19/11/2007

L'Europe? Des femmes, des hommes, des prénoms, des visages, des regards...

 L'Europe? "Un gigantesque port d'attache"

54bcca9366dfec91919753c0b78c13f0.jpgEAUX FORTES

Koen PEETERS : « L’Europe ? Un géant dans des habits trop étroits » Lors du premier Festival  de la philosophie qui s’est tenu les 16et 17 novembre  à Flagey, à Bruxelles, l’écrivain flamand Koen Peeters, auteur de « Grote Europese Roman », le Grand roman européen, a prononcé un très beau discours clôturant la journée consacrée à l’Europe et ses frontières.

.A telecharger. EAUX FORTES. Relatio Koen Peeters.doc 

 "C'EST NOTRE HISTOIRE"....contée à Bruxelles

LE MUSEE DE L'EUROPE DE BRUXELLES A OUVERT SA GRANDE EXPO:"C'est notre Histoire". Original,spectaculaire, émouvant. L'Europe en chair et en os." L'idée européenne? ": ce qui donne du corps à l'esprit du continent... L'Europe? Des femmes et des hommes, des visages, des regards, des sens,  non des directives et du papier... La capitale bureaucratique de l'Union européenne montre que l'Europe est d'abord une âme. DR

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Des ruines de l'Europe, en 1945, aux défis qui se posent aujourd'hui à notre continent, le visiteur ira à la rencontre de l'Histoire, mais aussi de son histoire. Car l'exposition montre que nous sommes tous les héros de cette formidable aventure que constitue l'unfication progressive de l'Europe.

Tous les moyens de la muséologie contemporaine ont été mis en oeuvre. Décors, films, multimedia, interactifs, émaillent un parcours dans lequel une place particulière a été réservée aux objets authentiques: plus de 500 d'entre eux ont été prêtés par 80 musées de tous les pays d'Europe. La robe d'une petite fille cousue dans les drapeaux alliés, le premier lingot d'acier fondu dans le cadre de la CECA, un sac à charbon du pont aérien de Berlin, le journal de bord illustré tenu par un jeune Hongrois pendant les événements de 1956, le journal de marche d'un soldat anglais pendant l'aventure de Suez, des morceaux du rideau de fer et du mur de Berlin, un "pot à odeur" de la Stasi, des objets de la vie quotidienne: autant de témoignages poignants qui racontent l'aventure des Européens pendant plus d'un demi-siècle.

Introduction à la visite    

L'exposition que l'on vous invite à visiter est construite comme un spectacle: une succession d'impressions visuelles, auditives ou tactiles s'adressant au coeur aussi bien qu'au cerveau, pour faire éclore chez le spectateur réflexions et émotions. On ne raconte donc pas une telle expo.  En voici toutefois ce que l'on pourrait appeler une "bande-annonce", sous forme de courts extraits video (une minute chacun) d'une prévisualisation virtuelle...

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18/11/2007

L’Europe gourmande : Julien, le prince d’Isenbourg

45d8c352b599375d0a60462fec204c69.jpg« Au cœur du vignoble »… Connaissez-vous un château ou une demeure de classe d’une région viticole d’Europe dont la présentation dans les meilleurs (ou les plus mauvais) des guides ne commence pas par « Situé(e)  au cœur du vignoble » ? L’Europe des clichés ne connaît pas de crise… Le Château d’Isenbourg, lui, a le vignoble au cœur. Et à cœur ! Une question de philosophie de vie plus que de situation…

Sur la route des vins, il est, bien sûr, ce chateau. Bien ancré dans l’Alsace pre-vosgienne, face à la Forêt noire qui, ici, fait office de la grenouille dans son bocal du bon météorologue… Bien exposé, comme un objet de désir.

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Il est trop imposant pour ne pas être hanté par des faits d’armes, des intrigues de chevaliers ou d'évêques,  des cœur fléchés et des parfums de femmes. Et il est, bien sûr, chargé de cette Histoire qui fait de l’Europe non le « vieux continent », mais une terre pétrie d’humanité qui adore les histoires…

Isenbourg ? Plongée en Austrasie ! En ce Royaume franc des Mérovingiens qui, de la mort de Clovis (511) à celle de Childeric III (751), nous a valu quelques Clotaire, Sigebert et autres…Dagobert.

Une résidence royale, ce château de Rouffach dont l’histoire …moderne commence avec l’évêque Frédéric de Blankenheim en 1380 ! Il abrite aujourd’hui un hôtel  quatre étoiles des « Grandes Etapes Françaises » qui vaut détours et séjours. Y compris pour garder la forme ou la recouvrer: un spa à user sans modération...  Il offre, surtout,  une cuisine… royale grâce à un jeune chef imaginatif, inventif, subtile, expert en mariage des saveurs.

