28/02/2007

Mon carnet de campagne : Le « sursaut » des « intellectuels » (conformistes) dits de « gauche »

C’était annoncé : c’est fait. Dans le « Nouvel Observateur » de ce jeudi, les appels de Jean Daniel pour un « sursaut du patriotisme de gauche » (confondant ainsi curieusement parti et patrie) sont entendus par des intellectuels, des créateurs, des chercheurs, des artistes qui tiennent à manifester, par leurs signatures, leur soutien à la candidate du PS.

Chez les pétitionnaires, peu ou pas de surprises. Sur le fond, RAS ou presque. La menace d’un nouveau 21 avril et « le deuxième tour se joue dès le premier tour » donc « Oui à Ségolène Royale, candidate de l’espérance »  et « Non à Sarkozy, « candidat de la peur »…

 «  Jamais candidat de droite n’aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l’argent. Favorable à un renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l’approfondissement de la démocratie.

Engagé aux côtés de l’actuelle administration américaine, il incarne le risque des aventures impériales, du choc des cultures et de l’affrontement des peuples.

C’est le candidat de la peur. Des peurs qu’il exploite – celles de l’avenir, du monde, de l’étranger, des jeunes – mais aussi des peurs qu’il inspire en convoquant l’imaginaire de l’homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et de lui-même ».

Cela je pourrais le signer…

Faits à noter : Aucune référence sérieuse aux valeurs défendues à travers la « gauche » d’aujourd’hui, juste une allusion à Le Pen non nommé, un silence sur les candidats de « l’autre gauche » Ce texte est une prise de position partisane non  un choix d’intellectuel.

Fait à noter encore : une ignorance totale de Bayrou. Pourtant ce qui est dit sur « l’espérance » provoquée chez les signataires par la candidate du Désir d’avenir pourrait très bien illustrer ce que le projet de Bayrou permet non d’espérer mais d’envisager.

« Une espérance à la fois sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de vie et de travail à la modernisation économique. L’espérance d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L’espérance d’une démocratie qui ne se réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L’espérance d’une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa diversité ».

C’est presque du Bayrou dans le texte, non ? J’y souscrirais volontiers si ces « espérances » là étaient vues portées par celui qui les porte le mieux et le plus, de la façon la plus crédible. Mais à gauche comme à droite on applique les mots d’ordre des « appareils » : le centre n’existe pas et, s’il existe, il est impossible…C’est terrible de voir des intellectuels  aussi respectueux du désordre ambiant et aussi conformistes. Un intellectuel, ce devrait être un  aiguillon, non un édredon…

A noter enfin :  une  note restrictive glissée comme pour la forme et comme pour se faire excuser une partition plus partisane qu’intellectuelle et plus soucieuse de l’avenir de la « gauche » que du destin de la France et des Français… «  Nous affirmons qu’il n’est de soutien entier que critique, de loyauté que lucide, de solidarité qu’indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement »… C’est la moindre des choses pour des « intellectuels » ce me semble. S’ils éprouvent le besoin de l’écrire, c’est que cela , chez eux, ne va pas sans dire…

 

Comment supprimer les boules puantes des débats politiques ?

Détestables… Surtout en pleine campagne pour les Présidentielles. Détestables les « affaires » sorties  (sur Sarkozy) et annoncées (sur Royal) par le Canard enchaîné et reprises par tous les médias ou presque sans enquête complémentaire.

Détestable, la multiplication des « cambriolages » (où l’on ne prend rien de visible) chez le couple Royal-Hollande et chez l’une des conseillères de Ségolène.

Détestables,  les rapports toujours non clarifiés des RG et d’autres officines sur telle ou telle personnalité ou sur telle ou telle affaires

Détestable, le rapport « fourre-tout » est « mélange-tout » publié par l’UMP sur la « gestion désastreuse » des régions dirigées par les socialistes : une fois encore on se trompe de scrutin et on prend les électeurs pour des gogos…

Détestables, les attaques personnelles (de gauche, de droite et des « Rescapés du Marais ») lancées contre Bayrou ou les critiques non argumentées jetées en pâture contre son projet, délibérément caricaturé, amputé, déformé…

Détestables, les modalités de la chasse aux signatures qui font des Présidentielles une élection oligarchique à trois tours. Détestables ces ministres (dont celui de l’intérieur) qui prennent leurs ministères pour des tremplins électoraux tout en taisant le bilan des cinq dernières années.

Détestables, les effets de la lâcheté législative calculée du ministre de l’intérieur qui en refusant d’inscrire automatiquement les nouveaux électeurs sur les listes et privent ainsi quelques Huit millions de citoyens non inscrits ou mal inscrits de pouvoir exercer leur droit de vote aux Présidentielles : les listes sont closes aujourd’hui…

Détestable. Le pire des systèmes à l’exception de tous les autres comme disait Churchill l’est sous bien des angles. Surtout quand rien n’est fait pour limiter les dérives, gommer les effets pervers, pallier les inconvénients « guérissables »…

Toute campagne compte ses boules puantes, ses vrais ou faux scandales habilement distillés, ses atteintes à la dignité, ses trahisons de la vérité, ses tricheries avec les faits et les chiffres. La politique, c’est d’abord l’art d’encaisser les coups (surtout bas et dans le dos), d’avaler des clous rouillés et des vipères (plus que des couleuvres), de jouer des pièges. N’est-ce pas l’une des raisons avouées (avec le « sens du devoir » comme s’il était irremplaçable) du maintien de Sarkozy au ministère de l’intérieur, donc des élections et des services spéciaux de la police et du renseignement ?

Le Canard enchaîné a trop sorti de vraies affaires pour que ses dossiers  ne soient pas pris au sérieux. C’est sa crédibilité démontrée très souvent qui fait que ses infos sont reprises. Ceux qui, comme je viens de lire sur le site de l’UMP, souhaitent que Le Canard en perde ses dernières plumes sont des esprits liberticides comme on en trouve (hélas !) dans une partie de la droite sectaire…Heureusement, le patron de l’UMP n’a pas sur le Canard le même pouvoir d’influence que sur Match, sur l’Express et sur d’autres. Le Canard ne vit ni de la publicité ni de subventions d’Etat.

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La vraie question sur les révélations est celle des sources et du choix du moment M choisi par les « donneurs », les « balançeurs », les « délateurs ». Elle est déjà ancienne cette histoire d’appartement (revendu). Coupable ou innocent, Sarkozy est plongé dans la difficulté extrême de se mettre dans les habits de l’homme insulté, sali, outragé, blessé dans sa dignité, mis en cause dans son honnêteté. Avec un temps médiatique qui n’a rien à voir avec le temps judiciaire et une présomption d’innocence qui de dépend que la confiance qu’il sait ou non inspirer par ses démentis (et ceux de son promoteur) et ses explications. Par ses dons d’avocat.

Le Monde note justement : « En prononçant à trois reprises le verbe " salir ", le candidat de l'UMP adopte la posture de " l'outragé ", comme l'avait fait Alain Juppé en se disant " droit dans ses bottes " en 1995, et porte le soupçon sur une manoeuvre politique de ses adversaires. » Espérons que ses adversaires sauront conserver la réserve et la pudeur que la décence impose. Espérons aussi que les « supporters » de Sarkozy feront preuve de la même décence en préférant le silence aux impostures d’une victimisation cultivée…

Sur les autres thèmes détestables de cette campagne, deux remarques :

1)      Si politique et éthique devenaient inséparables (« La politique est une morale », se plaisait à  dire Pierre Pflimlin quand on l’interrogeait sur morale et politique) l’atmosphère générale serait plus respirable et entretiendrait moins ces sentiments anti-politiciens si vifs et répandus chez les citoyens.

2)      Si Bayrou a les moyens de réformer les institutions comme son projet de VI ième République l’annonce (avec notamment une dose de proportionnelle pour les Législatives et une séparation plus nette des genres et des pouvoirs) le problème des candidats dits « petits » aux Présidentielles serait moins grave et se prêterait à moins de manipulations.

Ne rêvons pas : Cela ne limitera pas tout ce qui trouble l’image de cette politique qui restera un théâtre d’ombre avec pratiques machiavéliques et rapports de forces empoisonnés. Mais le RESPECT inscrit dans le « contrat de confiance qui est  un contrat de courage » proposé par Bayrou n’est pas qu’un mot. C’est une culture de valeurs qui ont du sens.  Sa référence à Mendès- France (lui aussi victime de nombre d’injustices et d’ignominies) n’est pas qu’une citation, mais un engagement. Une exigence. Et pour la démocratie française : un impératif.

