12/11/2006
Carnet de campagne: la force de Bayrou
La « bande des vieux du gaullisme »
Sarkozy n’était pas à Colombey pour ne pas « s’afficher avec la bande des vieux gaullistes », selon l’un de ses proches… Comme le « jeune » Sarkozy n’avait quelques heures de vol en politique et était comme vierge dans ses actions gouvernementales… Etrange cette réinvention par l’UMP du « coup du cocotier », ce « communisme générationnel » et ces « réflexes anti-vieux » chez un ministre de l’intérieur qui apparaît comme « anti-jeunes » dans bien des discours. On perd le « sens de la famille « chez les « gaullistes »…

Cela n’empêche pas cet ancien « compagnon » de Robert Grossmann dans l’ex-Union des jeunes pour le Progrès de ses réclamer de De Gaulle « l’homme de toutes les ruptures » et de situer sa (possible) élection à l’Elysée dans le droit fil de 1958. Pas modeste ce chef de file de la « bande des jeunes ». Au fait, Sarkozy n’était –il pas déjà vieux quand il était jeune ? Une affaire d’état d’esprit, la jeunesse. Comme « l’esprit de rupture » est l’une des caractéristiques de l’adolescence…

« Les absents ont toujours tort »
Gilles de ROBIEN n’était pas au Conseil national de l’UDF. Exclu ou non invité ? Non. Boycottage. De Robien boude et condamne la « stratégie de Bayrou » (cet « historien qui n’a aucun sens politique »). Il mise surtout sur la victoire de Sarkozy et le laminage de son ancienne « famille ».

Il est vrai que l’udf d’aujourd’hui (même si Bayrou ne se fait aucune illusion sur sa présence au deuxième tour de la Présidentielle) a un gros inconvénient pour De Robien et quelques autres « centristes de droite » qui ont rejoint l’UMP (où les idéaux démocrates-chrétiens fondent comme du sucre dans le café) : elle privilégie la réflexion et les projets d’actions au détriment de l’opportunisme, du carriérisme et de l’arrivisme.
Une opinion ? Un constat. Etre vrai, c’est d’abord être soi. Bayrou incarne aujourd’hui une belle synthèse de Schuman, Mendès-France, JJ –SS. Avec l’inspiration personnaliste de Jacques MARITAIN. Et un esprit d’ouverture adapté à une soif de modernité qui n’est pas que les « habits neufs » d’un passéisme et d’un archaïsme qu’on appelle « rupture » à l’UMP de Sarkozy (parce que cela rime avec « fracture » ?) et « suivisme » chez Ségolène (parce que cela rime avec « Star’académisme » ?)

Les bons diagnostics de l’UDF
Sérieux, très sérieux le Conseil national de l’udf. Avec, notamment, ce constat, peu contestable. Je cite : « Après le choc du 21 avril 2002, la remise en ordre n’est en effet qu’apparente. Comme le Premier Ministre lui-même l’a dit, un résultat électoral n’efface pas les problèmes accumulés. Derrière la cohérence rétablie au printemps, après les péripéties que l’on sait, se cache une coupure de plus en plus profonde entre les Français et la politique. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux à douter de la capacité des dirigeants à parler vrai, à faire preuve de courage, bref à changer le cours des choses. Le véritable état de la France aujourd’hui, ce n’est pas le score de Jacques Chirac au second tour et l’apparition d’une majorité écrasante à l’Assemblée mais plutôt :
-35 % de votes protestataires à l’élection présidentielle
- 40 % d’abstentionnistes à l’élection législative de 2002 et dans une « moindre mesure »,
- 57% à l’élection européenne de 2004
Le socle de la démocratie est donc très fragile. Aussi, pour refonder un projet politique, une approche d’envergure s’impose :
-définir les attentes des Français
- planter des jalons pour leur avenir «
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Le sens et la valeur de certains mots.
A LIRE AUSSI, un éclairage à chaud, par une « engagée A et POUR l’UDF », Chantal Cutajar, qui, sur son site politique, publie un billet qui vaut lecture (même si l’on n’est pas sympathisant de Bayrou et du « centrisme central) >>>>>>>>>>>>>>&...
Pour ré-enchanter la politique (cet impératif), il faut d’autres méthodes, d’autres mœurs et d’autres états d’esprit. Il faut surtout renouer avec cette alliance du réalisme et de l’idéalisme qui caractérisait autant Monnet, Mendès-France, De Gaulle, Jaurès, Blum et ceux qui marqué l’Histoire au-delà de leur présence au pouvoir… Le « Vivre ensemble » n’est pas un slogan : c’est un impératif sociétal qui dépasse les frontières « politichiennes », comme disait De Gaulle.
Je regarde tous les programmes. Les « ficelés » comme les autres. Sur le fond, pour moi, il n’y a pas photo… pour l’instant. Celui (législatif) de l’udf de Bayrou a plus d’une longueur , et d’une profondeur d’avance, sur les autres.
L’UMP semble comme miné par ses contradictions internes. Le Ps est prisonnier d’un « projet » qui n’est qu’une motion de synthèse artificielle. (Rocard, une fois de plus, voit bien et juste). Bayrou le laboureur a réussi à faire plus et mieux. Plus pertinent et plus cohérent. Et il affiche une belle qualité ( nous ne sommes qu’en novembre 2006 pour des échéances de 2007 !) : la perfectibilité. Comme disait André Néher, le poète : « la perfection de l’homme, c’est sa perfectibilité ».
SEGO-SARKO vus par Bayrou: Un Duo, pas un duel
Une formule, riche de sens, chez Bayrou en clôture du conseil national de son parti .En dénonçant "la politique du bouc émissaire" de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy il dit : ceux -ci ne se livrent non à un "duel", mais forment un "duo". Morceaux choisis, un coup à droite, un coup à gauche

