13/10/2006

Centenaire: Une pensée pour Hannah ARENDT

medium_hannah-arendt-1.jpgElle aurait pu avoir 100 ans ce samedi....Elle avait atteint brutalement à une célébrité mondiale en forgeant la notion de "banalité du mal" lors du procès du criminel nazi Adolf Eichmann. La philosophe  Hannah Arendt est née le 14 octobre 1906 à Linden, près de Hanovre, dans une famille juive aisée où les livres faisaient l'objet de respect actif.

 Auteur des "Origines du totalitarisme" et de "Condition de l'homme moderne", elle est considérée comme l'un des plus grand penseurs politique du XXème siècle. En Allemagne, on ne compte plus les rues à son nom, ni les essais qui s'efforcent de démontrer l'actualité de sa pensée plus de 30 ans après sa disparition.Mais ses études ne concernent pas que l'Allemagne. Je reprends ici l'hommage que lui rend "Les nouvelles d'Allemagne"
L'adolescente manifeste très tôt des dons intellectuels hors du commun. D'abord étudiante en philosophie à Berlin, la jeune femme devient ensuite l'élève de Martin Heidegger à Marburg, d'Edmund Husserl à Fribourg et de Karl Jaspers à Heidelberg. Avec le premier, de 17 ans son aîné, elle aura une liaison amoureuse dans les années 1920. En 1928, elle soutient une thèse de doctorat sur le concept d'amour chez Saint Augustin, sous la direction de Karl Jaspers.
En 1929, Hanna Arendt épouse l'écrivain et philosophe Günter Anders et s'installe à Berlin. Après l'arrivée au pouvoir des nazis, elle s'engage politiquement et défend la cause sioniste. Elle dira plus tard : "lorsque l'on est attaqué en tant que juif, il faut se défendre en tant que juif". En 1933, elle émigre à Paris. Elle se voit confisquer la nationalité allemande quatre ans plus tard.
En 1940, Hanna Arendt épouse en secondes noces le publiciste Heinrich Blücher puis gagne, en 1941, les Etats-Unis avec son époux et sa mère. La philosophe survit d'abord d'emplois précaires. Entre 1948 et 1952, elle dirige l'organisation pour la sauvegarde du patrimoine culturel juif, et publie dans ce cadre les impressions de ses premiers retours en Allemagne après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est sans concession pour ses anciens compatriotes, qu'elle décrit étrangement muets et indifférents vis-à-vis de l'Holocauste.
Au-delà de l'extermination des Juifs et de ses prises de position en faveur du jeune Etat d'Israël, Hannah Arendt se tourne de plus en plus vers l'analyse des systèmes totalitaires. Celle-ci devient le thème dominant sa pensée politique. Son maître-ouvrage, "Les origines du totalitarisme" (1951), établit sa réputation de théoricienne. Au début des années 1960, elle provoquera une violente polémique en publiant ses comptes-rendus du procès du nazi Adolf Eichmann pour le "New Yorker" sous le titre "Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal" (1961).

L'idée que l'horreur infinie du meurtre organisé de manière industrielle puisse être associé à l'adjectif "banal" pour qualifier la personnalité des individus qui l'ont commis a indigné au départ jusqu'à ses propres compagnons de route. Avec le recul temporel, cependant, les analyses d'Hanna Arendt sur le national-socialisme ont reçu une reconnaissance croissante.
La philosophe germano-américaine a enseigné à Chicago et à New York. En Allemagne, elle reçut en 1958 le Prix de la paix des libraires allemands, l'une des distinctions les plus prestigieuses au monde. Depuis son appartement new-yorkais, elle maintint toute sa vie une étroite amitié avec nombre d'intellectuels allemands comme Karl Jaspers et Uwe Johnson. Elle décéda à New York le 4 décembre 1975.

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