31/08/2007

La France et l’Europe doivent se donner les moyens de combattre la délinquance en cols blancs

0ae55d1fa61d142f3a1eeec8433de579.jpgCommentaire RELATIO par Daniel RIOT : Décidément, Sarkozy éprouve des difficultés avec les magistrats. Il est vrai que sa conception de la réforme de la Justice ne répond ni aux exigences républicaines ni aux impératifs qui devraient être prioritaires.

Sur les affaires, deux infos et deux dossiers pour Rachida Dati, la ministre la plus sollicitée par Sarkozy…

>>>L’une est plutôt rassurante : la fin de la prise en compte (par le fisc, notamment) des dénonciations anonymes. Cette pratique, qui a fait tant de ravages sous l’Occupation, c'est-à-dire au temps de la Collaboration, reste ancrée dans les mœurs française d’une façon détestable, même si elle peut jouer un rôle positif dans des affaires mafieuses ou dans la lutte contre la criminalité économique, un secteur où Sarkozy a fait peur de promesses, en dépit de l’ampleur du fléau…

>>> L’autre inquiète légitimement les magistrats. Redonner «le goût du risque» ou protéger les malversations? Là est la question…. Nicolas Sarkozy a affirmé  devant le Medef vouloir «mettre un terme» à la pénalisation du droit des affaires. Qu’est-ce à dire ?  
«La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur», a déclaré le chef de l'Etat, lors de l'université d'été du mouvement patronal à Jouy-en-Josas (Yvelines). Comment «rendre aux Français le goût d'entreprendre» si «au risque financier s'ajoute systématiquement le risque pénal? Si la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison?», s'est demandé le chef de l'Etat.

Déplorant que «tant et tant de contentieux qui pourraient être réglés au civil viennent embarrasser nos juridictions correctionnelles et notre droit pénal», le président a annoncé que la ministre de la Justice Rachida Dati ferait «très rapidement des propositions».
Les principaux syndicats de magistrats n'ont pas caché leur inquiétude. Le Syndicat de la magistrature (gauche) a estimé que le président avait «choisi le camp des patrons indélicats». La pénalisation du droit des affaires ne vise «rien d'autre que des fraudes à la loi, lorsqu'un chef d'entreprise agit contre les intérêts de sa société», a insisté la présidente du syndicat, Emmanuelle Perreux, «atterrée» par les propos présidentiels.
Selon elle, le chef de l'Etat «durcit sans cesse son propos et la législation contre les plus faibles, mais a la plus grande mansuétude envers les patrons qui auraient détourné l'intérêt social de leur entreprise au profit de leur intérêt personnel».

Moins sévère, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a plaidé pour le maintien d'une «régulation pénale» du monde des affaires «afin que ceux qui franchissent la ligne rouge soient sanctionnés». Son président, Bruno Thouzellier, a espéré que cela ne signifie pas «que la justice n'a plus à se mêler du monde des entreprises».

Un constat : si bien des abus de procédures peuvent entraîner bien des injustices et freiner bien des élans « créateurs », bien des « fraudeurs » prospèrent en raison de la faiblesse des moyens d’investigation des juges (rares) spécialisés dans les affaires financières. Or, la délinquance économique coûte plus cher à la collectivité que toutes les autres délinquances (si dénoncées) et la lutte contre l’économie criminelle devrait constituer une priorité nationale et européenne. Ce n’est pas seulement affaire de morale, mais d’efficacité économique et de justice sociale… La première victime des fraudeurs, c’est le consommateur-citoyen.

