« Petite chronique strasbourgeoise : Le tandem, le vélo libre, les pistes de réflexions et les herbes des trottoirs | Page d'accueil | Université et politique : Quand le Doyen de la fac de droit de Strasbourg se discrédite en donnant crédit à une désinformation orchestrée contre une de ses collègues »
13/09/2007
Petite chronique strasbourgeoise : La désinformation ne provient pas des journalistes mais de leurs informateurs…
Où l’on comprend pleinement la crise de la politique. Où l’on se dit que Bayrou aurait du créer le Modem avant les Présidentielles. Où l’on voit à oeil nu la connerie maligne, cette maladie politiquement transmissible. Où un nom propre (Jacques Bon) devient un nom commun : comment neutraliser les « Jacques Bon », ces champions du pouvoir de nuire ? Pardon si ce texte comporte des longueurs : ce sont de « bonnes » citations ou plutôt des citations de Bon, pour de bon…
L'ART DE REDIGER UN COMMUNIQUE
Ce n’est qu’un détail, mais il est très révélateur de la difficulté de bien informer quand les informateurs sont des désinformateurs…
Les faits : une réunion de la première section de l’UDF-Modem de Strasbourg se traduit par l’adoption d’un communiqué de presse (approuvé comme tel par un vote) par 36 voix pour, 10 abstentions, 5 contre.
Ce communiqué que le Président de séance (qui n’a pour légitimité qu’un arbitraire bureaucratique non légitime) est chargé de transmettre à la presse tient en une phrase claire : « En ce qui concerne les élections municipales de Strasbourg, l’UDF-MODEM de la 1ère circonscription apporte son total soutien à la ligne politique définie par François BAYROU concernant la constitution d’une liste UDF-MODEM indépendante des partis politiques dits de droite comme des partis dits de gauche lors du 1er tour des élections municipales de Strasbourg. »
Que fait le « président » de séance, par ailleurs champion toute catégorie de l’incivilité affichée ? Il pond (visiblement avec l’aide d’un plumitif) un texte où il fait croire que ce qu’il met dans sa propre bouche est l’expression de la majorité de l’Assemblée. Cela s'appelle comment, cela? Faire des noeuds délibérés. Des noeuds de vipères (pas même lubriques), bien sûr...

Je cite : « La section de la 1ère circonscription s’est réunie mardi 11 septembre. Le président, Jacques BON, a rappelé à l’ensemble des participants :
Que le temps de désignation d’une tête de liste pour les municipales de Strasbourg n’était pas venu.
Que le nombre et la qualité des nouveaux adhérents montraient à l’évidence combien l’U.D.F- MODEM représentait une force attractive pour des sensibilités diverses.
Que l’union de toutes ces sensibilités permettra au centrisme alsacien de reprendre la place incontournable qui est la sienne dans la politique Strasbourgeoise.
Que l’élaboration d’un programme pour Strasbourg à laquelle sont associés tous les militants UDF- MODEM qui le souhaitent est en cours sous la responsabilité de Paul SOUVILLE. Ce sera le programme de l’UDF- MODEM. »
Le Président Jacques BON (encore) « demande à tous les présents qui l’acceptent à l’unanimité, la légitimité de proposer au vote une motion qui soit l’émanation du souhait de la circonscription de Strasbourg 1 ». Vous suivez ? Ecrivez-lui si vous ne comprenez pas tout…
« Cette motion adoptée à une très large majorité est la suivante : « En ce qui concerne les élections municipales de Strasbourg, l’UDF-MODEM de la 1ère circonscription apporte son total soutien à la ligne politique définie par François BAYROU concernant la constitution d’une liste UDF-MODEM indépendante des partis politiques dits de droite comme des partis dits de gauche lors du 1er tour des élections municipales de Strasbourg. »
Vous suivez toujours ? La dernière phrase seule est la bonne (elle n’est ni de lui, ni de son assistant plumitif)….
Comment voulez-vous que les journalistes réagissent ? Comme ils l’ont fait… En soulignant quelque ambiguïté, quelque flou : « Ainsi, la section présidée par Jacques Bon rappelle que « le temps de la désignation d'une tête de liste pour les municipales de Strasbourg n'[est] pas venu » et que « l'élaboration d'un programme pour Strasbourg à laquelle sont associés tous les militants UDF-Modem qui le souhaitent est en cours sous la responsabilité de Paul Souville ». « Les choses doivent se faire dans l'ordre », appuie Jacques Bon, comme pour souligner une forme de précipitation de la part de Mme Cutajar et de ses proches. M. Bon qui précise que la désignation de la tête de liste ne pourra se faire qu'au plan national... »
UNE MOTION QUI REJOUIT LE GROUPE MUNICIPAL DE CUTAJAR
Constat : La confusion est délibérément provoquée entre ce que Monsieur Bon peut penser et dire à titre exclusivement personnel (et qui n'intéresse que lui) et ce que le même Sir Bon était chargé (par un vote, SVP, j’insiste) de transmettre à la presse : la motion claire, brève, nette, « sans ambiguïté », citée en fin de communication.
A retenir : Cette motion désigne comme des adversaires de Bayrou celles et ceux qui ne l’ont pas approuvée (mais oui, c’est inscrit !)…
A noter : Cette motion est complètement à l’opposé du texte adopté, à la sauvette, par une quinzaine de personnes dans la deuxième section udf de Strasbourg qui rêvent de l'UMP et reproduit dans la presse locale qui parle (en toute bonne foi mais sur la base d’informations fausses) de « large majorité »)
A souligner, et les DNA l’ont bien fait : Cette motion reprend « mot pour mot le discours tenu par Chantal Cutajar à l'occasion de la présentation de l'association « Strasbourg, je t'M ».Et de l’annonce de la candidature de la même Chantal Cutajar (qui n’a rien de prématurée puisque le dernier délais pour les déclarations de candidatures était fixé par l’udf-départementale au 31 Aout)
Cela réjouit évidemment le groupe UDF-Modem du Conseil municipal de Strasbourg, qui s’est fendu logiquement d’un communiqué pour souligner l’importance de cette motion. N’en déplaise au plumitif de Jacques Bon qui tient un blog pour lequel je ferai de la publicité un jour :il est des comiques involontaires dignes d’éloges.
Rappelons, en passant, que ce groupe UDF-Modem, crée et présidé par Chantal Cutajar, (à la demande des instances dirigeantes de l’Udf) est le seul habilité à se réclamer du label UDF-Modem. Cette précision est à marteler en toute circonstance puisque les fabricants de brouillard centreux qui rêvent de faire une OPA sur « l’Udf-Modem » avec les idées du « Nouveau Centre » sévissent toujours, partout, y compris à … l’UDF.Où ils poursuivent leur labourage désinformateur et leurs travaux de sape, « en doryphores, en taupes ou en vipères », pour reprendre la métaphore si juste d’un ami des animaux qui, comme moi, découvre la vie d’un parti de l’intérieur avec étonnement, stupéfaction et écoeurement. Doryphores, taupes, vipères… J’ai dû en oublier. « L’homme est un animal politique », disait Aristote…
Confidences: J’ai, pour l’heure, assisté à deux réunions de l’Udf (je ne dis pas Modem en l’occurrence car si les mots étaient synonymes je n’aurais pas payé ma cotisation et je ne m’y serais jamais inscrit).

