06/04/2007

La bataille des banlieues : Le Pen 1-Sarko 0

200 à 300 manifestants à la Croix-Rousse, quartier populaire et bobo…Et Sarkozy recule ! Avec une excuse mensongère que Fillon dément le lendemain : le retard d’un avion qui avait … quatre minutes d’avance sur l’horaire prévu. Un mensonge bien inutile, mais révélateur du fonctionnement de la « machine Sarkozy »…

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Les manifestants n’étaient pourtant ni nombreux ni bien virulents … « Sarko t'es pas le bienvenu » : c’est plutôt  gentil. « Des Charters pour Sarko » : l’ironie n’a rien d’agressive... Mais Sarkozy veut cultiver une image lisse, paisible, souriante, sereine. Mieux vaut, pour lui,  s’exhiber avec Bernadette Chirac qu’avec la « racaille » des banlieues…

On risque moins de retomber dans ces excès verbaux qui fleurissent si souvent dans la bouche « racailleuse » de celui qui voulait « casser la gueule » au « bougnoul Begag » et qui lance si facilement des formules du genre : « j’aurai ta peau ; çà va saigner ; t’es mort ». J’arrête là : il va encore traiter les journalistes de « charognards ». En se voulant rassurant : « Pourquoi voudrais-je virer la direction de France 3 ? Il n’y a pas de direction…. »

La République des incivilités en marche ?

« Moi aussi j’ai eu droit à des noms d’oiseaux », dit Fillon. « Mais dans ce monde où les non-dits ont tellement d’importance, c’est bien de voir quelqu’un qui n’a pas la langue dans sa poche » La « république des forts de halles » est en marche ! J’imagine les conseils européens avec Sarkozy : à l’arrogance s’ajouterait la vulgarité et la grossièreté. La « république des incivilités » au sommet !

Ce n’est pas parce qu’il a peur et se dégonfle que Sarkozy n’est pas encore allé dans les banlieues, dit en substance Fillon sur Canal+, c’est parce qu’il ne veut pas ajouter à l’exaspération des Français, à la tension. Il ira en banlieues s’il le veut, mais pas pour faire le jeu de ceux qui ne cherchent qu’à provoquer des incidents… Sarko ou la faiblesse tranquille !  De qui se moque-t-on ? De ceux qui acceptent qu’on les moquent…

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Marine Le Pen un jour et Jean-Marie le lendemain montrent qu’ils n’ont pas peur,eux,  d’aller en banlieue. Si Argenteuil m’était conté… Un beau coup médiatoco-symbolique ! Sarkozy battu sur son propre terrain. Avec un effet de manche qui est, pour Le Pen, un vrai luxe:"Si certains veulent vous 'karcheriser' pour vous exclure, nous voulons vous aider à sortir de ces ghettos de banlieue où les politiciens français vous ont parqué"..."Vous êtes des Français à part entière" Interdit de rire!

Une balle bien  renvoyée en fait : Sarkozy a suffisamment labouré le terrain de Le Pen pour que le grand papa  du FN (qui prépare déjà le deuxième tour) fasse une virée dans ses jardins…Un ex-ministre de l’intérieur qui était chargé de rétablir l’Etat dans des zones de non-droit n’ose pas aller lù où  le champion des discriminations, du racialisme, des idéologie du « refus de l’Autre » ose aller le jour du chemin de Croix :il y a de quoi ironiser"Je tiens à vous remercier tous de m'avoir permis de m'exprimer, là ou même pas notre ministre de l'Intérieur n'ose se rendre", a dit Le Pen qui sait que des études d'opinions non publiées attribuent à Sarko des voix qu'il va récupérer... A un point tel que dans son entourage, on voit assez bien un deuxième tour Bayrou-Le Pen, tant les Français en ont vraiment marre du système UMPS...

Un gouvernement d’ouverture

Mais Fillon (qui se voit, comme d’autres, à Matignon, en chef d’atelier de Sarko-président) se veut rassurant sur un autre terrain: le premier gouvernement de l’ère Sarko (si elle commence!) sera d’ouverture… « Avec des surprises » ! Politiques et générationnelles. Fillon va jusqu’à reprendre des formules de Bayrou sur la difficulté de faire des réformes quand on reste dans une politique de camp pour justifier cet « esprit d’ouverture ».

C’est beau, la vie… On peut rêver d’ailleurs : Glucksmann à la défense nationale, Max Gallo à l’identité nationale, Steevy à la jeunesse, doc Gynéco à la santé, Georges Frêche aux anciens combattants et Gollnisch à la culture…Au point où nous en sommes !  Le 1er avril pourtant est passé...

Ségolène Royal et son « contrat de la dernière malchance » : « Crédibilité zéro »…

La spécialiste des boulettes, du double ou du triple langage, d’une tactique électorale en dents de scie, a une chance énorme dont elle ne se rend peut-être pas assez  compte. Et qu'elle transforme en "parcours de la dernière malchance"... 

D’abord, le rôle de femme brimée ou moquée « parce que femme » qui doit affronter des critiques qu’elle « n’aurait pas eu à subir si elle était un homme » lui semble favorable… Même si elle en use et en abuse.Un vrai récital devant les lectrices de Elle!

Ensuite, nombre de militants et sympathisants PS traumatisés par l’échec Jospin, les querelles internes, le flou de la ligne idéologique, les incohérences d’un « programme » bien peu crédible font contre fortune bon vote : ils jouent la discipline, ils suivent les mots d’ordre. Même s’ils savent que dans le meilleur des cas pour elle, Ségolène a très  peu de chance de battre Sarkozy. Même s’ils sont conscients du risque : Voter Ségo, en fait, c’est faire le jeu de Sarko… Les tenants du TSS, du Tout Sauf  Sarko seraient les grands cocus de l’Histoire. Avec pour le PS des conséquences qui tiennent sans doute en un mot : éclatement !

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Mais la magicienne n’a pas retrouvé son grigri des primaires du PS. Et sa chance fait plus que tourner: se retourner!  Elle vient de faire plus qu’une boulette en sortant de son chapeau un « contrat de la première chance » bien improvisé, mal conçu et  non financé… (sauf  par des collectivités locales qui n’ont en rien été consultées). Crédibilité zéro pour Ségolène la « participative », brouillonne et confuse !

Il en faut des explications de textes, des formules, des changements de vocabulaire (« parcours «  au lieu de « contrat »), des contorsions et des doses de mauvaise foi pour tenter de faire taire les critiques (à gauche surtout) déclenchées légitimement par son initiative strictement électoraliste. Levée de boucliers et concours de flèches empoisonnées… Logique !

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Un an après l'enterrement du Contrat première embauche par Jacques Chirac, la LCR dénonçait un "CPE new-look" et le Parti communiste "un CPE de gauche". Et l’UNEF montait au créneau : « Je ne suis pas un spécialiste de communication, je n'ai pas le parcours de Jacques Séguéla, mais lancer un 'contrat première chance' ou un 'contrat première quelque chose' un an après le retrait du CPE (contrat première embauche), j'appellerais ça une connerie", a expliqué  Bruno Julliard, président de l’Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant.

Et les « jeunes socialistes » doivent comprendre qu’ils sont des colleurs d’affiches, des distributeurs de tratcs et des blogeurs de service. Sans plus… D’ailleurs, ils n’ont pas été invités à la présentation de cette mesure qui ne vise qu’à rivaliser avec la proposition des deux emplois par entreprises de Bayrou (une proposition sérieuse, elle),

Je tente de résumer ce que ce j’ai cru comprendre dans cette proposition qui « vise un coeur de cible de 120 000 jeunes » : Après trois mois de "tutorat d'accompagnement", un jeune non qualifié ayant signé un "CPC", Contrat de la Première Chance, aura trois possibilités. Soit il est intégré dans un contrat d'apprentissage. Soit il emprunte un « parcours  de professionnalisation ». « Soit le jeune devient immédiatement efficace, et cette période d'essai se transforme en contrat de travail ». Dans tous les cas, salaires et charges seront pris en charge par les collectivités locales.

Vous voulez plus de précisions ?  « La France Présidente, c'est celle qui dit à tous les jeunes : allez vas-y ! Fais tes preuves! La France a besoin de toi, de ta diversité et des tes talents (...) quel que soit ton nom ou ta couleur de ta peau », a lancé Ségolène, la généreuse…

Plus concrètement ? « Tous ceux qui ont de bonnes idées sont appelés au concours », a déclaré un porte-parole de  Ségolène Royal «  n'est pas ministre du Travail ».

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On croît rêver, non ? Mais non !  Imaginez le cauchemar de ce type d’improvisations si le Parti Ségolène arrivait au pouvoir ! Du coté de l’UMP, on rigole, bien sûr… Le citoyen que je suis en rit jaune ! L’éditorialiste que je suis se demande vraiment pourquoi le seul programme social-économique vraiment travaillé, celui de Bayrou, est aussi minimisé et aussi mal expliqué dans les grands médias. Mais c’est une autre affaire…

L’info-spectacle n’aime pas les propositions sérieuses ! L’un des drames de cette campagne vient de l’art des raccourcis, des résumés caricaturaux, des simplifications paresseuses des programmes les plus travaillés de cette campagne. Cette défaite du journalisme pédagogique (comme pendant la campagne du referendum européen) est aussi une défaite de la démocratie.

Daniel RIOT

02/04/2007

Carnet de campagne: Refondation de l'écologie politique sous l'aile de Bayrou

Voilà des années que je me demandais pourquoi les écolos éprouvaient le besoin de constituer non des groupes de réflexions et d’actions, non des cercles de pressions, non des associations ou des ONG mais des partis politiques. Un parti doit par définition être interdisciplinaire, travailler sur des idées et des programmes qui reposent sur le croisement, le recoupement,la synthèse.

L’environnement, par définition, c’est un tout qui est en tout et qui englobe tout…pas n’importe comment. L’écologie, c’est une éthique de vie, une dimension de la vie. Et un impératif sociétal vital.  

Faut-il des partis de l’Europe, de la culture, de l’armée, de la police, de l’électricité, d’internet, de la voiture, de la charcuterie, de la pomme sautée ou de la tête de veau ?  C’est comme le parti des chasseurs, des pêcheurs… Du communautarisme d’activités, de préoccupations, de passions. Avec les pires des soifs : celle de la pureté qui nous fait connaître tant de tragédies …Et le pire des esprit : celui de   réduction. Un tout rendu partiel et partial : du réductionnisme comme tous les intégrismes…

A la politisation de l’écologie s’est ajoutée l’écologisation de la politique : c’est encore plus illogique et vicié. Un écologisme de gauche, ou d’extrême-gauche, ou de droite ou d’extrême-droite ? Mais cela veut dire quoi ? Demandez à la faune ou à la flore qu’on veut protéger la couleur politique des éleveurs ou des jardiniers qu’elles préfèrent…

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L’un des résultats (parmi d’autres) de la « révolution tranquille » que Bayrou est en train de conduire est une refondation de l’écologie politique par le centre et au centre. Grâce à Corinne Lepage et (mais oui) à Antoine Waechter qui ont rallié François Bayrou sans qu’il y ait des tractations entre partis. « J’ai enrichi le programme de Bayrou non par la négociation mais par la simple discussion », dit Corinne Lepage fière à juste titre de publier en avant-première les propositions de Bayrou sur le développement durable : une série de mesures concrètes, d’engagements précis que les esprits légers et paresseux qui trouvent que le projet de Bayrou est « creux » ou « vide » feraient bien de lire, en présentant leurs excuses… et en faisant amende honorable.

Voilà enfin l’écologie considérée comme elle doit l’être : une donnée essentielle d’un projet authentiquement humaniste, donc respectueux de l’Homme dans sa plénitude donc dans son environnement. Une dimension qui dépasse les frontières entre secteurs d’activités, entre disciplines, entre milieux, entre  priorités antagonistes, entre intérêts contraires. Une dimension qui transcendent les faux clivages passéistes et artificiels droite-gauche qui pollue tant la vie politique française et explique tant de blocages d’une Société éclatée.

Sarko, « grand prometteur » et  casseur de la sécurité sociale

Hollande ironise. Il y a de quoi, en effet… Que de promesses dans le nouveau projet de srakozy ! je dis nouveau parce que l’on finit par s’y perdre entre ce qui a été dit et n’est plus dit… « le grand  prometteur » s’écrie le patron du PS qui sait de quoi il parle puisque le programme de Ségolène aussi est riche en promesses (parfois contradictoires d’ailleurs)

Personnellement, avant de revenir plus longuement sur d’autres points, c’est le coté « casseur » qui m’effraie chez sarkozy. Première casse : la sécurité sociale ! Un premier pas vers la casse du « modèle français »…

Nicolas Sarkozy déclare qu'il instaurera un système de franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur les dépenses de santé, s'il est élu président de la République.« Je propose un système avec quatre franchises, a déclaré le candidat de l'UMP lors d'une conférence de presse consacrée à son programme. Les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments (...), les premiers euros annuels sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation (car) je ne considère pas que le forfait hospitalier soit une franchise. »

Combien les « premiers euros » ? Mystère. Sur qui portera la franchise, la personne ou la famille ? Mystère. Que deviennent les malades atteints de maladies (graves et longues) remboursées à 100% ? Mystère… Autant de  sujets de discussion avec les partenaires sociaux, dit l’ex-premier des ministres. Comme  la question de la semaine de 35 heures de travail dans les hôpitaux. Comme la nouvelle carte hospitalière.  Mais Sarkozy pense que la franchise «  doit porter sur l'assuré », et  qu'elle ne devrait pas être remboursée par les mutuelles.

Quel programme ! Plus que les modalités, ce sont les finalités qui comptent: une affaire de principe avant d'être une affaire de "premiers euros". Il est bizarre le silence du Parti dit socialiste de ces projets très sarkoziens... Il est vrai que le trou de la Secu doit être bouché, mais pas en la supprimant, non?

Oh ! Les beaux soutiens de Nicolas…

Borloo et Sarko en blouse blanche sont en campagne, comme deux gamins en train de faire une bonne blague ! Belle image. Pourquoi Borloo a-t-il donc publié un livre où la politique Sarkozy est aussi critiquée ? Pourquoi n’ont-ils pas réussi à travailler main dans la main quand ils étaient chargés de relever les défis des banlieues ? C'est promis:ils feront demain ce qu'ils n'ont pas fait hier...

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Simone Veil maintient que Sarkozy est un homme bien sous tous rapports, mais elle vient encore dans « tribune juive » de dire, avec un sens de la litote très sélective, tout le mal qu’elle pense des liens faits entre l’identité nationale et l’immigration par son poulain. Je croyais Simone Veil, qui rêvait d’un grand et vrai « Centre «  voilà quelques années plus attachées aux valeurs qu’elle défendues toute sa vie durant.

De Robien vote Sarkozy (de quoi soulager Bayrou) en transformant l’explication de son choix en un grand plaidoyer en faveur de  l’œuvre historique qu’il a accomplie au ministère de l’éducation. Une œuvre qu’il a déjà dû défendre depuis Pékin pour répondre aux attaques virulentes que lui lançait Sarkozy…

De Villepin réitère avec peu d'enthousiasme son soutien à Sarko, mais préfèrerait uen grande "agence de l'immigration" au ministère de l'identite et de l'immigration envisagé par le candidat de l'UMP, une façon élégante de la désavoué.il insiste aussi sur la nécessité de rassembler les Français, ce que ne fait pas spécialement l'ex-ministre d'Etat candidat des "honnêtes gens". Cela doit être drôle de soutenir un candidat avec lequel on a des désaccords de fond... 

Ne parlons évidemment pas de Chirac qui reste silencieux depuis son service minimum au service de l’UMP, « très naturellement ». ne parlons pas des ex-centristes invertébrés qui n’osent plus se dire UMP mais se présentent comme des « centristes ralliés à l’UMP » et qui disent voter Sarkozy « par discipline naturelle de parti »… J’en ai rencontré quelques uns ces derniers jours. Ils ne sont pas très à l’aise dans leurs chaussures ! Il est vrai que Méhaignerie avec Doc Gyneco, çà ferait un bon plateau. Ensemble, tout est vraiment possible. Tout l’était déjà : Douste Blazy au quai d’Orsay aura marqué l’Histoire, par exemple…

 

01/04/2007

François Bayrou n’est pas dans le trou…

Une excellente nouvelle : OUF! De Robien vote Sarkozy !

« Bayou est dans le trou » ! Poisson d’avril… La « compère et la commère » se frottent les mains… Les incidents de la gare du Nord, (transformés en affrontements dans des conditions non encore éclaircies) ont fait le jeu de Le Pen donc de ceux qui agitent le « péril » du même nom…pour décourager celles et ceux qui seraient tenter par la « révolution tranquille » de « l’extrême centre » de Bayrou…

Les fiches de température des sondages marquent cette phase : Le Béarnais se tasse, voire recule. Le « compère et la commère » exultent. En s’accordant une fois encore sur les mêmes formules : « Le moment Bayrou est fini ! »…En soufflant sur les braises du « vote utile » avec leur « programme commun » : « Le Pen en troisième homme est meilleur pour nous que Bayrou ». En serrant les boulons dans chacun de leur « camp » par tous les moyens, y compris les plus démagogiques. En usant et en abusant de cette dramaturgie médiatique qui entraîne un malentendu démocratique : la campagne des présidentielles est détournées de ses vrais enjeux, hautement politiques, au profit d’intérêts bassement politiciens…

L’hyper-capitalisme bonapartiste et le socialisme indéfini 

Le « vote utile » pour l’UMP, c’est le score le plus élevé possible pour Sarkozy au détriment de Bayrou. Parce qu’un face à face entre le prince de Neuilly aux ambitions napoléonienne et l’Homme au tracteur ne s’annonce guère favorable au premier. Parce que Sarkozy qui a déjà su dissoudre les valeurs gaullistes et centristes dans son hyper-capitalisme bonapartiste à la sauce anglo-saxonne avec une pincée de berlusconisme a besoin d’une légitimité forte pour pouvoir exercer le pouvoir comme il l’entend : d’une façon personnelle et musclée.

Le « vote utile » pour le PS, c’est tout ce qui peut empêcher le renouvellement de la « catastrophe Jospin » : le « grand PS » qui ne sait plus définir le mot « socialisme » veut être au second tour… Même si sa candidate est donnée perdante dans tous les cas de figures possibles, sauf contre Le Pen !