DR

14/08/2007

L’Union européenne face au sommet « démonstratif » de l’OCS…

7c17eef01328abcaff981ef2f8ad590c.jpgDECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT : Faste, médiatisation, exploitation politique… C’est un Sommet « démonstratif » que l’OCS, l’Organisation de coopération de Shanghai, tient à partir du 15 août à Bichkek, la capitale kirghize. L’OCS qui reste énigmatique pour les observateurs occidentaux et bien des acteurs euro-asiatiques veut montrer son importance et se poser en interlocuteur incontournable sur la scène internationale. Comme l’OTAN, par exemple, ou l’OTASE (avant sa dissolution en 1977) 

« Ce sommet accueillera plus de 1.400 membres de délégations internationales et journalistes », a fait savoir Ednan Karabaïev, ministre kirghiz des Affaires étrangères. « 508 journalistes de 16 pays du monde ont déjà été accrédités en vue de commenter le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai »,

Les présidents de dix Etats, dont les six pays membres de l'OCS (Kazakhstan, Chine, Russie, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizstan), ainsi que les présidents de deux pays ayant le statut d'observateurs à l'organisation (Mongolie et Iran), se réuniront le 16 août à Bichkek. Deux autres Etats ayant ce statut seront présentés par leurs ministres: le Pakistan, par le ministre des Affaires étrangères, l'Inde, par le ministre du Pétrole et du Gaz naturel.

Parmi les hôtes d'honneur du sommet : le président afghan Hamid Karzaï, le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov et le secrétaire général adjoint de l'ONU Lynn Pasco.

Officiellement, cette Organisation de Shangaï n’est pas militaire. Mais (de hauts responsables russes ne manquent pas une occasion de le mettre en relief), « les questions de développement économique et de coopération sont de plus en plus liées aux questions de sécurité donc de défense ». 

« Le développement économique de l'Organisation de coopération de Shanghaï ne sera pas possible sans le renforcement de la sécurité régionale », vient de déclarer  le chef des Forces armées russes Iouri Balouïevski, repris par RIA Novosti.« La participation de structures militaires des pays de l'OCS au maintien de la paix et de la stabilité en Asie est obligatoire pour renforcer la sécurité régionale (…) Nous sommes contraints de chercher des réponses adéquates aux défis et menaces à la sécurité régionale ainsi que perfectionner les rapports entre Etats membres », a précisé le général Balouïevski.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sommet coïncide avec les  «  exercices antiterroristes Mission de paix 2007 » qui ont commencé aujourd'hui dans la région de Tcheliabinsk (Russie), près du Mont Oural. Des exercices qui ont des allures de grandes manœuvres et qui auront pour spectateurs privilégiés les N°1 russe et chinois. 

Pour Pékin et Moscou, l’OCS est devenue un outil diplomatique de première importance.

Pour Poutine, c’est l’un des « leviers » qu’il utilise dans sa stratégie de « retour en forces de la puissance militaire russe » (à usage interne et extérieur). Une stratégie qui le conduit à un accroissement du budget militaire, au renforcement de la défense anti-aérienne de plusieurs régions (dont celle de Moscou), le réseau anti-missiles,  la mise en relief de nouveaux missiles, les « percées » sous la banquise polaire, les démonstrations de forces dans des régions sensibles (Caucase, Mer noire) et le retour à des « expéditions aériennes » que l’on croyait abandonnées depuis la fin de la « guerre froide »….

Ces démonstrations de force s’ajoutent aux parades (et chantages) sur les sources d’énergie et des positions de fermeté diplomatique dans les instances onusiennes et ailleurs et posent aux Européens avec acuité une double question qui pour l’heure reste sans réponse : Quelle stratégie faut-il adopter face à la Russie ? Quel type de partenariat faut-il (ou pas ) que l’Union tisse avec cette OCS qui n’a pas finit de faire parler d’elle ?

Daniel RIOT

11/08/2007

L'union européenne face au Pôle Nord: Quelle stratégie?