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Un alchimiste ou un magicien talentueux de l’art culinaire, ce Julien Binz , un chef qui devrait faire des « Tommeries » une salle à déguster digne des meilleurs des tables étoilées! Il vaut déjà beaucoup plus et mieux que la plupart des guides (toujours un peu en retard) le disent...

« Tommeries » ? Le nom des pupitres sur lesquels on posait, avec délicatesse,  des fioles soufflées qui permettaient de conserver le raisin dans les conditions les meilleures. Un nom qui est celui du village de Bourgogne où ces fioles étaient fabriquées. Les Tommeries: Un triple symbole qui sied bien à la cuisine de Julien. Respect des traditions les meilleures, soin et conscience du vrai artisan, par définition passionnément amoureux de son art, et goût de l’innovation, de la recherche, de ces trouvailles qui font, comme disait Valéry, que « le génie est une habitude que prennent certains ».

Julien est tombé dans les marmites dans son adolescence. Et il a visiblement pris cette « habitude » valéryenne : le mot « génial » appliqué à sa cuisine n’a pas  l’affadissement qui faisait piquer de saines colères à Musil contre les journalistes en mal d’inspiration… Et cet amoureux de son art sait aussi, pour rendre une autre formule de Valéry, que « le travail doit finir par effacer les travail »…

Son parcours, il est vrai, n’a rien  d’un chemin de croix. De très belles stations sur la route des bons couverts ! Les Armes de France, à Ammerschwihr (67), Le Buerehiesel à Strasbourg (67), L’Auberge d’Artzenheim et (mais oui)  l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern (68). Ce « Jeune talent 2006 » a été le second de cuisine de Marc Haeberlin.  

Ce parcours étoilé  devrait logiquement (« l’intendance suivra », redirait De Gaulle !) le conduire au paradis des meilleurs… si j’en juge par ce que j’ai vu, senti et dégusté. Avec la sûreté de bouche qui vient d’une petite expérience de fine gueule que je confesse bien volontiers et d’un esprit d'épicurien non repenti qui aime les repas non de fêtes, mais en  fêtes (de tous les sens) et qui place  la cuisine dans la « rubrique » culture et non « vie pratique »…

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Du grand art, vos mets, « chef Julien » ! En sortant du château, je pensais  à ce proverbe alsacien que Martin Graff avait remis au goût du jour  et dont j’ai fait un peu ma devise personnelle : « Cultive tes racines, et plante-les dans les étoiles »…

Non seulement, parce que les étoiles peuvent et doivent devenir votre jardin professionnels, mais parce que votre art de marier (et de doser) les saveurs, donc les produits,  est très « européen » dans le sens  le plus noble du terme : je ne sais si vous êtes des « euro-toques », mais votre toque est authentiquement européenne. Avec une carte « unie dans la diversité »…

Daniel RIOT

df6d9dc35bab5e6070ae2eed6ee73477.gifUne recette du chef

(Ingrédients pour 6 personnes)

Foie Gras 6 escalopes de 70 gr

Pain d’épices 6 tranches
2 oeufs
Lait 100 gr
Framboises 500 gr
Beurre 60 gr
Vinaigre Balsamique 150 gr
Sucre 150 gr

Préparation
Tailler les tranches de Pain d’épices à l’aide d’un emporte pièces rond.
Tremper dans le mélange œuf – lait et poêler au beurre.
Disposer les framboises sur le pain d’épices et passer 1 minute au four.
Réaliser un caramel avec le beurre et le sucre, déglacer avec le vinaigre Balsamique et réduire quelques instants.
Couper le Foie Gras en tranches, assaisonner et poêler vivement dans une poêle anti-adhésive, sans matière grasse.
Dressage
Dresser le pain d’épices garni de framboises au milieu de l’assiette, poser le Foie poêlé par dessus.
Ajouter un cordon de sirop de vinaigre autour.

