« Mon Carnet de Campagne : En ce jour de Notre-Dame de Lourdes… | Page d'accueil | Fragments de pensées »
10/02/2007
Mon carnet de campagne : Les Confessions de Chirac, l’anti-libéraliste…
Sarko, un « homme de qualités et… de défauts »
« Sans haine »…Mais non sans mémoire. L’amnistie n’est pas amnésie. « L'Inconnu de l'Elysée », sera publié chez Fayard, le 17 février. L'hebdomadaire Marianne (daté 10-16 février) s'est assuré l'exclusivité de ses bonnes feuilles, parues aujourd’hui. Elles recèlent des scoops, révèlent quelques arrangements (très chiraquiens) avec l'histoire et permettent de mieux lire l'actualité… à dix semaines du premier tour de l'élection présidentielle. J’en parlerai plus quand j’aurai lu l’ensemble de ce livre-document. Je ne m’attarde ici que sur Sarkozy, dont Chirac par « sans haine »

« Je me fous de Sarkozy ou tel autre »
>>> Alors qu'il parle pour la première fois de sa fille Laurence, minée depuis l'âge de 15 ans par l'anorexie - "c'est vraiment le problème de ma vie" -, Pierre Péan l'interroge sur les trahisons politiques au regard de cette souffrance. "Je me fous éperdument que Sarkozy ou tel autre... Je me fous de beaucoup de choses." Il dit encore : "Je suis insensible à la haine et tout aussi insensible au découragement. Je ne crois pas aux sondages, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est ma grande différence avec Sarkozy... Je lui dis toujours : "Arrête de te fier aux sondages !""
>>> C’est un homme « qui a des qualités et des défauts »… « C'est un homme actif, intelligent, un homme politique de premier ordre. » En 2002, lorsqu'il l'a nommé ministre de l'intérieur, il a considéré que « c'était un atout pour la majorité et pour la conduite de l'action publique ».

« Des perversions de la pensée humaine »
>>> M. Chirac, qui a souvent reproché au président de l'UMP d'être libéral, atlantiste et communautariste, relève : « C'est une bonne chose, des évolutions de sa part »...
- Sur le communautarisme, "j'ai noté aujourd'hui son adhésion à un principe fondamental à mes yeux : la France n'est pas, et ne sera jamais une addition de communautés. La nation française est une et indivisible".
- Nicolas Sarkozy est "spontanément plus libéral que moi", souligne aussi le président, portant sur le libéralisme ou plutôt l’hyper libéralisme une cinglante condamnation. « Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine », dit-il.
- « Je n’ai jamais parlé d’immigration choisie », lance-t-il sans insister…
- Sarkozy l'a ulcéré quand il a critiqué, à Washington, le 12 septembre 2006, l'"arrogance" française et la "grandiloquence stérile" de son pays au moment de la crise irakienne à l'ONU. Prudent, M. Chirac se contente de dire qu'il " existe des différences d'approche, s'agissant notamment de la relation avec les Etats-Unis »

La trahison de Neuilly : "Cà aurait du faire tilt " !
>>> Le président raconte aussi sa version de la prise de la mairie de Neuilly par Nicolas Sarkozy, au nez et à la barbe de Charles Pasqua, en 1983. " J'ai dû rendre un arbitrage. A Pasqua, j'ai dit : "Tu n'iras pas, tu vas laisser ta place à Sarkozy. Il est jeune. Il faut pousser les jeunes". A peine élu, Sarkozy n'a cessé d'expliquer que je n'y avais été pour rien. (...) Cela aurait dû faire tilt..." Bernard Pons a, en fait, souvent raconté que Jacques Chirac l'avait envoyé pour sonder Nicolas Sarkozy. Persuadé de sa détermination à y aller, le président du RPR avait tout simplement laissé faire.
>>> Sur la trahison de 1995 : "Il y a un défaut que je n'ai pas, c'est celui d'être rancunier. C'est un sentiment qui m'est totalement étranger." Il assaisonne davantage Edouard Balladur, moquant sa vanité. Mais reconnaît que le lâchage du premier ministre de l'époque, dont il raconte précisément les circonstances, lui a " fait de la peine".
Quand Balladur, l’ami de Sarko, le poussait à pactiser avec Le Pen…

C'est Jean-Marie Le Pen, auquel il fut opposé au second tour de 2002, qui fait l'objet de sa plus grande exécration. « J'ai toujours été allergique au Front national, c'est quasiment physique, je ne peux supporter tout ce qui est racisme et xénophobie », dit-il.
Il s'explique sur la sulfureuse photo témoignant de sa poignée de main avec Le Pen, en 1987 - un coup monté par le président du FN, dit-il. Il "charge" aussi Balladur, qui a essayé de le convaincre, comme Pasqua de pactiser avec Le Pen en 1988 : "Cela Edouard, jamais ! On perdra peut-être les élections, mais si on les perd, ce ne sera pas pour cette raison-là."
Chirac ne cache pas son admiration pour François Mitterrand « homme très intelligent et cultivé, pas du tout comme moi »… "Sans haine" et avec humilité, Chirac!
15:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chirac, sarkozy, présidentielles, politique











Les commentaires sont fermés.