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT « Arctique, ou comment le réchauffement climatique débouche sur un refroidissement des relations diplomatiques ». Le Monde consacre son édito à un sujet que Relatio suit de près depuis quelques semaines, parce que ces glaces (qui fondent) sont devenues des terres de rivalités et de conflits qui confirment que le nouvel ordre mondial promis ressemble à des ordres très anciens, ceux des grandes découvertes et des drapeaux plantés : « j’y suis, je possède »… LIRE LA SUITE >>>>>>

10/08/2007

L'Europe dans la tempête financière américaine

Une crise structurelle à surmonter

La facture du dopage finit  toujours par être lourde : La « main invisible » des marchés de l’économie-casino est celle du diable quand l’argent trop facile aveugle les joueurs..

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT

Des turbulences de type météorologique ou un vrai ras de marée planétaire ? Une crise confiance ou un mal structurel ? Sur les places financières, le « décrochage » devient « dévissage »… Et les liquidités injectées par la Banque centrale européenne (près de 100 milliards d’€ hier+ 60 ce matin) et par la FED américaine (près de 25 milliards) et d’autres banques centrales( canadienne notamment) s’apparentent à une « opération transfusion », à des soins palliatifs,  alors que la situation exige sans doute des opérations de type chirurgical…

Une chose est sûre :les meilleurs experts sont dépassés dans leurs analyses, il y a trop d’inconnues dans les équations… et la fameuse « main invisible » déifiée par les tenants de l’hypercapitalisme devient la main d’un diable qui se rebiffe quand on lui a trop tiré tsur la queue.

Qu’est-ce qui est en cause, au-delà des péripéties et des dégâts collatéraux des politiques « d’argent facile » et de calculs de rentabilité à court terme faits par les acteurs de cette géofinance que personne ne peut maîtriser  et de cette « économie casino » qui par définition peut faire perdre très vite ce qui a été gagné trop artificiellement ?
L’excès de confiance des investisseurs américains dans la capacité des citoyens de Bush de sortir d’un sur-endettement cultivé. C’est ce que les « experts », jamais à court d’un néologisme qui brouille la vision des réalités, appellent les « subprimes ».

Les  "subprime", ce sont  des crédits octroyés par des institutions peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients. Quand les lignes rouges du « trop c’est trop » sont franchies, c’est la panique et comme le marché mondial de la géofinance impériale est fait d’interconnexions en labyrinthes, les effets « ronds dans l’eau » et « boule de neige » font  des ravages sur tout le système, y compris auprès de banques (européennes en l’occurrence) qui ont été plus prudentes… Entre coupables et victimes, la frontière est difficile à tracer… Les déferlantes en spirale déclenchent effectivement de vrais ras de marée… Avec indices au rouge, partout ou presque. Et effets de panique qui… amplifient encore les problèmes.

Principales victimes de ce jeu de massacre ces derniers jours : les valeurs bancaires. Elles paient une politique trop poussée d’argent facile. Toutes proportions gardées : elles payent un excès de dopage. Comme des champions cyclistes trop connus...

Voilà des années que pour la satisfaction des opérateurs, les marchés sont comme survitaminés, dopés par la croissance à tous crins et des liquidités brassées avec une bonne dose d’irrationalité…. Le système s’est fissuré. Et il craque.

C’est la « régulation par la crise » : les plus cyniques des « hyper-capitalistes » y voient confirmation de leurs dogmes. Laissons faire, et tout se règlera tout seul,ou presque. De toutes façons, ceux qui y perdent sont ceux qui ont beaucoup gagné. Tant pis pour les petits porteurs, pour les boursicoteurs amateurs… Et pour les dégâts sur l’économie mondiale, avec toutes leurs conséquences sociales !  

