24/10/2006

Les "Banlieues" un an après... Un terrible constat de carence et d'impuissance. Sarkozy devrait être "démisionné"

Ah ! Ces banlieues…Un an après l’un des embrasements les plus spectaculaires et les plus graves,  Sarkozy dénonce l’esprit de « commémoration » dont , paraît-il, les médias feraient preuve …comme s’ils voulaient rallumer le feu. Visiblement, cet « esprit de commémoration » mobilise de nombreux services de la place Beauvau et de bien des préfectures.

medium_sarko_2.3.jpgLe Figaro, qui n’a rien d’un journal pyromane-pompier, a publié des extraits d’un rapport des RG  Qui mérite citations :

>>> « C'est le 27 octobre de tous les dangers. Il y a un an, deux jeunes mouraient électrocutés dans un transformateur après une course-poursuite avec la police, à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. L'affaire fut à l'origine de trois semaines d'émeutes. Une guérilla urbaine généralisée qui obligea l'État à recourir au couvre-feu pour rétablir l'ordre, comme lors de la guerre d'Algérie. Ce scénario catastrophe, les autorités veulent croire qu'il ne se reproduira pas. « Il n'y a pas, à ce jour, de signes avant-coureurs d'une nouvelle émeute », assure ainsi Nicolas Sarkozy. ». Une introduction factuelle rassurante…

>>> « Le climat reste explosif. (…) Le dernier rapport confidentiel des Renseignements généraux, daté du 11 octobre, (…) sobrement intitulée « État des lieux dans les quartiers sensibles ».indique que  « la plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective, sur une grande partie du territoire métropolitain, sont toujours réunies ». Et ils alertent sur le cas particulier de l'Ile-de-France qui leur « inspire les plus vives inquiétudes »

>>> Depuis quinze jours, l'Intérieur sur le qui-vive. Dans le contexte de pré-campagne présidentielle, le ministre de l'Intérieur pense que le moindre dérapage, même verbal, pourrait être exploité par ses adversaires pour remettre le feu aux poudres. Après les agressions contre des agents à Corbeil, aux Mureaux ou à Epinay, des consignes de prudences ont été données : les policiers ne doivent plus trop se montrer, pour éviter les tensions.

>>> La Place Beauvau ajuste son dispositif de sécurité. « Toute la difficulté consiste à trouver le bon équilibre : ne pas sur-réagir à l'événement et, en même temps, ne pas le sous-estimer », explique un proche du ministre. Pas moins d'une cinquantaine d'unités des forces mobile seront mobilisées, sans compter la Sécurité publique. « En cas de pépin, il faudrait savoir gérer l'événement dans la durée, sans épuiser toutes nos forces d'emblée », prévient un préfet.

Dans le même temps, les incidents se multiplient avec les mineurs. Je cite encore Le Figaro : «  Les événements de ces derniers jours mettent en scène des délinquants de plus en plus jeunes. Ils cherchent désormais la confrontation directe avec les représentants de l'autorité. Les actes de violence urbaine sur les six premiers mois de l'année ont dépassé les 50 000 faits, évoluant à un rythme supérieur à celui de l'an dernier. La Seine-Saint-Denis connaît une hausse exponentielle des atteintes aux biens et aux personnes, « comme si quelque chose s'était enrayé », commente le criminologue Alain Bauer » »

Qu’en conclure ? Quoi qu’il arrive, c’est un constat d’échec, pour le gouvernement en général et pour Nicolas Sarkozy en particulier. Les discours ne suffisent pas, surtout quand ils sont plus provocateurs que guérisseurs. Et les questions des banlieues ne se résument pas à un simple problème de maintien de l’ordre et de contrôle républicain de territoires.

J’avais écrit, sur mon blog, et sur Agoravox, un article qui dénonçait les « cinq erreurs «  de Sarko dans et sur les banlieues. Des erreurs qui étaient et sont des fautes. Je persiste, signe et insiste. Le feu, il n’est pas dans les banlieues, il est dans la République, au ministère de l’intérieur et à l’UMP.  Tout commence par l’expression « guerre des banlieues » (par Sarkozy utilisée). Tout se poursuit par les promesses non tenues : qui parlait d’une « plan  Marshall pour les banlieues » ? Et tout passe par un constat qui ne concerne pas que les banlieues : les gouvernements (et pas seulement celui de De Villepin-Sarkozy) ne jouent pas assez sur toutes les touches du « piano économico-social » pour résoudre les problèmes de notre société. C'est la "pensée complexe" d'Edgar Morin et de Castoriadis qu'il faur mettre en apllication... Il est vrai que l’instrument préféré, actuellement, c’est le piano médiatique, décrié mais utilisé…

Il ne suffit pas de dénoncer la banalisation de la violence et l’aggravation (l’escalade) de cette violence, il faut attaquer ces maux à la racine….. Sarkozy  fait comme s’il voulait briser la spirale de la haine et la violence en pratiquant d’une façon irresponsable l’amalgame, la confusion, et les petites phrases démagogiques qui font mal …  Quand le chef de toutes les polices devient le premier procureur dans les procès faits à la justice, ce n’est pas seulement la solidarité gouvernementale qui est en cause : c’est la République qui est contestée... Au plus haut niveau. Le Pen n’a rien à dire : il engrange sans rien faire. Et sa fille a raison de sourire... Monsieur Sarkozy ne roule-t-il pas pour eux, bien involontairement, d’une certaine façon ?

Dominique de Villepin l’ a dit non sans pertinence : on ne peut pas se résigner à des débats (ou plutôt des conduites) du type médiatico-démagogique  : « Je me refuse à considérer qu’il y a une fatalité à ce que l’emportent la démagogie, le populisme, l’image. »

Si l’on voulait être logique, un an après, Sarkozy ne devrait pas être mis en situation de décider de la date son départ du gouvernement : il devrait être « viré ». Pour incompétence, incapacité, et défaillance…

Excès de sévérité ? Non. La politique-marketing  est « politichienne », comme disait de Gaulle, non Politique, au sens noble du terme.  C’est un Politique d’Etat qu’il nous faut. Sérieuse. Au-delà des démagogies et des réflexes sécuritaires qui n’assurent en rien la Sécurité. Jouer sur les peurs n’est pas vaincre les peurs. Or, vaincre ses peurs, c’est devenir adulte.

Rompons avec la spirale de l’infantilisation de la société ! Plus facile à dire qu’à faire ? OK. Mais la Politique, avec un grand P, c’est l’art de relever les défis les plus difficiles…

Mais qui oserait publier ce type de commentaire, hors Internet? RSF (reporter sans frontières)  a raison : en matière de liberté de la presse (donc d’opinions),  la France est en pleine régression….et pas seulement à cause des pressions « islamistes » et autres.

 

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