29/12/2004
Voter pour (ou contre) la Constitution par Internet?
Pour le vote électronique
Alain Ferry ou le pari de la modernisation démocratique
Il avait fait une tentative en 2001. En vain : le conservatisme comportemental a la vie dure…Il réitère sa demande et sa tentative. Le député alsacien Alain Ferry vient de déposer une proposition de loi pour qu’on organise des votes par internet.
« Le référendum sur la Constitution Européenne aura bien besoin de ce nouvel outil de votation, notamment pour permettre aux jeunes d'exercer facilement et rapidement leur devoir électoral et à mieux comprendre l'enjeu de ce scrutin. » écrit-il
« Nos électeurs sont déjà nombreux à avoir adopté cette démarche électorale électronique :
Lors du renouvellement partiel, le 1er juin 2003, des Délégués au Conseil Supérieur des Français à l'Etranger, notamment les Français résidant aux Etats-Unis, 60 % des votants ont voté par Internet. Seuls 5,6 % des électeurs se sont déplacés dans les Consulats.
Enfin, plus d'un million de nos concitoyens s'acquittent de leurs impôts d'un simple clic par Internet. »
Cette proposition sera adoptée et les décrets de la loi seront-ils adoptés avant le referendum ? Qu’est-ce qui pourrait s’y opposer ? Ce serait un bon test de l’efficacité administrative française….
« L'Europe de la démocratie doit alors s'adapter, se développer et proposer à ses euro-concitoyens de nouveaux moyens, de nouveaux outils permettant d'enrichir la participation aux scrutins européens. »
http://www.assemblee-nationale.fr
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21/12/2004
Hommage à Charles de Foucault
Le prochain, ce proche…même quand il est lointain et différent
La vie de saints ne me passionne guère et les « nominations » vaticanes ne me semblent pas échapper à l’arbitraire de toute entreprise humaine, même si les « procès »en béatification durent des décennies…Mais je considère que l’annonce de la béatification de Charles de Foucault constitue un vrai événement, chargé de sens. Pour les Chrétiens comme pour toute l’Humanité.
En fait, ce moine français , entré dans l légende comme l'ermite du Hoggar (Sahara algérien) voulait "voir Jésus en tout homme et agir en conséquence". Plus qu’un acte de foi :un programme de vie. Le « prochain » est un proche même quand il est lointain, vient de loin ou est éloigné de vous par d’autres croyances, par d’autres conceptions de Dieu et de la vie, par d’autres conceptions des « cités » célestes et terrestres. L’étranger, aussi étrange qu’il puisse apparaître, est un autre « moi ». Que je dois respecter comme je me respecte moi-même. Tolérance ? Pas seulement : compréhension, empathie, fraternité authentique.
En cette époque du manichéisme triomphant, du sectarisme galopant, de la négation de l’Autre érigée en culture de l’autre, de la folle intolérance, de nihilisme généralisé, Charles –Eugène de Foucauld, homme de foi qui a surmonté bien des doutes et qui a toujours su se défier des tentations impérialistes des conversions forcées est un héros personnaliste au sens le plus fort du terme. Un exemple à suivre si l’on veut éviter cette « guerre des civilisations » qui nous menace.
Selon ses biographes, (je reprends ici une dépêche de l’AFP) « rien ne prédestinait le vicomte Charles-Eugène de Foucauld à cette existence de reclus mystique » et de martyr : il est mort assassiné en 1916, seul dans le fortin qu'il a fait construire à Tamanrasset par des rebelles touaregs qui le retenaient prisonnier.
»Né le 15 septembre 1858 à Strasbourg dans une famille fortunée, orphelin à six ans, Charles de Foucauld est élevé par son grand-père maternel, colonel de l'armée française. Le jeune homme choisit le métier des armes et fait Saint-Cyr. Il devient un officier noceur qui dilapidera la fortune que lui a léguée son grand-père à son décès.
L'officier de cavalerie finit par quitter l'armée pour entreprendre en 1883-84 un voyage de reconnaissance au Maroc. C'est le début d'une longue période d'explorations sur les pistes du Maghreb qu'il évoquera quelques années plus tard dans un livre, "Reconnaissance du Maroc" (1888), écrit en collaboration avec l'explorateur français Henri Duveyrier.
