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04/08/2007
L’Alsace et la gauche : Le regard lucide de Roland Ries
La gauche en Alsace ? Que les prisonniers de stéréotypes ne sourient pas. Elle a existé, elle existe…et elle existera davantage encore si elle apprend à devenir ce qu’elle aurait du être : un laboratoire et une illustration de la gauche européenne éclairée, et non un appendice de la gauche nationale ringardisée, sclérosée, prisonnière d’archaïsmes hérités du début du XX ième siècle, autant dire de la préhistoire de notre ère.
La gauche, Roland Ries la connaît, la pratique et tente de la sortir de ses ornières.
L’Alsace, Roland Ries, ancien maire de Strasbourg, sénateur et candidat aux prochaines municipales, l’aime et la comprend .Et il voudrait la faire sortir de quelques tics, « syndromes » et autres complexes cultivés qui l’empêchent de « devenir davantage elle-même » : un sens de la victimisation qui fausse l’affirmation de soi, une pusillanimité qui altère une légitime fierté, un goût de la déférence qui défigure la conscience de ses différences, bref un regard sur soi et sur les autres qui pourrait mieux marier « identité » et « modernité »…
« L’Alsace et la gauche », Roland Ries en a fait un livre, simple mais pertinent, sans prétention mais opportun, qui mérite d’être lu et vaudrait d’être sérieusement débattu. A gauche, bien sûr, mais pas seulement… Et pas exclusivement dans la perspective des prochaines échéances municipales.
D’ailleurs, ce qu’il écrit sur l’Alsace, cette terre qui depuis toujours a la vertu de « fabriquer des Alsaciens » (le franc-comtois de naissance que je suis en sait quelque chose) ne vaut pas que pour cette région.
« L’escargotisme », comme dit si bien Tomi Ungerer, n’est pas qu’alsacien. L’art de rêver une Europe « à sa propre image » non plus. Et le « mol oreiller » bourré de « visions lénifiantes » pour bonne conscience trop facilement acquise non plus.
L’Histoire, ici plus que dans maints endroits, explique bien des choses. Rien n’est à oublier.
Non par « devoir de mémoire », mais par intelligence et réalisme. Mais on ne conduit pas en ayant les yeux fixés sur le rétroviseur. Ce rétroviseur qui entraîne non un conservatisme, comme on le pense trop « à l’intérieur », mais une amputation du champ de vision : L’Alsace, en dépit de la rhétorique de trop de responsables politiques, éprouve des difficultés à vivre à 360 degrés. Et à oser « voir grand »…
Cette politique trop souvent menée comme pour une « maison de poupées » nous fait souvent confondre « salle d’attente » et « bureau ». Elle nous fait surtout (faiblesse bien humaine très marquée ici) allumer des feux d’artifice d’autosatisfaction pas toujours justifiés quand nous réussissons et nous user dans la quête d’excuses et de responsables d’« ailleurs » (de Paris, surtout) quand nous échouons… Un « lamento » trop entretenu par trop d’élus (et de média locaux)
Roland Ries a raison de faire appel a Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes »… Comme il a raison de rappeler l’actualité des messages de Schickelé (oublié ou caricaturé) : «Le pays entre Forêt Noire et Vosges est le jardin commun dans lequel les esprits allemand et français se développent sans entraves, se renforcent l’un l’autre et élaborent des œuvres communes, les nouveaux symboles de l’Europe ».
Il s’agit évidemment moins de rêver d’une Europe alsacienne que d’européaniser l’Alsace… Et de désenclaver quelques têtes politiques. Tout peut arriver, surtout le meilleur. Keynes (encore) : «L’inévitable n’arrive jamais, l’inattendu toujours »
Daniel RIOT
(dessins: les petites alsaciennes d'André Wenger et France Allemagne par tomi ungerer)
07:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, strasbourg, europe, politique, gauche, ries, livre












Commentaires
Mon petit blog de Strasbourg: http://www.debastoba.com
Ecrit par : Blog Strasbourg | 14/08/2007
Le 17 mars 2007, je postais un petit mot sur mon blog (http://www.hoenheim.com/2007/03/la_gauche_et_la.html) consacré également à ce livre, j'en disais le plus grand bien, ce qui étonna autant mes amis que d'autres, mais comme vous, je persiste !
Ecrit par : Stephane | 15/08/2007
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