« Le coup de semonce des maffieux russes | Page d'accueil | Coup de cœur du jour: AXELLE RED »

17/09/2006

Entre Ségo-superstar et Sarko-napoléon : Bayrou-le-courageux

Dimanche pluvieux, dimanche heureux… pour les amateurs de débats politiques. Quel bel exercice de zapping avec les nouvelles grilles des chaînes TV ! Dimanche+ sur Canal, Arrêt sur images, FOG, Riposte sur France 5, FEE sur France 3 (toujours trop tardive, hélas) : de beaux choix, même si partout et en tout, on déroule les mêmes films, ou presque, entre SARKO et SEGO. Jusqu’à l’overdose !

Entre Segosuperstar et Sarkonapoléon,  Bayrou-le-courageux s’est fait une jolie place sur les écrans dominicaux : il est même d‘une certaine façon le héros du jour avec sa prestation, intelligente, posée, et franche chez Schneidermann. Ceux qui ne l’ont pas vu peuvent le revoir sur le site de France 5  et sur  BIGBANGBLOG

 

Tout part de son ITW dans le 20 heures de Claire Chazal : un candidat à la présidence de la République dénonce le système politico-financièro -médiatique qu’incarne TF1…

 

Claire s’est fâchée, PPDA s’est dit scandalisé, une partie de la rédaction de TF1 et de LCI s’est sentie mal à l’aise…Et Lelay et Mougeotte ont saisi la première occasion pour remonter les bretelles à ce centriste qui se veut « central »,  qui joue  le rôle de la grenouille devant le boeuf  et qui n’arrive pas à décoller dans ces sondages aussi pernicieux pour la politique que l’audimat pour l’information.

 

medium_bayrou.jpgNaîf, François ?  Le croire, c’est  méconnaître cet esprit qui a appris à concilier « idéal et nécessite ». Suicidaire médiatiquement, Bayrou ? Le dire, c’est confirmer son diagnostic sur le coté anti-démocratique du système qu’il dénonce.

 

Le « microcosme politico-médiatique » qui a souvent gâché le destin national des meilleurs (de Mendès à Rocard, de Barre à Delors, entre autres…)   éprouve quelques difficulté à croire que le patron de l’udf a simplement des convictions soigneusement mûries, que son « parler vrai » n’est pas faux, que sa conception du « correctement politique » n’a rien à voir avec le « politiquement correcte » des « bullocrates » dénoncés par Jean-François Khan…

 

Il n’a certes pas toutes les qualités (qui pourrait le prétendre ? ), mais il affiche une belle perfectibilité. Il sait surtout échapper aux modes qui font confondre filouterie et escroquerie politiques et imposent ces sincérités successives et ces paillettes indissociables  de la « politique-spectacle » et de « l’info-com »…

 

Ses confessions, faites sans aucune acrimonie, sur son « entretien fort en décibels » avec les patrons de TF1 méritent écho et réflexions…

 

Mougeotte lui lance : « Nous roulons pour le bi-partisme. C’est cela la démocratie ». Pourquoi diable ne fait-il pas de la politique à visage découvert ?

 

Lefay lui dit : "Je suis pas Français, je suis Breton. Je ne vote pas aux élections. Tout  ce qui m’intéresse, c’est mon chiffre d’affaire " C’est beau la franchise, non ? 

 

Quand peu après cela, on entend, sur France 5 toujours, Arnaud Montebourg s’élever contre « le système politique actuel » qui est « écoeurant », on se dit que cette campagne électorale pourrait déboucher sur des réformes de structures salutaires et vitales même pour une démocratie plus vivante et authentique…

 

Encore faut-il que les choix ne se situent pas qu’entre un « sarko-segolénisme » (ou un « ségolèno-sarkozisme », comme on voudra) et des extrêmismes toujours dans ce « train Vichy-Moscou » dénoncé avec pertinence par Sollers…

 

L’un des drames de la démocratie française, c’est que le bipartisme si ardemment défendu par Mougeotte ne se joue  pas à 50-50, comme dans toutes les démocraties bipolaires, mais à 30-30 puisque les partis dits  de gouvernement  abandonnent au moins 40% aux cavaliers blancs et rouges des deux bouts d’une omelette de moins en moins mangeable. 

 

 

Les commentaires sont fermés.