01/03/2008

LES RUSSES AUX URNES:JEUX DE RÔLES

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

4479a7a5d8c85fe8a7701a87243260e1.jpg« Les élections russes ? Quelles élections ? »…

La question n’est pas qu’une boutade d’un diplomate cynique et blasé qui trouve consolations faciles :« Que serait devenue la Russie sans Poutine ? Cessons de rêver du meilleur quand le pire évité nous fait le plus grand bien »

Quelles élections en effet ? Un non événement. Comme les dernières Législatives, comme la (fausse) campagne qui vient de se dérouler, comme le résultat du scrutin de demain, programmé non dans les étoiles mais sur le marbre du Kremlin…

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Défense: Un tournant dans les relations Europe/Etats-Unis?

Washington reconnaît  l'"autonomie" et l'"indépendance" de la défense européenne 

DECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT- Un petit succès diplomatique en vue pour Sarkozy ? Dans le contexte français actuel, ce serait plutôt un joli cadeau pour celui qui est devenu l’ami de Bush grâce à son tuteur canadien Desmarais… En dehors de toute ironie politicienne mal placée, c’est un vrai tournant qui semblé s’être amorcé dans les relations euro-américaines en termes de défense.  C’est plutôt bon signe dans la perspective de la présidence française de l’Union

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29/02/2008

La "FRANCE-A-FRIC" et les têtes de gondoles de la "FRIC-FRANCOPHONIE"

La France de Sarkozy ou quand les scandales ne font même plus scandale

L'éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO 

3373e79898c3db5a7dc586168a43387e.png« Casse-toi, pauvre con »…

Héros bien malgré lui d’une affaire qui le dépasse (et qui dépasse aussi les bornes du tolérable), Jean-Marie Kuhn va finir par croire que c’est ce genre de réponse que masque l’épais silence qu’observe à son sujet le palais de l’Elysée…

Ou le type de réplique auquel  il va avoir droit s’il continue à s’obstiner à harceler les pauvres collaborateurs du chef de l’Etat sur une minable affaire d’un milliard 25 d’euros (d’argent public) venu grossir les fortunes des deux têtes de gondoles de la « fric-francophonie »  dans une "france-à-fric" où les scandales ne font même plus...scandale!

Desmarais, le Canadien et Frère, le roi belge du CAC 40, les deux tuteurs de Sarkozy, ont reçu leurs breloques. Entre  quels autres cadeaux d’amitié ?

Le premier en public : une vraie cérémonie. Avec hommage public à celui sans qui Sarkozy , se son propre aveu, ne serait pas où il est (comme si le vote des Français  n’était qu’une légitimation du succès d’une stratégie définie après  l’échec de Balladur par les Empereurs de l’Hyper-capitalisme qui adorent jouer les « faiseurs de rois »)…

Le second en privé. A huis clos ou presque, avec les intimes dont Fillon, qui ne pourra jamais dire qu’il ne connaît pas  Albert Frère et Dati, la garde des Sceaux, ministre de la Justice, sans doute là dans son rôle ministériel essentiel : servir de caution « juste » aux honorés  du Président de la République. On me dit (mais je n'ai pas vérifié) que c'est Frère qui a demandé de la discrétion:le protégé reconnaissant fait trop de bruit, ce qui nuit aux affaires... Trop "bling-bling", Sarkostar pour le chatelain discret de Charleroi et d'ailleurs. 

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Les « breloques » en question n’ont rien de ces médailles en chocolat qui faisait sourire Napoléon chaque fois qu’il en agraffait une sur une poitrine vaillante : l’art de la récompense fait partie de l’art du bien gouverner…Grand Croix de la légion d’Honneur, ce n’est pas rien. Même si Poutine y a eu droit aussi… De quoi donner de l’eau au moulin de ceux qui en rient…Morceaux choisis…

    * « En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière », Jules Renard, Journal.

    * « Si on voulait me donner la légion d'honneur, j'irais la chercher en slip pour qu'ils ne sachent pas où la mettre », Coluche

    * « La Légion d’honneur, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas et ça ne se porte pas » François Mauriac

    * « La légion d'honneur est comme une maladie contagieuse : seuls ceux qui l'ont déjà peuvent vous la conférer », Gilbert Cesbron

    * « Demander la Légion d'honneur au gouvernement, c'est une politesse à lui faire », Emile Bergerat, Souvenirs d'un enfant de Paris

    * « La Légion d'honneur de Lyon ? La rosette ! », Boris Vian


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Quand je pense à ceux qui la mériteraient vraiment et qui ne l’auront jamais, je n’ai pas envie de rire. Et quand la République se discrédite en la remettant pou services particuliers rendus, j’ai peur que françois Léotard ait raison de tirer la sonnette d’alarme dans son dernier livre : « Cela va mal finir »…

Cela dit, entendons-nous bien. Etre riche n’est pas un défaut. Avoir bâti de beaux Empires économico-financiers n’est pas une tare. Montrer de la reconnaissance envers ceux qui vous ont aidé à concrétiser une ambition légitime n’est pas un vice. Tout au plus, devrait-on davantage tenir compte du contexte… C’est-à-dire en l’occurrence d’une actualité qui est surtout alimentée par des affaires…qui ne sont bonnes que pour ceux qui en tirent parti

Hier, le ministre du budget nous jure, les « yeux dans les yeux » que toutes  les affaires de fraudes fiscales (une bagatelle de 40 milliards d’euro !!!) seront « menées jusqu’au bout »...Ben voyons ! Un joli sujet de conversation pour les habitués du Fouquet’s…Pardon;je ne suis qu'un "pauvre con " de journaliste qui aime son pays, l'Europe et la démocratie...

Aujourd’ui, ce sont des révélations sur les indemnités dont a bénéficié l’homme des « caisses noires » de l’Union des industries métallurgiques et minières. On vit où ? On fait quoi ?  La patronne du medef en  interrompt ses vacances... Pauvre femme. Mes confrère experts en cirage de pompes élyséennes vont encore souffrir.. On ne peut tout de même pas toujours  tout passer son silence. 

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Les Belges le savent mieux que nous encore, Albert Frère  qui a construit sa fortune sur les ruines d’une sidérurgie en crise a su ces dernières années tirer son épingle du jeu dans une série d’opérations où quelques complicités financiero-politiques étaient et, visiblement, sont indispensables. L'essentiel, pour un joueur, c'est de miser sur le "bon cheval". Avec Sarko, c'est au galop, qu'il a gagné.

Chez lui la coupe n'est jamais pleine pour agrandir ce qu'il appelle la "galette". Que faites vous quand vous avez réussi un gros coup, lui demande une journaliste de la RTBF."Je pense aux coups suivants", répond-il en précisant:"Mias il n'y a pas que les gros coups, il y a les petits coups, aussi".

Kuhn, pour lui, était un "petit coup"..Et Suez-Sarkozy, un "gros". Un homme plein d'énrgie, comme on dit chez Total. Un patron-béton, comme on dit chez Lafargue. On est loin des clous de papa. Et on ne mange pas souvent  dans un Quick......

Pour s’en tenir aux bénéfices que Frère, son groupe et son « indissociable » « frère de fric » canadien ont déjà tiré de sa position-clef dans le « dossier Suez », quelles suites ont été données aux révélations déjà anciennes du Canard Enchaîné (le 5/09/2007 ) ? Et pourquoi depuis que RELATIO a révélé le « dossier KUHN » devenu « l’affaire Frere/Sarkozy/Suez-GdF » n’avons-nous  eu aucune réponse à nos questions légitimes, de simple bon sens?

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La fonction fait l'homme ? En l'occurrence, c'est plutôt l'homme qui défait la fonction.
Dessin de Kroll
sélectionné par Courier International  Le Soir(Bruxelles)
 
 

Nous avons aujourd’hui relancé des demandes d’ITW à quelques unes des nombreuses personnalités citées dans ce dossier. Nous avons alerté les médias sur la deuxième lettre ouverte adressée par Jean-Marie Kuhn publiée hier sur Relatio. Notre messagerie est lourde de messages de citoyens outrés, mais déserte en courriels des personnalités concernées. Qui moquait jadis l’Italie et ses lois de l’omerta ? Qui ironisait voilà peu encore sur les « républiques bananières» ? Sarkozy vient de réitérer sa volonté d’en finir avec la « françafrique » dont les procureurs d’hier étaient qualifiés de surnoms insultants. Mais c’est  « France-à-fric » qui est aujourd’hui en questions.

