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31/08/2007

La france en Europe: Nicolas Sarkozy donne sa feuille de route à Kouchner

Le chef de l'Etat demande au ministre des Affaires étrangères de faire du Quai d'Orsay un "ministère de la Mondialisation".

Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner (Reuters)

Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner (Reuters)

Nicolas Sarkozy a demandé à Bernard Kouchner de faire du Quay d'Orsay un "ministère de la Mondialisation", susceptible de "redonner à notre pays sa pleine place dans le monde et en Europe", dans la lettre de mission au ministre rendue publique aujourd'hui par l'Elysée.
Souhaitant une "rationalisation" des moyens de l'Etat à l'étranger, Nicolas Sarkozy demande notamment au ministre des Affaires étrangères de préparer pour la fin juin 2008 un "livre blanc" sur les réformes à apporter au Quai d'Orsay, qui gère le deuxième réseau diplomatique après celui des Etats-Unis.
Ce livre blanc sera accompagné des "projets de dispositions législatives et réglementaires (...) nécessaires pour adapter l'organisation administrative et les statuts des agents du ministère des Affaires étrangères et européennes", précise le chef de l'Etat.

L'Afrique, priorité de la politique d'aide au développement

Le président de la République demande aussi des propositions sur "la nature et l'ampleur de nos implantations à l'étranger", dans "un contexte d'intégration européenne de plus en plus forte et de volonté de création d'un réseau consulaire européen unique".
Il souhaite une "nouvelle politique de coopération et d'aide au développement", concentrant les moyens sur des "priorités géographiques et sectorielles" dont "l'Afrique" et "la santé, l'éducation, la formation et le développement durable".
"Vous saisirez l'opportunité de la création d'un service civique obligatoire pour redonner une dimension ambitieuse (...) au réseau des coopérants français à l'étranger", indique également Nicolas Sarkozy.

Une politique d'attractivité des élites étrangères

Il souhaite également un "plan de développement" du réseau scolaire de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE).
Nicolas Sarkozy évoque aussi une "politique d'attractivité de la France en direction des élites étrangères, pour qu'elles viennent notamment s'y former" et "une réorganisation de notre réseau culturel" pour être "plus présent dans les nouveaux centres de foisonnement culturel, en particulier en Asie et en Amérique".
S'agissant de la future présidence française de l'Union européenne (second semestre 2008), Nicolas Sarkozy demande à Bernard Kouchner de proposer "au-delà des thèmes de l'immigration, de l'énergie, de l'environnement et de la défense, des priorités bien identifiées", telles que la croissance et l'emploi, la sécurité, la politique industriell
e.

Union européenne: Barroso le combatif récompensé

Le président de la Commission européenne  lauréat du Prix de l'avenir

"Moteur de l'intégration européenne"

José Manuel Barroso
José Manuel Barroso

M. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, s'est vu remettre  à Bonn le Prix de l'avenir 2007. Le jury de "l'Initiative Forum Zukunft" a fait savoir que M. Barroso avait mérité cette distinction pour avoir agi comme un moteur du processus d'intégration de l'Union européenne. Son action résolue et rapide dans le domaine de la politique écologique et économique fait de l'Europe un pionnier mondial de la protection du climat.

Dans son panégyrique, le président du directoire de la Deutsche Post, M. Klaus Zumwinkel, lauréat 2006, a rendu hommage à M. Barroso en tant que combattant pour une "Europe des résultats". M. Barroso se place dans la "tradition des grands Européens", a déclaré pour sa part le Ministre-président de Rhénanie-du Nord-Westphalie, M. Jürgen Rüttgers. "Rares sont ceux qui se battent avec autant d'ardeur pour que l'Europe contribue à un monde meilleur."

Le Prix de l'avenir de Bonn est décerné depuis dix ans à des personnalités méritantes du monde politique, économique et social. Les précédents lauréats sont notamment Angela Merkel, la légende du football Franz Beckenbauer et l'éditeur Herbert Burda

L’Europe entre libéralisme et dirigisme

Un double échec…plein de promesses !

