25/04/2006

Apprendre à vivre ( ou à revivre) avec Luc Ferry

medium_luc_ferry.jpg* « Apprendre à Vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations », Editions PLON. Luc Ferry est ce mercredi 26 avril à 17h30  l’invité de la librairie Kléber, à l’ENA, dans le cadre des « Conversations de Strasbourg » (Inscription obligatoire par téléphone au 03 88 21 48 36 ou par mail à m.tessier@cees-europe.fr )

Mon opinion :J’ai apprécié LUC FERRY bien avant de le rencontrer et bien avant qu’il ne se lance dans une mission ministérielle « impossible » dans laquelle Claude Allègre s’est coupé les ailes avant lui …pour les mêmes raisons. Pour cette « lâcheté politique » que droite et gauche « gouvernementales » partagent trop… J’ai connu Ferry par ses trois ouvrages sur la « Philosophie politique ». Trois volumes  qui m’ont servi de livres de chevet pendant longtemps et dans lesquels je puise encore références, inspirations, réflexions. Sujets de méditations.

J’ai apprécié aussi le « Sens du Beau »,  « l’Homme Dieu ou le sens de la vie », « Le Religieux après la religion » (avec Marcel Gauchet) .

Et j’ai adoré la lucidité et la franchise de « Comment peut-on être ministre ? Réflexions sur la gouvernabilité des démocraties » : un livre qui devrait être au programme de Sciences Po,  de l’ENA, de toutes les disciplines du droit et … des écoles de journalisme ( et d’animateurs du médiatique-show).

Paradoxes français : nos esprits les plus fins, les plus pertinents, les plus courageux, de gauche, de droite et du centre, sont les plus démolis par le « système »… C’est sans doute pour cela que nous sommes aujourd’hui l’un des pays les plus « conservateurs » (au sens le plus con du terme) d’Europe avec des alliances « objectives » entre les « con-servateurs » de droite et de gauche. « De Gaulle, reviens !», redirait André G. … « Descartes, où es-tu ? »

Les mauvais esprits (qui lisent la « presse » dite « poeple » dans les toilettes ) jalousent Ferry. Son talent ? Trop grand. Sa femme ? Trop belle et trop intelligente. Ses placards ? Trop dorés : le conseil économique et social , la CSA et des succès d’édition… « Médiatique malgré lui » dit un organe de presse… L’un des problèmes –clefs de la France d’aujourd’hui est là, en fait : le « ON », collectif et anonyme, ne supporte ni le NOUS, ni le TU, ni les JE… Les « talents-paillettes », oui : les talents authentiques, non ! C’est pour cela d’ailleurs que NOUS sommes collectivement dans une merde HISTORIQUE. Du jamais vu depuis Pétain, le héros de 14-18 devenu traître, lâche et collabo. Humilié et humiliant. Exécrable. Haïssable. « La France moisie », redirait Sollers… Moisie et pourrie : nous ne nous en sommes pas « lavés »

Luc Ferry ne fait pas partie de cette « France moisie »-là. Parce qu’il prône une « theoria » qui « accorde à l’auto-réflexion la place qu’elle mérite ». Parce que son dernier ouvrage « Apprendre à vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations » (chez PLON) est un cri de révolte contre la bêtise, la connerie, le défaitisme, le « déclinisme » ambiant. Paul Valéry (si méconnu et sous-estimé) disait que « la philosophie cesse d’être philosophique dès qu’elle est érigée en système ». Ferry le rejoint avec intelligence et sensibilité : «  Espérer un peu moins, aimer un peu plus ». Sans dogmatisme. Son « cas Nietzsche » vaut lecture et réflexions. Pour que « post-modernité » ne soit pas synonyme de « dé-modernisation ». Et pour que «  déconstruction » ne rime pas avec « destruction » . Merci Luc Ferry pour ce « Traité » : son succès en librairie est un bon signe. En cette ère de « Défaite de la pensée », il est temps de réhabiliter la réflexion. Vous y avez contribué. C’est par un réveil de la Réflexion contre la sommeil des réflexes que nous sortirons de ce qui se traduit d’abord par des crises de la démocratie. Moi, j’ai lu votre livre et je vous dis Merci. Tout simplement. Mais sincèrement.