Allez vous étonner après cela que quelques intellectuels comme Alain Badiou en tirent parti pour faire renaître des idéologies populiste et totalitaires dans des pamphlets à succès aussi dangereux pour la démocratie que les maux qu’ils dénoncent

« De quoi Sarkozy est-il le nom ? » véritable charge contre la loi des urnes. «Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel».Face à la «corruption» des démocraties par les puissances de l’argent, l’heure serait venue de définir «une nouvelle pratique ce qui fut nommé "dictature" (du prolétariat). Ou encore, c’est la même chose : un nouvel usage du mot "Vertu".»

Voilà qui donne froid dans le dos. François  Léotard a vraiment raison :Tout cela risque de très mal finir. Et là ce n’est pas Sarkozy qui est « harcelé », comme notre ami Rosenstielle déplore dans un de ses billets sur Relatio : c’est lui qui joue les pyromanes de la démocratie et de l’esprit républicain.

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Consolons-nous :la vie continue…Tout va très bien, Messieurs mes petits marquis : Cécilia va être entendue par les policiers sur l’affaire du « texto » d’amour-passion du président d’avant son remariage dans les salons de l’Elysée  transformés en mairie de quartier et selon le dernier sondage, une grande majorité de français pensent que les médias ne sont pas indépendants de Sarkozy. Et cerise sur le gâteau de l’optimisme déclamatoire :1200 têtes de listes aux prochaines municipales dans les grandes villes ont signé le pacte anticorruption de transparence internationale…Dans les Hauts-de Seine aussi?

Desmarais et Frère avaient vu juste : « cet ambitieux de Sarkozy est l’homme qu’il faut à la France »… Pour que les Français mettent « bas les masques », peut-être.

Daniel RIOT

 

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LA DEUXIEME LETTRE OUVERTE DE J-M KUHN A NICOLAS SARKOZY

 

PRÉCÉDEMMENT SUR RELATIO :
 
 
23/02/2008 Le "scandale Albert Frère-Suez": pourquoi l'omerta?

20/02/2008 :PREMIÈRE Lettre ouverte à SARKOZY, Le Président de la République et le "scandale du 1, 25 milliard" d'Albert FRERE en marge de la fusion SUEZ-GdF... :

20/02/2008 : La loi du silence sur L'AFFAIRE SUEZ-ALBERT FRERE? L'information révélée par RELATIO a été diffusée largement, mais les réactions des milieux concernés  se font attendre...

18/02/2008 : L'affaire SUEZ-Albert Frère sur AGORAVOX, L'ITW de Jean-Marie KUHN par RELATIO sur le scandale du 1,25 milliard d'€ d'argent public a été reprise sur AGORAVOX. PARTICIPEZ AU FORUM.

16/02/2008 : LES REVELATIONS DE Jean-Marie KUHN, l’ITW de RELATIO première partie

16/02/2008 : LES REVELATIONS DE Jean-Marie KUHN, l’ITW de RELATIO, sedonde partie

22.01.2008 :  SUEZ-GdF: Mariage encore retardé

21.01.2008 : LE MARIAGE SUEZ-GdF : UN PARFUM DE SCANDALE.

27/01/2008

Sur RELATIO

DEMOCRATIE :Le Conseil de l’Europe à l’épreuve

f8e9bdddaef5c56c3c79e0daab48ef8b.jpgEDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT La démocratie n’est pas un état, mais une dynamique. Elle est perfectible en permanence et à tous les niveaux. Soit. Mais elle est tout de même un régime qui suppose des règles minimales, un respect de quelques normes fondamentales.

Les imperfections de ce qui reste « le pire des régimes à l’exception de tous les autres » ne doivent  en rien constituer des excuses pour ceux qui , délibérément, piétinent les principes, déchirent les valeurs, détournent les mots. De même les difficultés des « transitions démocratiques » que connaissent depuis la chute du Mur de Berlin et l’implosion du totalitarisme impérial soviétique ne doivent pas permettre de tout tolérer;de tout excuser….

Le Conseil de l’Europe est le premier confronté aux difficultés de concilier deux nécessités : celle de na pas vider le mot « démocratie «  de sa substance et celle d’encourager les processus qui peuvent favoriser un advenir démocratique…  

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23/01/2008

Sur RELATIO, l’Europe de Strasbourg

Homoparentalité : les juges de Strasbourg et un couffin

 

10ac8f7c27280039b6a238b34468dc32.jpgLa marque juridique d’une vraie Révolution sociologique

La condamnation de la France par la Cour européenne de Strasbourg va devenir une référence…dans les 47 pays du Conseil de l’Europe. Il n’est pas ri étonnant qu’elle suscite commentaires et polémiques : droit et morale, évolution des mœurs et traditions, droits de l’homme et lois sociétales… C’est le cœur même du concept de famille, donc la base de nos sociétés,  qui est ainsi touché.

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Economie et écologie : Un grand test pour l’Europe

 

La Commission de Bruxelles présente aujourd’hui sa « stratégie pour le climat » :D’ âpres négociations à mener dans des délais très courts, avec des chocs d’intérêts chargés d’enjeux majeurs

 

L’Editorial de Daniel RIOT pour RELATIO

293443ee8c736d8607d200da73c891e2.jpgUn grand test : celui des capacités de l’Union européenne de concilier les intérêts économiques et les impératifs écologiques. Autrement dit, la place que l’éco-économie, comme dit Corinne Lepage, doit prendre dans le modèle de développement durable européen. Les tractations ont déjà eté longues et difficiles, avec pressions contradictoires de lobbies antagonistes. La stratégie que la Commission doit présenter aujourd’hui  a suscité des polémiques avant même sa présentation. Et elle va déboucher sur des négociations qui s’annoncent longues, âpres et à la fois très  techniques et politiques entre les gouvernements des 27 et le Parlement européen.

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19/01/2008

Stratégie de Lisbonne :L’Europe en panne de volonté


L’EDITORIAL RELATIO DE DANIEL RIOT

Quand la France regrette de ne pas avoir bien jouer la carte européenne….


Un rapport ? Un mea culpa national… Pour une fois, des autorités françaises ne critiquent pas une politique ou une stratégie communautaires, mais reconnaissent que la France a mal appliqué, mal suivi une orientation « européenne », donc n’a pas su bénéficier de tout le parti qu’elle aurait pu et du en tirer. Dans ce pays où « l’Europe «  est souvent considérée comme un bouc émissaire, il s’agit d’un véritable événement, surtout si les conclusions  du rapport en question sont adoptées au sommet de l’Etat et si les leçons en sont pleinement tirées.

 

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15/01/2008

Union européenne : Faut-il faire le pari de Tony Blair ?


L’éditorial RELATIO de Daniel RIOT

dd356520e88bcb72bd1bba5f7c49b34f.jpgLe poste à pourvoir n’est pas encore crée. Mais déjà le débat est lancé, et il va s’intensifier : Faut-il miser sur Tony Blair pour la future Présidence du Conseil de l’Union européenne ?

Sarkozy fait davantage que miser : il soutient, veut propulser, fait campagne pour ce « grand Européen » … Pourtant, Blair n’a pas tenu sa promesse de rendre ses concitoyens moins europhobes. Et, plus que tout autre en Europe, il a pour les Etats-Unis de Bush une admiration qui le conduit à un suivisme aveugle voire à une allégeance bien éloignée des accents gaulliens de « L’Europe européenne ».

 

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11/01/2008

mettre en pratique les valeurs du Conseil de l'Europe

2008, année européenne du dialogue interculturel

L’Editorial RELATIO de Daniel RIOT

 
703541a8d279c07ff0e8a803071c3828.jpgLes Britanniques ont fait, stupidement, sauter les symboles et la devise de l’Union européenne dans le texte du Traite de Lisbonne. Mais ce traité n’interdit en rien de développer l’usage des symboles si essentiels pour forger une identité européenne et de prendre et faire prendre au pied de la lettre la devise qui avait été proposée dans le traite constitutionnel : « Unie dans sa diversité »…

Dans cette perspective, il est très judicieux, pertinent et opportun que « l’Année européenne de l’égalité du dialogue interculturel » qui vient d’être lancée ait pour slogan : « Ensemble dans la diversité ». L’appartenance à une même famille implique le respect de règles communes, mais « intégration » n’est pas dissolution, abrasion, uniformisation, standardisation…


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06/12/2007

Kadhafi chez Sarkozy : Un Führer au Ritz… pour parler culture.

