« Sarkozy, la « valeur travail » et Gaston Lagaffe, « le héros sans emploi » | Page d'accueil | Mon carnet de campagne : Le « sursaut » des « intellectuels » (conformistes) dits de « gauche » »
28/02/2007
Comment supprimer les boules puantes des débats politiques ?
Détestables… Surtout en pleine campagne pour les Présidentielles. Détestables les « affaires » sorties (sur Sarkozy) et annoncées (sur Royal) par le Canard enchaîné et reprises par tous les médias ou presque sans enquête complémentaire.
Détestable, la multiplication des « cambriolages » (où l’on ne prend rien de visible) chez le couple Royal-Hollande et chez l’une des conseillères de Ségolène.
Détestables, les rapports toujours non clarifiés des RG et d’autres officines sur telle ou telle personnalité ou sur telle ou telle affaires
Détestable, le rapport « fourre-tout » est « mélange-tout » publié par l’UMP sur la « gestion désastreuse » des régions dirigées par les socialistes : une fois encore on se trompe de scrutin et on prend les électeurs pour des gogos…
Détestables, les attaques personnelles (de gauche, de droite et des « Rescapés du Marais ») lancées contre Bayrou ou les critiques non argumentées jetées en pâture contre son projet, délibérément caricaturé, amputé, déformé…
Détestables, les modalités de la chasse aux signatures qui font des Présidentielles une élection oligarchique à trois tours. Détestables ces ministres (dont celui de l’intérieur) qui prennent leurs ministères pour des tremplins électoraux tout en taisant le bilan des cinq dernières années.
Détestables, les effets de la lâcheté législative calculée du ministre de l’intérieur qui en refusant d’inscrire automatiquement les nouveaux électeurs sur les listes et privent ainsi quelques Huit millions de citoyens non inscrits ou mal inscrits de pouvoir exercer leur droit de vote aux Présidentielles : les listes sont closes aujourd’hui…
Détestable. Le pire des systèmes à l’exception de tous les autres comme disait Churchill l’est sous bien des angles. Surtout quand rien n’est fait pour limiter les dérives, gommer les effets pervers, pallier les inconvénients « guérissables »…
Toute campagne compte ses boules puantes, ses vrais ou faux scandales habilement distillés, ses atteintes à la dignité, ses trahisons de la vérité, ses tricheries avec les faits et les chiffres. La politique, c’est d’abord l’art d’encaisser les coups (surtout bas et dans le dos), d’avaler des clous rouillés et des vipères (plus que des couleuvres), de jouer des pièges. N’est-ce pas l’une des raisons avouées (avec le « sens du devoir » comme s’il était irremplaçable) du maintien de Sarkozy au ministère de l’intérieur, donc des élections et des services spéciaux de la police et du renseignement ?
Le Canard enchaîné a trop sorti de vraies affaires pour que ses dossiers ne soient pas pris au sérieux. C’est sa crédibilité démontrée très souvent qui fait que ses infos sont reprises. Ceux qui, comme je viens de lire sur le site de l’UMP, souhaitent que Le Canard en perde ses dernières plumes sont des esprits liberticides comme on en trouve (hélas !) dans une partie de la droite sectaire…Heureusement, le patron de l’UMP n’a pas sur le Canard le même pouvoir d’influence que sur Match, sur l’Express et sur d’autres. Le Canard ne vit ni de la publicité ni de subventions d’Etat.

La vraie question sur les révélations est celle des sources et du choix du moment M choisi par les « donneurs », les « balançeurs », les « délateurs ». Elle est déjà ancienne cette histoire d’appartement (revendu). Coupable ou innocent, Sarkozy est plongé dans la difficulté extrême de se mettre dans les habits de l’homme insulté, sali, outragé, blessé dans sa dignité, mis en cause dans son honnêteté. Avec un temps médiatique qui n’a rien à voir avec le temps judiciaire et une présomption d’innocence qui de dépend que la confiance qu’il sait ou non inspirer par ses démentis (et ceux de son promoteur) et ses explications. Par ses dons d’avocat.
Le Monde note justement : « En prononçant à trois reprises le verbe " salir ", le candidat de l'UMP adopte la posture de " l'outragé ", comme l'avait fait Alain Juppé en se disant " droit dans ses bottes " en 1995, et porte le soupçon sur une manoeuvre politique de ses adversaires. » Espérons que ses adversaires sauront conserver la réserve et la pudeur que la décence impose. Espérons aussi que les « supporters » de Sarkozy feront preuve de la même décence en préférant le silence aux impostures d’une victimisation cultivée…
Sur les autres thèmes détestables de cette campagne, deux remarques :
1) Si politique et éthique devenaient inséparables (« La politique est une morale », se plaisait à dire Pierre Pflimlin quand on l’interrogeait sur morale et politique) l’atmosphère générale serait plus respirable et entretiendrait moins ces sentiments anti-politiciens si vifs et répandus chez les citoyens.
2) Si Bayrou a les moyens de réformer les institutions comme son projet de VI ième République l’annonce (avec notamment une dose de proportionnelle pour les Législatives et une séparation plus nette des genres et des pouvoirs) le problème des candidats dits « petits » aux Présidentielles serait moins grave et se prêterait à moins de manipulations.
Ne rêvons pas : Cela ne limitera pas tout ce qui trouble l’image de cette politique qui restera un théâtre d’ombre avec pratiques machiavéliques et rapports de forces empoisonnés. Mais le RESPECT inscrit dans le « contrat de confiance qui est un contrat de courage » proposé par Bayrou n’est pas qu’un mot. C’est une culture de valeurs qui ont du sens. Sa référence à Mendès- France (lui aussi victime de nombre d’injustices et d’ignominies) n’est pas qu’une citation, mais un engagement. Une exigence. Et pour la démocratie française : un impératif.
Daniel RIOT
18:30 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, bayrou, sarkozy, scandale











Les commentaires sont fermés.