Daniel RIOT

22:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe

Destin collectif et destinée individuelle: "Les Anges , Violeta"...

*« Les anges, Violeta » par Dulce  Maria Cardoso, traduit du portugais par Céline Lombard. Roman. L’esprit des Péninsules. 2006.

 

medium_dulcemariacardoso.jpgL’auteur : Née au Portugal en 1964, émigrée avec ses parents en Angola, elle revient au pays en « rapatriée » en 1975. Elle vit à Lisbonne. « Les Anges, Violeta » est son deuxième roman après « Cœurs arrachés » (édité chez Phébus en 2005)

 

medium_les_anges.jpg« Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu »…Ce slogan de a Révolution des Œillets, (un nom de fleur qui est aussi une odeur »), Dulce Maria Cardoso le retourne : « Le peuple, vaincu, ne sera jamais uni »… Le 25 avril n’a évidemment pas tenu toutes ses promesses. Aucune Révolution, même fleurie, n’est jamais à la hauteur des rêves qu’elle éveille, des espérances qu’elle suscite… Illusions collectives et individuelles : Le ciel n’a pas toujours la couleur du ciel…Et toute vie mène à la mort, même et surtout « sans crier gare ».

 

Etrange, original et fascinant ce roman de Dulce Maria Cardoso, traduit avec talent par Cécile Lombart, et publié chez Eric Nalleau  qui  sait découvrir religieusement, donc servir,  des textes qui échappent à la facilité des modes et sont  dignes de ce qualificatif « littéraire » si souvent violé et défiguré.

 

Un roman ? Une phrase qui s’étend (sans nous noyer) sur quelque 390 pages…Sans une seule capitale, pas même au début. Sans point, pas même à la fin. Un exploit stylistique (y compris chez la traductrice). Résultats : techniquement, une réhabilitation totale de la virgule qui prend un relief rare et une importance exceptionnelle au service d’une prose souvent poétique, chargée d’images, de métaphores et de métonymies  fortes et  ponctuée de sentences philosophiques (puisque semées dans « le jardin de la mort ») : « la vie est une hypothèse sans thèse… rien ne résiste au silence… les morts sont tous oublieux… le pire c’est quand on se met en tête »…

Mais où est-elle allée « chercher tout cela », Dulce Maria Cardoso ? Son personnage central, d’abord : Violeta. Une « monstresse » ? Un ange déguisé ? Une pauvre « bougresse » qui « roule sous les ténèbres » ?  Imaginez-vous une « ballerine obèse » qui lève plus le coude que la jambe ?  « C’était une femme si grosse, si grosse, que quand elle tombait du lit, elle tombait des deux cotés… C’était une femme si grosse, si grosse, qu’elle arrivait à être à deux endroits à la fois ». Et quel non-destin, pour destinée ! « On ne change pas le passé, point final ». Mais « je vais vous dire un secret » : ce livre  tient « éveillé jusqu’au bout de la nuit ».  En vous faisant deux rappels essentiels : « La vérité est toujours entre nous et les autres : elle n’appartient à personne (…) La vie est une chose maligne »

Daniel RIOT

 

20:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe

07/04/2006

Le bilan de six ans d'actions de GIL-ALvaro ROBLES

medium_logo_starsbourg.jpgQuelles avancées pour les droits de l’homme en Europe ? Le bilan de 6 années d'action