« Vous êtes invités au Ritz, le 11 décembre ? »… Rien n’est trop beau, trop grand et trop cultivé pour le Colonel qui dirige en « Guide » la Libye, pour cet ancien « ennemi public » n°1 des démocraties, de l’Europe, de l’Occident, pour ce preneur d’otages, ce mapitre-chanteur et cet inspirateur de réseaux terroristes devenu « l’ami Kadhafi », chef d’Etat fréquentable qui va être reçu en visite officielle en France...

Le colonel ne s’intéresse pas qu’au nucléaire français :la culture aussi le passionne. Après tout, la culture est "pour tous". Les SS adoraient la grande muisque, non ? Les pourvoyeurs du Goulag avaient une bonne éducation, non? Et les chefs des Khmers rouges ont fréquenté la Sorbonne, non? 

Une grande rencontre est prévue entre le « Guide de la Révolution » dans les brillants salons de l’hôtel Ritz mardi et des intellectuels, des écrivains et d’autres « Lumières «  de l’esprit français. Ce sera "drôle" de voir qui « en » sera…Un « Guide », un Führer, au Ritz ! « C’est assez kitch », ironise un éditeur plein d‘esprit… C'est assez signifiant de l'air du temps, en effet. Mais il vaut mieux en rire, puisque personne ne semble y voir malice, perfidie, mal ou ironie de l'Histoire... Qui, déjà, disait: "les hommes font l'Histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font"?

Elle est vraiment bien notre « démocratie exemplaire » ! Entre les « félicitations chaleureuses » à Poutine pour sa très démocratique victoire électorale, les courtisaneries envers Chavez « qui a son caractère », les avances qui valent reconnaissance et valorisation au FRAC, l’oubli de la sous-ministre aux droits de l’Homme dans la tournée présidentielle en Chine, des "dessous" pas très clairs dans la libération des infrmières bulgares,  et la réception en grand pompe  de Kadhafi, on ne sait plus très bien quel pari ont pu faire Max Gallo, si respectable, André Glucksmann,si  estimable, Bernard Kouchner, si riche en bons sentiments, et quelques autres…

C’est beau le pragmatisme, la réalpolitik, le cynisme… « Quelle époque », va s’exclamer (encore) Philippe Sollers...  qui ne pourra pas se rendre à cette "invitation"... laquelle doit flatter bien des égo de gogos 

Daniel RIOT

PRECISIONS

L’hôtel Ritz-Paris est bien plus qu’une institution centenaire, une marque de prestige déclinée sur des articles de maroquinerie, de vaisselle en porcelaine fine ou sur des magnums de champagne. C’est une légende, née deux ans avant le XXe siècle par la volonté d’un homme, le Suisse César Ritz, désireux de créer l’hôtel le plus luxueux et le plus moderne du monde, un palais doté de « tous les raffinements qu’un prince souhaiterait trouver dans sa propre résidence ».

Pendant plus de soixante ans, le Ritz a agi comme un aimant, attirant nombre d’écrivains et d’artistes comme Marcel Proust, F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway et Coco Chanel qui ont tous contribué à forger sa légende. En partie transformé en hôpital militaire de la Croix-Rouge pendant la Première Guerre mondiale, il est ensuite occupé par les plus hauts dignitaires de l’Allemagne nazie entre 1940 et 1944. Symbole de l’Occupation, son histoire épouse celle de Paris, jusqu’à ce drame moderne d’août 1997 : la mort de Diana et Dodi al-Fayed au sortir du palace. Et mardi: kadhafi...

Personnelement, j'ai fait quelques rencontres au Ritz: la président du Liban, Gemayel et le Dalaï Lama... Très beau palace en effet...

 

"L'Alliance pour la planète" quitte le Grenelle

Il y a la communication, avec des "coups"  montés, et le suivi de la "fête"...On juge une politique dans son inscription dans la durée et dans sa cohérence... Sur le suivi des décisions et non sur des effets d'annonce!

Regroupant 80 associations dont WWF et Greenpeace, "l'Aliance" suspend sa participation pour absence de concertation dans la mise en oeuvre des résolutions …

De gauche à droite: Daniel Richard (WWF), Anne Bringault (Amis de la Terre) et Yannick Jadot (Greenpeace) à leur arrivée au ministère de l'Ecologie le 24 octobre 2007 (AFP)

De gauche à droite: Daniel Richard (WWF), Anne Bringault (Amis de la Terre) et Yannick Jadot (Greenpeace) à leur arrivée au ministère de l'Ecologie le 24 octobre 2007 (AFP)

L'Alliance pour la planète a suspendu jeudi 6 décembre, sa participation au processus du Grenelle de l'environnement, pour protester contre l'absence de concertation de la part du gouvernement. Elle regroupe 80 associations dont Greenpeace et le WWF.
"L'Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle tant que le dialogue à cinq n'est pas rétabli", indique le collectif. Le dialogue "à cinq" devait assurer un suivi des mesures décidées par le Grenelle en associant les 5 collèges de ce vaste débat mené jusqu'à fin octobre: représentants de l'Etat, des collectivités locales, du patronat, des salariés et des associations de protection de l'environnement.

"Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM ... les premières mesures de suivi et de mise en oeuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines", fait valoir Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole du collectif.
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03/12/2007

RUSSIE: La victoire à la Pyrrhus de Poutine

Poutine n’a-t-il obtenu qu’une « victoire à la  Pyrrhus », une de ces victoires qui se soldent chez le vainqueur par plus de victimes et de dégâts que chez les vaincus ?

D’abord, le plébiscite annoncé n’est pas arrivé. Le score final est lourd, mais nous sommes loin des triomphes électoraux où les 100% effleurés sentent bon l’unanimisme obligatoire et un mimétisme de masse totalitaire.

Ensuite, même les plus indulgents des observateurs européens sont obligés de dénoncer ce qu’ils ont pu constater : un « manque d’équité », pour les joueurs de litotes polis du Conseil de l’Europe, des « irrégularités flagrantes » pour les plus francs du même groupe d’observateurs européens, des fraudes inadmissibles pour tous les opposants à Poutine. La propagande médiatique, les pressions en tous genres, la répression…préventive n’ont pas suffi : les vieilles pratiques des bourrages d’urnes ont été remises à la mode…y compris devant les caméras des téléphones portables !

Résultat : le Maître de toutes les Russies continue à tenir d’une main de fer un pouvoir légal, mais sans légitimité démocratique et sans crédibilité « européenne ». Dans l’embarras, le Conseil de l’Europe dont la Russie fait partie ! Dans la gêne, les gouvernements dits « occidentaux », comme on dit encore, en dépit de la chute du Mur et des manques de précisions de la définition du mot « Occident » !

 

Berlin est la capitale la plus nette dans ses condamnations  de principes. Paris est la plus ambiguë (pas de « rupture » en l’occurrence !).

Mais ces « réprimandes » européennes et américaines n’ont aucune espèce d’importance : Le maître du Kremlin tient l’Europe au gaz comme les missiles de la guerre froide la prenaient à la gorge ! Réalisme d’abord. Rien de nouveau en la matière. Le Droits aux affaires (y compris les plus louches) avant les droits de l’homme : « On ne pisse pas contre le vent », redirait De Gaulle. Et la Russie est un grand peuple avec lequel et pour lequel il convient de ménager l’avenir. Ainsi soit-il…

Cela dit, Poutine a raison sur un point. Sa peur d’une révolution (« orange » ou pas) est fondée, et sa grande faiblesse est interne, malgré la puissance policière et médiatique qui veille sur lui et les siens. Il doit se méfier de tous, y compris de ses "amis" proches. 

Selon Plutarque, Pyrrhus avait la lucidité de dire : « Encore une victoire comme celle-là, et nous sommes définitivement défaits »…

Daniel RIOT 

02/12/2007

Bayrou à 100%: Le MoDem, sans modération...

Pari  gagné pour Bayrou. Dans l’euphorie des fêtes de baptêmes ou de mariages…Il a su dépasser le déficit de clarté, d’esprit de décision, d’actions et de transparence qui est apparu ces derniers temps en dépit des élans de Seignosse. Il a su trouver les mots qu’il fallait pour renouer avec son rôle de générateur d’espérances. Il a su compenser par la force citoyenne le lâchage de notables soit inquiets pour leurs carrières soit dévorés par les forces obscures de l’opportunisme soit déboussolées par le magnétisme illusoire de Sarkozy.