(Recette reprise sur « Alsacez-vous », le site de Tourisme Alsace >>>>>> )

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A VISITER DANS CE COIN D'EUROPE >>>>>>>>>

A NE PAS MANQUER: LE MUSEE UNTERLINDEN DE COLMAR (à une vingtaine de kilomètre du Chateau d'Isenbourg)

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LE RETABLE D'ISSENHEIM


Vers 1512-1516, Grünewald peint son célèbre retable pour la commanderie des Antonins d’Issenheim, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar, commandité par Guy Guers, précepteur de la commanderie des Antonins de 1490 à 1516. La partie sculptée est due à Nicolas de Haguenau (vers 1515). L’ordre des Antonins a vu le jour officiellement en 1092, avec pour vocation de soigner les malades atteints du feu sacré, une maladie provoquée par l’ergot de seigle, parasite de cette céréale. Fondée vers 1300, la commanderie d’Issenheim acquiert peu à peu une richesse considérable dont témoignent les nombreuses œuvres d’art qu’elle a commandées et financées. Consacré à saint Antoine, le retable, destiné au chœur de l’église de la commanderie, figure parmi elles. Il est resté conservé dans cet établissement religieux jusqu’à la Révolution et pour empêcher sa destruction, il est transporté à Colmar, en 1792, à la Bibliothèque Nationale du District. En 1852 enfin, il est transféré dans l’église de l’ancien couvent des Dominicaines d’Unterlinden, où il constitue le joyau du musée qui s’y organise alors et où il n’a cessé, depuis, de fasciner et d’envoûter ceux qui l’ont contemplé.

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UNE EXPO A VOIR DU 8 DECEMBRE 07 AU 2 MARS 2008

76f2a046054d7869504486403dd0f95c.jpgDétenteur du célèbre retable des Antonins d’Issenheim, chef-d’œuvre de Grünewald, le musée d’Unterlinden consacre, pour la première fois en France, une exposition à l’œuvre de ce grand peintre de la Renaissance germanique.
Cette manifestation s’inscrit dans la politique du musée privilégiant la recherche et la mise en valeur, en direction du public, de ses remarquables collections de peintures et de sculptures représentatives de l’art des XVe et XVIe siècles, une période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or.

L’exposition tentera de préciser la chronologie de création du retable d'Issenheim et d’éclairer nos connaissances sur l’identité de Grünewald.
Elle fait suite à l’étude du retable d’Issenheim menée depuis plusieurs années par le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), et au colloque qui s’est tenu à Colmar en janvier 2006.
Elle sera centrée sur le processus d’élaboration de cet ensemble monumental qu’est le retable, grâce à un partenariat avec le Kupferstichkabinett de Berlin où est conservé l’essentiel de l’œuvre graphique de Grünewald.

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14/11/2007

Tomi, ou l'avorton des muses, par Francis Marmanda

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Je reprends dans "le Monde", pour le plaisir de la lecture, (et parce que toutes les occasions sont bonnes pour compléter mon Tomiscope personnel) cet article de Francis MARMANDA sur Tomi Ungerer et sur le musée qui lui est dédié.
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trasbourg offre un musée du graphisme, la Villa Greiner, à Tomi Ungerer (né en 1931). Ungerer à Emmanuel de Roux (Le Monde, 30 octobre) : "Le dessin, c'est l'avorton des muses, l'éternel oublié, alors que c'est un des arts les plus populaires. Pour une fois qu'il est à l'honneur, ne nous plaignons pas." Avec demi-sourire : "J'ai un tel complexe d'infériorité que ce musée me fait du bien." Et petit coup de crayon pour la route : "Je voudrais que ma modestie fût à la hauteur de mon arrogance." (La Rochefoucauld). Plutôt ignorés, les dessinateurs font au mieux l'objet d'une condescendance amusée. Les dessinateurs pour enfants, on s'en arrange.
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Les Anges gardiens de l'enfer, un des plus innocents recueils, donne le la. De salle en salle, sur trois étages, partition très polyphonique : campagne alsacienne, satire, contes pour adultes, gag gratuit, n'importe quoi, nu, cul, attirail sado-maso, bestiaire à gogo, contes pour enfants, encyclopédie de la "connaille", scènes de genre à New York (The Party), rage pour les droits civiques et contre les bombes au Vietnam, visages, squelettes, morts à revendre. Un trait si maîtrisé qu'il ne croise l'académisme (Trémois), l'école (Poumeyrol), le compas industriel (Bellmer) ou l'angélisme (de Greenaway à Hansi) qu'en tournant la tête, sans saluer.

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Comment prendre les dessins de dessinateurs au pied de l'encre ? Les dessinateurs sont nos guetteurs. Comme les oiseaux, ils ont des plumes. Tout montrer d'eux aux enfants, absolument tout. Soit on cesse de traîner les enfants au musée, où ils n'ont rien à faire, aux concerts, qu'ils perturbent, au cinéma, qui ne les intéresse plus, sauf pop-corn ; soit on les laisse tout voir, tout faire, tout défigurer. Donc, les pancartes du genre "Attention, certains dessins sont de nature à choquer la sensibilité des spectateurs, notamment des enfants", terminé. Restons entre adultes.