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : En panne, l’Union ? Mais non… Derrière l’impasse institutionnelle et les grandes hésitations idéologiques se profilent deux échecs qui peuvent être salutaires. Celui de l’Europe à la « française » : on se dit « européen » mais on refuse de donner à l’Union les moyens de ses ambitions. Celui de l’Europe à l’anglaise : L’union ? Un simple « super marché »…Des échecs, il faut tirer leçons...

C’est l’échec de l’Europe « à la française » qui avait laissé le champ libre à l’Europe « à l’anglaise ». Mais celle-ci est en échec, aussi.

Après le rejet de la directive Bolkestein qui devait ouvrir les marchés de services à la concurrence, voici le refus des OPA transfrontières dans l'électricité au profit de la constitution de « champions nationaux ». « L'Europe des services est morte, l'Europe de l'énergie aussi », résume Eric Le boucher dans Le Monde.

Les échecs ne sont jamais réjouissants. Ils entraînent même au niveau européen des replis nationaux qui sont des régressions. L'idée (fausse) s'est peu à peu  installée telle une « pensée unique » : la sécurité énergétique est mieux assurée par soi-même, au niveau de la nation, qu'au niveau de l'Union. Par défaut, c’est vrai… Mais ce n’est vrai que par défaut…

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La France et l’Europe doivent se donner les moyens de combattre la délinquance en cols blancs

0ae55d1fa61d142f3a1eeec8433de579.jpgCommentaire RELATIO par Daniel RIOT : Décidément, Sarkozy éprouve des difficultés avec les magistrats. Il est vrai que sa conception de la réforme de la Justice ne répond ni aux exigences républicaines ni aux impératifs qui devraient être prioritaires.

Sur les affaires, deux infos et deux dossiers pour Rachida Dati, la ministre la plus sollicitée par Sarkozy…

>>>L’une est plutôt rassurante : la fin de la prise en compte (par le fisc, notamment) des dénonciations anonymes. Cette pratique, qui a fait tant de ravages sous l’Occupation, c'est-à-dire au temps de la Collaboration, reste ancrée dans les mœurs française d’une façon détestable, même si elle peut jouer un rôle positif dans des affaires mafieuses ou dans la lutte contre la criminalité économique, un secteur où Sarkozy a fait peur de promesses, en dépit de l’ampleur du fléau…

>>> L’autre inquiète légitimement les magistrats. Redonner «le goût du risque» ou protéger les malversations? Là est la question…. Nicolas Sarkozy a affirmé  devant le Medef vouloir «mettre un terme» à la pénalisation du droit des affaires. Qu’est-ce à dire ?  
«La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur», a déclaré le chef de l'Etat, lors de l'université d'été du mouvement patronal à Jouy-en-Josas (Yvelines). Comment «rendre aux Français le goût d'entreprendre» si «au risque financier s'ajoute systématiquement le risque pénal? Si la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison?», s'est demandé le chef de l'Etat.

Déplorant que «tant et tant de contentieux qui pourraient être réglés au civil viennent embarrasser nos juridictions correctionnelles et notre droit pénal», le président a annoncé que la ministre de la Justice Rachida Dati ferait «très rapidement des propositions».
Les principaux syndicats de magistrats n'ont pas caché leur inquiétude. Le Syndicat de la magistrature (gauche) a estimé que le président avait «choisi le camp des patrons indélicats». La pénalisation du droit des affaires ne vise «rien d'autre que des fraudes à la loi, lorsqu'un chef d'entreprise agit contre les intérêts de sa société», a insisté la présidente du syndicat, Emmanuelle Perreux, «atterrée» par les propos présidentiels.
Selon elle, le chef de l'Etat «durcit sans cesse son propos et la législation contre les plus faibles, mais a la plus grande mansuétude envers les patrons qui auraient détourné l'intérêt social de leur entreprise au profit de leur intérêt personnel».

Moins sévère, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a plaidé pour le maintien d'une «régulation pénale» du monde des affaires «afin que ceux qui franchissent la ligne rouge soient sanctionnés». Son président, Bruno Thouzellier, a espéré que cela ne signifie pas «que la justice n'a plus à se mêler du monde des entreprises».

