28/10/2007
Les « séminaristes » et le « grand prêtre »…
Petites remarques de forme et de fond sur (et autour) des articles des DNA à propos d’un « point d’étape » de Chantal Cutajar et de son équipe.
« Qu’est-ce que tu en penses ? »… L’heure d’hiver n’a pas fait sonner le téléphone plus tard, ce matin…Qui disait que la presse est en crise ? Mais non, ce qui est écrit, est écrit, et « c’est vrai puisque c’est dans le journal »… Tout cela est plutôt bien d’ailleurs. Même si, sur tous les sujets, seuls les personnes directement concernées sont en fait vraiment intéressées, même quand l’intérêt général est en jeu.
De toute façons, les journalistes ne sont en rien des « grands prêtres » de l’opinion… Un ancien patron des dna aimait à dire : « notre seul vrai pouvoir, c’est de ne rien dire, de taire ». Pas faux…
Cela dit revenons à la question du jour (pour mon téléphone) : Qu’est-ce que je pense des articles publiés sur internet et sur papier dans les dna de ce jour à propos de la réunion de « Strasbourg je T’M » de vendredi soir? Réponses singulières, au pluriel...

REFLEXES D’UN MILITANT … SI LE MODEM N’ETAIT PAS LE MODEM
>>>>Si je réagissais en militant (ce que je suis, mais avec une distance intellectuelle qui ne me fait pas sombrer dans quelque aveuglement), je serais furieux. Rien de moins. Alors, je vais jouer les furieux… sans tout inventer ! Réflexes d’un militant politique classique donc d’un militant du MoDem si le MoDem n’était pas le MoDem…
« Sur internet, tout est malveillant, même la photo. Tout est réducteur. Et le rappel de la bio politique de Cutajar est soit un signe de sous information soit un étalage de mauvaise foi… Sur le papier, l’histoire de « l’auberge espagnole » est péjorative au possible. Même le terme de « séminaire » est impropre. On se demande vraiment pourquoi Bach qui doit se prendre pour un grand prêtre de je ne sais quel culte a passé autant de temps pour en retenir aussi peu de choses et jouer autant les blasés.
Décidément, les dna font le jeu du tandem, donc font tout pour dévaloriser celles et ceux qui sont les vrais périls pour le tandem UMP. Même le lapsus est révélateur : jeunes UMP au lieu de jeunes UDF. Et l’expression « transfuges» pour Yveline Moeglen et Pierre Henninger, pas même cités en dépit de ce qu’ils représentent et apportent, est mal propre.
Bach réussit même l’exploit de reparler de LHK pour dire que… personne n’en a parlé. Et évoque Merger pour évoquer sa « discrétion ». C’est un comble.
Et à propos de rumeurs, Bach se lâche sans rien révéler... Il ne manque que l’arrivée de Jean-Marie Cavada, les appels du pieds du tandem à Cutajar, les adhésions de Lalanne, de Gilbert Gress, d’Etienne Pflimlin, de Tomi Ungerer, de Cookie Dingler, à Strasbourg je t’M »… Nous sommes tous des « citoyens libérés » !
Dur métier...UNE EXPERIENCE NOUVELLE, DONC RISQUEE…
>>>>>Si je réagissais en journaliste (que je reste) je serais beaucoup plus compréhensif envers l’auteur de ces deux articles qui a eu le mérite de faire une plongée dans une réunion qui lui a été ouverte. Ce qui est en soi un double risque. Et pour les organisateurs. Et pour le journaliste. Surtout quand le journaliste s’engage à ne pas révéler l’essentiel des idées originales qui figureront dans le programme en chantier et quand les organisateurs disent vouloir faire comme s’il n’y avait pas de journaliste dans la salle…
La difficulté de Christian était d’autant plus grande que nous vivons dans une ère journalistique française où l’on ne sépare pas l’info, le compte-rendu, du commentaire, et ce n’est pas de sa faute. Je l’ai fait et le fais moi-même.
Sur la forme, « l’auberge espagnole » n’a rien de péjoratif. A une nuance près, de taille, à « l’auberge alsacienne » de Strasbourg je t’M, chacun ne mange pas ce qu’il apporte mais il y a mise en commun du meilleur de ce que chacun apporte.
Le mot « séminaire » n’est pas si mal choisi que cela, puisque cette réunion d’étape n’avait rien des « grand’s messes » que les partis organisent en général quand ils invitent la presse. Il y a, sur ce plan là, plus d’incompréhension sur le blog que sur le papier.
Chantal Cutajar le précise bien dans son bref mais net commentaire : « il ne s’agissait pas d’une réunion de militants, d’une AG » mais d’une mise commun, d’une première synthèse des travaux des groupes de travail qui planchent sérieusement et réunissent quelque 80 de 159 adhérents de Strasbourg je t'M
Alors ? Un journaliste vu par un journaliste ? Christian Bach, en conclusion, ne mérite pour ces articles ni louanges démesurées ni blâmes excessifs. Du travail journalistique plus que correct, plutôt bien même, si je puis me permettre, sans ironie aucune. (Je précise à l’intention des mauvais esprits)

