08/10/2006

Politique : à quel âge, le coup du cocotier ?

Ah ! Les vieux… A quel âge devient-on « vieux », d’ailleurs ? Le « coup du cocotier » avait du bon, non ? Tu montes là-haut, le Vieux…et tu tombes… La Question des Retraites en serait réglée… Si les vieux étaient pris très jeunes….

 medium_balladur.jpgEn politique, à la contrainte, l'UMP préfère l'exemple, dit LE MONDE. La décision d'Edouard Balladur (77 ans) de renoncer à son siège de député de Paris au nom du "renouveau des idées, des méthodes et des personnes" est montré en exemple au siège de l'UMP, rue La Boétie, à Paris. "C'est le geste élégant que l'opinion publique attendait", déclare, selon LE MONDE,  Alain Marleix, responsable de la commission d'investiture de l'UMP. "A titre personnel, poursuit-il, j'espère que cette décision fera école et je suis favorable à ce que les députés qui auront 75 ans ou plus en 2007 fassent de même."75 ans ! Quel bel objectif… Cela fait trois « générations »…Allez Jeunesse !

Outre l'ancien premier ministre, 13 autres élus pourraient être concernés par cette « jurisprudence » qui ne dit pas son nom. Robert Pandraud (Seine-Saint-Denis, 16 octobre 1928), Pierre Micaux (Aube, 26 octobre 1930), Jean-Claude Abrioux (Seine-Saint-Denis, 1er décembre 1931) et Charles Cova (Seine-et-Marne, 9 décembre 1931) ont déjà prévenu l'UMP de leur intention de ne pas concourir pour un nouveau mandat.

D'autres, en revanche, n'entendent pas « dételer ». Quelle endurance ! « Le Monde » a fait un vrai recensement : «  C'est le cas de Léonce Deprez (Pas-de-Calais, 10 juillet 1927), Loïc Bouvard (Morbihan, 20 janvier 1929), Jean-Claude Lemoine (Manche, 28 avril 1931), René Galy-Dejean (Paris, 16 mars 1932), Maurice Giro (Vaucluse, 28 avril 1932), Lucien Guichon (Ain, 9 février 1932), François Guillaume (Meurthe-et-Moselle, 19 octobre 1932), Jacques Lafleur (Nouvelle-Calédonie, 20 novembre 1932) et Léon Vachet (Bouches-du-Rhône, 29 décembre 1932) » Vertigineux ! Admirable ou détestable..

 

Le Monde, dans l’article de Philippe Ridet, fait un rappel : « Il y a dix ans, le 7 novembre 1996, le conseil national du RPR, alors dirigé par Alain Juppé, avait fixé, au nom de la "modernisation de la vie politique" à 75 ans la limite d'âge pour les candidats aux législatives prévues en 1998. Plusieurs barons du gaullisme (Jacques Chaban-Delmas, Robert Galley, Jacques Baumel, Olivier Guichard, Jean de Lipkowski) étaient directement concernés. Certains avaient obtempéré, d'autres non. Les élections anticipées de juin 1997, après la dissolution, furent marquées par plusieurs primaires sauvages qui, à leur manière, participèrent à la défaite de la droite ».

 

medium_barthes.jpgLa vraie question, c’est que l’on devient vieux de plus en plus tôt, donc de plus en plus  jeune….Signe des temps… « On a l’âge de ses artères » : c’est faux… On a l’âge de ses neurones. Pourquoi devenons-nous vieux aussi  jeunes ? Que Barthez et Balladur prennent leurs retraites le même jour n’est pas un fruit du hasard…. A chacun sa « cage » ! Ce n’est pas grave, Docteur… « La mort ne doit pas être si difficile puisque tout le monde la réussit »

05/10/2006

Les faiblesses de la Justice française

medium_justice.jpgVoir le compte rendu de l'analyse comparatice du Conseil de l'Europe sur DpJ, LE DROIT POUR LA JUSTICE >>>>>>>>>>>>>>

03/10/2006

Lutte contre l''insécurité: Merci Josiane BIGOT...

medium_bigot.jpgBravo et merci Josiane BIGOT ! Dans « Mots Croisés », ce soir, sur France 2, vous avez eu les mots, les répliques, le « parler-franc » qui ont donné un souffle d’intelligence dans une émission où les politiques (Pauvre, inutile et stupide Patrick Devedjian… avec  des ambitions post-présidentielles, paraît-il !) ont excellé dans une « langue de bois » qui fait peur, où les policiers ont été plus corporatistes que constructifs, où le psychiatre de service ne dit rien ou presque,  et où les reportages se sont plus résumés en des constats de carence qu’en des forces de propositions…

Oui, vous avez quitté vos fonctions de Juge des enfants parce que vous n’aviez pas (ou plus) « les moyens de vos missions ». C’est le problème central. Que les « politiques » veulent ignorer.

Oui, votre expérience vous donne le droit de dénoncer une « France mise en procès » par la Communauté internationale, et notamment par le Conseil de l’Europe dont elle applique si mal les résolutions, les recommandations et, simplement, les conseils…

Oui, vous avez raison de soutenir que les « mineurs-acteurs », donc « délinquants », sont d’abord des « victimes ».

Oui, vous avez raison de souligner que « 90% des enfants qui passent devant un juge des enfants ne sont pas récidivistes », contrairement à ce que l’on veut bien dire.

Oui, vous avez raison de dénoncer les défauts de « l’information » sur les questions liées à l’insécurité provoquée par la délinquance juvénile. Et une « tolérance zéro » qui est « zéro » pour ceux qui la prônent avec une démagogie très « sarkozienne » que vous dénoncez pudiquement

Oui, vous avez raison de dénoncer les conditions de détention des mineurs dans des prisons mal conçues pour eux, comme elles sont mal conçues pour les adultes d’ailleurs, ainsi que le montrent les rapports du Conseil de l’Europe…

Oui, vous avez raison de dénoncer cette discrimination qui frappe plus les mineurs que les majeurs.

Confidence : il se trouve que j’ai participé activement à la campagne de M. Bonnemaison qui a mis au point, sous Mitterrand, en 1981,  des « Conseils de préventions de la délinquance ». Quels combats, surtout contre des municipalités de droite ! Pourquoi n’a-t-on pas poursuivi dans cette voie ? Parce que Bonnemaison avait raison ? Parce que la « gauche » n’a pas été digne des idéaux qu’elle incarnait. Parce que ces problèmes doivent dépasser les clivages politiques. Parce que nous sommes là devant un défi sociétal qui doit exclure toute démagogie.

 

medium_josiane.jpgDans cette émission, ce soir, vous avez été Josiane, Madame la Juge, la voix du bon sens, de l’intelligence, de l’honneur, et du dépassement de cette « quotidienneté » médiocre que l’on doit dépasser si l’on veut vraiment  résoudre les vrais problèmes…

Les insultes finales de M. Devedjian n'y changent rien... Si Sarkozy veut  gagner en crédibililité, il devrait soigner ses relations privilégiées. Ce soir, chez Calvi, la bêtise était de droite. Echec et mat dans "mots croisés" pour Devedjian...Merci Josiane.

01/10/2006

Cette curieuse "ouverture du "20 heures" de France 2... Qui et pourquoi veut-on faire rebondir l'affaire du « Rainbow Warrior »?

France 2 en a fait « l’ouverture » de son "20 heures" de ce soir… Bizarre… Drôle façon de hiérarchiser l’information sur un non-événement ou, en tous cas, sur une « info » (ou une intox) que personne ne peut, en l’état, confirmer ou démentir, analyser et mettre en perspective. Le journaliste que je suis est plus que troublé. Et le citoyen que je suis se pose des questions sur le bon fonctionnement du système médiatico-politique…Une fois de plus. "arrêt sur images"? Non..."Images en arrêt"...

medium_segolene.3.jpgEn l’occurrence, comment ne pas comprendre la surprise outragée de Ségolène Royal , indirectement visée comme si elle était responsable de ce qu’ont fait ou ne pas fait, dit ou ne pas dit, ses frères?

Comment non plus ne pas partager les soupçons de « manipulations »  exprimés avec humour (et colère rentrée) par Fabius (invité du même « 20 heures » dominical de France 2 ) ? Il est circonstances, où il est difficile de croire au hasard, en effet. Il importe de savoir qui tire les ficelles de cette (fausse) affaire d’aujourd’hui qui fait rebondir une (vraie) affaire qui date d’une époque où Fabius était premier ministre…medium_fabius_2.jpg

Fausse affaire, cette réactualisation du « Rainbow Warrior » ? On résume….

>>> Antoine Royal, l’un des frères de Ségolène, qui a quelques PROBLEMES AUXQUELS SEGOLENE EST COMPLETEMENT ETRANGERE  déclare vendredi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France que son frère Gérard avait participé à l'attentat qui avait coulé le bateau, tuant le photographe néerlandais Fernando Pereira: "A l'époque, il était lieutenant et agent traitant pour la DGSE en Asie (...) Plus tard, il m'a dit que c'était lui qui avait posé la bombe sur le navire de Greenpeace. Il avait pris une embarcation avec une deuxième personne pour s'approcher du bateau", poursuit-il. Selon lui, son frère Gérard avait réussi à échapper aux autorités néo-zélandaises, contrairement au faux couple des agents Turenge qui a été interpellé. Un vrai scoop ou autre chose ? Et pourquoi cette ITW aujourd’hui ?


>>> Aussitôt des sources policières néo-zélandais (mal identifiées) annoncent la réouverture du « dossier ». Et Greenpeace en fait  un vrai pâté en croûte : « il y a plusieurs formes de terrorismes. Seul le terrorisme d’Etat reste impuni ». La communication avant l’information : Greenpeace n’en a (hélas !) pas le monopole….

>>> Aujourd’hui, le Premier ministre néo-zélandais Helen Clark  fait savoir que son pays ne rouvrira pas l'enquête sur l'attentat de 1985 contre le Rainbow Warrior dans le port d'Auckland,. Une information visiblement sinon ignorée du moins ignorée par le « 20 heures » présentée par  Mme Borloo (eh! oui, je l regrette cette allusion qui n'est en rien conforme avec mon éthique, mais je suis  bien obligé de faire le rapprochement, même s’il est injuste, voire insultant envers Béatrice Schönberg) ...medium_schoenberg.jpgMême si je n'ai aucune raison de faire quelque procès d'arrières-pensées que ce soit  ou quelque procès en manque de professionnalisme que ce soit...Elle a trop de qualités avérées.

>>> Un porte-parole d'Helen Clark a rappelé que Paris et Wellington avaient conclu un accord diplomatique en 1991 prévenant de facto toute réouverture d'enquête. "Le gouvernement de l'époque avait alors accepté que l'affaire du Rainbow Warrior soit close", a précisé Gordon Jon Thompson, disant s'être exprimé après avoir demandé conseil à son ministère des Affaires étrangères.