Un constat : si bien des abus de procédures peuvent entraîner bien des injustices et freiner bien des élans « créateurs », bien des « fraudeurs » prospèrent en raison de la faiblesse des moyens d’investigation des juges (rares) spécialisés dans les affaires financières. Or, la délinquance économique coûte plus cher à la collectivité que toutes les autres délinquances (si dénoncées) et la lutte contre l’économie criminelle devrait constituer une priorité nationale et européenne. Ce n’est pas seulement affaire de morale, mais d’efficacité économique et de justice sociale… La première victime des fraudeurs, c’est le consommateur-citoyen.

DR

30/08/2007

L’Union européenne et les coffres du Vatican: Les marchés du temple se défendent…

f54e5a7d41f7958a4489c7d425598599.pngDECRYPTAGE RELATIO par William PETITJEAN : Les papes, l’Eglise et l’argent   Les coffres du vatican font fantasmer autant que les caves…Un vieux feuilleton. Toujours d’actualité. L’argent du Vatican  refait polémique…sous pression (justifiée) de la Commission de Bruxelles qui en l’occurrence est tout à fait dans son rôle de gardienne de traités.

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La Commission européenne a adressé au gouvernement italien une demande d’informations pour avoir des détails sur les avantages fiscaux concédés par l'Etat aux diverses confessions religieuses. Aussitôt, ce fut aussitôt, en Italie, un concert de protestations. Et sur internet bien des alertes au scandale… Pour défendre le Vatican d’une façon aveugle ou pour renouer avec l’anticléricalisme de bas étage. Comme si dans cet ordre du temporel, les règles communautaires n’étaient pas applicables à tous…

Paradoxe : Principale visée, l'Eglise catholique a été la première à nourrir la polémique en dénonçant, par la voix du président de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Angelo Bagnasco, "une attaque à visée idéologique". Diable ! Comme si en la matière l’Etat du Vatican n’avait des comptes à rendre qu’à Dieu. On manque un peu de sang-froids sur certains sujets dans les milieux proches des « marchand du temple »…

A droite, un porte-parole de l'Union des démocrates du centre, d'origine démocrate-chrétienne, a assimilé la requête de l'Union à "une régurgitation d'anticléricalisme". Pour l'euro-parlementaire d'Alliance nationale (droite), Adriana Poli-Bortone, "l'Union ferait mieux de faire son mea culpa pour les centaines de milliards d'euros distribués sans contrôle à des ONG fantômes ou de complaisance". Deux ministres du gouvernement Prodi ont également critiqué l'initiative européenne comme étant "une instrumentation politique".

C’est fou. Voilà quelques années déjà, ce fut une levée de boucliers de ce type quand la banque du Vatican (née du Denier de Saint-Pierre  ) avait été accusée d’être l’un des centres les plus appréciés par les spéculateurs spécialisés dans le blanchiment de l’argent

« Le Vatican est le principal destinataire de plus de 55 milliards de dollars US d’argent sale italien et se place à la huitième place des destinations utilisées à travers le monde pour le blanchiment d’argent, devant des paradis fiscaux comme les Bahamas, la Suisse ou le Liechtenstein. Une enquête récente du "London Telegraph" et du "Inside Fraud Bulletin", cite la Cité du Vatican  comme étant un des principaux États "cut out" au même titre que des paradis fiscaux tels que Nauru, Macao et l’Ile Maurice. Un État "cut out" est un État dans lequel la législation sur le secret bancaire rend impossible la traçabilité de l’origine des fonds qui y sont déposés ». La même banque avait été aussi citée dans  les années 1980, dans des affaires financières où elle a semblé plus victime que coupable,(loge P2   et banque Ambrosiano  )

L’enquête n’a pas été conduite à son terme. C’est dommage. Au nom de la justice et dans l’intérêt même d’une religion qui en matière de biens terrestres est trop fidèle au sacro-saint : « faites comme je dis et pas comme je fais ».

Devant ces réactions, la Commission s'est défendue de tout acharnement contre l'Eglise. Il s'agit en effet d'un non-évnément... Pour l'instant, du moins. Saisie par des plaignants, Bruxelles cherche à vérifier si les exemptions de taxe immobilière dont bénéficie le clergé italien pour certaines de ses activités commerciales (restauration, hébergement), ainsi que la réduction de 50 % de la taxe professionnelle dans ses établissements scolaires et hospitaliers, constituent une distorsion de concurrence, comme le prétendent plusieurs plaignants. "Il y a une plainte, qu'il faut traiter comme une autre plainte, c'est dans l'intérêt de tout le monde", a déclaré un porte-parole de la Commission.