QUELQUES ENSEIGNEMENTS POLITIQUES
>>>>Si je répondais à la question posée en observateur politique (que je reste), je soulignerais trois choses. d'ailleurs, c'est ce que je fais...
1) Le coté « révolutionnaire » de l’approche Modem a au niveau local les mêmes handicaps en terme de communication qu’au niveau national. Parce que les têtes restent politiquement binaires, bipolarisées, hémyplégiques.
Dans cette perspective, il est très intéressant de remarquer que Christian Bach ait vu dans le dîner de LMK le classique clivage entre les « libéraux » et les autres alors que les divergences d’opinions qui se sont affichées durant la réunion d’étape de l’équipe de Chantal ont porté sur des sujets, non sur des lignes de partage idéologiques.
Que Christian Bach souligne que les jeunes udf de l’équipe ont des « des idées bien précises et argumentées » et « auraient pu suivre, sans se dédire, un candidat de gauche ou écologiste » est plus un compliment qu’une remarque critique. Certaines des idées seraient aussi les bienvenues...à l’UMP. C’est dans la logique du MoDem

2) Ne pouvaient apparaître lors de cette soirée de travail ni les idées précises qui seront retenues dans le programme de la liste conduite par Chantal Cutajar (qui n’aura rien d’un catalogue de promesses destinées à des électeurs consommateurs) ni les propositions essentielles sur le « Pacte démocratique » qui comportera (c’est sûr) une nouvelle méthode non de « gouvernance », ce qui ne veut rien dire, mais de « gouvernement » de la ville, avec notamment une forme de management des services de la Ville et de la CUS…
Là, il y aura un vrai « esprit révolutionnaire »… et salutaire. Un peu de patience, Christian : l’équipe Cutajar n’est pas comme les Verts qui égrènent publiquement des propositions qui sont déjà ou seront dans tous les programmes ou presque (cantines bio, code le rue, éco-cité modèle au port du Rhin, par exemple).

Je ne parle évidemment pas pour l’instant de l’Europe et de l’euro-district où tant de retards ont été accumulés ces dernières années et où tant de choses DOIVENT être réalisées si l’on veut que Strasbourg ne devienne pas « Vesoul am Rhein » (je dis Vesoul, parce que j’y ai des souvenirs affectifs qui ne regardent que moi, mais j’aurais pu choisir d’autres cités qui ont des foires régionales plus européenne que la nôtre…).
Que le projet d’EURODOM d’Alexis Lehman (et de la SPE crée par Françis Hirn) ait été traité par le mépris (parce que « de gauche », paraît-il) par le « tandem » a quelque chose de surréaliste…
EURODOM n’est pas qu’un lieu, c’est d’abord un esprit, pour européaniser Strasbourg et pour accroître le rayonnement de cette ville « qui a l’Europe pour Soleil »
3) Ne pouvait pas apparaître non plus lors de cette réunion le liant de la démarche programmatique de Chantal Cutajar et de son équipe. Je reprends ici en substance ce qu’elle a dit en conclusion de cette (trop) longue soirée de travail. Christian Bach n’est évidemment pas responsable de ne pas l’avoir entendu. Sa patience et son temps méritent hommage et l’heure des bouclages est impérative. Les responsables de Strasbourg je t’M l’ont remercié, j’espère. En tous cas, je lui tire un coup de chapeau.