Il a même su se faire élire Président avec un score plus qu’impérial : 100% Modem, c’est 100% Bayrou (et réciproquement). 96, % plus exactement.. Avec des Verts et Cap 21 qui seront là pour rappeler en permanence qu’il n’y a pas d’oranges très orange sans verts orangers…Le Modem n’est pas qu’un dépassement des  clivages politiques, il est surtout un dépassement des cloisonnement : le projet implique des liens permanents entre politique, économie, social, écologie, culture…

Désormais, il lui faudra tenir les promesses faites, les engagements pris, par des décisions et des actes conformes aux textes approuvés, à l’éthique définie et à la stratégie choisie.

Le Modem, un commando de « transformation de la société » ? « Rassemblement, renouvellement, refondation démocratique ». Vaste programme, suffisamment enthousiasmant pour que le mouvement démocrate regroupe une véritable armée. Si l’organisation  est à la hauteur des objectifs. Et si la  richesse née de la diversité n’est pas dilapidée par un manque de cohérence.

La « révolution Bayrou », saluée ici depuis longtemps déjà, est d’abord une révolution culturelle, à la française non à la chinoise, bien sûr. Les « gardes oranges » du Béarnais ont encore bien des verrous à faire sauter, des clarifications à faire, des efforts à déployer. Les textes adoptés ce week-end ne vaudront que s’ils sont appliqués dans leur lettre et leur esprit.

Une évidence ? Bien sûr. Mais, aujourd’hui, l’originalité  n’est pas à chercher dans les constats faits à chaud dans l’enthousiasme communicatif d’un Congrès fondateur, mais dans les démarches qui vont suivre. Les municipales constitueront un test, dans toutes les villes. A commencer par l’une où non le « ni ni » mais un vrai dépassement des clivages politiques s’impose et une authentique révolution démocratique s’imposent : Strasbourg qui, par sa mission européenne, revêt une importance et une symbolique particulières. A Strasbourg, comme ailleurs, les « choses sérieuses vont commencer »

Daniel RIOT  

 

En savoir plus sur le blog politique de Chantal Cutajar

27/11/2007

Le MoDem en crise dès le berceau : « François, réveille-toi ! Tu rends fous ceux qui t’ont fait confiance ! »

Marielle de Sarnez  lance : « Sarkozy fait tout pour saboter le MoDem ». Elle a raison. Mais il n’a pas attendu le ras-le-bol de Cavada face aux indécisions, aux ambiguïtés et aux erreurs de tactique de Bayrou pour tenter de le faire.

Nous l’avons souligné ici depuis le début  de « l’ouverture » sarkozyenne : les débauchages de gens de gauche visaient moins le PS que des personnalités susceptibles de travailler avec ou de rejoindre Bayrou. C’est flagrant pour Kouchner, Jouyet et Bockel…C’est évident pour d’autres « engagements » dont on parle moins, comme celui de Jean-Christophe Rufin, ambassadeur au Sénégal. C’est plus subtil mais tout aussi vrai de DSK…

Trop de gens, connus ou non,  qui se reconnaissaient en Delors ou Rocard mais ne trouvaient pas dans les scléroses du parti de la rose (fanée) jardin à cultiver ne pouvaient qu’être tentés par le programme et les valeurs de Bayrou, enrichis par l’intelligence, le réalisme et la soif d’exigence de rigueur de Corinne Lepage. D'autant plus que l' UMP de Sarkozy incarne trop la France "du fric et de la frime"  pour séduire des esprits qui ont de la vie une conception plus personnaliste...

Sarkozy a bien joué. Personne ne peut le lui reprocher. Bien au contraire. Il a su tirer les leçons de la belle campagne présidentielle de Bayrou qui aurait pu se terminer encore mieux sans l’hémiplégie  politique d’une France mentalement encroûtée dans des clivages dépassés  et la mollesse d'un centre vidé de sa substance morale et intellectuelle.  Ces clivages  De Gaulle voulait déjà transcender. Et ils sont devenus encore plus  ridicules et nocifs depuis la chute du Mur et l’évolution récente mais ultra-rapide du monde.

Mais dans son travail de sape, nationalement et localement, Sarkozy a été bien aidé par les défauts de Bayrou : le Béarnais  n’a pas su voir l’armée de Ravaillac qui n’attendaient qu’une occasion pour lui asséner des coups mortels. Pire : il a lui-même favorisé l'épanouissement   de saboteurs…

Quand on ose dire ce qui a été dit par Bayrou et de Sarnez sur le « lâchage » de Jean-Marie Cavada, on doit soi-même se montrer plus digne dans son comportement quotidien (en répondant aux courriers adressés, par exemple) des valeurs mises en avant.

On ne laisse pas le quadrillage du territoire à des ratés de la politique sans crédibilité et sans autorité. On ne considère pas les nouveaux adhérents comme les rats du joueur de flûte de la légende. On ne méprise pas surtout avec une ingratitude criminelle celles et ceux sans qui Bayrou ne serait pas le Bayrou d’aujourd’hui. Le « syndrome Quitterie Delmas » a fait des ravages, et en fait encore.

On  ne  cherche pas, surtout,  à favoriser l’émergence de personnages qui appartiennent à cette classe (si l’on peut dire) d’acteurs de la vie publique qui entretiennent quelque influence (bien surestimée) parce qu’ils se sont baignés dans les eaux troubles d’un système fondé sur les « renvois d’ascenseurs », du « je te tiens tu me tiens par la barbichette », de la  malbouffe des cuisines politicardes d’un  temps que l’on voudrait révolu. Réflexions d’une Strasbourgeois ? Bien sûr.Mais  personnage qui m'inspire ces remarques a des frères de laid ailleurs.

Pourquoi mettre ainsi en relief et en piste des zigotos d’Etat qui ne font pas  de la politique mais jouent  en politique (belle nuance !) comme on joue à cache-cache. Qui se moquent de l’intérêt général comme ces dragueurs  drogués de « meetic » (ou d’autres sites de ce type) se moquent des dégâts qu’ils peuvent faire dans des cœurs fragiles en jachère.  Qui sont capables de faire tout et le contraire de tout dans le seul plaisir d’assassiner celles et ceux qui leur ont donné un peu de substance. Qui en (mauvais) élèves d’un Machiavel mal lu pensent qu’en politique toutes les magouilles et toutes les manœuvres sont bonnes si…le résultat suit.

Le fossé est trop grand entre ce qui est dit, proclamé et promis et ce qui est fait.

Nul besoin d’une charte éthique… si la morale ne trouve pas son compte dans sa phase d’élaboration. Nul besoin d’afficher un souci d’exigence et une volonté d’excellence si on prépare le terreau du renouveau avec soit des caricatures (de tous âges)  de « politichiens » comme disait De Gaulle soit avec les artisans de la déconfiture du centrisme « canal historique », ( comme elles et ils osent dire), soit avec des ambitieux qui rêvent de tout sauf de ce qui est le but : le ré-enchantement de la politique, DU politique.

Des réflexions de déçu ? Bien sûr…Des réflexes de naïf ? J’aime en moi cette naïveté là qui résiste à l’usure du temps pollueur d’espérances. Des constats de néophyte en militantisme politique ? Je sais trop les ravages de la bêtise pour en faire l’éloge…Ou en être dupe.

Ce qui est pathétique à la veille de ces congres (UDF, Cap 21, Modem), c’est le décalage qu’il y a entre la justesse des vues de Bayrou sur le présent et le futur de la France (sa dernière ITW à La Croix est à mettre entre toutes les mains) et cette incapacité de tirer pleinement parti de l’élan présidentiel.

Déjà, les faiblesses structurelles de l’UDF ont fait rater à Bayrou le coche du second tour : l’a-t-il bien analysé? Aujourd’hui, il coupe lui-même les espérances qu’il a fait fleurir. Combien sont-ils encore les plus de 75 000 qui avaient fait une inscription de principe sur  Internet ? Et dans bien des villes, à Strasbourg notamment, les listes Modem potentielles ont perdu en quelques semaines de 8 à 15 points : nul besoin de faire des sondages… Le handicap reste surmontable, mais à quel prix! 

J’ai entendu dire Bayrou : « je ne crée pas le Modem pour refaire l' Udf ». C’est l’une des raisons pour lesquelles  pour la première fois de ma vie, et sans avoir aucune ambition politicienne,  j’ai pris une carte de parti. Mais que fait-il d’autre, François ?

Légers, les projets de statuts. Ignoble, la gestion de la phase transitoire. Inconvenantes, les conditions d’octroi des investitures pour les municipales. Irresponsable le grand vide qui a suivi Seignosse. Non démocratique, malgré internet, l’organisation du Congrès   constitutif.

