30/10/2006
"L'affaire Grégory! Merci à Laurence Lacour, honneur d'un journalisme qu'il faut réhabiliter.
Bizarre cette impression de voir et d’écouter quelqu’un que l'on a connu sous les traits d’une autre, avec la voix d’une autre ! C’est Laurence Lacour, et non l’excellente Constance Dolle, que j’ai vu et entendu en regardant les six épisodes de « l’Affaire Villemin » sur France 3. Comme ce n’est pas François-Régis Marchasson que je voyais dans le rôle du journaliste « au regard en coin », « multi-carte » et avide de scoops, avec lequel il m’est arrivé de travailler aussi…
Cela montre en tous cas que les personnages de cette « fiction » ont bien compris les personnalités de cette « réalité » horrible, terrifiante, et… toujours d’actualité puisque la Justice reste très réformable et puisque le traitement du faits divers dans les média demeure un vrai problème. Plus grave peut-être qu’à l’époque de ce sinistre et insensé « feuilleton de la Vologne ». Aujourd’hui, il n’y a pas que Paris-Match « qui paye ». Pour une photo, une ITW, une indiscrétion. L’info-spectacle ou la négation de l’information…
Outreau-sur-Vologne : quel raccourci !
Cette « fiction » ne dépasse pas la réalité. Dans aucune de ses composantes. Elle l’éclaire. Dans toutes et sous toutes ses coutures. Et elle donne de la police, de la gendarmerie, de la Justice, et de la presse les images qu’elles méritent. Pauvres enquêteurs ! Pauvres juges ! Pauvres « experts » ! Pauvres avocats ! Pauvres journalistes ! Pauvres rédacteurs en chefs et responsables d’édition !
Les mots « éthique » et « déontologie » deviennent subitement non seulement vides de sens mais riches d’hypocrisies et débordantes de viles et bêtes lâchetés. « Dans le pire, on peut toujours faire mieux », lâche un Juge…
Je sais : ce téléfilm a déjà suscité bien des polémiques. Et peut encore en susciter. Le genre n’est pas simple. Ses règles ne sont pas tout à fait claires, entre respect des Personnes et des faits, devoirs d’informations et liberté de la « création ».
Raoul Peck, co-scénariste (avec Pascal Bonitzer) et réalisateur, a fait un travail fantastique. Merci à France 3 de lui avoir fait confiance.
Merci à lui, surtout, d’avoir su si bien traduire non seulement les faits, mais cette « atmosphère » sans laquelle on ne comprend rien ni à « l’affaire Grégory », ni à toutes les injustices qui peuvent être commises. Par la police, la justice et la presse… Par les politiques, aussi. Et par ce « mimétisme de masse » que René Girard a si bien décrit, analysé, décortiqué…. Ce sont des « corbeaux » qui ont entraîné Ponce-Pilate à céder devant la foule qui réclamait la mort d’un Juif nommé le Christ…
« C'est l'une des affaires les plus lourdes et les plus médiatisées de ces 60 dernières années.. », dit Raoul Peck « Il n'y a qu'à voir la polémique qui entoure la sortie du téléfilm. Mais en ce qui me concerne, mon approche est toute personnelle: je ne me suis pas intéressé à l'affaire en tant que cinéaste, celle-ci est venue à moi. Il y avait urgence pour les époux Villemin: ils étaient terrorisés à l'idée qu'une chaîne de télévision ne s'empare de l'affaire pour réaliser des audiences mirifiques. C'est pourquoi je m'y suis consacré » (…).Nous avons travaillé durant plus de trois ans en toute discrétion. Certaines personnes, toujours les mêmes, se sont inquiétées de ce que nous faisions... Elles devaient se sentir menacées par la diffusion du film. S'il doit y avoir des poursuites judiciaires, qu'il y en ait. Mais nous avons travaillé avec une dizaine d'avocats pour adopter le comportement le plus digne possible, sans blesser inutilement les personnes impliquées dans ce drame. On ne peut pas parler de la souffrance des uns et ignorer celle des autres. »
C’est réussi. Bravo et merci. La bonne télévision existe. France 3 en a donné la preuve, avec cette « série » qui sera rediffusée sur ARTE l’an prochain. Et qui devrait être diffusée dans les écoles de journalisme, dans les facs de droit et, surtout, dans la très digne école de la magistrature….
Laurence Lacour était, à l’époque, jeune et séduisante, sans ostentation. Intelligente et sérieuse. Consciencieuse. Elle fait partie des « victimes « de « l’affaire Grégory », puisqu’elle a renoncé au (bon) journalisme après cette expérience (mauvaise).
Merci Laurence pour ton témoignage. Et pour ton intégrité. Chez toi, les mots « éthique », « morale », « déontologie » ont un vrai sens et une vraie valeur. Les vrais adeptes d’un journalisme « responsable » regrettent ton « absence ». Merci à Toi d’être TOI. J’ai relu ton livre en regardant France 3 : c’est vrai manuel pour étudiants en journalisme …et en droit. En « Sciences Po » et à l’ENA aussi…
On résume: En 1984, jeune journaliste à Europe 1, Laurence Lacour arrive dans la vallée de la Vologne pour couvrir l’assassinat de Grégory<Villemin, un enfant de quatre ans.
En quelques semaines, ce fait-divers devient un feuilleton national. L’instruction se déroule à ciel ouvert. Partie pour deux jours, Laurence Lacour reste quatre ans dans les Vosges. Traumatisée par ce qu’elle a vu et vécu, elle quitte le journalisme pour écrire ce livre.
Le Bûcher des innocents est à la fois une enquête de haut vol et le récit de l’initiation d’une jeune journaliste aux démons des médias. Avec pudeur, humanité et un souci extrême de la vérité, Laurence Lacour a écrit un livre unique, qui saisit le lecteur dès les premières pages et ne le lâche plus.
Alors que l’affaire reste aujourd’hui encore une énigme, il apporte toutes les pièces du puzzle, de l’assassinat du premier suspect, Bernard Laroche par le père de Grégory poussé à bout par les médias, aux rumeurs contre Christine Villemin, transformée en personnage de fiction, diabolique et manipulateur.
Laurence Lacour démonte l’engrenage de passions, d’intérêts, d’incompétence et de folie qui ont donné sa démesure à l’affaire. D’une plume tendre et humaine, elle retrace la chronique d’une passion française et raconte l’amour inaltérable qui a sauvé les parents de Grégory, tout au long du cauchemar.
22:40 Publié dans Coups de coeur, Débats d'actualité, Edito, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, presse, Grégory, lacour, télévision
Carnet de campagne: Vous avez dit "responsable?"
L’utilisation politicienne des tragédies que connaissent quelques banlieues est à la fois pathétique, ridicule et insultante pour les victimes. Les derniers échanges UMP-PS par média interposés crèvent le plafond de la décence. Après « on » accusera les journalistes de mettre de l’huile sur le feu… Comme si les médias étaient responsables d’images qui ne sont pas truquées, de réalités qu’ils ne sont pas inventées et de rapports des RG inquiétants qu’ils n’ont pas écrit. Nous devrions plutôt écouter les exhortations de Abd Al Malik et de quelques autres qui réclament une « union nationale », un vrai « plan Marshall » et de nouvelles méthodes dans ces quartiers dont le habitants les premières victimes des violences et des délinquances. Vous avez dit « irresponsable » ?
François Hollande est un "irresponsable à temps complet", a répondu le porte-parole de l'UMP, Luc Chatel en réponse à l'accusation du premier secrétaire du Parti socialiste, qui avait accusé Nicols Sarkozy d'être "un ministre à temps partiel, par éclipses"."Voir ceux qui ont d'abord commencé par nier l'insécurité dans notre pays (...) exploiter tragiquement cet acte criminel nous paraît profondément indigne et profondément irresponsable", a ajouté Luc Chatel … en oubliant que l’UMP est au pouvoir depuis 2002. Et que les responsabilités s’assument au présent.