 Daniel RIOT

Sarkozy, la « valeur travail » et Gaston Lagaffe, « le héros sans emploi »

La « valeur  travail » de Sarkozy : Une « vacance » pathétique de projet, une «moraline» politiquement irresponsable et la marque d’un populisme qui vide de sens les mots « valeur » et « travail »

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« Je veux être le Président de la valeur travail »… Sarkozy s’y accroche, martèle la formule, la chante, en fait un hymne. Le jour du 50 ième anniversaire de Gaston Lagaffe, « le héros sans emploi », cela mérite réflexion. Sans rire. En prenant très au sérieux ce qui chez Sarkozy n’a rien d’une gaffe et ne s’inscrit en rien dans une bande dessinée…  

« Valeur travail »…Un souvenir d’une des chansons de son enfance, celle de Salvador sur « Le travail c’est la santé » ? Une réminiscence de ses souvenirs scolaires, « Travail, famille, patrie » ou « Arbeit ist frei » ? Une pêche dans le vocabulaire classique du populisme le plus éculé, celui qui nourrit la bonne conscience de ceux qui pensent qu’ils sont les seuls à travailler et que « si tout le monde travaillait autant tout irait mieux » ? Après la « France d’en bas et celle d’en haut », voici la grande cassure entre « ceux qui se lèvent tôt » et ceux qui « se lèvent tard »…

Pathétique, ce besoin de diviser, de dresser une partie de la Nation contre d’autres, de jouer les uns contre les autres ! Irresponsable et irrespectueux cette posture ( imposture) qui consiste à séduire ceux qui pensent « travailler » en considérant une partie des Français (non définie, bien sûr) comme des paresseux, des fainéants, des inactifs, des oisifs, des cagnards, des flemmards, des désoeuvrés !

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Prétentieuse, cette façon de donner des leçons en se donnant en exemple, en étalant sans pudeur les « blessures de son enfance » ! Comme si le petit Nicolas avait été le seul à « vendre  des glaces » et « à livrer des fleurs » dans son adolescence pour gagner un peu d’argent dit de poche… Comme si le « grand ministre » était le seul à se lever tôt et à se coucher tard et à considérer son bureau comme une « pièce à vivre »… Comme si ce grand travailleur était le seul à se dépenser sans compter pour s’épanouir et satisfaire ses ambitions.

Irresponsable, cette manière de mêler morale et politique, de confondre exhortations et projet, de chercher des suffrages pour des responsabilités suprêmes en esquivant tout ce qui relève vraiment de l’action et du pouvoir politique. Fourier (qui en son temps déjà condamnait la « discrimination positive ») l’a fort bien écrit : « Aimer le travail nous dit la morale. C’est un conseil ironique et ridicule. Qu’elle  donne du travail à ceux qui en demandent, et qu’elle sache le rendre aimable »… 

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Au niveau de la morale, ou plutôt de la « moraline », l’exhortation au « TRAVAIL » est aussi vieille que le monde… « L’homme est né pour le travail  comme l’oiseau est  né pour voler », trouve-t-on ans le « Livre de Job ». Pour cause : qui peut nier les grandes vertus du « travail » ?

Pour la Personne, « la vie fleurit par le travail », écrivait Rimbaud.   « C’est par le travail que le l’Homme  se transforme », notait Aragon. « Le travail éloigne de nous trois grands maux, l’ennui, le vice et le besoin », constatait Voltaire.  « Le travail est beau et noble. Il donne une fierté et une confiance en soi que ne peut donner la richesse héréditaire », chantait de Vigny…  « Le Travail est bon à l’Homme. Il le distrait de sa propre vie, il le détourne de la vue effrayante de lui-même. Il l’empêche de regarder cet Autre en lui qui lui rend la solitude horrible », notait avec profondeur Anatole France. « L’oisiveté est comme la rouille. Elle use plus que le travail », constatait Benjamin Franklin

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Pour toute collectivité, le Travail est,  selon la formule de Mirabeau, « le pain nourricier des grandes nations «  (et des petites d’ailleurs). Quels sont  les régimes, y compris les plus totalitaires et les plus inhumains qui ne pratiquent pas le culte du Travail ? Quelle est la famille, l’association, l’entreprise, la société,  qui méconnaît les vertus et le besoin  du Travail ?

Même les humoristes manque d’inspiration quand ils veulent s’attaquer à la « valeur travail »… « Si le travail est l’opium du peuple, je ne veux pas finir drogué », chantait Boris Vian. » Si le travail c’est la santé, à quoi bon la médecine du travail », souriait Pierre Dac. « L’homme n’est pas fait pour le travail. La preuve, ça le fatigue », soulignait Tristan Bernard.  

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Sarkozy, lui, ne plaisante pas : « Depuis 25 ans, tout a été fait dans notre pays pour dévaloriser le travail, décourager le mérite, discréditer la réussite ». Sans doute. Sûrement même. Mais qui en sont les responsables ? Les promoteurs des « 35 heures », accuse  Sarkozy su le ton de ceux qui critiquait la conquête des congés payés en 1936. Peut-être, mais ces cinq dernières années, pourquoi Sarko-le prédicateur n’a-t-il rien fait pour rectifier  ce qui aurait dû l’être et améliorer ce qui aurait pu l’être ?

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« L’esprit d’assistanat », dénonce Sarko-le-procureur. Mais qui a développé ce mauvais esprit ?

Ceux qui depuis 1981 se sont résignés au développement vertigineux du chômage, à l’accroissement des inégalités, la hausse des précarités, la multiplication des stages pour les jeunes non rémunérés, la mise en mode du « coup du cocotier » dans le travail dès les 50 ans, les pompages fiscaux des « classes moyennes » ne sont-ils pas pleinement responsables, qu’ils soient de droite ou de gauche ?

Quand le travail du capital est mieux rétribué que le travail des Hommes, ne dévalorise-t-on pas le travail ?

Quand les façons de travailler des fonctionnaires, des policiers, des magistrats, des enseignants sont successivement ou simultanément critiqués, dévalorisés, mis en cause n’est-ce pas Le travail qui est dévalorisé ?

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Quand les travailleurs sont plus taxés que les robots et des automates, ne dévalorise-t-on pas le travail ?  

Quand le système que le gouvernement toujours en place favorise l’absentéisme des députés et des sénateurs, un clientélisme électoral qui fortifie l’état d’esprit d’ « assistés », un cumul et une polyvalence de fonctions ministérielles  ne  dévalorise-t-on pas le travail ? Quand l’un des slogans-clefs d’une campagne présidentielle se formule en une exhortation du type « Que ceux qui veulent gagner plus travaillent plus », et non « mieux », dans de « meilleures conditions », moins sous pression, ne dévalorise-t-on pas le travail ?

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Quand on parle DU travail sans distinguer le travail-corvée du travail-plaisir, le travail-gagne-pain du travail-épanouissement, le travail-forcé du travail-liberté, ne dévalorise-t-on pas ce que l’on prétend valoriser ?

Quand on parle de la « valeur travail » sans faire une allusion aux valeurs des travailleurs et aux valeurs qui sont supérieures au travail lequel est plus un moyen qu’une fin, quand on se fait le champion d’un économisme qui tue l’humanisme, quand on parle « d’immigration choisie » comme si la personne se définissait d’abord par son utilité éventuelle, ne dévalorise-t-on pas et le mot « valeur » et le mot « travail » dont il ne faut oublier le sens premier de « douleur », de « souffrance » ? …

Il oublie Cioran : « Le travail est une malédiction transformée en volupté » (quand il est source d’épanouissement et non objet d’exploitation, quand il permet de SE réaliser et non seulement de faire, de produire). Il oublie Henri Jeanson qui constate que dans l’ordre social auquel Sarkozy est si attaché idéologiquement, « Le travail est un Trésor…quand il s’agit du travail des autres ». Il oublie même De Gaulle : « La vie n’est pas le travail : travailler sans cesse rend fou ».  

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Dans ce procès en responsabilités qu’intente Sarko-le-moraliste face à la dévalorisation de « la valeur travail », le ministre-candidat, aussi peu sociologue que psychologue,  oublie évidemment les promoteurs  de la civilisation des loisirs, des vols charters, de l’ère des « vacances » (vacant =vide), du « divertissement » en tout et pour tout (et pas seulement au sens pascalien du terme)… La culture des loisirs si stimulée est aussi une industrie où la rentabilité des capitaux compte davantage que le bonheur (ou simplement l’équilibre) des humains.

Quand un politique joue les pseudo-moralistes pour masquer le vide (la vacance) de sa pensée et de ses propositions, il dévalorise deux travaux : celui des vrais moralistes et celui des politiques…

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Il est vrai que Sarkozy a quelques excuses. Celle d’une mémoire trop courte, entre autres. Savez-vous, par exemple, qui a déclaré : « Le travail est dans notre société au cœur du lien social. Nous ne voulons pas une société d’assistance, mais une société fondée sur le travail et l’activité productrice » ? Lionel Jospin pendant la campagne de 2002… La campagne d’un travail mal récompensé parce que mal fait. Et qui pourrait inspirer Gaston Lagaffe.

