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21/09/2006
Les limites des « méthodes Sarko » …
Les polémiques police-justice déclenchées par autour du tribunal de Bobigny et de la situation toujours exécrable, scandaleuse et explosive en Seine-Saint-Denis apportent plusieurs confirmations qui concernent directement Sarkozy, ses méthodes, son bilan, son efficacité et…son avenir.
Anxiogène Sarko ! Anxiogène à force de dénoncer une insécurité chronique qu’il ne parvient pas à juguler malgré des méthodes et des discours qui se voudraient …sécurisants.
Il n’est évidemment pas question ici de qualifier d’une façon outrancière ou caricaturale le ministre de l’intérieur qui occupe un poste extrêmement difficile.
Il n’est pas question non plus de disqualifier le candidat (probable) de l’UMP à l’Elysée même si cet homme politique riche de bien des qualités souffre de ne pas avoir la stature (rare il est vrai) d’un homme d’Etat.
Question de style : des effets de manches trop fréquents (qui relèvent plus de la communication que de l’information), une tendance constante à confondre « parler vrai » et arrogance (ou faire-savoir et savoir-faire) et une combativité de type marketing ostentatoire plus révélatrice d’ambitions personnelles que du sens de l’intérêt supérieur.
Question d’idéologie aussi : L’Homme de la Place Beauvau qui a osé, à New York, contredire les orientations diplomatiques de son gouvernement et de son pays (au mépris de l’esprit de la Constitution de la V ième République) incarne la ligne orléaniste d’une droite dite « libérale » que le général de Gaulle a dû affronter en de multiples occasions…
En l’occurrence, à propos de Bobigny, Sarkozy est anxiogène aussi sur un autre plan : sa conception personnelle de la séparation des pouvoirs et des compétences. Nul ne conteste la nécessite de reformer la justice en France et de lui donner davantage de moyens. Le ministre de l’intérieur serait dans son rôle en ramant dans le même sens que son collègue Garde des Sceaux, non en dénonçant les magistrats…Mordre sur l’électorat de Le Pen n’autorise pas tout…Ce n’est pas seulement l’image de Sarko qui est ainsi écornée, c’est sa crédibilité qui est entachée. Comme dit Guy Canivet, président de la Cour de cassation : «
Cette nouvelle atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire et la polémique qui s'ensuit, opposant les institutions publiques, affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l'autorité de l'Etat »…
D’autant plus que la police a une part de responsabilité dans la situation actuelle que Sarko devrait assumer personnellement.
La gauche a raison de multiplier ses attaques contre le ministre de l’intérieur qui une fois de plus est en porte-à-faux de Villepin et Chirac. «"Dans tout autre pays réellement démocratique, la grave mise en cause des magistrats par M. Sarkozy serait sanctionnée par une démission », constate justement Jack Lang
Et Bayrou a raison de souligner : « L'Etat est très présent là où ça va convenablement et il est complètement absent là où ça va mal", il faut "inverser le processus » (…) Au moins, on devrait éviter les rodomontades, on devrait éviter d'annoncer des changements spectaculaires là où il n'y en a pas » (…).
La véritable action politique, c’est de résoudre les problèmes. Pas de jouer les « gros bras » et les « grandes gueules » en n’assumant pas ses propres échecs.
15:30 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkzy, politique, justice, police, société, présidentielles, commentaires











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