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Le sujet est évidemment sensible dans un pays où l'Eglise possède un patrimoine immobilier estimé à 100 000 immeubles pour une valeur de 8 à 9 milliards d'euros. Le vote catholique étant convoité à gauche comme à droite, peu de voix s'élèvent contre un système qui représente un manque à gagner de 1 à 2 milliards d'euros pour les collectivités locales. Annulée par la Cour de cassation en 2004, l'exonération de taxe immobilière avait été rétablie en 2005 par le gouvernement Berlusconi.

Dès son arrivée au pouvoir, en juin 2006, Romano Prodi, catholique pratiquant, a pris un décret pour supprimer à nouveau cet avantage. Mais la situation est restée inchangée en raison de la rédaction ambiguë du texte : seuls les immeubles "à usage exclusivement commercial", c'est-à-dire ne comportant pas de lieu de culte, sont soumis à la taxe. Les nombreux couvents qui proposent des prestations hôtelières aux touristes (avec ventes de souvenirs, bien sûr) continuent, par exemple, à en être exonérés.

L'anomalie du texte de loi a été soulevée par un député du Parti radical, une formation laïque appartenant à la majorité de centre-gauche, lors du vote de la loi de finances 2007, mais son amendement, après de longues palabres parlementaires, a été massivement rejeté (435 voix contre 29). Avec la grâce du ciel…

Au nom du respect de la concurrence, l'UE imposera-t-elle une mesure qu'aucun gouvernement italien n'est en mesure de prendre ? Bruxelles a aussi demandé des éclaircissements à Madrid au sujet d'exemptions fiscales dont bénéficie l'Eglise espagnole pour ses activités de construction et de travaux. Une réponse est attendue en septembre.

William PETITJEAN

RAPPEL 1: La principale controverse, qui a longtemps opposé la Commission et l'Espagne, a été éteinte il y a un an. Elle portait sur l'exemption de TVA dont bénéficiait l'Eglise espagnole et dont Bruxelles demandait la suppression. Madrid faisait valoir que cette dérogation résultait des accords passés avec le Vatican en 1979, après la mort de Franco et avant l'entrée de l'Espagne dans l'Europe. Après des années de polémiques, le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a finalement supprimé l'exemption de TVA en septembre 2006 dans le cadre d'un accord global avec l'Eglise sur son financement public, qui a réduit ses avantages.

8b163962c8d2b58b33eff1e1f4cbd041.jpgRAPPEL 2 : L'État de la Cité du Vatican n'est pas membre de l'Union européenne, mais entretient des liens étroits aux travers de ses accords douaniers et monétaires avec l'Italie. Suite à une nouvelle convention monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et la Cité du Vatican, cette dernière est autorisée depuis le 1er janvier 1999 à utiliser l'euro comme monnaie officielle. Le Vatican n'a pas le droit d'émettre des billets en euros, mais peut frapper des pièces en euros avec face nationale spécifique à la Cité à compter du 1er janvier 2002.

FICHE D’INFORMATION SUR LA CITE DU VATICAN>>>>>>

28/08/2007

Europe/Turquie : ET MAINTENANT ? Le nouveau ton de Sarkozy apprécié à Bruxelles et sur les rives du Bosphore

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

« Il s'agit d'un discours riche en idées nouvelles », dit l’un des porte-parole de la présidence portugaise de l'UE sans dire si Lisbonne allait suivre Sarkozy dans son idée de créer un Comite de Sages pour « réfléchir » aux structures, aux missions donc aux frontières de l’Union en 2020/30. Et de poser cette réflexion comme condition à la poursuite des négociations avec la Turquie.

La Présidence portugaise a un objectif majeur (le nouveau traité) et quelques priorités (dont le sommet euro-africain) qui rejoignent tout à fait les préoccupations françaises, mais elle ne veut pas que la question essentielle mais complexe des frontières ( à définir ou non) de l’Union rendre le chemin plus difficile. Elle a raison. Même si le souci de Sarkozy est plus que louable. Nous devons savoir vers quelle Union nous allons, où nous voulons et pouvons aller. Les Turcs aussi d'ailleurs devraient le savoir...