« Pas d'amortisseurs ni de pare-chocs pour absorber les secousses », souligne un conseiller financier de Relatio... « L’essentiel, pour les grands acteurs, c’est de passer au travers de ces pluies d’orage. Cela passera »… Bush ne dit-il pas qu’ il y a suffisamment de liquidités pour réguler les marchés » ?  « Ne dramatisation pas : quelque 20 milliards vont s’envoler. Dommage pour ceux qui les perdent, mais  les   actifs financiers en circulation sont  évalués à plus de 110 000 milliards d'euros. Et l’économie mondiale est plutôt bonne. L’essentiel, c’est que la crise financière ne gangrène pas l’activité générale… Mais qui peut faire de bonnes prévisions en la matière » ? Une illustration de plus d’une donnée trop oubliée : l’économie n’est pas une science… Elle l’est même de moins en moins avec la généralisation de ce que le professeur Bilger appelait « l’économie casino »

Pour les observateurs suisses, cette crise n'est pas que pasychologique:elle est d’abord structurelle. Le Temps résume : «    Le tumulte qui agite les marchés de la dette américaine menace une industrie florissante: le capital-investissement (private equity). Le boom historique du private equity, moteur du marché mondial des fusions et acquisitions, touche à sa fin ».

Un constat : « Depuis quelques semaines, le marché des financements de rachats d'entreprises par la dette (leveraged buyout ou LBO) est asséché: les banques ont fermé le robinet des prêts, car elles ne parviennent plus à les placer sur le marché obligataire ».

Une analyse : « La complaisance des banques aidant, les géants du capital-investissement en étaient arrivés à financer jusqu'à 85% de leurs rachats par de la dette. Désormais, la situation va revenir à la normale, avec des financements pour maximum deux tiers de dette et un tiers de fonds propres, voire 50% de dette et 50% de fonds propres pour les petites transactions».Bref, un rachat exigera désormais plus de cash flow. »

Après la secousse : une ère nouvelle?… Ce sont les transitions qui sont douloureuses.

En attendant la suite, ceux qui critiquent avec des raisons plus en moins fondées la banque centrale européenne et l’euro devraient un peu de souvenir des tempêtes monétaires que de pareilles secousses bancaires et boursières provoquaient jadis, souvent l’été d’ailleurs… Il est toujours intéressant de voir à quel point nos mémoires sont sélectives.

Daniel RIOT

28/06/2007

Fragment de pensée

Reflets



Cette roue sous laquelle nous tournons
Est pareille à une lanterne magique.
Le soleil est la lampe ; le monde l'écran ;
Nous sommes les images qui passent.

Omar Khayyâm

Piqué sur le site délicieux de Reflets de Cristal où j'aime m'attarder

Rêve



Il y a toujours un rêve qui veille.

Paul Eluard

Photo : Sanja Vuksanovic
 

26/06/2007

EUROPE: ABOLIR LES TORTURES

À l'occasion du vingtième anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et de la dixième Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture (26 juin), l'Union européenne souligne l'importance qu'elle attache à l'abolition de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans le monde, ainsi qu'à la réhabilitation complète des victimes de la torture.

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L'UE est fermement convaincue que l'interdiction absolue de la torture est l'une des pierres angulaires du cadre universel des droits de l'homme, et elle rappelle qu'aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse d'un état de guerre, d'actes de terrorisme, d'une instabilité politique intérieure ou de tout autre état d'exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture ou toute autre forme de mauvais traitements. Tous les États ont le devoir de garantir que personne ne risque d'être soumis à de tels traitements. Les États doivent mener des enquêtes indépendantes et efficaces sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements, apporter réparation aux victimes, poursuivre les auteurs de ces actes et veiller à ce que de tels crimes ne se produisent pas. L'UE réaffirme sa condamnation de toute mesure visant à légaliser ou autoriser la torture et les mauvais traitements et appelle tous les États à systématiquement soutenir le droit fondamental de ne pas être soumis à la torture.

L'UE invite instamment tous les États qui ne sont pas encore parties à la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants à y adhérer sans plus attendre. Cet instrument dote la communauté internationale de mesures globales destinées à protéger le droit de ne pas être soumis à la torture. Les États parties sont notamment tenus d'incorporer le crime de torture dans leur droit national et de rendre la torture passible des peines appropriées.