Nicolas Sarkozy est un "ministre à temps partiel", avait lancé François Hollande, dimanche, accusant le ministre de l'Intérieur et le gouvernement de ne pas avoir tenu les promesses un an après la crise dans les banlieues. "C'est un ministre de la promesse, de la gesticulation. Pourquoi donc? Parce qu'il n'a pas le temps d'être ministre de l'Intérieur. Comment on peut être à la fois président de l'UMP, numéro deux du gouvernement, en campagne permanente (...) et en même temps à son ministère?", s'est interrogé le premier secrétaire du Parti socialiste sur Radio J. "On a un ministre de l'Intérieur à temps partiel, par éclipse. Il parle, mais il agit peu, il agit mal".
Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy "confond le ministère de l'Intérieur avec un QG électoral". Le numéro un du PS a dénoncé "cette confusion des genres, cette confusion des moyens, cette confusion des lieux".(…)"Maintenant il est imité par Michèle Alliot-Marie qui se déplace à l'étranger pour parler de sa propre candidature", a-t-il ajouté avant de demander "au président de la République de mettre son gouvernement au travail" et d'éviter "de donner des moyens à ses ministres pour faire une campagne qui doit être organisée par les partis et non pas par les moyens de l'Etat".
Sur les banlieues, François Hollande est un peu sorti des phrases-slogans mais sans proposer des mesures précises, cohérentes et qui s’inscrivent dans l’’efficacité et ka durée… "Tout ce qui avait été promis depuis un an n'a pas été tenu et il ne reste que des discours sécuritaires qui marquent aujourd'hui leurs limites"(…)"Quand (Nicolas Sarkozy) a enlevé des effectifs de police dans certains quartiers, quand il a cassé la police de proximité, lorsqu'il a lui-même provoqué verbalement un certain nombre de jeunes, oui, il a créé une situation de tension", a-t-il encore affirmé, estimant que le ministre de l'Intérieur ne pouvait plus aujourd'hui "s'en sortir, en annonçant un nouveau projet de loi" comme après l'agression d'un policier à Epinay. "On a moins besoin de loi que d'application de la loi, moins besoin d'effets d'annonce que de promesses tenues, moins besoin d'un ministre de l'Intérieur qui gesticule que d'un ministre de l'Intérieur qui agit", a martelé le chef du PS.
Au micro d'Europe-1, ce matin, Nicolas Sarkozy avait lui aussi répondu à François Hollande. "C'est curieux de dire que je suis responsable de tout et en même temps ministre à temps partiel, si je suis ministre à temps partiel, c'est que ma responsabilité est aussi partielle", a affirmé le ministre de l'Intérieur, également président de l'UMP et candidat affiché à la présidence de la République en 2007. Quel sens des « bons » mots !
"François Hollande était le principal conseiller de Lionel Jospin, qui dirigeait le PS, qui était Premier ministre et qui était candidat à la présidentielle de 2002, et M. Hollande ça ne le dérangeait pas", a-t-il déclaré."Il y a ceux qui prennent leur responsabilités, j'essaye d'en être, et il y a ceux qui refusent de les assumer", a insisté le ministre de l'Intérieur en se moquant des divisions entre les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007: "Heureusement que je suis là, c'est la seule chose qui les réunit"
Le ministre a de nouveau refusé d'indiquer la date de son départ du ministère de l'Intérieur, et s'est abstenu de préciser si la date du 14 janvier, à laquelle l'UMP devrait désigner son candidat à la présidentielle, sera également son dernier jour place Beauvau: "Je quitterai le ministère de l'Intérieur un jour, bien sûr, mais j'ai pris des responsabilités vis-à-vis des Français, celle d'assurer leur sécurité et de maîtriser l'immigration" :"J'assurerai ma responsabilité jusqu'au bout, tant qu'elle sera possible", Ce qui est sûr c’est que la « méthode Sarko » se traduit plus par des échecs que par des réussites
Pendant ce temps-là, un candidat rigole et amasse des intentions de vote sans rien dire, ou presque : Le Pen.
17:50 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, banlieues, Sarkozy, hollande, UMP, PS
VGE, deux ans aptrès la signature du Traité de Constitution pour l'Union européenne
Ancien Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing a présidé la Convention européenne, qui est à l'origine du Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dans cet entretien exclusif accordé a TOUTE L'EUROPE.fr à l'occasion du deuxième anniversaire de la signature du Traité constitutionnel, il réaffirme son soutien à ce texte.Je le reproduis ici parce qu'il riche en éléments de réflexions.
"La Constitution européenne n'est pas morte"
En juin 2005, à la suite du référendum, vous avez déclaré : "il faut sauver la Constitution européenne". Est-ce encore votre avis aujourd’hui ?
Il ne faut pas la sauver, il faut l'appliquer. Ce sont les adversaires de ce texte, ceux qui ont appelé à voter "non", qui prétendent que la Constitution est morte. Mais la Constitution n’est pas morte. A l'heure actuelle, elle continue à faire l'objet de ratifications. Il ne s'agit donc pas de la sauver, mais de poursuivre l'itinéraire.
Ne tombons pas dans un pessimisme excessif. Nous célébrons aujourd'hui un anniversaire : celui de la signature du Traité établissant une Constitution pour l'Europe, qui a eu lieu au Capitole à Rome, avec une solennité voulue par la Présidence italienne. Tous les chefs d'Etat et de gouvernement présents ont signé ce traité, y compris le Président de la République française. Il ne faut donc pas oublier que ce texte existe et qu'il engage la France.
Il existe dans le Traité une clause qui dit la chose suivante : s'il apparaît, deux ans après la signature du texte, que les quatre cinquièmes des Etats l’ont ratifié, le Conseil européen se réunit pour examiner la suite à donner au processus. Nous arrivons au terme de ce délai. Cette réunion du Conseil européen devrait avoir lieu dans l'année qui vient, puisqu'on devrait bientôt atteindre le nombre de ratifications nécessaire.
Deux pistes de relance semblent aujourd'hui se dessiner : l'une vise à adopter un mini traité autour des dispositions institutionnelles de la Constitution ; l'autre consisterait à ouvrir une nouvelle négociation pour améliorer la partie la plus controversée du texte, celle sur les politiques de l'Union. Que pensez-vous de ces deux options ?
La première option est dépourvue de sens. Regardons les choses de plus près. Le Traité compte quatre parties. Personne ne conteste la deuxième, qui reprend la Charte des droits fondamentaux. La première partie, relativement brève, est la partie constitutionnelle proprement dite. Or, les objections d'ordre institutionnel la concernant se sont quasiment dissipées. L'opposition au vote à la double majorité a disparu en ce qui concerne l'Espagne, qui a ratifié le projet. Reste la Pologne, qui est isolée sur ce sujet. L'autre obstacle concernait la fin de la rotation de la Présidence du Conseil des ministres, que tout le monde accepte désormais. Aucun de nos partenaires n’envisage donc aujourd’hui de renégocier cette première partie.
Quant à la troisième partie, qui n’a pas été adoptée par la Convention mais par les gouvernements et les autorités bruxelloises, elle a une utilité évidente : celle de supprimer tous les traités antérieurs pour laisser la place à un texte unique qui régirait le fonctionnement de l'Union. Si on ne l’adopte pas, on garde tous les traités antérieurs. Cette accumulation de textes est une source de confusion pour les citoyens.
J’ajoute que l’essentiel de cette partie a déjà été accepté par la France, lors des ratifications des traités européens successifs, notamment du Traité de Maastricht qui a été adopté par référendum. Il faut donc regarder attentivement les articles qui jusqu'ici n'ont pas fait l'objet de ratification et s'interroger sur la manière dont ils peuvent éventuellement être adoptés. Voyons s'ils appellent un complément de notre part, qu’il s’agisse d’une déclaration ou d’une interprétation le cas échéant.