DE LA CRISE DE LA POLITIQUE ....
A deux reprises, à des niveaux différents, j’ai assisté à des débats lamentables, à des étalages de malhonnêteté intellectuelle, et à des chefs d’œuvre de manipulations. Des débats mal conduits ou plutôt conduits dans le seul but d’esquiver les vraies questions. Et, pire, à la fin, après, des communiqués mensongers ou chargés d’ambiguïtés délibérées.
Est-ce ainsi dans tous les partis ? Je me suis renseigné : je crains le pire des constats, donc la pire des réponses. Oui, à quelques nuances près… Franchement, seul un sens aigu de l’humour ou une folle ambition ou (certaines et certains en portent heureusement !) des convictions bien ancrées peuvent faire supporter, en la matière, ce qui est insupportable à un esprit sensé et normalement constitué.
L’observateur professionnel que je reste a, du coup, mieux compris ce qu’il ne faisait que soupçonner en se fiant aux échos glanés sur ce type de huis clos : la crise du politique en France ne sera surmontée que par des révolutions culturelles à la base.
L’observateur habité par les idéaux proclamés et les idées exprimées par Bayrou comprend nettement mieux l’impérative nécessité si l’on veut vraiment « faire la politique autrement » de créer un MoDem sur des bases vraiment nouvelles. Et d’en finir avec ce qu’est devenu ce parti du centre bien indigne des valeurs démocrates-chrétiennes donc humanistes voire personnalistes qu’il prétend toujours porter. Diantre : pourquoi n’a-t-il pas créer le Modem avant les Présidentielles, le successeur du bon Roi Henri IV ?
L’observateur que je reste et resterai toujours, même avec une carte du MoDem (donc du « Penser Libre ») en poche, a également trouvé confirmation de deux données de fond