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En outre, la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants établit un régime en vertu duquel des rapports complets doivent être régulièrement soumis par les États parties et des communications individuelles et entre États peuvent être examinées pour contrôler la mise en œuvre au niveau national. L'UE se félicite que la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ait été ratifiée par Andorre, le Monténégro et Saint-Marin au cours de l'année écoulée.

L'UE s'est en outre réjouie de l'entrée en vigueur, en 2006, du protocole facultatif se rapportant à cette convention. En prévoyant un mécanisme de visites internationales indépendantes, le protocole renforce le cadre international de lutte contre la torture. Il est essentiel de faire preuve d'ouverture et de transparence pour combattre la torture. Comme l'a répété à plusieurs reprises le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, l'inspection des lieux de détention constitue l'une des mesures de prévention de la torture les plus efficaces.

La mise en place de dispositifs de contrôle nationaux et internationaux indépendants dans le cadre du protocole facultatif se rapportant à la convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants devrait avoir un effet déterminant sur l'élimination de la pratique barbare que constitue la torture. L'UE encourage donc fortement tous les États à envisager de signer et de ratifier en priorité ledit protocole. Elle note avec satisfaction qu'il a été ratifié au cours de l'année écoulée par l'Arménie, le Bénin, le Brésil, le Cambodge, le Liechtenstein, la Moldavie, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Sénégal, la Serbie et l'Ukraine.

L'UE soutient vivement le rôle essentiel joué par les Nations unies dans la lutte contre la torture et le soutien aux personnes qui en sont victimes dans le monde entier, et elle appuie en particulier les travaux du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, du Comité des Nations unies contre la torture, du Sous-comité pour la prévention de la torture nouvellement créé, du Fonds de contributions volontaires des Nations unies pour les victimes de la torture et du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). L'UE rend également hommage aux organismes régionaux de contrôle, notamment le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), dont les contributions sont extrêmement utiles dans ce domaine. Il est essentiel que l'ensemble des États coopèrent de bonne foi avec le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et les autres dispositifs de contrôle internationaux.

Le travail quotidien de ces institutions est complété par l'action d'une multitude d'acteurs de la société civile, qui œuvrent sans relâche pour sensibiliser davantage le public au problème de la torture, notamment sa prévention et la réhabilitation des personnes qui en sont victimes. L'UE saisit cette occasion pour saluer les efforts déployés sans répit par les nombreuses organisations non gouvernementales et personnes qui s'emploient avec détermination et diligence à prévenir la torture et à alléger les souffrances des victimes.

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L'UE se félicite également du rôle clé que jouent les centres de réhabilitation des victimes de la torture dans le monde entier. Elle est résolue à continuer de jouer un rôle moteur afin de soutenir les activités menées par la société civile pour combattre la torture à travers le monde et rappelle que la prévention de la torture et la réhabilitation des personnes qui en sont victimes restent des priorités dans le cadre du financement au titre de la nouvelle initiative européenne pour la démocratie et les droits de l'homme (IEDDH).

L'UE est déterminée à intensifier ses efforts, en particulier les initiatives politiques, diplomatiques et financières qu'elle a entreprises dans le cadre de ses orientations en ce qui concerne la torture. Elle est prête à œuvrer avec tous les partenaires intéressés afin d'affranchir le monde du fléau de la torture.

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La Turquie, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine, la République de Moldavie, l'Arménie et la Géorgie se rallient à la présente déclaration.

* La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.


 

25/06/2007

DARFOUR: Une épreuve de vérité (aussi) pour l'Europe

SOS Darfour ! Un devoir d’ingérence… Avec des responsabilités européennes à assumer pleinement et rapidement.

Editorial RELATIO par DANIEL RIOT:Enfin ! Voilà des années que les organisations humanitaires et le Parlement européen  tiraient la sonnette d’alarme. En France, François Bayrou a été le premier responsable politique à se rendre sur place et demander en vain (ou presque) une action européenne vigoureuse.