"L'idée d'un mini traité est dépourvue de sens"
Pensez-vous qu’on puisse convaincre les Français de revenir sur leur choix ?
Ne soyons pas rigides. Le référendum a eu lieu et, en effet, le Traité n'a pas pu être adopté à ce moment là. Cela ne doit pas pour autant arrêter la réflexion des Français. Tous les grands textes ont fait l'objet d'amendements ou de lectures successives.
Le référendum n'a pas opposé les partisans de la Constitution et les opposants à ce texte. Il y avait en réalité trois groupes d’électeurs. Ceux qui ont soutenu le texte représentent 45 % des Français. Viennent ensuite les gens qui, depuis longtemps, sont contre l'Europe. Ce sont eux qui ont fait le plus de bruit, bien qu’ils représentent une minorité de Français, 15 à 20 % environ. Et puis il y a les Français qui sont pour l'Europe et qui, pour une raison ou pour une autre, ont voté "non" à la Constitution. C’est à eux qu’il faut apporter des réponses.
Certaines des raisons qui les ont poussés vers ce vote ont été écartées du débat, ou le seront bientôt. Le contexte politique, qui était négatif à l'époque, ne sera plus le même après les élections présidentielles. Le deuxième élément important, c'est le changement d'attitude de l’Union européenne vis-à-vis des élargissements précipités. Le Président de la Commission a pris clairement position pour qu'il y ait une pause dans l'élargissement. Par ailleurs, il est vraisemblable que les candidats à la Présidence de la République feront connaître leur position sur l'hypothèse d'une adhésion de la Turquie.
La manipulation consistant à faire croire qu'il y avait un texte alternatif s'est effondrée. Quant à la thèse selon laquelle la Constitution allait plus loin dans l'économie libérale que les traités actuels, on sait maintenant qu’elle est erronée. Sans la Constitution, nous restons dans une économie de marché, tandis qu'avec ce texte, nous adoptons l'économie sociale de marché, ce qui est un progrès social. Le Président du Parlement européen, qui appartient au Parti socialiste espagnol, a dit clairement que la Constitution était plus sociale que l'ensemble des traités existants.
"Avec la Constitution, nous adoptons l'économie sociale de marché, ce qui est un progrès social"
Pensez vous que la Constitution puisse de nouveau être soumise à référendum en France ?
Je crois qu'il est inutile de se poser cette question à l'heure actuelle. Cela dépend pour une large part de ce qui se passera au printemps prochain. En 2007, les Français vont voter quatre fois. Peut-être cela entraînera-t-il une certaine lassitude. D'autre part, certains choix pourront être écartés du fait même des élections qui vont avoir lieu. Par exemple, si les grands dirigeants de la campagne du "non" obtiennent dans leur propre camp des résultats très faibles, ce sera une sanction politique de leur attitude. Il faut donc attendre. Le choix de la méthode est une question qui doit être traitée après l'élection présidentielle.
En votre qualité de Président de la Convention, comptez-vous prendre officiellement position sur le sujet dans les mois à venir ?
Naturellement, et je ne le ferai pas en tant que Français mais en tant qu’Européen. Je dois bientôt me rendre à Berlin où je rencontrerai Angela Merkel pour discuter avec elle de ce que l'Allemagne dira sur ce sujet pendant sa Présidence de l’Union européenne, au premier semestre 2007. Je me rendrai ensuite auprès de la Présidence slovène, avant d’évoquer ce thème avec les responsables français, qui présideront l’Union au premier semestre 2008.
16:34 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, france, giscard d'estaing, constitution européenne
ABd Al Malik : Du Neuhof au succés. Paix, Amour et intelligence. Le soufisme au sevice d'une citoyenneté laïque et républicaine
Il était ce midi « en aparté », cette excellente émission de Canal+ (en clair). Et il a été le Sage qu’il a su devenir. En ouvrant « l’œil de son cœur ». En apprenant à ne « plus avoir peur », de « l’Autre », des autres. En découvrant par le soufisme une philosophie personnaliste : « Je ne suis JE que parce que TU est un JE ». En guérissant ses maux par des mots. Des mots d’Amour et de Respect. En cultivant ce « travail qui doit finir par effacer le travail », comme il dit si bien en reprenant une formule de Valéry. En cultivant cet « art » qui est d’abord un partage d’émotions. Slam, rapp, poésie, littérature, philosophie. « Je suis un artiste. Je me sens libre. Je prône la paix parce que pour moi la paix, c’est vital. Je chante l’amour parce que j’ai vu des gens mourir par manque d’amour ». Belles paroles et bonnes musiques dans "GIBRALTAR" son dernier album!
Abd Al Malik est né le 14 mars 1975 à Paris. D’origine congolaise il vit quelques temps à Brazzaville alors qu’il est un tout jeune enfant. En 1981, il revient en France et grandit à Strasbourg, dans ce quartier du Neuhof réputé « difficile », pour reprendre la litote d’usage. . Quand ses parents divorcent, il commence à se rebeller en traînant. La délinquance en marche. En priant Dieu... de l’aider à réussir ses coups et de le protéger de la police ! Avec la folie qui menace avec l’arrivée des drogues « dures » Puis, pour cet enfant élevé dans un milieu catholique converti à l’Islam, c’est le flirt avec l’activisme islamiste aux frontières de l’extrémisme .Attention ligne rouge ! Malik poursuit tout de même ses études jusqu’en fac de philo. Il anime ensuite le groupe N.A.P, (malgré les interdits des imams intégristes pour qui la musique est perdition) puis il découvre le soufisme et devient un militant de la paix.Une spiritualité qui le fait accéder « à l’esprit citoyen laïque de la république ». Et « au face à face des cœurs » Belle métamorphose !
Sa biographie (presque) officielle précise : « Lâcher la musique ! C’est ce mot d’ordre qui l’a fait changer d’orientation… Le « réseau » musulman auquel il appartenait, le tabligh, sorte de « mission pastorale » destinée à réveiller les fidèles assoupis, lui fit rencontrer plusieurs fois son dirigeant le plus célèbre, Tariq Ramadan, déjà omniprésent dans les médias. Mais, malgré les embrassades, le discours de ce dernier sonna très creux aux oreilles du rappeur mystique (qui avait pourtant étudié tous ses livres) : il eut l’impression de se retrouver « au parti communiste ». On tolérait qu’il continue à chanter, mais à condition de soumettre ses chansons à un comité ! C’est alors qu’en plein désarroi, conseillé par son compagnon il se plongea dans la lecture d’un texte soufi de Ghazali datant du XI° siècle, "Le Tabernacle des lumières" ...
Sa découverte du soufisme: "Une émotion considérable s’empara de lui. Brusquement, un maître musulman lui apportait des réponses profondes à toutes les questions qui l’assaillaient. Des réponses parlant au cœur et aux tripes et balayant toute ratiocination mesquine : cet islam-là voyait les juifs et les chrétiens comme des frères. Mieux : il faisait de l’autre, de confession différente, une entité indispensable, la preuve de la beauté multiple du divin. Et ici, le “grand djihad” ne consistait pas à tuer quiconque, mais à mener la guerre contre son propre ego. En quelques semaines, Abd al-Malik dévora tous les livres soufis qu’il put trouver, d’Ibn Arabi à l’émir Abd el-Qader. Mais sa surprise dépassa toute mesure quand il découvrit Amadou Hampâté Bâ, mort moins de dix ans plus tôt. Il s’était imaginé que les soufis appartenaient au lointain passé ! Ils existaient donc toujours ? Il lui fallait les rejoindre au plus vite ! ». En restant libre.