LES CINQ PILIERS DE LA PHILOSOPHIE D’ACTION
DE CHANTAL CUTAJAR ET DE SON EQUIPE
« Nos propositions s‘inscriront toutes dans la logique et la cohérence des plates formes de l’udf « libre », du Modem, de cap 21, telles qu’elles ont été définies par Francois Bayrou durant la campagne présidentielles, telles que je les ai défendues durant la campagne des législatives et telles que Corinne Lepage les a rappelés lors de sa récente visite à Strasbourg, à l’invitation d’Yveline Moeglen. Tout tourne autour de cinq piliers :
>>> Vision d’ensemble, cohérence des décisions et stratégie claire pour un développement harmonieux et durable de Strasbourg et pour un « Vivre ensemble » digne de ce nom.
>>> Un Pacte démocratique clair. Et une forme de gouvernement de la Ville fondé sur une concertation citoyenne réelle (par les comités de quartiers, bien sûr, mais aussi par les « conférence de citoyens », telles qu’elles n’existent pour l’heure que dans l’Europe du Nord), une transparence effective avec un vrai statut de la majorité et de l’opposition et une authentique « démocratie sociale »
>>> Une « éco-économie » réelle, ce qui signifie que toute décision comprendra des volets économique , financier, social, écologique, culturel, pédagogique et, bien sûr, européen.
>>> La prise en compte pleine et entière de l’eurodistrict qui doit être en fait une eurorégion, et de l’indispensable concertation (y compris au niveau citoyen) avec nos amis, voisins et partenaires allemands.
>>> La « priorité européenne » traduite concrètement d’une façon transpolitique et multidisciplinaire pour développer l’Europe A Strasbourg et l’Europe DE Strasbourg, Avec notamment la prise en compte, en tout et pour tout ce qui est de la compétence municipale, de ce que le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux préconisent et recommandent. Et avec ce que Corinne Lepage appelle « la clause du citoyen européen le plus favorisé »
De tout cela, nous reparlerons, bien sûr...Ici, et ailleurs.
Daniel RIOT
16:40 Publié dans chroniques strasbourgeoises | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, modem, municipales, cutajar, bayrou, écologie











Commentaires
Il y a deux choses que j'aime beaucoup avec ce nouveau média qu'est le blog, notre blog (www.strasbourg2008.dna.fr)
-la réaction à ce que nous écrivons est extrêmement rapide : mon papier à peine posté, samedi, j'ai déjà eu des retours, critiques certes, mais intéressants. Et ce n'est pas la première fois.
-les réactions sont plus nombreuses, plus immédiates et plus directes qu'elles ne l'ont jamais été pour nous... imaginez combien de fois les lenteurs d'un courrier écrit, (qu'il faut rédiger, poster, qui doit arriver à bon port au bon service dans un journal dont on ne connaît pas les journalistes) ont découragé un lecteur qui sentait une soudaine envie de s'exprimer...
Oui, le regard que nous portons sur la vie politique strasbourgeoise, ses soubresauts et ses débats (plus ou moins intéressants) est critiquable. Oui, il faut dire -sans mettre en cause les personnes et leur honnêteté- ce que vous pensez du travail de la presse. Reprendre les analyses, les compléter, les passer au crible... Saisir l'opportunité de ce débat.
Car plus que jamais, nous avons envie d'assumer ce que nous écrivons. Car plus que jamais nous avons un retour immédiat, direct et franc sur notre travail... C'est parfois un peu désagréable, c'est le plus souvent un vrai plaisir... intellectuel.
Je trouve la double-triple analyse de Daniel Riot très intéressante. Une belle leçon d'ouverture, de tolérance... de capacité de se mettre à la place de l'autre pour comprendre comment il pense et raisonne.
Christian Bach
Ecrit par : christian Bach | 29/10/2007
Merci Christian, mais je trouve que tu as fait du bon boulot, c'est tout. Et se mettre à la place des autres, c'est l'un des premiers principes de notre métier. J'ai fais mettre ton post sur le blog de Strasbourg je t'M
Ecrit par : Daniel RIOT | 29/10/2007
Bataille de fleurs au carnaval au de Nice? Passe-moi la rhubarbe je te passerai le séné? Scratch my back and I'll scratch yours?
Ecrit par : LMD | 29/10/2007
Entre ancien de ché le PEN ON SE COMPREND
Ecrit par : Kaspar | 29/10/2007
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