>>> Ségolène Royal a sobrement réagi en déplacement à Guingamp : "Je suis étonnée qu'une polémique surgisse de cette façon-là, comme par hasard le lendemain de ma déclaration de ma candidature. Je crois que si vous voulez des informations, il faut vous adresser au ministère de la Défense".

medium_dsk_3.3.jpg>>> Dominique Strauss-Kahn (et il a raison, bien sûr) juge "malvenue" dans la campagne interne au PS la polémique sur la participation éventuelle d'un frère de Ségolène Royal à l'attentat de 1985 contre le "Rainbow Warrior". "Personne n'est responsable de ce que fait son frère, son père ou sa soeur. Soyons déjà responsables de nos enfants, ce n'est pas si mal", a déclaré le candidat à la candidature socialiste à l'élection présidentielle lors du "Grand jury" RTL-"Le Figaro"-LCI.  "Comme elle l'a dit elle-même, il faut que les choses soient avérées avant qu'on l'évoque", a-t-il dit, en jugeant "un peu dommage qu'il y ait des évocations de choses de ce genre alors qu'on n'est pas très sûr de ce qu'il en est exactement". C'est le moins qu'on puisse dire...Et c'est ce qui rend peu excusable le choix de "france 2" de monter celà en " Une"...

medium_bayrou.4.jpg>>> Bayrou, interrogé, réagi avec une digniuté qui rassure.Il a déclaré  qu'il n'avait "aucune espèce de trace d'ombre de début d'opinion" sur cet pseudo-affaire": "Je n'ai aucune opinion à avoir sur les frères, les soeurs, les tantes, les cousins de Ségolène Royal", a-t-il déclaré dans le grand rendez-vous Europe1/TV5Monde/Le Parisien "J'ai toujours trouvé que la place donnée perpétuellement dans notre pays à l'aspect familial des choses était surestimé".... Sarkozy réagita-t-il dans le même sens? Et de Villepin? Et la ministre de la défense? Et le ministre des affaires étrangères... A près de 23 heures, en ce dimanche: silence radio dans la "majorité"...Il est vrai qu'il ne s'agit en rien d'une affaire d'Etat.Juste une question de "morale politique"... et d'éthique journalistique

>>> Cette "affaire" d’aujourd’hui semble d’autant plus étrange qu’un spécialiste qui a connu les protagonistes français de l'opération  indique à l'AFP que Gérard Royal n'avait pas posé la bombe sur le Rainbow Warrior. Ce spécialiste, qui s'exprime sous couvert de l'anonymat,  explique que Gérard Royal était bien membre de la 3ème équipe de trois hommes, qui avait posé la bombe, mais qu'il pilotait le Zodiac. Ce sont les deux autres membres de cette équipe, deux nageurs de combat, qui ont posé la bombe, en fait deux mines qui ont coulé le Rainbow Warrior dans la baie d'Auckland dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, entraînant la mort d'un photographe qui était à bord du bâtiment. Mais cette dépêche a visiblement échappé à la vigilance de la rédaction de France 2…


RAPPEL : Le navire avait été coulé alors qu'il allait entamer une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Mururoa (Polynésie).

QUESTION (qui devrait passionner la presse dite « poeple » qui est au journalisme ce que les fouilleurs de poubelles sont aux éliminateurs de déchets) : Ségolène a-t-elle des problèmes avec ses frères. ?  Des nouvelles dans « Le Parisien » d’aujourd’hui ? C'est tout de même ce journal qui a allumé la mèche...En mékangeant histoires de familles et affaires d'Etat... Ségolène est d'une famille nombreuse qui peut expliquer bien des données psychologiques mais qui ne peut en rien la rendre responsable de tout ce que cela comporte... Ou faut-il y voir des manipulations plus subtiles ?

CONSTAT : Si les Présidentielles sont polluées par ce genre d’  « affaires » (vraies ou fausses), on n’a pas fini de déplorer « la crise de la démocratie française »…et de faire le lit de ceux qui combattent la démocratie au nom de la démocratie. Ségolène a raison : il faut être pour la « vérité » (même si elle vient tardivement), mais ce n’est pas en diffusant des informations trop partielles pour ne pas être partiales qu’on contribue à la faire éclater, cette "vérité".  

30/09/2006

La bévue de Sarkozy à la conférence de Madrid sur l'immigration

A LIRE SUR RELATIO>>>>>>

29/09/2006

Présidentielles: La Course à l'Elysée n'est pas un Paris-Dakar ... Et si nous parlions des programmes, des projets, des "engagements"?...

« Maintenant, les choses sérieuses commencent »,  dit Dominique Strauss-Kahn en confirmant sa candidature à la candidature en ce vendredi où l’on apprend que tous les « aspirants » disposent de leurs parrainages, y compris Jack Lang qui a du subir une blessure d’amour-propre en ayant autant de difficultés à décrocher ses « signatures » …

En attendant encore quelques  clarifications (dont celle, importante, mais difficile   de François Hollande dont je n'ose plus imaginer sa vie domestique... Cet Homme est un Héros!  ), nous nous trouvons donc, au PS, avec  sur la ligne de départ, trois Eléphants et une Gazelle. Jean de La fontaine, priez pour eux... Je résume, à ma façon....En oubliant ceux (et celles) qui auraient dû ou pu être de cette "course",

Bernard Kouchner, par exemple... Celui qui dit fort justement:: "C'est dur d'être de gauche,medium_kouchner.3.jpg aujourd'hui, en France, surtout quand on n'est pas de droite"... Ce n'est pas de l'humour, mais un diagnostic...médical, ou presque. Kouchner gêne les moins intelligents que lui: ce n'est pas BON pour une France qui se cherche sans se trouver...

 

medium_dsk_3.2.jpg

>>> DSK  le plus crédible à bien des points de vues.  Un économiste qui ne sombre pas dans l’économisme. Un homme de terrain (Sarcelles, vous connaissez ?) et de dossiers. Un homme de culture et de convictions. Un homme politique qui a la trempe d’un Homme d’Etat.  Anne Sinclair, malgré ses qualités, n’ y est pour rien, même si DSK peut compter sur elle, sur son intelligence et ses bons conseils. S’il ne réussit pas aux Présidentielles (à cause de sa confession, peut-être, ce qui serait grave pour la France, mais PMF en a su quelque chose ! ), DSK ferait honneur à la France en jouant  les Premiers ministres… Je suis sûr que Ségolène y pense. Et Bayrou aussi…Heureux les pays qui peuvent, comme la France, peut-être, se passer des talents de tels Hommes d'Etat. Ce peut être aussi de l'inconscience...

 

>>>medium_lang.jpgJack Lang, le plus sympathique pour bien des gens,  notamment pour ceux qui savent que culture et politique sont indissociables, surtout en cette ère de dépersonnalisation de l’individu. Ceux qui lui trouvent, comme les "Guignols", ce soir encore,  un « coté Régine » oublient ce qu’on lui doit et ce qu’il pourrait nous apporter encore (pas seulement le jour de la fête de la Musique). En matière de « paillettes », il y a pire…A gauche, et à droite. Et je sais, après expérience, qu’il a des facultés d’ écoute bien rares dans ce « microcosme politique »  que Barre dénonçait avec raison et pertinence. "Jack "a tous les défauts de ses qualités, mais il a aussi toutes les les qualités de ses défauts. Et elles sont nombreuses et précieuses...

>>>medium_Fabius.2.jpgLaurent Fabius. Cet ex- "petit jeune" enfant gâté d’un mitterrandisme à la mode et en mode,  a sans doute grandi trop vite.... Et il a  en vieilli mal, malgré la moto et un livre de (fausse) jouvence « routarde » (puisqu’il a renié ses engagements européens et  piétiné les règles de fonctionnement du PS sur l’autel de ses ambitions présidentielles)… Mais il reste une « tête d’oeuf » remarquablement calculatrice  et un orateur redoutable.

 

Avec un pouvoir de nuisance que les meilleurs des Chiraquiens pourraient   lui envier. lui qui pourrait être un des leurs, ce "champion de la gauche authentique"....

La politique dans ce qu'elle a de plus détestable?

Pour moi, oui. Je l'ai rencontré dans un diner au Parlement européen; à Strasbourg, voilà bien longtemps déjà, qui m'a fait froid dans le dos....

Sa suffisance était une forme d'outre-cuidance... Il; avait sur l'architecture du "palais de l'Europe" des certitudes qui envoyaient les Prix de Rome, la municipalité de Catherine Trautmann, Gicard d'estaing, Mitterrand,  et le monde entier dans les orties de la médiocrité....

Il est resté suffisant et outre-cuisant. Pauvre Laurent! Mitterrand m'en avait parlé, dans un entretien profesionnel:

"Cest l'un des jeunes qu'il nous faut. Mais saura-t-il rester jeune longtemps?... C'est dur, la jeunesse. il faut l'assumer sans impatience... " Une leçon qui ne concerne pas que "Fafa",  le favori d'une époque de "Mi-Mi" ...  Fabius, tel que je le conais, me sort par les trous de nez, les oreilles et tout ce qui peut ressembler à des orifices. Non à cause de ses origines, mais en raison de ses ambitions d'avenir et de ses cyniques trahisons. il est pour moi la caricature vivante du "socialiste-traite" qui me fuir et le traitres et le socialisme... Désolé, Laurent! Je juge sur ce que j'ai vu, non par ce que l'on a pu me dire...Et votre action, intellectuellement crimlinelle, au moment du référendum sur le Traité constitutionel européen, n' en rien constitué une surprise. Tout juste, une confirmation... L'imposture n'est pas "politiquement coorecte", car elle est moralement condamnable... Ma seule surprise, c'est que vous soyiez (encore) au PS un candidat àla candidature... J'ai peur pourle PS et pour la France....

>>> Ségolène ROYAL ... Elle  reste mystérieuse, à tel point  qu’Alain Duhamel, en janvier,  ne l’imaginait pas dans ses « Prétendants » …On  aurait tort de sous-estimer ses « réseaux », son toupet voire son cynisme et cette habileté sans laquelle il vaut mieux ne pas faire carrière en politique : « C’est dans la nature des choses », redirait De Gaulle. medium_segolene_3.jpg

Elle a déjà réussi un bel exploit qui confirme la « poepolisation » (un mot aussi vilain que les réalités qu’il recouvre) de la politique, sous les influences conjuguées et interactives des  sondages, de l’audimat, de l’info-spectacle,  de la com’cul et de la politique-show…Et des impostures en tous genres. N’avait-elle pas  osé prétendre qu’elle avait lancé, par anticipation, la première « pétition européenne » prévue par le projet de traité constitutionnel …six mois après que cette « première » (sur la « Justice en Europe ») ait été lancée…

Tout « politique » est « un voleur d’idées » , et c’est logique, mais l’honnêteté se juge à des détails…Là où le diable se loge, selon un proverbe alsacien…Là, je ne commente pas : je témoigne. Trop de mails sont restés sans réponses…A Ségolène et à ses servives.Le réel prnd toujours sa revanche sur le "paraître", même en cette époque où l'on prétend le contaire...

Désolé, Madame en Charentaises à Hauts- talons  qui dirige cette Région de Poitou-Charentes, et  qui est à la fois celle de Jarnac (donc de Mitterrand) , du Futuroscope ( donc de l'avenir), de Raffarin (que vous avez battu) et de Cognac (la ville natale de Jean Monnet),: la confiance ne se décrète pas. 

 

medium_point_d_interrogations.jpgConfidence: J'ai une faiblesse : n’étant pas membre du PS, je n’aurai pas dans ces fausses « primaires » à me prononcer pour ou contre vous…Mais je me fais une autre idée du socialisme et de la politique. Naïveté, sans doute…J'ai un regret:: je voudrais tant qu'enfin une Femme soit Présidente de la République. Mais faut-il que des femmes assoiffées de pouvoirs aient ainsi, autant, les mêmes défauts que les Hommes? Les attaques "matchos' dont vous êtes l'objet me révulsent... Mais vous affichez trop de défauts trop masculins pour que votre sexe deviennent un atout. Le Pouvoir, Madame, entaîne visiblement des effets colatéraux asexués.  

 

En résumé: Le bref « Paris-Dakar » que  vous avez  entrepris ,en  « star des sondages » (qui a su soigner et modifier une image un peu ringarde voire archaïque et « réactionnaire »   n’ést qu’un prélude à un drôle de safari. Qui n’a peut-être pas fini de surprendre…. Le PS peut être fier de sa démocratie interne, si vivace,  (il l’était déjà avant le référendum sur l’Europe !), mais, comme disait Jospin, cela ne va pas sans un certain « tohu-bohu ». Assez peu conciliable avec le rôle que doit jouer un parti de gouvernement digne des idéaux qu'il prétend défendre...