Son auto- biographie : "Qu’Allah bénisse la France !" . Un livre qui devrait être au programme de toutes les écoles de France.... (Editions Albin Michel)
Son analyse (résumée) sur la « crise des banlieues » : « Je suis noir, musulman, je viens d’un quartier difficile, mais je suis Français et j’aime mon pays. J’aime l’idée de mon pays et cette vision universaliste qui en émane. Mais je voudrais aussi qu’en face, on me voie comme tel. Le problème, c’est que tous ces jeunes des quartiers se sentent français, ils le SONT, du moins dans leur cœur, mais pas dans le regard de l’autre. C’est comme s’il y avait des Français de première et de deuxième catégorie. La difficulté que traversent les banlieues s’enracine dans quelque chose qui a toujours été mis de côté, de côté, de côté, toutes classes politiques confondues. Ça n’a jamais été considéré comme une priorité. À un moment donné, forcément, ça explose. Nulle population ne peut supporter, à la longue, toutes ces humiliations au quotidien. Il faut un vrai plan Marshall pour les banlieues L’urgence est de fonder une union républicaine, tous partis confondus, avec les habitants, et à partir de là, lancer de vrais plans, en phase avec la réalité. Et arrêter de faire de politique politicienne, mais œuvrer sur le long terme. »
15:45 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jeunes, banlieus, musique, islam
Medicis: La "Promesse" tenue de Sorj CHALANDON
Le prix Femina 2006 a été attribué, ce lundi 30 octobre, à Nancy Huston pour "Lignes de faille" (Actes Sud).
Le prix Médicis a, lui, été décerné à Sorj Chalandon pour "Une Promesse" (Grasset). Le Médicis étranger a, lui, été attribué à l'écrivain roumain Norman Manea pour "Le Retour du hooligan : une vie" (Seuil).
Joli palmarès. Je suis surtout ravi que promesse soit tenue pour « Une Promesse ». Le premier roman de ce collaborateur de Libération (depuis 1975), de ce Prix Albert Londres (1088) aurait déjà mérité un prix pour ses qualités d’écriture : « Le petit Bonzi » (Grasset, 2005)
Heureux, oui. Très heureux, même Pour lui et pour son livre. J’ai rencontré Sorj sur le « terrain », comme on dit. Dans l’enfer du Liban. Dans nos rôles de journalistes qui refusent le voyeurisme, tentent de comprendre
l’incompréhensible et sont saisis du vertige de l’impuissance face aux déchaînements de la haine et de la violence. J’avais apprécié son honnêteté intellectuelle, son sens de l’humain. Rien à voir avec ces mercenaires de l’info-spectacle que l’on rencontre fatalement sur ce type de « terrain ». Son livre lui ressemble. Tendre, frais, intelligent. Sensible.
Je cite la note de l’éditeur, par paresse, (et parce qu’elle est bien faite) : « Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Dans cette maison, voici Etienne et Fauvette, un vieux couple qui n'a jamais cessé de s'aimer. La maison est silencieuse. Les volets fermés et la porte close.
Nuit et jour pourtant, ils sont sept qui en franchissent le seuil. Sept amis, les uns après les autres, du dimanche au lundi, chacun son tour et chacun sa tâche. Il y a le bosco, ancien marin qui tient le bar du village, il y a Madeleine qui, chaque semaine, fleurit la maison, il y a Berthevin qui allume et éteint toutes ses lumières, il y a le professeur qui dit des poèmes à voix haute, il y a Ivan, l'ancien cheminot, qui ouvre les fenêtres, il y a Léo qui traverse le village à vélo, puis Paradis enfin, qui remonte la petite horloge. Au grenier, comme une sentinelle, une lampe ancienne veille au cérémonial. Voici l'histoire d'une promesse. La promesse faite à Etienne et Fauvette. Une promesse d'enfance, tenue par sept amis, pour déjouer le plus grand des périls. Ces hommes ont juré de tromper la mort.
Et voici qu'un jour, ils renoncent. Ils cessent leurs visites à la vieille maison. Parce que le temps passe. Parce que la lassitude. Parce qu'au grenier, la veilleuse attend que deux âmes lui cèdent. Voici l'histoire d'une fraternité ». Et d’un drôle de deuil.
Bravo Sorj. Et merci.
Le Top 200 de la librairie KLEBER >>>>>
L'adresse aux lecteurs de Sorj Chalandon
"C 'est d'une pierre qu'est né ce roman. Vraiment, je crois que tout est né d'une pierre. Une pierre mal taillée sous ma main, un soir de Mayenne et de pluie. Une pierre d'angle de mur, à hauteur de bras tendu, la pierre sur laquelle on s'appuie lorsque les forces manquent. Ou comme ça, pour rien, juste pour le froid d'une maison de bourg.
Je crois que tout est né d'une maison de bourg. Une bâtisse lourde et basse, de ces pierres fatiguées, ces ardoises en éclats qui glissent lorsque le vent se lève. Je crois que tout est né du vent.
Un vent d'ouest, un vent d'automne venu de loin, plein d'embruns et de sel, un vent à toucher les vagues, à effleurer les cailloux, à tapager les cimes pour s'en venir miauler dans les rues du village comme un vieux chat blessé. Je crois que tout est né du village.
Un village de Mayenne. Un village sans nom. Un village peu importe, avec sa rue droite, ses odeurs de labours, son silence du soir, son bar qui va fermer, juste avant la vraie nuit. Je crois que tout est né du bar.
Un bar paysan, un bar ouvrier, un café d'hommes. Un café de silence et d'habitudes prises. De journal parcouru. De doigt à la casquette. De col relevé avant d'ouvrir la porte. De mains serrées. De verre servi trop plein sur un simple regard. Je crois que tout est né d'un regard.
Le regard du patron qui observe la rue, la veste fatiguée de l'homme à mobylette, la partie de cartes qui se murmure au fond, l'étagère à verres et le buste en plâtre d'un lutteur antique. Je crois que tout est né de cette statuette, ce Milon de Crotone, fils de Diotime, disciple de Pythagore, chef de guerre et athlète. Vainqueur d'Olympie, des Jeux pythiques, des Jeux isthmiques qui avait pour lui la force et le respect. Je crois que tout est né du respect. Dans ce village, dans ce café, sous ce vent d'ouest tout chahuté de pluie, voici quelques hommes, et aussi quelques femmes, qui tous ont en commun une vieille maison de bourg. Qui ont tous en commun le couple qui l'habite. Je crois que tout est né d'un couple. Un couple ancien, un couple en crépuscule mais le sourire aux lèvres. Un couple amoureux de tout, les yeux de l'un dans le coeur de l'autre, attentifs, respectueux, droits et dignes. Vraiment, je crois que tout est né de la droiture et de la dignité. D'une envie maladive, impérieuse, absolue de dignité et de droiture. Vraiment, je crois que tout est né de cela.
Souvent, je me suis demandé où vont les personnages quand finit un roman. Cette fois, je leur ai demandé d'où ils venaient avant de commencer. C'est comme ça que je les ai choisis. Un à un, j'ai cherché à savoir qui ils étaient. Je les ai suivis dans la rue du bourg, et encore alentour, jusqu'aux champs de labeur. J'ai poussé la porte du café, j'ai serré la main de Lucien, le patron, que tous appellent Bosco, en mémoire de la Bretagne. Je me suis assis à la table aux cartes. J'ai demandé à Berthevin pourquoi les autres le surnommaient l'Andouille. J'ai écouté Ivan raconter les grandes luttes cheminotes. J'ai regardé Madeleine rougir aux mots des hommes. J'ai eu l'honneur de prendre en main les clefs de Paradis. J'ai marché aux côtés de Léo, son vélo entre nous, quand il rentrait au soir sous le regard fidèle de son Angèle morte. Je crois que tout est né de la fidélité. Et il a fallu des heures, des nuits, des mois, pour que personne ne lève plus les yeux à mon approche. Pour que le Bosco me serve son vin de soif dès la porte poussée. Il m'a fallu tout ce temps de respect pour qu'un jour, ils me parlent de ce couple amoureux. De Fauvette et d'Etienne, qui vivaient dans la maison de bourg, en sortie de village. Et qu'ils racontent leur promesse. Une promesse insensée. Une promesse que tous avaient faite au Bosco. Et aussi à Fauvette, et encore à Etienne. Une promesse magique. Une promesse de vie. Une promesse d'amis les yeux fermés. Une promesse secrète, une promesse de braves gens, de coeurs immenses. Une promesse à tout jamais. Je crois que tout est né d'une promesse. Le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres. La parole donnée pour retarder le deuil.