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« Une contribution importante », lâche le président Barroso (couvert d’éloges par Sarkozy) en faisant notamment allusion aux propos du Président français  sur la Turquie… D’autres responsables  de la Commission décortiquent avec une extrême attention le "discours aux Ambassadeurs" de Sarkozy.

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La plupart partagent les appréciations élogieuses faites par RELATIO. Que l’Union soit définie comme la « priorité des priorités » de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Sarkozy ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de « Cavalier seul » et de « Sarkopoléon » qu’il commençait sérieusement  à avoir dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir de son isolement sur la « question turque » est encourageante : « Les cyniques sont des gens réalistes » ironise un haut-fonctionnaire…

Sur le fond, les avis sont partagés. Pour certains, Sarko a amorcé un vrai tournant qui peut débloquer bien des choses. Pour d’autres, la levée de ses réserves sur la poursuite des négociations avec Ankara dans le maintien de sa préférence pour une association étroite, complique encore la gestion du dossier.

Sur à sa position envers la Turquie, Sarkozy a deux grands atouts : les opinions publiques européennes qui partagent ses sentiments et les arguments des  militants européens qui, comme la Présidente du mouvement européen France, l'excellentente  Sylvie Goulard (Le grand turc et la République de Venise) , estiment qu’un élargissement à la Turquie bloquerait sérieusement tout espoir d’une union européenne politique.

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Atatürk

Mais Sarkozy a une série de handicaps très sérieux :

1) Le respect des paroles données et des engagements pris compte au niveau des Etats. A travers Chirac, c’est la France qui s’est engagée sur la voie des négociations d’adhésion de la Turquie qui, on l’oublie trop, est membre (le 13ième) du Conseil de l’Europe donc de la famille européenne depuis la 9 août 1949. S’en tenir à des notions géographiques et arbitraires. Seule la Thrace est d’Europe (géographiquement), mais comment oublier que le site de Troie est d’Asie mineure…Et que montre en mains, en respectant les limitations de vitesse, il ne faut qu'une minute pour traverser le Bosphore.

2) En termes économiques et géostratégiques, la France ne peut pas se couper de la Turquie (où les francophones et les francophiles sont nombreux). Sarkozy s’en est vite rendu compte. Dès mai, il   avait dépêché,  à Ankara, son conseiller diplomatique Jean-David Lévitte, afin de tenter de réparer une relation bilatérale franco-turque empoisonnée par la question de l'adhésion, par les violences verbales du « candidat Sarko » et par le vote en France d'une loi sur le génocide arménien (loi qui illustre trop, indépendamment de la tragédie arménienne, la confusion des genres entre politiques et historiens…). La Turquie avait  mis des restrictions au survol de son territoire par des avions militaires français en route pour l'Afghanistan,  elle avait tenu GDF à l'écart du projet de gazoduc Nabucco et elle faisait savoir que  les relations bi-latérales …se faisaient à deux.

3) Que faut-il entendre par « partenariat privilégié »? L’expression sonne bien, mais que recouvre-t-elle ? En l’état, rien. Rien d’autre que ce qui existe déjà… depuis 1963, pour caricaturer. L'union douanière en témoigne. La Turquie figure déjà dans la politique de voisinage de l'UE. Les coopérations euro-turques se développent dans tous les secteurs, y compris culturels. Et s’il est un pays où le dialogue Islam-Europe peut prendre tout son sens, c’est bien la Turquie (avec le Maroc). Quant à l’intégration de la Turquie dans l’union méditerranéenne (encore bien floue) proposée par Sarkozy, elle s’impose par simple bon sens…

4) L’ouverture faite lundi en faveur d’une reprise des négociations sur 30 des 35 chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie comporte une ambiguïté. Les Vingt-Sept avaient  décidé de ne pas ouvrir les huit chapitres  concernant l'Union douanière, puisque la Turquie ne reconnaît toujours pas Chypre. Ce qui est en soi un scandale:les négociations avec les héritiers d'Atatürk n'auraient jamais dû commencer sans un règlement de cette "affaire chypriote". 