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(....)Quoi qu’il en soit, cette réunion de Paris vaut d’être saluée. Diplomatiquement, il est important que la France s’affirme dans un rôle de médiation. C’est important vis-à-vis des pays africains, surtout si cet événement s’inscrit dans une rupture (urgente) avec la « Françafrique » et ses pratiques déplorables ou plutôt scandaleuses.

C’est important aussi pour l'Europe face aux Etats-Unis qui ont des tentations africaines qui n’annoncent pas forcément le meilleur et face à la Chine qui est sans doute la puissance qui traduit le plus en actes l’importance stratégique et le potentiel économique de l’Afrique. C’est positif pour tous ceux qui ont une vision multipolaire de cet « ordre mondial » qui ne mérité pas son nom…(...)

LIRE L'ARTICLE >>>>>>>>>>>>>>>> 

24/06/2007

L'esclavage aujourd'hui

SUR DpJ, LE DROIT POUR LA JUSTICE: Témoignages révoltants sur la Chine et la République dominicaine (repris de RUE59) , un mini-dossier et des liens. A CONSULTER >>>>>

20/06/2007

Monde: le Conseil onusien des droits de l'homme s'organise malgré les USA

Droits de l'Homme: Genève encore loin de Strasbourg...

Un beau chantier pour Rama Yadé!

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT :Droits de l’Homme : un chantier pour Rama YADE , la nouvelle secrétaire d’Etat , chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme. Du nouveau dans les Droits de l’Homme en effet à Genève. La presse française en parle (trop) peu. Comme ecrit LE TEMPS, « On n'a peut-être pas pris la mesure de l'événement ».

medium_rama_yadé.jpgRama Yade

Genève vient d’être en effet  le théâtre de l'un des moments forts de la diplomatie multilatérale. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies vient d'approuver par consensus sa structure institutionnelle censée renforcer la protection des droits humains.

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07/06/2007

Ce soir à STRASBOURG: Construire l'Europe des citoyens

Henri Malosse:"L'Europe est la bonne réponse à la mondialisation"