Le « vote utile », pour le « duo » héritier des vraies cohabitations et des fausses alternances qui ruinent la France depuis 25 ans, c’est donc d’abord un vote « anti-Bayrou ». D’où leur tactique dans les trois dernières semaines qui commencent : cogner, cogner, cogner et encore cogner sur le Béarnais    et le rendre inaudible. En lui piquant quelques idées, en caricaturant son projet, en se plaçant déjà dans les perspectives des législatives et des municipales, et en exploitant ses faiblesses.

Les ringards du centrisme « non couillu »

Des faiblesses, Bayrou en a, à commencer par l’image « ringarde », opportuniste, molle du centrisme « d’avant », du « ni ni », du « oui, mais », du « de quel coté le vent va tourner »  reste vivace dans bien des esprits… et dans quelques  sections et fédérations de l’udf. Le « centrisme couillu » pour reprendre une expression de François Bayrou compte encore bien des « couilles molles » (pour rester dans le même registre) : c’est plus, bien sûr, une affaire de têtes que d’attributs, de caractères  et de tempéraments que de morphologie, et cela transcende les sexes et les générations.

Héritage de cet esprit de soumission qui incitait Chirac à lancer : « Les centristes, on les roule dans la farine et on les fait frire ».  Qui incitait Pasqua à ironiser sur les « sangs tristes ». Qui fait croire à la droite et à la gauche que le centrisme ne peut être qu’une force d’appui parce qu’ils sont « fait en pâte à modeler ».Qui fait confondre à nombre de responsables et de militants de l’UDF « sens des nuances » et absence de bon sens.

Héritage aussi de ces réflexes de « petitesse » qui naissent de la vie en autarcie intellectuelle de petits groupes qui ne savent pas s’ouvrir aux autres, frotter leur cervelle à celles des autres, comme disait Montaigne, qui ne veulent surtout pas être dérangés dans leurs habitudes et leurs routines, dans leur autosatisfaction pathologique…

La « révolution tranquille » de Bayrou exige une révolution culturelle qui n’a pas encore été suffisamment assumée dans les rangs de l’UDF. On ne peut en rien le lui reprocher : il a déjà sauvé une formation qui était condamnée à être laminée. Il l’a  ressuscitée, même ! Mais en l’état  c’est la faiblesse des bases de l’UDF qui limitent la force de progression de Bayrou.

Le choix de De Robien : « Ouf ! »

François Bayrou qui en bon fils de la terre sait jauger les réalités en a bien conscience. Le cas de Robien est le symbole vivant même de cette situation. Son bilan à l’éducation nationale n’est pas bon ! Sarkozy a été le premier à le dire haut et fort. Ses calculs de notable (qui vient de se faire réélire maire d’Amiens, par anticipation, on ne sait jamais…) n’entrent pas dans la stratégie de changement de Bayrou. Ses prises de positions de droite plus que du centre  brouillent l’image de « centriste central » que veut donner Bayrou à l’UDF depuis cinq ans, progressivement. Ses déclarations critiques contre Bayrou ont donné du grain à moudre aux adversaires du nouveau centre. Comme sa publication en librairie qu’il ose appeler « livre »… Ses (fausses) hésitations vraiment cultivées sur son choix pour le premier tour ont conforté l’image passéiste et passée du centriste mou, champion de l’indécision. Son ralliement à Sarkozy est un soulagement pour Bayrou. Un poids en moins. Ouf !

C’est terrible pour Bayrou de devoir compter avec celles et ceux qui tout en prétendant soutenir l’UDF et sa candidature font sur le terrain le jeu de ses adversaires et, parfois involontairement, travaillent en faveur de la « ligne Sarkozy » ! Localement, Strasbourg est un cas d’école à faire étudier, plus tard, en sciences politiques : De « petits Derobiens » et des « petites Derobienes » font allégeance, se laissent téléguider, se font « rouler dans la farine » au nom de faux impératifs municipaux par un tandem constitué d’un ex-mentor de Sarkozy et d’une ancienne UDF passée à l’UMP …

Le « derobisme » doit être conceptualisé même s’il est vieux comme la vie politique : « attitude intellectuelle malhonnête qui entraîne, chez  certains bipèdes peu vertébrés mais doués pour marcher sur la tête,  des comportements qui sacrifient les  valeurs qu’ils prétendent défendre sur l’autel d’intérêts personnels souvent mal compris et font, parfois malgré eux, le jeu de leurs adversaires en blessant ou tuant celles et ceux qui portent vraiment les valeurs proclamées»

De Robien d’Amiens et les derobistes de Strasbourg…

Le vrai de Robien d’Amiens comme ses filles et ses fils spirituels (si l’on peut dire) de Strasbourg et  d’ailleurs devraient au moins pousser leur logique jusqu’au bout : rejoindre l’UMP.

Mieux vaut carrément passer à l’adversaire que jouer les « cinquièmes colonnes » : c’est moralement plus acceptable. Comme dit Bayrou : « Ceux qui sont passés à l’UMP n’étaient pas de vrais UDF » … Mais ils sont plus estimables que ceux qui restent à l’UDF en étant de faux centristes et de vrais umpistes. Le derobisme n’est que la « caution » (le mot est de De Robien !) du sarkozysme. Une caution bien peu morale...

Entre les réactionnaires de droite et les conservateurs de gauche

Mais comme dit Bayrou, « nous règlerons tout cela après les Présidentielles ». Le calendrier de la course à l’Elysée est la priorité des priorités puisque dans notre système institutionnel seule l’élection du Président de la république peut nous permettre de changer démocratiquement, d’une façon républicaine, ce … système usé, dépassé, devenu nuisible.

Le seul candidat républicain qui veut vraiment changer le système et les mœurs qu’il engendre conserve bien des atouts : la « commère et le compère » feraient bien de ne pas enterrer trop vite celui a d’ores et déjà gagné une bataille difficile, celle de redonner crédibilité, corps et âme à un centrisme. Bayrou n’est pas dans le trou !

D’abord, attention à la relativité des sondages ! Ensuite, entre les réactionnaires de droite et les conservateurs de gauche, il reste le seul espoir de ceux qui veulent une vraie rupture avec 25 ans d’une Monarchie oligarchique qui a montré toutes ses limites et surtout toutes ses nuisances. Enfin et surtout, la campagne reste incertaine pour tout le monde…

" Absolument confiant dans le choix des Français ", François Bayrou a sans doute raison de rester convaincu que ses deux concurrents sont surestimés dans les sondages. «  La gauche ne se retrouve pas dans sa candidate. Quant à Sarkozy et Le Pen, ce sont des vases communicants. Si le vote Le Pen est sous-estimé, alors le vote Sarkozy est surestimé « ,a-t-il  confié au Monde. «  Les principaux dirigeants du PS ne cessent de me faire passer des messages affirmant que, si je suis au second tour, ils sont à mes côtés »

« On a tous en nous quelque chose de Bayrou »

J’emprunte ma conclusion au Monde qui résume bien le programme…  « Son équipe de campagne met ce week-end la dernière main à un programme de vingt pages, thématique, qui sera tiré à 10 millions d'exemplaires et présenté en début de début de semaine prochaine. " On voulait répondre à Royal et à Sarkozy qui disaient que l'on n'avait pas de programme ", indique Maurice Leroy, député UDF du Loir-et-Cher. Le quatre pages, jusqu'alors distribué avec une clémentine " pour donner des vitamines à la campagne ", a été jugé un peu léger.

Le 5 avril, M. Bayrou publiera en outre son troisième livre de campagne, Confidences, qui reprend l'entretien de plusieurs heures accordé à PoliTIC'Show et qui est déjà disponible sur son site. Il a confié au photographe Jean-Marie Perrier, le soin de son portrait officiel.

Dans la dernière ligne droite, l'essentiel, pense François Bayrou, est de retrouver la proximité qui avait permis l'identification d'une partie de l'électorat à sa personnalité. Lors d'un meeting de soutien où il l'accompagnait, Vincent Lindon lui a fourni le slogan : «  On a tous en nous quelque chose de Bayrou ».

Daniel RIOT

30/03/2007

Quand Ségolène « insulte le peuple de gauche » : Aux larmes, citoyens !

Ségolène Royal et François Hollande ensemble, avec le Chant des Partisans en levée de rideaux, dans la même porcelaine de Limoges : joli plateau !

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Ségolène égrène les misères des Français (dont les gouvernements PS sont en partie responsables) en tentant de prendre de accents Mitterrandiens mais en sombrant dans une litanie digne d’un (mauvais) prédicateur  plus que d’un bon tribun.

Mais il paraît que cela séduit. Même Jean Daniel en transforme son éditorial du Nouvel Obs de la semaine en déclaration d’amour. Non seulement elle est « belle », mais quel « talent », quelle « force » ! Elle oublie l’Europe et le monde, mais cela viendra… « Ne boudons pas notre plaisir » !

Hollande, lui, attaque Sarkozy. Avec raison. Rien à redire… sauf qu’en matière l’insécurité, le PS a peu de leçons à donner et que « l’Ordre juste » est une devise chargée de terribles ambiguïtés ou de…vide !  Pour la X ième fois, Hollande s’acharne aussi contre Bayrou, l’homme à abattre n°1, qu’il « classe à droite » … sans dire ce qu’est la « gauche » aujourd’hui.

Mais il paraît que les foules des militants devenus supporters aiment cela. Même Jacques Julliard, en oublie ses propres principes d’excellent historien pour parler (toujours dans le Nouvel Obs qui met le paquet pour soutenir Ségolène)  du « mirage centriste » comme si le PS avait toujours existé…

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Mais je n’ai guère envie de me concentrer ce soir sur la pauvre incarnation du « Socialisme Bécassine » (pour reprendre le titre du dernier livre de Laurent Joffrin qui fusillait voilà quelques mois « la gauche caviar ». On ne va tout de même pas reprocher à Bécassine d’aimer le caviar. Je l’aime aussi et j’en mangerais plus si j’en avais les moyens… En fait, la gauche de la gauche cogne déjà trop sur le « mirage socialiste » pour que je ne retienne pas mes élans et n’autocensure point mes critiques…

Quelques exemples : « ABERRANT », voire « sordide », pour le Parti communiste français, « flippant » pour la Ligue communiste révolutionnaire, « chauviniste » pour l'équipe de José Bové, ou encore « très dangereux » pour les Verts : les déclarations de la candidate nationaliste du PS provoquent depuis le début de la semaine une véritable volée de bois vert auprès des petits partis situés à sa gauche (ce qui certains jours n’est guère compliqué…)

Maurice Ulrich, éditorialiste de l'Humanité, n'hésite pas à écrire que « la querelle à laquelle nous assistons (...) est sordide » car « répondre au ministère de l'Identité nationale de Nicolas Sarkozy en imaginant, comme l'a fait la candidate du PS, que les enfants des écoles pourraient réaliser des drapeaux dans des ateliers de couture est ­proprement aberrant ». Et d'ajouter que Royal use de thèmes « comme des savonnettes » ou reviennent « un peu les mêmes bulles un peu nauséabondes », comme celles de l'identité ou de l'immigration.

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Olivier Besancenot, le candidat de la Ligue à la présidentielle, se dit carrément « choqué ». « Ça me choque, ça me fait flipper. Il y a La Marseillaise, plus l'identité nationale, plus les drapeaux. Ça crée un petit climat. » Pour son mentor, Alain Krivine, « le jeu de Ségolène est très dangereux car sur ce terrain elle sera battue par Sarko et Le Pen ».

Selon l'ancien leader de Mai 68, Ségolène Royal « fait diversion par rapport aux préoccupations des gens, qui portent sur le social, les salaires, les retraites ou encore le logement ». Et le leader trotskiste de parler d'« insulte » au peuple de gauche.

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La porte-parole de Lutte ouvrière (LO), Arlette Laguiller, ne se montre pas plus tendre. « Le nationalisme est un poison qui conduit toujours à des affrontements et à des guerres terribles », dit-elle, tandis que le leader altermondialiste José Bové à un message à délivrer : « Je dirais à Mme Royal que le chauvinisme et le nationaliste n'ont jamais été des valeurs de gauche »

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 Les Verts se disent, quant à eux, « catastrophés par la tournure nationaliste que prend la campagne » et « le repliement sur soi de la France ». Et de s'en prendre officiellement dans un communiqué au nouveau slogan de Ségolène Royal : « Les Verts demandent à Ségolène Royal de reprendre rapidement les habits et l'ambition européenne ouverte et généreuse, plutôt que forte et nombriliste à l'aune de ce slogan désastreux d'une France présidente ». 

Il est vrai que ce slogan là, il fallait l’oser ! Qui parlait de l’ego de Sarko ou de Bayrou ? C’est la version 2007 de « l’Etat, c’est moi »… La Reine Soleil ne doute de rien, surtout pas d’elle-même. Aux larmes citoyens…

24/03/2007

Mon carnet de campagne : Quand Ségolène Royal (comme son frère ennemi Sarkozy)insulte mon père et ma grand-mère …

 Et si nous taxions les bêtises irresponsables?

Tout est bon…Ségolène Royal et Julien Dray ont   accusé François Bayrou d'avoir échappé au paiement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) au motif qu'il ferait partie « des exploitants agricoles ». « Il ne faut plus que des responsables politiques à plein temps puissent se déclarer exploitants agricoles pour échapper à l'impôt sur le patrimoine » a dit Ségolène…

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Comme si Bayrou avait repris l’exploitation de son père pour des raisons fiscales. Comme si les vaches d’un agriculteur étaient faites non pour donner du lait mais pour échapper à l’impôt. Comme si les stocks de marchandises d’un épicier devaient être comptabilisés dans les calculas de l’ISF. Comme si la matière grise d’un penseur ou d’un chercheur devait être apprécié par le fisc. Il est des bêtises irresponsables qu'on devrait taxer: nos déficits seraient gommés..

« L’ordre juste » est bizarrement ordonné et curieusement juste… ce n’est pas la justesse de ses vues qui caractérise l’esprit bien désordonné de Royal et de ses conseillers…. Il est vrai que Bové avait fait mieux : « Bayrou est inscrit à la FNSEA : cela prouve qu’il est de droite »

La terre de France colle aux chaussures de Bayrou

Ségolène est aussi insultant eenvers les travailleurs de la terre que son frère Sarkozy qui moque avec une stupidité ignoble le tracteur de Bayrou. Il se trouve que je suis né dans une ferme (et pas à la maternité) et que la femme que j’admire le plus au monde, ma grand mère Juliette a tenu cette ferme, seule durant toute sa vie. Ségolène et son frère ennemi Sarkozy l’insultent comme ils insultent tous ceux qui n’oublient pas que la terre de France leur colle aux chaussures même quand ils ne connaissent plus que les paves et le macadam des villes.

Mais s’en rendent-ils compte ? Le mépris des autres et des valeurs est devenu une arme ordinaire chez le Prince de Neuilly et chez la Madonne qui dirige (si l’on peut dire,malgré son autosatisfaction chronique) le Poitou-Charentes depuis Paris

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Les « Gracques », ces vrais socialistes (assasinés)  de l’Antiquité

Le mépris. Encore… Comme pour Besson, l’expert économique du PS qui a quitté le bateau enchanté de Royal, écoeuré et angoissé. Ségolène Royal a ironisé sur les "Gracques", ces anciens collaborateurs de gouvernements socialistes restés anonymes, en faveur d'une alliance du PS avec François Bayrou. « Ces anciens fonctionnaires, (....) pour la plupart passés dans le monde des affaires" et "extrêmement libéraux", ne sont "pas les mieux placés" pour prôner le changement…. Circulez, il n’y  rien à voir…. Elle s’est payée le luxe de rappeler que "les Gracques ont très mal fini dans l'histoire".

Ségolène, l’énarque (sortie 81 ième, donc bien modestement de sa promotion) aurait dû réviser son Histoire…Ces tribuns de la Rome antique,  avaient tenté une réforme du système agraire, économique et social, une lutte contre le clientélisme et la corruption des Sénateurs, une croisade contre la pauvreté indigne de la plèbe… De vrais socialistes, avant l’heure.

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Ils s’étaient heurtés aux Sénateurs, aux apparatchiks de l’époque, aux éléphantes, aux mammouths et aux dinosaures (de droite et de gauche) qui  se sentaient menacés dans leurs privilèges.  

Leur  fin tragique ? Assassinés par les réactionnaires, par les nantis conservateurs, par les champions de ce qu’ils considéraient comme « l’ordre juste » : un système qui privilégiaient… les privilégiés, donc par la « droite » de l’époque… et par la « gauche » complice de cette droite !  Ségolène nourrit-elle des rêves assassins contre les « Gracques » d’aujourd’hui qui osent rallier celui qui remet à l’ordre du jour une social-économie inspirée d’un humanisme concret ?  

« Merci à François Bayrou »

On le sait :  «les Gracques», c’est le surnom que c’est donné un collectif de hauts fonctionnaires, «sympathisants ou militants socialistes», qui ont travaillé dans les cabinets Rocard, Bérégovoy ou Jospin, et qui  appelle à une alliance avec François Bayrou en soulignant : «Pendant des années, le Parti socialiste français a justifié son conservatisme de gauche par les contingences électorales»…Pour l'emporter, «il fallait qu'il refuse le marché même régulé, la mondialisation même domestiquée, la modernisation de l'Etat même négociée». «Merci à François Bayrou d'être brillamment en train de démontrer le contraire !».

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Evidemment, c’est très gênant pour la reine de la démagogie de gôche qui, comme Sarkozy, ne songe qu’aux voix à ramasser et non à la voie que la France se doit d’emprunter pour sortir des impasses dans lesquelles le duo UMPS la plongée… Oui, merci François qui venant de droite (comme Mitterrand) sait en 2007 ressusciter l’esprit de Mendès-France, s’inspirer de l’esprit gaullien pour reformer les institutions (défigurées par les champions des cohabitations stériles) et conserver l’audace et les valeurs de Schuman qui a démontré mieux qui quiconque par ses initiatives européennes que le Centre pouvait être « révolutionnaire » (sans faux semblants, sans Terreur, sans arbitraires).Et qui savait qu’on ne gouverne pas  en méprisant ses alliés, ses amis et ceux qui osent exprimer des avis différents.

On ne joue pas impunément  avec l'hymne national

Elle la fait jouer, mai elle ne la pas chanté ! « Elle », c’est la Marseillaise qu’elle a fait entonner deux fois à Marseille, comme si la gôche avait des efforts à faire… En voulant se réapproprier la Marseillaise, Ségolène pratique un nationalisme de circonstance, un patriotisme d'opportunité. Surtout, elle insulte des générations de vrais socialistes qui n’ont jamais oublié cet hymne, qui ont fait de la Résistant en le chantant, qui se sont levés , y compris devant la télévision en début d’un match quand il retentissait… Mon père était résistant et socialiste : Ségolène aujourd’hui l’insulte ! J’ai envie d’en chialer.