*"C'est très populaire, hélas, d'attaquer les enseignants", a déclaré l'ancien ministre de l'Education, en référence à Ségolène Royal, qu'une vidéo (pirate mais non désavouée sur le fond) a montré ces jours-ci proposant que les professeurs soient présents 35 heures au collège.
*"C'est très facile d'attaquer les juges", a renchéri M. Bayrou, visant cette fois Nicolas Sarkozy."C'est la politique du bouc émissaire, qui fait pendant à la politique des sondages", a lancé M. Bayrou. "L'un va avec l'autre"
Pour une "Démocratie de conviction"
Pour "se démarquer", François Bayrou a plaidé pour une "démocratie de conviction", sans laquelle l'abolition de la peine de mort ou l'appel du 18 juin 1940 n'auraient été possibles.
Pas plus que l'opposition à la guerre en Irak, "une très grande fierté", à laquelle "certains conseillers" de l'Elysée étaient hostiles, selon M. Bayrou. Le leader centriste visait là Nicolas Sarkozy et ceux à droite qui ont une "fascination" pour le modèle américain.

"Je ne crois pas aux murailles", a encore affirmé François Bayrou, arguant que les tentatives pour "arrêter" l'immigration était vouées à l'échec, si, par exemple, les Africains n'étaient pas aidés à assurer le développement de leur continent eux-mêmes.
Le président de l'UDF a parlé d'une France à la vocation "universelle", qui "pousse les autres pays", par exemple dans la lutte contre la dégradation de la planète.
Le leader de l'UDF a été très applaudi par une salle acquise, notamment quand il a "refusé que Jean-Marie Le Pen soit le seul moyen d'échapper au duo" du PS et de l'UMP.
Détourner les mécontents du "système dominant" des extrêmes pour les amener au centre de l'échiquier politique, voilà la ligne que propose François Bayrou. Un ligne précise. Mais une de front qui n’est pas encore à portée de mains. Mais la campagne n’a pas encore commencé. Long, long est le chemin….

Buffet mènera-t-elle à l’impasse, à l'ultra-gauche ?
« Je pense qu'imposer Buffet mènerait à une impasse» avait dit BOVE. C’est fait. Une ultra-gauche unie, ce n’est déciément pas fait…. Sans surprise, c'est la secrétaire nationale du parti qui a été plébiscitée ce week-end, : elle a obtenu 96 % des suffrages.(avec un taux de participation de 66,2%).Maxime Gremetz, député de la Somme, a réalisé 2,69 % ; Jean-Jacques Karman, vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, a lui obtenu 0,87% des suffrages.La candidature de Marie-George Buffet sera présentée aux collectifs antilibéraux lors d'une réunion nationale les 9 et 10 décembre qui doit adopter "par consensus" une candidature commune à l'élection présidentielle.
D'autres prétendants, dont le leader « altermondialiste » (et délinquant récidiviste) José Bové, ou la jeune (et séduisante) adjointe au maire de Paris Clémentine Autain briguent aussi l'investiture des antilibéraux. Les chaînes parlementaires leur ont proposé (ainsi qu’aux autres candidats d’extême-gauche) des débats télévisés, mais Marie-George à refusé. La peur ? « Je n’ai pas à débattre avec des gens qui ne veulent pas assumer le pouvoir », a-t-elle dit.
Fabius-le- conquérant
Sur Canal+, Fabius a joué la franchise et la loyauté. « Je n’ai jamais trahi personnellement personne ».Un info : Hulot a refusé sa proposition d’entrer comme vice-premier ministre dans son gouvernement. Mais, sur le fond, son quinquennat (éventuel) sera écologique : « l’écologie en tout et par tout », avec des « changements de structures gouvernementales » adaptées à cette priorité. Une confession : «J’ai quelque chose en moi qui me dit que je peux faire bouger les choses, servir l’intérêt général en rassemblant la gauche. Je sens que j’ai la capacité d’être un bon Président de la république ».

Son problème : « Ségolène a les barons du PS avec elle (…) parce que les sondages, qui ne portent pas sur l’électorat des militants du PS, pèsent sur les esprits ». Sarkozy ? « Un libéral, bushiste, communautariste (…) Il est sur le chemin qui mène vers le populisme et vers l’extrême-droite ». TOUS SAUF SARKOZY ? Oui, mais encore faut-il que le PS soit au deuxième tour. Or, au jour d’aujourd’hui, qui peut dire ou prédire ? Le Pen rigole sous cape. Lui s’interroge sur qui il va affronter ? Rien n’est joué.

Où Fabius se surpasse dans la même ITW sur Canal +, c’est quand il répond (mal et nerveusement) à une bonne question sur le Plan B promis par les Chevaliers du Non au référendum sur l’Union européenne : « La plan B, c’est le projet socialiste ». Ah ! Bon… Comme dit Rocard, ce sont les « socialistes européens » qui en rient… jaune et voient… rouge. La tragédie du PS, c’est son archaïsme et ses faux-nez nationaliste » Lire l’ITW de ROCARD >>>>>>>
17:55 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, Udf, Bayrou, PS, fabius, Sarkozy











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