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Grenouilles et chats, dans l'univers d'Ungerer, occupent les avant-postes. Pourquoi les chats ? Probablement parce qu'eux aussi dessinent dans l'espace. Why Cats Paint : a Theory of Feline Aesthetics (Heather Busch et Burton Silver) abordait naguère franchement la question. Toujours aborder les questions de face, en mettant la jambe, sans jamais se préoccuper des réponses. Pas "comment... ?", encore moins "est-il vrai que... ?", non : pourquoi les chats peignent-ils ? Et de classer les différentes oeuvres félines avec un scrupule digne de l'antique : néo-expressionnisme, abstraction lyrique, etc. Les chats d'Ungerer répondent aux chats de Ronald Searle et filent à l'anglaise comme chez Peter van Straaten.

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Et les grenouilles ? Les grenouilles ont des petits doigts et certaine souplesse des membres à laquelle l'être humain ne recourt qu'en dernière extrémité : soudure toute position, remplacement d'arbre à came, Kama-sutra. Dans ce dernier registre, les grenouilles d'Ungerer sont irrésistibles. Commentaire vertueux sous les images : "(...) grenouilles qu'il a placées dans les situations les plus burlesques." Ah bon ? D'accord, "l'amour n'est qu'une maladie de l'imagination" (Jean Delay, psychiatre), mais dans le genre bonne santé, certains en font un chouïa de trop, non ?

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Comme en toute activité humaine, la musique a le dernier mot. Beaucoup de portées musicales chez Ungerer, de croches qui décrochent, de noires qui s'envolent, longs rubans dans les cieux où navigue un biplan au moteur en étoile. Les dessins nous regardent, forcent la parole, dévoilent l'inconscient, démasquent les vies vides et les trous de l'imagination. Peinarde, la grenouille en forêt où folâtrent des elfes rhénans joue du saxophone. Instrument stylisé (on reconnaît parfaitement un ténor), doigts en positions et tensions exactes, tenue de corps parfaite, nonchalante, cool, à la Lester Young. Tout est dit. La musique pour preuve.

Francis Marmande  Article paru dans l'édition du 15.11.07 du MONDE)

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ET TOUJOURS D'ACTUALITE.....
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Des fesses larges qui s'offrent à tous les désirs, des bouches pulpeuses, des corps qui se prélassent, s'abandonnent, se mêlent et s'entremêlent, des sexes déployés, des pénétrations multiples à donner le tournis, des fellations joyeuses, des postures scabreuses qui s'amusent de l'élasticité des corps, une anatomie détaillée vouée au plaisir... ainsi se présente cet Érotoscope de Tomi Ungerer, fin dessinateur alsacien et non moins provocateur de la gaudriole.
En près de quatre cents dessins (dont la moitié est puisée dans quelques anciennes publications), représentés ici en pleines pages, Tomi Ungerer démontre qu'il n'est pas seulement cet illustrateur pour enfants, écrivain satirique et publicitaire. Loin de là !
Le bougre est éclectique et signe d'un trait noir sur la page blanche ses rêves et fantasmes. S'il est érotique à souhait, le graphisme n'en est pas moins sobre, juste. Du bon vieux temps, "où les femmes fermaient les yeux avant d'écarter les cuisses" aux grotesques partouzes, Ungerer érige l'érotisme "en objet de culte", atteignant des "dimensions mystiques".
Voilà tout l'intérêt de cet impressionnant album, jouissant des lectures les plus basiques aux plus intellectuelles. C'est drôle, plus que suggestif, enivrant parfois, délicieusement ciselé et toujours efficace ! --Céline Darner  A COMMANDER >>>>>

UNE FICHE SUR TOMI >>>>>>

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D'autres livres (plus sages, pour le enfants ) de TOMI UNGERER >>>>>>>> 

EUROPE:Le Festival Strasbourg-Méditerranée

SUGGESTION RELATIO:Le festival Strasbourg-Méditerranée a été créé en 1999, à l’initiative de l’association Décade, coordinatrice de la manifestation, et un collectif d’acteurs associatifs, culturels, institutionnels, des artistes, des chercheurs, intervenant dans le domaine des mémoires et des cultures de l’immigration, notamment celles issues du bassin méditerranéen.

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Tous les deux ans, et durant 15 jours, il met en lumière la richesse intellectuelle, artistique et culturelle des peuples de la Méditerranée. Spectacles, concerts, projections, expositions, débats, colloques, organisés dans toute la Communauté Urbaine de Strasbourg, invitent les habitants de la ville à découvrir et à s’ouvrir aux cultures, à l’histoire, à l’actualité et à la création de nos voisins du Sud.
C’est un moment privilégié de fête, de rencontre et de réflexion, un événement unique et singulier en Alsace dont une partie importante de la population est issue du pourtour méditerranéen.