Parce que tout est né de ce deuil, du refus de la mort. De la peur qu'elle retrouve sa route, qu'elle voie le village du haut des grands tilleuls. Qu'elle s'engage sur le chemin d'Etienne et de Fauvette, qu'elle les reprenne, qu'elle les vole, qu'elle les arrache aux pierres de la maison du bourg. Je crois bien que c'est d'une pierre, qu'est né ce roman. »
Sorj Chalandon
14:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livres, média
A LIRE SUR dpj, Le Droit pour La Justice
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29/10/2006
Elysée 2007: Qui choisir pour quoi? Dégager des "horizons d'espérance"...
CONFIDENCES. Pardon…J’ai commis un article délibérément « provo » sur « Et si Laurent Fabius gagnait ? … » . Pourquoi pas, en effet ? L’Homme qui aurait dû être exclu, logiquement, du PS après sa campagne anti-parti pour le Non au référendum sur une « Europe libérale » qu’il a été le premier à favoriser n’était –il pas le grand vainqueur et du « NON » et d’un PS "cocufié" par lui-même. ? N'était-il pas, dans la foulée, le principal "superviseur" du programme du PS pour les présidentielles?...Le sur-doué du miterrandisme (dans l'une de ses versions) avait un bel avenir...Las, pour lui!....

C’est toujours désespérément triste, un « Espoir » qui engendre la désespérance. Pauvre « Fafa » ! Le fils d’antiquaire au rayon des « antiquités »….Mais n'en est-il pas responsable?
« Plus le singe monte haut, plus il « montre son cul », dit un proverbe, plein de sagesse, chinois…
« Monté » trop haut et trop vite, Fabius….Mitterrand lui a peut-être rendu le pire des services. Ce qui est bizarre, c'est son incapacité (si l'on en croit les sondages, bien aléatoires) à "grimper" au fil des débats. N'est-il pas, a priori, le meilleur dans les joutes oratoires? Il faut croire que , pour l'heure, son souci de la forme efface ses ambiguïtés de fond...
Même déguisé en « motard », en "gaucho" , en « rebelle », en chef du "Non à l'union eupenne" ou en « inspirateur » principal d’un « programme socialiste » plus « rétro-futuriste » que porteur d’avenir , donc éclaireur d’horizons d’espérances, Fabius fair figure "d'éléphant". L'âge n'est pas celui qu'on a, mais celui qu'on porte... Dommage pour lui.
Fabius souffre d’un double discrédit. Son image de « gauchiste raisonnable » ne séduit personne, ni les « gauchistes », ni les « réformistes raisonnables », ni les "socialistes sincères" .Et son programme n’a rien de programmatique. C’est plus facile de plaider pour un Non que de militer pour un Oui….
Fabius souffre également d’un handicap terrible : ses qualités charismatiques d’orateur-né sont contredites par les faits. Comme si l'inspiration en panne sur le fond bloquait la forme...
Il aurait dû, ou pu, « gagner » tous les débats, télévisés ou non, à huis clos ou en public, organisés, selon des normes plus « staliniennes » que « démocratico-libertaristes » (puisque que le mot « libéral » est devenu, en français de « Métropole » un « contre-sens » ou un « non-sens » stupide)... Mais Fabius est , en l’état, victime de lui-même. Ce qui est la pire des choses....
Ségolène, aussi, est d’abord victime d’elle-même. De ses calculs « communicationnels ». De ses fantasmes « poeple ». De ses ambitions personnelles qui n’arrivent que la confondre dans un scénario terriffiant: ses ambitions personnelles ne coîcident pas avec ses prétentions collectives.
Plus qu'un gap: un fossé. Ségolène prise au piège de ses fantasmes. Et des apparences... Pas de "charentaises" dans les "hauts-talons". Pas de "hauts talons" dans les "charentaises"
Révélation: Raffarin a son double féminin. En chaussons...Je sais : j'exagère. mais je finis par trouver Raffrarin et ses raffarinades plus sympathiques que Ségolène et ses ségolinades... Je dis celà en amoureux d'un marais poitevin plus riche qu'on le croit....Et qui mérite, sans doute, une élite meilleure, plus ouverte sur le monde.
Après tout, Jarnac, (où dort Miittrerrand) est dans sa circonscription et Cognac, la ville natale de Jean Monnet, mériterait des engagements européens plus clairs. Et plus portés vers l'avenir.
Mais a-t-elle réfléchi à l'histoire de SA Région, Ségolène? Raffarin a soutenu le "futuroscope" (en difficultés). Elle, ne prône-t-elle pas des "rétroroscopes"? Sa politique de communication (régionale) est, me dit-on dans cette Région où j'ai beaucoup d'amis, meilleure que sa politique d'actions. C'est à vérifier. Ségolène ne doit pas avoir que des défauts..."Elle est démocratiquement intraitable", me glise une de ses collaboratrices qui a déclaré "forfait"." Elle est socialement infréquentable". Diffamation, j'imagine. Elle est si souriante Ségo... quand tout se déroule comme elle veut. Et si "on " lui donne l'impression qu'"on" l'aime
Une chose est sûre: Elle est dure, très dure cette « compétition présidentielle»… Ségolène doit rageusement s’en rendre compte."Vivement que celà se termine", lâche-t-elle devant des journalistesqui ont toujours des oreilles trop ouvertes..;
Elle doit surtout, aujourd’hui, se rendre compte qu’elle a un vrai adversaire malgré la « solidarité de parti » : DSK qui prend des allures d 'Homme d'Etat quand ,elle, se coule dans le moule d'une élégante mais superficielle et caractérielle "politichienne" (comme disait de Gaulle).... La République, quand on veut la "prendre" a des exigences.
Dominique Strauss-Kahn. Le plus réfléchi, le plus crédible, économiquement et socialement.Le plus porteur d’espérances socialement raisonnées. Le plus « naturel » pour un PS qui doit affirmer davantage sa « modernité » que ses archaïsmes, son efficacité que ses bonnes volontés, son réformisme que son « rétro futurisme », son sens de l’avenir que l’archéo-socialisme à la française DSK est sans doute le seul leader socialiste qui peut,avec les suffrages des militants, provoquer «un Congrès de Tours à l’envers »,et favoriser l'émergence d'un socialisme d'un type nouveau, avec ces vraies « ruptures » qu’il faut faire, en toute honnêteté et en toute lucidité. Mais DSK a sans doute trop de qualités pour un parti trop riche en défauts...
Portant, il est bon Dominique Strauss-Kahn.... Lucide, courageux, cohérent, et crédible. Sécurisant, même. Et stimulant. De plus en plus, au fil des débats, télévisés ou à huis-clos.Un esprit de responsabilité et une cohérence des propositions qui n’ont rien à voir avec des « rustines social-démocrate », pour reprendre une formule vide sens de Fabius. Prestance et représentativité, respect des traditions et soif de modernisation. Démocratie vivante et refus des démagogies. Bonne représentation du « peuple de France » dans sa diversité et sa richesse plurielle. Engagements européens sans démagogie et sans populisme.
