11/10/2006
Combien de morts en IRAK depuis 2003? Qui détient la Vérité? Il est des chiffres qui provoquent de vraies nausées...
Crédible ou non ? Info ou intox ? Si c’est faux, il faut poursuivre les « sources ».Si c’est vrai, c’est plus qu’effrayant…Et il faut traduire Bush devant un Tribunal international… Mais qui peut dire où est la vérité ? Les faits, ou plutôt les estimations : « Plus de 655 000 civils irakiens sont morts entre mars 2003, début de l'intervention de l'armée américaine en Irak, et juillet dernier, estiment des spécialistes de santé publique américains et de l'université de Bagdad, dans un article mis en ligne ce mercredi 11 octobre par la revue médicale britannique The Lancet. »
Ces chiffres témoigneraient, entre autres, de l'alarmante augmentation de la mortalité en Irak depuis le début du conflit. En octobre 2004, la même revue avait publié une étude qui recensait environ 100 000 morts civils liés à l'intervention américaine entre mars 2003 et septembre 2004. En l'espace de trois ans et demi, 2,5 % de la population irakienne aurait donc succombé pour des faits directement lié à la guerre.
A noter : La méthodologie employée par ces chercheurs de l'Ecole de santé publique américaine Johns Hopkins Bloomberg ne repose pas sur un décompte des corps enregistrés dans les morgues ou signalés dans les bilans officiels, mais sur des « entretiens » avec des ménages irakiens. J’ai un peu suivi (de près) quelques conflits armés (au Liban et en Afghanistan, notamment) pour avoir appris à être prudent face à ce type « d’estimations ». Mais tout de même…
L'enquête se base sur des relevés établis en mai et juin par des chercheurs de Johns Hopkins et de l'université Al-Moustansiriya de Bagdad auprès de 1 849 foyers, soit près de 13 000 Irakiens, dans 47 localités à travers l'Irak. C’est à la fois beaucoup et peu… « Les personnes de cet « échantillon » ont été questionnées sur les naissances, les décès et les déplacements – selon une méthode déjà utilisée au Congo, au Kosovo et au Soudan », soulignent les auteurs de l'étude. Dans 92 % des cas, les décès signalés ont été confirmés par un certificat.
Le document rapporte par ailleurs que sur ces 655 000 morts (15 000 en moyenne par mois), environ 601 000 sont dues à des causes violentes, essentiellement des tirs (56 %) et des explosions de voitures piégées .Les autres décès seraient liés à l'augmentation de certaines maladies provoquées par le conflit (le cœur qui flanche, des cancers qui se développent et des troubles chroniques). Autant de pathologies qui sont effectivement toujours minimisées dans les statistiques officielles sur les victimes des conflits armés… Mais un tiers des morts seraient directement attribuables aux forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis.
Depuis que la guerre à commencé, le taux de mortalité brut serait donc passé de 5,5 pour mille habitants, à 13,3 pour mille par an. Une progression que les auteurs de l'article qualifient d'"urgence humanitaire" et fait du "conflit irakien l'un des plus meurtriers du XXIe siècle". De cela, on se doutait, mais il faudrait aussi voir ce qui se passe ailleurs, au Darfour, par exemple, ou en Tchéchenie. Ce serait le pire des « hit-parades »
Le président George W. Bush a déclaré aujourd'hui que le chiffre de 655 000 morts, victimes de la guerre, n'était pas "crédible". Pourquoi et comment peut-il l’affirmer ? Pourquoi le croire sur paroles? Il est vrai que cette estimation est quatre fois supérieure à celle publiée dans un rapport des Nations unies en septembre dernier. C’est beaucoup. Enorme, même.
« L'Iraq Body Count », un site Internet alimenté par des universitaires et des « militants de la paix », avance un bilan de 43 850 à 48 700 civils tués depuis mars 2003. Pour expliquer cet écart, les coordinateurs de l'étude expliquent que celle-ci repose sur une enquête "active" auprès de la population, et non sur des "méthodes passives qui dépendent du recensement des corps ou mettent en colonnes des informations de presse sur des morts violentes".
Quoi qu’il en soit, ces chiffres donnent tous le vertige. On peut dire ce que l’on veut de Chirac et de De Villepin. Dans cette affaire, ils ont été mieux inspirés que Blair, Aznar et d’autres. L’addition est lourde. Et elle n’est que provisoire…
C’est le type de constat qui doit nous inciter à une extrême prudence sur d’autres conflits…Beaucoup trop de bruits de bottes, en ce moment...De la Corée du Nord à l'Iran en passant par le Pakistan et quelques autres....
C’est aussi le type de constatations qui doit nous inciter à bien réfléchir aux choix de personnes et d’idées qui sont à faire (ou à ne pas faire) dans la sélection des gouvernants de nos démocraties, surtout dans des pays comme la France, où « l’exécutif » a des pouvoirs considérables, en matière de guerre et de paix…
23:55 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : IRAK, USA, BUSH, Guerre, International, Diplomatie











Les commentaires sont fermés.