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La cinquième édition: 90 manifestations

Du 24/11/2007 au 08/12/2007

Pour sa 5e édition, le festival souhaite “faire tomber la frontière” et invite les Alsaciens ( et d’autres)  à s’ouvrir aux cultures, à l’histoire et à l’actualité de nos voisins du sud de l’Europe.
Durant deux semaines, la Grèce, la Bulgarie, l’Espagne, la Turquie, l’Algérie… s’invitent sur les scènes de Strasbourg et de la CUS (L’Illiade, Point d’Eau, Salle du Cercle, Cheval Blanc…).
Près de quatre-vingt manifestations sont organisées : concerts, lectures, expositions, débats, danse, cinéma, théâtre, contes, marionnettes. Un programme foisonnant pour faire entendre la Méditerranée à travers la parole d’artistes, de comédiens, de musiciens, de photographes, de réalisateurs qui viennent (presque) tous de la “Mare Nostrum” et rendent un hommage à toutes les communautés du Sud qui aujourd’hui vivent en Alsace.

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LE PROGRAMME COMPLET >>>

LE PRORAMME PAR GENRE >>>>

LE PROGRAMME PAR DATE >>>>

VOTRE AGENDA PERSONNEL >>>>

LE SITE DU FESTIVAL >>>

LE SITE DE L’ASSOCIATION >>> 

08/11/2007

téléAlsace, an I...

Vendredi 9 novembre téléAlsace fête son 1er anniversaire en toute simplicité. Au programme les meilleurs moments de l’année autour de toute l’équipe de l’alsace en direct. téléAlsace sera à la Pyramide de Vendenheim au restaurant club l’Addict. VOIR LE SITE >>>>>>>>

L'Alsace en direct, tous les soirs de 19h à 20h!

05/11/2007

Strasbourg: Le ROI LEAR au TNS

En novembre, le TNS accueille en salle Koltès Le Roi Lear de Jean-François Sivadier, créé au Festival d'Avignon en juillet dernier. Le TNS vous propose également de suivre son programme de projections, lectures et rencontres, et de découvrir, les 3 nouveaux DVD des productions du TNS mises en scène par Stéphane Braunschweig, Les Trois sœurs, Woyzeck et Les Revenants. EN SAVOIR PLUS >>>>>

30/10/2007

Strasbourg l’Européenne : RELATIO soutient Chantal Cutajar

A STRASBOURG, LES MUNICIPALES ONT (AUSSI) DES ENJEUX NATIONAUX ET EUROPEENS 

af3c8e14a9e2c0df6bdba0a6f6d31f1a.jpgNous démontrons tous les jours  que nous sommes, sur RELATIO, l'Europe en revue,  un webzine /webnews, ouvert à toutes les opinions (y compris aux plus  sceptiques envers la construction européenne). Mais nous sommes (c’est même notre raison d’être) des militants déclarés des valeurs et des principes qui ont fondé le Conseil de l’Europe et la CECA   devenue l’Union européenne.

C’est pour traduire cet engagement que nous avions soutenu, avec force,  le candidat le plus clairement en faveur de la construction d’une Europe authentiquement politique, François Bayrou.

C’est en pleine conformité avec cet enracinement dans les valeurs démocratiques de cette Europe DE Strasbourg que nous avions soutenu les candidats Modem aux législatives et notamment celle qui incarne le mieux, par  ses idées et ses actions, cette Europe de l’esprit et du personnalisme, Chantal Cutajar.

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29/10/2007

"Travailler plus pour..."

Repris sur Telérama..."Traduit dans le monde entier, réédité récemment par les éditions Climats, Allia puis, aujourd’hui, L’Altiplano, sans compter les éditions électroniques en lecture immédiate ou téléchargeables, Le Droit à la paresse de Paul Lafargue, initialement paru en 1880 en trois volets dans l’hebdomadaire de Jules Guesde L’Egalité, continue sa belle existence. Un coup de génie de la part de l’auteur, médecin socialiste et, accessoirement, gendre de Karl Marx dont les premières phrases, contestant l’absurde défi que l’homme lançait à la machine, sonnaient fort : « Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. » Faudrait-il conclure de ce succès jamais démenti depuis cent vingt sept ans que les thèmes abordés sont toujours d’actualité ? ◆ G.H. Le Droit à la paresse de Paul Lafargue, éd. L’Altiplano, 5 €

26/10/2007

TOMI UNGERER: UN GENIE AU MUSEE

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Ouverture du Centre International de l’Illustration Tomi Ungerer de Strasbourg

Un génie corrosif et tendre, « passionné par ses passions ».