Or, les cinq chapitres exclus par Sarkozy font abstraction de cette décision qui porte sur huit. Maladresse dans la préparation du discours ? Légèreté coupable de Sarkozy ? Manque de réflexion ? D’ailleurs quels sont ces cinq chapitres ? « Le Monde », citant des sources élyséennes, écrit que les  cinq sujets sur lesquels M. Sarkozy ne veut pas entendre parler de négociations sont l'agriculture, la politique régionale, la citoyenneté européenne, les institutions, et l'Union monétaire.

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« Il n'est pas approprié de parler du nombre de députés turcs au Parlement européen, ou du poids de la Turquie au Conseil, car ces questions présupposent une adhésion à l'Union », explique un diplomate. Cela se comprend. Cela rejoint d’ailleurs la position de la chancelière allemande, Angela Merkel, dont  les idées sur ce sujet ne sont pas celles de ses alliés sociaux-démocrates de la grande coalition, plus favorables à l'adhésion claire, complète et rapide. Et trop indulgents ou trop peu vigilants face aux manquements turcs à Chypre, à l’extrême fragilité de la démocratie turque, à l’ampleur du défi kurde…et aux risques d’un élargissement qui serait synonyme d’affaiblissement…

Dans ce contexte, le changement de ton de Sarkozy a un inconvénient : il ne clarifie en rien les objectifs, ce qui n’est pas fait pour alléger le poids asphyxiant des arrières pensées, coté Bosphore comme coté Seine.

Il a un avantage : il peut contribuer à dépassionner le débat. C’est important à un moment où la Turquie sort démocratiquement d’une crise chargée de périls à la gravité généralement sous- évaluée. Entre charia, loi martiale et chaos.

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>>>Il doit être clair que le succès de ces négociations doit dépendre de l’ampleur, de la profondeur, et de l’inscription dans la durée des réformes indispensables pour que la Turquie répondent aux critères de l’Union. (Ce dont ne veulent pas bien des milieux turcs, au nom de l’islam ou de l’islamisme).

>>>Il doit être clair également que tout élargissement à la Turquie doit être PRECEDE d’un renforcement POLITIQUE de l’Union. (Ce que ne souhaitent pas ceux qui, Britanniques en tête, misent sur la carte turque pour diluer au lieu de consolider)

>>>Il doit être clair enfin que les négociations euro-turques dépendront en partie des réactions et de l’Union et de la Turquie aux séismes géopolitiques qui n’ont pas fini de secouer l’ex- flanc sud-est de l’OTAN au balcon d’événements imprévisibles mais…annoncés au Moyen et au Proche-Orient, autour de la Mer Noire (devenue lac turc), dans le  Caucase... Zone sismique! 

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Autant dire que les réponses à cette « question turque » dépendront de  l’aboutissement de processus à plusieurs inconnues… Se prononcer pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’Union aujourd’hui, surtout en fonction de l’opinion publique d’aujourd’hui, tient soit de l’aveu de préjugés, soit d’un grand sens du jeu… Etalage d’arrières pensées ou pronostics.  

Sur un tel dossier, on ne décide pas en 2007 ce qui doit l’être en 2015 dans la meilleure des hypothèses. Et on ne prépare pas l’avenir les yeux fixés sur le seul rétroviseur… Le « Grand Turc » n’est plus ce qu’il était, mais la « République de Venise » non plus. Le « syndrome de Poitiers » nous a joué bien des tours, ne nous laissons pas enfermer par celui des « Sièges de Vienne »…

Daniel RIOT

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Rivalités au Pôle Nord: inquiétudes allemandes

Frank-Walter Steinmeier met en garde contre les risques de conflit à propos des ressources du Pôle Nord

87635e9c76cf20da7e426410de635b1b.jpgEn visite depuis deux jours en Norvège, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier met en garde la communauté internationale contre les risques de conflit pouvant résulter de la compétition autour des ressources naturelles de la région du Pôle Nord, à l'heure où le réchauffement accélère la fonte des glaces.

Un siècle après les premières courses au Pôle, "nous assistons aujourd'hui, dans la foulée du changement climatique, à une seconde compétition pour la région qui encercle le Pôle nord. Mais cette fois, ce n'est plus de gloire nationale ou scientifique qu'il est question mais de durs intérêts économiques. [.] Des conflits internationaux relatifs à la répartition des matières premières et des ressources pourraient constituer une menace dans les régions les plus septentrionales", constate-t-il dans une tribune publiée ce matin par le quotidien "Die Welt".