D’autres formations ont un fonctionnement interne encore plus lamentable, mais ils ne prétendent pas ré-enchanter la politique. Comment ne pas comprendre Cavada, abstraction faite de ses ambitions personnelles (aussi légitimes chez lui que chez d’autres) ?

Tout peut encore  être sauvé. Si « l’affaire Cavada », cette goutte qui fait déborder le vase, est prise par Bayrou comme elle doit l’être : un avertissement ultime ! La crise actuelle (car crise il y a, et pas seulement de confiance), n’est pas le signe d'un échec de la stratégie d'autonomie, ni d’un échec programmatique, mais d'un échec organisationnel du parti.

Ce n’était pas simple puisque l’initiative est d’un type nouveau qui méritera quoi qu’il arrive des études approfondies en sciences politiques. Ni parti de masse, ni parti de notables, le Modem ? Parti des deux, et d’autre chose…Parti-citoyen. Belle ambition ! Qui mérite soutiens et engagements. Mais qui a (déjà) été perverti par trop d’errements et de reniements. François, réveilles-toi ! Tu rends fou ceux à qui tu as fait croire que le XXI ième siècle pouvait compter sur une forme nouvelle de parti, sur un nouveau positionnement démocratique,   et sur une philosophie politique nouvelle !

Daniel RIOT

26/11/2007

Cavada-Bayrou : Qui a lâché l’autre ?

Pourquoi parler de « lâchage » ? Je ne mets pas Cavada et d’autres (à commencer par Morin) dans le même panier… J’ai trop d’estime personnelle pour lui pour caricaturer sa décision. D’ailleurs, croyant connaître une partie des cartes, la question se pose : si « lâchage » il y a, qui a lâché l’autre ?...

Dans les explications données par Jean-Marie Cavada,  je marque mon étonnement et mon désaccord de fond sur un point précis : On ne se lance pas dans une bataille électorale pour annoncer la couleur du deuxième tour dès le premier. Sinon à quoi bon deux tours ? Les voix n’appartiennent qu’aux électeurs. Et ce sont les combines envisagées avant les résultats du premier tour qui appartiennent à une manière passéiste de faire de la politique.

Qui plus est, si l’on se lance dans une campagne électorale pour jouer les strapontins de l’un ou l’autre camp, c’est que l’on part en vaincu. Une consultation électorale ne vise pas qu’à faire acte de présence, prendre la température ou marquer un territoire. Des accords de ralliement ou de panachage qui respectent l’électeur se font en temps T, non avant, au vu de Résultats R et en toute transparence sur la base de contrats d’actions, d’engagements précis…

Autre surprise : Jean-Marie dit ne pas connaître sa deuxième de liste Mme Lagarde… C’est beau la confiance.

Pour le reste, ce ralliement est un coup porté non au MoDem mais à la crédibilité de François Bayrou. Là est le plus grave dans cet épisode. Et les mots employés par celui qui a été le grand chef d’orchestre de l’université de Seignosse sont forts, chargés de critiques qui ne peuvent se gommer par des haussements d’épaule du style de ceux qu’a déjà eu Bayrou quand il a été interrogé sur l’éventuelle « désertion » de ce grand marcheur du Siècle : »Il se met aux enchères ». Non, François ! Non, monsieur Bayrou !

J’ai soutenu François Bayrou avec force parce que ses analyses collent ou convergent avec les miennes et parce que nul n’étant parfait je préfère ses défauts à ceux de bien d’autres… Mais je l’ai écrit ici voilà longtemps déjà : Bayrou s’il ne se ressaisit pas est en train de tuer dans l’œuf les espoirs qu’il a fait naître.

« J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté »… Dans la bouche de Cavada, cette phrase a de valeur et du sens… Bayrou (qui ne répond pas au courrier qu’on lui adresse, ce qui est peu conforme aux principes qu’il avance) a par ses non-décisions de ces derniers temps distillé le pire des maux : le flou qui favorise (pas seulement à Strasbourg) toutes les magouilles, tous les calculs les plus vils, tous les jeux les plus insensés et les étalages les plus décourageants de la médiocrité en politique…

La question vient naturellement à l’esprit : Simone Veil aurait-elle eu raison dans son approche de la personnalité de François Bayrou. Je ne veux pas encore le croire. Mais pourrais-je encore longtemps pouvoir ne le croire ?

20/11/2007

Sarkozy islamophobe ? Un écho de Jean Quatremer fait poser une question…qui mérite réponse!

COMMENTAIRE RELATIO par DANIEL RIOT: Nous suivons de trop près le blog de notre ami Jean Quatremer pour que ses échos sur des propos tenus à huis clos par Sarkozy devant des interlocuteurs européens nous échappent...

c9bc5697a77565af37717d5c38a2f521.jpgMais nous ne les avons pas relayés à chaud, par manque de confirmation nette, et recoupement de sources. Nous connaissons (et apprécions) Jean, mais  (il le sait)   ses  qualités journalistiques incontestables sont parfois perturbées (donc altérées ou enrichies, cela dépend…) par son souci bien naturel de son « audimat » personnel…Les 370 commentaires en peu de temps sur son blog, il les prend avec satisfaction, malgré les insultes, les mauvais procès et les dénigrement haineux...  D’où, en quelques circonstances,  non des narrations erronées  mais des extrapolations parfois très subjectives. Cela a d'ailleurs contribué à une notoriété qu'il aurait même sans cette ...fraîcheur d'esprit.

En l’occurrence, Jean  n’est pas l’homme qui a vu (ou entendu) l’ours, mais l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu ou cru voir, entendu ou cru entendre, l’ours…

Dans ce genre de réunions à huis clos, où les traductions ne peuvent pas toujours refléter toutes les nuances de forme, de ton et de fond, les témoignages indirects sont toujours à prendre comme les ailes des mouches, avec des pincettes. Surtout quand les propos rapportés sont graves, en et par eux-mêmes et… par celui qui les aurait tenus.  

Mais Jean a du en toute conscience juger suffisamment fiables ses « sources » logiquement masquées, mais par lui bien identifiées, et non suceptibles d'entretenir délibérément de mauvais proèces,  pour reprendre dans « Libération » de ce jour les confidences rapportées à ses internautes.

L’écho devient ainsi information. Ou plutôt sujet à questions…dont les réponses doivent être données par l’Elysée, évidemment !

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Car, s’ils sont vrais,  de tels propos dans la bouche du chef d’Etat d’un pays qui prône les droits de l’homme, donc le respect des diverses cultures, qui se fait le champion d’une Union méditerranéenne  et qui va assumer la Présidence de l’Union pendant ledeuxième semestre 2008 sont proprement inadmissibles. D’autant plus qu’ils visent les « musulmans » en général et non les « fascislamistes »…

A force d’être sur tous les fronts, de parler de tout, notre Hyper-Président hyper-actif n’est évidemment pas à l’abri d’un dérapage verbal, d’un réflexe d’humeur, d’un mot de trop…Nous l’avons déjà vu et entendu. Plus grave, peut-être, s’ils n’étaient démentis avec une force de conviction suffisante, ces propos que la morale et le droit réprouvent confirmeraient que le locataire de l’Elysée, si prompt à mettre en avant sa « franchise », a un double voire un triple langage. C’est sa crédibilité qui  souffrirait d’une nouvelle et bien vilaine entaille… Seuls les électeurs lepénistes qui lui ont donné ses suffrages y trouverait un réconfort bien peu conforme aux valeurs chantées par la république et fondatrices de l’Union européenne. Sarkozy islamophobe ? Quatremer a posé la question… C’est à cela aussi que les bons journalistes ont leur utilité en démocratie. Déjà, certains lui en font griefs. Mais ce n’est pas de sa faute si la question se pose… Attendons la réponse : une occasion de plus pour que Sarkozy ait matière à communication.

Daniel RIOT  

Résumé des faits : Le président Nicolas Sarkozy aurait dénoncé, lors de discussions avec ses partenaires européens, le "trop grand nombre de musulmans présents en Europe", rapporte le journaliste Jean Quatremer dans Libération, lundi 19 novembre.

b893748a34e8196e4fdc89550e440348.jpg"Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis le Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe antimusulmane devant ses invités", écrit Jean Quatremer, reprenant des informations publiées la semaine dernière sur son blog.

Selon les sources de Jean Quatremer, "le chef de l'Etat s'est lancé dans un discours confus d'une vingtaine de minutes, 'dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire', contre le 'trop grand nombre de musulmans présents en Europe' et leurs difficultés d'intégration".