De même, Ségolène redécouvre le drapeau tricolore. Comme si elle s’en voulait de n’avoir prêté attention qu’à la bannière de Jeanne d’Arc. Je ne l’ai pas attendue pour avoir un drapeau tricolore chez moi. Avec les douze étoiles d’or sur fond d’azur du Conseil de l’Europe et de l'Union européenne, comme il se doit depuis Giscard et Mitterrand. Depuis que notre passeport est européen. Depuis que notre identité nationale a une dimension européenne. 

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Le cri de Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre »

Au nom de qui et de quoi donne-t-elle des leçons de patriotisme, cette « éléphante » du PS qui ne nous parle guère de la France durant cette campagne ? Elle se parle à elle-même… Elle tente de compenser ce qu’elle a trop ignoré, méprisé. Un peu de sérieux, madame Royal.

Vous essayez là comme ailleurs de jouer sur la corde du nationalisme. Comme Mister Sarkozy qui répète à qui veut l’entendre que son idée de lier immigration et identité nationale lui a fait gagner « six ou sept points dans les sondages »…

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Ségolène et Nicolas, des "frères ennemis"...

Comme tous ceux qui dans une France affaiblie tentent crier plus haut et fort  (comme le coq sur un fumier, ironisent nos amis belges) pour compenser leurs faiblesses. Comme ceux qui confondent le nationalisme (qui se fait contre les autres) et le patriotisme. Comme ceux qui oublient le mot pathétique de Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre »

Etre patriotes aujourd’hui, c’est voir les réalités en face, proposer de vraies réformes, non jouer proposer des « désirs d’avenir » qui tuent le désir et compromettent. Vos valeurs proclamées, Madame Royal, confirment que la lepénisation des têtes dépasse les clivages droite-gauche. Il est temps Madame que vous repreniez vos esprits socialistes. Si Sarkozy, votre frère ennemi, a récupéré Blum et Jaurès, ces Gracques du siècle dernier, c’est parce que vous-même vous les oubliez. Cessez je vous prie d’insulter mon père et ma grand-mère…

Daniel RIOT

 

22/03/2007

Bayrou : Les cinq grandes raisons de son érosion dans les sondages…

La difficulté majeure du candidat de « l’Extrême Centre » : Sa « révolution pacifique »

passe par une vraie « révolution culturelle » contre les conformismes et les habitudes.

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Il recule Bayrou ! -2% ici, -4 là…Retour à 17% dans BVA ! Surprenant ? Décevant pour les militants et pour ceux qui comme moi souhaitent sa victoire non pour faire plaisir au Béarnais mais dans l’intérêt de la France, réjouissant pour tous ceux qui soutiennent Sarkozy (le seul, selon les même assuré de gagner au second tour face à tous… sauf à Bayrou), mais certainement pas surprenant. Voilà dix jours, en fait, que cette stagnation d’abord puis cette dépression était plus que prévisible : prévue.  Pourquoi ? Cinq grandes raisons :

1)      L’ascension de Bayrou a été trop rapide pour qu’elle se poursuive d’une façon linéaire. De tous les électorats potentiels, celui du Béarnais était et reste le plus volatile. Il est logique que cette  situation se traduise par des courbes en dents de scie dans les sondages

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2)      Nous arrivons à un stade de la campagne où les questions de fond que pose le « chemin nouveau » proposé par Bayrou nécessitent un gros effort de pédagogie. Ses adversaires, la plupart des commentateurs politiques et les citoyens habitués aux mœurs de ces 25 dernières et aux structures mises en place depuis 1958 éprouvent quelques difficultés à comprendre ce que veut établir François Bayrou. Pour cause : sa « révolution pacifique » est d’abord une « révolution culturelle ». Elle suppose une remise en cause des schémas, des habitudes et des tics de pensées. De repenser le régime hybride de présidentialisme parlementaire à la française ! Trois énigmes parmi d’autres :

>>>> La VI ième République telle qu’il la propose depuis longtemps a été passée sous silence par les médias jusqu’à ce que Ségolène Royal aborde enfin, d’une manière floue, ses propositions institutionnelles… Une raison : Bayrou conserve la principe gaullien de la primauté de la Présidence tout en redonnant au Parlement le rôle qu’il joue dans les démocratie dignes de ce nom.

>>>>  Avec quelle majorité gouvernerait-il ? Le clivage droite-gauche et le régime des grands partis sont tellement ancrés dans nos têtes citoyennes que nous avons des difficultés à imaginer que des gens de partis différents puissent se mettre à travailler ensemble et que le premier  gouvernement de l’ère Bayrou puisse se faire autour d’un Projet, non à l’issue de négociation entre partis mais par adhésion de personnalités libres. Ni de droite ni de gauche, Bayrou donne logiquement l’impression qu’il tente l’exploit impossible de gouverner avec la droite et avec la gauche.

En fait, il ne joue pas avec les camps, mais il veut sortir du système des camps. Il ne cherche pas des ralliements ou des alliances, il compose avec des personnalités qui sont d’accord sur ses valeurs et ses objectifs. Et ceux qui font croire qu’il serait face à une majorité introuvable oublient les difficultés des deux camps à trouver leur propre majorité…

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La cohabitation aurait-elle été inventée si « l’étiquette » des Présidents (même issus de grands partis) suffisait à assurer des majorités. Seul le système du « contrat de législature » propose par Mendès-France dans sa « république moderne  » aurait garanti cette majorité automatique. Ceux qui ont remplacé le septennat par le quinquennat ont commis une bourde institutionnelle que Bayrou tente de corriger avec intelligence et pragmatisme.

>>>> L’idée de social-économie sort des schémas binaires : capitalisme contre socialisme. Nous devrions la comprendre facilement, puisqu’elle est dans la logique du modèle français qui s’est nourri de Colbert, du volet économique de l’humanisme rhénan, du christianisme social, de l’esprit mutualisme, de « l’économie mixte », de la social-démocratie, de l’idée gaullienne de « participation ». Mais  L’homo oeconomicus français a la tête confuse.

Le beau mot « libéral » est devenu un « gros mot », à tem point que même les partisans d’un marché libre avec des concurrences réglementées, non faussées, maîtisées. L’expression « social-démocrate » raisonne encore dans une partie du PS et l’ultra-gauche comme « social-traître »…

Hyper-capitalisme d’un coté avec le culte du Veau d’Or, hyper-socialisme de l’autre, avec les promesses de lendemains qui chantent dans un paradis terrestre : deux idéologies du bonheur, deux mythes, deux prisons mentales.

Bayrou revient aux sources du modèle et au bon sens : on ne peut dépenser que si l’on a de quoi, on ne peut pas vivre qu’à crédit, on ne transforme pas les moyens en fins, on ne travaille pas  pour le fric mais pour l’Homme, pour vivre mieux, pour s’épanouir.

Concilier compétitivité et solidarité : c’est à la fois trop généreux pour ne pas paraître utopique et trop imprégné de bon sens pour être pris au sérieux par  nos idéologues patentés qui sévissent  en librairie, dans les journaux et devant les micros…

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3)      François Bayrou sait encaisser les coups, y compris les plus bas. Mais les coups donnés par le « Club des trois mousquetaires du statu quo » (Ségolène, Nicolas et leur complice objectifs en maintien du système) ne le vise pas lui, mais vise son électorat qui finit par y être sensibles, surtout par effets de répétitions… Que n’a-t-on pas entendu et que n’entend-on pas encore de la bouche des « trois » ? A force d’être moqué, caricaturé, sa personnalité et son projet voient leur crédibilité écornée. L’entreprise de démolition permanent de Bayrou devait tôt ou tard finir par « payer » : elle paye.

4) L’officialisation de la candidature de Le Pen  réveille les réflexes nés de l’échec Jospin. « Bayrou, je voterais bien pour lui, c’est le meilleur,  mais Le Pen doit être encore sous-estimé dans les sondages ! ». Combien de fois aie-je entendu cette réflexion alors qu’en fait le seul vote « utile » contre Le Pen c’est un « Vote Bayrou » puisque l’ homme de la résurrection de l’UDF et le sauveur d’un vrai Centre conteste le système en respectant les valeurs républicaines, en renouant avec ces vertus républicaines si oubliées ou piétinées.

 La chute de Bayrou dans les sondages vient surtout de pertes enregistrées à gauche : François Hollande et d’autres n’ont d’ailleurs plus qu’un argument (ou presque)  pour défendre leur candidate : l’épouvantail Le Pen ! Le Pen, cette créature du bipartisme impuissant à la française...

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5)      En ne faisant pas de promesses, en insistant sur la dette, en ne programmant que des dépenses susceptibles d’être financées, Bayrou a d’abord séduit et séduit toujours les gens sérieux et responsables, mais les travaux de sape faits sur ce terrain économique par la droite et (surtout) par la gauche produisent logiquement leurs effets. 

 Bayrou se veut économe ? « Il est de droite ». Bayrou dénonce les promesses démagogiques en faveur du pouvoir d’achat ? « Il est de droite ». Bayrou veut inscrire dans la constitution l’interdiction des déficits budgétaires ? « Il est de droite », « il conduit à l’immobilisme », « il va aggraver la crise » (alors qu’il ne veut interdire que les déficits de « fonctionnement » et non « d’investissement »)

Cela dit, même en ayant perdu quelques points dans les sondages, Bayrou reste tout de même en position « d’emmerdeur » pour les trois Mousquetaires du conservatisme… La volatilité des voix (de la majorité des électeurs) reste pour lui une réserve. L’issue du scrutin reste incertaine et le restera jusqu’au bout.

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L’érosion enregistrée par Bayrou devrait  peut-être même être relativisée  par des appréciations des « correctifs » appliqués par les sondeurs. Mais ce travail-là se fait en toute discrétion. Et ne sombrons pas dans la  parano que cultive délibérément  Le Pen face aux sondages…

Ces indicateurs sont à prendre avec des pincettes par tous et dans tous les cas de figures. Pour celles et ceux qui veulent (et non seulement souhaitent) la victoire du « Projet Bayrou », les fiches de températures actuelles doivent être une motivation pour une mobilisation plus grande encore.

Daniel RIOT    

Mon Carnet de Campagne : L’idéal républicain « kärcherisé »…

Quand Le Pen se retrouve dans Sarkozy : Un « climat nouveau » entre le FN et l’UMP …. A l’aise Le Pen. Chirac avait des principes et des convictions. Sarkozy, visiblement, en a moins…Donc le FN se sent mieux à l’aise… Moins en marge, comme réintégré dans cet « espace républicain » d’où jusqu’à présent s’excluaient ceux qui prêchaient les atteintes aux droits de l’homme, les idéologies d’exclusion et de discrimination, les idées porteuses de la haine de l’Autre…

A force de pêcher dans les eaux de Le Pen, Sarkozy n’est-il pas tenté d’abandonner  sa gaule et ses hameçons et de s’y baigner. Après l’arroseur arrosé, le pêcheur pêché ? Chirac redit ta chanson contre les périls de l’extrémisme : ton fiston indigne (et ingrat) de Neuilly est déjà allé trop loin dans les flots gris pour en sortir propre… Encore un coup dur pour Simone Veil et quelques autres…

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D’ailleurs, Sarkozy, « Sarkopoléon-le-petit » (comme il a été surnommé avec un excès d’indulgence) n’a-t-il pas ce goût de l’autoritarisme (cet ennemi de l’autorité), cette admiration pour une société plus policière que policée, cet oubli de « l’égale dignité humaine » (fondement des droits de l’homme), cette conception des frontières-clôtures (opposée à celle des frontières-ponts), ce sens de la solidarité réduite à une lâche charité et transformée en alibi, cette adhésion sournoise au darwinisme social (cette trahison de Darwin) qui fait de la compétition la valeur suprême ? Le FN ne parle innocemment d'un « nouveau climat » pour qualifier ses relations avec le candidat de l'UMP…

Le Pen prêt à voter Sarkozy et à gouverner avec lui

Jean-Marie Le Pen, mardi soir à l'émission « Les 3 marches » LCI-Le Figaro,a non seulement envisager un vote éventuel Sarko au deuxième tour,il a accepté  d'« imaginer » que le FN puisse participer à un gouvernement d'union nationale (à la sauce Sarkozy) si se produisait « une situation suffisamment dramatique » pour que cela soit envisageable... 

Olivier Martinelli, directeur de cabinet du président du FN, interrogé hier par Le Figaro, parle de « changement de climat ». Nicolas Sarkozy, ajoute-t-il, « n'a pas contre le FN les mots très durs de Chirac, il a émis le souhait que Le Pen ait ses parrainages ». « Le Pen est un pragmatique, ce sont des choses dont il tient compte »... «Il n'y a plus le fossé qui existait avant. Nicolas Sarkozy défend les valeurs traditionnelles de la droite, cela nous rapproche. Si d'aventure, les relations se normalisaient, cela changerait beaucoup de choses. » Et d'ajouter qu'« une période est peut-être en train de s'achever ».

Le péril Le Pen en 2007 : des « votes Sarkozy » 

A droite, droite… A l’extrême droite, toutes ! Le trio Sarkozy-Le Pen-De Villiers se soude, peu à peu : leurs rivalités internes deviennent-elles plus politiciennes que politiques ? Sarkozy saura évidemment mettre ses habits de cérémonie des valeurs humanistes et son bleu de travail de sa « dimension sociale » pour démentir ce constat et crier haut et fort à la diffamation, à l’insulte, à l’injure. Et ses supporters (qui deviennent des « fidèles » à force de tomber dans le culte du « chef ») vont me mettre à l’index… Soit.

Mais je crois trop en l’humanité, malgré l’ensauvagement chronique des têtes et de la société, pour ne pas croire que les vrais gaullistes et les vrais « centristes » qui se sont déjà noyés dans une UMP « sarkorizée » ne vont pas réagir, ne serait-ce que vis-à-vis d’eux-mêmes, de la fidélité en leurs valeurs, de leur idéaux…

Le « train fantôme  Vichy-Moscou » qui sillonne toujours les campagnes et les villes françaises (et qui explique ce faux clivage droite-gauche)  a perdu sa locomotive révolutionnaire, mais sa motrice réactionnaire tourne à plein !

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Le TSS ? Bayrou dès le premier tour

Le péril Le Pen existe : c’est vrai. Il est dans le vote Sarkozy puisque déjà Le Pen est prêt à voter pour lui, donc se reconnaît en lui. Comme toutes les lignes de forces des sondages (et pas seulement des photographies sur les intentions de vote) marquent l’extrême probabilité d’une défaite de la candidate de la nébuleuse socialiste dans un « match » au deuxième tour, l’équation Présidence=Bayrou devrait perdre bien des inconnues. Ce n’est ni un jeu ni un pari : 25 ans de mauvaise gouvernance  de l’UMPS a fait le lit de Le Pen… Sarkozy change les draps et le borde… Le « Tout sauf Sarkozy » (le TSS) passe par un vote Bayrou dès le premier tour, surtout dans la mesure  où Le Pen (qui lui n’a changé en rien, malgré les sourires de Marine et les postures sympathiques du papy Jean-Marie) retrouve ses idées et son reflet dans les propos et les comportement du Prince de Neuilly…

Le recteur de Lyon « kärcherisé » pour…Chiraquisme

A propos de comportements, de façon de gouverner, de manière d’user et d’abuser du pouvoir, je trouve que les média (si généreux lorsqu’il s’agit de dauber sur les oreilles, le tracteur ou, ces jours-ci, l’épaule meurtrie de Bayrou ou sur les faiblesses criantes et criardes, il est vrai,  de Fée Ségolène) sont vraiment très discrets sur les faces honteuses de Sarko-l’intouchable : ses bévues, ses écarts de langage, ses confusions et ses incohérences dans ses discours et surtout ses contre vérités assénées avec une mauvaise foi tranquille…

Son coup de colère dans le coin maquillage de France Europe Express est plus révélateur de la vraie personnalité de Sarkozy que tous les personnages qu’il tente d’incarner dans ses multiples jeux de rôles… L’éviction du  recteur de Lyon pose de vrais problèmes  de fond : séparation des pouvoirs, mélange des genres, confusion des compétences ministérielles, redéfinitions du crime de lèse-majesté, de délit d’opinion et de devoir de réserve, impartialité de l’Etat,  importance du clanisme dans cette République monarchique que Sarkozy rêve de rendre impériale…

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« Je ne suis pas mis à l’écart. Je ne suis pas déplacé, je ne suis pas muté, je suis viré, c’est clair, c’est net. Je préfère dire que je suis karchérisé. Le choix de sanctionner ainsi un fidèle serviteur de l’Etat dénote une méthode, une philosophie, une approche de la chose publique qui est inquiétante. Je m’inquiète de cette approche nouvelle de la vie démocratique  » dit Alain Morvan, le recteur « viré » pour cause de… chiraquisme trop  affiché, donc de respect des valeurs républicaines trop prôné. 

 « Je croyais qu'il existait un ministère de l'Éducation nationale ; en vérité, tout remontait ailleurs, c'est là que se trouve le véritable pouvoir (…) Le rôle du ministère de l’Intérieur est très clair dans ma mise à l’écart », a lancé Alain Morvan en se consolant : « cette révocation justifie le combat que j'ai mené »

Lutte contre le révisionnisme et le communautarisme

On le sait, mais il faut insister (et surtout ne pas oublier) : Alain Morvan avait pris des positions hostiles à l'ouverture du collège-lycée musulman al-Kindi de Décines (Rhône). Il a également évoqué comme raison de son remplacement « l'opération mains propres » qu'il a menée au sein de la faculté de droit de Lyon-III pour lutter contre le négationnisme. « Ce que j'ai fait sur Bruno Gollnisch, je l'ai fait contre ma hiérarchie », a-t-il affirmé. Ce qui bien sûr ajoute un scandale au scandale…

Alain  Morvan ajoute « C’est le paradoxe de cette affaire qui est à la fois douloureuse et valorisante : je suis viré pour les actions dont je suis le plus fier. La lutte contre le négationnisme à Lyon III, et ma vigilance contre le danger du communautarisme Il suffit de voir ceux qui se réjouissent de mon limogeage, pour en comprendre les motivations: l’extrême droite et un certain extrémisme islamiste ». Là encore, il n’y a pas de hasard : « l’Internationale des extrémismes, des intolérances, des geôliers des libertés mises sous clefs » n’a nul besoin d’être structurée pour exister.

