03/10/2006
Démocratie, Oligarchie, Doxocratie...
Question de fond (et de base) : les partis sont-ils des rampes de lancement pour des postes électifs ou des « familles qui défendent des idéaux, des intérêts, des objectifs communs » ?
Cette question en amène une autre : la démocratie dite « pluraliste », ou « à l’occidentale », est-elle un mode de sélection des « élites » chargées de gouverner ou une « grille de valeurs », une série de règles d’actions, un régime qui concilie les intérêts contradictoires des « individus » et de la « collectivité », de la Liberté et de la solidarité, de « l’égale dignité » entre les Personnes et de l’inégalité des conditions de vie ?
Comment ne pas re-poser ces questions-clefs aujourd’hui, dans un paysage politique français qui est en pleine rupture avec le paysage sociétal français ? Et dans un contexte socio et psycho-politique qui favorise les pires des impostures en encourageant les plus artificielles ou les plus mensongères des postures. Sur plus d’un terrain et sur plus d’un plan… Et pas seulement dans les « élites ».
La crise de la démocratie dite « représentative » révèle une crise de la Démocratie dont on ne sortira pas par des discours, généreux mais truqués, sur les « démocraties » dites « participative », « délibérative », « interactive », « directe » ou autre…
Jacques Julliard, avec pertinence, a parlé de « doxocratie » à propos du règne des sondages, de la «loi de la rue », des modes médiatiques, des « doxa » (ces pensées dominantes d’un moment), des snobismes quotidiens engendrés par le « système politico-médiatico-publicitéro-marketing », des élans contradictoires des « zappeurs-consommateurs », (des « zappanthropes » disait Cornélius Castoriadis) .
Cette « doxocratie » peut-elle contribuer à sauver la Démocratie d’elle-même ? Non. Parce que cette « Démocratie » reste un idéal, un but à atteindre, un « IDEAT », comme disait Spinoza, non une réalité accomplie. Parce que ce qui est contesté c’est moins la « Démocratie proclamée que « l’Oligarchie » effective que les Institutions (dites « républicaines » mais en fait césaro-maonarchistes) contribuent à perpétuer.
La « Doxocratie » conduit au triomphe des populismes (de droite et de gauche) et de la « Médiocratie ». Qui en a vraiment conscience ? Qui surtout s’en préoccupe en ces temps où les crises s’additionnent (et se nourrissent mutuellement), économique, sociale, sociétale, politique, culturelle…. ? Comment faire pour que cette campagne « présidentielle » se centre ou se concentre sur cette question-clef ?
SOS Edgar MORIN : c’est la « pensée complexe » qui est en panne, pour cause de simplisme généralisé et instrumentalisé…
Pourtant, nous devons sortit de cette spirale de l'échec de la pensée qui risque de conduire aux pires de crises: celle d'une Humanité incapable d'assumer l'Humain.
C'est politique plus que philosophique. ou du moins c'est de l'ordre de cette philosophie politique sacrifiée sur l'autel (stupide) des dites "sciences politiques", comme si la Politique (ou l'Economie) étaient des "sciences" ...
22:25 Publié dans Edito, Présidentielles 2007: carnet de campagne, Rencontre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, philosophie, commentaires, démocratie











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