26/01/2008
Pour un « Pacte européen local »
« L’Europe n’est pas qu’une affaire supranationale, mais elle est d’abord infra-nationale »
Edgar Morin
... et élisons des euro-candidats. !
MUNICIPALES 2008 : LE MANIFESTE DE RELATIO
Dans la perspective des élections municipales françaises de 2008, RELATIO lance un appel pour que la dimension européenne soit pleinement prise ne compte dans les programmes et les engagements des candidats et des citoyens.
CONSTATS DE BASE
>>> « L’Europe n’est plus une affaire étrangère mais une affaire intérieure ». Elle doit devenir une affaire d’abord locale si l’on veut que la construction d’une Europe unie dans sa diversité ne soit pas perçue comme une mécanique technocratique subie mais comme une aventure politique qui mobilisent les citoyens soucieux d’être acteurs de leur présent et de leur futur.
>>> L’identité européenne prend racine dans les terroirs et les villes d’Europe. La conscience européenne doit se développer à partir des collectivités locales et régionales. La citoyenneté ne se découpe en tranches entre le local, le régional,le national, l’européen et le global. En toute élection, nous sommes de plus en plus des euro-électeurs. Et les candidats se doivent d’être des euro-candidats aspirants à devenir des euro-élus. Ce qui est vrai pour l’écologie l’est pour l’ensemble des activités.
>>> La dimension européenne doit constituer une chance de développement harmonieux pour les collectivités locales et régionales. L’Europe peut et doit être un accélérateur de dynamisme et un facteur d’un mieux vivre dans les villes, grandes et petites et dans les campagnes.
Il est INDISPENSABLE que les collectivités locales soient, dans le respect et les limites de leurs compétences, le premier terrain de formation, d’information, de communication sur les « affaires européennes ».
Qu’elles soient ainsi le premier relais des actions menées au niveau des institutions , des organisations et des agences européennes ainsi qu’à celui des gouvernements des Etats membres de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.
Et qu’elles soient les premières bénéficiaires des politiques communautaires, des confrontations européennes d’expériences nationales, des résolutions et recommandations des institutions et organisations européennes.

Paix, prospérité, solidarité, emploi, consommation, environnement, modes de vie, culture, recherche, dynamisme et rayonnement des localités, mieux vivre,égalité hommes et femmes, vitalité de la démocratie à tous les niveaux...: chacun est directement concerné, du moindre bourg à la plus grande des villes. « L’Europe, c’est chez nous…Dans ma rue, mon quartier, ma ville, mon village…L’Europe, c’est moi, c’est vous, c’est nous…».
Il n’y a pas une « Europe d’en haut et d’ailleurs », et une « Europe d’en bas et d’ici ».
L'Europe n’est pleinement elle-même que si elle se fait par « le meilleur ». Cette Europe là ne se construit pas qu’à Bruxelles, à Strasbourg, à Luxembourg, à Francfort et dans quelques « capitales » mais sur les terrains, donc les terroirs. C’est dans les villes et les villages que « l’Europe des gens », doit se VIVRE concrètement.
VIVRE l’Europe, c’est mieux connaître l’Europe pour mieux en tirer parti. C’est mieux exploiter ce que font, proposent et suggèrent les institutions européennes. C'est aussi inciter les gouvernements et les parlments à être davantage à l'écoute des "pouvoirs locaux"
ENGAGEMENTS
Nous souhaitons que les électeurs questionnent les candidats sur la place qu’ils accordent à la « dimension européenne » dans leurs programmes. Et que les candidats prennent une série d’engagements précis :
1) Rendre l’information sur les institutions et les activités européennes très accessibles aux citoyens dans toutes les communes de France par le biais des services publics, des réseaux associatifs, des établissements scolaires et universitaires
2)Tenir compte des résolutions, recommandations, directives et des campagnes de sensibilisation lancées par l’Union et du Conseil de l’Europe, dans les actions municipales qui seront entreprises.
3) Appliquer dans sa lettre et son esprit la Charte sur la démocratie locale du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, seul texte juridique existant à ce jour et les textes européens sur la vitalité démocratique locale
4) Développer les jumelages, les échanges scolaires et universitaires, l’organisation de manifestations à caractère européen dans tous les secteurs, la promotion de l’apprentissage des langues, l’initiation à l’Europe dès les jardins d’enfants d’une façon ludique, l’organisation de débats et de conférences sur l’Europe, le soutiens aux associations et aux réseaux associatifs à caractère européens, des rubriques d’informations sur l’Europe pratique dans les journaux, les bulletins et les sites Internet municipaux
5) Créer dans chaque ville, sous une forme adaptée à sa taille et à ses ambitions, un « conseil des affaires européennes ». Mis sur pieds par les Villes ou les Communautés de communes, ou les ententes communales, ces Conseils devront être ouverts à tous les citoyens de toutes tendances politiques jugées représentatifs de la « société civile ». Ces « Conseils » devraient veiller à l’information générale sur l’Europe et participer à des réflexions et à des actions sur l’européanisation de chaque localité et sur le rôle que chaque commune peut jouer en Europe.
Ces « conseils locaux des affaires européennes » devraient logiquement avoir des prolongements dans des Conseils régionaux et dans un « Conseil national des affaires européennes »… Aux élus locaux (surtout quand ils sont aussi parlementaires) de faire pression pour que ce Conseil national soit rapidement mis sur pieds afin que les politiques de la France en Europe gagnent en cohérence et en efficacité. Et soit ainsi plus conforme aux attentes des citoyens.