Un "Alsachien" viscéralement humaniste.

Un Européen de coeur et d'esprit même si " l'Europe est une drôle

de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause"...

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Tomi a son musée. « Les musées sont les points et  les virgules de l’Histoire »… J’allais dire « a enfin et déjà  son musée »…. « Enfin », parce que ce projet strasbourgeois est une idée déjà très ancienne : « La patience est une forme de paresse ». « Déjà »,  parce qu’il est rare qu’un artiste ait son propre musée de son vivant : une première en France, dit-on… « Vanité, tout est vanité : c’est absolument nécessaire pour un artiste »… Mais Tomi ne fait rien comme chacun… C’est ce qui fait son charme. En partie, car sa force de séduction ne se résume évidemment pas à cela.

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Derrière le dessinateur génial, le « trouveur » d’idées en tous genres, ce pondeurs de « pensées », cet « esprit frappeur », ce provocateur acide, ce grand bricoleur, cet amuseur-amusé, ce passionné de jouets, ce collectionneur « de tout et de rien »,  ce jouisseur sans tabou (mais avec trompettes), ce voyeur visionnaire, ce faiseur d’images, cet homme-gag, cet insolent de première, se cache (plus ou moins) une âme sensible, un esprit chaleureux, un être fin, spirituel, cultivé, un homme nourri d’idéaux humanistes, une personne portée un sens aigu de la transcendance. Et un personnage hors du commun qui cultive l’amitié comme ce n’est plus guère en vogue…« Il faut donner une destination au destin »

Tomi est aussi, bien sûr,  un angoissé, un anxieux qui « allaite lui-même sa propre insécurité », un cerveau pleinement conscient de la fragilité des choses, de la finitude de la vie, de la relativité de cette mise en scène qui s’appelle l’existence. « A la guerre comme la guerre », le récit de son enfance, c’est « A la vie comme à la vie »… « Le désespoir est une raison d’être ». « Sans désespoir, pas d’humour ». « Une vie c’est lorsque la mort prend des vacances »  

 

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On ne sait pas assez son admiration pour Victor Hugo. Son culte des Droits de l’Homme. Sa haine de la haine. Sa guerre à la guerre, aux causes des guerres. Son refus des racismes, de l’antisémitisme,  des fascismes, des totalitarismes,  des discriminations, de l’intolérance, des sectarismes, des bellicismes, des intégrismes…et de la connerie, de la bêtise, de ces « monstres » brechtiens qui sont en nous, en chacun de nous. « Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes. Il faut le rappeler avant toute élection »(…) »Je ne suis pas raciste, parce que je combats le racisme qui est en moi »

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On peut l’affubler de tous les qualificatifs, Tomi : il en a subi des insultes, des procès , des suspicions, des censures, y compris, dans cette Alsace qu’il aime tant mais qui a tant tardé à voir en ce « pornographe douteux », en cet « exilé », en ce « publiciste » aussi à l’aise dans l’érotisme torride que pour les contes pour enfants, l’un des siens, l’un de ses fruits les plus beaux, les plus riches, les plus talentueux. Mais c’est ainsi : « S’il n’y avait pas des imbéciles, le paradis serait désert »…

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Longtemps, Tomi a été plus connu en Suisse, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande qu’en Alsace. Quant aux Parisiens, heureusement que « l’Ecole des loisirs » a reconnu son génie, sinon, Tomi, le « Boche américain », serait passé bien inaperçu… N’était-il pas un « anti-Français » celui qui disait que « l’Alsace, c’est comme les chiottes, toujours occupée ? ».

Jamais je n’oublierai la tête du patron des « dna » de l’époque (années 70) quand, avec l’ami Jean-Louis English nous lui avions proposé une grande ITW de cet « énergumène »… L’ITW a été publiée…après une dure négociation. Et parce que France 3 Alsace avait pris, avec Bernard Kurt, le même risque que nous : rencontrer le « diable de Tomi ». Et le faire sortir de sa boîte. D’une de ses boîtes. « L’enfer est le paradis pour le diable »

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Depuis, l’eau a coulé dans l’Ill et dans le Rhin, et Tomi a connu tous les honneurs, ou presque. Hommage soit rendu ici André Bord qui avait compris avant la plupart des responsables locaux et régionaux la richesse de celui qui, à sa manière, œuvre d’une façon concrète et très efficace à la réconciliation et à la coopération franco-allemande.

