fallu créer une équipe d’enseignants de spécialités diverses, tous assez motivés pour ne pas reculer devant l’énormité de la tâche et les difficultés imprévues rencontrées en cours de route. Cette équipe a été complétée par une vingtaine d’élèves volontaires et autorisés par leurs parents à participer à ces tâches supplémentaires.
L’ouvrage projeté étant audiovisuel, ces élèves ont été formés rapidement aux techniques de la prise de vue, de son, et au traitement des images par informatique, ce qui, étant donné le temps imparti, est déjà en soi une performance. La recherche de documents écrits, dessinés ou sur la « toile » a nécessité de longues heures de patience. Puis un travail énorme de reproduction d’images et de textes a suivi, assorti de l’obligation de solliciter auprès des ayant droits les autorisations de reproduction au moindre coût.
Les entretiens avec des témoins de cette époque - témoins qui sont rares maintenant et qu’il faut dénicher dans leur retraite - ont demandé d’autant plus de persévérance que, recherchant la difficulté sans doute, des personnalités prestigieuses ont été sollicitées, personnalités parfois réputées difficiles à approcher. Et pourtant, ce miracle a eu lieu !
Pour couronner le tout, après plusieurs déplacements sur les lieux d’internement des Juifs en France, l’équipe professeurs-élèves s’est rendue sur les lieux de mémoire de la déportation, accomplissant du 17 au 25 mars 2005 un voyage marathon digne des meilleurs marchands de voyages organisés, navigant de la république Tchèque à la Pologne, en passant bien sûr par l’Allemagne. Enfin, les 7 et 8 avril, visite de la citadelle de Besançon et du camp du Struthof en Alsace ! Ouf !
Mais voyager est bien, encore faut-il pouvoir financer les déplacements et le logement d’une troupe nombreuse. On imagine mal le nombre de démarches pour aboutir à un résultat concret. Et pourtant, ce deuxième miracle a eu lieu et ce n’est pas le moindre !
Enfin, dans une masse énorme de documents, il a fallu choisir, mettre en page selon un
scénario logique, enregistrer des commentaires et une musique appropriée. En tant qu’ancien témoin direct, le résultat me réjouit. Plutôt que de céder à la facilité de mettre en scène la fascination de l’horreur, le film va à l’essentiel : le pourquoi et le comment. Bien entendu, il ne manque pas de petites imperfections qui ne nuisent pas à sa valeur, mais le rendent plus vrai, plus proche, plus émouvant.
Une réussite créée pour des élèves, avec une large participation d’élèves qui se trouvent ainsi acteurs et bénéficiaires d’une expérience extraordinaire. J’attends la suite avec gourmandise ! »
Jean LEGER (Ancien déporté)

21/03/2006

L'Europe "molle" prisonnière de dilemmes en série...

Lire mes articles sur RELATIO >>>>>>> et sur européus.org>>>>>>>

19/03/2006

Pauvre FRANCE.... Les réformes sont-elles vraiment impossibles?