Les  « choses sérieuses » ne devraient pas se résumer à ce  "safari" et à ces bombardements de petites  phrases  qui finissent pas assommer le plus passionné de la "chose " politique. Il est temps de parler programmes, de projets, de  propositions précises. D’engagements. De « contrats de quinquennat » 

 Or, les socialistes qui, sous l’influence de Fabius et de ses amis, qui ont su imposer leur loi de « vainqueurs du NON » , ont mis au point un « projet » qui se résume en une bien vilaine synthèse d’idées rarement novatrices et qui est une vraie faiblesse que le nombre des candidats " de qualité" ne fait pas oublier. Or, les dossiers ne manquent pas. Ils sont tous chauds et urgents. Et les pirouettes médiatiques, les coups de bottes en touche ou les appels aux « citoyens-experts » (ou aux « experts-citoyens », je ne sais plus) ne suffiront pas…

Une « Présidentielle », c’est l’élection d’un Chef de l’Exécutif : nous sommes (encore) dans une démocratie « représentative » et notre Constitution donne au Chef de l’Etat des pouvoirs (et des responsabilités) considérables… Avec, on l’oublie trop, des pouvoirs de vie et de mort, y compris « nucléaires » sur une partie du monde, et sur nombre de « citoyens du Monde »… Qui peut en être digne? Notre césaro-monarchisme republicano-régicide doit être réformé en profondeur. Ce devrait être l'enjeu majeur de cette consultation du XXI siècle...

medium_strasbourg-_l-universite--_67482019.jpgUn exemple, parmi d'autres, dûs à un de ces Hasards (?) de l’actualité qui devraient faire réfléchir: Les candidats (pas seulement du PS) devront rapidement répondre aux responsables des Université françaises  dont l’appel n’a pas eu l’écho médiatique qu’il méritait…La conférence des présidents d'université (CPU) veut faire de la "refondation" des universités un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle, a annoncé  son vice-président, Yannick Vallée. La CPU, qui réunit 102 établissements d'enseignement supérieur, compte s'adresser aux candidats pour leur faire part de sa vision de l'université du XXIe siècle, qui passe notamment par une réforme de la "gouvernance".

"Le système actuel n'est pas adapté, estime M. Vallée. Il faudra bien qu'un ministre ait le courage de mettre les partenaires autour d'une table." Depuis les lois Faure, de 1968, et Savary, de 1984, le mode de gestion des universités n'a pas évolué. Leurs conseils d'administration fonctionnent à la façon "d'un comité d'entreprise", considère le vice-président de la CPU. De fait, les stratégies définies par les conseils d'administration apparaissent souvent comme la somme des décisions de groupes de pression représentant les différentes disciplines et les différents syndicats. "Il faut que les conseils s'ouvrent à la société civile et admettent 50 % de personnalités extérieures", notamment des chefs d'entreprise, estime M. Vallée.

medium_claudeallegre.jpgLe sujet est politiquement sensible. Jospin avait (bêtement) désavoué son ami Allègre, pourtant courageux Et Luc Ferry, désavoué par les sines sous la pression de la rue, avait dû renoncer, en novembre 2003, à son projet visant à renforcer l'autonomie des universités.medium_Luc_Ferry.jpg

Les représentants de la CPU estiment une telle réforme possible pendant "l'état de grâce" qui suit traditionnellement les élections présidentielles. "Je réclame que le prochain gouvernement soit visionnaire sur l'université. S'il ne fait pas cette réforme, personne ne la fera", martèle Yannick Vallée. Autre problème rencontré par les universités : leur financement. "Il manque de l'ordre de 3 milliards d'euros par an", estime la CPU.

Eh ! Oui. Et les « SOS RECHERCHE » qui sont lancés, ce week-end encore, par des chercheurs qui se battent avec courage en prêchant dans le désert vont dans le même sens…

 Ils, ou elles, nous proposent quoi, sérieusement, les candidat(e)s aux Présidentielles? …Il faut imposer des soirées du type « Théma » sur toutes les chaînes publiques pour que les questions-clefs dont dépend l’avenir de la France, chez elle, en Europe et dans le monde soient abordées, non par des polémiques d’aboyeurs, mais par des discussions de fond…Le problème, c’est que l’audimat privilégie les nouveaux bateleurs de foire (d’empoigne)

>>> Puisque nous parlions de recherche, d’université, d’enseignement : un rappel qui n’a pas fait l’objet de beaucoup de débats de fond…..Selon une étude de l’OCDE,  comparée aux autres pays riches, la dépense publique de la France en éducation n'atteint pas le taux moyen (9,5 sur 20 : une sale note au niveau "international".. Peut nettement  mieux faire… Mais qui le fera? La droite, la gauche, ou le Centre "central"? Je prends  peur...  Seuls Bayrou et DSK me semblent crédibles dans leurs "programmes" sur ce plan si essentiel. Ferais-je une erreur? Ou decrais-je relire les "propositions " des uns et des autres? Je ne suis qu'un "expert-citoyen"...

Malgré une forte amélioration de ses performances en matière d'éducation primaires ces dernières décennies, la France voit s'aggraver son retard dans divers domaines par rapport aux autres pays riches, ceux-ci ayant progressé plus fortement.

Ainsi, les titulaires d'un diplôme de fin d'études secondaires (CAP, BEP et baccalauréat) représentent, en France, 80 % d'une classe d'âge, quand l'Allemagne, la Finlande ou la Corée du Sud atteignent ou dépassent les 90 %. Or, la France affiche un taux de chômage parmi les 20-24 ans non scolarisés et sans diplôme de 23,7 %, soit la plus forte proportion de l'OCDE après la Pologne et la République tchèque.

>>> Autre chiffre : Le taux d'obtention d'un diplôme universitaire (licence, maîtrise ou diplôme d'ingénieur) n'est que de 22 % dans une classe d'âge (contre 24 % pour la moyenne des pays de l'OCDE ou 30 % aux Etats-Unis) tandis que les diplômés des filières courtes (titulaires d'un DUT ou d'un BTS) atteignent 16 % d'une classe d'âge, contre 11 % en moyenne.

Je sais : ce n’est pas drôle…Et on en parle ni dans Voici, ni dans Voilà, ni dans Gala… Mais c’est le type de questions qu’il faut aborder de front, si l’on veut que l’élection d’un chef de l’Etat soit d’abord un problème de fond, et non un jeu de télé-virtualité du style « République Académie »…

medium_segolene.2.jpg « Allô, Nikos ? Ici, Ségolène : y a-t-il encore une place dans le Château ? Je voudrais chanter la Marseillaise sur l’air de l’Internationale, en dansant en Charentaises»…

Pourquoi terminer ce billet (déjà trop long par cette boutade ? Allez savoir… C’est tellement dur de rester sérieux quand on regarde la télé en jouant sur son ordinateurs..  

"Zappez ! " Il paraît, selon le supplément télé du Nouvel Obs, que tous les politiques font cela. A la télé, ils SE regardent. En ne voulant surtout pas jouer les « Français moyens » qui LES regardent…

27/09/2006

MOZART assassiné à Berlin! Les folies de l'auto-censure européenne ridicule et lâche

Après les « caricatures » danoises, les déclarations mal comprises du  Pape à Ratisbonne, voici l’Opéra…MOZART censuré ! Un vrai crime contre l’intelligence… Heureusement ;la chancelière allemande Angela Merkel  réagit avec bon sens et courage. Elle a la décision d'un opéra berlinois de déprogrammer un opéra de Mozart, "Idomeneo", dans laquelle figure le prophète Mahomet, par craintes de représailles islamistes. Il y a pire que la censure : l’auto-censure….Pauvre Mozart ! Assassiné sur l’autel du fascislamisme… Faut-il interdire Montesquieu ? Son « Comment peut-on être Persan ?» peut être mal interprété….

medium_wolfgang-amadeus-mozart.jpg"Nous devons faire attention à ne pas reculer toujours davantage face à la peur créée par des islamistes radicaux prêts à commettre des violences", a déclaré la chancelière au quotidien Neue Presse "L'autocensure par peur n'est pas tolérable. Elle est admissible seulement de manière responsable, dans le cadre d'un véritable dialogue des cultures totalement exempt de violence", a ajouté Angela Merkel.

C'est dans ce contexte que le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schaeuble devait présider aujourd’hui une réunion entre des responsables du gouvernement et des représentants de l'Islam du pays afin de lancer un dialogue sur les moyens de favoriser l'intégration à la société des musulmans allemands, qui sont plus de trois millions.

Pour justifier la décision prise lundi de déprogrammer l'opéra "Idomeneo" (1781) mis en scène par Hans Neuenfels, réputé pour ses provocations, la directrice du Deutsche Oper, une des trois salles d'opéra de la capitale allemande, a expliqué que cette production présentait "un risque incalculable relatif à la sécurité du public et des collaborateurs de l'opéra".
La directrice, Kirsten Harms, avait ajouté avoir été informée de risques par la police régionale."Nous avons indiqué qu'il pourrait y avoir des troubles lors de la représentation", a précisé le porte-parole de la police, Bernhard Schodrowski. Dans l'une des scènes, le roi de Crète Idoménée rapporte les têtes de Poséidon, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet et les pose sur quatre chaises. Oui, et alors ?

Déjà présentée en décembre 2003, cette adaptation de l'opéra en trois actes de Mozart sur un livret de Giambattista Varesco devait initialement être à nouveau être présentée les 5, 8, 15 et 18 novembre

medium_directrice_de_l_opera.jpgLe metteur en scène Hans Neuenfels lui-même a reproché à la directrice du Deutsche Oper (notre photo) de céder à "l'hystérie" tandis que la classe politique allemande a fustigé cette déprogrammation .Pour le ministre de la Culture Bernd Neumann, "si la peur de protestations éventuelles mène déjà à l'auto-censure, la culture démocratique de la liberté d'expression est en danger".
Wolfgang Schäuble, membre lui aussi de la CDU d'Angela Merkel, avait jugé quant à lui la déprogrammation "inacceptable" et "folle".

"L'Islam est une partie importante de l'Allemagne et de l'Europe, et donc il doit également accepter les normes et valeurs qui constituent l'Europe", a-t-il déclaré dans un entretien à la Sueddeutsche Zeitung.

Le maire social-démocrate de Berlin Klaus Wowereit a aussi décrié la décision, affirmant qu'il n'existait pas de risque concret. "Il faut vivre pleinement les idées que nous nous faisons de l'ouverture, de la tolérance et de la liberté".  C’est le moins qu’on puisse dire…En revanche, le Conseil de l'islam, l'une des principales associations représentatives des musulmans d'Allemagne, a salué cette déprogrammation… Pauvre Mozart ! Et pauvres de nous…

 

25/09/2006

Confessions personnelles autour de sondages…

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Les sondeurs ne reculent devant rien. On interroge sur les mots du dictionnaire, maintenant…RUPTURE ? Vous êtes pour ou contre ? Le mot revient dans bien des consultations électorales, locales ou nationales… Il porte une idée de VRAI Renouveau, de RENAISSANCE, même quand il s’inscrit dans une continuité très classique. Cette année, c’est Sarko qui le brandit, comme s’il voulait rompre avec lui-même puisqu’il est au pouvoir, avec les beaux habits de Ministre d’Etat, le bel uniforme  de ministre de l’intérieur et la casquette (ou le chapeau melon) de grand patron du parti de la majorité (présidentielle et parlementaire)…. (Illustration "piquée" sur un site irrespectueux>>>>)

Rupture ? NON. Désolé, Monsieur Sarkozy…Une majorité des Français (62%) souhaitent que le prochain président de la République aménage le fonctionnement actuel de la société française et 25%, seulement,  espèrent une « rupture ».

Consolation pour Sarko : Selon cette enquête CSA, parue ce matin, dans le Parisien, Nicolas (43%) et Ségolène (39%) sont les personnalités qui incarnent le mieux l'idée de rupture Avec 37%, Jean-Marie Le Pen, président du Front national, n’arrive qu’en troisième position des personnalités "qui incarnent la rupture avec la manière dont fonctionne la société française actuellement".

Vous en tirez quelles conclusions ? Moi, aucune. Mais je dois mal lire les sondages… Comme celui qui dit que les Français (à 54%) approuvent les attaques de Sarko contre les magistrats… La justice a toujours été la cible privilégiée des « libéraux liberticides », (Napoléon-le-Petit et le général Boulanger, par exemple).

La vraie « rupture », selon Sarko ne consisterait-elle pas à concentrer à l’Elysée les ministères de l’Intérieur, de la Justice, des affaires étrangères et (ressuscité) de l’Information ? Oh ! Vilain, je suis : je sombre dans un esprit de polémiste que je ne suis pas.

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Pardon à mes amis de droite (j’en ai) : je comprends mal comment on peut être à la fois « sarkozyste » et gaulliste. Nul besoin de relire les Mémoires du général (qui figurent parmi mes livres de chevet) pour voir dans ce qu’incarne Sarko la droite anti-gaulliste la plus pernicieuse

Pardon à mes amis de gauche (il m’en reste) : mes critiques de Sarko ne sont en rien des marques de soutien au « tohu-bohu » actuel du PS, un « tohu-bohu » dénoncé par celui qui l’a provoqué, Lionel Jospin qui ce matin, chez Elkabbach dit que rien ni personne ne l’arrêtera…même s’il n’est toujours pas candidat officiellement déclaré à la candidature au sein du PS….Il est des postures qui sont des impostures !