DE LA CONNERIE MALIGNE EN POLITIQUE
1°Le pire, c’est que le virus qui transforme, à la base, notre démocratie en médiocratie, est politiquement transmissible d’une génération à l’autre… En clair, les vieux cons, les vieux profiteurs, les vieux pourris de demain sont les jeunes cons, les jeunes profiteurs et les jeunes pourris d’aujourd’hui. Et diable sait qu’il y en a !
J’ai beau vouloir croire en la perfectibilité des individus et respecter les personnes, je dois constater que le « tous différents, tous égaux » est pertinent quand il porte sur l’âge, sur le sexe, sur le genre, sur la couleur de la peau, sur la religion, sur les mœurs et sur les croyances, mais pas quand il se rapporte à la conneries, si bien partagée…Plus que le bon sens du trop bon Descartes, sans doute…
La connerie seule est supportable. Elle est même excusable. Pardonnez leur Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font… Mais le con en politique n’est pas (jeune ou vieux) un simple con ; il est con « malin ». Malin n’étant évidemment ni synonyme d’intelligent ni le contraire de « bête»… Quand la connerie maligne (comme on dit d’une tumeur) sert de support à des ambitions politiques, donc personnelles à des fins collectives, elle devient vraiment insupportable.
Evidemment, on est toujours le con de quelqu’un. Et la connerie, terme générique donc fourre-tout, relève de critères subjectifs. Mais tout de même…Il est des flagrants délires qui sont des fragrants délits !
C’est d’ailleurs sans doute parce que j’ai le bonheur d’avoir la lucidité d’être habité par une forme de connerie que je n’ai personnellement aucune ambition politicienne…
DE LA PASSION DU POUVOIR DE NUIRE...
2°La plus grande difficulté, en politique, ce n’est pas de rassembler des gens qui veulent construire ensemble : ils sont nombreux les gens intelligents portés par des convictions fortes, des motivations nobles et des idées dignes d’être suivies qui veulent agir dans l’intérêt collectif, pour le bien commun, avec un sens aigu de la citoyenneté. Mais c’est d’éliminer les minorités des « nuisibles ».
Un moustique suffit pour vous gâcher une sieste au soleil. Un petit bouton sur le menton suffit pour altérer le plus beau des visages. Une petite contrariété suffit pour mettre à bas un moral au beau fixe. La nuisance, en politique, est une super puissance. Le pouvoir de nuire est le pire des pouvoirs. Surtout quand il est aux mains des acteurs du premier constat fait ici. Et surtout quand (par charité chrétienne peut-être) des gens intelligents pensent plus à les neutraliser en tentant de les flatter, de les ménager, plutôt que de les mettre hors état de nuire par un parler franc. Un con malin doté d’un pouvoir de nuisance devient un con dangereux. Surtout quand il sait se servir de l’hypocrisie de ceux qui sont « gentils » à leurs égards… Ils sont d’ailleurs encore plus dangereux jeunes que vieux…puisqu'ils ont plus d'avenir en perspective.
Confidence: J’ai connu Jacques Bon jeune (giscardien). Il était déjà vieux ! Je le revois vieux (udf de je ne sais tel teint)… il n’a pas mûri. Il est resté le même vieux sous d’autres traits. Ce n’est pas grave pour la collectivité : il a été élu conseiller municipal (ce qui confirme que l’élection n’est pas toujours la sélection d’une élite). Il ne l’est plus. (Ce qui confirme la churchillienne remarque sur notre démocratie, le pire des système à l’exception de tous les autres)…Et il a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales : c’est son seul propos sensé de cette longue soirée ! C’est bien, çà. C’est vraiment Bon. Sauf pour le tandem UMP qui rêve d'une liste UDF forte de ce type de faibles...

L'ART D'ETRE "UN JACQUES BON"
Message personnel: Mes amitiés, Jacques. Je n’oublie pas que tu m’as marié, comme tant d’autres (trois parmi les présents de la réunion d’hier). C’est dans la salle du mariage qu’il faisait le moins de dégâts, l’élu Bon. Mais comment peut-on à ce point manquer de civilité quand on a été officier d’état civil ? Pauvre Jacques. Inutile de me téléphoner pour m’inviter à déjeuner :tu m’as coupé tout appétit…
Ce qui, en revanche, me semble grave c’est que des « Jacques Bon », il n’y a pas qu’un dans les minorités agissantes et nuisibles de l’udf.
Dans les deux réunions où l’observateur a pu voir et écouter en acteur, j’en ai recensé quelque uns et quelques unes des « Jacques Bon »… Mais je ne vais pas transformer un nom propre (difficile à porter qui plus est) en nom commun. Ce serait lui faire beaucoup d’honneur. Contrairement au préfet de police devenu célèbre, il n’a pas inventé les poubelles.
Je n’ai qu’un doute ou plutôt une angoisse : des « Jacques Bon », il y en aura encore au MoDem ? Sans doute… C’est inévitable. Humaine, trop humaine, la connerie maligne. Humaine, trop humaine, la bêtise nuisible. Pourtant, ils recrutent au « Nouveau Centre ». Et ils ont promis de rester fidèles à ce qu'il y avait de pire à l'udf. Cela ne m'empêche pas d'être MoDem sans modération. mais comme beaucoup d'autres je ne le resterai qu'à certaines con-ditions...
Daniel RIOT
PS: Pardon à mes lectrices et lecteurs non strasbourgeois. Mais cette péripétie locale a une portée plus générale. Si chez vous, ailleurs qu'à Strasbourg, vous vivez les réunions politiques plus connes, envoyez-moi un message:j'ai besoin d'être con-solé!
22:25 Publié dans chroniques strasbourgeoises | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, udf, modem, bayrou, cutajar, municipales











Commentaires
L'UDF nous joue "les habits neufs du Président Bayrou" mais n'est pas Simon Leys qui veut. Votre billet est injurieux et sent le rance.
Ecrit par : Père Spicasse | 14/09/2007
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