11/11/2006
Quelques réflexions sur le 11 novembre...
« La nationalisme, c’est la guerre. Et la guerre, elle n’est pas que derrière nous »… Comment, en ce 11 novembre, ne pas revoir et réentendre cette phrase, ce constat et cet avertissement, de François Mitterrand dans son dernier discours devant le Parlement européen ? 14-18 : la guerre des nationalismes, la guerre civile européenne devenue cette « première guerre mondiale » qui ne sera pas « la der des ders ».

Au-delà des images émouvantes des « poilus », des discours plus ou moins inspirés sur « la mémoire de nos grands pères", des documents et des fictions sur ces tueries sans nom, la commémoration de cet Armistice instauré à la suite d’un Traité de Versailles porteur de poisons pour l’avenir, ce « jour férié » (mal respecté, banalisé, vidé de son sens) devrait être un jour de recueillement et de méditation pour « ceux qui croient au ciel » comme pour « ceux qui n’y croient pas ». Se souvenir ? Non. Trop peu de survivants… Apprendre, ou réapprendre. Réviser son savoir. Relire…Revoir. Un devoir de citoyen.
Je résume, en reprenant un texte, sec comme trop de pages de livres d’histoire, publié par un site qui vaut plus qu’une visite de « web-surfeur ».
« La Première Guerre mondiale éclate à la suite de l'assassinat le 28 juin 1914 à Sarajévo de l' Archiduc François-Ferdinand. L'Autriche-Hongrie déclare la guerre le 28 juillet 1914. Par le jeu des alliances, l'Allemagne, la Russie, la France et l'Angleterre entrent dans le conflit.
Au début de ce qui deviendra « la Grande Guerre » (1914-1918), les armées allemandes attaquent la France : c'est la « bataille des frontières » (août 1914): les Français reculent. S'engage alors la 1e bataille de la Marne, épisode fameux de "la Grande Guerre", où Joffre et Gallieni sauvent Paris. En octobre 1914, les Allemands tentent d'empêcher les britanniques de débarquer : c'est la « course à la mer ». Les premières tranchées de 1914-1918 apparaissent. Russes et allemands s'affrontent sur le front oriental de « la Grande Guerre » (1914-1918). La guerre de mouvement, des débuts de la Première Guerre mondiale se solde à la fin de l'année 1914 par une neutralisation des armées en présence, et une extension mondiale. La Première Guerre mondiale fait apparaître notamment les mines, l'artillerie lourde, l'aviation de guerre et les gaz asphyxiants ( Ypres 1915).

1914-1918 devient une guerre d'usure. Pour soulager la Russie, les franco-anglais essayent de s'emparer des Dardanelles (janvier-février 1915). Le front occidental de « la Grande Guerre » voit se succéder des offensives des Alliés. En 1916, les Allemands attaquent Verdun, haut lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale. Cette bataille est l'une des plus sanglantes de l'Histoire de 1914-1918 et durera jusqu'en juin.
Les souffrances endurées lors de la « grande guerre » commencent à peser. L'offensive française infructueuse du « Chemin des Dames » déclenche une vague de mutineries. La révolution éclate en Russie et provoque la paix séparée de Brest-Litovsk.
L'année 1918 est décisive. Libérés à l'Est les Allemands attaquent en Picardie et en Flandres. Foch se voit confié le commandement de toutes les armées. Les Allemands attaquent en juillet 1918 en Champagne, mais sont arrêtés sur la Marne (deuxième bataille de la Marne). En juillet 1918 Foch lance une contre-offensive qui donne le signal d'un recul progressif des Allemands. La révolution éclate à Berlin, Guillaume II abdique, l'armistice de « la Grande Guerre » (1914-1918) est signé à Rethondes le 11 novembre »

Confidence personnelle, par devoir de transmission : Ce qui m’a fait découvrir l’importance et l’impérative nécessité d’une Europe « unie dans sa diversité », c’est une petite vitrine de verre et de bois, avec une photo jaune et deux médailles » qui trônait sur un meuble de ma grand-mère Juliette dans sa ferme de La Prétière, un village du Doubs. Tout ce qui restait d’un homme qu’elle avait aimé, qui lui avait donné deux enfants. Et qui a été porté « disparu » quelque part sur l’un des fronts… à deux jours de « L’Armistice ».
« Pourquoi ? » : Combien de fois aie-je (et me suis-je) posé cette question en regardant cette petite vitrine. « Pourquoi un tel destin ? Pourquoi tant de malheurs ? Pourquoi tant de violences, de déchaînements de haine entre des peuples (donc les Personnes) aussi proches ? Pourquoi tant de tragédies provoquées par des « frontières » encore plus dangereuses dans les têtes que sur les terres ? L’image de ce « bibelot » intrinsèquement dérisoire, mais chargé de force émotive, de sens, de valeur me colle toujours au cœur et à l’esprit. Avec d’autres « Pourquoi ? »…
Pourquoi n’a-t-on pas su faire en sorte que la « der des ders » soit effectivement la dernière ? Pourquoi les horreurs indicibles de 39-45 ne nous ont-elles pas définitivement vaccinés contre les nationalismes en tous genres ? Pourquoi les Européens ne se souviennent-ils pas plus de leur passé dans leurs efforts pour construire cette « Europe unie » qui n’efface en rien les spécificités locales, régionales, nationales ? Pourquoi n’avons-nous pas su ou pu tirer toutes les leçons de ce « continent cimetière ».

« Ce qui manque à l’Europe, c’est la chair », ma laisse un internaute en commentaire sur un autre site (Agoravox) sous un article sur la relance de l’Europe… Qu’est-ce que cela veut dire ? De la chair de générations sacrifiées sur l’autel de la bêtise criminelle, l’Europe est faite…
« Il manque à l’Europe une guerre fondatrice », se plait à dire Régis Debray, en faisant allusion à la guerre de Sécession américaine. Qu’est-ce que cela veut dire ? 14-18 suffirait, à elle seule, à avoir une portée « fondatrice », un sens « fondateur »….
Les rétro-futuristes, ces gens qui entrent dans l’avenir à reculons, devraient plus regarder dans le rétroviseur. Il est vrai, comme a écrit jacques Julliard, qu’il y a « pire que l’ignorance de l’Histoire : le détournement de l’Histoire ».
Daniel RIOT
14:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, histoire, 14-18, nationalisme, guerre et paix











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