Et si nous étions ou redevenions sérieux ? Le CPE est-il bon ou mauvais ? Qui le sait et qui peut le dire ? On ne l’a pas expérimenté…. Voilà 30 ans qu’on prend les « jeunes » pour des rats de laboratoires… et pour des cons. Plus d’études qui ne mènent à rien. Plus d’exigences pour moins de débouchés. Plus de travail pour plus d’incertitudes. Plus de stages non rémunérés pour moins d’horizon d’espérance dégagés.
Dans mes dernières fonctions (dans le service public), j’en ai fait l’expérience : des embauches ? Niet. Des jeunes en stage ? Oui, S’ils n’entraînent aucun frais, aucune rémunération et aucune perspective d’embauche….
J’ai "pris" des stagiaires uniquement pour que leur "passage" dans mon service enrichisse leur CV. Et encore : il fallait établir des conventions avec des facs, des écoles, l’ANPE.... Combien d’emplois non productifs dans nos bureaucraties ? Au total : quelques réussites (appréciables) et bien des déceptions. Avec un sentiment terrible : j’aurais pu faire plus et mieux… mais je n’étais ni embauché, ni payé pour cela… Du bénévolat professionnel, en quelque sorte.  Cela ne reposait que sur ma bonne volonté et sur celle de mes collaborateurs.
 Ma génération, celle qui est née dans l’immédiat après-guerre et qui a connu 68, assume une responsabilité énorme : elle est la première qui ne garantit pas à ses enfants un avenir meilleur que le présent de leurs parents. Elle est aussi celle qui lègue en héritage des déficits qu’il faudra bien payer, d’une façon ou d’une autre.
Ceux qui comparent les événements de cet avant-printemps 06 aux « événements de mai » 68  font une erreur considérable : aujourd’hui, ce sont des anti-événements de mai 68.
En 68, c’est la société qui était bloquée face à des évolutions économiques et sociales qui donnaient le vertige. L‘emploi, à 20 ou 25 ans en 1968 ?  Aucun problème….
Aujourd’hui, c’est une société économico-sociale bloquée qui s’oppose à des conservatismes sociétaux paradoxaux : les syndicats qui défilent avec les « jeunes » contestataires sont aussi responsables du blocage de «  l’ascenseur social » que tous les politiques concernés.  
Pauvres gamins : pourquoi ne défilent-ils pas devant les sièges des syndicats qui prétendent les soutenir ? Devant le Medef ,   d'abord mais aussi devant les autres qui représentent les plus protégés et non les plus exposés aux dérèglements de la globalisation (et non de la mondialisation) de l‘économie-casino, donc de la géofinance
Seuls en 68 et plus tard, , quelques esprits lucides réunis par le Club de Rome (et méprisés par les notables de l’époque) avaient eu la sagesse de lancer des SOS : La croissance n’est pas le progrès ;  le progrès n’est plus fatalement la progression ; la mystique du progrès est une illusion. « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », dit un proverbe chinois qui ne doit rien au maoïsme.
 Déjà en germe, les débats d’aujourd’hui sur les migrations, sur la globalisation, sur l’érosion des pouvoirs d’achats, sur la remontée prévisible des inégalités, sur les crises de l‘énergie, sur les manques en eau, sur les conséquences de l’agriculture intensive, sur le réchauffement prévisible de la planète….
A l‘époque  ( en 1970), j’avais fait des analyses sur les   études du Club de Rome qui m’avaient valu quelques soucis professionnels avec mon employeur de l’époque : « Comment un éditorialiste aussi pertinent que vous peux-t-il se laisser influencer par des études aussi fumeuses ? » Eh oui !... Pourtant je n’étais et je ne suis toujours pas  un écolo… La vérité, je la cherche. Et je sais  qu’elle est trop insaisissable pour être détenue, donc captive.
Le Club de Rome n’avait qu’un tort : être trop  en avance sur les événements. Le kairos, les Grecs nous l’ont appris, (Castoriadis nous l’a réappris), est essentiel en politique : le temps opportun, c’est le seul qui compte.  
Pourquoi ce long préambule ? Parce que au-delà des critiques qui peuvent être  légitimes sur la manière employée (cet article 49-3 de la Constitution de 1958 qui a été rédigé par le centriste Pierre Pflimlin, pour des raisons précises) le projet en cause n’est pas forcément mauvais.
Voyons d’abord les faits :

* Le chômage touche 22,8 % des moins de 25 ans, contre 8,7 % de la tranche d’âge 25-49 ans, selon les dernières statistiques du ministère de l’emploi. Pour les jeunes, le chiffre est néanmoins à manier avec précaution, car il ne tient pas compte de ceux qui sont encore étudiants, et qui ne sont donc pas encore à la recherche d’un travail. Aujourd’hui, les deux tiers des 15-24 ans sont encore sur les bancs du lycée ou de l’université.

*La situation des jeunes sur le marché du travail reste précaire, souligne l’Insee, dans une étude publiée fin janvier et intitulée L’insertion des jeunes sur le marché du travail en 2002 et 2004. Ainsi, 28 % des jeunes qui étaient actifs en 2003 ont traversé une période sans emploi durant l’année qui a suivi, contre 4 % des 30-49 ans. Pour l’ensemble des actifs, cette proportion est de 17 %.

* La précarité est loin d’être temporaire. En 2003, année marquée par une très mauvaise conjoncture économique, 10 % des jeunes actifs ont occupé un emploi temporaire quatre trimestres consécutifs.

* La majorité des jeunes salariés est tout de même en contrat à durée indéterminée (CDI). Entre 15 et 29 ans, ils étaient 58 % dans ce cas, contre 75,2 % des 30-49 ans.

* L’accès des jeunes à l’emploi est corrélé au diplôme, estime l’Insee. Au total, 72,2 % des titulaires d’un bac + 2 qui travaillaient en 2003 occupaient un emploi en CDI, contre 67,6 % pour l’ensemble des diplômés du supérieur, et 56 % des titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Le diplôme n’est malgré tout pas un sésame suffisant à l’emploi stable. En 2003, 14 % des jeunes ayant un bac + 2 ont connu une période de chômage l’année suivante.

* 45 % des jeunes sortant du système scolaire chaque année ont le bac ou un diplôme professionnel, 37 % un diplôme de l’enseignement supérieur, et 18 % aucun bagage, soit environ
150 000 jeunes qui forment ensuite les gros bataillons de chômeurs de moins de 25 ans, selon le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq). 