Le président de la République "a aussi décrit de façon apocalyptique le 'choc de civilisation' qui oppose les musulmans à l'Occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union. Mais ses interlocuteurs en ont, en tout cas, retiré la désagréable impression que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs", poursuit le journaliste.

Jean Quatremer précise qu'il s'agit là du point de vue des deux délégations. Il rappelle que Nicolas Sarkozy, "qui a un langage en privé mais aussi en public souvent brutal, s'est déjà illustré en parlant de 'l'homme africain' qui refuserait l'idée de progrès".

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17/11/2007

Europe : Cette paralysante… « question anglaise », par Daniel RIOT

Commentaire RELATIO: Intéressant le discours de Bruges du ministre britannique des affaires étrangères. Intéressant et paradoxal. Ambigu,même… A l’image de l’engagement européen du Royaume Uni, d’une Angleterre qui se veut toujours à la fois au balcon et dans la rue, dans les gradins et sur la pelouse de jeu…

Pour lui, l'Union européenne doit « accroître ses capacités » militaires et sa coopération avec l'Otan, mais elle ne sera « jamais une super-puissance » Elle sera quoi, alors ? Un espace au service d’autres puissances ?Elle peut être, selon David Miliband  « une puissance modèle » C’est beau, comme objectif, mais modèle en quoi ? Elle pourrait fixer qui « des normes mondiales » et se faire « le champion de la défense du droit international et des droits de l'Homme ». Bien, mais avec quels moyens, en fonction de quels critères ? Avec surtout quelle autonomie d’actions et de décisions ?

Londres regarde toujours plus vers le grand large que vers le continent. Ainsi, sans citer le président français, le ministre a répondu à Nicolas Sarkozy qui conditionne un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan à un renforcement de la défense européenne pour assurer l'  « indépendance » et l'  « influence » de l'Europe.  « Nous devons surmonter les obstacles à une collaboration (des pays de l'UE) avec l'Otan », souligne M. Miliband… Soit, mais en noyant l’Union dans une zone transatlantique sans ce « pilier » européen que voulait Kennedy et que les Anglais, malgré les accords de Saint-Malo (restés lettres mortes, ou presque) ont toujours sapé…

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13/11/2007

Sarkozy à Strasbourg (suite): Un chant d'Europe, par Daniel RIOT

Il nous faut revenir sur le discours de Sarkozy devant le Parlement européen à Strasbourg. Non sur ce qui a été dit, mais sur ce qui en a été retenu (à chaud, il est vrai) dans les média…Je viens de survoler les premières dépêches et les premiers articles diffusés sur internet et sur les chaînes d’info continue. Une fois de plus, je suis surpris (ce qui montre que je garde fraîcheur donc candeur) par « l’escargotisme » franchouillard de trop de rédactions qui pensent que le monde se réduit à la ville de Paris...

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Qu’est-ce qui est mis le plus en relief ? Sa petite phrase qui ne constitue en rien en événement sur sa volonté de mener les réformes par lui annoncées « jusqu’au bout » : ««Ces réformes je les mènerais jusqu’au bout . Rien ne me détournera de mon objectif » … Comme s’il avait fait le déplacement au parlement européen pour parler des grèves (françaises) de demain…

Et sur l’Europe ? Deux points : le droit de critiquer de la Banque centrale (qu’il n’a pas citée) et son opposition réitérée (mais discrètement) à l’adhésion de la Turquie (une question non abordée dans l’allocution et  qui ne se pose pas en ce moment…).Où est « l’attaque en règle contre la banque centrale européenne », comme l’écrit Le Figaro (pour citer un journal "de la majorité") ? «Nul ne peut se prévaloir de l’indépendance de son statut pour se dispenser d’avoir à rendre des comptes, à s’expliquer et à être contrôlé» ?… Le droit de critiquer, n’est pas un droit d’ingérence. Même à la Banque centrale européenne, on l’admet.

J'ai critiqué avec netteté et force Sarkozy sur d'autres thèmes et je reste politiquement dans une position très critique à l'égard de bien des aspects de la politique et du style de Sarkozy mais, en ce jour, je suis, avec réalisme, dans un éloge qui n'a rien de flatteur, que je trouve mérité (et méritoire) : l’événement dans ce discours, c’est la tonalité et la fermeté de l’engagement européen de la France. Dans le contexte français et européen actuel, cela mérite davantage qu’une allusion. Ne serait-ce que parce les murs de « l’anti-européisme » (« l’euroscepticisme » n’est qu’une litote hypocrite et fausse !) sont épais et haut en France et dans d’autres pays.

Des phrases telles que celle-ci valent d’être mises en mémoire : « «L’Europe ne peut pas être qu’une machine, une machine administrative, une machine à éditer des normes, une machine à procédures et à règles (…) Elle  est «une exigence morale, une exigence politique, une exigence spirituelle» (…) «L’Europe n’a une chance d’exister que si pour des millions de femmes et d’hommes, elle est vivante, elle parle à leur coeur, elle est l’espoir d’une vie et d’un monde meilleurs. L’Europe sera un grand idéal ou l’Europe ne sera plus».

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De même quelques phrases sur la défense européenne qui étaient déjà passées (presque inaperçues) dans son allocution devant le Congrès américain méritent attention et débats : « "Comment l'Europe pourrait-elle être indépendante, comment pourrait-elle avoir une influence politique dans le monde, comment pourrait-elle être un facteur de paix et d'équilibre si elle n'était pas capable d'assurer elle-même sa défense ? (…) Que signifie pour chacun d'entre nous notre engagement européen si nous ne sommes pas capables de débattre de la construction d'une défense européenne et de la rénovation de l'Alliance atlantique ? »

Nicolas Sarkozy souhaite que la France se rapproche de l'OTAN, dont elle a quitté le commandement militaire intégré en 1966, A CONDITION que se mette parallèlement en place une politique européenne de défense. Voilà un langage nouveau et clair ! Une vraie « rupture »…

Bush n’a pas voulu y prêter attention, mais Bush est en fin de mandat… Et, rappelons-le, cette Europe de la Défense n’existe toujours pas parce qu’elle a été tuée dans l’œuf en …1954, par la France, en raison de l’alliance objective d’une droite encore imprégnée d’antigermanisme, de gaullistes qui n’avaient pas compris que les redressements français et européens allaient de conserve et de forces qui, selon la formule de Mollet, étaient « plus à Moscou qu’à gauche ».

Mais sans doute n’aies-je pas ce sens de la hiérarchie superficielle de l’information qui fausse tant la perception des événements en ne s’attachant qu’à « l’écume des choses »… Une écume qui change en fonction de l’air du temps, et des zappings... Sur son discours européen du 11 novembre déjà, la plupart des média n’avaient retenu que « la rupture du protocole »… Comme si l’essentiel n’était pas (déjà) ce chant d’Europe que trop d’oreilles parisiennes bouchées par la cire d’un archéo-nombrilisme désuet et ringard ne veulent pas entendre.

Daniel RIOT

SUR RELATIO: "BRAVO SARKO!" >>>>

SARKO ET LA TURQUIE >>>>>>

SARKOZY ET LE  SIEGE DU PE A STRASBOURG >>>>

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Sarkozy ferme sur le siège du PE à Strasbourg

Dans une réunion à huis clos avc des représentants des groupes politiques du parlment européen, M. Sarkozy a  réaffirmé, avec force, "qu'il serait intransigeant sur le maintien du siège du Parlement à Strasbourg", en plus de celui de Bruxelles, en dépit des critiques récurrentes que suscite cette situation. c'est ce qu' a rapporté  le co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit qui fait une idée fixe deuis des années en voulant créer une Université européenne dans les bâtiments strasbourgeois du PE En mai, le président français avait prévenu que le siège de Strasbourg n'était "pas négociable" car cela faisait "partie des équilibres fondateurs de l'Europe".

La remise en cause du siège du Parlement européen à Strasbourg est réclamée par de nombreux députés qui voudraient en finir avec les  navettes mensuelles entre leurs bureaux à Bruxelles et la capitale alsacienne. Le traité européen, qui ne peut être modifié qu'à l'unanimité des Etats membres, fixe officiellement le siège du Parlement européen à Strasbourg mais prévoit deux lieux de travail, Strasbourg et Bruxelles.

