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12/05/2007

Un grand corps vraiment malade : Le PS…

"La gauche qui agit, la gauche qui protège"... Une gauche qui ne sait plus qui est elle!

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Pour ses premières retrouvailles post-défaite, le PS va s'efforcer de mettre un couvercle sur ses tensions pour éviter de se retrouver avec une "chambre bleu horizon" en juin. Mais nous voici loin de « l’union fait la force » :l’unité de façade fait la faiblesse. Et l’hypocrisie érigée en vertu (amorale) politique n’est pas faîte pour recouvrer une crédibilité bien rongée…

Selon les stratèges du PS, le parti pourrait sauver les meubles et conserver de l'ordre de 135 députés, contre 149 actuellement. Un sondage BVA-Orange publié jeudi lui en promettait entre 158 et 200 sur 555 sièges en métropole. Dimanche, Ségolène Royal est arrivée en tête dans 191 circonscriptions. Ce qui en soit est un véritable exploit. Comme son score final, à bien y réfléchir. Certaines de ses prières ont dû être exaucées. D'ailleurs, elle n'a jamais parlé de "défaite", elle... Et son sourire ne la quitte plus depuis dimanche! Comme si la prise de Solférino (qui reste à faire) valait plus et mieux que le ratge de l'Elysée!

Pour cette bataille, le PS pourrait prendre pour slogan « La gauche qui agit, la gauche qui protège ». On en sourit d’avance. Elle agit comment et elle protège qui, cette « gauche » qui ne sait plus qui elle est etce qu'elle est? 

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Cet après-midi, Le PS doit dévoiler un projet intitulé « Face à la droite, des réponses de gauche », en quatre pages et quatre chapitres: « Travailler mieux et travailler tous »; « protéger le présent et préparer l'avenir »; « réorienter l'Europe pour peser dans la mondialisation »; et « démocratiser et renouveler notre République ».Du bon bricolage…Un bel effort de « synthèse ». Plus pathétique que convaincante.

C'est François Hollande qui, officiellement, conduira la campagne. Il sera épaulé par un « collectif » composé de la direction du PS. Mais le Premier secrétaire devra composer avec sa compagne et Dominique Strauss-Kahn, peu décidés à jouer les seconds rôles et tous deux « disponibles ». Comme d’autres, d’ailleurs

Dans l'entourage de DSK, on fait état de « plus de 200 » invitations locales. « Je croule sous les demandes », a assuré Ségolène Royal.

Une « très grave défaite » : « Retour à la pensée… 69 »

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Pas question, en façade, de se diviser. Langue de bois et pommade... La gauche désunie se veut à elle seule Union de la gauche! Ainsi, DSK s'est défendu d'avoir voulu « attaquer » la candidate en évoquant dès dimanche soir une « très grave défaite ». Tout en ajoutant: « On pouvait l'emporter »…

Mais reste l’essentiel : Il a cogné, DSK. Et il a pris date…En affirmant que « tout doit être remis à plat, tout doit être reconsidéré » sans « tabou » pour reconstruire la gauche, qui doit dès maintenant offrir le visage d' »une gauche efficace, d'une gauche crédible, d'une gauche concrète »(…)  « Nous vivons aujourd'hui la situation que vivait la gauche en 1969 » après son élimination au 1er tour de la présidentielle et avant la naissance du Parti socialiste en 1971, a déclaré le député du Val d'Oise…

Piquée au vif, l'élue de Poitou-Charentes a répliqué en pointant la « férocité d'un certain nombre d'attaques » (cela est devenu une habitude, chez elle). « Je ne veux pas de guerre des chefs au PS », a-t-elle lancé, se posant en rassembleuse. « Je serai bien sûr très présente pour continuer le mouvement qui s'est déclenché lors de cette élection présidentielle, c'est évident. De quelle façon, nous verrons ça le moment venu. Je ne m'interdis rien »… De quoi faire peur…

Fabius, qui s’autocensure avec impudeur, veut lui aussi une « rénovation », mais « sans droitisation ». Qu’est-ce que cela veut dire exactement dans l’esprit de ce briseur d’Europe politique et ce fossoyeur d’une Europe (enfin) constituée?

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Dernier « penseur » de gauche très sévère avec le PS : Jacques Attali. Lui aussi, il cogne.  Sur son blog, il ne ménage pas ses critiques. Et l’unité de façade affichée  en public par les 300 ditrigeants du PS en quête d'un vrai chef, ne provoque chez lui aucune illusion

Plus qu’un regret : un procès !  « La gauche française aurait du gagner ces élections présidentielles : Un président sortant impopulaire ; un bilan peu flatteur d’une majorité de droite à bout de course ; un pays  vieillissant  désireux de maintenir la protection sociale;   une jeunesse désireuse de réussir l’intégration des minorités et de lutter contre les scandaleux privilèges des plus riches ; un candidat de droite qui ne se cache pas de l’être.Et pourtant la gauche a perdu. Exactement pour les mêmes raisons : Elle n’a pas su proposer un programme clairement de gauche ».

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 Essai de définition, en creux : la gauche, ce n’est pas «  une gauche des mots, du populisme et du maintien des privilèges de quelques uns des salariés : cette gauche-là coule avec le parti communiste et les archéo-socialistes . Mais une gauche moderne, capable de penser le monde,  de mettre à profit le progrès technique, de repenser la justice sociale en se fondant sur un principe simple : la fonction de la gauche est de donner une place plus grande à la démocratie face au marché. Et pour cela, capable de mettre en avant trois priorités : la gratuité, le savoir et la responsabilité. Avec un programme précis, détaillé, cohérent, ambitieux, sur tous les sujets ».
Un pronostic : « La gauche pourrait encore gagner les élections législatives, si elle avait un programme de ce genre, et si elle avait un candidat à la direction du gouvernement, en cas de victoire. Elle n’a ni l’un ni l’autre. Et, à écouter la façon dont elle s’entre-déchire, sur des faux débats, sur des querelles de personnes, elle laissera encore passer sa chance. On va voir triompher des faux maîtres à penser, expliquant que la France doit renoncer à être elle-même, qu'elle doit se couler dans la mondialisation  libérale, qu'elle n'a plus son mot à dire dans la pensée du monde…Quel gâchis….. »

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 Qui plus est, sauf surprises de dernière minute : les candidat PS aux Législatives ne traduisent ni un changement de génération ni une promesse de régénération !  « Epinay, c’est obsolète », affirme Julien Dray. C’est caduc depuis longtemps ! Mais qu’est-ce que les socialistes vont mettre  à la place, avec qui et comment ? Questions d’idéologie, de stratégie, d’alliances et de leadership : Tout est effectivement à « remettre à plat ». Mais voilà cinq ans que cela aurait dû être fait. Le PS, grand corps malade…"Tout est possible": c'est avec de ses vieux slogans oubliés que Sarkozy a gagné. Pour une belle revanche de la droite contre "l'esprit de mai.. 81"

Daniel RIOT

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