Que n’a-t-on pas plus aidé Tomi à réussir sa Cultur-Bank , idée originale qui aurait pu servir de modèle à des fondations franco-allemandes et européennes ! Que ne l’a-t-on pas plus écouté dans ses plaidoyers en faveur de l’apprentissage de la langue du voisin, des  jumelages de maternelles française et allemandes ! Mais  les regrets ne servent à rien… «  Il n’y a qu’un remède au passé : l’avenir ». Et il  a réussi  tellement de choses, celui qui est aussi « ambassadeur de bonne volonté auprès du Conseil de l’Europe ».

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EUROPE ! Voilà un mot qui le réveille quand il somnole, qui éclaire son regard même quand la fatigue s’abat. Il l’aime sa terre d’Alsace, Tomi. Il l’adore sa terre de France. Mais  il se sent surtout  pleinement EUROPEEN. Même si « l’Europe est une drôle de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause » L’identité, c’est une addition, pas une restriction. C’est un épanouissement, pas une carte tamponnée.

Ce qu’il n’aime pas, Tomi, c’est le nationalisme (micro ou macro), le « chauvisnisme », les racismes, les sectarismes, « l’escargotisme », le replis sur soi. Le nez dans les godasses. Les yeux dans les poches. Les oreilles avec des paupières. Le cœur en berne. Et l’esprit dans ses chaussettes.  Mais que voulez-vous ? « L’intelligence complique tout »…

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Le 2 novembre son musée sera ouvert au  public. Il en est ravi, fier et ému, bien sûr. Mais il est « trop infantile pour retomber en enfance ». Et il restera ce qu’il est : « corrosif pour ne pas rouiller »…

Il est surtout heureux que le musée qui lui est consacré, dans la belle villa Greiner deviendra, grâce au travail de la fée ensorcelante (et très fourmi dans son boulot)  Thérèse Willer, un grand Centre international de l’illustration. C’est dans la logique de l’Histoire : Strasbourg, est aussi la ville de Gustave Doré, né en bas de chez moi (il y a une plaque !) « Le dessin, c'est l'avorton des muses » vient de redire Tomi ! « Le dessin, c’est l’ombre de ce que je pense »

Thérèse Willer explique : « Le musée propose un parcours muséographique basé en grande partie sur la présentation d’œuvres sur papier issues des donations successives de l’artiste à sa ville natale depuis 1975.

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Il a pour but de montrer son œuvre prolifique connue dans le monde entier, sous tous ses aspects, du livre pour enfants au dessin satirique, en passant par l’affiche, le dessin publicitaire et même les sculptures. Mais au-delà de ce parcours monographique, le musée fera aussi connaître au public d’autres illustrateurs et dessinateurs du XXe siècle et de la scène internationale, qui ont contribué à forger une histoire de l’illustration aujourd’hui encore peu connue.

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C’est pourquoi sont mises en œuvre dans cette optique, une programmation d’expositions temporaires et une politique d’acquisitions, relayées par un Centre de recherches dans ce domaine. »

Allez. Venez le voir, le Musée Tomi Ungerer. Vous y reviendrez. 8 000 dessins ! C’est le meilleur moyen de voir à quel point  Tomi a « de la fuite dans les idées ». Mais attention : sa « boîte crânienne est de Pandore »…

Daniel RIOT

LE MUSEE >>>>>

LE SITE  DES MUSEES DE STRASBOURG >>>>>>>>

LE SITE DE TOMI >>>>>>>>>>>

UNE FICHE SUR TOMI >>>>>>

11/10/2007

Poutine, un « Staline démocratique » et « Le Spectre » des James Bond…

Vladimir Fedorobski ce vendredi à la librairie Kleber

Une chronique de Daniel RIOT pour RELATIO: Ce vendredi 12, Vladimir Fedorovski, sera à Strasbourg pour une conversation (à 17h30) autour de son dernier livre à la Librairie Kléber. Un personnage, ce volubile écrivain, Français depuis 1995 ! Plein d’humour sucré-salé et de malices, il a été (entre autres) conseiller de Gorbatchev,diplomate, traducteur d’acteurs de ce temps (Brejnev, Kadhafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene) et  agent du KGB (logique)… Sa culture et sa connaissance de l’histoire russe dans sa complexité et sa profondeur en font l’un des meilleurs « kremlinologues » actuels. Son  art de la conversation et son jugement pertinent ont  fait de   chacune de nos rencontres une fête de l’esprit…

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Ceux qui le traitent « d’historien des halls de gare et d’aérogares » feraient mieux de le lire davantage et de ne pas se contenter de lectures en diagonale de critiques guidés plus par un snobisme élitaire que par un souci de vérité. L’Histoire est aussi une série d’histoires romancées… « Fedo » est un excellent romancier de l’Histoire qui permet de mieux comprendre les réalités du présent.

