26/11/2007
Cavada-Bayrou : Qui a lâché l’autre ?
Pourquoi parler de « lâchage » ? Je ne mets pas Cavada et d’autres (à commencer par Morin) dans le même panier… J’ai trop d’estime personnelle pour lui pour caricaturer sa décision. D’ailleurs, croyant connaître une partie des cartes, la question se pose : si « lâchage » il y a, qui a lâché l’autre ?...
Dans les explications données par Jean-Marie Cavada, je marque mon étonnement et mon désaccord de fond sur un point précis : On ne se lance pas dans une bataille électorale pour annoncer la couleur du deuxième tour dès le premier. Sinon à quoi bon deux tours ? Les voix n’appartiennent qu’aux électeurs. Et ce sont les combines envisagées avant les résultats du premier tour qui appartiennent à une manière passéiste de faire de la politique.
Qui plus est, si l’on se lance dans une campagne électorale pour jouer les strapontins de l’un ou l’autre camp, c’est que l’on part en vaincu. Une consultation électorale ne vise pas qu’à faire acte de présence, prendre la température ou marquer un territoire. Des accords de ralliement ou de panachage qui respectent l’électeur se font en temps T, non avant, au vu de Résultats R et en toute transparence sur la base de contrats d’actions, d’engagements précis…
Autre surprise : Jean-Marie dit ne pas connaître sa deuxième de liste Mme Lagarde… C’est beau la confiance.
Pour le reste, ce ralliement est un coup porté non au MoDem mais à la crédibilité de François Bayrou. Là est le plus grave dans cet épisode. Et les mots employés par celui qui a été le grand chef d’orchestre de l’université de Seignosse sont forts, chargés de critiques qui ne peuvent se gommer par des haussements d’épaule du style de ceux qu’a déjà eu Bayrou quand il a été interrogé sur l’éventuelle « désertion » de ce grand marcheur du Siècle : »Il se met aux enchères ». Non, François ! Non, monsieur Bayrou !
J’ai soutenu François Bayrou avec force parce que ses analyses collent ou convergent avec les miennes et parce que nul n’étant parfait je préfère ses défauts à ceux de bien d’autres… Mais je l’ai écrit ici voilà longtemps déjà : Bayrou s’il ne se ressaisit pas est en train de tuer dans l’œuf les espoirs qu’il a fait naître.
« J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté »… Dans la bouche de Cavada, cette phrase a de valeur et du sens… Bayrou (qui ne répond pas au courrier qu’on lui adresse, ce qui est peu conforme aux principes qu’il avance) a par ses non-décisions de ces derniers temps distillé le pire des maux : le flou qui favorise (pas seulement à Strasbourg) toutes les magouilles, tous les calculs les plus vils, tous les jeux les plus insensés et les étalages les plus décourageants de la médiocrité en politique…
La question vient naturellement à l’esprit : Simone Veil aurait-elle eu raison dans son approche de la personnalité de François Bayrou. Je ne veux pas encore le croire. Mais pourrais-je encore longtemps pouvoir ne le croire ?
17:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, cavada











Commentaires
TAS PAS LE DORIT DE DIRE CA !!! BAYROU C LE MEILLEUR AVEC CHANTALE CUTAJAR !!! ALORS JE DIT BAYROU BAYROU BAYROU T'EST LE PLUS FORT !!!!!
Ecrit par : KASPAR | 26/11/2007
Aîe aïe... tout cela à une drôle d'odeur... ah là là lorsque l'on est tout seul à avoir raison et que tous les autres ont tort. ce n'est pas toujours facile d'être le plus grand, le plus beau, le plus intelligent.
Mais allez continuez, ne doutez de rien.
De toute manière rappelez vous, ce n'est pas la chute qui est difficile... c'est juste l'aterrissage. Et celui là il est pour bientôt. Alors profitez encore un peu.
Ecrit par : ciceron | 26/11/2007
A trop vouloir ménager la chèvre et le chou, F.Bayrou va finir par faire le vide, non seulement parmi les personalités qui s'engageaient pour son projet, mais également parmi les adhérents, pour qui ce qui se passe à l'intérieur du mouvement est une véritable insulte à l'intelligence, au bon sens et à la confiance adulte.
Certes il lui restera bon nombre de crédules qui, dans notre siècle de désespoire, ne demandaient, n'attendaient qu'un "messie". Tout ceci est-il faire de la politique autrement...non c'est créer un nouveau culte de la personalité!
Combien plus grand et plus puissant pour défendre la Démocratie aurait put être ce mouvement, si F.Bayrou avait su rester un excellent rassembleur et devenir un meilleur décideur!Si il avait su accepter qu'il ne pouvait tout faire avec une poignée de fidèles....et une structures de politicards en tout genre qui ne pensaient nullement au projet du mouvement mais au maintient de leurs avantages...
Ce qui est fait est fait...on ne peut revenir en arrière...
