13/07/2007

Union européenne : Une pingrerie budgétaire inquiétante

c8e74a1c080b8d37adf930f7cbaee1f5.jpgEditorial RELATIO par Daniel RIOT. Dans l’Union européenne, la bataille budgétaires s’annonce particulièrement chaude cette année : Le Parlement européen qui a un vrai pouvoir de blocage en cette matière de vraie tirer parti de la situation pour se faire entendre haut et fort. Car les gouvernements ne sont vraiment pas  bien inspirés dans leurs réflexes de pingrerie maladive et chronique. Picsou n'est pas un bon inspirateur pour l"Europe concrète des beaux projets....

Les ministres européens du Budget ont en effet opéré une coupe de 2,1 milliards sur le projet présenté par la Commission. Chiffré à 119,4 milliards, le budget ne représente que 0.95% du revenu national brut de l'Union. 0, 95% ! Un taux historiquement bas. Plus faible que ce qu’envisageait le Conseil européen dans le cadre des perspectives financières (déjà bien irresponsables) pour 2007-2013. Plus faible que les proositions (pourtant raisonnables) de la Commission. Bien trop faible pour que les réalisations de l’Union soient à la hauteur des espérances  suscitées par des  ambitions proclamées…

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D’ores et déjà, mais ce n’est pas définitif, deux projets de cette Europe « concrète » en sont entachés :

>>>  Galileo : rien n’est décidé, donc rien n’est lancé. Les 27 doivent examiner les propositions élaborées par la Commission lors de la réunion des ministres européens des Transports début octobre, quand le marathon budgétaire annuel sera bien entamé…

>>>> L'Institut européen de technologie, cher au président de la Commission José Manuel Barroso qui  doit être financé par le budget communautaire à hauteur de 308 millions sur 2007-2013 mais our lequel,rien n’a été décidé.

Mais il y a plus grave. Ce n’est pas avec les sommes débloquées (ou plutôt avec les soustractions additionnées) que la Commission disposera des moyens dont elle aurait besoin. Ce n’est surtout pas ave detels moyens que l’on pourra accomplir ce que tout le monde (ou presque) réclame : moins de disparités régionales, plus de stimulants pour la croissance et les programmes sur « l’égalité des chances », plus d’efforts dans les chantiers de l’avenir (recherche, éducation, culture, Europe de la justice,…), plus de moyens dans les politiques de voisinage, ect…

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Pour trop d’argentiers des pays membres « l’Europe » reste inscrite dans les  « dépenses et charges» et non dans les  « investissements à effets démultiplicateurs».

On n’a toujours pas tiré les leçons des cotés négatifs des derniers « élargissements », des échecs du « processus de Barcelone » ou des limites de la « Stratégie de Lisbonne » : en tout l’Union a pêché par ce vice terrible qui altère bien des vertus, celui qui consiste àne pas se donner les moyens de ses ambitions …Si « l’Europe » déçoit tant, c’est parce que les responsables de l’Union promettent toujours plus qu’ils ne font. Ce n’est pas là affaire d’institutions, mais d’état d’esprit.

Il est des bonds qualitatifs qui exigent de sauts qualitatifs : c’est ce qu’avait bien compris Jacques Delors à la tête de la Commission… C’est ce que personne ne comprend depuis la fin de « ‘ère Delors ». Et c’est grave.

Lors des campagnes pour les dernières « européennes » et sur le projet de Constitution pour l’Union, les seuls à avoir demandé un budget communautaire au moins égal à 3% du PIB étaient les… communistes. Su ce point, ils avaient raison. A 0,95%, nous en sommes vraiment loin.

Tant que les caisses communautaires ne seront pas plus alimentées (ce qui peut se faire par d’autres moyens que la seule augmentation des contributions nationales), il est malhonnête de présenter comme des objectifs des « grands projets » qui ne peuvent être que des plans  sur la comète…

Daniel RIOT

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