Ces actions locales devraient être soutenues par les institutions et organisations européennes et les gouvernements centraux des différents pays qui doivent trouver des financements indispensables à ces actions citoyennes d’information, de communication, de concertation. Et d’actions.
Daniel RIOT
LIENS PRIVILEGIES
LE CONGRES DES POUVOIRS LOCAUX ET REGIONAUX >>>>
LE CONSEIL DES COMMUNES D'EUROPE >>>>>>
ASSEMBLEE DES REGIONS D'EUROPE >>>>
CITES ET GOUVERNEMENTS LOCAUX UNIS>>>>
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16:55 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, municipales, vie locale, institutions, pouvoirs locaux, citoyens











Commentaires
Electeur Européen, un mirage pas prêt à devenir réalité.
En tant que citoyen de la communauté européenne je dispose d’un droit de vote et d’un droit d’être présent sur une liste électorale municipale en France, sans pour autant pouvoir bénéficier des mêmes droits que les électeurs disposant de la nationalité française.
Il semble que c’est pour des raisons de sécurité d’état que ces personnes n’ont pas le droit de participer aux élections régionales, ni cantonales, ni législatives. « Raison d’Etat », comprenne qui peut……..A croire que l’Europe et ses citoyens présentent un danger pour la sécurité de l’état français.
Il a été introduit dans la Constitution une disposition selon laquelle les citoyens de l'Union résidant en France et bénéficiant du droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales ne peuvent exercer les fonctions de maire ou d'adjoint ni participer à la désignation des électeurs sénatoriaux et à l'élection des sénateurs. Il en va de même pour les fonctions de conseiller général ou de conseiller régional.
Introduire l’Europe en France est un long chemin tortueux et semé d’embûches.
C’est loin l’Europe !
Ecrit par : Jan Oortwyn | 27/01/2008
ENFIN ON PASSE AUX CHOSES SERIEUSES.
Il faut donc croire que Relatio ne désespère pas, c’est rassurant.
Si, ici et là, on peut entendre le refrain de politologues de comptoir répétant à loisir que les élections se gagnent sur des problèmes de stationnement dans la rue ou au-dessus, sur le trottoir et ses crottes de chien… cela n’empêche pas les vrais problèmes d’apparaître chez les plus avisés, les plus sérieux aussi .
Soucieux d’opportunités électoralistes, certains candidats, pour la plupart délibérément démago, vont jusqu’à promettre d’intervenir directement dans les domaines les plus divers comme par exemple le pouvoir d’achat de leurs concitoyens (pourquoi pas la Bourse ?), toutefois sans bourse délier, dans le meilleur des mondes nourri de promesses mirobolantes, budgétairement assaini par la réduction des dépenses (dette comprise) et la réduction conjointe des recettes (impôts locaux ?).
Miraculeusement chaque commune est ainsi rehaussée au plan de l’Etat et ipso facto, son maire au rang de président, les adjoints au rang de ministres, et les conseillers municipaux deviennent les parlementaires inféodés à leur tête de liste.
Curieux mimétisme en ces temps où successivement les municipales ont eu puis n’ont plus, une portée politique nationale !
Relatio « ré-enchante » la politique même communale en posant, à la base de la plus petite entité territoriale, la commune, les questions que les candidats aux présidentielles, puis aux législatives auraient dû traiter avec ardeur , dans l’urgence. Eh oui, c’est aussi grave que çà .
Parmi ces questions, celle de l’Europe est sans doute la plus sérieuse, la plus grave, la plus déterminante mais c’est malheureusement la moins « porteuse », donc la plus négligée.
Les chargés de communication désormais indispensables à tous les grands candidats - soin de la forme au détriment du fond oblige- commettent là une erreur stratégique dans laquelle se complaisent leurs clients obéissants qui se rendent coupables de non-assistance et même de mise en danger de notre continent et partant de notre pays.
Pourtant la construction européenne est devenue à tel point incontournable que les progrès accomplis récemment sont considérés comme insuffisants par les uns sur le plan institutionnel, peu significatifs sur le plan social pour les autres, les plus sages se réjouissant tout de même des acquis, si modestes soient-ils. Il ne reste plus guère d’eurosceptiques qu’à l’extrême droite ou dans une frange authentiquement révolutionnaire d’extrême gauche. D’autres sont vraiment des irresponsables .
Alors ? la poule ou l’œuf d’abord ? qui a commencé ? l’Europe souvent bouc émissaire des carences et même des turpitudes nationales ou des exigences de lobbies socio-professionnels ? En France, on entend la chanson répétée sur tous les tons… ailleurs aussi d’ailleurs !
Ou alors l’Europe porte-t-elle en elle toutes ces possibilités de « malfaisance» des technocrates bruxellois ? Il faut répondre, respectables candidats .
Justement c’est pourquoi, il est grand temps de contraindre nos élus potentiels à se prononcer comme la Lettre ouverte aux candidats (« Manifeste pour un pacte européen local ») le leur demande et ce particulièrement à Strasbourg pour laquelle l’enjeu est d’une acuité immensément accrue.
Relatio a été très pertinent en rédigeant et en proposant un « Pacte européen pour Strasbourg » d’une finesse politique et d’une précision remarquables.
A présent, il appartient à tous les europhiles de relayer dans leur entourage personnel, professionnel ou associatif cette exigence pour qu’elle en devienne « porteuse ».On attend des réponses.
Personnellement j’y veillerai avec mes moyens et vous dis merci pour ce travail sérieux et courageusement engagé .
Antoine Spohr
Ecrit par : Spohr | 31/01/2008
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