Ecrit par : bibifa | 27/11/2007
Prémices d'un échec programmé et voulu dans un contexte politique de parti unique, désormais incontournable pour les ambitieux? Bayrou aurait du relire la fable de Lafontaine " le coq et la perle " dont Sylvie Goulard a fait le titre d'un ouvrage remarquable sur l'attitude de la France et avec elle de nombreux européens, pour fustiger le mauvais usage qu'on peut faire d'un trésor.
Sa surdité profonde aux cris d'alarme, son aveuglement devant les écrits de ses thuriféraires les plus ardents ou des adhérents à la cause, sa paralysie devant l' échéancier stratégique, ses atermoiements permanents qu'on constate sans en connaître les tenants et aboutissants, ont évidemment découragé un grand nombre de caciques de sa garde rapprochée.Ceux qui restent sont-ils pour autant crédibles s'ils ne sont pas déjà contaminés?
Sur le terrain les UDF/Modem anciens ou nouveaux sont dans un profond désarroi . A Strasbourg par exemple, ils se sont montrés enthousiastes, patients et confiants, bosseurs dans une perspective évidente d'investiture judicieuse et rapide.
Et rien ne vient, si ce n'est un sondage stupide suggéré sans doute par ce qui reste d' instances fédérales totalement discréditées et illégitimes alors qu'un état des lieux par un observateur impartial et compétent ( il doit bien en rester quelques uns au Modem) aurait suffit amplement .Un ou deux journalistes politiques auraient fait l'affaire aussi; il en est de compétents et impartiaux qui auraient du même coup donné un écho à leur enquête: c'est peut-être cela qu'on craignait .
Et maintenant? Avant que le bateau ne sombre, il faut colmater les brêches, écoper et redonner le cap .
Cap 21 peut-être ? Ou Bockel comme Cavada? PS ? UMP? ou s'abstenir.......avec un lexomil ou plutôt un verre de Gewürtz .
Mais comment réveiller notre Béharnais favori sans lui corner fort aux oreilles ? Si c'est possible .
Ecrit par : Spohr | 27/11/2007
dis donc ... ça change ici !!
On se rend enfin compte que l'indépendance ne signifie pas l'isolement, c'est bien.
J'espère juste que vous ne dites pas ça parce que votre candidate ne sera pas investie. Nous avons adhéré à un parti de notables malgrès nous, il faudra selon moi changer ça ... et ne pas attendre Bayrou pour ça !
Ecrit par : Maxime Gallezot | 27/11/2007
C'est pas ici que çà change, c'est peut-être là-bas.
C'est pareil pour vous . Notre candidate, comme vous dites sera investie mais vous aurez contribué à affaiblir tout le monde pour servir les conservateurs du statu quo ante.
Nous aviserons en temp utiles dans un espoir féroce de changement pour le statut européen de Strasbourg par exemple et pour une gouvernance partagée démocratiquement .
Notables ? Qui ? Nous nous honorons de ne point en avoir . Nos stars, nous les créerons peut-être avec vous aussi, si vous n'êtes pas trop braqué et trop conservateur en mal d'être rassuré.
Du courage l'ami et nous ne serons pas que des notables en mal d'innovation rêvée mais de réalisme démocratique lucide, style XXI° siécle. Soyons jeunes pour pouvoir les entendre ces futurs notables .
La chanson de Brel : les Bourgeois c'est ..." en dit long .Les autres par exemple les " cocos" se renouvellent de la même façon . C'est çà qui n'est pas XXI° . C'est çà qui n'est pas 3° voie .
Ecrit par : Spohr | 27/11/2007
Bonsoir Monsieur RIOT
J'apprecie au plus haut point votre note sur le départ de J.M CAVADA.
En ce qui me concerne je pense que F. BAYROU n'a pas voulu sacrifier, au sein du MoDem, les derniers representants de l'ex UDF qui l'avaient suivi pendant et aprés les présidentielles.
Tous ces supporters en s'auto- désignants cadres du Modem, ont tres souvent verrouillé les listes aux municipales en excluants les nouveaux venus .
Le refus d'élire les membre de bureau des instances départementales avant les municipales en est la meilleure preuve.
Malgré les espoirs qu'a fait naitre F.B dans sa volonté de faire de la politique autrement , le MoDem est aujourd'hui un parti dont les cadres sont des notables locaux qui ne veulent pas céder un pouce de leur terrain.
J'ai adhéré au MoDem en etant convaincu que comme J.M CAVADA et F.BAYROU l'ont dit a Bordeaux lors de lacampagne présidentielle ils pouvaient faire bouger les lignes. Je fais toujours confaince à F.BAYROU, il ne reste plus qu'aller au bout de la démarche au plan local, un ne donnant l'investiture aux municipales qu'aux listes se réclamant officiellement di MoDem et démocratiquement constituées.
Je comprends votre desarroi mais ne deseperons pas de François
Bien à vous
Paul
Ecrit par : pablo400_40 | 27/11/2007
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