25/04/2006
Destin collectif et destinée individuelle: "Les Anges , Violeta"...
*« Les anges, Violeta » par Dulce Maria Cardoso, traduit du portugais par Céline Lombard. Roman. L’esprit des Péninsules. 2006.
L’auteur : Née au Portugal en 1964, émigrée avec ses parents en Angola, elle revient au pays en « rapatriée » en 1975. Elle vit à Lisbonne. « Les Anges, Violeta » est son deuxième roman après « Cœurs arrachés » (édité chez Phébus en 2005)
« Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu »…Ce slogan de a Révolution des Œillets, (un nom de fleur qui est aussi une odeur »), Dulce Maria Cardoso le retourne : « Le peuple, vaincu, ne sera jamais uni »… Le 25 avril n’a évidemment pas tenu toutes ses promesses. Aucune Révolution, même fleurie, n’est jamais à la hauteur des rêves qu’elle éveille, des espérances qu’elle suscite… Illusions collectives et individuelles : Le ciel n’a pas toujours la couleur du ciel…Et toute vie mène à la mort, même et surtout « sans crier gare ».
Etrange, original et fascinant ce roman de Dulce Maria Cardoso, traduit avec talent par Cécile Lombart, et publié chez Eric Nalleau qui sait découvrir religieusement, donc servir, des textes qui échappent à la facilité des modes et sont dignes de ce qualificatif « littéraire » si souvent violé et défiguré.
Un roman ? Une phrase qui s’étend (sans nous noyer) sur quelque 390 pages…Sans une seule capitale, pas même au début. Sans point, pas même à la fin. Un exploit stylistique (y compris chez la traductrice). Résultats : techniquement, une réhabilitation totale de la virgule qui prend un relief rare et une importance exceptionnelle au service d’une prose souvent poétique, chargée d’images, de métaphores et de métonymies fortes et ponctuée de sentences philosophiques (puisque semées dans « le jardin de la mort ») : « la vie est une hypothèse sans thèse… rien ne résiste au silence… les morts sont tous oublieux… le pire c’est quand on se met en tête »…
Mais où est-elle allée « chercher tout cela », Dulce Maria Cardoso ? Son personnage central, d’abord : Violeta. Une « monstresse » ? Un ange déguisé ? Une pauvre « bougresse » qui « roule sous les ténèbres » ? Imaginez-vous une « ballerine obèse » qui lève plus le coude que la jambe ? « C’était une femme si grosse, si grosse, que quand elle tombait du lit, elle tombait des deux cotés… C’était une femme si grosse, si grosse, qu’elle arrivait à être à deux endroits à la fois ». Et quel non-destin, pour destinée ! « On ne change pas le passé, point final ». Mais « je vais vous dire un secret » : ce livre tient « éveillé jusqu’au bout de la nuit ». En vous faisant deux rappels essentiels : « La vérité est toujours entre nous et les autres : elle n’appartient à personne (…) La vie est une chose maligne »
20:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe











Commentaires
Cher Daniel Riot
Je vous ecris seulement pour vous remercier beaucoup. Votre commentaire a propos de mon roman m'a laissé pleine de joie. Comme je suis sure que vous le saviez un roman a besoin des lecteurs pour qu'il soit vraiment achevé.
Pardonnez moi mon français mais mon usage de votre langue est très reduit.
Bien à vous
Dulce Maria Cardoso
Ecrit par : Dulce Maria Cardoso | 30/04/2006
Mais quelle est cette charmante grosse dame ? Auriez-vous ses coordonnées ?
Ecrit par : Dr Plock | 01/05/2006
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