Pardon à mes amis du « centre » (central et non centriste) : je voudrais pouvoir soutenir Bayrou, mais je suis réaliste. Le système institutionnel français ne veut pas de jambon et de fromage dans le sandwich : le bi-partisme constitutionnalisé fait le jeu des extrêmes (de droite et de gauche) et condamne à la guillotine les têtes les plus représentative d’une France qui (le sondage du Parisien le prouve) est majoritairement pour une politique de l’intelligence et du bon sens, non de la « rupture » illusoire

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En fait, j’ai peur…

Cette nuit, j’ai rêvé d’un deuxième tour Sarko-Le Pen ! Quel réveil douloureux, en sueurs… Et aucun sondage n’est là, ce matin, pour me faire croire que ce cauchemar ne peut pas devenir une réalité. SOS CSA ! SOS IFOP ! SOS SOFRES ! La vraie RUPTURE serait là, en effet… Et de cette Rupture-là, je ne veux pas.

C’est d’une RENAISSANCE démocratique dont la France a besoin, pas d’une « rupture »  pour le pire. Ce pays a trop de qualités pour que ses citoyens se fassent berner par des « guides » mal inspirés ou trop inspirés par des ambitions plus personnelles que collectives. Les Présidentielles constituent une vraie chance pour cette RENAISSANCE. Encore faut-il que nous marquions une vraie RUPTURE avec nos façons de mener les débats… Des leçons de démocratie, nous avons à en recevoir, non à en donner. Cela passe par les média, bien sûr, mais pas seulement…

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ILLUSTRATIONS A VOIR >>>>

19/09/2006

A bon entendeur, salut: Le pape victime d'un faux procès...

Qui se lèvera pour réclamer aux maîtres « théocratiques » de l’IRAN (et d’ailleurs) de retirer les propos ignobles, indignes et mensongers qu’ils ne cessent de répéter et qui sont repris sur tous les médias ?

Qui se mobilisera pour que  tous les discours haineux, porteurs de violences, chargés d’un venin criminel voire génocidaire, lancés par la colonie des maîtres à ne pas penser des « foules »  de « fidèles » fassent l’objet d’excuses, de regrets, de contritions et soient effacés par l’éponge de la raison et du simple bon sens ? Qui osera protester contre ces manipulations de masses en tous genres qui ne datent pas d’aujourd’hui mais qui prennent une importance accrue avec la « mondialisation » des nouvelles technologies de communications ?

Je n’ai ni sympathie ni antipathie particulières pour le Pape qui assume son rôle de chef de l’Eglise catholique avec les compétences théologiques qui sont les siennes et des responsabilités lourdes qu’il assume avec un esprit de responsabilité admirable.

Il s’est dit « attristé » que ses propos de Ratisbonne contre les violences exercées ou prônées « au nom de Dieu » aient été mal interprétés Des regrets qui ne sont pas des excuses. Heureusement….

J’ai lu et relu ses dires et j’ai vérifié ses références. Il n’a rien dit qui puisse offenser quiconque sait ECOUTER sans faire de procès d’intention. Au-delà (avant) ce qui fait ou de fait pas la FOI, il y a la « bonne foi » qui n’a rien de métaphysique, de théologique, de mystique mais qui relève de l’honnêteté intellectuelle, de la Raison assumée d’une façon raisonnable,  du simple bon sens…

La manipulation des « masses » ne date pas d’aujourd’hui. Elle est bien antérieure à  la crucifixion du Christ  sous la pression de la foule et la lâcheté d’un « chef ».romain dépassé par les événements  et sa propre lâcheté…. René Girard éclairez-nous encore… Cette manipulation des « masses » a été pratiquée depuis longtemps par les Européens. Qui ont ainsi accompli le Pire de ce qu’ils pouvaient faire. Les «  Croisés » sont de toutes les époques et de toutes les latitudes. « Tout le monde a des cadavres dans ses placards », y compris le Vatican dans ses Caves. Mais il faut savoir, sans rétro-masochisme, en tirer les leçons…

Hitler et Staline n’étaient pas d’Orient : ce n’est pas raison pour que les « Occidents » (et les autres) acceptent des Hitler et des Staline d’Orient (ou d’ailleurs). Au nom de Dieu ou de l’Homme…De la Foi ou de la Raison…

L’essentiel, dans les déclarations du Pape, c’est l’appel au dialogue interreligieux sous le signe de la Raison. Mais le dialogue suppose (au moins) deux interlocuteurs  qui sachent  s’écouter et sortir des monologues… Les regrets, aujourd’hui, devraient être exprimés  et les excuses devraient être faîtes par celles et ceux qui n’ont écouté que ce  qu’ils (et elles) voulaient « entendre »… Les média dits « occidentaux » devraient mieux tenir compte de cet état de fait., Ils sont comme des « prisonniers volontaires » d’un vilain jeu… Comme les bâtisseurs de mosquées   financées par les pays arabes qui refusent que l’on construise des églises et des temples chez eux ! 

Ce qui est le plus choquant, dans cette affaire, c’est l’écho donné en « Occident » par ces « manifestations d’indignation et de protestation » orchestrées  de main de maître par des manipulateurs d’opinions… La mondialisation de la « doxocratie », de la dictature de Rue (au sens large du terme), de la globalisation des « manipulations de masses », de l’info- propagande  planétaire posent des interrogations  qu’on ignore trop dans les médias…

Attention DANGER ! Les maux de la guerre commencent toujours par les mots de la guerre.  

 

06/02/2006

Mieux penser l'Europe pour mieux définir les actions européennes

Les vrais ennemis ce sont les « Internationales » qui se réclament des « Nationales »…nationalistes… Celles des géôliers, celle des intolérants, celle des fanatiques, celle des « rétro-futuristes » (de ceux qui marchent vers l’avenir à reculons),  celle des « réactionnaires », celle des « révolutionnaristes », celle des « réformistes conservateurs » (qui veulent tout réformer pour rien ne change). Et bien d’autres : toutes celles qui s’alimentent de cette « soif de pureté » (comme dit Bruckner) qui provoque les actions les plus impures  ou de cette « Quête d’Absolu » qui engendre tant d’inhumanité au nom d’une humanité trop idéalisée…
Tous les extrémismes se nourrissent mutuellement et réciproquement les uns les autres, même quand ils sont officiellement antagonistes, opposés, ennemis…Cela n’a rien de nouveau. Hitler et Staline : de la dialectique, d’abord ! Vastes débats… C’est si simple d’avoir des ennemis…  
Le plus lucide des géopoliticiens, avant la chute du Mur, a sans doute été Arbatov, conseiller de Gorbatchev : « Nous allons vous faire la pire des choses : vous priver d’ennemi », avait-il lancé, lucide, aux ministres des affaires étrangères de l’Union européenne… il avait plus que raison , y compris pour les actuels Maîtres du Kremlin…
« L’ennemi extérieur », c’est ce qui soude toute communauté intérieure…. Toute l’autorité de Bush repose là-dessus… Mais il n’est pas le seul à en jouer… A Moscou, à Pékin et ailleurs, ce sont mes mêmes manques, les mêmes réflexes, les mêmes compensations, y compris dans ces « petits pays » dont il il faut jamais sous-estimé la « mégalomanie », comme le soulignaient quelques « Esprits d’Europe » épris de vérité et de justice…et de lucidité.
Que la France était « vraiment » française quand l’Allemagne et la Grande-Bretagne étaient les « ennemis héréditaires »…Le Royaume contre l’Empire ! L’Empire contre les royaumes ! Avignon contre le Vatican ! Et la bataille si décisive autour du moulin de Valmy…Bourrés au Champagne, les Prussiens : Goethe y était et l’a raconté… Rien d’héroïque dans aucun camp…
C’est François Miiterrand qui remarquait, devant le parlement européen,  que la France avait été en guerre avec tous les pays européens (sauf le Danemark pour des raisons ).  Et quand elle avait une « mission civilisatrice » sous des dehors colonialistes aujourd’hui intérieurement  condamnés d’une façon masochiste stupide…. Des excès pour compenser d’autres excès…
L’un des drames internes de l’Europe moderne, héritée de Monnet et de Schuman, tient dans ce constat : plus aucun des pays européens ne voit en l’Autre, le voisin, l’allié, le partenaire, le RIVAL, l’ennemi, l’adversaire « héréditaire », « naturel », « logique », « culturel ».
Une REVOLUTION ; Une vraie. SANS TERREUR. Et sans CONTRE-REVOLUTION… L’Europe, c’est d’abord une aventure MENTALE et CULTURELLE. D’où les oppositions qu’elle secrète…
Ce sont les rapports entre l’IDENTITE et l’ALTERITE qui sont métamorphosées. Y compris dans leurs liens intrinsèques… Pas facile à accepter pour des têtes complexées, nourries de fausses nostalgies et de vraies désillusions… Nostalgies de grandeurs du passé qui ne sont pas aussi grandes que nos imaginations veulent le croire Désillusions de rêves révolutionnaristes, millénaristes, mystiques, absolutistes, stupides…

L’Idéal ? Oui. Mais avec la Nécessité. Nous n’avons pas su dresser un vrai bilan de la construction européenne : c’est une erreur et une faute. Mieux communiquer passe par là. N’ayons ni peur, ni honte, ni mauvaise conscience… L’Europe n’est ni de Vénus, comme les stupides conseillers de Bush ont pu le dire, ni de Mars (elle l’a trop été). Entre Mars et Vénus, comme le proclame EUROPEUS, elle est d’abord REALISTE : elle veut marier « l’idéal et la nécessité ». Le mariage du courage, de la lucidité (donc du bon sens) et de l’idéalisme (non transformé en naïf et dangereux intégrisme)….

Ce n'est pas l'Union qu'il faut mieus REDEFINIR: c'est l'esprit de l'UNION qu'il importe d'approfondir.. Et ce n'est pas une simple "communication"

Daniel RIOT

24/01/2006

Pourquoi l'aversion d'une majorité de l'opinion pour le mot "libéral"?

L’un des «scandales» (un mot qu’adorait Marchais!) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot «libéral» en «gros mot», en insulte, en repoussoir. C’est aussi l’un des signes les plus inquiétant sur l’état des esprits dans nos démocraties en crise.

Je dis « crise », oui. Une crise économique et sociale c’est évident. Une crise médiatique et politique : c’est un truisme de le dire. Une crise identitaire : c’est flagrant.  Une crise de la pensée surtout. Une crise qui naît de cette « défaite d la pensée » que Finkielkraut dénonçait voilà près de vingt ans. Une crise qui se traduit bien sûr dans le vocabulaire. Par des détournements sémantiques.

Le mot "LIBERAL" notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne. Comme ses dérivé : « Libéralisation » et «Libéralisme»

Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses...Il n’est pas « honteux » de s’afficher « libéral » en Belgique, en Allemagne, en Italie. On connaît l'importance du parti libéral au Canada...Au Parlement européen il existe un groupe « libéral ». En France, l’étiquette politique « libérale » ne fait pas recette sans doute pour des raisons historiques. Le mot a été caricaturé ou détourné à la fois par ceux qui s’en sont réclamés et par ceux qui l’ont diabolisés…

 

 Piègés, les mots! A prendre «comme les ailes d’une mouche», redirait Pascal Guignard.

 

Les difficultés sont aggravées aussi par la confusion des genres : On confond trop volontiers libéralisme politique, libéralisme moral et libéralisme économique. Les trois ont des racines communes mais ils ne sont pas synonymes. Qui plus, en France surtout, on leur donne souvent des signification qu’ils n’ont pas.

 

Le libéralisme moral se fonde sur les vertus de la tolérance : ce qui ne veut pas dire qu’il se traduise par un laxisme sans borne. La tolérance suppose les limites du tolérable. Le « fais ce que veut «  de L’abbaye de Thélème du bon Rabelais  s’arrête au respect de la liberté des autres. L’Homme est un animal social. En cela le libéralisme n’est pas l’individualisme. « L’humain est un être qui n’est pas a priori indépendant; il est un être social, intégré dans cette société et c’est ce caractère "social" qui est le moteur naturel de l’interaction humaine et de la coopération volontaire. », comme l'écrit Hayek dans « Vrai et faux individualisme ». Le libéralisme est un humanisme voire un personnalisme.

