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15/06/2007

Chronique strasbourgeoise: Chantal Cutajar, présente même absente!

« Alors, elles iront où, les voix de Chantal Cutajar ? »…  Je ne peux pas mettre un pied en ville sans que l’on me pose la question. Et mon téléphone sonne beaucoup en cette avant-veille d’un scrutin qui s’annonce très serré…

Je ne peux évidemment que répéter ce que Chantal, avec clarté, sans ambiguïté aucune, en parfait accord avec le cap fixé par François Bayrou, en totale harmonie avec la ligne d’Indépendance et de liberté du Modem, a dit et redit : « Les voix qui se sont portées sur la candidate du MoDem au premier tour iront  où les électeurs voudront. A celui ou à celle qui saura les conquérir ». Chantal s’en est tenue à un appel : « Votez    en conscience ». Ce qui est le propre d’un acte électoral digne de ce nom.

On le sait : Chantal  a souhaité organiser un débat à trois avec les deux finalistes pour éclairer davantage ses propres électeurs. L’un a refusé. L’autre n’a même pas eu la politesse de répondre et,  pressée de questions pertinentes sur le plateau de France 3 Alsace, a confirmé la très haute idée (hautaine) qu’elle se fait de la démocratie, de la représentation du peuple : le respect des urnes servant d’alibi au non respect des électeurs, c’est une pratique bien connue depuis longtemps un peu partout et depuis 2001 à « Sarkoville-am-Rhein », comme dit un confrère local plein d’humour. La banalisation méprisante de l’initiative de Chantal Cutajar sur « Les conférences de citoyens » (toujours sur France 3 par la candidate UMP) relève du même état d’esprit.

Ce n’est pas grave. Jacques Derrida, à Strasbourg, est souvent fêté, mais pas assez lu.  « Etre démocrate, écrivait-il, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique »… C’est ce que fait Chantal Cutajar. Mais on ne peut pas exiger cette qualité et cette lucidité chez tout le monde…

On oublie sans doute trop, dans les campagnes électorales, qu’en politique l’art et la manière d’exercer un pouvoir est au moins aussi important que le programme avancé ou l’étiquette affichée. Je dis « On » parce que cela concerne autant le citoyen que les journalistes qui ont mission de les informer.

Chacun est juge.

Comme chacun est juge des liens à faire entre ce scrutin national et les préoccupations locales : l’intervention publique de Mme Keller, donnant des leçons de démocratie, à l’UMP Maurer lors du débat organisé par les DNA dans la deuxième circonscription de la Ville est révélatrice de ce que Blaise  Pascal appelait « les pensées de derrière » que le « Tandem UMP » met très …en avant.

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Pour le reste,un constat qui, personnellement, m’amuse et me conforte dans mes engagements : C’est fou comme cette « éliminée du premier tour » a été présente dans cette semaine d’avant deuxième tour. Y compris dans les studios et sur les plateaux où elle n’était pas physiquement là. Y compris dans les articles de presse  les plus crédibles.

Un exemple parmi d’autres, cet extrait du POINT : « Comme prévu, la vague bleue a aussi déferlé sur la capitale alsacienne. Seul Armand Jung, unique socialiste alsacien siégeant à l’Assemblée, résiste dans son fief qui inclut le centre-ville et les quartiers populaires du sud de Strasbourg, dont les cités de l’Elsau, réputées pour la maison d’arrêt du même nom.(...)

Armand Jung a profité de la division de la droite entre la jeune Frédérique Loutrel (UMP) et la candidate Martine Calderoli-Lotz (divers droite), vice-présidente du Conseil régional. Si les soutiens appuyés de la maire centriste de Strasbourg, Fabienne Keller, et du président de la communauté urbaine, Robert Grossmann, (UMP) ont permis à la candidate UMP de rafler 31,17 % des voix dans la circonscription du député socialiste, il lui faut maintenant miser sur un report de voix de la candidate dissidente.

De plus, le résultat très honorable de la candidate du MoDem, Chantal Cutajar, qui rate de peu une triangulaire, avec 11,73 % des voix, fait planer le doute sur l’orientation de ses électeurs. En Alsace, le coeur des centristes bat plutôt à droite, mais Chantal Cutajar, ennemie déclarée du duo Keller-Grossmann, s’inscrit parfaitement dans la ligne de l’« extrême-centre » de François Bayrou. Armand Jung ne s’y trompe pas, qui, sans parler d’alliance, lance un appel « au rassemblement et au bon sens des Strasbourgeois, au-delà de [sa] personne et de [sa] couleur politique » 

L’expression « ennemie déclarée du tandem n’engage que l’auteur de cet article et que …le tandem. Je connais suffisamment bien Chantal Cutajar pour savoir qu’elle n’est « l’ennemie » de personne, sauf aux yeux de celles et de ceux qui en font  leur « ennemie ».

