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12/03/2008

A strasbourg et ailleurs: En attendant le deuxième tour

Le Modem consumé sans  modération

Ce petit billet est particulièrement destiné à celles et ceux qui me bombardent (avec des marques d’estime qui me touchent) de courriels pour me demander d’aller au-delà de mon analyse du premier soir des municipales et de clarifier mon positionnement politique personnel. Soit. En partie du moins. Puisque mon vote de dimanche n’intéresse que mon isoloir. C’est cela aussi la démocratie :le droit de taire ses préférences. Je pourrais faire comme Bayrou et dire pour qui je ne voterai pas. Mais la seule idée de faire comme Bayrou me déconsidérerait à mes propres yeux : j’ai trop chanté (à tort) les  louanges du Béarnais  avant les Présidentielles pour qu’il m’inspire autre chose que de la distance.


Modem or not Modem ? J’ai déchiré ma carte du modem après mon dernier contact avec Bayrou : je ne l’ai pas recollée. Et si je garde beaucoup d’estime pour celles et ceux  (jeunes notamment) qui croient en l’avenir d’un Mouvement authentiquement démocratique  transcendant les partis hémiplégiques, je suis vacciné contre les engagements partisans. A chacun son rôle :le mien n’est pas de « faire de la politique »…

J’en reviens à ce que j’ai eu tort de quitter : mon idéal d’une Europe unie, mon attachement aux valeurs fondatrices du Conseil de l’Europe, y compris sur la justice sociale, ma philosophie personnaliste. Et à une seule carte que j’essaie d’honorer sans en faire un passe-droit : ma carte de presse. Le salarié que je fus est en retraite, le journaliste que je reste ne connaît pas de… retraite : la nouvelle formule de RELATIO est en préparation. Nous en reparlerons. Elle m’accapare complètement.

Et le score de Chantal Cutajar ? Je m’ensuis déjà expliqué. Je suis soulagé pour elle et ses colistiers qu’elle ait fait plus de cinq pour cent. Cette (trop imparfaite) démocratie garde des insoutenables aspects oligarchiques,y compris au niveau local…. Je pronostiquais légèrement moins.

Pourquoi ? En raison de ce que Chantal a du subir dans son propre camp et de la part de Bayrou l’illuminé qui est de plus en plus décevant (comme s’il voulait justifier ce qu’a dit de lui Simone Veil et comme si son excellent programme des présidentielles n’était pas…de lui)

Aujourd’hui encore, je me dis que Bayrou et Royal devraient  se pacser politiquement (mais sans moi) : le défroqué de Saint-Jacques de Compostel et la Sainte-Jeanne d’Epinal ont de grandes qualités, sauf deux : la crédibilité politique et l’honnêteté intellectuelle.

Chantal conserve toute mon amitié et mon estime. Elle aurait pu être une  excellente parlementaire, car elle a plus de qualités (y compris politiques) que celles qu’elle a montrées dans cette campagne. Pour être précis et concret, au risque de l’offenser (ce que je ne souhaite nullement), et de sembler donner raison à ceux qui font preuve à son  égard d’une sévérité bien injuste (ce que je ne voudrais pas),  je lui  adresse quatre reproches  majeurs, dont le premier a provoqué  mon retrait de sa pré-campagne et une prise de distance dont je me félicite. Reconnaître ses erreurs offre l’avantage de ne pas persévérer dans …la faute ,

-elle a joué « cavalier seul » en se rendant à Paris à la « convocation » de Bayrou qui a fait ouvertement le jeu de l’inacceptable Petitdemange et de « centreux » bien peu « centraux ». On ne joue pas avec le feu à « l’affectif ».

-elle a mis entre parenthèses ses principes en cédant aux exigences du même Bayrou sur le même Petitdemange (qui ne s’est lancé dans cette aventure que pour nuire à Roland Ries  de l’extérieur (comme il avait coulé le PS de l’intérieur en 2001). Au moins, si Roland ne gagne pas ou ne gagne que de justesse,  Petitdemange ne pourra pas en tirer gloriole..

-elle a manqué l’occasion de constituer une liste d’excellence, telle que celle qui se dessinait à l’époque féconde de « Strasbourg, je t’M » en se fiant plus à des intuitions qu’à des réflexions. Dommage : nombre de personnalités  de qualité de sa liste méritaient meilleur score.