N’étant pas « militant » du pas du PS, je n’aurai aucun droit de regard sur la nomination du « candidat socialiste ». mais l’observateur(citoyen) que je suis a le droit de marquer ses préférences, de préciser ses allergies, d’exprimer ses peurs, ses angoisses,ses phobies… Et ses espérances
Le handicap de DSK? Le fait d’être né juif. Mendès-France, réveilles-toi ! La France ne progresse guère. Elle régresse même. Achtung ! Où va-t-elle s’arrêter cette « régression » ? « Vichy », l’eau neuve de nos vieilles cellules...
Redevenons sérieux ! DSK victime d’une discrimination de ce types serait une honte pour la France et une horreur pour les Français. Je ne veux et ne peux y croire. Ou alors, poussons au bout la logique. La « lepénisation » des esprits serait plus forte que l’impact (déjà bien grand) direct de Le Pen. A gauche, comme à droite…
Pauvre France ! DSK et Bayrou pourraient la sauver d’elle-même. Mais,une fois encore, je rêve… A force de rayer de la carte la « troisième force », nous risquons d’afficher la première des faiblesses. C’est une conviction : pourquoi m'auto-censurer ? C’est aussi une analyse : pourquoi serait-elle moins crédible que d’autres ?
En une ère où la « politique-spectacle » triomphe bêtement, l’heure des hommes « sérieux » (et des femmes sérieuses) peut sonner. Ne serait-ce que sur un « slogan-programme » que Prodi a réussi à faire triompher (de justesse) en Italie : La politique et l’économie doivent être au service de l’Homme… et non l’inverse.
Ils (elles) sont rares les hommes (les femmes) politiques, de droite, de gauche, et du centre capables de redonner du sens au mot « valeur » et de la valeur au mot « sens ». DSK en fait partie, comme Bayrou et d’autres repérables dans(presque ) tous les « bord ».
Mais , une fois encore(bis repetita), je rêve, sans aucun doute...
« Mon Utopie », redirait peut-être Albert Jacquard …qui n’a aucune ambition « politichienne »,.Mais qui doit avoir, comme moi à un niveau plus modeste et plus humble, de grandes espérances authentiquement « politiques » et « démocratiques ».
Replacer l’Homme (et la Femme) au cœur de toute action collective, c’est un beau programme, non ?
Je ne voterai que pour des candidats « personnalistes ». Pour l’heure, je n’en vois que deux dans le « peloton des prétendants » (ils seraient plus de trente !) … Bayrou et DSK.
Mais je suis trop idéaliste pour qu’on prenne ces choix personnels au sérieux. Je regarde les choses et leurs évolutions. Je n’ai jamais prétendu les influencer. Le journaliste est un passeur d’idées et de témoins, non un « homme d’influence ».
Témoin, oui, même quand il est contesté.
Acteur, non…Par lâcheté ou facilité, peut-être.
Personne ne peut à la fois être juge et partie.
Je sais seulement, depuis avoir lu Aristote, que la « réputation, c’est ce qui ne dépend pas de soi » et je sais aussi, depuis être tombé (très jeune) amoureux de Paul Valéry que « seuls les huîtres et les sots adhèrent »
Bayrou et DSK me donnent envie de jouer le « huîtres »… Pardon pour cette confidence. Mais c’est l’avenir de la démocratie française qui est en jeu. L’heure est grave.
Et les choix déterminants. A chacun de décider… Toute les voix comptent. Arithmétique de la démocratie…
Mais il est des voies qui mènent à des impasses. Valeurs de la Démocratie… Vous n’êtes pas pris de vertige, vous ? La démocratie, c’est d’abord un amour (immodéré) pour l’humanité et la Personne humaine…
17:20 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, DSK, Segolène
Carnet de campagne: l'heure d'hiver...
Fragile, trop fragile…
Déstabilisée, Ségolène ? Nombre d’éditorialistes le disent. Nombre des responsables du PS aussi… Si un meeting un peu houleux, si quelques sifflets la déstabilisent, comment réagira-t-elle si elle arrive jusqu’à l’Elysée ? … »Il est temps que cette campagne s’arrête », aurait-elle lâché… Qu’est-ce que cela va être après ? Pendant la vraie campagne et après…Je comprends que DSK, calme, serein, pédagogue, convaincant, devienne optimiste…
C’EST TERRIBLE CETTE BULLE SEGOLENE … AVEC DES MILITANTS DU PS QUI MISENT SUR ELLE POUR SUIVRE LES SONDAGES ET VOLER AU SECOURS D’UNE VICTOIRE TROP ANNONCEE POUR ËTRE ASSUREE.
Le plus terrible, c’est le sang-froid que l’on doit avoir quand on prétend postuler aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’esprit de responsabilité ne s’affiche pas dans la presse poeple. Il se montre et se démontre au quotidien.
Que les « Ségolénistes » ne m’accusent pas (une fois de plus) de misogynie (ce qu’ils ne feraient pas s’ils me connaissaient plus) : ce n’est pas là une affaire de sexe… Mais un ou une caractériel (le) autoritariste et un tantinet démagogue et populiste, ce n’est pas une bonne « tête de gondole » dans le « super-marché » de la gauche.
Qui plus est, on ne se fait pas élire à l’Elysée pour se faire aimer, qu’on soit un homme ou une femme, mais pour faire des choses et dégager des « horizons d’espérance », au nom (et au service) d’un « peuple » qui n’est pas un alibi et un objet de slogan, mais une réalité complexe et fluctuante.
Ségolène martèle qu’elle n’a « pas peur du peuple », mais si elle continuer à creuser son sillon actuel, c’est le peuple qui risque d’avoir peur d’elle… Il m’arrive de regretter de ne pas être au PS pour ne pas pouvoir voter DSK. Non pour soutenir un « cheval » comme un supporter soutient un champion ou une équipe, mais comme un citoyen qui réclame de vrais choix entre des porteurs (ou porteuses) de destin national et européen qui font passer le sens de l’Etat et de la communauté nationale avant leurs états d’âme, leurs susceptibilité, et leurs humeurs. Malgré les sifflets. Pour ségolène, le pasage à l'heure d'hiver ouvre une nouvelle saison riche en incertitudes...
Un sondage rassurant
Selon un sondage CSA publié par Le Parisien de ce samedi, , une majorité de Français serait prête à voter pour une personne issue de l'immigration et juge que l'élection des députés à la proportionnelle assurerait une meilleure représentation de la diversité Christiane taubirat va avoir plus de regrets encore…même si elle prête, à la demande des radicaux de gauche, à jouer les faiore-valoir de Ségolène (comme la rumeur se précise en devenant presque une information), en dépit de ce qui visiblement les différencient philosophiquement et politiquement.
Selon ce sondage, 75% (contre 24 % d'opinions contraires) des français seraient prêts à voter pour une personne issue de l'immigration pour les élections municipales, 69 % pour les législatives (29 % ne sont pas prêts) et 56 % pour la présidentielle (42 % ne sont pas prêts). Autre leçon de ce sondage : L'instauration d'un mode de scrutin de liste proportionnel pour l'élection des députés serait efficace pour assurer une meilleure représentation de la diversité de la société au parlement pour 64 % des personnes interrogées, contre 24 % d'opinions contraires.
Un bémol, tout de même : seulement 45% des personnes sondées sont favorables à l'instauration de quotas pour faciliter l'accès des personnes qui sont issues de l'immigration à certaines professions et mandats politiques tandis que 50 % n'y sont pas favorables. Il est vraie qu’une société majeure, donc capable de s’assumer telle est n’a besoin ni de quotas ni de « discrimination positive » Fourier, trop oublié comme Proudhon, parlait d’ailleurs au XIX ième de « valorisation positive ». C’était mieux, non ? Même avec « positive », une « discrimination » est …discriminatoire…
Une « Bayroumania » qui peut changer la donne ?