Daniel RIOT

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Bon anniversaire Gaston! >>>>>

Le site d'un collectionneur >>>>>

27/02/2007

Crédité de 19 % dans l’IFOP et crédibilisé encore plus sur TF1, François Bayrou est plus que jamais « l’Homme à abattre » du Duo…

Les handicaps de Bayrou à la télé : L’absence des vices politiques de la « société du spectacle »… Les faux procès en VI ième république de Sarkozy… Les mauvais procès en sorcellerie de Ségolène… La république des magouilles et des arrangements dans les deux auberges espagnoles qui se veulent des « camps »… Que feraient Sarkozy et Royal sans majorité législative ? La V ième République dénaturée… Ce « rassemblement » qui ne sera pas une « union molle »…

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Quel est le journal le plus critique envers la prestation de Bayrou à TF1? Le quotidien parisien le plus classé à droite, « Le Figaro ». Pour cet organe de presse dirigé par Nicolas Beytout, ami et complice en écriture de Sarkozy, une seule chose compte : l’audimat.  « Le score », écrit-il…

Avec 6,68, François Bayrou a fait à peine mieux que Le Pen (6,4), nettement moins que Sarkozy (8,91) et que la Reine Royale (8,91 millions de téléspectateurs) ! L’UDF n’a pas les troupes de racoleurs de l’UMPS. Et le candidat de l’UDF, à la télévision, souffre d’un handicap majeur : comme il est lui-même, il  ne se glisse dans aucun personnage préfabriqué, il ne jongle pas avec plusieurs masques, il ne joue que sur les registres de la sincérité, de la cohérence et de la consistance…

Autant dire qu’il n’a rien d’une attraction du type « star’Ac ». Cette faiblesse (relative) dans l’audimat  ne l’empêche d’atteindre … 19 % d’intentions de vote dans le dernier sondage IFOP (réalisé avant l’émission) publié par Paris Match (ce qui n’est pas plus prévisionnel que l’audimat dans la perspective du résultat final)…

C’est vrai ! Bayrou n’est ni bateleur ni spécialiste en effets de manche ni de joueur de flûte comme LE Pen qui plonge dans le dictionnaire des mots archaïques pour pigmenter chacun de ses récitals ? A Lille, il a crevé son plafond en exhortant ses « camarades », en « parlant au nom du peuple », en célébrant « les petits », les « sans grades », les « obscurs », les « victimes du capitalisme prédateur », les « galibots », les « porions », les « reculeux ». Ce « grand saurien » est un artiste ! Dangereux comme tous les comiques qui ne sont pas drôles et qui déclenchent des rires tragiques…

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C’est vrai ! Bayrou n’a plus plusieurs costumes de scène comme Nicolas-le-petit qui est surtout Nicolas-le-pluriel. Nicolas Ier : celui du Kärcher et  des « racailles ». Nicolas II : celui qui pêche dans les eux troubles de Le Pen. Nicolas III : Le grand récupérateur de Blum, Jaurès, Mitterrand, Schuman, Monnet… Nicolas IV : Le cireur de pompes des communautés de « minorités visibles », le chasseur de voix de la « beur-geoisie », des Africains « choisis », des franco-libanais, des  « réseaux des mosquées ». Nicolas V : celui qui supprime la police de proximité. Nicolas VI : celui qui veut rétablir la police de quartier. Nicolas VII : celui qui admire Bush et dénonce Chirac. Nicolas VIII : celui qui est content que les soldats français ne soient pas en Irak. Nicolas IX : celui qui méprise et ignore l’Europe. Nicolas X : celui qui chante son « idéal européen ». Nicolas XI : celui qui se pose en  champion du Cac 40, de l’école de Chicago et de l’hyper-capitalisme. Nicolas XII : celui qui ose prononcer, sérieusement, le mot « social »… J’en passe.

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C’est vrai! Bayrou ne peut pas entretenir les suspenses que secrète en permanence Ségolène l’incertaine. Elle se plante ou elle est bonne ? Elle joue la « moderne » ou « fait du neuf avec des anciens » ? Elle est pour l’Europe ou elle reprend à son compte les arguments des Non rose et rouge ? Elle est pour l’ordre juste ou pour l’ordre moral ? Elle est « participative » ou « autoritaire » ? Elle est de gauche ou seulement gauche et maladroite ? Elle va nous faire pleurer ou rire ? Elle va être Nunuche ou Nounou ? Eléphante ou Gazelle ? Bonne Sœur ou caporale ? J’arrête… 

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C’est aussi ! Pas de populisme, pas de démagogie, pas de « poussée de fièvre compassionnelle», pas d’épanchement de « moraline » comme disait Nietzsche, pas d’impostures, pas de clientélisme, pas de promesses non tenables… Bayrou a vraiment de sérieux handicaps dans la politique-spectacle. « Mon œil », redirait le Béarnais. « je vous propose de me suivre pendant une journée »… Ces handicaps-là sont de vrais atouts dans l’exercice du pouvoir

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Les deux camps ? Deux coalitions hétéroclites

C’est précisément parce qu’il est sérieux et de plus en plus crédible que dès ce matin l’UMPS s’est mise à redoubler de violence verbale à son égard, à tenter de caricaturer ses prises de positions. A dénigrer des desseins et ses dessins. A s’en prendre  à la forme (« curé », « pharisien », « pédagogue », « illusionniste ») quand ils ont du mal à critiquer le fond. A s’en prendre (superficiellement) au fond quand ils n’osent plus, sauf à risquer une injustice indécente) à le traiter (comme je l’ai entendu d’une bouche ministérielle) de « démo-chrétien à couilles molles ». Faux procès en sorcellerie au PS,  faux procès d’intentions à l’UMP et festival de vrais « faux culs » chez les « Rescapés (UMP) du Marais »

« Mon rassemblement n’est pas une union molle » a pris soin de marteler Bayrou. Cela, c’est ce qui gêne le plus Ségo et Sarko qui sont à la tête de deux coalitions bien hétéroclites, de deux « auberges espagnoles », de deux camps qui ne trouvent leur unité de façade qu’ à force de « camouflages idéologiques » (comme dit Bourlanges) et qu’à coups de pratiques encore moins dignes que le « parlementarisme » si méprisé de la IV ième République :  sucettes en dessous de table,  déjeuners corrupteurs,  coups d’Etat permanents,  jeux de cour et d’arrière cour, carottes et bâtons, peaux de banane et couleuvres…

Quand Sarkozy utilise  mal une Histoire qu’il connaît peu…

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A propos de la IV ième République, quelques remarques oubliées par le « jeune » Sarkozy qui devrait peut-être relire son histoire contemporaine :

1)   Sous la Ive, le président de la République n’était qu’une « potiche » élu par le Parlement, non par le peuple. Il n'avait donc pas la même légitimité ni les mêmes moyens à sa disposition qu’aujourd’hui. Grâce à De Gaulle si rare dans les références (abondantes) de Sarkozy et chez les héritiers de l’auteur du « Coup d’Etat permanent »

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2) La IV ième a été tuée par l’alliance objective d’un PCF fort (plus à l’est qu’à gauche », comme disait Mollet) et d’un RPF assoiffé d’une crise de régime provoquée  et par les pièges d’une décolonisation mal assumée dans un contexte d’après-guerre qu’on imagine mal et dans un contexte international d’une gravité qu’il ne faut souhaiter à personne, surtout pas à Ségolène la maternante et à Sarko l’impusif…

3) La question posée à Bayrou sur  « avec quelle  majorité ? »  se pose à tou et pour tous  puisque la présidentielle sera OBLIGATOIREMENT suivie de législatives en juin. C'est donc le peuple qui décidera de donner ou non une majorité au nouvel élu et si celui-ci est cohérent il confirmera son vote des présidentielles. C'est ce qui s'est toujours produit jusqu'à maintenant.

Si tel n'était pas le cas, il y aurait une cohabitation,  pour Sarkozy comme Royal. Pourquoi alors ne leur pose-t-on jamais  la question jusqu’à présent?

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4) La V ième République, dont la Constitution est dûe essentiellement à Michel Debré (gaulliste) et à Pierre Pflimlin (centriste et fier de l’être pour qui l'Union avec les gaullistes a toujours été un combat et non une soumission))  a été dénaturée par les cohabitations, par le quinquennat, par un usage abusif du 49-3 (prévu par précautions dans la perspective de crises graves toujours possibles), par l’extension du « domaine réservé » du Président, par le mépris de l’article 20 (le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation), par le dédain avec lequel a été traité le Parlement par les exécutifs successifs depuis Pompidou, par le mélange des genres qui fait des députés les grands absents du processus législatif…De Gaulle trahi!

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Ce ne sont pas les réformettes institutionnelles préconisées par Sarko et Ségo qui vont gommer ces dérives… Au fait, pourquoi Montebourg ne parle-t-il plus de VI ième république ? Et pourquoi « les Rescapés UMP du Marais » ne font-ils pas entendre leurs « différences » pour ne jouer que les « strapontins » du sarkozisme autoritaro-libéraliste et de l’Etat UMPS? Les meilleures valeurs sont solubles dans le carriérisme et l’opportunisme… 

« S’ils ont quitté l’UDF, c’est qu’ils n’étaient pas de vrais UDF », redirait Bayrou. Si Douste-Blazy nous était conté…Si Méhaignerie avait tenu ses promesses de jeunesse… Si… «  Ce n’est pas la girouette qui change, c’est le vent », confessait Edgar Faure qui, lui, avait bien des talents, une vraie culture et un sens de l’Etat dont Sarkozy (qui ose ironiser sur lui) et quelques autres feraient bien de lui envier.

« La IV ième République avait de mauvaises institutions, mais elle a compté de grands hommes », se plaisait à souligner Pierre Pflimlin. Et derrière l’instabilité apparente, il y avait une vraie continuité : Combien de ministres des finances ces 25 dernières années ?  Nous ne sommes pas loin du record du monde. Comme pour la  « dette » multipliée par 600 par l’actuel UMPS…

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Il est vrai que nous sommes aussi la seule démocratie européenne où un élu à moins de 20% croit qu’il a gagné avec plus de 80 % des suffrages. Le rappel de la « faute » de Chirac en 2002 vaut dénonciation de ceux (dont Sarkozy) qui l’ont suivi et de ceux (dont Royal) qui n’ont pas pu bien assumer leur rôle d’opposants par défaut d’analyse de leur propre échec… Bayrou, seul,  a eu le courage d’en tirer leçons : « Une responsabilité lourde ». Comme celles qu'avait su prendre Mendès-France si trahi par la gauche!