Elle ne combat pas « contre », Chantal, elle lutte « pour ». Si les combats qu’elle mène dérangent ceux qui ne partagent ni ses valeurs, ni sa conception de la démocratie et du débat démocratique, ni ses convictions, ce n’est pas de sa faute…A mon humble avis, elle devrait même se battre un peu plus "contre". Mais ce n'est ni dans sa nature ni dans sa culture. Les "coups", en politique, il faut tout de même les rendre, surtout dans sa propre formation."La politique, c'est un sport de combat", dit Bayrou sans toujours en tirer toutes les conséquences.

Mais je sombre dans le hors sujet : c’est le scrutin de dimanche l’objet de cette petite chronique strasbourgeoise… Pour ce deuxième tour, les candidats UMP de la ville ne bénéficieront pas de l’effet ressort du TGV. La semaine dernière la grande fête du Paris-Baudrecourt à TGT (très grands tarifs) et « est-européen » virtuellement sur rails a tout de même constitué le plus grand meeting électoral jamais organisé à cette échelle…

Au fait, je n’avais pas lu, à cette occasion que la verrière de la gare de Strasbourg était encore  perméable aux pluies d’orage… Passons. On me dit que la Ville va organiser un pique-nique (« républicain » sans doute) sur la première circonscription ce week-end. Je n’ai pas vérifié. De toutes façons si cela est, cela n'a rien d'électoral:juste un hasard du calendrier...

Je n’ai pas vérifié non plus quelques anomalies dans le respect de la lettre et de l’esprit du code électoral dans quelques bureaux de la même circonscription. A quoi bon ? Si personne (ou presque) n’est choqué que le conjoint d’une candidate préside un bureau de vote, tout devient possible non ? Rien n’est jamais parfait, n’est-ce pas…Surtout pas le mode de scrutin. Et à l'UMP, on a le sens de la famille, du clan, du camp. "Si vous n'amez pas l'Ump, quittez-le". Mme Caldéroli en sait quelque chose

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Autre question quand je mets un pied en ville : « C’est toujours le bordel chez les centristes. Le MoDem reste aussi cacophonique que l’UDF. Cutajar et Jurdant : qui a raison ? »…

Question d’ignorant ou de provocateur? « Ils auraient mieux fait de se taire » a dit Bayrou à propos de candidats du MoDem qui ont éprouvé le besoin de donner des consignes de vote…

Je n’insisterai pas : J’ai déjà été (paraît-il) trop dur et injuste envers la « pauvre Pascale » qui appelle ses électeurs à voter « massivement » pour son rival UMP et qui vit son score comme un échec personnel dû aux… autres (à tous les autres puisqu’elle accuse ses électeurs d’ingratitude, Bayrou de bêtise, le « Tandem »,  qu’elle défend avec ardeur,  de non reconnaissance: je résume…). L’ami kiné qui lui a servi de suppléant devrait lui faire un bon massage , à cette « pauvre Pascale ». Le grand écart, c'est douloureux...

Les DNA ce matin, notent que dans le débat public opposant les deux finalistes de sa circonscription, elle s’est d’abord assise du coté des supporters de gauche avant de rejoindre l’autre bord. En France, même les plans de salle favorisent la bipolarisation. Chantal Cutajar et ses équipiers « orange », dans le débat du même type, sur la première, étaient restés derrière, au centre ? Debout. Comme Bornia Tarall qui a fait une trop courte (ce n'est pas de sa faute) mais excellente campagne dans la circonscription d’André Schneider,un UMP sûr d'être réélu alors que Bornia aurait pu être une élue de qualité. 

Pour rester fidèle à un mouvement, il faut pleinement s’y reconnaître. Pour rester fidèle à soi-même, il faut savoir qui est « soi ». Cela dépasse la politique… Il arrive que postérieur entre deux chaises finisse par déséquilibrer les chaises...

Une certitude : si le Modem tombe dans les mêmes travers que l’UDF, il faut le faire imploser sur le champ. Pour les ambigus, les invertébrés, les carriéristes, le Nouveau Centre (ni nouveau ni central) dit PSLE (Parti social-libéral européen)  est là ... Encore faut-il, bien sûr, que les structures du MoDem ne soient pas calquées sur celles de l’UDF…C’est le défi le plus urgent que Bayrou doit relever. 42 000 membres déjà cotisants l’attendent. Autant, pré inscrits aussi. Il le sait. Droit de décevoir interdit !

Ces clarifications devraient permettre à quelques journalistes d’avoir les idées plus claires. Puisque qu’ils se disent dans le brouillard des étiquettes disputées, confisquées, ou… inventées (même par eux comme UDF-MP) d’un centre effectivement trop pluriel.

Il est vrai que cette confusion est soigneusement entretenue par ceux qui en tirent parti. Qui n’est pas « centriste » ? Au club de la presse, jeudi,  j’ai même entendu une journaliste tenter de brouiller davantage les cartes en rappelant le passé udf d’un UMP fier de l’être… Si on se met à comptabiliser les « ex » ! J’ai été jeune et je suis vieux. J’ai été enfant de cœur et je ne suis pas curé. J’ai été sans parti et je suis au MoDem. La vie est évolution. Heureusement, d’ailleurs…

Daniel RIOT

 

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