 

 

Le libéralisme politique n’est pas non plus la loi de la  jungle et du plus fort. Avec dépérissement de l’Etat…. John RAWL, par exemple, n’est pas assez lu. Il n’y a pas de libéralisme politique sans droit et sans état de droit. Car c’est le droit qui donne  du sens aux valeurs qui fondent le « vivre ensemble ». Or qui dit droit dit stuctures et procédures d’arbitrage et moyens de les imposer.

 

Le libéralisme économique est plus difficile à définir puisqu’il a inspirés des doctrines différentes. Entre sa version classique qui s’est constitué en théorie aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’influence des philosophes des Lumières, principalement britanniques (John Locke, David Hume, Adam Smith) et français (Turgot, Condillac, Montesquieu) et sa version dite de l’école de Chicago de Milton Friedman, en passant par l’utilitarisme de Bentham ou les adeptes du « darwinisme social » qui déformaient déjà, à leur manière, le mot libéral…

 

Par paresse, on résume le libéralisme économique dans la croyance de l’écossais Adam Smith qui en 1776 dans sa  «  Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations » voulait  que tout se passait comme si une « main invisible » organisait les échanges et harmonisait les intérêts individuels et collectifs ou aux idées  de. David Ricardo, qui dans «  Des principes de l'économie politique et de l'impôt » (1817), avancera sa célèbre théorie du libre-échange mutuellement avantageux (théorie des avantages comparatifs) pour tous les pays participant au commerce international.

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Mais on oublie une chose essentielle : les règles d’or du libre marché définis par les pères du libéralisme ne se réduisent pas à  la suppression des entraves en tous genres. Le « Laisser faire laisser passer » n’est pas laisser faire et passer n’importe quoi n’importe comment Ces règles d’or  sont de vraies règles du jeu : transparence du marché, bonne information des acteurs, égalité des chances, obligation du meilleur rapport qualité-prix, absence de situation dominante donc monopolistique

 

Plus précisément, en termes plus théoriques, ces règles du jeu prennent soin de garantir :


 

L’atomicité des agents : aucun d’entre eux n’est assez important pour influencer le marché par son seul comportement. Ceci suppose non seulement un nombre élevé d’offreurs ou de demandeurs, mais surtout l’absence parmi eux d’un « gros » agent capable d’agir sur le marché ;

La rationalité des agents : chacun d’entre eux est caractérisé par une « fonction de satisfaction » qui exprime sa satisfaction en fonction des quantités de chaque bien qu’il possède, et son comportement se résume à chercher à maximiser cette fonction ;

L’homogénéité du produit : seul le prix permet de distinguer les produits qui ont tous des caractéristiques identiques ;

La transparence du marché : tous les prix sont connus de tous, ainsi que toutes les quantités disponibles : l’information est supposée parfaite ;

La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose ;

La mobilité des facteurs : en fonction du prix qui rémunère chaque facteur, les agents peuvent réorienter leurs capitaux ou leur travail vers les secteurs ou les activités les plus rémunérateurs.

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Cela  n’entraîne évidemment pas la suppression de l’Etat, de pouvoirs d’arbitrages, de forces de stimulation. La dénonciation de l’étatisme n’est pas la négation de l’Etat. Dans notre pays centralisé, caractérisé par un « césaro-républicanisme », comme dit Legendre, les vieux débats sur « moins d’Etat ou plus d’Etat » devraient depuis longtemps être dépassés par une question : comment faire un « mieux Etat », comme disait Edgar Pisani

 

Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un «déficit de culture économique et politique»: libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...

 

Le premier congrès de la «Gauche européenne» qui vient de se terminer par une «Déclaration d’Athènes», généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces "détournements de sens", ce "kidnapping des réalités" et les fuites qu’ils trahissent...

 

Ce qui est nommé «politiques néo-libérales» et «néo-libéralisme» désigne en fait l’ «hyper-capitalisme», ce «capitalisme financier et prédateur» qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les socialistes, humanistes, personnalistes qui ont fait ce que «l’Europe» a de meilleur en elle.

 

Nous ne le disons pas assez; Les États-Unis, par exemple, ne  sont pas une puissance «libérale», mais un empire «capitaliste». Les «néo-conservateurs» de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des «libéraux» mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes: la Chine l’illustre trop bien.

 

 

 

L’autre confusion bien entretenue en France vient du fait que l’on considère  le mot libéral comme un synonyme de conservateur. Pourtant même Hayek, penseur libéral, traçait  radicalement la différence entre les libéraux et les conservateurs: le libéral ne croit pas aux solutions collectivistes, totalitaires,  autant de « droite » que de « gauche ». « Le libéral n’impose tout simplement pas ses valeurs aux autres ».

 

Dans cette perspective, l’hyper-capitalisme qui accroît les inégalité et voit la finance devenir une fin en soi et non un moyen, cet « économisme » comme dit Jean-Claude GUILLEBAUD qui fait que l’Homme lui-même est « marchandisé » est anti-libéral. La société actuelle « d’individualisme possessif de masse » n’est pas libérale.

 

 

Il est temps de ré-apprendre que le mot «libéral» se rapporte à la Liberté et aux Libertés.

 

Liberté: un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la Liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer. Que l’on se situe à droite, à gauche ou au centre.

 

Si «J’écris ton nom: LIBERTÉ», comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots «libéral» ou «libéralisme»? Si les mots sont piègés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux «doxa» à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...

 

Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la Liberté et des libertés, de droite et de gauche.

 

L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.

 

Que la géo-finance internationale et cette «économie casino», favorisées par les nouvelles technologies, une «globalisation» mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, porte atteinte à ces mariages de la Liberté et de la Solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’est une évidence.

 

Que les «maîtres du monde» (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que l’Homme doit rester ou être mis au centre de toute activité, c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au cœur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.

 

 

Mais la diabolisation du mot « libéral » et la mode de « l’anti-libéralisme » trahissent en fait des peurs et des refus. J’en retiens trois qui sont souvent tues :

 

1)  Une peur de la LIBERTE qui rime avec RESPONSABILITE. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.

 

2) Une peur de l’économie de marché, une méfiance devant cette économie de marché qui dans un partie de l’opinion (de récentes sondages le confirment) qui est plus subie qu’applaudie, qu »on accepte avec résignation plus qu’avec conviction.

 

3) Pire peut-être la caricature du mot « libéral », en France plus qu’ailleurs, traduit un refus de la démocratie pluraliste. Le philosophe Pierre Legendre a raison de souligner que nous n’avons pas assez approfondi la question de « ceux qui démocratiquement renoncent à la démocratie ». Comme il a raison de dire qu’Hitler a été vaincu par les armes et non par les arguments ». Comme ont raison ceux qui, tel Alain Besançon, soulignent que les mirages des fausses « démocraties » dites faussement « populaires » restent dans bien des têtes qui se rassurent à peu de frais en estimant que le communisme d’Etat né du stalino-impérialisme soviétique n’est qu’un détournement d’idéal. Il suffit de voir cette semaine la levée de boucliers déclenchée par l’initiative du Conseil de l’Europe qui veut enfin condamner les crimes commis au nom du communisme…

 

 

Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du «mot Liberté», sont en fait le miroir d’un détournement du regard: ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot LIBÉRAL

 

Je finirai en citant  John Kenneth Galbraith, Economiste. Auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004. «   La philosophie libérale est profondément humaniste et optimiste, elle croit au potentiel de l’individu et aux bienfaits de la conjonction des actions humaines (…). Le libéralisme est l’antithèse de l’impérialisme, c’est l’humilité de se dire qu’on n’est pas parfait et que l'on n’a pas à imposer ses valeurs, même celles qui ont trait à la démocratie, aux autres. (…) La philosophie libérale est aussi essentiellement créatrice, axée vers l’avenir, » Autant dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, si tant est que ces distinctions aient encore un sens aujourd’hui alors que les vraies frontières séparent aujourd’hui ceux qui ont confiance en l’Homme et ceux qui basent leur comportement sur la méfiance, ceux qui ont un esprit d’ouverture et ceux qui un esprit de fermeture, ceux qui pensent que l’Homme est  authentiquement une Personne, avec tout ce que cela implique. Mais nous entrons là dans un autre débat.

 

 

Daniel RIOT
 janvier 2006

 Extrait d'une conférence-débat donnée  dans les Tribunes et Débats de L’UNGE (L'union nationale des Géomètres experts) Péniche Alysé, Paris (12ième)

14/12/2005

René Girard à l'Académie: Pour surmonter la défaite de la pensée...

medium_rene_girard.jpgCELUI PAR QUI L'INTELLIGENCE ARRIVE....Il est de moments de bonheur intellectuel dont il faut savoir jouir. Soyons clair: René Girard reçu ce jeudi à L'Académie française est un vrai bonheur! Puisse cette cérémonie inciter le maximum de gens à se plonger ou replonger dans les oeuvres de ce philosophe qui est l'un des esprit les mieux faits de ce temps.

Je ne résiste pas au plaisir de publier cette bibliographie qui compte nombre d'ouvrages qui font partie de mes nourritures quotidiennes, surtout en cette époque de début de siècle qui est surtout surout la fin d'une ère, dans cette période où plus que jamis (technologie médiatique exige!), nous sommes de plus en plus écartelés entre "mensonges romantiques et vérités romanesques", plongés dans la quête du bouc-émissaire, prisonniers de ce "mimétisme de masse" qui a tant fait de ravages au XX ième siècle etqui peut en faire encore.

Si seulement Satan tombait comme l'éclair! René Girard appartient à ce type de philosophes rares dont la lumière nous éclaire.Peut-être parce qu'il est aux antipodes des nihilistes si en mode, des nostalgiques de Sartre, des obsédés de Heidegger, des facinés de Nietzsche.Et des complices de tous les totalitarismes, des durs comme des insidieux, celui, si actuel,  de "l'individualisme de masse" qui est si en vogue actuellement et aboutit à une "massification des individus"...

Avec la croyance en Dieu ou non, Girard inscrit ses recherches et réflexions dans une perspective "personnaliste".L'Homme est un animal pensant porteur d'un sens de la transcendance. C'est l'Académie qui se grandir en l'accueillant.

1961 Mensonge romantique et vérité romanesque  (Grasset)
1962 Proust : A Collection of Critical Essays  (Prentice-Hall)
1963 Dostoievski : du double à l'unité  (Plon)
1972 La Violence et le Sacré (Prix de l'Académie française)  (Grasset)
1976 Critique dans un souterrain  (Grasset)
1978 To Double Business Bound : Essays on Literature, Mimesis and Anthropology  (The Johns Hopkins University Press)
1978 Des choses cachées depuis la fondation du monde  (Grasset)
1982 Le Bouc émissaire  (Grasset)
1985 La Route antique des hommes pervers  (Grasset)
1990 Shakespeare, les feux de l'envie (Prix Médicis de l'essai)  (Grasset)
1994 Quand ces choses commenceront  (Arléa)
1999 Je vois Satan tomber comme l'éclair  (Grasset)
2001 Celui par qui le scandale arrive  (Desclée de Brouwer)
2002 La Voix méconnue du réel, une théorie des mythes archaïques et modernes  (Grasset)
2004 Les Origines de la culture  (Desclée de Brouwer)

Sa vie:

Né le 25 décembre 1923, en Avignon (Vaucluse). Son père était conservateur de la bibliothèque et du musée Calvet, puis du palais des Papes. Archiviste-paléographe et docteur d’Indiana University. Enseigne aux États-Unis dans diverses universités dont Johns Hopkins et Stanford. Guggenheim Fellow (1960, 1967), prix de la Modern Language Association (1965), docteur honoris causa des universités d’Amsterdam, Innsbruck, Anvers, Padoue, Montréal, et de St. Mary’s University and Seminary (Baltimore). Ses recherches portent essentiellement sur la diversité et l’unité des religions. Elles sont traduites dans de nombreuses langues.
René GIRARD sur AMAZON >>>>>>>>>

12/11/2005

Enfants en danger: Des mesures urgentes à prendre

Voir l'article de Josiane Bigot sur DpJ >>>>>>>>>>>

09/10/2005

L'Allemagne sera gouvernée au centre...