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Ces remarques sont plus faites par souci de vérité que par désir de vaincre les réticences   des indécis ou des inquiets face à ce Bayrou transformé en épouvantail par les moineaux d’une République « politichienne » qui n’est ni « moderne » comme le voulait Mendès ni démocratiquement efficace comme le voulait De gaulle ni respectueuse des citoyens comme le veut François Bayrou, ni « participative » comme toute démocratie authentiquement représentative se doit de l’être…

Mais ce type de débats de fond n’a pas encore eu lieu. Cela viendra. Quand les émission politiques parleront moins du « remboursement des lunettes, des dentiers et des sonotones » (des questions à ne pas négliger dans d’autres scrutins) et davantage de cet « intérêt général », de ces « projets de société », de ces moyens d’assurer un vrai « vivre ensemble » qui devraient être au cœur des Présidentielles

Daniel RIOT

26/02/2007

François Bayrou, crédible et sans langue de bois sur TF1 : « Un rapport de confiance,c’est un rapport de courage »

Nouvelle trouvaille à gauche : « Bayrou, c’est le cache-nez de la droite »

Nouvelle trouvaille à droite : « Bayrou, c’est la cache-sexe de la gauche »

Au PS comme à l’UMP (et chez Gilles de Robien qui ne représente que lui mais envahit les médias dieu sait pourquoi…), la déception a dû être grande, ce soir,  devant le petit écran « j’ai une question à vous poser », sur TF1. Encore plus crédible, Bayrou. Plus convaincant.Plus "emmerdeur" pour les animateurs de l'UMPS et les partisans du "statut quo" qui "ligote" le pays.

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Que celles et ceux qui osent encore caricaturer son propos, son programme, ses propositions revoient leurs copies : les petites phrases qui se veulent assassines ne blessent que ceux qui les lancent.

Que celles et ceux qui, après avoir tenté de gommer le premier tour des présidentielles, jouent à saute-mouton avec le deuxième en se projetant vers les législatives et les municipales, révisent leurs stratégies.

Que celles et ceux qui  ne veulent voir  en Bayrou un imposteur, un illusionniste, voire un démagogue du « rassemblement » réfléchissent un peu plus à leurs arguments, à leurs références et à leurs comparaisons.

Que ceux qui ironisent sur son passé de ministre et de responsable politique de « droite » se posent des questions sur leurs propres évolutions. Bayrou a un triple mérite bien mis en relief ce soir : il sait de quoi il parle, il a réfléchi à ce qu’il a fait et pas fait et il sait pourquoi il a fait le choix (et pas le non-choix) qu’il défend. Le rappel de la faute de Chirac après son élection triomphale (par défaut) de 2002 méritait d’être fait. Et il n’est pas de ceux qui gomment leur bilan, de ministre ces cinq dernières années, ou dans les coulisses du pouvoir socialiste…

Bayrou n’a évidemment pas fait de cette émission (qui conserve ses défauts quels que soient ses invités) une excellente émission politique : un faux réality-show reste un vrai virtuel-débat… Même PPDA n'y peut pas grand'chose.

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Mais le Béarnais a eu le grand mérite d’apparaître tel qu’il est. Sans mettre les habits neufs de la sérénité comme Sarkozy l’avait fait. Sans jouer les Nounous maternantes et compassionnelles comme Ségolène avait excellée dans le rôle. Sans jouer les bonimenteurs comme Le Pen, logiquement, l’avait fait… « Professoral », disent déjà quelques commentateurs. Et alors ? Dans l’ambiance actuelle, c’est un compliment. D’autant plus que le professeur sait écouter…

De l’émotion ? Un peu mais non feinte, sur les harkis notamment. Du sérieux ? Dans toutes les réponses. Ce qui ne l’empêche pas de sourire.  De la rigueur ? Sur tout ce qui concerne la dette. C’est ce qu’on attend d’une bon candidat à la Présidence.

Il a eu raison, Bayrou de citer (sans rien renier de son héritage centriste) De Gaulle et Mendes-France et, dans les circonstances actuelles, ses accents « churchilliens »  sont plutôt opportuns. Pas de sueur et des larmes, mais des choix et des efforts : un « rapport de confiance, c’est un rapport de courage ».

Qui a osé dire aujourd’hui même sur une chaîne de télé que Bayrou était un « populiste pour intellos » ? Qui ose dire qu’il serait un « Le Pen des bobos » ? Que ceux qui ont trouvé des réponses faites pour séduire plus que pour convaincre me fassent signe. Bayrou a le mérite de résister « à cet air du temps »  qui crée des modes qui, par nature, se démodent. Sur la « discrimination positive »,et pour la défense « du modèle républicain », entre autres… 

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De tous les invités de cette émission qui contribue à l’infantilisation de la société et du développement d’une démocratie de consommateur et non de citoyens, François Bayrou me semble celui qui a  le moins pratiqué la langue de bois. Et qui a le moins pris les télespectateurs-électeurs pour des « gogos » (comme dit Hortefeux) ou des « benêts » (comme dit Jacques Lang). Les citoyens ? Des acteurs appelés à  une vraie « co-responsabilité » et des pions sur un échiquier « politichien », comme disait De Gaulle.

Coïncidence ou non : le jour même où Bayrou plaide en "prime time" pour un « rassemblement », Dominique de  Villepin exhorte les Français à se « rassembler » et  se méfier des promesses qui fleurissent tant à droite et à gauche :  « Oui, les Français veulent que notre pays se modernise, oui, ils veulent qu'il se donne les moyens de faire la course en tête dans la compétition économique mondiale », a déclaré le Premier ministre lors du premier discours sur l'état social de la Nation devant le Conseil économique et social (CES) à Paris.  « Mais, ils veulent que la France avance rassemblée, ils veulent une croissance généreuse qui profite à tous, ils veulent une société unie qui fasse sa place à chacun ».

Je n’en tire aucune conclusion hâtive et me garde de toute comparaison. Sa phrase, responsable, m’est simplement revenue à l’esprit en écoutant celui qui est devenu l’homme à abattre de la droite et de la gauche…mais qui n’a vraiment pas l’air abattu.

Daniel RIOT

Mon carnet de campagne : Au nom de quoi la gauche maladroite rejette-t-elle François Bayrou à droite ?

« Un programme classiquement de droite », affirment (sans arguments)  quelques experts, plus politologues engagés qu’économistes crédibles à propos du programme social-économique de Bayrou invités dans « C dans l’air ». Le mot « de droite » prend évidemment dans leur bouche cette connotation péjorative et méprisante qu’a le mot « gauche » dans « l’autre » France…. Comme si la France était condamnée à vivre  hémiplégique,  coupée en deux blocs faussement antagonistes et réunis par une impuissance commune…

De droite, l’esprit d’entreprise stimulé ? Le dire c’est nier à la gauche toute qualité d’innovation, de dynamisme, de création de richesses et d’emploi…

De droite, la rigueur budgétaire et financière ? L’affirmer c’est nier à la gauche toute qualité gestionnaire.

De droite, l’idée et la volonté de « remettre l’Homme au cœur de toute action », de lutter contre l’économisme ambiant, contre l’hyper-capitalisme, contre  le « laisser faire et le laisser passer n’importe quoi n’importe comment », de tenter de limiter les « exploitations de l’homme par l’homme » ? Le prétendre c’est rendre incapable la gauche de faire rimer socialisme et humanisme…

Mais le PS peut être satisfait : il entame le crédit (bien faible) de ceux qui à droite accuse Bayrou de « tomber à gauche »…

Nous pourrions évidemment analyser en quoi les 100 propositions de Ségolène sont ou non de gauche… Le socialisme est-il soluble dans le royalisme (ou inversement) ?Il faudrait au préalable définir ce qui est et ce qui n’est pas de gauche, en dehors des slogans habituels. Y compris en décryptant le vocabulaire de Mme Royal dans lequel les mots « ouvriers », « salariés », « employés », « chômeurs », « exploitations de l’homme par l’homme»…

Il faudrait aussi faire la part des choses entre les promesses tenables et celles qui ne sont faites que pour ceux qui les entendent… Passons : quand les étiquettes artificielles prennent plus de place que ce que les flacons comportent, les débats ne sont que des ébats.

C’est dur de faire comprendre qu’il ne s’agit pas pour Bayrou de jouer à « cache-camp » mais de se situer au-dessus des camps…

>>> Sarkozy voit en Bayrou un retour à la IV ième République et aux majorités d’idées… Et alors ? En quoi, la VI ième prônée par Bayrou aurait-elle  à voir avec la IV ième, crucifiée par les tragédies de décolonisations non réussies ? La majorité d’idées n’est-elle pas préférables aux idées de majorettes qui sont pour l’heure agitée chez Sarko et Ségo ? Enervé par Bayrou, Sarko. Il n’est pas le seul…

>>> Un  sondage parmi d’autres : Un Français sur deux considère que Nicolas Sarkozy est "sincère" selon un sondage Ifop, 53 % le trouvent "inquiétant" et 57 % jugent qu'il "divise les Français". Mais les deux tiers estiment qu'il a "la stature d'un président". Comment tout cela se concilie-t-il. Un Président digne de cette « stature » ne doit-il pas être « le Président de tous les Français », un « rassembleur de la Nation », un « ciment de la Société » et un personnage non anxiogène mais « rassurant » ?

