20/02/2007

Catherine Nay cet après-midi à la Librairie Kléber, à Strasbourg: Si Sarko nous était conté...

Un Pouvoir nommé Désir : Une « Sarkostory », un récit de voyage en « Sarkoland », un essais de « Sarkologie » ou Le roman vrai d’une ambition (encore inassouvie) et d’une ascension (encore inachevée) d’un « petit Nicolas » vers la Grande Histoire.

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 L’avalanche était annoncée : Une quinzaine d'ouvrages sur Nicolas Sarkozy seront publiés  d'ici l'élection présidentielle. Une abondance d’offre pour une demande forte…

Le succès était prévisible : il est en marche. « Un Pouvoir nommé Désir » par Catherine NAY se vend plus que bien. Et se lit comme un roman…Comme une Saga (« Sarkostory »). Comme un récit de voyage (en « Sarkoland »). Et comme un décryptage qui fera date dans de ce qu’on ne va pas tarder à appeler la « Sarkologie », « science » de l’exploration des Mystères de Sarkozy, du « phénomène Sarko », de l’entrée en Histoire d’une ambition d’être, de paraître et de faire hors du commun et inscrite dans la durée…D’une ambition de plaire aussi. Et d’être aimé, en plus ! A l’heure de la politique-spectacle et du star-stystème politico-médiatique, Sarko a une horloge intérieure bien réglée…

Sarko 2007 : histoire d’une ascension. Résistible ou non résistible ? L’épilogue de l’ouvrage ne marque pas la fin du roman…et les résultats des urnes ne sont pas toujours conformes aux plafonds crevés de l’audimat ou aux températures des sondages.

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Face à ce « bonapartiste moderne (…) façonné par les humiliations de l’enfance », Catherine NAY tente de garder ses distances : Professionnalisme oblige. Elle se veut très factuelle : journalisme commande. Mais au-delà de quelques notes ou remarques à l’ironie acide, ne cherchez pas dans cet ouvrage, excellemment documenté, bien construit et écrit d’une plume alerte, le poivre de l’impertinence, le pigment de l’esprit pamphlétaire, ou le vinaigre d’un humour corrosif. Plus sucrées que salées, les 476 pages riches et denses de cette biographie nommée « attente d’un sacre » !

Au-delà du personnage (du héros) de ce film qui dure déjà depuis trente ans (mais oui !), nous suivons une guide experte à la curiosité gourmande dans les coulisses de ce « théâtre florentin de la politique où les dagues et les poisons sont enrobés de rubans et d’hypocrisie », où le choc des égotismes fait plus de dégâts que celui des idées, où les pensées de derrière comme disait Pascal comptent plus que celles de devant, où le Diable se cache partout, surtout dans les détails. Belle peinture du « milieu » et bonne galerie de portraits ciselés à coup d’anecdotes !

Catherine Nay assure que dans ce « milieu », Sarko détonne : « Il n’est pas byzantin. Ila avance sans masque. Il annonce la couleur ». Constat ou opinion ? Elle l’inscrit tout de même dans la galerie des « grands fauves de la politique ».Avec tout ce que cela peut comporter. Avec surtout ce que cela implique. «Quelle patience dans l'impatience et quelle opiniâtreté, quelle aptitude à déceler les bons couloirs, les champions qu'il fallait suivre, et pressentir le moment où il pourrait les dépasser... Trente ans qu'il dure et endure!». Admirative, Catherine. Ce qui montre qu’elle n’est en rien blasée par ses décennies de journalisme politique…et d’observation de ce qui est devenue une « people démocratie »…

Nous en parlerons ce mardi après-midi, 17h30, à la salle Blanche de la Librairie Kléber, à Strasbourg, dans une conversation que je me fais un plaisir d’animer sur son texte, bien sûr, mais aussi, évidemment,  sur le contexte. Sarko, qui « ne compte que sur lui » va connaître un sort qui dépend beaucoup des autres, de ces électeurs dont les voix vont déterminer sa voie…Et celle de la France.

Daniel RIOT

*« Un Pouvoir nommé Désir ».Biographie. Ed. GRASSET. Catherine Nay, éditorialiste et conseillère de la Présidence à Europe 1, est  l'auteur d'ouvrages politiques qui ont connu des succès mérités : La double méprise (1980) ; Le Noir et le Rouge (1984), Prix Aujourd’hui ; Les Sept Mitterrand (1988) ; Le Dauphin et le Régent (1994).

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