-  le soir du premier tour elle a commis sur le plateau de France 3 une faute tactique, politique et psychologique en qualifiant  avec une onctuosité mal maîtrisée Roland Ries de « leader  « centriste » (comme si on ne pouvait pas être de gauche et intelligent) et en anticipant un accord PS-Modem  bien improbable. Fallait-il qu’elle ait été bien mal inspirée pour afficher une telle confiance ? Si au moins, elle avait joué sa carte « européenne » et son idée d’un « engagement personnel » dans son apport « programmatique »…

Chantal a toutes les excuses de quelqu’un qui depuis des mois vit dans une adversité peu commune et qui a épuisé toutes ses facultés de résistance à la bêtise et aux peaux de banane. Quand j’entends Fabienne se plaindre d’être victime « d’attaques personnelle », je souris… Mais ne se trouvant nullement en position d’arbitre entre les deux tours, en étant très en dessous de la moyenne du modem dans les grande villes et en ayant fait un score inférieur à celui du modem dans les cantonales strasbourgeoises, Chantal est mal placée pour devenir ce qu’elle aurait dû être naturellement et logiquement après les législatives : la « patronne » du Modem-Strasbourg.

J’ajouterais « dommage pour le Modem » si elle était restée telle qu’elle fut lors des législatives et si elle avait su compenser les difficultés de conduire une équipe par un sens de l’écoute plus grand. Sa campagne municipale menée avec une communication totalement loufoque  devrait faire l’objet d’une thèse en sciences politique et…en psychologie. Pardon, Chantal : je deviens trop sévère. Qui aime bien châtie bien, non ?

Globalement, ces municipales ne sont en rien un motif de satisfaction pour le Modem. Seuls quelques journalistes en mal d’inspiration le voient « courtisé » ou en « position d’arbitre ». C’est vrai à Marseille et dans quelques villes, mais ce n’est en rien une règle générale, surtout pas à  Paris. Seule Ségolène y a cru, un moment…en réclamant des « alliances partout »…Et à droite, où quelques affolés  jouent les racoleurs de centristes, Sarkozy a su séduire quelques Modem …en verrouillant Bayrou, dont il aimerait bien avoir la peau à Pau.

Ce n’est pas faute de pot : Bayrou paye son jeu trop perso. Il pense aux prochaines présidentielles en espérant qu’elles seront anticipées. On devrait changer de voyantes chez quelques responsables du Modem…Et de méthode surtout. Plus de respect des militants qui ne sont pas que du bétail à qui l’on offre un peu d’avoine dans quelques meetings et plus de pédagogie sur les alliances « à géométrie variable » : la France jacobine n’est pas l’Allemagne des Länders et le « centre central », « couillu »,  n’a d’avenir sérieux  que si le PS implose. Ce qui est loin d’être le cas…en dépit de ses contradictions internes, sur l’Europe notamment.

La seule chance d’un « centre central », c’est une nouvelle approche « bayrouiste » sur le fond mais sans Bayrou dans les formes. Des jeunes (et des moins jeunes) y réfléchissent.Et y travaillent. Avec l’obsession que n’avait malheureusement pas Bayrou : d’abord mériter le nom de « démocrate » au sein même de ce rassemblement de l’espérance devenu, à coups de maladresses et d’ambiguïtés, un Cercle de cocufiés, de déçus, de trompés. Bon courage à eux et à des tempéraments comme le talentueux et pertinent Yann Wehrling (qui ne méritait pas d’être devancé au score par des Verts…qui ne vont pas forcément faire voir la vie en rose à Roland Ries). Ou comme Corinne Lepage et son Cap 21,  insuffisamment écoutés par le « couple » Marielle-François responsable d’un Modem qui vient de se consumer sans modération.

Le malheur, c’est qu’en l’état ni le PS, toujours en quête de « rénovation » et condamné à de « grands écarts » bien inconfortables n’incarne guère un espoir recouvré, malgré ses succès au premier tour (qui ne seront pas tous confirmés au second) et que l’UMP n’est qu’une union de façade.  Avec tous les défauts d’un Sarkozysme condamné à « mal finir » (comme dit Léotard) si Starkozy aux prétention de Tsarkozy  continue à démentir l’une de ses phrases les plus pathétiques de sa campagne présidentielle triomphale : « J’ai changé ».