>>> Nicolas Sarkozy a été poussé dans ses retranchements par le journaliste de RMC qui avait déjà  piégé la candidate socialiste sur le nombre de sous-marins nucléaires français, il y a un mois. Alors qu'on lui demandait si les combattants d'Al-Qaida étaient sunnites ou chiites, sur BFM TV-RMC, il a esquivé la question : "On ne peut pas qualifier Al-Qaida comme ça. Al-Qaida, c'est une mouvance", a insisté le ministre de l'intérieur, alors que le journaliste lui rappelait que "tous les chefs d'Al-Qaida sont sunnites".

>>>> Peu avant, Nicolas Sarkozy avait mal répondu à une question sur le nombre de "sous-marins nucléaires d'attaque" français. "Quatre", a répondu le ministre UMP. "Non, c'est cinq", lui a rétorqué le journaliste. En réalité, selon le ministère de la défense, la France dispose de six sous-marins nucléaires "d'attaque" (SNA), outre ses quatre sous-marins nucléaires "lanceurs d'engins" (SNLE), c'est-à-dire porteurs de missiles nucléaires. C'est sur le nombre de SNLE que Ségolène Royal, interrogée lors de la même émission, avait répondu "un", puis "deux". Cette "bourde" avait été sévèrement raillée par des membres de l'UMP, dont Michèle Alliot-Marie, la ministre de la défense."Honnêtement, la question est un peu spécieuse", s'est défendu  Nicolas Sarkozy. Ah ! bon… Le crime de lèse-Sarkozy va se payer cher dans la presse et ailleurs…

>>>Dans le reste de l'entretien, Nicolas Sarkozy s'est dit opposé à une éventuelle intervention militaire contre l'Iran. "Quand on voit ce qui se passe avec l'Irak, qui peut croire que c'est une perspective crédible ?", a-t-il répondu. Les Américains sont dans "l'impasse" en Irak et doivent envisager les "conditions d'un retrait", a-t-il ajouté. "Il y a un traité international qui prévoit la possibilité pour l'Iran comme pour tous les autres pays d'accéder au nucléaire civil", a poursuivi le président de l'UMP, qualifiant le nucléaire d'"énergie de demain". Le temps n’est plus où il cirait les pompes de  Bush à Washington. Un coup de brosse qui lui a valu des  soutiens de quelques intellectuels venus de l’extrême gauche et devenus plus pro-républicains que les Américains…

>>> Dans  son émission hebdomadaire sur France-Culture,  le journaliste Philippe Meyer est revenu sur l' «  affaire  Alain Duhamel ». «  Si l'utilisation d'images volées, prises dans un cercle privé à l'insu de l'intéressé et diffusées sans qu'il en soit informé devient une pratique légitimée - et c'est bien ce que viennent de faire France Télévisions et RTL -, n'importe quel journaliste amené, comme tout le monde, à exprimer ses choix (...) peut se trouver dans la même situation ", s'est-il insurgé en estimant que « le  meilleur moyen - et sans doute le seul - d'empêcher cette situation est que chaque journaliste chargé de suivre les affaires publiques déclare sans haine et sans crainte pour quel candidat il penche ". « C'est en vertu de cette analyse, poursuit-il, que je déclare que, si je devais me rendre aux urnes ce dimanche, je voterais pour François Bayrou. (...) Je prétends toutefois que ce choix ne m'empêchera pas plus de faire mon métier au plus près de l'exigence d'impartialité que leurs anciens engagements n'empêcheront ou n'empêchent M. Debré d'exercer avec le même souci les fonctions de président du Conseil constitutionnel, M. Séguin celles de premier président de la Cour des comptes ou M. Boyon celles de président du Conseil supérieur de l'audiovisuel.  A bon entendeur, salut et bas les masques »

Avant les réponses de Bayrou à « j’ai une question à vous poser », ce soir sur TF1

Cet « emmerdeur » de l'extrème centre  « concilie modernité et héritage », réconcilie humanisme et esprit républicain et veut dépasser les faux clivages vraiment mous d’un paysage politique passéiste dominé par deux personnages interchangeables d'un film déjà trop vu:"L'alternance sns alternative".....

 

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Il est vraiment devenu « l’emmerdeur », Bayrou! Pour la droite, la gauche et l’extrème droite. Il gène LE PEN parce qu’il incarne une contestation républicaine d’un système à bout de souffle et met en relief des valeurs qui sont les anti-valeurs. Il coupe, socialement, l’herbe sous les  pieds de Royal et affiche un anti-économisme que le PS ne combat qu’avec des moyens archaïques d’assistanat compassionnel. Il montre qu’au-delà des propositions contradictoires  des droites orléanistes et bonapartistes, hyper-capitalistes autoritaires,  physiocratico-libéraliste  et étatico-financières, il est d’autres façons de remettre l’Homme au cœur de toute action, de réconcilier Nation et Société, de mettre l'ordre au service de la Justice et de renouer avec une confiance nationale dans ce monde où l’Histoire galope. Grâce à une France forte et influente dans une Europe puissance, « européenne ».

 

Il gène les gaullistes, parce qu’il s’affirme, dans ses actes et ses propositions,  gaullien. Il gêne les socialistes parce qu’il offre une vraie voie pour que l’Homme n’exploite plus l’Homme et ne soit plus un loup pour l’Homme. Il gêne les champions de la laïcité parce que ce « démo-chrétien » n’oublie pas que ce sont des …moines qui ont donné ens et substance au mot laïc..

 

Il gêne surtout ceux qui intellectuellement ne peuvent que le soutenir mais qui, prisonniers de leurs réflexes de « camps », ne vont pas au bout de leur raisonnement

Un exemple, puisé dans Le Figaro : l’analyse d’Alain-Gérard Slama sous le titre « la revanche du cabri ».

Je cite :   « La réforme présidentielle est le moment où le pays choisit une personnalité et un projet, non un parti et un programme. Le peuple élit l'homme ou la femme susceptible, par son caractère et ses idées, de susciter et de maintenir la confiance » Une évidence trop oubliée, chez Ségo et chez Sarko…

 « On ne le redira jamais assez, le double échec d'Alain Juppé et de Laurent Fabius, dauphins présumés de Jacques Chirac et de François Mitterrand, a représenté quelque chose comme la fin d'une dynastie.(…) Voilà pourquoi aussi François Bayrou a rejoint le cercle étroit des éligibles, aux côtés de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy »

Slama insiste (avec pertinence) :  «  Il est, des trois, celui qui donne l'impression d'avoir la vision politique la plus longuement mûrie, la plus familière. Son verbe, sans être brillant, est le seul qui ait reçu l'empreinte des humanités classiques - celle qui inspirait le style de Mitterrand et de De Gaulle, et qui donnait du poids aux discours de Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing.

Grand lecteur, bon écrivain, comme l'atteste l'excellent Henri IV sur lequel il s'est projeté, nourri de poésie française et, par-dessus tout, de son cher Péguy, capable de citer Sophocle en grec , cet agrégé de lettres classiques issu d'une famille rurale modeste, qui fait mentir Bourdieu, n'est pas seulement susceptible d'attirer les « profs » de droite et de gauche, dont il fut le ministre ; il incarne à bien des égards la certaine idée de la politique que les grands ancêtres de la République ont inscrite dans les gènes des classes moyennes. Cette culture, qui réconcilie la modernité avec l'héritage, lui donne une prime sur l'énarque Ségolène Royal et lui permet, avec l'appui de Jean-Louis Bourlanges, de Jean-Claude Casanova et de Jean Peyrelevade, de compenser le handicap de compétence, de maîtrise des dossiers et de brio qui le place en position défavorable par rapport à Nicolas Sarkozy »

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La description même du grand handicap apparent de Bayrou  peut même être considéré comme une qualité bien peu partagée :  « À la fois républicain, admirateur des grands rois centralisateurs de l'Ancien Régime et nostalgique du passé féodal, laïque et se recommandant de la doctrine sociale de l'Église, étatiste et fédéraliste au plan national comme au plan européen, partisan de la stabilité et d'une VIe République, François Bayrou se veut, à l'exemple de Montaigne, « gibelin aux guelfes et guelfe aux gibelins ». Or la préférence pour la république libérale d'un côté et la démocratie sociale ou participative de l'autre n'a rien à voir avec la guerre de religions que vomissait Montaigne. Cette alternative est à la clef de notre débat droite-gauche actuel et, entre les deux modèles, il faut choisir »  Cette dernière phrase relève de l’affirmation, de l’opinion, non d’un savoir et d’une réflexion. Bayrou est un « emmerdeur » pour ceux qui sont soucieux d’honnêteté intellectuelle et se trouve en situation de la piétiner pour des raisons partisanes….