Pour prévenir les risques de conflits, M. Steinmeier appelle donc à une prise de conscience de l'importance des enjeux énergétiques et climatiques, et à un renforcement de la coopération internationale. "Nous n'aurons la force de prendre des décisions politiques débouchant sur la collaboration mondiale et sur une activité économique durable et respectueuse du climat que si nous comprenons le double défi inhérent à la sécurité énergétique et à la protection du climat", écrit-il. "La réussite économique et la responsabilité envers l'environnement et le climat ne sont pas antagonistes, j'en suis convaincu. Elles peuvent même être la condition l'une de l'autre. Pour ce faire nous avons besoin d'accroître la coopération internationale, d'approfondir les partenariats qui ont fait leurs preuves et de nouer des alliances nouvelles dans le domaine de la politique mondiale pour le climat et l'énergie".

En ce qui concerne les ressources en pétrole et en gaz aux abords du Pôle nord, "ce n'est pas l'avance prise par le plus rapide ni le droit du plus fort qui doit trancher mais la seule force du droit international", explique Frank-Walter Steinmeier. Il existe des procédures de clarification reconnues. "L'Arctique et l'océan polaire doivent rester une région de coopération scientifique et économique". Après avoir visité une base scientifique franco-allemande au Spitzberg, le ministre doit se rendre, demain, en Californie.

Ces musulmans d'Europe qui disent non à l'islamisme

SELECTION (ET SUGGESTION) RELATIO SUR ARTE: UN THEMA A SUIVRE!
En Europe, l'immense majorité des musulmans est constituée de démocrates favorables à la laïcité. Comment expliquer qu'ils laissent l'intégrisme monopoliser, à leur détriment, le discours et l'image de l'islam ?
ARTE leur donne la parole. Ce soir à partir de 20h45.

21f427c74f1846a1d7436fc0f880861e.jpgQui sont les premières victimes des islamistes ? Les musul- mans. Et qui sont leurs adver- saires les plus déterminés ? Les mêmes bien sûr ! Observez bien : partout en Europe - en Angleterre, en Espagne, au Danemark -, des voix musul- manes s'élèvent pour condamner sans ambiguïté l'islamisme et le terrorisme. Partout - au Maroc, en Jordanie, au Yémen, en Algérie, au Pakistan -, des intellectuels et des journalistes courageux, qui risquent leur vie en affichant leurs convictions, ou même en faisant tout simplement leur travail, nous rappellent que les pires ennemis des musulmans, se sont tous ceux qui instrumentalisent l'islam pour en faire une arme de guerre contre le progrès et contre la liberté.

Nous ne les écoutons pas assez et surtout, nous ne leur donnons pas assez la parole. C'est donc à eux que cette "Thema" est consacrée. À eux surtout qu'elle est confiée. À tous ces musulmans qui disent non à l'islamisme et oui à la démocratie. Ce soir, les démocrates musulmans - et eux seuls - s'expriment. Pour nous dire leur manière de voir les choses. Leur façon de parler du prophète et des femmes, leurs certitudes sur la guerre qui leur a été déclarée par les fous d'Allah et leurs doutes face, parfois, à notre inconscience et notre passivité. Alors écoutons-les, regardons-les avant de juger. La télévision, ça sert d'abord à ça !

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>> Interview : Comment vivent les musulmans en Europe ? Où en est-on de leur intégration ?
http://news.arte-tv.com/re?l=6m6zz2I2zys6tI1

>> Extraits vidéos : Découvrez dès maintenant la soirée thema en vidéo !
http://news.arte-tv.com/re?l=6m6zz2I2zys6tI2

www.arte.tv/islamisme

27/08/2007

La France en Europe: Sarko met le turbo... Bravo!

EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT:OUI. J’applaudis. Et j’invite à applaudir, si tant est que cette exhortation ne semble pas présomptueuse. Qui d’ailleurs, de bonne foi, pourrait ne pas applaudir au discours de Sarkozy devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France ?