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Qu’un authentique Républicain démocrate soit puni par Sarkozy pour sa résistance à ceux qui déshonorent l’Université française, portent atteinte à la laïcité réelle et enlaidissent le mot « Communauté »  nous conduit au-delà des frontières de l’admissible, du tolérable, du supportable. Et nous pousse à poser une question grave : Et si cette transgression des valeurs républicaine n’avait rien d’une exception ? Et si dans l’esprit du candidat à l’Elysée en tête dans les sondages, il ne s’agissait pas là d’une transgression mais l’exercice normal d’un droit normal ? Et si la sanction infligée au recteur « kärcherisé » n’était qu’un avertissement pour un avenir où « tout est possible », surtout le fait qu’un « BON français » soit un Français « sarkozyste » ?

Un « Anxiogène de la République »

Déjà, dans trop d’échelons de la République, et dans trop de domaines d’activité, « l’Etat UMP » (et « l’Etat PS », d’ailleurs mais dans une moindre mesure) pratique un favoritisme d’opinion (avec tout ce que cela comporte)… « Sarkozy, nous voilà ! » : chanterons-nous dans les écoles des chansons à la gloire du Président? La Nation française renouerait avec quelques pages noires de son histoire… Mais qui disait qu’il pouvait y avoir de la jouissance dans la soumission ? Peut-on en ce XXI ième siècle, imaginer une « France debout » avec des Français couchés devant ses valeurs ? 

Seuls ceux qui oublient le zèle avec lequel « on » peut parfois obéir aux ordres et même appliquer par anticipation des mesures liberticides peuvent penser que  j’exagère.

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Je ne suis évidemment pas de ceux qui crient « Sarko  fascho » : c’est ridicule, faux, insultant et cela banalise dangereusement le mot… Mais ce n’est pas de ma faute si Le Pen se reconnaît en partie dans les attitudes de Sarkozy et si la défense d’Alain Morvan, connu pour ses idées chiraquiennes, me semble naturelle en notre REPUBLIQUE et INDISPENSABLE en notre DEMOCRATIE. En faisant sanctionner ce Recteur vertueux, Sarkozy s’est lui-même mis dans le camp des « Anxiogènes de la République »

Sarkozy, un GGM : Gaulliste génétiquement modifié

L’eau de Vichy n’a donc pas besoin de se lancer dans une campagne de pub : celui qui se prétend héritier du gaullisme (sans faire beaucoup de référence à De Gaulle, il est vrai), qui cite Rivarol en référence et qui s’inspire des conceptions racialistes (ou racistes) de l’identité nationale vue par Laval  assure sa promotion.

Il paraît que les Français apprécient d’ailleurs : 30 % ne se disent-ils pas « racistes » ? 48% ne trouvent-ils pas qu'il y a trop d'immigrés en france? La très grande majorité n’oublie-t-elle pas que le président de la République est d’abord le gardien des valeurs de la République ?

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On voit où est vraiment la « rupture » annoncée par Sarkozy ? Elle est avec ce que Chirac (si critiquable par ailleurs) avait de meilleur et qu’il exprime bien dans les deux préfaces de ses recueils de discours. Des réquisitoires contre tout ce qui sert d’engrais à Sarkozy, cet GGM, ce « Gaulliste génétiquement modifié ».

Elle est aussi dans une aggravation du mélange des genres, de la concentration et de la personnalisation du pouvoir. Sur point, Lionel Jospin voit  sans doute juste :  « La présidence Sarkozy" serait "une concentration sans précédent du pouvoir entre ses mains", a-t-il estimé en prévoyant en cas d'élection du président de l'UMP, « une pression permanente sur la justice, un interventionnisme constant dans les médias, une confusion avec le pouvoir économique ». Comme les Français ne sont pas des « veaux », cela pourrait finir très mal… Avec ces déchaînements de mécontentements  que nous connaissons si bien, cette spirale « agitation-répression » si difficile à enrayer quand elle est lancée et ses désordres qui ne sont évidemment pas faits pour guérir la France de ses maux.

L’indispensable « révolution pacifique » de Bayrou

Si la « révolution pacifique » prônée par Bayrou ne marche pas, c’est une autre insurrection qui menacera. Hors des urnes ! Le « besoin d’air » réclamé par le MEDEF risquerait d’avoir l’odeur âcre du gaz lacrymogène…

Pessimisme ? Non ! Souvenirs du « La France s’ennuie » de Pierre Vianson-Ponté à la veille de mai 68… Aujourd’hui, malgré les ébats électoraux,  la France s’endort en oubliant la gravité de la crise qu’elle connaît, l’ampleur des défis qu’elle  doit relever, le travail collectif qu’elle doit accomplir dans un rassemblement citoyen, pour payer la facture des impuissances cumulées durant un quart de siècle par un faux  bipartisme pernicieux avec de faux clivages qui ont engendré de vraies divisions additionnées.

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La paix, la vraie, n’est pas que l’absence de guerre. La mobilisation citoyenne, républicaine, ne se justifie pas qu’en temps de guerre. Notre crise est telle, notre endettement est tel, la faiblesse de notre croissance est tel, les fractures sociétales sont telles, le déclin de notre influence en Europe et dans le monde est tel, les inégalités entre Français sont telles, le désenchantement en la politique est tel que SEUL le choix de Bayrou dès le premier tour peut dégager un vrai horizon d’espérances et ouvrir les chantiers d’un vrai renouveau.

En 2002, Chirac a eu tort de ne pas écouter Bayrou ; nous avons perdu Cinq ans. En 2007, si nous n’écoutons pas Bayrou, nous risquons d’en perdre cinquante… Parole de militant ? Non. Je ne suis pas encarté à l’UDF. Expression d’une conviction qui ne cesse de croître au fil de la campagne... même si les sondages le donnent en recul.

Daniel RIOT

 

21/03/2007

Chirac vote pour le candidat de l'UMP... "très naturellement"

En une phrase. Du bout des lèvres. Avec une extrême sobriété. Avec une avarice de mots dans l’éloge. Et une absence totale de chaleur. Comme à regret. Comme par obligation. «Bien naturellement ». Par seule référence au choix de l’UMP…

Capable de piquer une colère de tigresse froissée dans une cabine de maquillage d’une télévision, Sarkozy a du avoir du mal à contenir sa fureur en écoutant Jacques Chirac lui apporter son soutien si mesuré : le silence du chef de l’Etat aurait, pour lui, été sans aucun doute préférable… Pas de pétale, mais beaucoup d’épine dans ce « soutien »…surtout quand on se souvient de l’avertissement  lancé avec solennité par le chef de l’Etat lors de son allocution de départ !

« L’événement politique important » souhaité (et annoncé) par Sarkozy avant ce « soutien » est  en fait plus négatif que positif pour celui qui va quitter la gouvernement (enfin !) le 26 mars et qui joue les hommes comblés...

D’ici à lundi, Sarkozy-candidat pourra-t-il toujours pomper sur les crédits ministériels de Sarkozy-ministre pour faire une petite tournée aux Antilles ? Son équipe assure que les frais sont pris sur ses comptes de campagne… Comme quand il est venu à Strasbourg, par exemple ? La république monarchique (endettée) est sélectivement généreuse pour ses princes, y compris pour les faux héritiers non encore couronnés. Il faut croire que nombre de Français sont fiers de notre réputation de « débrouillardise ». A moins qu’au fil du temps ils se soient trop habitués à des mœurs qui expliquent tant cette crise du politique dont on ne sortira qu’avec plus d’exigences et de transparence. Des qualités très peu sarkozienne…

 

20/03/2007

Mon carnet de campagne : Chronique de la pilleuse (suite)

Mon article sur Ségo la pilleuse fait polémiques chez les blogeurs du MONDE. Alors, j’enfonce un peu le clou. En cédant à la facilité, j’en conviens. : Mme Royal est digne d’une rubrique humoristique dès qu’elle fait une annonce…Même quand, pour la France, elle donne envie de pleurer. Mais qui donc  a pu jeter un tel sort au PS pour qu’il ait choisi une telle Dame Blanche qui a dû perdre son « grigri » en cours de route ?

Excellente en effet, Ségolène ! Dans son genre, bien sûr… Sa politique « d’écoute » paye… Elle écoute peu ce que les sondages lui disent et ce que  d’autres pour elle lisent…

L’expression « démocratie directe » avait été pompée chez Corinne Lepage (un pléonasme :toute démocratie est participative !). Corinne s’en amuse…  Son art de « faire savoir » est moins développé que son « savoir faire », un registre dans lequel Ségolène excelle (presque autant que Nicolas !)

Pendant la campagne sur le référendum européen, elle avait déjà fait à la UNE en piquant une idée lancée six mois plus tôt par …Chantal Cutajar : anticiper le droit d’initiative citoyenne par pétition prévu dans le texte de la Constitution européenne.

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Chantal, indulgente, en avait souri : «En démocratie, les bonnes idées n’appartiennent à personne, l’essentiel c’est de les faire avancer ». Moi, je m’étais permis d’envoyer des courriels « de précision » à Mme Royal en ses divers bureaux. J’attends toujours les réponses…"Ne t'en fais pas... Elle s'en fout comme l'an 40", m'avait dit une amie de Cognac."Elle ne s'intéresse qu'à ce qui sert ses intérêts.Et elle a trop d'ambitions pour que les scrupules l'étouffent. Elle dirige commeçà la région Poitou-Charentes. Raffarin était trop en rondeurs. Elle, elle est trop en os" 

Une folle audace: "J'irai jusque là"... 

Ce qui compte pour  Ségolène, c’est l’effet d’annonce, les « retours », les apparences, le paraître. Elle restera dans l’histoire comme la Fée du socialisme-marketing, celui qui a remplacé  la lutte des classes  par la lutte des places grâce à  cette fantastique « galerie des glaces » qu’offre notre médiacratie. La politique-spectacle dépassée !   

Et quelle audace, en plus ! Quelle bravitude dans la cruchitude comme dit un mauvais esprit (libre). Envisage-t-elle une assemblée constitutante pour modifier la Constitution ? « J’irai jusque là », ose-t-elle… C’est la moindre des choses non, même si la V ième l’a oubliée   ?

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Réfutant tout "effet d'annonce"  pour contrer François Bayrou et toute "improvisation", Ségolène Royal annonce  un référendum institutionnel  à l'automne pour valider l'ensemble de ses propositions. Il porterait notamment sur le mandat unique de parlementaire, qui s'appliquerait dès les municipales de 2008. Le rôle du Parlement en matière sociale, d'environnement, de politique étrangère et de défense serait renforcé. Le "pacte présidentiel" précise également qu'une "dose de proportionnelle" sera introduite pour les législatives, que le 49-3 sera supprimé et que le mode d'élection du Sénat sera modifié. Le droit de vote des étrangers aux élections locales – promesse électorale de la gauche depuis 1981 – fera également partie des projets soumis au vote des Français.

Si cela n’est pas du Bayrou dans le texte, c’est que je ne sais plus lire…

Un grand flou sur .... l'essentiel

Un point (parmi d’autres) reste obscur. Et il est essentiel : les liens entre le Président et le Premier ministre. Bayrou a tranché en faveur de la légitimité du suffrage universel et de la vision gaullienne de la Présidence, ce qui clarifie bien des choses par rapport à un système qui favorise es cohabitations même en cas de majorité identique (voir les relations Giscard-Chirac ou  Mitterrand-Rocard, par exemple ou les aveux d’impuissance de  Luc ferry à l’éducation nationale : » mon ennemi, ce n’était pas le syndicats, mais Chirac »...)

Pile ou face ou courte paille?

Ségolène, elle, attend encore. Ses conseillers n’ont pas encore tout lu le projet de Bayrou, peut-être… Ou plus simplement, Royal doit tenir compte des divisions internes du PS qui au Congrès du Mans avait étouffé la proposition Montebourg de VI ième République… Comme elle caresse le PS les jours pairs et s’en « libère » les jours impairs, elle va finir par aller voir une voyante...

Qui au PS osait parler de "confusion ", de « flou », de « creux » à propos du projet de Bayrou ? Mais silence : Mme Royal dit écouter et réfléchir ! Quel « jury populaire de citoyens tirés au sort » va lui dire que les jeux à pile ou face ou à la courte paille ne sont pas de bons outils de décision et que ce n’est pas bien de copier sur les copies du voisin ?

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Au fait, « Désirs d’avenir », c’était l’enseigne de la voyante qui tenait stand à la fête foraine de mon enfance… Invention ? Mais non : « je vous l’assure » donc « je veux » que vous me fassiez confiance. Si « je vous le dis », c’est que c’est vrai. Nos rêves ne sont-ils pas de vrai rêves. Chez Ségo comme chez Sarko, il y a tout ce qu’il faut outils et matériaux. Pardon ; j’ai pompé çà dans une vieille pub d’une boîte de bricolage.

La candidate du « nulle part » et les "votes de discipline"...

A mes amis de gauche qui mettent leurs sentiments d’amitié envers moi  en jachère en raison des flèches que j’ose décocher contre leur « sorcière bien aimée » : Je ne vous en veux pas. Je sais que vous êtes pour la plupart dans l’embarras. C’est dur de soutenir un candidat non parce qu’il est bon mais parce que la discipline du parti l’exige. Non par conviction, mais par obligation. Non par libre choix, mais par choix forcé.

« Quand on est socialiste, on vote Ségolène », dit , poli, DSK…En supporter résigné non en militant enthousiaste. Mais quand on est vraiment socialiste, se reconnaît-on encore dans le Parti Ségolène ?

Le socialisme,  c’est-à-dire le souci, la volonté  que le collectif n’étouffe pas l’individuel,  qu’une minorité d’exploiteurs ne prospère pas au détriment d’une majorité d’exploités et que la fraternité serve de colle conciliatrice entre la liberté et l’égalité, ces deux valeurs antagonistes…

Consolez-vous, amis : vous et moi avons, en cette campagne, un point commun. Vous soutenez une candidate qui n’est ni de droite ni de gauche.

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Votre désavantage par rapport à mon choix : votre candidate ne se situe pas au « centre », mais « ailleurs », dans un « ailleurs » qui se situe plus loin que celui de feu Michel Jobert, dans un « nulle part ». Mais heureusement, vous avez une boussole pour excuse : la discipline de parti donc le vote libre imposé pour ménager un avenir   de désirs… Votre caution du « nulle part » sera récompensée dans un  « au-delà » (électoral).

Encore une  page noire dans le bilan du gouvernement UMP 

Sarkozy ne défend pas le bilan du gouvernement dont il est encore le premier des ministre (jusqu’à ce que Chirac annonce ce qu’il a décidé et sans doute qu’il mette encore un voyage de candidat aux Antilles sur les frais de son ministère d’Etat) . Les enseignants qui manifestent, c’est De Robien. Les chiffres faux du chômage et de l’inflation, c’est Berçy (où il a sévi), Aibus, n’en parlons pas, la faiblesse de la croissance, c’est encore, cinq ans après,  la…gauche, toutes les réformes qu’il promet et qu’il aurait dû faire, ce n’est pas lui… Il ne dira rien, bien sûr sur la drnière giffle que sa majarité UMP vient de recevoir.

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Le Tribunal des conflits a statué  contre le gouvernement en estimant qu'il appartenait à la justice judiciaire et non à la justice administrative de décider si le « contrat   nouvelles embauches » (CNE) respecte le droit international.

Cette décision ne préjuge pas de la légalité du CNE au regard de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui interdit de licencier sans justification durant une période déraisonnable.

Contesté par les syndicats depuis sa création en août 2005, le CNE est un contrat de travail à durée indéterminée, réservé aux entreprises de 20 salariés ou moins. Il prévoit une période d’essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier son salarié sans avoir à fournir de justification.

Les FAITS : L'affaire a démarré après le licenciement en janvier 2006 de Linda, une secrétaire embauchée en CNE, après deux CDD d'affilée, à Versailles (Yvelines), et qui a dénoncé la rupture de son contrat.

Dans un premier temps, le conseil des prud'hommes de Longjumeau lui a donné raison et a rendu un jugement de principe contre le CNE - une première - en estimant que le CNE était contraire à la convention 158 de l'OIT. L’employeur et le parquet avaient alors fait appel et l'affaire aurait dû être jugée à l'automne par la cour d'appel de Paris.

Le dossier est alors remonté jusqu'au Tribunal des conflits, le gouvernement soutenant qu'il relevait de la justice administrative, et non de la justice classique (judiciaire). Le tribunal des conflits lui a donné tort lundi. "Cette question est maintenant tranchée et les tribunaux judiciaires auront à se prononcer", a déclaré le ministère dans un communiqué. Sans autres explication.

A NOTER : l’excellence des résultats de la formule contestée…Depuis septembre, le CNE représente 5% environ des intentions d'embauche des entreprises de moins de 20 salariés, si l’on en croît l’USSAF !!! mais sarkozy à l’Elysée va nous arranger tout cela : le plein emploi est l’une des promesses sur lesquelles il «  s’engage ».

Sarkozy, il est vrai,  a trois avantages sur Ségolène : Il bluffe encore mieux qu’elle, il pille les idées des autres (des Observatoires du Cac 40, sur l’économie) et il a des convictions dont les racines plongent dans les terres de la classique droite autoritaire française, des terres nourries à l’engrais de l’ultra-libéralisme anglo-saxon avec des plantes génétiquement modifiées qui gardent quelques apparences du « modèle social français » tout en le vidant de sa substance. Mais l’ex-avocat d’affaires sait y faire : les sondages le prouvent, non ?

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Bayrou Oscar de l'authenticité 

Actuellement dans son rôle de bateleur de foire médiatique à la voix douce, au ton persuasif, au regard franc et aux postures de la conviction, il excelle. Dans ce hit parade de la comédie du paraître, de cette Star’Ac des présidentielles,  il dépasse Ségolène, trop versatile, et Bové, trop volubile,  et est au coude à coude avec Le Pen au numéro si bien rodé. 

Dans cette compétition là, BAYROU est hors concours: il est celui qui ne joue qu'un rôle. le sien! Il apparaît tel qu'il est. Il ne dit que ce qu'il pense. Il ne change jamais de tactique, donc de masque. Mais qui distribue des Oscars ou des Césars de l'authenticité et de la sincérité? Les électeurs peut-être...