COMMENTAIRE RELATIO: Juste un rappel: les réunions du PE à strasbourg sont prévues dans les Traités au nom d'une Europe polycentrique et d'une démocratie active fondée sur des valeurs. Nombre d'agences communautaires ont été installées dans d'autres villes européennes au nom de ce même principe.

Contrairement à ce que prétendent les VERTS (engagés là dans un mauvais combat) et les Britanniques (qui ne veulent pas d'une Europe des valeurs mais seulment des affaires), ce ne sont pas les navettes Bruxelles-Strasbourg qui pèsent beaucoup sur le bdget: ce sont les déplacements décentralisées (et nécessaires) des groupes, des commissions et des colloques en dehors des villes "sièges".

 Ce sont aussi les doubles emplois entre le L'UNION  et le Conseil de l'Europe. L'anomalie, c'est que le secrétariat du PE soit encore à Luxembourg et non à Strasbourg.

Cette affaire là aurait pu être règlée depuis longtemps avec une volonté politique plus claire à Paris et un activisme plus développé et plus intelligent à Strasbourg. DR

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Sarkozy et la Turquie: "Les frontières de l'Europe ne se trouvent pas en Syrie"

Le président français Nicolas Sarkozy a réaffirmé à STRASBOURG son opposition à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne qui repousserait les frontières de l'UE "en Syrie", lors d'un débat à huis clos avec des parlementaires européens, a indiqué l'Elysée à l'AFP. "Le président a très clairement réaffirmé la position française. Il a dit que la Turquie était un pays de 100 millions d'habitants qui n'était pas en Europe mais en Asie mineure et qu'il ne voulait pas être celui qui allait expliquer aux écoliers français que les frontières de l'Europe se trouvaient en Syrie", a-t-on ajouté de même source.

Le chef de l'Etat français a tenu ses propos lors d'une réunion fermée au public avec les présidents des groupes politiques du Parlement européen à Strasbourg. Dans un discours tenu ensuite devant le Parlement européen, M. Sarkozy n'a pas évoqué ce sujet sensible.Lors de la réunion à huis clos avec les responsables de groupes parlementaires, "il a dit qu'il était hypocrite de promettre aux Turcs qu'ils peuvent rejoindre l'UE, qu'avec lui ils ne le pourront pas, et que pour lui la Turquie n'appartient pas à l'Europe", a également rapporté le chef des socialistes Martin Schulz."Mais quand je lui ai demandé s'il mettrait un arrêt des négociations avec la Turquie à l'agenda de l'Union pendant la prochaine présidence française (au deuxième semestre 2008), là il était un peu flou", a-t-il déploré devant la presse...

COMMENTAIRE RELATIO: Sarkozy  n'a fait là que réaffirmer ce qu'il a dit en plusiuers occasions. Y compris sur la poursuite des négociations. Mais la question (que le chef de l'Etat compte ne plus soumettre à referendum) n'est en fait pas d'actualité. Tout dépendra de deux évolutions: celle de l'Union et celle de la Turquie. Pour l'heure, il existe une chance de construire une Europe politique (avec ou sans les Anglais), mais les évolutions turques ne sont guère propices à une accélération des choses. En termes de Droits de l'Homme, Ankara, en l'état, ne satisafit pas aux exigences du Conseil de l'Europe dont la Tuqrquie est membre depuis longtemps. Sur le fond, l'image de la "frontière en Syrie" frappe les esprits, mais n'a aucune portée politique. DR  

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Au Parlement européen, à Strasbourg : « Bravo Sarko ! »

Le Commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO : Une belle et bonne profession de foi européenne, comme (il faut l’avouer) nous aimons les entendre ici sur RELATIO. Un seul point faible, jusqu’à démonstration contraire : le peu de crédibilité des réformes structurelles promises par Sarkozy en matière économique et financière. La France reste le mauvais élève de la classe de l’Euroland dans  des matières essentielles : croissance, déficits budgétaires, investissements dans la recherche et l’innovation… Le passif est lourd, il est trop minimisé et la méthode Coué a des limites.

Cette restriction faite, nous faisons comme nombre d’eurodéputés : nous applaudissons à plusieurs passages du discours, et comme l’ami Cohn-Bendit, nous arborons le sourire satisfait des « pro-Européens » agréablement surpris (ce n’est pas la première fois dans ce registre!) par le chef de l’Etat français qui, plus en encore que dans ses discours précédents sur l’Union européenne, tente visiblement de faire une bonne synthèse (souhaitée ici depuis longtemps) entre l’Europe de Monnet et celle de de Gaulle.

MONNET ET DE GAULLE RECONCILIES? 

Monnet ? Confiance dans les institutions communautaires, Commission et Parlement européen (« indissolublement lié à Strasbourg ») en tête et recherche d’une identité européenne par un retour à des notions trop oubliées :la préférence communautaire, la protection des intérêts européens par des règles de réciprocité, le recours à des décisions prises à la majorité, la concurrence considérée comme un moyen et non comme une fin, un « engagement européen sans faille de la France »…

De Gaulle ? Les respect des diversités européennes, donc nationales, et la recherche d’une Europe « puissance », donc indépendante (défense, énergie, alimentation) et pesant sur les affaires du monde, avec ses valeurs (les droits de l’homme), sa conception d’un capitalisme « d’entrepreneurs et de production » et non de « spéculations et de rentes »… Et la volonté d’une France forte dans une Europe forte : « L’Europe, c’est un levier d’Archimède pour la France », disait De Gaulle à Peyrefitte.

 

UNE EUROPE CITOYENNE, donc POLITIQUE

Il y ajoute la dimension démocratique. Et il tout à fait raison. Comme il voit juste en voulant que « tous les sujets » fassent l’objet de débats et que l’Europe (qui n’est « pas une machine » devienne une réalité CITOYENNE. Oui, « L’Europe sera un grand idéal, ou ne sera pas ». « On ne tombe pas amoureux d’un grand marché’, disait Delors. Oui, il faut que l’Europe devienne POLITIQUE, avec le cœur, la chair, tous les éléments qui font « la vie »…

Cette prestation et les perspectives ainsi ouvertes pour la Présidence française (sans l’arrogance trop souvent affichée par des responsables français) ne peuvent que réjouir les partisans d’une unification politique de l’Europe. Mais il est évident que cette conception n’est pas du tout celle des Britanniques et de quelques autres qui ne voient dans l’espace européenne qu’une zone de libre-échange. Un bon sujet de réflexions (avec celui des frontières) pour le Comité des Sages sur le devenir européen que Sarkozy a demandé et va sans aucun doute obtenir.

RETRAVAILLER LE PROJET MEDITERRANEEN....

Encore une petite ombre dans ce tableau qui restera comme un « grand moment » dans l’histoire de l’hémicycle strasbourgeois du parlement européen : le flou sur le projet d’Union méditerranéenne et la caricature trop vite et mal faite du « processus de Barcelone ». L’EuroMed est insuffisante, mais n’en faisons pas table rase… Sans doute, Barosso, que Sarkozy salue avec chaleur en toute occasion, et d’autres pourront-ils infléchir le dessin inadapté d’un beau dessein…Sarkozy a su montrer qu’il savait aussi s’adapter aux réalités. « On ne pisse pas contre le vent », disait De Gaulle. Alors attendons, en espérant... Pour aujourd’hui, (et sur mon clavier ce n’est pas courant !), Bravo Sarko !

Daniel RIOT

08/11/2007

Sarkozy aux USA : un ego flatté, mais une musette politique vide

Commentaire Daniel RIOT pour RELATIO- « Je veux reconquérir le coeur de l'Amérique, et reconquérir le coeur de l'Amérique de façon durable ». Mission réussie pour Sarkozy qui a du penser à ce que son père lui disait : « Avec tes qualités et le nom que tu as, tu ne réussiras qu’aux Etats-Unis ». En France, il a réussi, le petit Sarkozy, avec la Marseillaise en illustration sonore de son « rêve américain ».

Bonne communication, couverture médiatique chaleureuse, excellente allocution « à l’américaine » avec poncifs en chapelet et lieux communs en double couche, et avec des silences sur tout ce qui peut faire mal ou chatouiller les narines (sur l'IRAK, notamment!) ,  des « standing ovations » au Congrès : il en rêvait… Il l’a fait !

Ils se sont levés plusieurs les « amis américains » du Congrès, les républicains comme les démocrates !  « Standing émotions »…

Mais concrètement, quels résultats de cette visite officielle ? Une entorse à l’une de ses promesses électorales : Il a promis aux Américains de rester en Afghanistan. Sur l’Iran, les deux présidents parlent en gros d’une même voix, en privilégiant la concertation. Mais ce n’est pas nouveau. Pour le Liban, Bush suit Sarkozy sur le principe d’une discussion avec la Syrie pour qu’elle n’interfère pas dans le processus électoral. Mais cela non plus n’a rien de neuf.