 

Autre exemple, puisé dans Le Monde. Régis Debray en commentateur (sportif) de la course à l’Elysée : La loi du people, c’est l’anti-peuple »… La loi du poeple, c’est celle de Sarko et de Ségo, si interchangeables dans la distribution du film « droite-gauche ou l’alternance sans alternative »

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Déçu par la gauche, effrayé par la droite et écoeuré par les moeurs de notre fausse démocratie altérée par les mœurs politico-médiadico-populisto-technocratico-communicationnels », l’ancien ami de Che Guevara qui avait si bien su jouer les courtisans du Palais de l’Elysée et du ministère de la Culture  pendant  l’ère 1 de Mitterrand, celle où pensait que le échanger le vie «  de Rimbaud pouvait faire office de programme !

Ce « national-républicaniste »,  « patriotico-souverainiste », dit  voter sans doute pour l’un des nombreux « alter-gauche » « anti-libéraux et populaire » (si l’ombre de l’extrême-droite ne grandit pas d’ici là ») C’est son droit.

Pour le deuxième tour, il daignera voter pour Ségolène, « en jouant contre fortune bon cœur » et par « fidélité ». Mais  il ne serait pas gêné (cas de figure envisagé bien  qu’ « improbable »)  de « voter le tracteur contre le Kärcher ». Tout sauf la « révolution conservatrice » de Sarko, en bref ! C’est son droit aussi.

 

Pourtant,  la logique de  ses diagnostics  sur la crise démocratique actuelle devrait le conduire à soutenir d’entrée celui  dont il vante « l’étoffe » et  la « vaillance » et à qui il souhaite « bon vent parce qu’il le mérite » : Bayrou !

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Mais chez notre grand penseur national, pathologiquement anti-américain et maladivement anti-européen,  la logique est contrariée par « le fumet MRP » de ce « démo-chrétien » de  Bayrou : «C’est rédhibitoire pour qui garde en tête le « Bloc-notes »  de François Mauriac… Georges Bidault et Jean Lecanuet sont décédés, mais les morts pèsent très lourd, qu'on m'en excuse, sur le cerveau des vivants »

 

Oh !  Il fallait y penser… Choix de l’avenir dans le rétroviseur : cela pourrait conduire loin… Je me range parmi ces citoyens qui prônent et pratiquent culture de la mémoire et méditations sur l’Histoire. Mais revoir Lecanuet derrière la « social-économie » de Bayrou en 2007, c’est oublier que la mémoire est aussi, heureusement, une grande trieuse… C’est aussi oublier tout ce qu’a apporté, y compris au gaullisme, au socialisme  et aux syndicalismes, les valeurs du « christianisme social ». Mais Debray a sans doute plus lu Heidegger que Jaspers, Merleau-Ponty, Maritain, Marc Sangnier  et quelques autres…

 

Le sarkozisme rime peut-être avec bonapartisme, le social-royalisme rime sûrement avec socialo-archaïsme, mais franchement il est des comparaisons surprenantes chez un esprit qui se réclame des Lumières (et non de l’électricité). Debray voit-il les moustaches de Staline sur le visage de Marie-Georges Buffet, les lunettes du créateur de l’Armée Rouge sur le nez du facteur ? Debray, dans son miroir, verrait-il à la fois Alexandre et Aristote ? Avec des postures ou des impostures ?

 

En tous cas, Debray ne vise pas Bayrou quand il résume les grands défauts du duo SEGO-SARKO :  «  Recettes catégorielles et réformes ponctuelles ne s'articulent plus à une vue panoramique du futur ou à une idée de l'homme. La perspective s'est évanouie sous l'aplat, le pointillisme des fiches d'experts escamote tout arrière-plan. D'où l'impossibilité d'établir une hiérarchie des urgences, une organisation des plans de sauvetage, et même un véritable état des lieux. » Eh ! oui…l contraire de ce que prône et fait Bayrou…

 

Qu’est-ce qu’on fait face à un « emmerdeur ». On l’ignore ou on tente de le démolir. Ségo et Sarko ont tenté la première tactique. Sans succès. Ils essaient la seconde. Sans ménager leurs coups et retenir leurs snipers…   « Il ne faut pas tout mélanger, la politique n'a rien à gagner dans le ramollissement des identités politiques » a lancé Ségolène ce matin sur France-Inter.

 

Un chroniqueur de Metro, Jérôme Vermelin résume, sondages à l’appui : « François Bayrou, une troisième voie crédible…L’idée de rassembler gauche et droite au sein d’un même gouvernement est plébiscitée…Le discours de François Bayrou sur le dépassement des clivages traditionnels semble faire son chemin dans l’opinion ».

Rien n’est joué. Comme dit Sarko, « il faut attendre la dernière seconde de la dernière minute de la dernière heure ». En attendant, au PS comme à l’UMP,  on regardera TF1 ce soir avec le même espoir : «  Pourvu qu’il se plante ! » Cela non plus n’est inscrit nulle part…

Alain-Gérard Slama se rassure lui-même (et tente de rassurer son camp, en écrivant :  « On sent percer dans son assurance l'esprit de revanche du « cabri ». Raymond Barre a payé cher, naguère, sa propension à trancher : « J'ai étudié le problème, et il en résulte que... ». Edgar Faure avait sous-titré le second tome de ses Mémoires : « Avoir toujours raison est un grand tort. » Il ne croyait pas si bien dire. » Mais qui le reprend à son compte ? Bayrou ? Sarko ? Ou Slama ?

Daniel RIOT

 

 

25/02/2007

Mon carnet de campagne: Le Dieu des fourmis et des étoiles...

Le Pen : « L’Etna, c’est moi »…

Le candidat du « peuple », du « capitalisme éclairé », de « la vie » qui aura « la victoire » grâce aux soutiens du «  Dieu des fourmis » et du « Dieu des étoiles »… Il veut sauver la France et le monde, JMP attentif aux genêts qui repoussent sur l’Etna… Vol au-dessus d’un volcan. Avec, cette fois, un programme qui se veut « de gouvernement ».

Mais oui, c’est Marine qui le dit. Avec une conviction dans le regard et la voix qui ferait oublier tous les « détails » qui font que chez son père le naturel revient vite au galop et que ce naturel fait de la « culture de l’Autre (du trop semblable ou du différent) une négation de l’Autre et des autres… Avec tous les dangers « visibles »  et « invisibles » que cela comporte. Au niveau où il est et où il peut encore monter dans les sondages, « le décor de la tragédie est déjà en place », pour reprendre une formule du patron du FN. L'Etna, c'est lui, mais si c'était l'Etat...  

 

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Les boucs émissaires classiques du FN  

Une fois de plus,  le dirigeant d'extrême droite s'est présenté comme le seul recours face aux « Sarkozy, Royal, Bayrou, Buffet, cartel de ministres et anciens ministres des gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis 30 ans » et portent la responsabilité du « désastre actuel. ». Comme si la République pouvait être sauvée par un non (ou un anti) républicain.

Une fois encore JMP trouve des solutions miracles en attaquant l’immigration et la construction européenne, ces bouc émissaires qu’il faudrait inventer s’ils n’existaient pas : Vive la France repliée sur elle-même vivant  en autarcie et fonçant vers l’avenir à reculons !

« L’incident du 11 septembre »

A propos, avez-vous noté deux sorties de JMP cette semaine (en plus de ses remarques sur Papon, bien sûr)… Dans un entretien au quotidien La Croix (de mercredi), Jean-Marie Le Pen qualifie les attentats du 11-Septembre à New-York  d’un "incident". "Sur le moment, l'événement du 11-Septembre, pour ne pas dire l'incident, a conduit un certain nombre de gens à prendre leurs distances pour ne pas tomber sous le coup des accusations qui étaient alors lancées", affirme-t-il. "3000 morts, c'est ce qu'il y a en un mois en Irak" et "c'est beaucoup moins que les bombardements de Marseille ou de Dresde à la fin de la Seconde guerre mondiale". Ces derniers  bombardements "étaient aussi des actes terroristes car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires."

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Dessin Antonelli

Chez les chasseurs, il a lancé : "Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d'ouverture ou de fermeture, mais dans le marais de Picardie, on ne peut chasser le canard en février". Un artiste, ce Le Pen ! La « France moisie », comme disait Sollers qui donne son soutien à Ségolène (parce qu’elle est une héroïne de « roman ») reste bien vivante.

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Bayrou la cible (suite)

En attendant la suite, les lepénistes se lancent aussi dans la chasse au Bayrou…Comme les snipers de  SEGO et de SARKO, Marine Le Pen tire à boulet rouge sur le leader de l’UDF…. « Ce n'est ni droite ni gauche. C’est  et la droite et la gauche'! ». Dans les sondages, « la certitude de vote pour M. Bayrou est de 30%, celle pour Jean-Marie Le Pen est de 70% », a-t-elle souligné. « Par conséquent, M. Bayrou peut très bien rechuter demain aussi rapidement qu'il est monté ».

