21/09/2008
Une sortie strasbourgeoise de "rentrée" ....
De l’inauguration dela Médiathèque André Malraux à la fermeture de la Manufacture de tabac.
Cruel dilemme, ce vendredi 19 septembre à Strasbourg. Où se rendre, à 17 h, à la Krutenau (Kartena ou Rutana, propose le dico Windows !) ou au môle Austerlitz ? Le Bureau du Temps de la ville de Strasbourg (installé ou pas ?) avait-il seulement réfléchi au casse-tête pour la Feuille de Chou et son PDG, faute au graphe et localier, le tout en un ?
D’un côté de l’ex Port autonome, le prolétariat rouleur de tabac pour cigares, promis au licenciement, par une lointaine pieuvre étasunienne sans cœur, ses syndicats FO et CGT, de l’autre, sur l’ex môle portuaire, reconquis sur le glacis franco-allemand, entre UGC et Conservatoire, le vieux-nouveau bâtiment de brique rouge, désormais blanchi (hélas, regrettait Ries qui y perdait un paysage d’enfance) et proprement tagué, la Médiathèque lancée par le tandem (surtout la roue arrière) et pourtant, hélas, il y a eu des élections, réceptionnée et (oh continuité républicaine, et collaboration de classes) inaugurée par son successeur d’une autre couleur politique au rose quelque peu délavé, par un usage soutenu quoique dissimulé de lessive Modem.
Rive droite ( !) la nomenklatura socialo-uMpiste, égayée de quelque verdure garantie sans OGM ni pesticides, des hautbois, des poètes ; rive gauche, les brontosaures (MEDEF dixit) de la souterraine lutte des classes, le Cardek, les amis de la place d’Austerlitz sans cars ni bagnoles, le POI –les trotskolambertistes-, la LCR-NPA, et même le PCF, de la musique qui balance et, en ouverture, le patron de la Choucrouterie, l’Alsacobarde, Rocher Zifer, with Cookie Dingler himsef, yes M’am and his liberated women.
On tira à pile ou face, comme dans The dark knight, et c’est ainsi qu’on se retrouva, à 16h 50, au pied de la passerelle qui, si elle n’avait été barrée par deux à trois Cerbère(s), nous aurait conduit dans le Saint des Saints, pour le coupage de ruban tricolore. Mais on n’avait pas été invité par le protocole, oubli qui faillit priver le lectorat de la Feuille de Chou du roman-feuilleton qui a déjà commencé ci-dessus et ne manquera pas de s’étendre.
On n’attendit que fort peu de temps, et l’on vit apparaître, un sauveur –pas suprême, mais en l’occurrence, fort utile-, sous la forme d’un ex soixante-huitard, qui a su, sans trahir, cependant ses idéaux mao, servir territorialement le peuple, tout en gagnant sa vie, grand merci à lui.
Muni du viatique ad hoc, nous pénétrâmes enfin sur la partie livresque du môle, après avoir franchi l’Achéron, non point en barque, mais par une gracieuse passerelle.
La foule, sevrée de petits fours et de crémant d’Alsace depuis la dernière inauguration, s’impatientait déjà. Un mouvement se fit vers le ruban tenu par deux porte-ruban en chair et en os. Le portes vitrées du Temple s’ouvrirent, et, une musique quasi royale accompagna les happy fews sélectionnés jusqu’a l’estrade ou se succédèrent les discours, pendant une bonne plombe.
La sono pas adaptée, au début, au moins, au béton nu, répercuta les paroles attendues en ces occasions. A part les premiers rangs, forcés de se taire, fonction, et exposition aux flashs obligent, le reste de la petite foule était fort bavarde et bruyante, comme des collégiens malpolis, jusqu’à ce que le président de la CUS, Jacques Bigot leur fit, poliment la leçon, avant de parler chiffres.
On en oublie sûrement, mais défilèrent au micro derrière un transparent pupitre très mode, le maître des lieux, les architectes, le président du Conseil général, Kennel, le représentant du prince de la région Alsace, Zeller (de quoi) était, comme souvent absent, M. Traband – avec un D, pas confondre avec un véhicule est-allemand à deux temps-, l’ex président de la CUS, le gaullo-malrucien, amateur éclairé de livres, j’ai nommé Robert Grossmann, fort civilement invité par le sénateur-maire Roland Ries à discourir, exercice qu’il accomplit (18/20), avec souffle, envolée et références bienvenues, entre parenthèses, et on le lui a dit, le meilleur dans cet art oratoire.