Daniel RIOT

19/03/2007

OUI à un grand "ministère sociétal": La France n'est pas un saucisson

Encore une innovation qui va dans le sens d'une plus grande cohérence gouvernementale et qui paut ENFIN permettre de traiter les grands problèmes de la société comme ils doivent l'être, c'est-à-dire d'une façon TRANSVERSALE et INTERDISCIPLINAIRE. Surtout en cette ère de société bloquée, émiettée, éclatée, au bord de l'implosion.

Trop de questions dans trop de catalogues électoraux sont abordées d'une manière sectorielle, comme si la société française était un saucison que l'on peut découper en tranches (selon les âges, les conditions de vie, les professions, les sexes, les religions, les couleurs de peaux, les origines...).

La cohésion nationale, le lien social exigent une COHERENCE ministérielle, cette cohérence qui a fait défaut des 25 dernières années.

Et la qualité des LOIS dépend de l'anticipation de leurs conséquances dans tous les domaines et pour toutes les couches ou les classes sociales, pour reprendre un vocabulaire périmé.

En un jour où Ségolène Royal pille ses idées institutionnelles, où Sarkozy, ce soir sur France Europe Express, pille ses idées sur l'orientation à l'entrée de l'Université (idées préconisées quand il était ministre de l'éducation et qui ont été bêtement abandonnées par ses succeseurs), François BAYROU confirme qu'il est non seulement au CENTRE politiquement mais aussi au CENTRE des idées nouvelles  susceptibles d'adapter la France à notre siècle de mutations en tous genres pour tous.

Bayrou n'est pas ni de droite ni de gauche, il est contre les conservatismes paralysants de droite et de gauche qui bloquent depuis trop longtemps les REFORMES qui s'imposent.Loin de ceux qui veulent que rien ne change malgré les ruptures annoncées et de ceux qui voudraient que tout change pour que ...rien de change!

François Bayrou au Salon de l'étudiant

François Bayrou au Salon de l'étudiant

(c) Reuters

 

Le candidat UDF à la présidentielle François Bayrou a prôné ce dimanche la création d'un "grand ministère sociétal" qui regrouperait "un département pour la jeunesse et les sports", "un département pour les personnes âgées", un "département pour les associations" et "un département pour Internet". Alors qu'on lui demandait si l'immigration en ferait partie, il a répondu: "je pense que ça pourrait en faire partie".
Pour François Bayrou, il s'agirait de "rassembler la grande réflexion sur l'évolution de la société dans un grand ministère". Car, "la société française est en souffrance dans beaucoup de secteurs et il y a des évolutions de la société qu'il faut prendre en compte", a-t-il déclaré en marge du Salon de l'étudiant.
"Session extraordinaire" de la majorité pendant l'été
"Je veux que la majorité nouvelle qui sera élue après mon élection travaille tout l'été", a par ailleurs expliqué François Bayrou. Logique: la jachère des vraies réformes profondes a duré trop longtemps pour que le mot "vacance" soit dans l'actualité politique de l'été...
"Je déciderai d'une session extraordinaire pendant tout l'été, pour traiter des sujets de l'emploi, de l'exclusion, des finances publiques et de l'éducation", a précisé le candidat UDF à la présidentielle.Car, après les élections, "il va y a voir une grande vague d'espoir, il faut tout de suite se mettre en situation de la réaliser", a-t-il poursuivi. Cela allait sans dire, mais cela va mieux en le disant...

18/03/2007

Quand Ségolène prend le projet de Bayrou pour une mine à exploiter :La pilleuse d’idées offre sa prise sur la VI ième République en « cadeau » au PS…

Elle a vraiment un coté génial, Ségolène ! Elle réussit faire les grands titres et à caresser les élus du PS dans le sens du poil par une innovation fantastique qui figure en bonne place dans le projet  et dans les discours de Bayrou depuis des mois. VIVE la VI ième République, enfin !

Vive Bayrou, surtout…BAYROU dont le projet est plus complet et plus au point que celui lancé par la royale candidate du PS qui a fait un coquetel  des thèses réfléchies du candidat de l’extrême centre et des idées vagues  de Montebourg (avec lequel elle avait pourtant tout loisir de faire un morceau de « démocratie participative », cette expression piquée à Corinne Lepage). Le Parti Ségolène devient le PEP, Parti de l’Extrême Plagiat… Avec un recours à un procédé vieux comme le monde : le hold-up des bonnes idées.

Allez va… pas de mauvais esprit : les conseillers de Ségolène ont enfin lu une partie du Projet de Bayrou qu’ils qualifiaient de « creux », de « vide » et de « confus » sans l’avoir étudié.

Pour l’heure, Mme Royal « offre en cadeau au PS » (histoire de rectifier une fois de plus son tir mal cadré de jeudi soir contre son parti et de renier déjà de ne pas « instrumentaliser » les votes qu’elle espère) un projet qui tient en quelques phrases et repose sur quatre piliers : « une démocratie parlementaire revivifiée qui va mettre fin au cumul des mandats, une démocratie sociale qui va faire faire à la France un bond vers le futur en modernisant le dialogue social", la garantie des "solidarités de base" avec "le maintien des services publics sur tout le territoire", enfin "la démocratie territoriale".

Merci Bayrou ! Demain, elle repiquera les détails et d’autres volets…On en rit, on en pleure ou on crie au scandale !

Il est vrai  que Bayrou n’est  pas pillé que sur ses réformes institutionnelles et qu'il n’est pas plagié que par la gauche : chez Sarko aussi, l’Observatoire anti-Bayrou sert de pompe à piller, sur l’enseignement, par exemple…

Bayrou confirme qu’il est vraiment au centre. La Droite et la Gauche utilisent les mêmes mots pour caricaturer sa démarche, son projet, sa vision, son positionnement. Et la Gauche et la Droite jouent de façon égale les pilleurs de  programme, les braqueurs d’idées. Leur seul problème c’est que la cohérence et l’efficacité  du projet de Bayrou passe par une idée clef qu’ils refusent : la sortie du régime des « camps »…

Daniel RIOT

17/03/2007

Bonnet blanc, blanc bonnet, bonnet gris et…bonnet d’âne : Quand Hollande avoue ses faiblesses et insulte une partie de l’électorat socialiste…

Depuis des semaines, je l’annonçais dans mes Carnets de Campagne. Elle est tombée la formule attendue. Une formule que les communistes, par la voix de DUCLOS,  avaient lancée en 1969 pendant le duel présidentiel Pompidou-Poher. Et c’est le patron du Parti des conservateurs dits de gauche qui s’appelle le PS (Parti Ségolène) qui l’a lancée : « Bayrou-Sarkozy », c’est « Bonnet Blanc- Blanc Bonnet ». Pardon : « Bonnet gris » a dit Hollande… qui se dit « là pour changer de couleur ».

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En cas de victoire de François Bayrou sur Ségolène Royal au premier tour, le PS sera « dans l'opposition », a déclaré le numéro 1 des socialistes. Ah !bon… Je croyais depuis jeudi soir que le vote Ségolène ne serait pas un vote « instrumentalisé » par le PS …Incohérence (une de plus !) des discours.

 

Invité de l'émission "Chez F.O.G", qui sera diffusée dimanche sur France-5, Hollande a exclut tout accord du PS avec le candidat centriste. « Non seulement nous serons dans l'opposition, mais en plus nous nous battrons pour les législatives, pour être majoritaires à l'Assemblée nationale. Il y aura, si nous sommes majoritaires, une cohabitation », a précisé François Hollande. « Il n'y aura aucun socialiste » chez François Bayrou car, avec Nicolas Sarkozy, c'est « bonnet gris et bonnet blanc (…) Il y a une nuance, mais ils sont sous le même bonnet. Ce n'est pas le nôtre. On n'est pas dans les pastels, on est là pour changer de couleur. » Et mettre laquelle ? La Blanche de Ségolène ?

 

LE PS OUBLIE SON TSS, TOUS SAUF SARKOZY

Que le « projet socialiste » aux contours mal défini ne soit pas le « projet de Bayrou » à la cohérence incontestable, c’est une évidence. C’est ce qui fait la force de BAYROU et la faiblesse de SEGOLENE. Mais l’image passéiste du bonnet et la confusion entretenue entre le candidat de droite et le candidat du centre constituent une vraie insulte.   

Une insulte pour les électeurs de l’extrême centre qui,il est vrai,  n’en sont plus à çà près avec tous les coups bas qu’encaisse le « paysan lettré du Béarn »… Une insulte, surtout, pour celles et ceux qui se veulent socialistes et voteront… BAYROU, parce  qu’ils ne se reconnaissent ni dans les reniements du PS ni dans ses errements programmatiques ni dans les « je veux » répétée de celle qui risque, si elle continue ainsi, de faire reculer la cause des femmes en politique comme l’avait fait, en son genre et en son temps, Edith Cresson… Tout cela mérite nuances et explications : j’y reviendrai dans d’autres chroniques : la campagne est encore longue…

Hollande se montre aussi (et c’est grave) méprisant pour celles et ceux qui, abstraction faite du « cas Le Pen », crient, en démocrates inquiets, vigilants et militants,   « TSS », « TOUT SAUF SARKOZY », ce TSS mis à la mode par des socialistes. La démocratie vivante serait-elle sacrifiée à la tête du PS sur l’autel d’intérêts partisans à très court terme? Je ne veux pas y croire.

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Il est vrai que face à Sarkozy au deuxième tour Ségolène semblerait mal partie. Le seul vrai adversaire de sarkozy, aujourd'hui, c'est Bayrou. Les stratèges de l'UMP le savent bien, eux!

SEGOLENE ELMINEE ? HOLLANDE LUCIDE …

Hollande passe aussi aux aveux.  Un triple aveu de faiblesse :

1) Faire une telle comparaison c’est accréditer l’idée que Ségolène, la Dame Blanche qui se veut rose très pâle puisse être écartée du second tour. Lucide parfois, Hollande ! Mais si, lui, imagine publiquement ce scénario, on comprend que Ségolène ait « repris sa liberté » vis-à-vis d’un PS miné par des haines internes telles que les éléphants ne se sont pas encore réunis une seule fois autour de la Jeanne d’Arc qui a entendu ses premières voix venues d’ailleurs à N-D d’Epinal (un établissement fort respectable, j’en conviens)

2) Employer une telle formule c’est avouer son impuissance à sortir de l’actuel « régime de partis », de « clans », de coalitions hétéroclites qui n’assument pas leur rôle défini dans la Constitution mais ne sont que des rampes de lancement pour ambitieux en quête de « places » dans  cette « République des copains » qui transforme les deux « camps » en complices de la confiscation de l’Etat par ce « duo  de l’impuissance » , responsable du déclin de la France et de la dégradation du niveau de vie des Français.

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3) Faire une telle comparaison , c’est faire fi des divergences de fond qui séparent BAYROU et SARKOZY sur l’exercice de la démocratie, sur le fonctionnement des institutions, sur la VI ième République, sur l’Europe, sur le rôle du Parlement, sur l’indépendance des contre-pouvoir, sur les valeurs qui fondent l’identité française. Hollande n’aurait-il pas pris le temps de comparer les projets de l’un et de l’autre ?

Un peu de sérieux François ! Je vous connais trop depuis trop longtemps (depuis les Clubs TEMOIN et depuis que vous travailliez pour Jacques DELORS que vous avez politiquement cocufié) pour ne pas  apprécier vos qualités. Mais votre culture d’apparatchik faussement rond et vraiment malin finit par  brouiller votre intelligence et perturber votre honnêteté intellectuelle. Dommage. Pour vous, surtout.

LE SOCIALISME, UNE CARTE ET UNE COTISATION?

Qui plus est, cessez de parler au nom des socialistes, s’il vous plaît. . Vous êtes la voix du PS, de la majorité des militants du PS, non des « socialistes ». A moins que le mot « socialisme », riche de valeurs et de sens, même s’il est si souvent défiguré, ne se réduise qu’à une carte et à une cotisation, à des sections, à des fédérations, à des troupeaux d’éléphants.

Cela  est possible, d’ailleurs, dans votre tête de patron d’un appareil qui a été incapable de s’affirmer comme leader naturel de son parti aux Présidentielles malgré 10 ans de gouvernance boutiquière d’une coalition trop hétéroclite pour constituer par elle seule une majorité qui puisse sérieusement assumer le pouvoir au vrai sens du terme : servir les intérêts du pays et de ses citoyens. L’échec de ces 25 ans, c’est aussi VOTRE échec. Ce n’est pas pour cela que je lancerais pas (malgré une vraie tentation) un « Sarko-Ségo : c’est le même bonnet… d’âne » !

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LE PEN : UNE CREATION DE l’UMPS…

François Hollande a en outre brandit, chez FOG,  le risque d'un score élevé de Jean-Marie Le Pen. « C'est Le Pen qui profite le plus du climat de défiance, mais une fois de plus ont fait comme s'il n'existe pas », a-t-il déclaré.

SUR LE PEN, UNE REMARQUE SIMPLE : Qui a crée le phénomène LE PEN ? Mitterrand (par tactique, pour casser le PC) et les échecs sociaux, l’absence de grands projets pour la France, la nullité des politiques de la gauche et de la droite en matière de sécurité, de justice, d’éducation, d’urbanisme, d’endettement, de luttes contre le chômage et les inégalités, de contrôle des migrations, d’intégration des minorités dites « visibles », de culture du « lien social » etc…

Je comprends pourquoi vous insistez si peu sur le bilan de Sarkozy et des gouvernements UMP de l’ère Chirac, François Hollande. Le bilan des « socialistes » (de ceux au nom desquels vous parlez) n’est guère meilleur… Et ne mettez pas sur la COHABITATION de ce qui est de la responsabilité des COHABITANTS. Il est vrai que, personnellement, vous n’avez eu aucune responsabilité ministérielle…

LE SEUL VOTE UTILE CONTRE LE PEN : BAYROU

La pire des impostures c’est de mettre sur le dos de Bayrou le score actuel de Le PEN…Heureusement que BAYROU a su émerger pour que le « deuxième homme » de cette campagne ne soit pas le leader du FN. Les têtes de l’UMPS ont une bien  curieuse façon d’oublier le passé, de voir le présent et d’envisager l’avenir… Ils conjuguent le verbe « échouer » à tous les temps sans se rendre compte qu’ils parlent de leurs propres échecs !  

Le seul qui puisse réduire l’audience de LE PEN , c’est celui qui peut vraiment redresser la France, par des réformes COURAGEUSES, AMBITIEUSES, PERTINENTES, en alliant REALISME et RESPECT DES VALEURS, donc par une UNION NATIONALE AU SERVICE DU PAYS ET DE SES CITOYENS, non pour la seule soupe (impopulaire) de  deux grandes coalitions passéistes, qui font des « désirs d’avenir » en marchant à reculons ou prétendent que « tout est possible » alors qu’elles ont rendu un vrai meilleur immédiat impossible.

« On n’est pas là pour faire du bricolage », a lancé Hollande dans sa diatribe méprisante contre bayrou, l'Homme à abattre du club des Trois (Ségolène, Nicolas et Le Pen, leur allié objectif) . C’est parce que le duo droite-gauche a trop bricolé qu’il faut d’abord REPARER la France de toute urgence…

Daniel RIOT

 

14/03/2007

Bayrou face a la "DEFIANCE POLITIQUE"

Mon article a été repris  sur AGORAVOX: PARTICIPEZ AU FORUM >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

13/03/2007

La grande force de Bayrou :Sa capacité de relever les défis de la « défiance politique »

Le Béarnais depuis cinq ans a su décrypter les causes profondes de la crise des crises : celle de confiance. Face aux postures de Royal, aux impostures de Sarkozy, et aux ratissages électoralistes des « duettistes » de l’UMPS,  le  positionnement clair et cohérent de Bayrou qui « laboure le même sillon », sans varier dans sa stratégie et sa tactique,  peut transformer des votes (volatiles) de contestations et de sympathies en votes d’adhésion. 

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En 1988, c’était « la France unie » : elle est divisée plus que jamais avec poussée de communautarismes qui se développent en partie à cause du ministre de l’intérieur sortant qui prétendre le combattre. Un comble !

En 1995, c’était la « fracture sociale ». Une expression forgée  par Emmanuel Todd et brandie par Chirac. Elle existe toujours cette fracture. Elle s’est même élargie et approfondie. Et s’est complétée par d’autres : sociétales, générationnelles, culturelles, éducatives… Des fractures qui sont aussi des factures que les français paient et paieront très cher !

En 2002, c’était la « sécurité » ou plutôt « l'insécurité » si médiatiquement entretenue et si politiquement exploitée. Les priorités ayant été données au « sécuritaire » (trompeur) et non au « carré d’or de la sécurité » (prévention donc éducation et conditions de vie, aide aux victimes, répression, réinsertion), les Français ne connaissent toujours pas cette paix intérieure qui vient de l’Ordre  non l’ordre des « Pions » dénoncé par Bernanos mais l’ordre des normes respectées parce que respectables, fruits de l’intelligence, produits d’un agencement  sociétal « ordonné » :  « Il n’ y a pas d’ordre sans équilibre et sans accord », écrivait camus dans « Actuelles I ». « Il n’y a pas d’ordre sans justice ».

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En cette année   2007, sous quel signe, quel slogan, tel thème caractéristique s’inscrit cette élection présidentielle à la fois passionnante et frustrante ?

Jérôme Jaffré, politologue expert en sondages, y voit la campagne de la «  défiance politique », notamment «  envers la gauche et la droite ». Son confrère  Pascal Périneau (directeur du Covipof) y voit surtout la prédominance de l’électorat « volatil, versatile, infidèle ». D’autres s’en tiennent au mot « rupture » plus en référence à Bayrou qu’à Sarkozy. D’autres encore parlent de la « fin de la Présidence impériale » ou de la « Monarchie républicaine ». Attendons : la course n’est pas terminée, les dés ne sont pas jetés, rien n’est gravé.

UN CANDIDAT DU « TROISIEME TYPE »

Un constat s’impose tout de même pour l’heure : Bayrou mène une campagne d’un « troisième type » qui, quel soit  le résultat final, influencera profondément le paysage, les mœurs et les esprits politiques. Pour trois raisons essentielles :

1 ) Il est le seul qui d’une façon programmatique ait préparé ce scrutin depuis cinq ans.

Sarkozy l’a fait en cultivant une stratégie de prise du pourvoir en jouant à la fois sur l’activisme ministériel, une omniprésence médiatique, une contestation du locataire de l’Elysée. Royal l’a fait en tirant tactiquement parti (si l’on peut dire) de la décomposition interne d’un PS qui n’est pas sorti du coup de massue de 2002, de son auto flagellation référendaire et de ses incohérences doctrinales.

