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04/05/2007

Les droitistes du milieu, la droite « décomplexée » et le VRAI Centre

Que des centristes votent Sarkozy en ce deuxième tour, je le comprends. Choisir, c’est éliminer. Ils veulent éliminer Royal. C’est leur droit. Ils ne manquent pas d'arguments solides, même... Mais qu’ils prétendent retrouver leurs idéaux, les valeurs, leurs engagements en faveur d’une Europe unie, en et chez Sarkozy  m'étonne. Et me révolte même.

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De deux choses l’une.

>>> Soit je n’ai rien compris aux idéaux de la démocratie chrétienne, du christianisme social, du personnalisme fondateur (chrétien ou non), de l’esprit de résistance, du culte de la liberté, de la volonté d’un « Vivre ensemble harmonieux » et d’une République capable de concilier Nation et Société, progrès collectif et épanouissement individuel. Dans ce cas ma naïveté est impardonnable!

>>> Soit le goût de la soupe, le sens de la carrière, le suivisme du plus fort, les attraits du "camp du vainqueur" valent plus que les valeurs proclamées, les principes  chantés, les idéaux fêtés. Le Centre est d'abord un Ventre...

(L'UMP:"On aura tout piqué à Bayrou, même les chevaux")medium_sarko_cheval.jpg

L'énoncé de cette dernière hypothèse (qui renforce les énormes mérites de Bayrou) n’est pas  dicté, chez moi,  par un « anti sarkozysme primaire ». L'homme mérite le "respect" , selon sa propre expression transformée en refrain, en tic, en munition.

Je ne juge Sarkozy que sur ce qu’il a dit et fait, non sur ce que racontent les animateurs du TSS.

Je ne le juge pas même sur ce que l’on peut imaginer chez un "Chef"  qui ose faire de « tout est possible » son slogan de campagne et a l'inconscience de  faire précéder la signature de sa profession de foi par un « je ne vous mentirai pas »… Ce qui suffirait, pour moi,  sinon à l’éliminer, du moins à ne pas voter pour lui. Nul besoin d'avoir longuement étudié la psychanalyse pour en tirer une conclusion non hâtive... 

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Dans ce contexte : un espoir. Que le Centre central qu'incarne Bayrou soit lavé (sans kârcher) des impostures des notables ou apprentis notables droitistes qui se réclament du centre… sans voir que la droite de Sarko est effectivement en rupture avec les droites précédemment au pouvoir.

Cette rupture se comprend d'ailleurs: le droite à la Chirac a si mal gouvernée la France ! Sarko va sans doute gagner parce qu’il a réussi à faire ce que Hollande a manqué : vertèbrer son parti…

Le seul problème, c'est qu'il le fait en rompant aussi avec ce qui restait de gaulliste en Chiraquie et la saine détestation de Chirac pour les idées extrêmistes, ces idées si bien digérées par l'UMP de Sarkozy, en dépit de quelques professions de foi rassurantes...qui n'engagent que ceux qui les entendent.

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Que ceux qui se reconnaissent si bien dans les valeurs de Sarkozy rejoignent l’UMP! Sans fard. Avec logique. Pour une  droite « décomplexée », oui: ce sera plus clair!  Mais en quoi cette droite a-t-elle besoin de ces "prisonniers volontaires" de la droite très complexée, avec  les faux-nez et les masques de girouettes qui  ne sont sensibles qu’aux vents de droite ou se posent en héritiers  d’ un milieu qu’on appelait le  « Marais ». Ce centrisme-là s'est auto-empoisonné et auto-déconsidéré.

A coté de cette droite fière de l'être, il faut  un vrai Centre, lui aussi décomplexé, fier de lui et de ses convictions,  vraiment  central, non hémiplégique ! C'est ce qui fait de Bayrou un homme à abattre pour Sarko-le-triomphant.

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"Je vois ma famille politique ressuciter", avait lancé Pierre Pflimlin en voyant Bayrou "désobéir" aux ordres que lui donnaient les maîtres du pouvoir UMP pour les élections européennes. "L'union (avec les gaullistes) est d'abord un combat", aimait-il répéter. Un combat pour que les valeurs du centre authentique ne soient pas écrasée: un combat qui lui a fait sacrifier une partie de sa carrière ministérielle.

Il ne voulait pas se laisser piétiner par "un grand homme". Quelques uns de ceux -et de celles) qui se prétendent ses héritiers s'agenouillent devant un homme dont la hauteur reste à définir. (Je ne parle évidemment pas de sa taille: précision destinée exclusivement à ceux qui ne manqueront pas de mettre leur culot, plus grand que jamais, au service d'un mauvais procès. Je sais faire la différence entre la hauteur et l'altitude!))

Ou alors, les dits « sangs tristes » (selon la formule de Pasqua) adorent vraiment se complaire, vautrés dans des strapontins, dans leur rôle de «(faux) témoins de (fausse) moralité » d’une droite qui fait passer ses engagements partisans et la défense d’intérêts plus particuliers que généraux avant tout. Et qui s'inspire d'une idéologie néo-conservatrice bien peu française.

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Quel que soit les résultats de ce dimanche (qui apparemment laissent peu de place au suspense), l’heure de la recomposition politique va sonner. Elle exige des clarifications. A doite, à gauche et au Centre. C’est là affaire de morale. De moralité civique. De propreté intellectuelle. D'honnêteté politique.

Daniel RIOT

 

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