 

Face à ces faits, on fait quoi ?  Ces chiffres n’ont rien de satisfaisants. Is traduisent même une situation scandaleuse. Honteuse. La majorité actuelle a eu tort de supprimer des expériences faites par d’autres. La majorité d’avant-hier a eu tort de ne pas jouer sur tous les claviers en même temps.  La lutte contre le chômage (des jeunes et des autres) exige des actions non ponctuelles, non sectorielles, mais générales. C’est l’image du piano : pourquoi jouer à deux doigts ? Les solutions sont connues depuis longtemps. Ce ne sont pas es recettes de cuisine qui manquent : ce sont les cuisiniers.
 Dans un livre écrit avec Driss Ajbali (« Ben Laden n’est pas dans l’ascenseur »), j’avais recensé quelques plans intelligents qui n’ont jamais trouvé de traduction politique par irresponsabilité politique, pesanteurs bureaucratiques et crétinisme corporatiste syndical (Medef compris). Vertigineux !  Pourquoi, diable, les politiques les pus intelligents, ne prennent-ils pas le temps de lire quand ils sont AU pouvoir ? Les solutions au problème du chômage sont sur les rayons de toutes les bonnes librairies depuis les années 70 et 80… et dans les comptes-rendus d’innombrables colloques et séminaires, y compris depuis le début du XXI ° siècle. Nous ne sommes pas dans une crise de la pensée, mais dans une crise du courage politique.
Le pire, c’est que ceux qui vont en tirer les marrons du feu sont ceux qu’on entend le moins et ceux qui ont le moins de solutions à proposer : les extrémistes  de droite et de gauche. C’est la démocratie qui est en jeu. 2007 sera une année test. Pour la fracture sociale et pour la facture politique. Pour le coup, moi qui pense qu’« être démocrate, c’est savoir vaincre ses peurs », j’ai très… peur
Daniel RIOT

Plébiscite pour le dernier dictateur d'Europe

La réélection d' Alexandre Loukachenko en Bielorussie: un vrai défi pour l'Europe. Voir mon commentaire sur RELATIO >>>>>>>>

16/03/2006

STRASBOURG:"Quel avenir pour quelle Terre?"

Samedi 18 mars 2006 (9h à 16h30) : Colloque : "Quel avenir pour quelle terre ?"
au Foyer Lecocq (Cour de l’église St-Guillaume), rue Ernest Munch, Strasbourg

L'avenir du monde : sous le signe de quelles valeurs, quelles priorités ? Introduction au colloque (Ernest WINSTEIN) 9h30 : L'évolution de la population mondiale ; 9h45 "Nécessaire immigration ?" (Michel WECKEL, permanent de la Cimade à Strasbourg) ; 10h30 : "Risque nucléaire, risque écologique ?" (le Général Jean-Paul BAILLIARD, ancien Directeur au Commissariat à l'Energie Atomique/CEA). 11h15 : "Pétrole, début de la fin" (diaporama réalise et présenté par Hugues STOECKEL, Professeur, militant écologique). 14h Quelle économie pour sauver le monde - quel monde ? Table-ronde avec la participation de Catherine TRAUTMANN (PS, Députée européenne), Marc REYMANN (UMP, Député), Hugues STOECKEL, (Verts, ancien Conseiller Régional). Modérateur : Daniel RIOT (Directeur des rédactions de RELATIO) 

Le déjeuner sera pris au FEC vers 12h30 (Pour 12 €, boissons non comprises) ; il est nécessaire de s’inscrire pour le repas.

Le blog de l’UPL : http://unionprotlib.over-blog.com/ ; s’inscrire à la newsletter.

Le site de l'UPL : http://unionprotlib.free.fr

Renseignements : Union Protestante Libérale, Ernest Winstein, président, 3, rue Calvin F 67000 Strasbourg. Tél. 03 88 35 24 54 ou 06 10 92 92 42. Mail : unionprotlib@free.fr

12/03/2006

L'union européenne face au défi nucléaire iranien....

Voir sur RELATIO>>>>

11/03/2006

La mort de MILOSEVIC....

medium_milosevic.jpgVoir les articles sur RELATIO>>>>>

Lancement du Strasbourg International Club

Le Forum Carolus et ses partenaires ont lancé le Strasbourg International Club le mardi 7 mars au restaurant l’Ancienne Douane, à Strasbourg. Cette association a pour objectif de permettre la rencontre de différentes personnes, physiques ou morales, concernées par les activités internationales, et de fédérer les actions menées dans ce domaine.medium_050h.jpg

Cette mise en réseau permettra notamment d’organiser des manifestations permettant les rencontres et les échanges d’expériences, de réaliser des événements culturels, festifs et conviviaux, de favoriser l’émergence de propositions concrètes et de réflexions novatrices dans le domaine des échanges internationaux, de sensibiliser et de promouvoir le rôle européen et international de Strasbourg et d’élaborer un annuaire des experts de l’international. Contact…

Liste des inscrits...

Liste des initiateurs...

Droits de l'Homme: Alvaro Gil-Roblès au club de la presse de Strasbourg

Alvaro Gil-Robles, le commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe est 'invité spécia d'un déjeuner exceptionne au club dela presse de strasbourg. Interrogé par  Dominique Jung, redacteur en chef (DNA), il parlerabien sûr de son rapport sur les prisons françaises:LA FRANCE, PAYS DES DROITS DE L'HOMME ?

Mardi 14 mars 12h30 - 14h Brasserie à l'Ancienne Douane
Inscription par retour de mail / awessang@club-presse-strasbourg.com

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