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28/02/2007
Mon carnet de campagne : Le « sursaut » des « intellectuels » (conformistes) dits de « gauche »
C’était annoncé : c’est fait. Dans le « Nouvel Observateur » de ce jeudi, les appels de Jean Daniel pour un « sursaut du patriotisme de gauche » (confondant ainsi curieusement parti et patrie) sont entendus par des intellectuels, des créateurs, des chercheurs, des artistes qui tiennent à manifester, par leurs signatures, leur soutien à la candidate du PS.
Chez les pétitionnaires, peu ou pas de surprises. Sur le fond, RAS ou presque. La menace d’un nouveau 21 avril et « le deuxième tour se joue dès le premier tour » donc « Oui à Ségolène Royale, candidate de l’espérance » et « Non à Sarkozy, « candidat de la peur »…
« Jamais candidat de droite n’aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l’argent. Favorable à un renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l’approfondissement de la démocratie.
Engagé aux côtés de l’actuelle administration américaine, il incarne le risque des aventures impériales, du choc des cultures et de l’affrontement des peuples.
C’est le candidat de la peur. Des peurs qu’il exploite – celles de l’avenir, du monde, de l’étranger, des jeunes – mais aussi des peurs qu’il inspire en convoquant l’imaginaire de l’homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et de lui-même ».
Cela je pourrais le signer…
Faits à noter : Aucune référence sérieuse aux valeurs défendues à travers la « gauche » d’aujourd’hui, juste une allusion à Le Pen non nommé, un silence sur les candidats de « l’autre gauche » Ce texte est une prise de position partisane non un choix d’intellectuel.
Fait à noter encore : une ignorance totale de Bayrou. Pourtant ce qui est dit sur « l’espérance » provoquée chez les signataires par la candidate du Désir d’avenir pourrait très bien illustrer ce que le projet de Bayrou permet non d’espérer mais d’envisager.
« Une espérance à la fois sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de vie et de travail à la modernisation économique. L’espérance d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L’espérance d’une démocratie qui ne se réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L’espérance d’une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa diversité ».
C’est presque du Bayrou dans le texte, non ? J’y souscrirais volontiers si ces « espérances » là étaient vues portées par celui qui les porte le mieux et le plus, de la façon la plus crédible. Mais à gauche comme à droite on applique les mots d’ordre des « appareils » : le centre n’existe pas et, s’il existe, il est impossible…C’est terrible de voir des intellectuels aussi respectueux du désordre ambiant et aussi conformistes. Un intellectuel, ce devrait être un aiguillon, non un édredon…
A noter enfin : une note restrictive glissée comme pour la forme et comme pour se faire excuser une partition plus partisane qu’intellectuelle et plus soucieuse de l’avenir de la « gauche » que du destin de la France et des Français… « Nous affirmons qu’il n’est de soutien entier que critique, de loyauté que lucide, de solidarité qu’indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement »… C’est la moindre des choses pour des « intellectuels » ce me semble. S’ils éprouvent le besoin de l’écrire, c’est que cela , chez eux, ne va pas sans dire…
21:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : royal, gauche, presse, intellectuels, politique











Commentaires
Bayrou qualifie les reactions de ses concurrents de "pathétiques".
Ecrit par : marc | 02/03/2007
Petite réaction sur l'appel des intellectuels: parmi les motifs d’espérance figure celui « d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant ». Si la rime est jolie, tout reste à faire.
Car si les propositions institutionnelles de Ségolène Royal ne sont pas dénuées d’intérêt, parfois même d’audace, rien de sérieux n’a été avancé jusqu’alors pour, précisément, mettre fin à ce « présidentialisme étouffant ». À l’exception de la perte de la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, tous les pouvoirs du chef de l’État seraient conservés : rien bien sûr pour limiter son droit de dissolution de l’Assemblée, mais rien non plus pour diminuer le nombre effarant de hauts fonctionnaires nommés par lui. De même, à quoi bon promettre de rattacher directement au Premier ministre le ministre des affaires européennes (plutôt qu’au quai d’Orsay) si, en réalité, cette politique est définie à l’Élysée ?
voir http://c6r-paris.blog.lemonde.fr
Ecrit par : G. | 02/03/2007
J'ai essayé de vous saluer cet apres-midi, mais vous êtes partis, au gallo !
Ecrit par : Cagliostro | 03/03/2007
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