Charles de Foucauld, qui avait perdu la foi au cours de ses études, la redécouvre en 1886. Quatre ans plus tard, il entre à la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges (ordre monastique cistercien de la stricte observance), dans l'Ardèche.
Il séjourne à la Trappe d'Akbès, en Syrie, avant de quitter l'ordre régulier cistercien pour, explique-t-il, "suivre Notre-Seigneur dans son abjection et sa pauvreté". Ordonné prêtre en 1901, il veut renoncer à tout et ne vivre que pour Dieu.
En 1905, Charles de Foucauld, qui a étudié notamment l'arabe, le berbère, et l'hébreu, devient ermite missionnaire au Sahara, d'abord à Beni Abbès puis à Tamanrasset. Il s'installe parmi les campements des nomades de la région montagneuse du Hoggar, seul parmi les Touaregs.
Pauvre parmi les pauvres, le père de Foucauld s'emploie à soulager les misères des Touaregs qui l'apprécient et le surnomment "marabout". Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les Touaregs, notamment d'une grammaire et d'un dictionnaire français-touareg, touareg-français. Mais il s'intéresse aussi à la pharmacie, à l'agriculture, à la météorologie...
Dans son ermitage construit en argile rouge, celui qui a décidé d'offrir sa vie "pour la conversion des peuples du Sahara" consacre aussi de longues heures à la prière et à la méditation qui le conduiront à rédiger notamment des "Ecrits spirituels". Des « écrits » qui aident à vivre e se méfiant de la vraie guerre ; celle des ignorances de l’Autre, des autres, du « prochain ».
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01/12/2004
De la responsabilité des universitaires...
Contre Gollnisch….
Que vois-je ? Bruno Gollnisch, que j’ai eu l’occasion de (trop) croiser au Parlement européen serait « inattaquable » en dépit de ses propos révisionnistes et négationnistes…C’est beau le « droit d’expression » à l’Université et dans les média…
Je déteste les censures. Je déplore les tendances liberticides très fortes qui se manifestent aujourd’hui en profondeur. Je dénonce le « gouvernement des juges » et le juridisme ambiant. Et j’ai trop de respect pour la liberté d’opinion pour ne pas affronter de face, démocratiquement, toutes les opinions, y compris celles qui donnent la nausée…Le propre de la démocratie c’est de devoir combattre démocratiquement les ennemis de la démocratie.
Mais je cherche à comprendre…
Comment des "vides juridiques" nous condamnent-ils à donner licence à une chaîne de télévision qui a pour vocation de semer la haine? Pire :pourquoi des animateurs de programmes et des journalistes se croient-ils obligés de faire de la publicité à cette chaîne …même en la dénonçant ?
Comment des universitaires peuvent-ils, s’abritant derrière leurs toges, commettre des crimes non prévus par le Code pénal, contre l’intelligence, contre l’esprit, contre la Vérité ?

Comment autant de professeurs d’université restent-ils les bras croisés devant des paroles de honte qui non seulement insultent le passé mais hypothèquent l’avenir ? Faut-il rappeler que toutes les horreurs faites ont d’abord été des horreurs pensées et dites ? Hitler avait tout annoncé. Milosevic n’a fait qu’appliquer des « résolutions » de « l’académie des écrivains de Belgrade ». Jetez un coup d’œil dans les archives des journaux, des barreaux, des facultés, des administrations des époques de la « montée du nazisme »….
Le négationnisme et le révisionnisme, aujourd’hui, sont en vogue parce que l’Holocauste, la Shoa, l’Indicible gênent celles et ceux qui aimeraient pouvoir se déchaîner avec autant de verve que les « faiseurs de haine » d’ « Avant-Hitler » qui leur servent toujours de maîtres-penseurs …
Gênant, cet Hitler ! Il en a trop fait : cela donne mauvaises conscience. Et il n’a pas réussi tout ce qu’il voulait faire…
En minimisant, banalisant, relativisant l’ampleur et la spécificité de la Shoa, les doctes universitaires assoiffés de "pureté" (de la race?) tentent de dédouaner leur mauvaise conscience. Ils ne peuvent qu’être ravis qu’un politique, érudit, consacré par la double onction du savoir et du suffrage universel abonde dans leur sens. « Abonde » …comme « nausée-abonde »
Que des « vides juridiques » dans cette ère de trop-plein de juridisme puissent garantir une impunité à Maître Gollnisch me conforte dans le (petit) soutien que j’ai donné sur ce Blog à un prof de droit de Strasbourg, Chantal Cutajar, qui a compris que face à la Bêtise meurtrière et suicidaire, il fallait agir, concrètement, et non seulement mugir avec la facilité des pétitionnaires ou des éditorialistes professionnels(cliquez sur "initiatives" pour retrouver Chantal Cutajar) .