Bayrou lui a travaillé le fond, approfondi la réflexion, préparé des propositions  avant de s’occuper de la forme, de stratégie et de tactique. De marketing.  Il a su donner du temps au temps. Et prendre cette hauteur sans laquelle il n’est point de cohérence possible.

2) Depuis l’ouverture effective de cette campagne (la plus longue de l’Histoire), le Béarnais est le seul à ne pas varié d’un pouce. C’est en cela qu’il est un candidat d’un « autre type », d’une façon « autre » de faire de la politique

Une seule posture : apparaître tel qu’il est, avec ses défauts et ses qualités, ses atouts et ses handicaps, ses grands moyens intellectuels et ses petits moyens matériels…

Un seul langage : toujours le même quel que soit le public, les circonstances, les interlocuteurs, les éloges et les blâmes, les critiques et les attaques, les conduites en zigs et en zags de ses  rivaux,  en creusant le même « sillon », en conservant le même cap, en restant pleinement fidèle à sa vision et à ses valeurs.

Un seul mot d’ordre : la cohérence de réformes en profondeur et durables, surtout sur un plan constitutionnel et institutionnel.

UN « CHEMIN NOUVEAU »

Un seul pari : celui de l’authenticité et de la sincérité avec le risque du « çà passe ou çà  casse » inhérent à ce genre de « compétition » où la séduction compte plus que l’argumantation.

Royal, elle, en est à sa quatrième posture tactique (donc imposture politique). Sarkozy, lui, dépense beaucoup d’énergie et de salive en de « grands écarts » politiques pour « ratisser large », de l’extrême droite au centre gauche (non pour rassembler mais pour additionner).

3) Bayrou est surtout peut-être le seul qui par ses critiques et ses propositions incarne à la fois la voix protestataire, la remise en cause du « système », la contestation de « l’establishment » et l’esprit républicain constructif qui dégage des perspectives nouvelles, des horizons nouveaux.

Il l’a dit d’entrée : " Seuls des Républicains peuvent remettre la République sur pieds, revitaliser la démocratie, vivifier la citoyenneté, ré enchanter la politique".  Et offrir  des chances à saisir pour sortie des crises,  de LA  Crise. La vraie RUPTURE. La vraie VOLONTE d’avenir. La vraie réponse à cette DEFIANCE politique actuelle. Un vrai « chemin nouveau » alors qu’entre 60 et 70  % des Français (selon les sondages)  déclarent ne faire confiance ni à la gauche ni à la droite pour gouverner le pays.

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ENTRE LES « INTEGRES  A SYSTEME» ET LES « HORS SYSTEME »

Entre les "intégrés" au système politique (moins de 36% du corps électoral, alors qu'ils étaient 52% il y a dix ans)  et  les "hors système" (plus de 26% de l'électorat contre 23% il y a dix ans), les « DEFIANTS » comme dit Jaffré dans Le Monde constitue le groupe électoral majoritaire : plus de  38% de l'électorat au lieu de moins de 25%  voilà dix ans. (Ces chiffres ne sont évidemment qu’à prendre comme de simples indicateurs)

Fait nouveau : cette segmentation politique  se calait  sur la hiérarchie sociale : elle traverse aujourd’hui toutes les « couches » : La montée des "défiants" est massive dans les catégories intellectuelles (+26 points chez les enseignants, +15 points chez les étudiants) et aussi parmi les classes moyennes (+23 points parmi les professions intermédiaires) qui rejoignent les catégories dites populaires, relève Jaffré en soulignant :  « Sur le plan politique, la crise n'oppose plus les partis périphériques ou extrémistes aux partis centraux. Elle plonge désormais au cœur du système »

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UN BON DECRYPTAGE DE LA CRISE DE CONFIANCE D'UNE FRANCE AFFAIBLIE

François Bayrou ne tire pas parti de cette situation. Il tente de transformer d’une épreuve nationale en chance pour la nation, l’Etat et la Société.   C’est parce qu’il a bien su DECRYPTER ces évolutions en profondeur qu’il a su mettre au point des proposions qui commencent enfin à être connues et entendues en dépit du déficit de présentation, d’explication, de pédagogie de trop de journalistes et de prétendus intellectuels qui sont devenus plus des suiveurs  de l’opinion que des éclaireurs de l’opinion. Et qui, à force de se considérer comme des faiseurs de « doxa », de pensée dominante, sont les premières victimes de cet « air du temps », trompeur et mensonger,  contre lequel ils ne savent plus lutter… ce qui devrait être leur fonction sociale essentielle !

Il est logique, face à ces évolutions de fond que Bayrou arrive largement en tête des intentions de vote des « DEFIANTS » (ce qui explique d’ailleurs en partie la volatilité de ces intentions déclarées)

Comme le note Jaffré, les grands candidats de ces deux grandes coalitions appelées « camps » (Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy) ne dominent les intentions de vote que dans la seule catégorie des "intégrés" où ils totalisent, à eux deux, 76% de suffrages exprimés alors qu'ils n'atteignent que 40 % parmi les "défiants" et 48 % parmi les "hors système".

L'EXPLOIT DANS L’IMPOSTURE DE SARKOZY

Un paradoxe : en dépit de son appartenance aux gouvernements de ces dernières années et de sa présidence de l’UMP, Nicolas Sarkozy recueille un pourcentage d'intentions de vote très élevé parmi les "hors système".

Pourquoi ? « Par sa capacité à tenir tête, pour le moment au moins, à Jean-Marie Le Pen dans cette fraction de l'électorat, la plus critique envers le système », estime Jaffré. Sans doute aussi (et surtout) parce que la gauche n’a pas bien joué son rôle d’OPPOSITION à la droite et parce les médias (à commencer par les Guignols) ont servi Sarkozy dans ses impostures schizophréniques :il a réussi (jusqu’à quand ? ) à apparaître en même temps comme  le « premier des ministres » et le « premier des contestataires de l’Elysée et de Matignon ».

Quel joli tour de force ! Quel exploit en termes de communication ! Et quel constat d’échec pour la gauche  nombriliste plus préoccupée d’elle-même que de la situation de la France et des conditions des Français !

Résultats : des votes d’adhésion qui se réduisent, selon Jaffré, à 17 % chez Ségolène et 21% pour Sarkozy . C’est peu. Trop peu pour gouverner en l’état en conduisant à bien les indispensables réformes et les sorties de crises nationales et européennes…

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Cela  laisse  planer bien  des incertitudes sur la situation finale, notamment sur le score effectif de Le Pen (Hollande et de Robien  tentent d’en  jouer !), mais cela  ouvre surtout un grand champ à labourer (et de belles semailles en perspective) pour « l’homme au tracteur » qui fait du «  redressement de la France et de l’amélioration des conditions de vie des Français par une refondation de la politique » une « vraie mission » et qui a   « l’Europe chevillé au coeur et au corps »…

 A une condition, bien sûr : il doit, avec celles et ceux qui le soutiennent,   transformer les votes de protestations et de sympathie en sa faveur en votes d’adhésion. Ce qui n’a rien d’impossible.

Daniel RIOT  

Les « socialistes de gauche » misent sur Bayrou pour battre Sarkozy : « Ségolène au second tour, serait faire un cadeau à Sarko »

Un ami socialiste me transmet ce texte qui, dit-il, circule beaucoup, chez les militants du PS et chez nombre de « sympathisants ». J’ignore qui en est l’auteur, mais il n’est pas anonyme : il est signé  Yves GUYET.

Son analyse  est, me dit-on, très représentative de l’opinion et des choix d’une partie des « socialistes de gauche » qui sont  loin d’écouter les envolées critiques contre  Bayrou de Fabius,  ce « Fafa » surdoué et hyper diplômé qu’Alain Duhamel  qualifiait d’homme à « l’envergure égarée », écartelé «  entre des idées de gauche et un tempérament de droite » et posant en permanence une question-clef : celle «  de sa sincérité »…

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Passant outre aux divergences sur l’Europe qu’ils peuvent avoir   avec le leader centriste qui a et le revendique, « l’idéal européen » chevillé au corps, ces « socialistes de gauche » militent pour un « vote Bayrou » dès le premier tour.

Parce que « la soupe Royal » est imbuvable. Parce ce que le « Tout sauf Sarko » doit être pour eux, comme pour d’autres, un vrai mot d’ordre. Parce que la recomposition institutionnelle et politique proposée par Bayrou devient dans le contexte actuel un impératif. Parce les gauches doivent se donner le temps de réfléchir à elles-mêmes. Ce qu’elles n’ont pas fait « au nom de l’unité » depuis l’échec de Jospin.

Voter Bayrou dès le premier tour, c’est se donner les moyens d’en finir avec une réalité  que Coluche dénonçait dénonçait déjà et qui a fait tant de ravages : «  La droite vend des promesses et ne les tient pas, la gauche vend de l’espoir et le brise »….

Daniel RIOT 

« SOCIALISTES DE GAUCHE, VOTONS BAYROU ! »

« L'élection de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal à la Présidence de la République présente un égal danger pour le France d'en bas et pour les socialistes de gauche, qui - pour être une minorité - ne manifestent pas moins leur mauvaise humeur se tenant à l'écart de la campagne de la candidate socialiste.

« EN SLIP ET EN CHAUSSETTES »

Il n'est pas nécessaire de s'étendre longuement sur le danger que représente Nicolas Sarkozy. Les coups ne tarderaient pas contre ce qui reste de l'Etat-Providence, les protections et les assistances sociales de toutes sortes, la laïcité, les services publics, la fonction publique, ceux qui ne travaillent pas, parce qu'il ne trouvent pas de travail, les exclus de la République.

Le communautarisme, la discrimination positive (sic !), l'atlantisme, les multinationales, les grands groupes financiers et les Français les plus fortunés auraient de beaux jours devant eux. Les références éhontées à Blum et à Jaurès ne dupent personne.

Le projet de Nicolas Sarkozy, c'est tout simplement de " tatcheriser " la France. Et nous nous retrouverions sans coup férir en slip et en chaussettes.

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LE PS EN DECOMPOSITION

Le danger que représenterait l'élection de Ségolène Royal est moins évident mais tout aussi réel, en tout cas pour les socialistes de gauche : En premier lieu parce qu'elle s'appuie sur une organisation politique en pleine décomposition et en total décalage avec les électeurs qu'elle prétend défendre.

Rappelons tout d'abord qu'en 2002 les socialistes ont perdu les élections présidentielles, non pas à cause de la multiplicité des candidatures à gauche, mais parce que le programme non socialiste de Lionel Jospin n'a pas convaincu les électeurs de gauche. Si le programme de Lionel Jospin avait été de nature à fédérer les gauches, nous n'aurions pas connu le séisme du 21 avril 2002.

Le plus navrant, c'est que la direction du P.S. a continué de faire porter aux autres candidats de gauche, à Jean-Pierre Chevènement en particulier, la responsabilité dudit séisme, au moins jusqu'à ce qu'elle récupère ce dernier en échange de quelques sièges supplémentaires aux prochaines élections législatives. Ce qui prouve que les dirigeants socialistes n'ont toujours rien compris ou rien voulu comprendre à la désormais fameuse " leçon de 2002 "

Le second coup de semonce ne s'est pas fait attendre très longtemps. Le matraquage (le mot est faible) de la direction du P.S. en faveur du " oui " à l'Europe libérale, a été sévèrement sanctionné par le " non " que les électeurs de gauche ont signifié le 29 mai 2005 à un texte illisible, perçu par eux comme le cheval de Troie du capitalisme mondialisé, par ce " non " à une Europe sans visage, construite pour les marchands, dans le dos des peuples, et sans perspective de politique sociale. Loin d'en tirer les conséquences, la direction du P.S. a choisi de tourner la page comme si de rien n'était, de simuler l'unité retrouvée, à l'instar du dernier Congrès, où la peur de la division et le souci de l'unité de façade l'ont emporté sur le besoin de clarification. Or à ce jour, les comptes ne sont toujours pas soldés.

DU N’IMPORTE QUOI AU TEMPS DE LA FARCE

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C'est de cette soupe et dans cette soupe intellectuelle qu'advint Ségolène Royal.A ce jour on distingue trois temps dans sa campagne:

Premier temps : une campagne en solo, en contournant le Parti qui venait de l'investir. Sans doute avait-elle davantage confiance en elle que dans le programme mou, et peu mobilisateur du P.S.

Cette première période était celle du " n'importe quoi " : les jurys citoyens, l'encadrement militaire des primo-délinquants, le nucléaire civil iranien, la Turquie-à-vos-souhaits, la démagogie des débats participatifs etc...

C'était en somme sa touche personnelle. Les éléphants sont mis à l'écart et ringardisés malgré leur expérience de l'Etat et, pour Laurent Fabius au moins, malgré ses toutes nouvelles idées de gauche ; ils font, pense-t-elle sans doute, un effet repoussoir. Sur le plan politique et économique, cette première phase est nettement " blairiste ".

Las ! Le modèle est en phase terminale. Quand on connaît le bilan de Tony Blair en matière d'endettement, de chômage, de services publics et d'inégalités, on frémit ! Devant le peu d'enthousiasme des sondés frémissants, elle réoriente sa campagne.

Deuxième moment: le discours de Villepinte (11 février 2007), aux accents très mitterrandiens. Catalogue fourre-tout. Elle promet tant de choses que le sondé frémissant de gauche est pris de vertige et de doute, après quelques jours d'euphorie. Il se souvient peut-être de la campagne de 1981, on lui promettait " la rupture avec le capitalisme " et il a eu la monarchie constitutionnelle...Le déçu du socialisme version 1981 retourne à ses hésitations. Nouveau " trou d'air "

Troisième moment : Ségolène Royal entrouvre la porte du placard à éléphants, qui n'ont en commun que leur haine de Ségolène. Oui, mais c'est le sauve-qui-peut ! Alors ils sont venus, ils sont tous là. Le social-démocrate, celui qui tenait un discours de gauche tout nouveau -tout beau, il y a même le général battu qui ne boude plus, au moins sur la photo ! Celle qui ne pardonne pas à Ségolène d'avoir émis des doutes à propos de ses 35 heures et d'autres encore, dont nous tairons le nom, mais que nous sommes heureux de savoir encore en vie. C'est le temps de la farce !

SEGOLENE EN PANNE DE CREDIBILITE

Que nous réserve Ségolène dans les quelques semaines qui nous séparent du premier tour ? Quel lapin peut-elle encore sortir de son chapeau ? Aucun. Elle a abattu toutes ses cartes en se plaçant dans l'ordre du marketing plutôt que dans celui du contenu politique, dans la logique du marché plutôt que dans celle de la résistance au libéralisme, dans la stratégie plutôt que dans l'idéologie. Quoiqu'elle fasse désormais, son problème, ce n'est pas son compagnon mais sa crédibilité.

 

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Que faire face au naufrage intellectuel du P.S. et à l'échec de la gauche anti-libérale ? Il nous reste la stratégie :

 1. S. Royal ne peut pas gagner contre N. Sarkozy au 2ème tour. Il lui manquera trop de voix de gauche. Voter S. Royal au 1er tour, c'est offrir la victoire sur un plateau à N. Sarkozy au second !

 2. Faisons donc échec à S. Royal en votant F. Bayrou dès le 1er tour, car lui seul peut battre N. Sarkozy au second.

 3. Seul l'échec de S. Royal fera imploser le P.S. et contraindra les socialistes à choisir entre la gauche anti-libérale et le social-libéralisme.

 4. Elire F. Bayrou, c'est faire pièce à la logique bipolaire de la Ve  République qui pervertit le débat politique.

Il nous faut du temps pour reconstruire la gauche et clarifier le débat. Nous aurons cinq ans pour y parvenir. D'ici 2012, plutôt que de subir N. Sarkozy, donnons sa chance à F. Bayrou et à une grande coalition de salut public.

Après tout, les Français, comme le rappelle François Darras (Marianne n° 515, du 3 au 9 mars 2007), ont beaucoup gagné à " une convergence des forces, venant d'horizons différents, autour d'un vrai projet : celui de 1944, qui permit (...) le redressement du pays ; celui de 1954, autour de Pierre Mendès France, grâce à quoi on put mettre fin à la guerre d'Indochine ; celui de 1960-1962, autour de De Gaulle (...) qui favorisa la conclusion de la paix en Algérie... "

Et puis, contrairement aux propos des adversaires de F. Bayrou, ce ne serait pas un retour à la IVème République : sous la Vème, nous disposons d'un exécutif fort qui faisait défaut à la IVème.

Donc, pas d'état d'âme : votons F. Bayrou dès le premier tour ! »

 

 

12/03/2007

Mon carnet de campagne : « impact zéro » de Chirac ?

Dommage…Pourquoi diable a-t-il éprouvé le besoin de tricher avec son bilan économique et social, en disant par exemple que le chômage n’a jamais été un nouveau aussi bas depuis des années ? C’est lui déjà en 1974 quand le chômage pointait seulement un petit  nez qui annonçait :« Le bout du tunnel est en vue »…On l’attend toujours !

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« Un désastre à visage humain » lâche Alain MINC (qui soutient Sarkozy) dans « France Europe Express » pour résumer les échecs de cet homme qui hante les palais de la République depuis…1962. Excessif bien sûr ! Comme les litotes pleines d’hypocrisie et d’ingratitude que distillent des notables de l’UMP : « Nous tournerons une page sans la déchirer »…

Oui, Jacques Chirac aurait pu (du) se montrer plus lucide sur son bilan. Ce qu’il a fait et dit de plus positif, de fondamental même, n’en aurait été que mieux mis en relief. Et plus apprécié.

François Bayrou, dans son commentaire à chaud sur TF1,  après la tisane de Ségolène, la brosse à reluire de Raffarin, la charge d’infanterie de Le Pen,  a bien fait de se montrer nuancé et respectueux envers l’esprit républicain que Chirac a incarné, son attachement aux valeurs républicaines, à la laïcité notamment, son amour (si ostensiblement manifesté) de la France et des Français, la dignité et le courage dont il a fait preuve face à  l’histoire nationale contemporaine, face aux aventures américaines en Irak, face à l’hyper-capitalisme international, face aux périls écologistes, face aux tentations communautaristes et aux poussées extrémistes en France…

D’ailleurs, dans l’esprit, la majeure partie de son allocution est plus proche du langage imprégné de valeurs humanistes de Bayrou que du verbe à la fois si variable si ambigu et si calculé de Sarkozy…Ce qui n’a rien de surprenant.