Marine se montre même d’accord avec Gilles de Robien qui prétend  que « Bayrou fait le jeu de Le Pen » : « A partir du moment où M. Sarkozy prend une posture sécuritaire, où Mme Royal le fait aussi (...), où M. Bayrou vient dire comme nous que le système est pourri, les gens se disent: 'tiens, le système est pourri, ça me rappelle quelque chose », ironise Marine …

De Robien peut être content de lui. C’est une tête pensante, de Robiens : il se donne jusqu’au début avril pour dire pour qui il va faire campagne. Il faut croire que personne n’avait remarqué que ses interventions quotidiennes contre Bayrou étaient des manifestations de soutien à Sarkozy (même si Sarko est le premier à démolir son bilan de ministre de l’éducation dont il est si fier le hobereau, vice-champion toutes catégories de l’auto-satisfaction gouvernementale… après Sarkozy, bien sûr)

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« Speedy Sarko »  

J’avais adoré l'émission "Cinq ans avec..." sur M6 avec Bayrou. Ce dimanche je me suis ennuyé avec Sarkostar qui, contrairement à l’une de chansons de Johnny, son idole de toujours, ne « donne guère envie d’avoir envie ».Seul son portrait (esquissé par l’excellente Anne –Elisabeth Lemoine) était prenant. Mais le « Speedy Sarko », «  Sarko-Turbo », ce héros de « c’est du propre »,  ce « concentré de Super Nanny », ce « couteau suisse capable de tout faire », cette « bande annonce pour tous les programmes d’ M6 » n’a pas été à la hauteur de ses talents d’animateurs.

Il s’est montré tel qu’il se veut serein, calme, riche d’une humanité trop longtemps cachée, « authentique ». Et soporifique. Peut-être parce qu’il n’a plus rien de mystérieux sauf … ce qu’il pourrait devenir une fois au pouvoir. « J’ai choppé la grosse tête une fois, en 1993, quand j’ai été nommé ministre et je me suis juré que je ne l’aurais plus ». Rassurant…

« Cours plus vite, Charly »…

Les sondages qui montrent que Ségolène  surnage ? Pas de panique : « Les sondages j'en ai tous les jours. Les 25 sondages précédents, où j'étais en tête, je ne me suis pas dit une seconde que c'était gagné parce que je sais très bien que l'élection présidentielle c'est une longue histoire, qu'elle se mérite et que ce ne sont pas les sondages qui font l'élection". C’est politiquement fort. Vous imaginez un instant qu’il ait dit le contraire ? « Cours plus vite Charly » : c’est sa chanson préférée de son idole…

A propos de la campagne, une précision :  l’UMP dément les infos dont je m’étais fait l’écho sur foi de dépêches d’agence. Il n’y a pas une cellule « spéciale bayrou » à l’UMP. « L’Observatoire » observe tous les candidats… Quel est le « con » comme on dit dans ces milieux qui fait des confidences inopportunes (car ce type d’info ne s’invente pas) ? Il n’y a pas que dans « l’équipe Royal » qu’il y a des boulons à serrer…

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Des « cerveaux » pour Ségo

Déçu par « Cinq ans avec… », j’ai zappé sur Ripostes dont je suis un fidèle. Qui parlait de la défaite de la pensée ? Là elle s’est étalée… Un scoop : des intellectuels vont publier une pétition de soutien à Ségolène. Je comprends que Bayrou ait refusé tout Comité de soutien. Mais je comprends que Royal ait besoin d’appuis cérébraux.

Quand je lis ses goûts et ses propositions culturelles dans « Télérama », je me dis que Finkielkraut a raison de parler de « vacuité » à son propos et de déplorer son « relativisme culturel ». Sur ce point, Sarkozy n’a rien à lui envier, il est vrai. Bayrou a une supériorité sur les deux : c’est un vrai lecteur de vrais livres. Le paysan lettré du Béarn a une culture qui ne relève pas de la « com’cu », de la « cuculture marketing ».

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Rocard  proscrit : Mendès, réveilles-toi !

Bonne question de Finkielkraut dans Riposte : « pourquoi Rocard ne fait-il pas partie du troupeau des éléphants ? » Rocard, c’est l’héritage de Mendès-France en effet. Mais PMF pour qui éthique et politique faisaient couple n’était déjà pas bien en cour sous Mitterrand… Pourquoi le serait-il sous Royal ? il est vrai que Rocard avait oser dire à propos de la candidate du PS « On ne confie pas un camion plein de TNT à quelqu’un qui a à peine son permis »… Mais d’autres (récupérés) avaient été plus méchants (ou plus pertinents) encore… Sans doute Rocard a-t-il de vrais principes, lui.

 

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A propos de PMF, un livre attendu depuis longtemps sur lequel je reviendrai : une biographie signée Eric Roussel et publiée chez Gallimard. Un livre un peu épais pour des « grands » candidats qui ne savent lire que des fiches… Pourtant, chez Mendès, le mot « République » prend un sens qu’il n’a plus guère sur les plateaux télé et surtout pas dans la bouche des deux grands spécialistes de l’infantilisation de la société qui sont en tête des sondages. C’est douloureux l’exigence… démocratique !

Mon carnet de campagne : Ségo-Poppins et Sarko-Dalton…Bayrou tirera-t-il plus vite que leurs ombres ?

Un « Observatoire de Bayrou » à  l’UMP 

Finie l’ère du mépris, de l’indifférence, du (faux) détachement envers Bayrou, « l’homme à l’égo démesuré », selon Sarko, expert en ego enflé qui adore projeter chez les autres ses propres défauts…L'UMP a mis en place une cellule d"'observation et d'analyse stratégique" sur le candidat de l'UDF. Rien de moins !

« Le phénomène Bayrou pompe sur Sarkozy ces derniers jours. Avant, il pompait à gauche », a expliqué à l'AFP Claude Guéant, directeur de campagne de M. Sarkozy.
La cellule, animée par Claude Guéant, comprend une demi-douzaine de personnes, parmi lesquelles le député Dominique Paillé et Emmanuelle Mignon, directrice des études de l'UMP. Un vrai Conseil de guerre !

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Son objectif: « réfléchir aux fondamentaux de François Bayrou » et aux raisons qui créent sa « dynamique actuelle ». « Il ne s'agit pas de cogner sur lui, on ne veut pas l'agresser », insistent toutefois plusieurs membres de cette cellule. Ben voyons… Comme s’ils ne s’en donnaient pas déjà à cœur joie, en lançant piques sur piques, en envoyant De Robien au front (pour demander des « clarifications », en ironisant (bien mal) sur son coté « Che Guevara du centre » (expression piquée chez les socialistes), « bulle des sondages », « saint martyr des médias », « Le Pen des bobos », « roi fainéant », « faux paysan, faux universitaire, faux politique »… J’en passe et je n’ai pas tout entendu… « Sarkozy, c’est l’ouverture, Bayrou c’est la fermeture éclair » lâche l’humoriste Santini qui donne des boutons à tous ceux qui voudraient faire rimer politique et éthique…

« Pourvu que Royal tienne »….

La « cellule » d’observation et d’analyses s'était réunie une première fois fin janvier pour scruter la stratégie de François Bayrou. En faisant un vœu : « Pourvu que Royal n’explose pas, cela ferait le jeu de Bayrou »… L’observatoire s'est de nouveau réuni cette semaine et a convenu de se retrouver d'ici une quinzaine de jours pour « faire le point ».

Entre temps, la cellule s'est fixé deux lignes: d'une part montrer que le dépassement gauche-droite prôné par François Bayrou est « une voie sans issue », d'autre part, montrer qu'au delà de cette « posture politicienne », François Bayrou n'a « pas de position nettement identifiée ».

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Comme si les impostures de Nicolas Royal et de Ségolène Sarkozy, aux slogans interchangeables donnaient encore du sens aux mots « droite » et « gauche ». Comme si les propositions de l’UMPS étaient claires. Comme si les deux coalitions qui forment chacun des deux « camps » étaient bine définies. Comme si le duo n’avait pas mis la France dans une « voie sans issue ». Dans une impasse à force d’impairs.

« Bourgeois et élitiste » pour les aristo-populistes

« Bayrou est soutenu par les cadres. Il n'a pas d'assise électorale populaire, c'est assez bourgeois et élitiste », insiste-t-on. Dans la bouche de porte-parole de formations qui sont co-responsables du chômage, de l’appauvrissement des classes moyennes, des dépressions des cadres, de l’écoeurement de bien des fonctionnaires et de la paupérisation des classes dites laborieuses, le mot « populaire » est-il adapté, propre, correct (en dehors de sa version « populiste ») ?  Comme si « bourgeois » était une insulte chez la bouche des « bourges » de Neuilly et si « élitiste » ne concernait en rien les nantis du CAC 40… On rêve !

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Bayrou pour sortir la France de l’impasse UMPS

Pour Dominique Paillé, « la stratégie de Bayrou garantit l'immobilisme et aboutira à faire monter les extrêmes ». Comme si les « extrêmes » n’avaient pas déjà monté à cause d’une bipolarisation médiocre et d’une démocratie accaparée et détournée. Comme si depuis 25 ans l’immobilisme ne se traduisait pas par de terribles régressions.

Entre la droite très gauche et la gauche maladroite, Bayrou sera ce lundi l’un des invités de « J’ai une question à vous poser » sur TF1. Une participation âprement négociée. L’Observatoire de droite pourra l’observer. Les snipers du PS chargés de tirer en permanence sur le candidat UDF aussi.

Même la charmante et éloquente Christiane Taubira (« radicaliste » condamnée à jouer la « responsable en expression républicaine » auprès de Royal (quel joli titre de consolation pour une victime de la « tambouille politique PS-PRG!) s’est laissée aller chez Ruquier.