La représentante de Christine Albanel, fut plus que brève, elle ne dit mot, mais consultait furtivement sa montre, c’est vrai, on languissait. Roland Ries soi-même, quoiqu’ex agrégé de lettres sembla moins inspiré que l’ex président de l’UJP. Le préfet du Bas-Rhin, préfet de la région Alsace, Rebière, (nor ä Stamm) probablement fatigué de retenir, avant d’expulser, chaque jour que RESF fait, d’étranges étrangers fut très bref.
Parmi les présents, on remarqua Wolfermann, de la librairie Kléber, Jaecki, de la police municipale, Laurent Husser, de la (très à) droite strasbourgeoise, Léon Strauss, historien émérite, Claude Keiflin, journaliste welche aux DNA, Lucien Braun, philosophe-éditeur, Daniel Payot, conseiller municipal-philosophe (mais ni roi-philosophe ni philosophe-roi, tant pis Platon…), et, on allait l’oublier, pardon, ce qui aurait accru son chagrin, Fabienne Keller, la mine des fêtes défaite, par Ries et Grossmann réunis, se souriant tout en maugréant intérieurement “tu vas voir ta gueule à la récré“. On sourit aux petites piques qu’ils se balancèrent mais c’est le demi-tandem qui avait commencé, comme on dit dans les cours dézécoles.
Enfin, on passa à la suite des réjouissances. Roland Ries Premier Emprunteur, pas emprunté, laissa son empreinte : il fut flashé avec La grammaire est une chanson douce (Derrick Or-Sénat…) qu’il avait voulu relire, de même que L’imparfait du subjonctif, ce sera pour la prochaine fois. “Encore eut-il fallu que je le susse”, vous voyez ?
Des copieuses nourritures spirituelles, on passa à celles de la bouche et du ventre. On espère que le buffet de Musica, ce samedi, sera plus goûteux que celui de la médiathèque ! Sempiternels pretzels’, kougelhof, mini knacks (pas Kanaks eh, Windows!), mousse, und wisse Wi (bon, lui).
Puis on put visiter le lieu. De beaux volumes (l’espace, et les livres) partout, du béton gris, du rouge très NPA sur les sols, les piliers, du métal (conduits, escalier), des fauteuils style contemporain confortables, des étagères à livres bien sûr, une signalétique à première vue au point, des ordis à foison, des phrases (proprement) taguées, à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment; même sans ouvrir un seul livre, il y a de la lecture, et partout, une ouverture sur l’extérieur, le quai, le nouveau quartier encore inachevé, des arbres dont on fait le papier des livres. Dans les étages, on entendit des musiciens, on croisa le poète Jacques Goorma qui susurrait à l’oreille du Guillevic
Ce ouiquende, journées du patrimoine, la population, interdite d’inauguration, pourra, enfin, s’approprier le lieu payé par sa contribution directe et indirecte. On y trouve non seulement des livres,, des revues, des journaux, mais aussi de la musique, des films. Il est donc possible d’être moins crétins que les éternels Bouvard et Pécuchet judicieusement évoqués par Robert Grossmann.
Il était déjà 18h30. On fila vers l’ex SEITA, rectifié Altadis, et bientôt assassiné par Imperial Tobacco Le tabac t’abat, fumeurs et salariés compris.
On y croisa encore Roland Ries qui en bon socialo-centriste, savait aussi passer de la nomenklatura plutôt bourgeoise à la lutte des classes essoufflée prolétaire. Roger Siffer et Cookie Scotch (avec ou sans glaçon ?) Dingler étaient déjà repartis, mais il restait Dreyfus, le conseiller général socialiste du quartier, l’adjoint vert Alain Jund, des responsables de RESF 67, des trotskistes de toute obédience, POI, LCR-NPA,- où était LO ?-, et des communistes, (si, si,) premier secrétaire fédéral, J B Metz, en tête, sans compter, bien entendu, les salariés promis à la liquidation boursière, leurs familles et amis.
Savez-vous quelle est la différence entre la nomenklatura du môle et le prolétariat krutenauvien ?
Les premiers mangent et boivent gratis, le seconds payent leur demi et leur sandwich merguez ou saucisse blanche ! C’est ça aussi la lutte des classes, ses gagnants, ses perdants (provisoires) Mais gare à la revanche !
Alors, cette révolution, ça vient ?
Hortefeux à Vichy
00:40 Publié dans chroniques strasbourgeoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, alsace, culture, social, grossmann, ries, meyer











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