Moi, j’ai vraiment mal à la France. Et vous ? Mais ce « grand pays » a vécu d’autres épreuves. A force de réclamer une « politique autrement », on va bien finir par faire autrement de la politique. Un jour… Quand on s’y attendra le moins. Avant mai 68, la France s’ennuyait. Aujourd’hui, elle est déprimée. C’est pire…Et c’est plus dangereux qu’une fausse « révolution » qui s’est arrêtés pour cause de pompes ç essence vides. « Ne dites jamais à quoi bon », exhortait le bon Paul Valéry…

Daniel RIOT

Commentaires

Pour ne plus etre déprimé, faites comme nous en Allemagne.
Votez à gauche.

Ecrit par : vaterlandslose-gesellen | 12/03/2008

Daniel je partage les 4 critiques contenues dans ton billet.
Je ne partage cependant pas ton indulgence à l'endroit de Chantal CUTAJAR. Trop nombreux sont ceux qui ont tenté de lui faire ouvrir à de nombreuses reprises les yeux sur d'autres voies et moyens...
Elle n'a rien voulu voir, elle n'a rien voulu entendre, elle a échoué en n'écoutant qu'une agence de communication inexpérimentée en matière politique à qui elle n'a pas su donner elle même (ou par d'autres) de directives.
Elle a brisé pas la même occasion nombre de rêves et une magnifique dynamique.
C'est au pied du mur que l'on voit le... elle ne nous a définitivement rien montré !
Comme Antoine SPOHR je pense qu'elle devrait se retirer de la vie politique centriste strasbourgoise afin de nous laisser en paix et la latitude nécessaire à une reconstruction sans elle...
D'autres champs restent à investir au moyen des talents dont elle dispose mais pas (plus) la politique...

Alain GROSRENAUD
Directeur de Pré campagne de CC

Ecrit par : Alain GROSRENAUD | 14/03/2008

Sacré Daniel, tu n'es jamais meileur que passionné ; juste et injuste en même temps;tour à tour rigoureux , intransigeant puis débonnaire à l'encensoir à peine retenu.
Dans ce type d'exercice sur le vif, je ne connais pas de talent plus incisif.
Comme toi, j'ai la tristesse coléreuse, le fiel qui me remonte et qui me brule la gorge et j'en éructerais bien quelques vérités à moi, dans le secret de l'isoloir .
A défaut, j'aimerais retrouver un peu de joie juvénile en chantant sur la place Kléber avec quelques étudiants impertinents en goguette " Non, non non le Modem n'est pas mort , car ..." pour échapper au requiem que grommellent les grincheux , pressés de retrouver les marques de l'UDF qu'ils avaient pris grand soin de verrouiller avant Seignosse, Villepinte et encore aujourd'hui.

Le calme reviendra progressivement après cette gueule de bois pour excès d'espérances .
Le centre qui focalise en grande partie les attentes des braves électeurs que nous prétendions éclairer toi dans ton acte productif , moi avec d'autres dans nos interventions ici ou là, sans doute vaniteuses mais néanmoins sincères. Je dis "moi" parce qu'Alain Grosrenaud que j'ai vu à l'oeuvre et pour lequel j'ai une estime empreinte de relan de chevalerie, cite ici ma position au lendemain du résultat du premier tour.
Je souhaitais suggérer à Chantal de sauver un " embryon du Modem " et en dépit de la bourde que tu relèves en quatrième grief, elle pouvait encore espérer obtenir quelques places d' éligibles, en privigégiant quelques uns de ses colistiers et en se retirant, noblement . Roland Ries , a priori en tout cas, ne les ingérait pas et leur laissait toute liberté de vote. Je crois savoir de plus qu'il y avait des candidats qui lui avaient demandé la même chose. Bien, non ?
Comme toi, je reconnais à Chantal des qualités personnelles, mais jamais je ne pourrai y inclure un talent politique, ce qui est ton avis aussi, puisqu'implicitement tu étoffes avec d'autres grief un réquisitoire pertinent mais encore très incomplet .
Certes Bayrou et surtout les hommes d'appareil à Paris, les dissensions dans une attente usante ici ne lui ont pas apporté la sérénité .Cet épisode je l'ai vécu de près . Et après ce que l'on sait... hélas.
Si je te disais juste et injuste c'est parce que Bayrou ( dont du devrais instruire le procès à charge et à décharge) ne mérite pas cette réprobation abslue, à mon avis . Je sais que je te froisse en te rangeant parmi les proc's au doigt pointé sur l'accusé mais nous pratiquons tous cela quand la passion nous aiguillonne.
Ceci dit , retournons à cette chère construction européenne que nous oublions trop pour des préoccupations trop étriquées et étouffantes .Là aussi je te fais confiance.