N’insistons pas. Aux historiens de juger ou du moins de dénouer les contradictions du personnage ! En politique intérieure et en politique européenne notamment : sous ses deux mandats, la France s’est affaiblie et a affaibli l’Europe.  

Dans l’immédiat, quel impact réel peuvent  avoir cette cérémonie des adieux et des prochains messages annoncés du futur ex-Président ?  Les sondeurs ne sont pas loin de parler d’un « impact zéro ». Attendons ce qu’il va dire et comment il va le dire.

Marie-France  a un faible pour François…

Mme Marie France Garraud, qui fut l’éminence grise de Pompidou et qui n’est pas soupçonnable  de sentiments pro-européens avoue un faible pour Bayrou… Elle juge « extrêmement logique » la poussée de bayrou dans les sondages : Les Français « cherchent quelqu'un qui n'est pas l'expression » des partis de gouvernement. « Bayrou, c'est celui qui n'est pas un homme de parti »

De plus, elle considère que Chirac n’a rien à dire de ses préférences personnelles (s’il en a) sur son successeur possible : «Si Jacques Chirac soutenait Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle, ça prouverait que non content de se prendre pour le roi, on se prend pour un empereur romain et qu'on adopte le successeur. Ca ne me paraît pas exactement la règle qui est la nôtre » : « on ne désigne pas, on ne met pas la main sur la tête de son successeur »

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Haro sur Bayrou, de plus en plus…

Tout y passe, même le fait qu’il soit un « bègue contrarié », donc même ses qualités…Tout devient l’objet de mauvais procès même ce qu’il a fait de mieux quand il était ministre de l’Education, entre Lang et Allègre (entre deux  bilans désastreux).  Le Béarnais n’en est pas surpris. Il s’attend encore à pire… « Crise », « immobilisme », « impuissance », « confusion » : voilà ce qui arrivera s’il réussissait à convaincre les Français de la pertinence et du bien fondé de son projet.

La classe médiatico-médiatique parisienne (Oh! Chazal! Oh! July!...)ne veut pas rompre à ce duo UMP-PS, comme si ces deux coalitions plongeait ses racines dans l’Histoire de la Nation, comme si le clivage droite-gauche remontait aux Gaulois, comme si PS , crée par Mitterrand, datait du sacre  de Charlemagne, comme si l’UMP, crée en 2002, remontait au baptême de Clovis, comme si les fausses alternances et les cohabitations qui dominent le paysage français depuis 25 ans avaient permis d’excellents résultats pour les Français et pour la France, comme si la V ième République restait fidèle à l’esprit du général de Gaulle, comme si nous n’étions pas dans un XXI ième siècle où l’Histoire galope chez les autres et recule chez nous…

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Derniers « procureurs » : Sarkozy en personne qui avec le calme de ceux qui sont ceux de faire preuve de bon sens assène des contre sens et des contre vérités. Et  Fabius, furieux que DSK, ait pu envisager une coalition PS-UDF ou UDF-PS (ce que Bayrou qui ne situe pas sa démarche dans une optique de « cuisine de partis ») :  « Bayrou s'appuie sur une démarche anti-système alors qu'il est lui-même le produit du système »....

Attention au pantalon…

Le Pen n’est pas en reste : « On sait que Monsieur Bayrou n'est ni droite, ni gauche. Quand moi je disais ça on disait : 'C'est Doriot'" a lancé le leader du FN, faisant référence au fondateur du Parti populaire français devenu partisan de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais monsieur Bayrou n'a pas de problème, il a un brevet républicain. Par conséquent, il peut tout se permettre (...) Il fait le grand écart. Il faut faire attention de ne pas déchirer son pantalon dans ce cas-là ». Si Le Pen se contentait de pantalonnades...

Bayrou lui continue de creuser son sillon.

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Dans les cuisines du PS….

Cà chauffe dans les cuisine du PS : Ségolène reproche aux éléphants qu’elle a tant méprisés de ne pas s’engager suffisamment pour elle, Chevènement se croit obligé de rappeler(pas seulement à propos de l'Europe) qu’il n’a pas rejoint Ségolène pour jouer les « potiches » et « faire bien dans le décor », Fabius et quelques autres sont furieux que DSK ose parler de « social-démocratie ». Et les plus réalistes se demandent si l’unité du Parti artificiellement reconstituée ne va pas exploser avant même la fin de l’histoire, ou juste après, c’est-à-dire au soir du premier tour.

Face à face déjà chez ceux qui anticipent un face à face Bayrou-Sarkozy : « ce serait une reproduction du duel Pompidou-Poher de 1969. On votera blanc », disent les uns ; « Tout sauf Sarko. On votera Bayrou », affirment les autres. Derrière ce clivage, une autre question : qui va rejoindre le parti démocrate de Bayrou ? Suspicion dans le sections malgré les mots d’ordre des tenanciers de l’appareil : « Certains militants s’y préparent déjà. Et voteront Bayrou dès le premier tour…C’est sûr ». « Je reste confiante », répète à qui veut l’entendre Ségolène Royal. Heureusement…        

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Les villepinistes  admiratifs et désamparés devant Bayrou 

Indiscrétions à la suite d’une réunion de « villepinistes » à matignon. On s’y est accordés - un brin admiratifs, un brin désemparés - pour dire que Bayrou est « en train de créer une dynamique qui plaît à une partie de nos électeurs ». Ils ont également traité le cas Le Pen et la décision de Nicolas Sarkozy de l'aider à réunir les parrainages : « Ce mélange des genres est dangereux », ont regretté certains villepinistes.

Villepin, lui, réserve ses commentaires pour plus tard. Après la déclaration du chef de l'État, il a prévu d'effectuer un voyage aux États-Unis, du 15 au 17 mars, où il fera escale à New York et Boston. Histoire d’oublier un peu sa déception de ne jouer aucun rôle dans cette campagne où Sarkozy jusqu’à présent ne met guère en relief son bilan.

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L’avertissement oublié de 2002….« Bayrou tient les clefs du renouveau ! »

Rudy Salles, le député des Alpes maritimes était l’invité de Ruth Elkrieff sur Bfm Tv.  « L’essentiel  est que François Bayrou a compris l’attente des Français d’un renouveau de la praxis politique. En 2002 déjà, en votant à plus de soixante pour cent en faveur de partis protestataires, les Français avaient manifesté leur volonté de renouveau. Personne ne les avait entendus » Il faut avoir conscience de cela pour comprendre la cohérence et l’efficacité du message de Bayrou.  « Les Français attendent avec avidité, impatience et parfois agressivité un vrai  changement. Ils ont compris que le vari vote utile, c’est le vote Bayrou (…) Les appareils des partis politiques se trouvent démunis. Ils n’ont plus de solution. Ils ne trouvent plus les clefs que François Bayrou détient, lui. Ces clefs du renouveau ».  Encore faut-il que l’Udf réussisse non seulement à élargir mais à consolider l’électorat de Bayrou, qui reste le plus volatil des trois candidats en tête des sondages. Bayrou le dit lui-même : « je pense gagner, mais je garde la tête froide et les pieds sur terre ».

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Corinne Lepage : se rallier n’est pas se renier

Les grands médias ont peu analysé le ralliement de Corinne Lepage à Bayrou.Dommage… il est riche d’enseignements. Pour au moins trois raisons. 1) Lepage ne se défile pas : elle avait ses 500 signatures au bout des doigts. 2) Lepage se rallie sans avoir négocié avec l’équipe Bayrou : nous ne sommes pas dans des tractations du type de celle de l’UMP (entre Sarko et Borloo, par exemple) ou du PS (entre radicaux, chevènementistes et « royaliens », notamment) 3) La comparaison des programmes publiés par Lepage et Bayrou permet de dégager des nuances mais met surtout en relief des convergences, notamment sur les institutions et la dimension écologiques des  politiques. Naturellement méfiant envers ce type de ralliement d’un candidat « en bas » dans les sondages à un candidat « qui monte », je suis rassuré sur la forme et sur le fond : ce ralliement n’est pas  reniement. Tant pis si des jaloux ricanent…

 

 

10/03/2007

Carnets de campagne : Vive la séparation des pouvoirs !

Un vrai scandale que personne n’a vraiment condamné : Réputé proche de la droite, le juge Courroye se retrouve dans un TGI où l'instruction de l'affaire des emplois fictifs du RPR, dans laquelle Chirac est mis en cause, est toujours en cours.Et où se concentrent toutes les affaires politico-financières des Hauts-de-Seine, le fief de Sarkozy…

Eh ! Oui. Et encore bravo pour la séparation des pouvoirs. Le ministre de la Justice Pascal Clément est passé outre l'avis négatif du Conseil supérieur de la magistrature sur la nomination du juge d'instruction Philippe Courroye au poste de procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) et a signé le décret de nomination. Ce décret doit désormais être contresigné par le président de la République et publié pour entrer en vigueur : Encore un espoir pour ceux qui n’ont pas oublié Montesquieu ? On peut rêver un peu.

Casser le thermomètre n’enlève pas la fièvre…

Que vaut un Etat qui ne sait pas même disposer d’instruments de mesure fiables ? L’indice des prix ne tient pas compte des évolutions des modes de vie, ce qui fausse tout : les consommateurs en savent quelque chose…pour la plus grande joie de ceux qui trouvent dans l’euro une excuse à leurs faiblesses, à leurs fautes et à leur irresponsabilité.

Le baromètre du chômage aussi semble connaître quelques problèmes de fiabilité… Les socialistes de la commission des Finances de l'Assemblée souhaitent entendre le directeur de l'Insee et le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, à propos du report par l'institut des statistiques de la publication des chiffres du chômage pour 2006.(8,6% ou 9,8% ? )

Ils estiment (à juste titre) que la représentation nationale et l'opinion publique « ont le droit de connaître le véritable taux de chômage sinon, à son échec économique et social, le gouvernement ajouterait une grave entorse aux principes démocratiques qui supposent une information statistique libre et transparente ».

Ils ajoutent : « Il y a dans notre pays un véritable problème de fiabilité des statistiques. C'est le cas en matière de chômage mais également pour les statistiques de délinquance et d'insécurité. Cela pose un sérieux problème démocratique et sape la confiance dans nos institutions », déclarent les trois députés qui, lors de la précédente législature, dirigeaient la commission des Finances de l'Assemblée.

Le pire, c’est que le classique  « Pas sérieux, s’abstenir » devient « Pas sérieux, remettre çà ». Brillants le « premier des ministres » Sarkozy et ses fidèles de l’UMP qui veulent aller de l’avant sans se préoccuper de ce qu’ils laissent derrière.

Lepénisation : Où est le mal ? Sarko joue les victimes incomprises…

Il est vrai que Sarkozy et ses amis n’excellent pas que dans les chiffres. Ils sont extraordinaires dans les Lettres aussi… Surprise de Sarkozy après sa modernisation de confusions pratiquée par le régime de Vichy.  Est-ce un mal de parler d’immigration ? Bien sûr que non ! Est- ce un mal de parler de l’identité nationale ? Evidemment que non ! Alors pourquoi ne pas en parler en même temps, dans la même phrase ?

« Non seulement c’est nécessaire, mais c’est opportun » affirment ses porte-parole sans se rendre compte que l’opportunité en question, telle qu’elle est définie marque un triple échec de Sarkozy : sur les flux migratoires, sur la gestions des stocks migratoires (pour reprendre le langage gestionnaire de l’efficacité droitiste) et sur la lutte contre les idées de Le Pen.

Il est vrai qu’il a dit « vouloir se battre » pour que Le Pen ait ses signatures : ce qui révèle un quatrième échec (parmi d’autres) du ministre de l’Intérieur qui est aussi le ministre des élections et qui avait tout loisir de changer un système débile…Mais de son bilan, Sarko se moque : c’est de l’avant qu’il veut aller. En « homme pressé »…

« L'intégration et l'identité nationale, ce ne sont pas des gros mots, ça existe » a-t-il expliqué avec son ton de pédagogue pour « vrais gens », de donneur de leçons de bon sens et d’expert dans l’art de transformer en certitudes incontestables des affirmations contestables. « Ce sont de bien petites polémiques. Mais si on veut m'interdire de parler de l'identité nationale, faisons le débat avec les Français ».

Ben voyons ! Une fois encore, « on » fait de mauvais procès à cette âme pure… Il ne plaide pas coupable : il joue la victime. Comme... Le Pen quand on lui fait remarquer qu’il trahit l’Histoire ou piétine quelques valeurs républicaines….

D’ailleurs, de Bayrou, il se moque : « il est à l’affût de tout ».Du PS aussi : «  Il est en plein désarroi ». Et ne lui parlez pas du PC, du MRAP, de la Ligue des Droits de l’Homme, de SOS Racisme et des citoyens choqués…  « Les mots n’appartiennent à personne » (il avait déjà dit cela à propos de ses récupérations de Blum, Jaurès et de quelques autres grandes figures de combats … qu’il combat). Et « les Français jugeront »…

08/03/2007

Au fil de la campagne.....

Le coup de tonnerre du dernier sondage CSA : François Bayrou à portée du deuxième tour …

Prudence… Toujours et encore ! De plus en plus même. On connaît la marge d’erreur des sondages. On sait qu’une photo faite aujourd’hui n’est pas celle des jours de vote. On a conscience que tous les instituts de sondages décèlent un vote pour Bayrou plus volatile que pour les autres candidats. On a bien conscience qu’une majorité d’électeurs n’a pas encore fait de choix définitif et que le geste décisif se fait souvent dans l’isoloir. On sait que  les 27% d’inscrits qui déclarent voter blanc, nul ou s’abstenir peuvent changer d’avis… sans que l’on sache où iraient leurs voix.

On sait encore que Mme Royal peut tenter de créer un choc psychologique (en annonçant que DSK pourrait être son premier ministre, par exemple). On sait aussi l’UMP et le PS vont multiplier et intensifier par tous les moyens les tentatives de « décrédibilisation » du président de l’UMP …

Mais tard dans la nuit l’annonce des résultats du dernier sondage CSA réalisé pour I<télévision et Le Parisien /Aujourd’hui  a provoqué un vrai coup de tonnerre dans le ciel madiatico-politique. D’autant plus que cette tedance serait confirmée dès six heures ce matin par un autre sondages (BVA :Orange.fr)… De quoi réveiller ou abréger les dîners des membres de l’Observatoire Bayrou crée à l’UMP et ceux du « premier cercle » de Mme Royal…

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François Bayrou décolle en effet ou plutôt fait un bond…Il obtiendrait  24% des suffrages au 1er tour à portée de Ségolène Royal (25%) et Nicolas Sarkozy (26%)…et d’accès au second tour. Ces deux derniers candidats perdent respectivement 4 et 3 points pendant que Le Pen reste « stable » à 14% et que le « troisième homme » (qui est en fait déjà le deuxième..) gagne  sept point par rapport au dernier sondage du même institut (du 28 février). Sept points en huit jours : à peine croyable ! Déboussolés, les politologues ! Les partisans de Bayrou croisent les doigts.

Hasard ou signe pour les superstitieux et les turfistes ?  Une pouliche “Bayrou”, une pouliche de quatre ans née et élevée dans les écuries béarnaises de François Bayrou, a remporté le « prix Touchstone » couru sur l’hippodrome parisien de Saint-Cloud. Ceci n’a évidemment rien à voir  avec cela : juste un sourire, au passage…

« L’affaire Barre » : Des « propos inacceptables »

Le billet de Chantal CUTAJAR

Oui, il y a une « affaire Barre ».Ses déclarations (sur France Culture)  à propos de Papon et de Gollnisch et sur l’existence « d’un lobby juif capable de monter des opérations indignes » sont moralement, intellectuellement et politiquement inadmissibles. Sont-elles juridiquement condamnables comme Claude Lanzmann l’affirme et comme le MRAP se le demande ? SOS Racisme a fait une démarche auprès du  Garde des Sceaux Pascal Clément en lui demandant  d’engager des poursuites contre l’ancien Premier ministre.  

En attendant une suite judiciaire éventuelle, Barre a précisé : « Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit pour me faire apparaître antisémite. Je dois vous dire que les procédés sont très singuliers mais que cela me laisse totalement indifférent et c’est mon indifférence qui les outrage (…) Je dois vous dire qu’au moment du procès de Monsieur Papon, nous avons été deux à témoigner, non pas sur le passé mais sur ce que nous connaissions, c’était Olivier Guichard et moi-même. On ne peut pas nous soupçonner de quelque façon que ce soit d’être collaborationnistes, ni d’être antisémites, je tiens à le dire »

Personnellement je combats trop les racismes, l’antisémitisme, le révisionnisme et je suis trop inquiète de la lepénisation des esprits et de la banalisation de l’idéologie véhiculée par le Front national, pour ne pas être très choquée par les propos de l’ancien premier ministre et pour ne pas les condamner. Avec fermeté. A titre personnel et en tant que Présidente de DpJ, le Droit pour la Justice.

Politiquement, François Bayrou, avec sobriété mais clarté, a déclaré, selon l’AFP : «  Il n’y a rien à commenter, rien à discuter, rien à expliquer, ces propos sont purement et simplement inacceptables. Je le dis avec tristesse mais avec certitude. Ces affirmations et ces références mettent en cause les valeurs de la République, qui nous permettent de vivre ensemble dans notre pays ».

Edith Lenczner, responsable de la communication au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) a déclaré au NouvelObs.fr : « Nous espérons maintenant que la condamnation de François Bayrou donnera l’exemple. Nous attendons une condamnation audible du monde politique. Le président du Crif, Roger Cukierman, a d’ailleurs envoyé des courriers aux candidats à la présidentielle pour leur demander de prendre publiquement position contre les déclarations de l’ancien Premier ministre. ». Espérons-le…

Chantal CUTAJAR

 

Pour rappel.  Voir  cette déclaration de François Bayrou qui figure en bonne place sur son site de campagne (rubrique « propositions ») :« Quelle que soit la personne attaquée, que ce soit un musulman, un catholique ou un juif, un Français et une communauté intégrée du peuple français méritent la même attention et la même émotion, le même bouleversement, et la même solidarité.