Ce Jeudi 7 juin à 20h30, à Strasbourg: Un grand débat sur "Comment construire l'Europe des citoyens"  avec Henri MALOSSE, président du groupe Employeurs au Comité économique et social européen, et Chantal CUTAJAR, candidate de l'UDF-MoDem de François Bayrou dans la première circonscription. (Au FEC, 17 place Saint-Etienne).
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La première des priorités, c'est une évidence, c'est d'apaiser ou plutôt d'effacer les peurs qu'engendre la construction européene. Des peurs trop souvent artificiellement nourries par démagogie. Une question parmi d'autres que M. Henri MALOSSE connaît bien: l'Europe est-elle un accélérateur des effets pervers de la globalisation ou au contraire le meilleur outil de protection de nos économies.
Ce membre très actif du Comité économique t social vient de faire adopter à l'unanimité un rapport très fouillé, bien documenté et très pertinent dans ses analyses. Nous reprenons ici le résumé qu'il a publié sur son blog personnel.
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DONNER UN VISAGE HUMAIN A LA MONDIALISATION
La France est sans doute le pays d'Europe où la mondialisation fait le plus peur. Auprès de nos voisins on parle plus d'opportunités que de risques. Ce n'est pas seulement vrai des pays nordiques ou anglo saxons, mais eussi de l'Europe de l'est ou de pays de la Méditérannée comme l'Espagne ou l'Italie. La mondialisation est une réalité, mais ce n'est pas un phénoméne nouveau.
Bien avant la route de la soie et la découverte des Amériqies, les échanges ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c'est l'intensité et la raoidité avec laquelle circulent les flux d'informations, de biens et de services jusqu'aux facteurs de production aujourd'hui. Les grands responsable en sont les nouveaux moyens de communication et en particulier l'Internet. On doit considérer comme un facteur positif le décollage des pays qui émergent comme la Chine ou l'Inde: au delà de la satisfaction humaniste, la mondialisation fabrique des consommateurs chinois ou indiens qui sauront apprécier le made in Europe.
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 L'Europe est la bonne réponse à la mondialisation. Non pas pour en faire un bouclier ou une cible.
Pas un bouclier, car la construction européenne s'est faite sous le signe de l'ouverture et pas de la fermeture. Du protectionisme européen il n'y a qu'un pas au protectionisme tout court, du patriotisme économique, qu'un pas au nationalisme tout court.
Génétiquement, l'Europe ne peut être une forteresse contre la mondialisation, mais elle ne doit pas non plus en être la cible principale en devenant le supermarché du monde. Sinon bien vite une Europe de consommateurs aisés se transformera en une Europe de consommateurs sans salaires et donc sans pouvoir d'achat. Il faut continuer à produire en Europe, non seulement des produits de haute technologie, mais aussi de l'agro alimentaire, des textiles et autres domaines où la qualité, la créativité et l'innovation des Européens sont autant d'atouts à renforcer.
 L'Europe peut être en fait le levier d'une mondialisation à visage humain et en même temps nous aider à en minimaliser les risques et à maximaliser les opportunités: Le levier d'une mondialisation à visage humain.
 C'est une grande ambition.
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 L'Europe s'est construite comme un état de droit, soummise à des lois et à une juridiction.
 L'Europe est fondée sur l'égalité entre Etats qui ont accepté de déléguer une part de leur souveraineté à une entité commune.
L'Europe a appris à gérer la compléxité, à préserver les diversités culturelles (le plurilinguisme en est une des règle de fonctionnement. les plus remarquables .!)
L'Europe s'est contruite à l'opposé de l'idée de rapports de force et de puissance hégémonique. L'Union européenne peut être ainsi un laboratoire d'une gouvernance mondiale à visage humain. Il ne s'agit pas de croire qu'elle peut préfigurer ce que serait une gouvernance mondiale. En effet le projet européen se nourrit de l'idée d'unir les peuples autour d 'un même destin et d 'un même projet et l'on voit bien qu'on n'en est loni au plan mondial. Mais l'Europe montre le chemin en matière d'une gouvernance fondée sur le respect de l'autre, sur le multilatéralisme opposé aux tentations hégémoniques, su des bases d'un état de droit.
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L'UE se doit donc de renforcer les "îlots de bonne gouvernance mondiale" qui s'appuient sur des principes équivalents de droits et sur une même vision humanistes: l'OIT pour les droits des travailleurs, l'OMS pour la protection de la santé, l'AEIEA our l'énergie, l'UNESCO pour la diversité culturelle et le droit à la diffusion des connaissances, l'OMC pour le commerce équilibré.
L'UE doit agir afin d'améliorer ce par quoi ces organisations pêchent le plus, c'est à dire le manque de mise en oeuvre. Elle pourrait soutenir , à l'image de ce qui a été fait pour le commerce avec le mécanisme de réglement des différends de l'OMC, des systémes de mise en oeuvre, de suivi et juridictionnels tels que : une véritable Cour internationale des doits de l'homme à l'image de celle du Conseil de l'Europe, des mécanismes de contrôle de mise en oeuvre pour l'OIT, l'OMS ou l'UNESCO. L'UE doit aussi forcer la main des décideurs mondiaux pour créer, à la suite du processus de Kyoto, une véritable Agence mondiale du développement durable qui pourrait proposer des conventions et disposerait de moyens financiers et des mécanismes de contrôle d'application.
On voit bien qu'un seul pays ne pourra agir efficacement dans cette direction.
Seule l'Europe parlant d'une seule voix possède la force de conviction nécessaire.
Sa capacité de conviction sera d'autant plus forte qu'elle pourra faire des émules.

03/05/2007

Un terrible manque de souffle et de vision...

Avec le recul, une fois quelques passes d’armes revues et réentendues, quelques   vérifications  faites sur les dires de l’un et de l’autre, une réalité cruelle apparaît flagrante : La France qui manque de  souffle, d’inspiration et de vision ne s’est pas choisie deux finalistes capables de lui en redonner.