Intéressante cette analyse de Philippe Ridet dans LE MONDE : « Il se disait exclu de certains médias, et voilà qu'ils lui font fête. La journée du jeudi 26 octobre restera, pour François Bayrou, celle de l'exposition maximum. Cinq pages dans Le Nouvel Observateur, autant dans L'Express (avec appel à la "une" : "La surprise Bayrou"), un entretien dans Paris Match ("Bayrou, le troisième homme") et un dans Libération, à l'occasion de « l'anniversaire » des émeutes des banlieues en 2005. Pas si mal pour celui qui, début septembre, dénonçait une sorte de complot médiatique destiné à l'évincer du paysage politique au profit du couple Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy (Le Monde daté 10-11 septembre). "Il visait surtout la télévision", précise-t-on aujourd'hui à l'UDF »
Quel déclic ? « Il aura suffi d'un sondage IFOP Paris Match, la semaine dernière, pour lancer le mouvement. Pour la première fois, le président de l'UDF, scotché aux alentours de 6-7 % des intentions de vote, était crédité d'un score à deux chiffres : 12 % au premier tour de la présidentielle, voire 15 %, avec à la clé un ticket pour le second tour, dans le cas où Laurent Fabius serait désigné candidat du PS... Alors que la presse se lasse de chercher de "nouveaux angles" pour traiter le duel annoncé entre le président de l'UMP et la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes ou la "menace Le Pen", l'irruption de François Bayrou dans le carré des favoris est une aubaine. Déjà, son succès croissant auprès des internautes - ils apprécient son discours plus musclé et sa dénonciation des "puissances d'argent", dont bénéficierait Nicolas Sarkozy - était un signal (Le Monde du 30 septembre). Sa soudaine visibilité dans les sondages rebat les cartes et redonne de la vigueur au mythe du "troisième homme" qui, de Jean Lecanuet en 1965 à Jean-Pierre Chevènement en 2002, pimente les campagnes électorales. »
Le Monde poursuit après enquête : "A L'Express, nous avons senti un symptôme plus qu'un phénomène Bayrou dans cette rentrée politique. Il avait fini la campagne de 2002 en donnant une gifle, et cette fois, il attaque en distribuant des claques à tout le monde : à l'UMP, au PS, aux médias... De plus, un sondage est venu confirmer qu'il existe une curiosité pour Bayrou", explique Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, qui mentionne cet autre signal : "J'ai eu récemment l'occasion de passer une soirée avec Pierre Arditi, et lui aussi a fait l'éloge du président de l'UDF."
La recette Bayrou, toujours vue par LE MONDE : "Le candidat centriste lui-même n'est pas étranger à cette "bayroumania" naissante. De sa précédente campagne présidentielle, il a tiré une double leçon : il doit labourer le terrain et éviter le discours habituel et sans aspérités d'un candidat centriste. "Quand on laboure le terrain, on laboure la presse", glisse Marielle de Sarnez, députée européenne et principale conseillère du président de l'UDF. En l'occurrence il s'agit plus particulièrement la presse de province : quotidiens, hebdos et radios locales font l'objet de toutes les attentions de la part de M. Bayrou. Chacun de ses déplacements (jusqu'à deux par semaine) est ponctué d'une rencontre avec les journalistes locaux. Au Progrès à Lyon, à La Dépêche à Toulouse, un entretien "face aux lecteurs" est venu couronner ces rencontres. "C'est une formule qu'il aime bien, souligne un collaborateur du futur candidat. Cela lui permet de rencontrer des gens."
Il y a sans doute des explications plus simples et plus profondes : BAYROU est d’abord servi par la cohérence de ses propos, de son programme et de ses comportements. Pour l’heure, il est le seul, avec DSK à privilégier le fond sur la forme. Un pari risqué, mais sympathique. Une présidentielle, ce n’est pas la Star’Ac . Bayrou travaille beaucoup et en profondeur depuis longtemps. C’est un constat, non une appréciation. Pour lui, l' heure d'hiver a un coté "été indien"... dans l'attente sereine du printemps.
Pour Fabius, ni "purge libérale" ni "rustine sociale-démocrate"
Dans le Parisien de ce dimanche, Fabius met les points sur les « i » pour préciser sa ligne :"On ne réussira pas l'alternance en reprenant les recettes de la droite ou en copiant exactement celles que la gauche a mise en oeuvre hier"(…) "La France a besoin d'un vrai changement à gauche, pas d'une nouvelle purge libérale ni d'une rustine sociale-démocrate à l'ancienne."(…)"Oui à la démocratie participative, non à la démocratie punitive"(…)"Aucun socialiste n'a le monopole du peuple."L'ancien Premier ministre affirme qu'il est aujourd'hui "le seul des trois candidats à défendre vraiment" le projet socialiste et demande aux militants du PS de se prononcer "sans se laisser impressionner par la mousse médiatique ou le bruit des sondages". Pour lui aussi, l'heure d'hiver n'est plus celle d'été... Mais le temps ne fait visiblment guère prendre la mayonnaise Fabius
Jean-Marie Le Pen « sûr » d’être au second tour
"Si Nicolas Sarkozy n'hésite pas à se réapproprier certaines de mes thèses, il ne va jamais jusqu'au bout", dit le dirigeant d'extrême-droite dans une interview au Journal du Dimanche."Malgré les apparences, le discours de Ségolène Royal n'est pas très différent lorsqu'elle parle d'encadrement militaire (pour les jeunes délinquants), d'autorité ou d'ordre", (…) "Ils ont en tout cas une chose en commun : leur démagogie criante." Ironie machiste sur Ségolène : « J'ai connu des femmes très belles, superbement maquillées en début de soirée, dont le rimmel coulait en fin de soirée." Et certitude : Il se dit « sûr » d'accéder au second tour de la présidentielle de 2007, comme il l'a fait en 2002."Il y a cinq ans, à la même époque, les chiffres des sondages me concernant étaient divisés par deux. Faites le calcul !" Selon un sondage Ifop publié par le Journal du Dimanche, il est crédité d'un potentiel électoral de 18% au premier tour de la prochaine présidentielle, un score supérieur à celui qui lui a permis le 21 avril 2002 de devancer le candidat socialiste Lionel Jospin.
Mais pour "mettre les pendules à la bonne heure" (pour lui), il lui faut les 500 signatures. Jean-Marie Le Pen dit avoir recueilli près de 400 des 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour se présenter. Il affirme que s'il ne pouvait être candidat faute de pouvoir remplir cette "simple question de formalité", ce serait "un séisme politique dont les conséquences seraient terribles" :"Que ceux qui se risqueraient à m'empêcher de les obtenir sachent qu'ils prendraient une lourde responsabilité devant les Français. Ce serait jouer avec le feu", avertit le président du FN, selon qui des maires ont reçu des "menaces et des pressions" pour ne pas lui accorder leur signature et "ont peur pour leur famille". Là, Le Pen est dans un ses rôles préférés: celui de la victime du "système". Pour lui, c'est payant en toute saison...
02:00 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, présidentielles, PS, UDF, ségolène, Bayrou
A lire sur RELATIO, ma critique du livre-événement de Johnathan LITTELL sur les "tueurs de bureaux" ou le fascisme au quotidien
En France la saison des prix littéraires bat son plein… Le phénomène de cette saison a déjà été primé. Le Grand Prix du roman de l’Académie français est pré-sélectionné par tous les jurys ou presque. Et ce livre constitue un événement européen. Un livre-événement, même si quelques critiques s’élèvent ici et là, comme celle de Claude Lanzmann qui s’interroge sur la forme romanesque de cette folie nazie et qui craint que ce « tueur » qui dit « je » fascine quelques esprits faibles… Ce qui n’est pas le cas, évidemment. « Le livre-événement du siècle » commente Jorg Semprun.. Déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires: Un succès mérité.