 

Il faut toujours se méfier, toujours être vigilant. L’antisémitisme n’appartient pas au passé. Il est prêt à se réveiller, surtout chez les esprits fragiles, surtout dans les moments de tension. C’est comme une malédiction. La vieille dérive antisémite chez les chrétiens a pratiquement disparu … et au moment où l’on s’apprêtait à respirer, on voit aujourd’hui grandir un nouvel antisémitisme, aux racines gauchistes, tiers-mondistes, qui reprend les mêmes abjections ‘relookées’. Comme si ce n’était jamais fini ! …

Le peuple juif a été le bouc émissaire de toute l’horreur et de toute la barbarie du monde. Le sort d’Israël importe non seulement aux Israéliens, ou aux Juifs, mais surtout à l’ensemble de l’humanité ! L’avenir d’Israël, c’est la pierre de touche de notre capacité à refuser la fatalité.

La sympathie qui m’est manifestée dans la communauté juive me touche beaucoup. Je refuse la démagogie et la complaisance, je n’ai pas deux langages. J’ai mis beaucoup de moi-même à réfléchir à l’histoire du peuple juif, à son destin, à sa mission. Je lis beaucoup la Bible.

Je suis moi-même un homme religieux, et c’est pour cela que je crois nécessaire de bien délimiter le domaine de la foi et de la pratique - personnelles, familiales ou communautaires - et le domaine des principes républicains qui nous permettent de tous nous retrouver. »

 

 A lire aussi>>> : Bayrou face au racisme

La condition féminine : Un combat permanent qui exige de rompre avec le machisme politique et législatif.

Le billet de Chantal CUTAJAR

Le combat ne date pas d’aujourd’hui. Et il doit continuer. Non contre les hommes, mais avec les hommes. Non le temps d’une journée mais tout le temps, en permanence, dans tous les domaines, dans toutes les contrées, sous toutes les latitudes.

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« L’égale Dignité », l’égale Liberté, l’égale Fraternité, l’égal Respect,   l’égalité en droit et en fait en tout et pour tout dans le respect des différences, le refus de la marchandisation des corps et des esprits, le refus de l’exploitation de l’humain par l’humain, le refus de toutes les discriminations fondées sur le sexe ou les pratiques sexuelles…Ce ne sont pas là des expressions vides de sens : ce sont des règles à faire accepter, des normes à faire appliquer, des mots d’ordre pour des luttes quotidiennes, des sources d’inspiration pour les Législateurs.

 

DISCRIMINATION ET VIOLENCES

En Europe, grâce aux retombées nationales des valeurs fondatrices de la « construction européenne » et aux combats menées depuis longtemps, parfois durement, toujours patiemment, bien des progrès ont été accomplis. Progrès de la civilisation contre la barbarie, victoires de la Personne contre l’espèce, défaites des réflexes archaïques devant les réflexions authentiquement libérales. 

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Mais les faits et les chiffres sont là, terribles et terrifiants : emplois,  salaires, promotions, responsabilités, sous représentation politique et syndicale, violences verbales et physiques, viols, exploitations de toute nature, inégalité dans le travail comme dans les « sphères domestiques », esclavagisme, harcèlements, injures, menaces, chantages …

 

En France un rapport de l’INSEE publié ce matin est (parmi bien d’autres études) un vrai réquisitoire .En Europe le fléau de la violence touche 20 à 25  des femmes… Et ne parlons pas de ce qui se passe dans la majorité des pays du monde ! Les études de l’OMS font honte aux défenseurs des droits de l’Homme.

 

OUI A L’APPEL DES MAMANS DES CITES

Ce 8 mars, ce « jour international de la femme » qui existe depuis près de 100 ans, a le mérite de mettre en lumière ces réalités scandaleuses. Des campagnes internationales menées par le Conseil de l’Europe et d’organisation ont le mérite de combattre en permanence ces fléaux. Des actions associatives aboutissent à des résultats appréciables.

En ce 8 mars 2007, « ni putes ni soumises », par exemple, vient de lancer l“appel des 343 mamans des cités” pour demander aux politiques de donner aux mères de ces quartiers les moyens de leurs émancipation. Un appel qui mérite notre soutien actif.

« Au moment des violences urbaines, les parents et surtout les mères ont été mises sur la sellette et rappelées à leur responsabilité éducative (…) mais n’est-il pas temps de s’intéresser à elles? », interroge Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises. Cet appel se réfère au “manifeste des 343 salopes”, lancé en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur par des femmes qui déclaraient avoir avorté, alors que la loi interdisait encore l’interruption volontaire de grossesse.

Les “mamans des cités” demandent avant tout de “mettre un terme aux conventions bilatérales qui préservent les lois d’origine et qui les exposent aux violences de la polygamie, de la répudiation et du mariage forcé”.

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“On exige beaucoup des mamans, juge Fadela Amara, mais à aucun moment on ne leur reconnaît un rôle central. Ce sont pourtant elles qui tricotent la paix sociale et il faut les aider à leur émancipation”. Pour assurer cette cohésion sociale, elles souhaitent “les moyens de leur émancipation” : des places en crèches et en garderies “pour cesser d’être cantonnées dans la sphère privée”, des transports publics pour pouvoir “sortir des ghettos où les seuls endroits de rencontres sont des cafés réservés aux hommes”, et l’accès à la culture pour pouvoir apprendre le français. Beaucoup de ces mères, pourtant installées en France depuis des années, maîtrisent mal la langue ».

 

Très juste. Ces revendications doivent trouver des réponses rapidement et sur l’ensemble du territoire. C’est « le Vivre ensemble » qui est en jeu autant que l’amélioration de sorts individuels.

NON AUX EXPLOITATIONS POLITICIENNES

Autant ce type d’initiatives vaut d’être encouragé, autant certaines exploitations politiciennes de la femme en cette année électorale, attristent et choquent. Hypocrisies en tout genre : comment, par exemple,  écouter sans grimacer les belles déclarations faites par des leaders-candidats sur l’égalité hommes-femmes en politique alors que leurs partis (l’UMP, en l’occurrence) préfèrent inscrire dans leur budget les amendes à payer pour non respect de la parité que d’appliquer la loi ? Scandaleux !

Scandaleuses aussi, toutes les opérations médiatiques qui transforment cette « journée de la femme » en fête de la « femme alibi ».

NON A LA « FEMME ALIBI »

Un exemple (à ne pas suivre) : Ségolène Royal anticipe cette « journée » pour jouer à fond une fois de plus sur sa condition féminine en oubliant qu’elle s’est nettement plus entourée d’hommes que de femmes dans sa « garde rapprochée ».

Oui aux femmes en politique, oui à une femme présidente de la république, oui aux femmes dans les responsabilités suprêmes dans l’Etat, les entreprises, les laboratoires, les universités, les syndicats, les hôpitaux, partout. Mais ce sont les qualités propres qui comptent. Cette auto-« discrimination positive » ne sert pas « la cause des femmes »

Un autre exemple : Simone Veil, si admirable , si respectable, si riche de qualités, si forte de ses compétences et de son sens des responsabilités qu’elle aurait pu ou du être la première femme locataire de l’Elysée dans cette France encore politiquement  misogyne s’engage aux cotés du ministre-candidat Sarkozy.

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C’est son droit, évidemment respectable. Un droit qu’elle exerce pour des raisons qu’il ne nous appartient ici d’analyser et qui la regarde. Mais pourquoi orchestrer le ralliement de cette personnalité, fraîchement libérée de ses obligations de réserve de membre du Conseil Constitutionnel aujourd’hui, jour « de la femme »? La quête artificielle de symboles et de charges émotives réduit la politique à du marketing.

NON A LA FEMME “PRODUIT D’APPEL”

Désolée de devoir le dire : une telle exploitation médiatique  d’un acte citoyen d’une femme admirable sert aussi les ego machistes des experts en utilisation de la « femme alibi » et de la femme « produit d’appel », « tête de gondole », « produit phare »,  comme on dit dans la publicité, dans les rédactions des magazines, dans les hypermarchés ou chez les producteurs d’émissions de télévision avides d’audimat. Les « chiennes de garde » devraient aboyer.  C’esr Marianne caricaturée

 

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La femme et la politique, la femme en politique, méritent mieux. Plus d’égards, donc plus de respect. Et moins de démagogie. Plus d’actions concrètes et efficaces. Donc plus de sérieux dans l’application et l’amélioration des lois. Et moins de vent et d’effets de manche ou d’images.

 

Mais sans doute suis-je trop exigeante… Cela ne m’empêche évidemment pas de continuer en toute lucidité mes combats en faveur des droits de la femme et de l’homme et d’un équilibrage des sexes dans la société en général et en politique en particulier.

 

Chantal CUTAJAR

Pour rappel : « Priorité aux femmes »

Les femmes assument souvent deux vies en même temps : familiale et professionnelle. D’autres se retrouvent complètement seules à “tout porter”. Il y a enfin celles qui sont victimes, qui se taisent : François Bayrou s’engage à les aider.

« Je veux parler de la vie des femmes, et notamment de cette contrainte que représente le fait d’avoir, très souvent, deux vies en même temps. Même si cela va mieux, même si les tâches familiales et professionnelles sont mieux équilibrées, les femmes portent toujours une très grande part de la responsabilité de la famille.

Je veux en parler avec elles : du travail précaire, des CDD, des temps de travail à 20 heures, des emplois du temps que cela représente, avec leur vie personnelle et leurs charges de famille…

C’est un très grand enjeu que l’équilibre à trouver autour de la condition de la femme. Salaires inférieurs d’un tiers à ceux des hommes, exigences plus grandes de la part des employeurs, fragilité qu’elles ressentent parce qu’elles se retrouvent souvent seules. Tout ceci est lourd à porter.

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Les femmes sont trop souvent victimes de violences, dans les cités en particulier : il faut qu’elles prennent les choses en main et fassent entendre leurs voix. Quand nous avons appris l’épouvantable drame de cette jeune fille transformée en torche vivante dans un bus incendié par des criminels dans la banlieue de Marseille, je me suis dit qu’un jour viendrait où il y aurait une révolution des femmes dans les quartiers. Et j’aiderai de toutes mes forces cette révolution des femmes pour sortir les banlieues du drame.

Etre femme aujourd’hui, c’est aussi, parfois, être confrontée à la violence conjugale. La violence conjugale, c’est l’enfer. Pour les femmes, parce que leur foyer devrait être un lieu de paix et de protection, et qu’il devient le lieu de l’humiliation et des coups ; pour les enfants, dont la vie est brisée par ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent. Il faut en parler davantage pour que les femmes échappent à la honte injuste qu’elles ressentent. Pour qu’elles parlent.

Pour lutter contre la violence conjugale, je propose une loi-cadre, qui développerait l’information, y compris par la télévision. Je veux aussi accroître le nombre et la qualité des structures d’accueil des femmes et des enfants. Renforcer la veille sociale. Donner à la justice les moyens de sanctionner le coupable et de l’éloigner du domicile. »

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06/03/2007

Mon carnet de campagne: Sondages, info-intox et l'UMP au secours de Le Pen (et de Besancenot). Que c'est beau la noblesse démocratique!

François Bayrou franchit le cap symbolique des  20 %

François Bayrou poursuit son ascension et franchit un palier symbolique : pour la première fois, il est crédité de 20 % d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon un sondage LH2 pour RMC-BFM TV-20 Minutes réalisé les 2 et 3 mars. Le candidat de l'UDF gagne trois points, par rapport aux 23 et 24 février. Qui est le perdant de la progression de M. Bayrou ? Nicolas Sarkozy, arrive toujours en tête au premier tour, à 28 %, mais il perd deux points. Ségolène Royal se maintient à 27 %. Elle talonne de nouveau le candidat de l'UMP, considéré comme favori. Le suspense s’accroît…pour ceux qui prennent les sondages au sérieux. Mais l’inquiétude grandit dans les deux coalitions qui rêvent d’un maintien de ce « bi-partisme » qui rend la France « hémiplégique », comme disait Raymond ARON

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L’UMP au secours des signatures de Le Pen : Quelle noblesse !

On le sentait venir depuis 15 bons jours. L’UMP abandonne ses mots d’ordre (non écrits) : « On n’est pas à L’UMP pour faciliter les choses de Le Pen ». Sarkozy lui-même s’engage à se battre pour que, au nom de la démocratie, Le Pen (et Besancenot, SVP !) aient leurs signatures…L’esprit démocratique en question est né des calculatrices de l’UMP

Sans Le Pen, bien des électeurs déclarés pour le FN viendront grossir l’électorat potentiel de Bayrou : des simulations ont été faites. La tentation du coup de pied dans la fourmilière, du vote protestataire « contre 25 ans d’échecs » de l’UMPS, d’une vraie  réforme des institutions (avec réintroduction d’une bonne dose de proportionnelle aux Législatives) c’est Bayrou qui en deviendrait le champion des champions.

L’UMP paierait ainsi la facture de ses attaques contre Bayrou (« c’est le Le Pen des bobos »). L’absence d’une candidature de Besancenot  apporterait des voix à Ségolène : l’écart est trop faible au sein de l’UMPS  pour que le moindre risque soit pris.

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Enfin, Sarkozy sait lire les sondages : 58 % des Français penseraient qu’il ne serait pas « démocratique » que Le Pen n’ait pas ses signatures… Sarkozy en une phrase bien ciselée réussit à transformer un calcul politicien en leçon de vertu démocratique. Qui plus est cette « noble attitude «  pourrait être récompensée par de reports de voix au deuxième tour !

Un malin, ce ministre de l’intérieur qui est bien sûr le seul à bénéficier des enquêtes d’opinions des RG… 

« La démocratie ne doit pas être confisquée par un petit nombre de gens » précise le candidat-ministre en évitant l’un de ses tics de langage : « C’est ma conviction personnelle et c’est ma conviction à moi ».  Qui a écrit : « soi- même comme un autre » ? Ah ! oui… Paul Ricoeur ! Un penseur de talent,  lui. Et un humaniste porteur de vraies valeurs. Pardon : nous voilà loin de la « Sarko-attitude »

Raffarin à Bayrou : « François reviens »

Il a un bon sens indéniable le défenseur de la France d’en bas qui a tant donné raison à Bertolt Brecht : « Ceux qui sont en bas sont maintenus en bas pour que que restent en haut ceux qui y sont déjà »… Alors que l’UMPS tente de persuader l’électorat que Bayrou est de droite, soit en espérant le récupérer (tendance Sarko), soit pour lui reprendre les voix de gauche qu’il a déjà reçu et peut recevoir encore (courant Ségo), Raffarin est clair : Bayrou est trop à gauche. Et il lui lance un appel : «  François reviens où tu étais si bien ». Encore un grand Homme d’Etat qui a tout compris le père des raffarinades…

Il doit être content Raffarin, comme de Villepin d’ailleurs. Et comme Chirac… Lu sur la profession de foi d’une investie UMP dans une circonscription de Strasbourg : « Il faut rompre avec celles (les pratiques politiques) qui ont démontré leur inefficacité depuis 25 ans ». Sur le fond, elle a raison cette jeune dame… C’est du Bayrou dans le texte ! C’est vraiment beau d’essayer de se faire élire en critiquant le bilan de l’action du mouvement pour lequel elle milite et notamment de l’ère Sarkozy ! Avec Sarko et ses supporters, tout est déjà possible ! Même l’incroyable…Qu’est-ce que cela va être demain, si…

Santini, le concierge

Encore un comique, pas drôle : Santini est sûr (évidemment puisqu’il a rejoint son ami Sarkozy, qui est aussi président de son conseil général, ce qu’on ne rappelle pas assez !) que Bayrou va subir « l’effet malabar », vous savez ces boules de gum que les enfants font grossir, grossir, grossir jusqu’à l’explosion… « Je garde la maison udf », lance-t-il en oubliant qu’il avait été mis en congé de parti.

Santini, concierge ! Il pourra se relayer avec de Robien, le « sang triste » qui, lui, attend encore avant de dire son choix. Vous imaginez un instant qu’il vote Ségolène, par dépit et rancune envers Bayrou et par détestation de Sarkozy ce saint homme si fier de son action (critiquée par Sarkozy) au ministère de l’intérieur. Une action si performante que nos retard en matière d’enseignement et de recherche figure dans tous les programmes, ou presque. «Ensemble,  contre Sarko, tout est possible », non ?

Gobées au vol, quelques phrases:

*Azouz Begag (Egalité des chances) sur Chirac: « Je reste un chiraquien inconvertible. J'attends avec impatience ce que le président va dire dans quelques jours (…) La France a encore besoin d'un homme de cette envergure ». Cela fait du bien un peu de chaleur humaine dans ce monde cynique !

*Jean-Louis Debré, nouveau président du Conseil constitutionnel, sur Chirac: "Je pense à toutes celles et tous ceux qui lui sont fidèles et je pense souvent aux courtisans partis courtiser ailleurs ».Oh ! Les ingrats !

*Ségolène Royal sur son futur gouvernement: « Je ne suis liée à aucun réseau, aucune puissance d'argent, aucun lobby, aucun grand média, aucune grande entreprise. Je n'ai personne à placer et ne dois rien à personne si ce n'est au peuple français ». Bien dit. Son gouvernement, pour l’heure, c’est « personne ».

*Nicolas Sarkozy, sur l'immigration: « Le Pen a fait de l'immigration un cheval de bataille et moi, j'ai essayé de faire de l'immigration un thème d'action, c'est différent ».Un joli raccourci ! *François Hollande, numéro 1 PS sur Bayrou : « Le vrai choix n'est pas entre le changement ou la continuité, il est entre le changement ou la crise ». Très bonne analyse : avec l’UMPS et la fausse alternance, c’est la crise. Avec Bayrou, c’est enfin le changement.

*  Alain Finkielkraut s'est dit  « atterré par l'état actuel de la gauche ». « Je constate que le Parti socialiste est dans le coma (…) La gauche a choisi la voie du mitterrandisme, de la posture, du symbole et pas la voie du mendésisme, c'est-à-dire en gros de la connaissance des dossiers », considère M. Finkielkraut en précisant  que cela ne fait pas de lui pour autant "le porte-parole de Nicolas Sarkozy, ni de qui que ce soit d'autre". L'écrivain dément notamment les informations de certains médias faisant état de son ralliement imminent au candidat de l'UMP. Il y a vraiment des spécialistes de l’info-intox !

* Précision recueillie de la bouche même de l’intéressé : Max Gallo n’a jamais dit ni écrit qu’il voterait Sarkozy. Il s’est félicité de voir Sarko s’inspirer de son « Fier d’être Français » dans les références historiques. Il a dénoncé la diabolisation du ministre-candidat qui « n’est pas Le Pen ». Il a dit qu’il ne voterait pas Mme Royal « pour des raisons évidentes ». Il précise qu’il votera pour « un candidat du champ républicain », sans plus de précision. Lanceurs de rumeurs, remettez vos pendules à l’heure !