La "réponse Cutajar"
J’apprends que son projet de tenir des cours de droit « délocalisés » au Struhtof, à Schirmeck, dans un de ces « lieux de la honte » que personne ne peut gommer est en cours de réalisation. Voilà une excellente nouvelle J’espère seulement que la « réponse Cutajar » fera école : toutes les disciplines du savoir ne sont-elles pas directement concernées par ce que l’Europe a connu de pire ? Le destin collectif dépend des petites contributions de chacun, quelle que soit sa place et son pouvoir. Chantal Cutajar a le mérite (qui devrait être plus largement partagé) de nous rappeler que le professorat, est d’abord un engagement citoyen. Comme tous les métiers, d’ailleurs…

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26/11/2004
Le Prix Jean Monnet: Angel Wagenstein
Je ne suis pas un fanatique des « prix littéraires ». Mais je ne nie pas leur utilité. Surtout quand ils traduisent plus un esprit d’émulation que la furie de la compétition.
A Cognac, le « Prix Jean Monnet » consacre et stimule. Il consacre des talents. Il stimule un état d’esprit : celui qui place l’Homme au cœur de toute finalité d’action. L’homme dans sa solitude face aux autres…L’être humain dans la mêlée de la déshumanité, en révolte pour un continent « plus humain », plus riche d’Humanité.
Les dix lauréats de ce Prix crée par les organisatrices du « salon de littérature européenne de Cognac » sont tous des « artistes d’honneur » de la Culture européenne.
Pardonnez l’énumération : William Boyd, Patrick Modiano, Jorje Semprun, Lidia Jorge, Harry Mulisch (Pays-Bas), Herbjorg Wassmo, Arturo Perez Reverte (Espagne), Pierre Mertens (Belgique) , Antonio Tabucchi (Italie)
Cette année, le Prix Jean Monnet couronne Angel Wagenstein (Bulgarie).
Pour « Adieu Shangaï », le dernier volet d’une trilogie sur le destin des juifs en Europe, donc sur le destin même de l’Europe… Les Juifs n’ont-ils pas été longtemps les « seuls Européens authentiques» dans un continent morcelé par ces « nationalismes » inventés pour tenter d’en finir avec les guerres de religions ?
Le « Paris vaut bien une messe » devrait être re-médité en cette ère de réinvention obligatoire de la laïcité, donc de la cohabitation « terrestre » de citoyens de « cités célestes » unies par un même dieu(ou son rejet) mais séparées par des ciels différents ?
Après « Pentateuque ou les cinq livres d’Abraham » et « Abraham le Poivrot », Wagenstein qui sait que l’humour est la seule béquille de la survie dans un monde tragique, signe un volume qui est une vraie symphonie, dans la forme et dans le fond. L’art comme dépassement de soi et des autres.
Je ne vous raconterez pas l’histoire : lisez-là ! La télé devrait en faire un feuilleton…si le mot intelligence a vraiment une traduction cathodique.
Je profite de la circonstance pour rendre hommage à son éditeur français : « L’esprit des Péninsules » … Discrètement, efficacement, Eric Naulleau et son équipe font en permanence le pari de l’intelligence dans un environnement où la « Bêtise » est la « chose du monde la mieux partagée » : le sacre d’Angel Wagenstein est aussi leur consécration, loin de « l’escargotisme parisianiste ».
Jean Monnet aussi se sentait seul, souvent, mais il avait raison : « l’esprit de résistance » est à la base de la « construction européenne » : « l’Esprit des Péninsules » est en fait l’esprit d’un continent dont le passé (pleinement assumé) n’hypothèque pas l’avenir. Un mode où l’étrange n’est pas l’étranger. Et où le « proche » est réellement le « prochain », bien loin de cette « proximité » qui se confond trop avec la « promiscuité » et de cette « étrangéité » qui se veut « étrangère ».
Pour en savoir plus : « espritdespeninsules@wanadoo.fr »
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