Ecrit par : Spohr | 15/03/2008

On peut reprocher tout ce qu'on veut à Bayrou (et je ne m'en prive pas non plus), on peut néanmoins reconnaître aujourd'hui qu'il est notre chef au MoDem (qui d'autre?) et que pour mieux combattre certains de ses comportements ou agissements, nous avons un large champ d'action, à l'intérieur-même du parti, soit d'une part en protestant et en diffusant nos protestations (blogs persos, blogs généralistes, sites du MoDem tels que E Soutiens, lettres ouvertes, courriers) et d'autre part en travaillant de manière coordonnée et en équipe sur la construction du parti. Lorsque l'on rédige une profession de foi, lorsque l'on propose un projet, lorsqu'on anime par le biais d'événements ou rencontres la vie militante, qu'on trouve des prétextes au débat (en prenant un fait d'actualité à commenter), qu'on communique sur les actions (ce qui nous pousse justement à agir pour avoir l'occasion de communiquer), on est déjà dans une dynamique de confrontation avec ou sans Bayrou. Pourquoi tout attendre de lui? La plupart des nouveaux adhérents ont pris leur carte justement parce que les Présidentielles ont réveillé en eux leur volonté et leur ambition qui consiste à défendre des idéaux noyés dans les marasmes des propositions démagogiques et temporelles de nos dirigeants et de nos médias.

Un leader local doit donc être aussi un militant, quelqu'un qui est dynamisé par son élan fondamental vers le changement. Ce ne fut pas le cas de Chantal, elle a tout de suite après les investitures endossé le rôle de la chef de troupes en représentation. Par mimétisme? par manque d'assurance? Pas seulement, ses objectifs de mener la liste avait dissipé ses certitudes... Et en plus d'être un militant, le leader local doit savoir écouter, parce qu'il travaille avant tout pour les autres. Quant au leader national, qu'il soit militant n'est pas indispensable l'important est qu'il soit stratège et qu'il donne du carburant à tous les automoteurs qui font avancer leurs idées...

Ecrit par : Nelly Margotton | 15/03/2008

Moi aussi, j'ai le sentiment de m'être fait "piégée" ... je n'ai jamais eu de relations personnelles avec F.Bayrou, donc c'est certainement moins pénible à vivre, toutefois je ne lui pardonnerais pas d'avoir "tué" un mouvement qui était porteur de changement vu le nombre de citoyen/nes qui étaient prêts à le contruire et dont une grande partie se sont déjà retirés par vagues successives en voyant que l'orientation réelle allait à l'encontre d'une part de l'orientation intiale à laquelle ils avaient adhérés mais également de leur éthique et convictions personnelles, ce qui était en soi beaucoup plus grave !
Bonne continuation, amicalement

Ecrit par : benedicte | 15/03/2008

Créer un nouveau parti sur des bases existantes … « n’est pas si facile »… !!
Faire comprendre aux anciens militants UDF que tout va changer, faire comprendre aux nouveaux « MoDem qui viennent d’un peu partout et même de nulle part pour certains et c’est tant mieux… », qu’il faut respecter les anciens et travailler ensemble, avec ses différences, dans un pays où la moindre réforme déclenche un problème de société … « n’est pas si facile… ».
A cela, il faut ajouter la bipolarisation de la vie politique française !
Bien que les partis défendent tous, la « démocratie participative » ainsi que la « participation citoyenne », depuis 2004, les deux grands (partis) PS et UMP ne partagent plus la galette des voix des électeurs, qu’en deux !
Le dernier vote à la proportionnelle à un tour , notamment pratiqué pour les élections régionales jusqu’en 1998 , a été remplacé par le vote à deux tours comme celui des municipales, impliquant d’office une alliance au second tour pour les partis ayant fait plus de 5% !
Ce système électoral voit chaque année de plus en plus d’électeurs se détourner de la chose politique et le taux d’abstentionnistes augmenter. Il fut autour de 45% pour les grandes villes ( 45% au premier tour, 43% au second pour STRASBOURG) pour ces municipales .
S’abstenir ne signifie pas toujours, se désintéresser de la chose publique ! Pour beaucoup d’électeurs, se déplacer, pour ne pas être représentés si son choix se porte sur d’autres partis que les deux grands cités, ne vaut pas le coup !
Au nom de la « difficulté de gouverner » en cas de non majorité absolue, nos gouvernants préfèrent laisser prêt de 50% de la population non représentée dans les instances où se prennent les décisions pour l’avenir, par peur d’être obligés de négocier les grands projets (au lieu de les imposer), comme cela se pratique dans d’autres pays européens, modernes !
Il est évident que le meilleur candidat à une élection en France, s’il n’est pas soutenu par le PS ou l’UMP n’a aucune chance d’être élu ou de faire élire une liste.
Aujourd’hui, une chose est certaine : le fameux « vote utile » n’aura convaincu qu’un peu plus de la moitié des Strasbourgeois.
Et les autres ? Tous ceux qui ne se sont pas déplacés ou qui ont voté nul ou blanc , n’intéressent probablement pas la classe politique ! Alors à quand la réforme qui permettra à tous les Français et aux Strasbourgeois en particulier, d’être enfin représentés dans les instances politiques locales telles les villes ou la région.
Pour moi, la vraie démocratie n’est pas seulement pouvoir participer à des groupes de travail ou donner des avis, c’est aussi participer aux décisions et avoir un droit de vote aux conseils !
L’essentiel est aujourd’hui de proposer la modification des votes des scrutins de listes à la pure proportionnelle à un tour.