Les Entretiens du Conseil de l’Europe vous proposent de venir débattre sur la thématique suivante : quelles avancées pour les Droits de l’Homme en Europe ? Le bilan de six années d’action.
Un débat animé par : Daniel Riot, le Jeudi 27 avril 2006 de 18h30 à 20h, Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville, Place Broglie. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe est une institution créée à la suite d'une décision des Chefs d'Etats et de Gouvernement des Etats-membres du Conseil de l'Europe réunis à Strasbourg en 1997. Cette institution a pour but de promouvoir le respect effectif des Droits de l'Homme dans les Etats membres.
A la différence de la Cour européenne des Droits de l'Homme, qui examine des cas individuels, le Commissaire a pour charge principale d'identifier les sources des violations des Droits de l'Homme, les problèmes structurels et les situations collectives de non-respect et de rechercher, en même temps, par des recommandations et le dialogue avec les autorités des Etats membres, des solutions, améliorations ou mesures qui évitent la répétition des violations décelées.

Comment le premier Commissaire aux Droits de l'Homme, élu en 1999, a-t-il donné corps à ce mandat, quelles sont les actions qu'il a entreprises, comment ont-elles été perçues dans les Etats membres, quelles sont difficultés de la tâche ? Et somme toute, après 6 années d'existence, quel est le bilan de cette institution et combien a-t-elle contribué à faire avancer le respect des Droits de l'Homme ?

Le parcours professionnel d'Alvaro Gil-Robles est marqué par son fervent engagement en faveur de la défense effective des droits de l'Homme et de la médiation sociale. Professeur titulaire en Droit administratif à l'Université de Madrid, M. Alvaro Gil-Robles est élu défenseur du peuple par le Congrès des députés et le Sénat espagnols en 1988. Il a rédigé notamment le projet de loi de défenseur du peuple espagnol en 1981, et participé activement à l'élaboration des projets de loi de l'ombudsman dans d'autres pays en Europe et en dehors du continent européen. Membre fondateur de la Fédération et de l'Association ibéro-américaines de l'Ombudsman, M. Gil-Robles a publié plusieurs ouvrages dans le domaine de la défense des droits de l'Homme, et sur les tendances actuelles du droit. Il fait partie des personnalités européennes de premier rang avec une compétence reconnue dans le domaine des droits de l'Homme.

avec Alvaro Gil-Robles,
premier Commissaire aux Droits de l’Homme
du Conseil de l’Europe

Débat animé par Daniel Riot
Jeudi 27 avril 2006 de 18h30 à 20h
Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville
Place Broglie, Strasbourg
Entrée libre dans la limite des places disponibles


Entretiens du Conseil de l’Europe

Mieux faire vivre l’Europe à Strasbourg

Depuis 1949, le Conseil de l’Europe accueille quotidiennement à Strasbourg des intellectuels, des universitaires, des experts et des hommes politiques de premier plan. Spécialistes internationaux du droit, de la culture ou de la science, ils viennent apporter leur éclairage précieux dans de nombreux domaines.
Par une initiative conjointe, la Ville de Strasbourg et le Conseil de l’Europe ont souhaité que le débat européen prenne toute sa place dans la ville. Au cours de rencontres régulières et ouvertes à tous, qui se tiennent dans différents lieux de la ville, les Strasbourgeois peuvent rencontrer ces personnalités européennes et débattre avec elles de sujets d’actualité.
Relations internationales, droits de l’Homme, culture, science, bioéthique : les Entretiens permettent d’aborder des thèmes aussi variés qu’essentiels pour notre avenir d’Européen. Ils sont des forums propices aux débats d’idées et contribuent à mieux faire vivre l’Europe à Strasbourg.

Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l’Europe
Fabienne Keller, Maire de Strasbourg
Robert Grossmann, Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg

STRASBOURG et l'Europe: le combat doit être intensifié

Il importe de prendre l'appel de Robert Grossmann au sérieux... et au mot. Sur son blog-notes, le Président de la CUS a lancé un débat qui reste d'actualité depuis 1950 : comment et quand "PARIS" considérera-t-il la défense des missions européenne de la métropole alsacienne comme une vraie cause nationale. A lire sur RELATIO >>>>>

Toutes les notes