Ce soir sommet SPD/CDU-CSU:  la fin de trois semaines de supense? Mon commentaire sur RELATIO >>>>>>>>

03/10/2005

L'imbroglio turc: Quelle sera l'Union européenne dans dix ou quinze ans?

Voir mon commentaire sur RELATIO >>>>>

01/10/2005

Les racines du NON français

Le NON préprogrammé depuis le 21 avril 2002?>>>>>

VOIR LE SITE de la Fondation Jean-Jaurès >>>>>>>>>>>>

28/08/2005

"Le trop plein de vide" des "Européens menacés de lassitude"

Bonjour, c'est la rentrée...même pour celles et ceux qui ne sont pas partis. "Vacances":drole de mot..."Vacant", c'est vide...Qui disait que nous vivions dans une ère du "pain, des jeux  et du vide"? Un mauvais esprit sans doute. En fait, c'est Karel Kosik, lauteur de "la crise des temps modernes.Dialectique de la morale". Kosik, c'est l'un  des écrivains de "l'Est" que j'ai (re)découvert grâce à un excellent ouvrage d'Alexandra Laignel-Lavastine qui m'a bien occupé le mois d'aoû:"Esprits d'Europe.Autour de Czeslaw Milosz, Jan Patocka, Istvan Bibo" (calmann-levy).

Voilà un livre que tout le monde aurait dû lire avant le référendum sur l'Europe.Les cocus du NON et les Floués du OUI y auraient trouvé matière à réflexions....pour qu'ensemble nous sortions de cette ère "d'autosuppression de l'Europe" comme disait Patocka en lançant:"La trahision ne sauve rien.Elle achève de touot perdre". C'est avec l'esprit des "dissidents" qu'il nous faut renouer pour sortir de cette Krisis européenne qui provient plus des conséquences d'un élargissement non présenté comme un enrichissement et d'une crise des pensées politiques et économico-sociales que du contenu même du projet de Constitution pour l'Union...

L'idée des "Etats généraux" de l'Europe s'impose de plus en plus, mais elle doit s'appuyer sur des réflexions vsant à "penser l'Europe".Rien de nouveau sous le soleil.On en revient à Husserl en 1935:"Ou l'Europe sombrera dans la haine de l'esprit, ou elle renaîtra de l'esprit de philosophie".... Cela présuppose que nous sortions de cette "lassitude" qui selon Husserl déjà était décrite comme "le plus grand péril qui menace l'Europe". (dessin de Tomi Ungerer)

01/02/2005

Le Boche et l’ami allemand (III)

III) Le mystère franco-allemand...

"L'esprit winstub" devrait rester très utile pour l'avenir Parce que la "winstub", c'est aussi le lieu des explications franches, des discours directs, des mises à plat. Or, Français et Allemands, pour progresser sur le même chemin de l'unité européenne doivent sans aucun doute approfondir le pourquoi et le comment de quelques divergences. Certains mots restent difficilement traduisibles.

Certains concepts passent toujours difficilement le Rhin. Il faut dire que malgré l'élan fantastique donné par De Gaulle et Adenauer à la réconciliation puis à la coopération franco-allemande, les deux peuples se connaissent encore mal. Tous les stéréotypes et les préjugés n'ont pas été vaincus. Pesanteur des mémoires collectives si sélectives. Lourdeur du passé. Diversité des réalités actuelles. Et antagonisme des intérêts.

D'ailleurs, il y a un vrai mystère franco-allemand. Une affaire de tempérament ? Peut-être une affaire de langue, d'abord. De bouches et d'oreilles, plus exactement. L'Allemagne n'a-t-elle pas enfanté nombre de grands musiciens parce que la langue allemande n'est guère musicale ? Il y a goût français et goût allemand... Mme de Staël le soulignait dans son "De l'Allemagne" en 1913 : en allemand "le sens n'est ordinairement compris qu'à la fin de la phrase". La langue allemande est donc sans doute plus civile, moins "piquante", moins "claire" et moins "rapide". Peut-être. Cela n'explique pas l'ampleur, la force et le nombre des préjugés.

Pourtant, nous avons connu des époques riches en échanges. Frédéric II le Grand, roi de Prusse, ne parlait que français. Sa cour était d'abord française. Pendant la campagne d'Egypte, Bonaparte relisait "Les Souffrances du jeune Werther". De chaque côté du Rhin, on admire les talents et les génies respectifs. Mais, les programmateurs d'ARTE ont été condamnés à l'apprendre : il y reste des différences très profondes entre l'imaginaire français et l'imaginaire allemand. Une affaire de climat dirait Montesquieu. De sensibilité géophilosophique, aussi. Et de stéréotypes.

Ce que les Français ignorent trop, c'est que l'Allemagne - et les Allemands - ont changé considérablement ces dernières années. Daniel Cohn-Bendit ne manque jamais une occasion de le souligner avec force (et raison). "C'est sans doute la société qui a le plus évolué, qui est organisée de la façon la plus fédérative et décentralisée, donc la plus démocratique. La société allemande aujourd'hui est beaucoup plus libérale, beaucoup plus ouverte que la société française alors qu'il y a trente ou quarante ans on saluait encore en claquant des talons [7]."

Ces évolutions ne sont d'ailleurs pas toutes positives. L'Allemagne où tout est propre et net, bien organisé, crédible et fiable, c'est fini. Surfaite, la bonne réputation allemande... En fait, il y a eu trois grandes révolutions.

• Celle des voyages et des vacances à l'étranger. Le niveau de vie des années du miracle et l'aptitude d'apprendre des langues étrangères y est pour beaucoup.

• Celle de la table. "Aujourd'hui on mange des courgettes, des aubergines, des tomates, des pâtes italiennes et on boit du vin français ! Ce Marché Commun a fait la révolution dans nos assiettes", sourit Cohn-Bendit.

•Celle du trouble des têtes. "Que l'Allemagne, pays de Goethe, de Beethoven, de Kant et de Hegel ait pu être libéré par des cow-boys mâchant du chewing-gum, a quelque chose à la fois de fascinant et d'insupportable. Cela a marqué profondément l'inconscient de la société allemande. Nous n'avons pas encore réglé nos problèmes avec l'Oncle Sam libérateur", confie Daniel Cohn-Bendit.

Cette triple révolution s'accompagne d'autres évolutions en profondeur. Les Français mesurent très mal l'importance des conséquences de trois grands phénomènes.

1. La réunification a relancé le trouble sur l'identité allemande. Nietzsche le constatait déjà : "La nature profonde de l'Allemagne est de se demander sans cesse : "Qu'est-ce qu'être allemand ? ». Les débats personnels sur la nationalité (du sang ou du sol) ne sont que l'illustration de l'extrême fractionnement du corpus national germanique. Un fractionnement accru par les phénomènes démographiques de la dernière décennie : une immigration très nettement plus importante qu'en France ; le retour d'Allemands "de sang" de Russie, d'Ukraine de Roumanie ou d'ailleurs ; les clivages entre les Allemands de l'Ouest et ceux de l'Est. Sait-on que 13% de la population allemande est en fait "étrangère" ? A coté du mythe de la "France terre d'accueil", on trouve la réalité d'une Allemagne ouverte, en dépit des mesures restrictives prises depuis 1993. 2 200 000 arrivées de "gens d'ailleurs" par an : le double de l'immigration légale en France actuellement.

Entre 1945 et 1950, l'Allemagne accueille 12 millions de rapatriés d'Europe centrale (20% de sa population) : des problèmes plus amples que ceux posés par les deux millions de Français rapatriés d'Algérie (4% de la population de la France).

De 1950 à 1990, l'Allemagne a accueilli deux fois plus d'immigrés que la France - la moitié de toute l'immigration dans l'Union Européenne.

Ces dix dernières années, "l'Allemagne a accueilli 7 millions d'immigrés, légaux ou non, contre un million en France. Jusqu'en 1994, l'Allemagne a reçu chaque année l'équivalent d'environ 1% de sa population : où en serait la cote de Jean-Marie Le Pen si la France voyait s'installer non pas 100 000 mais 600 000 immigrés par an ?" [8]. En Allemagne, l'asile politique est une obligation constitutionnelle et pas seulement une générosité plus proclamée qu'effective [9]. L'Allemagne connaît un flux d'immigration inconnu ailleurs.

2. Le coût de la réunification entraîne une crise du fédéralisme. Les Länder riches ne veulent plus payer pour les politiques de solidarité du pouvoir central et pour les gens de l'Est. Il est vrai que l'alourdissement des prélèvements obligatoires pour les nouveaux Länder a représenté 2,6% du PIB du Bade-Wurtenberg et 4% de celui de la Bavière. Trop c'est trop. Cet "égoïsme local" très logique joue également sur le plan européen. "Ras le bol de payer pour le Sud"... ou pour les paysans français. L'expression "travailler pour le roi de Prusse" a trouvé sa version allemande... à l'envers.

3. La crise de l'économie sociale de marché est venue comme une remise en cause existentielle, d'autant plus que l'Allemagne moderne est un système économique avant d'être une entité politique. Dans ce contexte, l'abandon du DM en faveur de l'euro a encore une portée symbolique que les Français peuvent difficilement comprendre. Il faut réellement ignorer les réalités allemandes - ou les juger à travers des fantasmes personnels - pour dénoncer l'arrogance monétaire ou l'impérialisme économique germanique . Les Allemands éprouvent les pires difficultés pour réformer un système trop rigide, libérer des pesanteurs bureaucratiques une économie plus subventionnées et plus protégée que la française... L'Allemagne libérale face à une France étatiste ? C'est le choc de deux mythes, le heurt de deux contre-vérités. En fait, les deux pays ont les mêmes problèmes à résoudre et les mêmes défis à résoudre - c'est d'ailleurs une vraie chance pour l'Europe si on sait tirer toutes les leçons de ce constat à Paris et à Berlin.

Ces convergences renforceront-elles l'ancrage européen de l'Allemagne ? Oui, à deux nuances prés :

• A Munich notamment, se développe ce qu'Alexandre Adler appelle justement un "national-mondialisme". Le fédéralisme allemand est dépassé ; l'Union Européenne est trop petite : seul importe la Bavière dans le monde. Désintégrée l'Allemagne ; dépassée l'Europe ! Le nouveau "modèle bavarois" commence à fasciner une partie des droites européennes : un conservatisme local mal assumé et un internationalisme libéral cultivé.

• Globalement, l'opinion publique allemande est saisie par ce que l'on peut appeler la "tentation helvétique". Ceux qui sont hantés par "l'impérialisme allemand" devraient trouver dans cette évolution l'apaisement de leurs peurs.

Les Allemands n'ont vraiment plus envie de dominer le continent, d'une façon ou d'une autre. Ils veulent défendre leurs intérêts, c'est évident. Mais ils aspirent à une "normalité quotidienne". "Mitteleuropa, c'est fini ! Il n'y a plus de colosse allemand" note Dieter Wild, directeur adjoint de la rédaction du Spiegel .

On comprend mal outre-Rhin le besoin de grandeur (donc d'activisme diplomatique) de la France (donc de l'Europe). On comprend mal surtout le pourquoi des procès d'arrière-pensées sans cesse nourris en France, le besoin qu'ont certains dirigeants français d'alimenter les peurs et les craintes. La Bundesbank n'a jamais été l'état-major de Bismarck.

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"L'Allemagne, note justement Alexandre Adler a un chiffre secret. C'est de porter comme à regret de fardeau gréco-romain de l'empire universel de Rome que d'habiles prélats italiens lui ont remis en gage comme malgré elle, alors que la volonté profonde serait plutôt d'oublier les Hohenstaufen, les Habsbourg, les Marx-Engels et les Reich successifs et éphémères pour se retrouver un jour chez elentre Rhin et Oder, à contempler les aquarelles de Caspar David Friedrich, abandonner enfin - comme le dernier Thomas Mann - la gravité dodécaphonique du Docteur Faustus pour s'incarner joyeusement dans le chevalier d'industrie Félix Krull ?" C'est peut-être caricatural mais ce n'est pas faux.