Ecrit par : Yveline MOEGLEN | 21/03/2008

Tous ces commentaires sont féconds. merci. Chacun mériterait une longue réponse personnelle. Mais, je n'ai pas le coeur aux discussions politiques que cela entraïnerait. je ne suis pas assez maso.Et j'ai du temps une perception de plus en tragique qui me donne l'obsession de sa fuite. Toute seconde de vie perdue est déjà une minute gagnée par la mort
Il faut réflechir, questionner les questions:Nelly a raison. Il importe d'être acteurs:je suis d'accord avec Yveline. les deux ne sont pas incompatibles. Encore faut-il que les acteurs ou les actrices aient des actes et des actions conformes aux espérances qu'ils et ont fait naître. Au risque de manquer une échéance, une occasion.
La première des réflexions, à mon avis, c'est d'approfondir les relations entre soif de pouvoir et politique, entre être quelqu'un et devenir quelque chose. Résister, c'est aussi parfois renoncer.
Bayrou pour lequel j'ai fait une campagne partisane on ne peut plus enthousiaste (et rétrospectivement...conne) s'est révélé comme un vrai tueur d'espoir. Indigne de la confiance qu'il avait su gagner.
Et à Strasbourg, Chantal s'est prise les pieds dans le tapis de politichienneries qui n'ont rien à voir avec qui elle est vraiment, profondément. j'ai souffert en suivant la campagne menée d'une manière qui l'ont rendue aussi méconnaissable que son visage sur les photos choisies. Tragique, ce constat. On ne fait pas de la politique "autrement" en jouant des rôles inadaptés aux personnalités. Et l'esprit dans lequel a été constituée la liste est un défi au simple bon sens. Si l'sprit de septembre avait été maintenu développé, avec tact et intelligence, la liste modem aurait fait sur Strasbourg le score de Bayrou au présidentielles. Bayrou a tiré une balle dans un pieds. Et Chantal s'en est tirée une autre dans l'autre pieds.
C'est un double constat fait dans la douleur, avec une pointe de dépit amoureux, intellectuel et politique... Personnellement j'en sors vacciné contre l'engagement partisan. Les causes et les gens m'intéressent. Avoir un drit de vote au conseil, Yveline cela suppose d'être élu. En l'occurrence et le constater m'est difficile et pénible: il est sans doute juste que le modem tel qu'il a été dans ces municipales ait fait le score minable qu'il a fait. L'amitié, ce n'est pas toujours de faire plaisir, c'est aussi de dire ce qui peut éviter à certaines erreurs et fautes de se reproduire. La lucidité s'envole quand la surdité volontaire s'installe.
En l'état, je ne me sens pas capable de réparer des tympans délibérément mutilés par celles et ceux qui ne sont sourds que parce qu'elles et ils ne veulent pas entendre. Si l'autosatisfaction sert de consolation , tant mieux...

Chantal n'a pas réussi à être quelque chose: je me réjouis en espérant qu'elle saura rester ce qu'elle était : quelqu'un. Il arrive que le pouvoir rende malade...même ceux qui ne l'ont pas décrocher. C'est ce qui est arrivé à Bayrou. Chantal heureusement est d'une autre trempe;j'en suis sûr, ou plutôt, je veux en être certain. Amitié.

Ecrit par : Daniel Riot | 21/03/2008