On peut, bien sûr, contester ceci ou cela. Déplorer par exemple que la protection civile européenne et l’Europe de la Justice ne figurent pas dans les priorités définies pour l’Union. Bien sûr… Entre autres. Mais pour l’essentiel, dans le fond comme sur la forme, Sarkozy a tout fait (et bien fait) pour réunir une adhésion nationale, par-delà les clivages politiciens, à sa ligne diplomatique. Et, surtout,  pour atteindre ses objectifs au niveau européen.

Le dessein est clair. Les dessins restent à peaufiner en tenant compte des opinions des autres. Mais la voie tracée est bonne et la voix est forte. Y compris dans des clarifications fermes qui peuvent déplaire. Sur la Russie « qui joue d’une certaine brutalité de ses atouts ». Sur la Chine. Sur les nécessaires réformes pour que l’expression « ordre mondial » prenne (enfin) du sens (conseil de sécurité élargi, passage du G8 au G13, meilleur équilibre au sein du FMI). Sur la complémentarité entre l’OTAN et l’Union.Sur l'intelligence recouvrée dans les relations franco-américaines.

Dans une optique européenne, trois faits essentiels à mettre en relief :

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La rentrée de mes "chroniques strasbourgeoises": Merci Catherine, merci Roland

Vive la rentrée… Surtout quand il n’y a guère eu de sortie… Je reprends donc mes notules locales, cette "chronique strasbourgeoise" qui se veut sucrée-salée en parlant avec légèreté et ironie de sujets parfois sérieux. En suivant à la lettre l’un des mots d’ordre de…Sarko : « Aucun mot n’est tabou »…

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A Strasbourg, c’est le tram qui mène le train du tandem. J’ai adoré ces festivités… autour du "premier réseau maillé de France".  « Nous serons la première ville de France du point de vue de la présence du tramway », se réjouit le président UMP de la Communauté urbaine, Robert Grossmann. Bravo Bob. Et merci à Catherine Traumann et à Roland Ries.

Bizarre … Je crois me souvenir, avec certitude, que notre Malraux de Pourtalès qui regrettera toujours de ne pas  se prénommer  Vassili, avait en membre aigri  de l'équipe municipale battue par la gauche en 1989 avait voté contre ce mode de transport en site propre. C’est bien d’évoluer ainsi.

Sur le vélo aussi, ce champion du 4X4 en ville a évolué… Il est vrai qu’on ne peut pas à la fois gouverner en tandem (sans que les deux co-équipiers  pédalent toujours dans le même sens) et ignorer cette passion du vélo qui déchaîne des mobilisations dans toutes les villes depuis que Traumann et Ries ont montré l’exemple…contre l’avis de l’opposition municipale de l’époque qui vivait dans la nostalgie de la place Kléber transformé en mini « circuit Ricard ». Selon l'agence Reuter, Robert Grossmann s’est dit  agacé par l'écho rencontré par le système de location de vélos parisien Vélib en rappelant que Strasbourg est aussi « la première ville cycliste en France »….

Là encore merci Catherine et merci Roland. Strasbourg a été « la première » (en France seulement) grâce à eux. Depuis d’autres ont fait plus et mieux, grâce à des collaborateurs qui  souvent sont passés par « l’école cycliste… strasbourgeoise », Lyon et Paris, notamment…

Ah ! La gauche strasbourgeoise, depuis, a sérieusement pédalé dans la choucroute.  Ce qui lui a valu de plonger dans le tonneau. Mais l’heure n’est plus aux regrets acides et inutiles déjà trop fermentés…

C’est le « Pasqua du rocardisme trahi » devenu « préfet hors cadre », donc l’un de ces fonctionnaires qui sucent les finances de l’Etat sans se sentir concernés par  la « fonctionnairophobie » de Fillon, qui a réussi à casser le tandem Traumann-Ries.

On me chuchote que les relations sont  excellentes entre Petitdemange et Grossmann… Oui, oui… Robert, « culturellement de gauche » et Jean-Claude, « fourbement de droite », étaient sans doute prédestinés à faire du patin à roulettes, ensemble, en roulant de conserve…

Mais attention, Robert, le préfet hors cadre, adore casser les tandems… et faire dérailler son camp. JCP, ou le « tramway nommé désir de nuire ».

Daniel RIOT

POUR MEMOIRE: ma note sur le livre de Roland Ries 

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