Cette "tentation helvétique" a une retombée négative sur la politique européenne ; l'Allemagne ne rejoint-elle pas ainsi les pays neutres ou scandinaves, voire les Anglo-saxons : une "Europe-espace", oui, une "Europe-puissance", non. Que chaque "canton" du Continent s'occupe de ses oignons ! A quoi bon des "politique communautaires" et des "responsabilités mondiales" ? Après avoir eu peur d’une Allemagne militariste, voici la peur d’une Allemagne neutraliste. Que ferons les Français quand ils n’aurons plus peur de l’Allemagne ? Peur d’eux-mêmes peut-être…

Cette "tentation helvétique" s'explique très facilement en raison des deux traumatismes complémentaires que l'Allemagne réunifiée doit assumer. C'est d'autant plus vrai que les Allemands ont su, mieux que tous les autres, souvent dans la douleur, se regarder tels qu'ils sont, analyser honnêtement leur passé, tirer les leçons des quatre grands malheurs qu'ils ont connu : le nationalisme exacerbé, le nazisme, la dictature communiste, la division haineuse.

L'âme allemande demeure fractionnée. "Deux âmes, hélas, habitent ma poitrine", soupirait déjà Schiller . « Ce peuple reste très romantique », disait de Gaulle. A l'Ouest, le passé ne passe toujours pas. A l'Est, c'est le présent qui pèse.
Les Français face aux phénomènes de la collaboration avec le nazisme, de l'attraction fasciste, de la fascination raciste et sectaire une attitude fondée sur l'arrangement, l'art de savoir "mettre le couvercle", "refermer la marmite"... D’où, d’ailleurs, en partie, la folie raciste, antisémite et arbophobe qu’elle connaît aujourd’hui…

Les Allemands ont le mérite de l'honnêteté intellectuelle, de l'examen de conscience. Mais les Allemands de l'Est ont un double problème qui explique leur dépression collective : ils doivent se dédouaner simultanément du nazisme et du stalinisme. Or le Communisme les avait blanchis artificiellement du premier... et les slogans antifascistes les avaient fait adhérer au second.

Force symbolique de Weimar, la ville de Goethe, capitale culturelle de l'Europe en 1999, située à huit kilomètres du camps de Buchenwald ! Puissance empoisonnée des dossiers de la Stasi ! 180 kilomètres ; 34 millions de fiches : qui n'a pas trahi quelqu'un ? La Stasi comptait 300 000 collaborateurs pour 16 millions d'habitants et un réseau d'informateurs qui se glissaient dans les familles ou les cercles d'amis. Personne n'échappe à la remise en cause.
L'Allemagne reste un vrai "chaudron de sorcière" pour reprendre une expression de Christa Wolf. Pour oublier, il faut se souvenir. L'odeur nauséabonde du passé s'accroche d'autant plus que les réalités présentes de la vie quotidienne n'incitent ni à la joie, ni à l'optimisme. Tout est source de culpabilisation, y compris une inévitable mais certaine... nostalgie. Rien n'incite aux grands desseins, pas même cette "dernière utopie" qu'on appelle Europe.

L'un des problèmes allemands, dans ces perspectives, c'est de ne pas toujours être compris par les Français. Pour reprendre une expression de Lucas Delattre : "l'Allemagne pense comme la France, mais elle aimerait aussi que la France pense comme l'Allemagne". Le "Bonheur allemand" n'est plus dans les grands desseins.

Pourtant la construction européenne exige l'énergie et l'imagination des "grands desseins". L'heure d'un nouveau "bond en avant" [16] doit sonner.

30/01/2005

Le Boche et l’ami allemand (II)

Sacré Charlemagne ! Le serment de Strasbourg….

Sacré Charlemagne ! Est-ce à lui qu'il faut remonter ? N'aurait-il pas dû être notre père à tous ? N'était-il pas le premier Européen ? Son bel Empire couvrait une bonne partie du "petit cap d'Asie" - sans nos amis britanniques, il est vrai. "Vicissitudes de l'Histoire" redirait De Gaulle... Problème de famille. Ou plutôt de succession. Louis-le-Pieux a tout gâché. Ses trois enfants ont tout gaspillé. Envolé, l'héritage ! Piégé, l'avenir...

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Nous voici en 842, à Strasbourg. Pour un "serment" doublement historique. Louis et Charles s'unissent contre Lothar. En langue romane et en haut-allemand. Deux langues ? Oui. Deux peuples ? Ce n'est pas aussi simple... En tous cas, Joseph Rovan a raison. C'est de ce printemps 842 que date le début des grandes relations franco-allemandes. Drôles de relations ! Faussées d'entrée par la géographie, l'histoire et la démographie. Strasbourg 842 annonce Verdun 843. Les lieux comptent et racontent.

Les Francs deviendront vite les Français. Une nation ? Davantage. Un Etat-nation. Grâce à Clovis, un Belge. Grâce à Richelieu et à une centralisation précoce et très forte. Les Germains, chers cousins, devront attendre Bismarck... pour trouver leur unité nationale. Une Kultur-notion. Quel décalage ! Comment cet écart-là ne laisserait-il pas des traces ?

Les Français qui aujourd'hui encore affichent une réelle peur de l'Allemagne ont une mémoire bien sélective... "L'ennemi héréditaire", pendant des siècles, ce n'était pas l'Allemand pour le Français : c'était le Français pour l'Allemand. Pour cause...

C'est le sol allemand qui, longtemps, fut le champ de bataille privilégié. L'impérialisme, l'hégémonisme, l'esprit de domination ont été longtemps plus français que germanique. En quatre siècles ; 19 des 23 guerres franco-allemandes se déroulèrent exclusivement sur le territoire germain.

La guerre de Trente Ans ? Entre 1618 et 1648, l'Allemagne s'est vidée de sa population. De 20 à 7 millions : les deux tiers de perdus ! Ce sont les huguenots français qui repeupleront Berlin...

Le Traité de Westphalie, en 1648, est un modèle de chef d'œuvre d'une diplomatie d'arrière-pensées ! Le couronnement d'efforts constants pour contrôler "la puissance germanique". L'un des "fils rouges" essentiels de l'histoire de l'Europe, de François 1er... à François Mitterrand, c'est-à-dire jusqu'à l'acceptation de la réunification allemande sous la cape de l'unité européenne... Par le Traité de Westphalie, la France s'arrogeait même un droit de regard sur le "devenir allemand". Ingérence.

Après Louis XIV, il y a eu... Napoléon. Bonaparte était encore supportable. Le souffle de la liberté, des idées révolutionnaires d'émancipation, le code civil, une modernisation administrative... Mais Napoléon ! On comprend que Beethoven ait débaptisé sa Symphonie Héroïque quatre ans après l'avoir écrite en l'honneur de l'Empereur !

C'est, en fait, Napoléon qui, à coups de bottes et de sabres, a suscité le vrai "nationalisme allemand". Le "Discours à la Nation allemande" de Fichte, recteur de l'université de Berlin, date de 1807. Il est le fruit d'une résistance à l'hégémonie française, donc aux valeurs incarnées par les "impérialistes" de Paris : la raison, l'individualisme. Mystique du sol et du sang. Triomphe du "Volk". Le romantisme fera le reste... Avec les suites que l'on connaît. Une révolution territoriale et culturelle.

Un retour des choses, logique : c'est à Leipzig en 1813 que l'empire napoléonien commença à s'effondrer. Les Allemands en 1815 seront dans le camp des vainqueurs. Avec quelques belles rancunes et rancœurs.

Ce n'est pas un hasard si en 1871, le Reich est proclamé dans cette galerie de Versailles dont Louis XIV "dans sa vanité avait fait le temple de sa propre grandeur". Plus qu'un symbole : une vengeance. L'Histoire remettait d'autant mieux les pendules à l'heure qu'en 1870 c'est la France qui avait déclaré la guerre à la Prusse d'un "cœur léger" pour ce que Thiers lui-même appelait un "détail de forme" (la dépêche d'Ems).

Humiliée, la France ! Envahie, amputée, meurtrie. "L'année terrible". 140 000 soldats tués, 400 000 civils morts, l'Alsace et la Lorraine perdues : la ligne bleue des Vosges devient la crête de la haine et le front de la peur. "L'ennemi héréditaire" devient l'Allemagne pour les Français. La guerre-boucherie de 14-18 et l'imbécile Traité de Versailles ne résoudront rien. Faut-il en rappeler la "facture" ? 1 400 000 morts, 3 millions de blessés en France, 2 300 000 morts en Allemagne. Et la suite... L'horrible suite. Malgré les "plus jamais ça" ! Malgré Aristide Briand et Streseman. C'est le siècle de la folie collective.

Heureusement, le XXe siècle restera aussi dans les livres d'histoire avec d'autres images : celles du Général De Gaulle et d'Adenauer à la cathédrale de Reims ; celles de Mitterrand et du Chancelier Kohl, main dans la main, à Verdun, celle de Chirac et de Schroeder à Caen pour le cinquntième anniversaire du débarquement... La réconciliation franco-allemande est le vrai tournant du XXieme siècle et la grande promesse u XXI ième. Plus qu'un événement : un mouvement de bascule de l'Histoire et un signe d'espérance. Il n'y a aucune fatalité de la guerre...

Fêté pour son Prix Nobel de la Paix, John Hume, eurodéputé irlandais, déclarait en novembre 1998 devant le Parlement Européen à Strasbourg, "C'est sur le pont du Rhin qu'une pensée a jailli : si la paix a été possible ici, elle sera possible partout."

Que fait Gerhard Schröder dès son élection en 1998 à la chancellerie ? Il fait le voyage de Paris. Pour rencontrer Chirac et voir Jospin - cohabitation française oblige... Ce n'est même plus une information : l'événement eût été dans une absence de déplacement, dans une non-visite. Ce n'est qu'une tradition - de bon voisinage, de partenariat. Qu'avait fait Kohl en 1882, dès son investiture ? Il avait volé vers Paris. Qu'avait fait Chirac dès son installation à l'Elysée en 1994 ? Il avait dîné avec Kohl, à Strasbourg. Cordialement. Chez son amie Yvonne, la reine des "winstubs", une de ces tavernes strasbourgeoises où l'on se retrouve entre amis, autour d'un bon verre et quelques cochonnailles, pour mieux se connaître (s'apprécier) et, éventuellement, refaire le monde - ou, très sérieusement - construire l'Europe.

"L'esprit winstub", c'est l'Europe rhénane, dans ce qu'elle a de plus chaleureux. De plus latin. De plus extraverti. C'est l'Europe du cœur et des tripes. De l'esprit et de l'estomac. L'Europe des gens. Sans protocole guindé et hypocrite. Sans artifice. L'anti-technocratie. L'anti-formalisme. L'Europe concrète, du contact.

Schröder n'est pas Rhénan. Il est du Nord. De l'Allemagne tournée davantage vers le monde anglo-saxon que vers la ligne (bleue) des Vosges, ou vers la liaison Rhin-Main-Danube. Politiquement, on le dit, sans le connaître plus proche des travaillistes de Tony Blair que des socialistes de Lionel Jospin. Humainement, trouvera-t-il des "atomes crochus" avec Jacques Chirac ? "Un vrai partenaire" dira-t-il très vite. "Un vrai social démocrate"...

Jacques Chirac, lui, n'en est pas à une "cohabitation" près : onze des quinze pays de l'Union ne sont-ils pas (provisoirement, bien sûr) socialisant en 1999 ? Vivre, c'est "vivre avec"... En bonne intelligence, si possible. D'ailleurs dans cette "Europe rose" (et verte), Jacques Chirac ne sera pas forcément mal à l'aise.

Le gaullisme n'est pas le libéralisme : l'économie a une finalité sociale - et "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille". Une belle phrase que tous les Européens devraient reprendre en slogan ! Le gaullisme n'est pas la résignation face aux événements, mais l'art de se donner les moyens de maîtriser les choses, donc l'avenir.

Le gaullisme, dans les incertitudes européennes de ce début de siècle, peut même constituer un message très progressiste : le refus de la soumission au marché ; la volonté de réaffirmer le poids du politique sur l'économique ; la recherche d'une "Europe européenne" dans une mondialisation trop marquée par une américanisation outrancière ; l'engagement en faveur de politiques européennes concrètes : la réinvention d'une planification à la française - conçue par De Gaulle et Jean Monnet ! - qui pourrait servir de modèle à une Europe toujours en quête de méthodes pour anticiper l'avenir.

Le gaullisme, c'est aussi - encore et toujours - la réconciliation franco-allemande. Alors Schröder pourquoi pas ? D'ailleurs avec Helmut Kohl - sacré, comme Monnet, "citoyen d'honneur de l'Union Européenne" - tout n'allait pas toujours pour le mieux, malgré "l'esprit winstub". Tous les malentendus personnels n'avaient pas été dissipés...