Un livre-événement ? Oui. Par l’Histoire qu’il raconte : Celle d’un officier SS qui vit le nazisme de l’intérieur, participe à l'opération Barbarossa (contre l'Urss), vit la chute de Berlin après être passé par Stalingrad, Auschwitz, après avoir vécu au coeur du Reich et, participé à la déportation des juifs de Hongrie…Belle carrière d’un « obéissant » discipliné
Un livre-événement ? Oui Par ses qualités d’écriture. 900 pages qui se laissent dévorer.
Un livre-événement ? Oui. Par la dimension internationale qu’ a déjà son auteur : Jonathan Littell, est un écrivain francophone de nationalité américaine, Ce n’est pas fréquent… Sa jeunesse (il est né en 1967) ajoute à ses mérites…Voilà 15ans qu’il porte ce livre en lieu. Et il a sur quelques terrains observé bien des « bureucrates tueurs » (Bosmnie, Rwanda...)
"Les bienveillantes" décrit minutieusement, à la première personne, la vie d'un officier SS confronté à ce qu'Hannah Arendt a appelé la "banalité du mal" : la quotidienneté de l'horreur, le génocide quasiment vu comme un travail de bureau. Une corvée de fonctionnaire discipliné. Un sale boulot écoeurant, qui donne la nausée, mais qu’ « on » accepte de faire .par discipline .par peur. Par mimétisme de masse. Par « routine ». Par aussi volonté d’efficaité sans trop se « salir les mains » Par cette imbécillité crasse qui s’appelle parfois lâcheté, parfois obéissance, parfois inhumanité. « Humain, trop humain (…) Le monstre est en Nous (…) La Bête est en chacun de nous » ; Nietszche, Brecht, Sartre et d’autres illustrés dans une œuvre de fiction-réalité magistrale. LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>
00:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fascisme, europe, nazisme, histoire
28/10/2006
TE LAWRENCE VU PAR PATRICK ET OLIVIER POIVRE D'ARVOR: Le roman (excellent) d'un mystère fascinant
Il est des retrouvailles manquées… Pour des raisons bien indépendantes de ma volonté, selon la formule consacrée, j’ai manqué une belle rencontre avec PPDA et son frère Olivier. Mais j’ai lu leur dernier livre écrit à quatre mains »Disparaître », chez Gallimard. Une très belle rencontre, ce roman !
Je m’en faisais pourtant une joie de les revoir les Poivre Je ne suis pas de ceux qui critiquent ou dénigrent Patrick. Sur Tf 1 il est de ceux qui démentent la stratégie de « temps de cerveau disponible» de Lelay, son patron. C’est vrai dans son 20 heures qui reste (belle longévité et fantastique régularité !) le JT le plus riche en infos. C’est vrai dans « Vol de nuit » (trop tardive, hélas !) qui est une émission littéraire qui sait éviter les aboiements des bateleurs… Et je garde de chacune de nos rencontres des souvenirs d’enrichissement. Un homme de qualité et un journaliste hors pair.
J’aime aussi beaucoup son frère cadet qui fait honneur à la Culture française à l’étranger à la tête de l’Association française artistique. Cette culture que les gouvernements, nos universités et notre élite « écriturière » ne soutiennent pas assez…Heureusement que les Québécois, les Belges et quelques autres d »fendent cette francophonie que nous célébrons plus que nous la servons. D’ailleurs les deux frères ont publié récemment un article dans le Figaro qui exhorte les candidats à l’Elysée à s’en préoccuper, au moins un peu…
C’est bien sûr de leur dernier livre dont nous devions parler. En bien. Car il est excellent. Dans la forme, et dans le fond. Dans sa portée rétrospective et dans les réflexions qu’il inspire. Sur la vanité de l’obsession de la trace. Sur les mirages de la célébrité. Sur la vie comme fuite (en avant et en arrière). Sur la solitude aussi.
Quelle bonne idée de s’être emparé du grand Lawrence sous cette forme romancée ! Les derniers moments d’un homme dans le coma qui revoit toute sa vie ou presque par les deux narrateurs qui jouent avec la typographie, avec le temps, avec toute une série de trouvailles : confidences (vraies ou fausses) chuchotements, récits imaginés ou reconstitués, vrais et faux documents, articles apocryphes, descriptions de scènes de chasse journalistique, surenchères médiatiques, personnages secondaires riches de personnalités bien dessinées, et projection de rapports fraternels que seuls deux frères comme les Poivre d’Arvor peuvent les imaginer…

Au fil des pages, des voyages dans l’espace et dans le temps, Dans les déserts d’Orient, bien sûr Et dans cette époque qui nous colle encore tellement à la peau, celle du début du dernier siècle avec ce qu’il charrie de réalités peu réconfortantes et de périls (colonialisme, Levant, révolte contre les Turcs, fin des empires, naissance des nationalismes notamment arabe et juif) … Une belle tranche d’histoire et in beau chapelet de légendes.
Au fil des chapitres, surtout, la personnalité de T.E. Lawrence (1888-1935), : le Mystère Lawrence ! On résume, dans les pas d’Olivier et de Patrick : une « naissance douteuse » (enfant adultérin) ; « une mère épuisante » ; « le goût du fouet » ; « la rencontre avec l'Orient » ; « la Révolte arabe contre l'Empire ottoman » et « l'effacement de soi-même », le renoncement au monde, à trente-quatre ans. En fuyant la célébrité, l’héroïsme, les honneurs « J'en ai fini avec la politique, fini avec l'Orient, et fini avec l'intellectualité. Dieu que je suis donc las ! Je voudrais donc me coucher et mourir. ».

En quinze mois, Lawrence avait pourtant libéré du joug turc le Hedjaz, la moitié de la Palestine, la Syrie et la Jordanie. Mais les politiques lui ont volé sa victoire. Raison d’Etat. Et ils l’ont trahi, l’ont perverti, l’ont détourné. . Il entre en écriture avec deux chefs-d'oeuvre, « Les Sept Piliers de la sagesse » et « La Matrice ». Mais l’écriture aussi a ses limites, sa vanité…
A quarante ans, le colonel Lawrence cesse d'écrire, s'engage dans la Royal Air Force comme simple soldat. Sous un faux nom, John Hume Ross. Sa vie durant, il aura multiplié les pseudonymes : T. E. Shaw, T. E. Tel, T. E. Smith... « Ces alias d'identité sont autant d'aléas au bonheur », écrivent Patrick et Olivier Poivre d'Arvor. Car le « roi sans couronne », l'« émir dynamite », le « diablotin du monde » eut « une vie de douleur et de solitude sans compromis, une vie tragique, semée de contradictions, de volte-face, d'épreuves historiques comme personnelles. Où les ambitions sont à la hauteur en creux - des dépressions ». D’où la volonté de fuir. « Fuir, fuir, en sorte que personne ne me rattrape ». Fuir sa vie intérieure, « vraie guerre civile ». Fuir « en brouillant toutes les traces ». Fuir jusqu’à « être mort au regard des autres et renaître pour moi seul ». Fuir pour s’effacer « de la grammaire du monde ». Fuir tout, y compris « le temps passé à passer le temps ». Fuir et « disparaître ». Comme « la mangouste dans le désert, gris, jaune, ocre, au gré du soleil ». Comme des pas de l’homme dans le désert.
Un très beau livre, Patrick et Olivier. Qui vaut bien des prix Goncourt d’hier .Et qui mériterait de beaux prix d’aujourd’hui. Couronné ou non, ce roman est à lire, à déguster. Et à faire lire.

>>>>>DISPARAÎTRE [2006], 336 pages, 140 x 205 mm. Collection blanche, Gallimard -rom. ISBN 2070779661.
Parution : 21-08-2006.
22:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, histoire, roman Poivre d'arvor