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Au centre, on ne peut que se « fourvoyer », lance-t-elle en affichant ce qu’elle prétende ne jamais avoir : du mépris. Les « radicaux » sont authentiquement de gauche comme chacun sait. La Dépêche du Midi serait-elle un supplément de l’Humanité ? Il vaut mieux comme Bayrou en avance d’une République qu’en retard de deux… Ce n’est pas là qu’une question de positionnement… Et Montebourg, sorti de sa punition, libéré de son piquet,  est formel: Bayrou? Un "pilleur qui travaille pour Sarko et qui ne tiendra pas la route" . Montebourg, il tient quelle route, lui? Le carriérisme est plus fort chez lui que l'égotisme.     

Au Café de Flore, la mode n’est plus à gauche

Un article amusant d’ANNE FULDA dans le Figaro : L’air du temps n’est plus « à gauche » dans le Café de Sartre où les encartés du snobisme très parisien viennent toujours  se montrer pour se sentir exister.

« Sartre va peut-être se retourner dans sa tombe, mais les habitués du Flore ont du vague à l'âme et le flanc gauche un peu endolori. L'éditeur Gilles Cohen-Solal fait partie de ces éclopés et assure qu'« en dehors de quelques attardés mitterrandolâtres, plus grand monde ici n'est pour Royal, dont la campagne est d'une « creutitude » terrible. Ceux que je connais votent soit Bayrou, soit Sarko ». (…)

SOS FREUD !!!

Alexandre Wickham, éditeur du Seuil , perçoit, lui, « un effet Bayrou ». À l'étage, la critique littéraire du Journal du dimanche, Marie-Laure Delorme, en est la preuve vivante. « C'est la première fois de ma vie que je ne voterai pas socialiste, confie-t-elle, je vais voter Bayrou, même si j'ai un peu honte parce que j'ai l'impression que c'est un phénomène qui touche surtout le VIe arrondissement. »

À sa table, l'éditeur Bernard Comment apparaît presque comme un « archéo » : il se prononce pour Ségolène Royal. De même que Sylvain Bourmeau, des Inrocks, qui assène : « Dans un contexte de crise de l'autorité politique, Royal incarne la mère alors que Sarkozy n'incarne pas le père. » Freud aussi doit se retourner dans sa tombe. »

Signatures : Le Pen veut saisir la justice.

Il poursuit sa dramatisation victimaire de la question des signatures, Le Pen. « Un certain nombre de maires qui ont signé ‘des promesses de parrainages’ reçoivent des coups de téléphone de gens qui essaient de les dissuader de signer », a assuré Jean-Marie Le Pen, qui dénonce une « offensive » à son encontre. « Nous allons mener une enquête et porter plainte », a-t-il ajouté. Quel type de plainte ? Le délit de désistement…

Les coupables, selon Le Pen ? Philippe de Villiers « qui se dépense beaucoup » en ce sens. Mais Le Pen affirme que cette offensive est « doublée » par un autre camp, dont il ne précise pas l’identité. Les commissaires Navaro et Valance devraient mener l’enquête…

Tout ne va pas pour le mieux dans la famille des « patriotes » d’extrême droite : Jean-Marie Le Pen a annoncé que Bruno Mégret n’a finalement pas été invité à assister au discours qui doit clore la convention qui se tient ce week-end à Lille.

Royal prête à « la confrontation directe »

« Maintenant, j'ai avec moi la meilleure équipe qui soit », déclare Ségolène Royal dans un entretien au Parisien. Une condition sine qua none pour ouvrir la nouvelle phase de sa campagne : une confrontation directe « indispensable » avec la droite. Cette confrontation « directe », dit-elle, « les Français la veulent, même s'ils la redoutent un peu aussi au cas où elle déraperait dans une querelle de personnes ».

Au passage, tout en disant « ne pas juger l’homme », elle estime que Sarkozy s’est « fortement droitisé », l’accusant d’utiliser « le vocabulaire de l’extrême-droite », notamment à propos des « abattages de moutons dans les baignoires ». Est-ce si nouveau que cela le « droitisme «  de Sarkozy ? Peut-être les éléphants vont-ils pousser la (fausse) gazelle à se « gauchiser ».

Ministre encore un mois ?  

Encore un mois, « au maximum ». D’après un élu UMP, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et candidat à l'élection présidentielle, partira du gouvernement le 23 mars au plus tard. Selon la même source citée par les agences, Sarkozy a laissé entendre devant le conseil politique de sa campagne, qu'il ne serait plus ministre le jour où les membres du gouvernement sont appelés, à l'approche de l'élection présidentielle, à un devoir de réserve. Soit le 23 mars. C’est beau l’Etat « impartial et irréprochable » !

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Mary Poppins sur scène

Ils sortent et se font voir…DSK au Crasy Horse pour voir Ariel Dombasle. Jospin à la Comédie française. Ségolène au Casino de Paris. Sarkozy aux Bains Douches. La politique-spectacle s’intensifie dans Paris-sur-Scène. « Allons danser »… La plus fêtée : Ségolène Royal à la dernière représentation du Jamel Comedy Club, le spectacle de Jamel Debbouze et d'une dizaine de jeunes comiques "black-blanc-beur". La candidate a été acclamée par le public et le comédien. Jamel Debbouze lui a demandé de monter sur scène en la surnommant "Mary Poppins" et en ma voyant combattre l’un des frères Dalton. Qui sera le Lucky Luc capable de neutraliser les Dalton ? Bayrou, peut-être. S’il tire plus vite que leurs ombres. Mary Poppins, on le sait,  est  descendue des nuages. Elle va apporter le rêve aux enfants, la conscience aux parents, une conscience qui n'altère en rien le rêve... De belles références, Jamel ! Et des formules qui ont fait rougir Ségolène.

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Son programme : le « Voici »

 « J'ai commencé à vous aimer bien quand vous avez fait la couverture de Voici », a lancé le comédien en souhaitant  que cette photo volée, sur laquelle Ségolène Royal apparaît en maillot de bain, à la plage serve de portrait officiel et soit « affiché dans tous les commissariats de France », quand elle sera « présidente ». Une double peine réinventée ? Là je suis méchant, pardon. « Je dis voici mon programme, je ne dis pas mon programme le Voici », disait Fabius en un temps qui n’est pas si lointain… En fait , c'était Gloser....

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Quel beau Gala ! .« J'ai vu, vous avez reconstitué votre équipe », a ajouté Jamel en lui demandant de monter sur scène pour lui faire un bisou.  «  Maintenant il y a tout le monde, Pierre Mauroy, Jean Jaurès, Stalingrad, c'est bien », a-t-il ajouté. « Moi perso, mon coeur est à gauche et je suis royaliste ». Les couronnes distribuées par Jamel ont bien des épines…  

STRASBOURG! Les matins masculins de Thierry DEVEYRE

On ne vit pas que de politique... Un peu d'art en ce dimanche matin. Même ceux (et celles) qui, comme moi, préfèrent les corps féminins (une affaire d'esprit dans les formes) apprécieront... L'ami Arnaut Weber de l'espace INSIGHT, à Strasbourg, couvre ses murs blancs d'images de matins ni malins,ni coquins, mais très communs. C'est cela l'art:rendre exceptionnelles des scènes bien ordinaires. En vedette, les photos de Thierry Deveyre. Ces « Matins masculins » seront exposés du 2 mars au 7 avril, entrée libre de 15 à 19 heurs (Vernissage vendredi 2 mars à 19h), à Espace Insight www.espace-insight.org 10, rue Thomann 67 000 Strasbourg (03 88 21 05 18)

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 Fiche de présentation: Thierry Deveyre aime que ses projets et ses expositions racontent des histoires, des moments, des contextes intimes. Ici, il a choisi de photographier des hommes à leur domicile au petit matin, dans ces moments où l'on se réveille, fait sa toilette, prend son petit déjeuner, s'habille et se prépare.

« C’est un travail qui porte sur le quotidien et la banalité. Les photographies ne montreront rien de spectaculaire, que des choses simples, des choses de tous les jours. Il s'agit de montrer l'intime, l'intime de ces moments où l'on ne se montre pas (où l'on n'aime pas se montrer), parce qu'on n'est pas encore réveillé, pas "présentable", pas encore habillé. Ces moments nous appartiennent, seuls nos proches, les personnes faisant partie de notre intimité partagent ces instants.

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C'est aussi un travail sur le rite, sur tous ces gestes qui constituent les points de repères du matin, ces gestes presque automatiques (se doucher, se raser, préparer le café, s'habiller…) qui nous aident à passer du sommeil au réveil. C'est une œuvre qui s'appuie surtout sur les ambiances, les lumières tamisées. Le matin est un moment de passage et de transition, transition entre sommeil et veille, entre position couchée et debout, entre repos et activité. Les photographies seront les témoins de ces moments de transformation. »

Comme toujours dans le travail de Thierry Deveyre, les photographies sont réalisées en technique argentique traditionnelle, sans intervention de l’ordinateur. Les tirages sont réalisés par Benoît LinderLes plus impudiques sont pleine de pudeur, comme les statues.... 

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Contact artiste : Thierry Deveyre- 06 86 25 44 63 – www.thierry-deveyre.net

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