Alors ? Alors rien… Du moins rien de visible. Le président américain n’a rien dit sur le climat, rien sur le dollar super-fort, rien sur les réformes par la France souhaitées du FMI, du G8, de l’ONU et d’autres organisations qui permettraient de songer à un « ordre international » méritant son nom.  Et surtout rien sur la reconnaissance de l’importance de l’Europe de la défense, le sujet par excellence sur lequel Sarkozy l’attendait…

Notre Président n’avait-il pas dit   qu’il ne reviendrait pleinement  dans les structures intégrées de  l’Otan que si Bush reconnaissait cette « Europe de la défense » ? Ce but là, sauf secret diplomatique bien gardé, n’est pas atteint. Bush a répondu aux élans du cœur en conservant toute sa tête. Autant dire que Sarkozy revient en France avec un ego  flatté, mais une musette politique vide. Suivons maintenant la visite aux Etats-Unis d’Angela Merkel…

Daniel RIOT

L’Europe face aux vagues xénophobes : « DOSTA »!

L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO

Les « Ritals »… Ce n’est pas si vieux ! Et ce n’est pas seulement le titre d’un (excellent) livre de Cavanna. C’était (et c’est encore d’une façon plus sympathique, heureusement)  le surnom péjoratif et insultant des Italiens, ou plutôt des migrants italiens plus ou moins bien accueillis en France et ailleurs. Car l’Italie était une terre pauvre, donc d’émigration. Des émigrations qui depuis ont  d’ailleurs contribué à la richesse des pays d’accueil et … de l’Italie.

Qualités des travailleurs, rayonnement de la culture italienne (gastronomie en tête), intelligence et dynamisme des « colonies » italiennes. Même l’ombre des maffias n’a empêché une bonne intégration ou une excellente assimilation des Italiens et des italiennes…

Comme dit Jacques Attali dans ses bonnes analyses sur le nomadisme : les diaspora constituent un atout considérable des pays d’origine. C’est d’ailleurs, à terme, l’une des faiblesses des USA, par rapport aux pays européens, asiatiques et…africains !

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Immigrés italiens parqués en France au siècle dernier (avant-hier)

Et voici que les « Ritals » se défoulent ou prennent peur, contre d’autres personnes qui fuient la misère, cherchent une terre où la vie est plus facile,  tentent de trouver de l’air plus respirable quitte à s’enfoncer dans d’autres malheurs. Les milliers de gens qui quittent l’Afrique ou l’Asie ne sont pas les seuls : la Roumanie, entrée (peut-être prématurément) dans l’Union européenne reste une terre où la vie est dure, et où, surtout, des roms souvent mal traités sont tentés d’aller voir ailleurs ! Comme on ironisait en France en dénonçant les idéologies reposant sur un nationalisme d’exclusion : « il y a vraiment trop d’étrangers dans le monde »….

D’ailleurs, il y a des étrangers partout : 20 000 Italiens sont installés en Roumanie où  700 entreprises italiennes  travaillent. Un rappel que le chef du gouvernement roumain n’a pas manqué de faire à Prodi

La vague xénophobe qui frappe l’Italie, comme la plupart des pays européens, à des degrés divers, s’explique par des constats de bon sens. Quantitatif et qualitatif : aucune contrée ne peut, selon la formule de Rocard, « cueillir toute la misère du monde ». Et les faits divers médiatisés, ces moulins à émotions, des usines à déraison, ces accélérateurs de réflexes tripaux, provoquent vive des explosions. La peur, cette mauvaise conseillère, ne favorise pas la réflexion et les réactions de sang froid. Une irrationalité logique à impact politique inévitable et (hélas !)…exploités. En cela l’Italie actuelle n’est en rien un « cas », une « exception ». Hélas...

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Avant de crier haro sur Prodi, remarquons d’abord, sans rien excuser, que nous ne sommes pas en face «  d’expulsions de masse ». Il n’y a aucune « chasse aux romanichels » officiellement déclenchée, avec obligation des résultats statistiquement concrets. Et agités avec le bonheur qu’affiche, en France aujourd’hui, par exemple, Monsieur Hortefeux…

Le ministre de l’intérieur italien a, lui, donné le chiffre de 12 expulsions. Elles concernent des Roumains qui ont commis des délits ou sont soupçonnés d’en commettre.

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Deuxième remarque, à décharge si l’on peut dire afin de mieux comprendre l’émotivité de masse qui secoue l’Italie : la plupart des autres pays européens ont connu une immigration étalée dans le temps, l’Italie, elle,  a connu un afflux massif d’immigrés en l’espace de seulement 10 ans. On recense aujourd’hui 3,5 millions d’immigrés légaux et entre 1 et 2 millions de clandestins. Pour ce qui est des Roumains, on estime qu’ils sont 500 mille en Italie dont 160 mille romanichels. Des chiffres sans doute à multiplier par deux… L’ouverture des frontières en janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie en Europe a généré un flux énorme.

Mais il faut, évidemment,  distinguer la population roumaine « laborieuse », active notamment dans les travaux de garde et de maçonnerie, de sa « frange clandestine et criminelle ». Or,  c’est évidemment cette confusion qui pose problème. Toute la communauté roumaine qui risque d’en pâtir.Avec des vendetta à la clef. C’est déjà fait. Et il y a un véritable consensus là-dessus, même à gauche. 80% des Italiens selon un dernier sondage pensent que les Roumains sont des criminels potentiels ou réels. Et les mesures prises par le gouvernement, les expulsions et les camps des roms rasés, ne font que confirmer ce sentiment d’exutoire, ou de quête d’un bouc-émissaire. La droite elle réclame des mesures plus drastiques…

Les décrets gouvernementaux ne sont donc que la face émergée du drame qui est en train de se jouer. « On est en effet en train de raser massivement les baraques où vivent les romanichels. Sans les reloger. C’est terrible et grotesque. Jeter toutes ces personnes dans la rue, de plus alors que le froid commence à se faire sentir, risque évidemment d’accroître encore l’illégalité, la violence, la criminalité. Cela va avoir pour effet pervers de rendre cette population encore plus insupportable aux yeux des Italiens », souligne Marcelle Padovani, l’excellente envoyée spéciale permanente du Nouvel Obs en Italie…

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La mesure prise concernant les expulsions et la vague de xénophobie est  bien sûr extrêmement choquante et inquiétante au niveau européen : « la dangerosité devient en soi un critère d’expulsion ! Et sans garde-fou juridique. », souligne Marcelle Padovani. 

Le Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler les engagements pris par ses Etats membres en matière de droits de l’homme et de droits des migrants. Il ne manque pas non plus  de souligner l’importance de la campagne en faveur des rooms lancée dans l’Europe du Sud-est mais qui devrait être élargie :« DOSTA ! » Explications, ou plutôt rappel pour les lecteurs de Relatio qui ont eu l’occasion de la découvrir à plusieurs reprises :

« Dosta », un mot qui en Romani signifie "assez", c'est une campagne de sensibilisations qui vise à faire rencontrer les citoyens Roms et non-Roms."Dosta" signifie qu'on en a assez des préjugés et des stéréotypes, qui souvent faussent la réalité, et qu'on veut les combattre non pas en les dénonçant mais en démontrant qui sont les Roms.

« Les Roms ne sont pas parfait, bien sûr, mais qui l'est? Ce qui est clair est que les Roms sont des citoyens européens: ils sont un groupe qui compte environ 8 à 10 millions de personnes réparties dans presque tous les États membres du Conseil de l'Europe. Dans certains pays d'Europe centrale et orientale, ils représentent d’ailleurs plus de 5 % de la population. »

Marcelle Padovani, qui connaît bien l’Italie, termine son analyse sur le NouvelObs.com en déclarant « On dit souvent que l’Italie est le laboratoire du meilleur et du pire. En imaginant le pire, l’hypothèse la plus terrible serait que ce pays devienne un laboratoire du pré-fascisme vis-à-vis d’autres communautés européennes. » Alors, « Dosta » ! Ou alors, nous deviendrons tous les « Ritals » de quelqu’un. La xénophobie, on voit quand elle commence, mais on n’imagine jamais assez où elle peut conduire.

Daniel RIOT

 

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