« De Raspoutine à Poutine », avait-il écrit. La filiation se confirme…  « Le secret de Poutine » pour lui, tient d’abord dans le « fantôme de Staline ». Un Staline « démocratique » (quel paradoxe !) Ou quelle contardiction!), qui sous bien des angles ressemble, légitimité du suffrage universel en plus, au «chef  de l’organisation du Spectre dans James Bond : il contrôle tout, étend son pouvoir sur tout, le gaz, le parlement, les médias…. C’est lui qui choisit les personnes qu’il met en avant, il fait nommer des proches qu’il peut diriger et contrôler. En cela il renoue avec toute une tradition antérieure ».

Une tradition « antérieure », à la Révolution même, et (aussi) à la « déstalinisation ». Lénine, l’idéologue, lui, est passé (comme le communisme)  à la trappe, dans une de ces « poubelles de l’Histoire » où le tri est très sélectif (et variable en fonction des lieux et des périodes…). Mais Staline, lui, renaît. En soft ! Comme le souligne Claude Imbert dans sa chronique du Point sur « l’énigme russe », le  peuple ôte peu à peu à Staline «  sa tunique sanglante pour lui rendre le blanc manteau de « Petit Père des peuples ». L’opprobre d’un des plus sanguinaires tyrans de tous les temps s’efface devant le héros de Stalingrad. ».

« Entre Staline et Poutine, la filiation est presque parfaite, en effet » remarque Vladimir Fédorovski. « Les points communs de la Russie d’aujourd’hui avec le système stalinien sont nombreux : la manipulation, l’unanimisme, le système des oligarques, l’omniprésence des services secrets… Surtout, Poutine reprend  le “code mental” de la Russie éternelle et de la citadelle assiégée. Staline se pensait comme le continuateur des tsars, et notamment d’Ivan le Terrible, derrière une façade: la révolution. Poutine fait de même, mais avec la façade du suffrage universel. »

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Il le fait d’autant mieux que le « tsar démocrate », « l’autocrate  démocratique », le “despote éclairé(?)” issus des urnes » est d’abord et surtout un stratège de premier plan, hors normes, bien supérieur à Bush, bien plus subtil, rusé et fin que nombre d’autres dirigeants européens. C’est ainsi. Sarkozy, durant ses deux petites journées moscovites a pu s’en rendre compte.

Poutine  sait aussi, en dépit des difficiles conditions de vie d’une grande partie de la population, cultiver une popularité qui ne tient pas qu’à une politique de communication soignée, mais s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient russe. 

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Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux démocraties européennes réunies en ce Conseil de l’Europe où Moscou sait exercer une influence sans tapage mais bien réelle, en usant d’un argument simple (qui est aussi un chantage) : « Comme les Européens de l’Ouest ne vous donnent pas de moyens et que jurent que par l’Union européenne, l’avenir de votre institution dépend un peu –beaucoup) de nous. Alors, doucement les basses, avec vos critiques sur les droits de l’Homme ».

Je reprends ici en substance des propos « off » d’un diplomate russe qui a bien connu l’organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg. Ce grand serviteur de « toutes les Russies » ajoutait dans cette entrevue qui remonte à quelques mois : « De toutes façons, vous les Européens vous ne faîtes pas l’effort de voir ce qui se passe chez nous…

Et vous êtes des ingrats : La Russie de Poutine a rallié votre démocratie, a adopté votre économie de marché,  a étouffé les tendances anarchistes qui menaçaient de prendre de l’ampleur chez nous et de recréer une terrible insécurité dans toute l’Europe, a combattu les réseaux mafieux qui gangrenaient aussi vos économies,  vous permet sur la Cote d’azur, à Paris et ailleurs de bénéficier du pouvoir d’achat de nos millionnaires et milliardaires …

Et vous ? Vous n’avez rien compris à la Tchétchénie, vous n’écoutez pas nos doléances dans les pays baltes, vous ne pensez qu’à dresser contre nous la Géorgie et l’Ukraine, vous entretenez la parano des Polonais, vous ne voyez pas à quel point nous vous sommes utiles sur les plans énergétiques et économiques, et vous êtes toujours obsédé par l’Atlantique et oubliant que l’Oural est sur notre continent commun…. 

Pourquoi ce bouclier anti missile dirigé contre nous ? Vous êtes fous. Mais vous ne changerez rien à un point essentiel : il y aura toujours (au moins) deux Europe(s), la votre, et la Russie»