Jacques Chirac tenait rigueur au Chancelier d'avoir tenu un discours un peu ambigu à l'occasion du cinquantième anniversaire de la défaite du nazisme. "Nous sommes aujourd'hui les numéros un en Europe. Ce n'est pas la peine de le crier trop fort. D'ailleurs tous nos partenaires le savent..." Qu'est-ce à dire ? L'Allemagne, qui n'est plus un nain politique, masquerait-elle ses tendances hégémoniques sur le continent derrière un européanisme de façade ? Renouerait-elle avec la tentation du "Sonderweg", du "chemin particulier" ?

Le Chancelier Kohl, lui aussi, avait la mémoire encombrée... Il n'avait pas oublié le jeune Chirac, fougueux avocat des agriculteurs français, à qui un ministre allemand de l'agriculture conseille, en plein Conseil des ministres... daller voir un psychiatre ! Il n'avait pas oublié non plus le trop célèbre "appel de Cochin" et sa dénonciation du "parti de l'étranger". Anti-européen, Chirac ? Mais non. Il a fait ratifié l'Acte Unique. Il a fait campagne pour Maastricht (contre Seguin et Pasqua). Il s'est prononcé pour la monnaie unique. Et il veut une défense européenne et une Europe politique. Avant de rencontrer Kohl à Strasbourg, n'était-il pas allé rendre visite à Hänsch, le Président du Parlement Européen ? Plus qu'un geste de courtoisie : un symbole. Un engagement.

Mais "l'esprit winstub" ne résout pas tout... Chirac et Kohl : chacun, sans doute, attendait trop de l'autre. Politiquement et diplomatiquement. Chacun a été déçu : c'est logique. Kohl attendait un soutien plus fort de Chirac - des gages politiques plus grands - pour mieux faire passer la dilution du deutsch mark dans l'euro. Chirac attendait de Kohl plus de soutien dans les préoccupations sociales (anti-chômage) de la politique européenne et davantage d'arguments pour atténuer l'euroscepticisme qui caractérise trop une partie de sa majorité.

Les rivalités franco-germaniques dans les conquêtes des marchés de l'Est n’ont pas facilité les choses. Les divergences entre Paris et Bonn sur les dossiers de l'ex-Yougoslavie, encore moins. Kohl, lui, n'avait sans doute pas fait totalement son deuil de sa véritable ambition : avec Mitterrand, il voulait rendre "irréversible" la construction européenne. Cela n'a pas pu être fait. La faible consistance du Traité d'Amsterdam est d'abord un échec franco-allemand. Mais ce petit passage à vide n'enlève rien à l'essentiel. Le couple France-Allemagne, c'est le vrai "miracle européen" du dernier demi-siècle. Une belle victoire, de chacun sur soi-même et un joli triomphe du réalisme.

Nous l’avons vu : Schuman et Adenauer avaient ouvert la voie. Solidarité démocrate-chrétienne et vision européenne commune. Le chancelier allemand a pu instruire son action dans la durée mais le président du Conseil a été freiné dans ses élans par l'instabilité politique de la IVe République.

Le début des années 50 n'a pas été de tout repos : problème de la Sarre, échec de la Communauté Européenne de Défense, subtilité perverse de la diplomatie britannique, campagnes françaises contre "le réarmement allemand"... Adenauer et Mendès-France, par exemple, n'ont jamais réussi à bien se comprendre. Une affaire de tempérament, sans doute. Trop de non-dits, surtout. Pourtant les deux hommes se sont vus beaucoup après l’échec de la CED.

Il y a d'ailleurs eu d'autres périodes difficiles. De Gaulle, les « noces » rémoises mises à part, n’a jamais beaucoup apprécié Ehrardt, jugé trop "arrogant" - et trop libéral. Pompidou et Brandt n'ont jamais réussi à se trouver des atomes crochus. Mais dans l'ensemble, tout s'est plutôt très bien passé. En dépit des oppositions politiques.

Giscard d'Estaing, le libéral, et Helmut Schmidt, le socialiste, sont devenus se vrais complices. François Mitterrand et Helmut Kohl ont réussi à nouer des relations qui ont permis de surmonter des divergences fantastiques. Sur la réunification allemande, par exemple. Ou sur la reconnaissance de la Croatie. "La véritable amitié, dit Kohl, ce n'est pas d'être d'accord sur tout. C'est de pouvoir surmonter ses divergences et ses désaccords avec intelligence". Sans susceptibilité mal placée. Sans mouvement d'humeur déplacé. Sans arrière-pensées indignes.


(A SUIVRE)

Le Boche et l'Ami allemand (I)

Le Boche et l’ami allemand

Tiens, tiens...Les relations franco-allemandes n'ont pas fait la Une de l'actualite depuis longtemps. Un bon signe? On parle peu de ce qui fonctionne bien. Un peu. Mais il est possible aussi que ce silence révèle comme une stagnation, l'absecnce de progrès nouveau dans une coopération qui est loin d'avoir atteint tous ses buts. Le point, en plusieurs épisodes, sur hier, aujourd'hui et demain. Petite radiographie de relations qui restent la collonne vertébrale de l'Union européenne

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I) "Devenir des frères"

« Les Français et les Allemands doivent devenir des frères. La fraternité des deux peuples doit devenir quelque chose d’élémentaire (…) Il est clair que nos intérêts se rencontrent et se rencontreront de plus en plus. Elle a besoin de nous autant que nous avons besoin d’elle ».

Ce n’est pas Robert Schuman, celui que l’on traitait de « Boche », à l’Assemblée nationale, qui parle : c’est le général de Gaulle, l’homme qui avait combattu la CECA, tuer dans l’oeuf la CED, condamné la construction d’une Europe fédérale, ces « billevesées », cette « chimère » et combattu la reconnaissance d’une Allemagne « traitée à égalité », donc tout ce pourquoi Adenauer s’était battu…

La vie est mouvement, heureusement. Et les « grands hommes » savent rester eux-mêmes en se métamorphosant. En l’occurrence, ce n’est pas Adenauer qui s’en plaindra. Schuman non plus : cette réconcliation franco-allemande qui , bientôt va se trduir par le tritéde l’Elysée, c’est aussi sa victoire. La dernière victoire qu’il ait remporté, vivant.

En l’occurrence, de Gaulle renoue avec ce qu’il pensait depuis longtemps : « L’Allemagne n’est pas l’ennemi héréditaire des la France », le Rhin ne doit plus etre une frontière, mais l’artère vitale de l’Europe. Charlemagne ressuscité, presque…

Nous sommes le 27 juin 1962 : le général, dans le salon doré de l’Elysée, tient à s’assurer que la visite officielle que doit faire Adenauer en France sera bien « comprise par la presse » et se déroulera du mieux possible. Il veille à tout, personnellement, y compris aux roses de la chambre du Chancelier, et à la grand croix de la Légion d’honneur qu’il lui dédernera .

« Ce voyage est capital(…) pour lui, nous faisons le grand jeu. Une visite d’Etat comme s’il était président de la République (…) Personne ne peut mieux que lui me serrer la main. Mais personne ne peut mieux que moi la lui tendre. Parce que j’ai été pour eux un adversaire implacable pendant la guerre, c’est de moi qu’ils attendent l’absolution de leurs crimes de guerre (…) L’essentiel c’est que les deux peuples exorcisent les démons du passé et qu’ils comprennent maintenant qu’ils doivent s’unir pour toujours »…
Le 6 juillet, de Gaulle et Adenauer se retrouvent à Mormelon, au cœur de cette Champagne qui a tant souffert. Ils passent les troupes en revue : après la 11ième division légère d’infanterie française, les Panzer-grenadiers de la 13ième brigade de Wetzlar. Dix-sept ans après la guerre. Ce défilé soulèvera moins de polémiques que celui des Allemands de l’Eurocorps le 14 juillet 1994, 50 ans après la Libération, note Alain Peyrefitte…

Puis c’est la messe solennelle dans la cathédrale de Reims, si chargée d’Histoire, presque complètement détruite par les Allemands. « Reims, évidemment… », avait dit le général. « Reims, ville martyre de la première guerre mondiale. Ville qui a reçu la réédition de l’armée allemande à la fin de la Seconde. Dans cette cathédrale où étaient sacrés nos rois, où Jeanne d’Arc est venue pour couronner ce pauvre Charles VII. Ces lieux où a été baptisé Clovis, et où l’on opeut dire que la France aussi a été baptisée »



De Gaulle et Adenauer sont cote à cote, dans le chœur. Mgr Marty célèbre l’office, assisté de deux prêtres, l’un avait été prisonnier, l’autre déporté. Adenauer communie, de Gaulle, chef d’un état laïc, non. Un Alléluia de Haendel retentit quand les deux hommes redescendent la nef, comme pour un mariage …

Tant pis si , à Paris, le peuple « avait montré peu d’empressement » pour accueillir le Chancelier, des cris et des banderoles avaient dénoncé « le militarisme allemand» et les « revanchards allemands » et si à Reims même, dans des rues presque désertes, des colifichets étaient on ne peut plus clairs : « vive la République démocratique allemande », « pas de nazis en France »…

De Gaulle a souligné la « vague des témoignages admiratifs », la « convivialité venue des profondeurs françaises» , « l’approbation » de « l’âme populaire » à ce qui constituait « un acte capital »… Adenauer, lui aussi, « a fait comme si …» La première fois qu’il était venu à Paris en voyage officiel, le 18 avril 1951, pour la signature du traité de la CECA, tout avait été très discret : des menaces d’attentats avaient été proférées, et des manifestations d’hostilité avaient été annoncées Adenauer avait été pratiquement caché…« Le chancelier n’était pas homme à s’arrêter aux formes extérieures, écrira Monnet. Lui aussi avait affaire à ses conservateurs de droite et de gauche et à ses militaires traditionalistes qui le poussaient vers un neutralisme qu’il jugeait illusoire ».

Des manifestations populaires, il y an a eu, en revanche, quand de Gaulle a fait son voyage officiel en Allemagne. Triomphal. « Un vrai délire », commentera Couve de Murville, pourtant expert en litotes. »Un déchaînement d’enthousiasme ». C’est « l’ami français », mais aussi le chef de la Résistance à Hitler et celui qui « voulait faire la paix dans les cœurs » qui était accueilli. « J’ai été pris dans un torrent », dira de Gaulle. « il y avait là un fait historique, aqel on ne pouvait pas se dérober et qui était clair comme la lumière du jour »

Résultats le Traité de l’Elysée dont le quarantième anniversaire a été célébré avec faste, mais qui reste encore à appliquer plus complètement : toutes ses promesses ne sont pas tenues. Et des projets de véritable « union entre la France et l’Allemagne » restent hélas dans des tiroirs. La « fraternité » souhaitée par De Gaulle comme par Schuman reste à trouver le sens qu’elle devrait avoir : les « frères » sont trop soupçonneux l’un envers l’autre. Et les divisions françaises sur l’Europe ne facilitent en rien les choses … même si la plupart de ceux qui parlent d’une « prochaine guerre avec l’Allemagne » fon de la provocation ou affichent un rétrofuturisme d’une pathologie particulière.



En fait les Françis connaissent trop peu les Allemands, ce qui les rend soupçonneux quoique fassent les Allemand. Comme dit, avec un sens du paradoxe humoristique, un journaliste d’outre-rhin : « Les Allemands pensent comme les Français, mais ils aimeraient bien que les Français pensent comme eux »

Derniers soupçons, depuis la chute du Mur : L'Allemagne depuis 1950 n'a-t-elle été "européenne" que par obligation morale et géopolitique ? Conservera-t-elle son engagement pour l'Union Européenne alors qu'elle a recouvré toute sa souveraineté, toute sa puissance économique, tout son rayonnement culturel au cœur du continent ?

" Que devons-nous faire ?Vous pouvez nous reprocher notre histoire, redirait Kohl. Mais pas notre géographie". Cette question allemande reste évidemment au cœur de la "question d'Europe" . Elle est d'ailleurs autant franco-allemande, ou anglo-allemande, ou polono-allemande que strictement germanique. Elle est peut-être même d'abord française...

(A SUIVRE...)