Je suis pour une fois) assez d’accord avec l’éditorial du Monde, plus pertinent que le commentaire signé Jean-Marie  Colombani, toujours  prisonnier de ses mirages « bipolaires » et de ses vues étroites… 

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« Cette confrontation souvent confuse, trop technique et presque exclusivement consacrée aux problèmes économiques et sociaux n'a permis ni à l'une, ni à l'autre de prendre la hauteur que devrait imposer la fonction présidentielle. De l'avenir de la société française, du modèle républicain d'intégration, de " l'identité nationale ", de la poudrière des banlieues, du désarroi des classes moyennes, de l'impasse où se trouve la justice de notre pays, de la culture, de la conception d'un humanisme contemporain partagé entre liberté individuelle et déterminisme génétique, des turbulences de la planète, de l'affrontement des religions, de tout cela pas un mot n'aura été dit. »

ESCARGOTISME HEXAGONAL...

C’est clair. Comme il est sûr que l’escargotisme des deux duettistes  n’est guère rassurant pour le dynamisme français en Europe et pour l’influence de la France dans le monde, c’est-à-dire  sur  le cours des événements mondiaux. » Hexagonaux », ces débats !

Comme si la France, quatrième puissance mondiale devenu cinquième en attendant de rétrograder encore avait une tentation helvète en dépit de son fauteuil permanent au Conseil de Sécurité, de son statut de « puissance nucléaire », de sa place dans le marché mondial des armements  de ses responsabilités  (mal assumées) dans l’espace francophone, de sa dimension océanique  et de sa place  dans  le monde euro-méditerranéen . De sa culture autocélébrée et de ses valeurs proclamées, aussi.

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« Ségolène Royal, poursuit Le Monde,  n'a pas osé entraîner son concurrent sur ces terrains où elle aurait pu trouver son avantage. Nicolas Sarkozy, trop soucieux d'éviter les controverses risquées, s'est bien gardé de s'y engager. Les électeurs étaient en droit d'attendre, sur ces sujets, la vision de chacun et des réponses qui donnent du sens à l'avenir. C'était l'occasion ou jamais. Cela n'a pas été le cas. C'est regrettable. »

Mais n’était-ce  pas prévisible ?  La droite « décomplexée » de Sarkozy  est calquée sur un modèle appliqué dans de nombreux pays depuis longtemps (des pays qui en reviennent ou s’en guérissent, d’ailleurs). La gauche de Ségolène reste marquée par des archaïsmes idéologiques et un esprit « novateur » chargé d’incertitudes et d’une « pensée » bien floue…

Mais c’est le jeu de l’arithmétique électorale. Puissions-nous au moins relancer la croissance sans   accroître les fissures, les cassures, les fractures sociales et sociétales. Puissions-nous au moins travailler à un « Vivre ensemble » qui privilégie davantage les relations d’intelligence que les rapports de force.
Quel que soit le gagnant du » prix de la Présidence de la République » de dimanche, les Françaises et les Français ont vraiment intérêt à se doter de contre-pouvoirs (parlementaires d’abord) plus consistant qua ceux qui existent actuellement. La démocratie, ce n’est pas que la loi de la majorité, c’est surtout le respect des oppositions.  

Dans ces perspectives là, Ségolène a gagné son duel dans la forme, mais Sarkozy n'a pas perdu. Le second n'a sans doute pas gagné une voix, mais ceux qui hésitent entre le "vote blanc" et le bulletin ségolène (par résignation et rejet de NS) vont ...hésiter olu encore. Première leçon: ne voyons pas dans la participation massive du premier tour un signe de la réconciliation entre les Français et la poltique. Il s'agit plutôt d'un appel à un réenchantement de la politique qui n'est pas pour demain, quelques soient les joies du camp des vainqueurs dimanche, à 20 heures...

Daniel RIOT