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26/05/2007
De la nécessité de vrais débats…
La démocratie, c’est d’abord le DEBAT et le pluralisme ! Comment se fait-il que pour ces législatives, en Alsace, aussi peu de vrais débats, ouverts à toutes et à tous, ne soient pas plus et mieux organisés par les grands médias nationaux et régionaux ?
Je sais… « Trop de candidats par circonscriptions ! On ne peut pas organiser des débats avec 14 ou 19 intervenants ! A la radio et à la télé, cela ne passe pas. Et en public, c’est la Foire ! » Argument de paresseux résignés. Arguties exclusivement destinées à se donner bonne conscience à vil prix ! Comme les « explications » avancées pour justifier l’absence de débats contradictoires avant le premier tour des Présidentielles.
Evidemment que ce type de débats est difficile à organiser, à animer, à maîtriser. Surtout quand, logiquement, on doit répartir avec équité les temps de parole. J’en sais quelque chose : j’en ai animé plus d’un… en une époque où les nouvelles technologies n’offraient pas encore ces moyens fantastiques si mal utilisées, si mal mis au service des imaginations.
La paresse journalistique (avec ses enfants naturels, le conformisme et l’esprit routinier) arrange nombre de candidats…
Les sortants d’abord : même si leur mandat présente un bilan pauvre, ils bénéficient d’un degré de notoriété incontestable. Leur « avantage image » serait amoindri par une médiatisation plus grande des « nouveaux », des « petits », des « peu connus »
Les candidats des partis qui bénéficient d’une dynamique victorieuse sur le plan national tirent aussi parti de cette absence ou de cette insuffisance de débats. Leur étiquette compte plus que leur personnalité, et il est des personnalités qui ne gagneraient pas être pus connues. Leurs programmes se résument en deux phrases (un par camp) : « Je veux contribuer à ce que le président ait une majorité de gouvernement » et « Mon parti doit constituer un contre-pouvoir, une opposition au Président » Ces candidats « flacons » se vendent sur leur étiquette et leur emballage, non sur ce qu’ils portent en eux.
Quand ils sont à la fois « sortants » et « flacons », ils n’ont vraiment aucun intérêt à ce qu’émergent,face à eux, des personnalités nouvelles et riches de convictions, d’idées, de forces novatrices…Ils sont donc ravis de la paresse des médias qui ne font qu’un « service civique minimum »
Dans le cadre de ce qui se fait, la qualité des débats (c’est-à-dire le « plus » qu’ils apportent aux électeurs pour éclairer leur choix dépend beaucoup des animateurs, pardon des journalistes. En théorie, ceux-ci devraient jouer le plus possible un rôle d’accoucheur : que chacun des candidats dise ce qui lui semble le plus important. Or (audimat mal compris oblige) ils sont tentés de s’attarder sur ce qui leur semble, à eux, le plus intéressant en fonction des attentes présupposées des télespectateurs, des auditeurs et des lecteurs .Avec en l’espèce deux pièges : la mise en relief des querelles politiciennes et l’accent mis sur des « questions concrètes » qui pour la plupart ne sont pas de la compétence des Législateurs que sont les Députés…
D’où des confusions et des frustrations généralisées, chez les acteurs, chez les animateurs et chez les « consommateurs » de médias. Surtout quand trop de questions sont formulées avec des approximations sémantiques qui ne clarifient guère les pseudo-débats. Surtout quand l’équité des temps de parole n’est pas respectée (en dépit des consignes du CSA). Surtout quand, par exemple, seuls six candidats d’une circonscription sont présents sur un plateau de télévision et les huit autres cités (sans même une photographie à l’appui)
Je ne me veux ni critique ni donneur de leçons ici, mais je pense, comme beaucoup d’autres professionnels de la presse, que les journalistes se doivent de repenser les manières d’assumer mieux leurs rôles de « média » donc de médiateur, de pédagogue en démocratie, de moteur de ces dynamiques citoyennes sans lesquelles la démocratie pluraliste et représentative n’a pas la force qu’elle se doit d’avoir.
Cela ne vaut pas d’ailleurs que pendant les périodes électorales et que pour les débats. Une circonscription à la loupe en moins de deux minutes : c’est un clip, pas de l’info… Une information dite « institutionnelle » qui n’est faite, toute l’année durant, que selon une grille de lecture « faitdiversiaire », people ou anecdotique, c’est de l’anti-pédagogie citoyenne. Une disparition ou une raréfaction dans la presse écrite des « tribunes libres », des « opinions », des « face à face » au bénéfice de « radio- trottoirs » d’un autre âge, c’est une trahison de la vocation et de la vraie mission de la presse.
Heureusement, il y a Internet. Mais la « cyber-démocratie » ne concerne encore qu’une partie (appréciable certes) de la population… Et rares sont encore les grands médias régionaux qui savent vraiment l’utiliser. Poids des routines, encore !
16:35 Publié dans Notes politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, media, presse, legislative, démocratie











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