13/09/2008

Au temps des grandes découvertes

Les aventuriers du navire englouti
SUGGESTION RELATIO-EUROPE
Par Laurent PFAADT.
>A la recherche de l'épave mystérieuse 
>En suivant les traces de la fameuse expédition Lapérouse.
>Une exposition ludique et pédagogique à ne pas manquer à Paris (jusqu'au 20octobre)

Dès l'entrée, une mer déchaînée et les commentaires d'un marin vous transportent sur le pont de la Boussole et de l'Astrolabe en 1788, quelques heures avant leurs naufrages comme un film bâti sur des flashbacks. Le visiteur part pour un voyage qu'il sait périlleux, mortel. Son attention captée, l'exposition peut commencer.
Cette dernière plonge dans l'effervescence des épopées maritimes scientifiques de cette deuxième moitié du XVIIIe siècle où la France et la Grande-Bretagne se lancent, sous l'impulsion de James Cook et de Louis Antoine de Bougainville, à la conquête de terres inconnues. Grâce à une interactivité parfaitement maîtrisée et illustrée par des globes et des planisphères vidéos encore incomplets, on a l'impression de revenir dans le bureau du roi Louis XVI, illustré par le tableau de Monsiau où le souverain donne ses instructions à Jean-François Galaup, comte de La Pérouse pour conduire une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de Cook.

 

13/04/2008

En attendant la publication de l'Europe, cette Emmerdeuse...

POURQUOI un tableau de Magritte en couverture.....

 « Ceci n’est pas une illusion »,

par Daniel RIOT

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 Une des couvertures auxquelles vous avez échappé, comme on dit à Charlie... 
 



Comment choisir une couverture d’un ouvrage ?

Question préoccupante. Pour les auteurs, l’éditeur et les libraires… 

Je n’ai donc pas échappé à cet exercice avec sur les bras « mon emmerdeuse »

Je réfléchis …

Les amis dessinateurs ne manquent pas : pourquoi ne pas faire appel à eux ? Bien sûr. Pourquoi pas ?

J’avais déjà [1] avec Tomi Ungerer co-écrit un livre sur l’Europequi est devenu ouvrage de collection. Et Tomi, n’aurait pas refusé. L’Europe, une femme ? Emmerdeuse de surcroît…De quoi inspirer celui qui a (si justement) écrit : « L’Europe est une drôle de femme. Elle connaît en même temps la puberté et la ménopause. La ménopause parce qu’elle a tout vu, tout connu. Elle sait tout, elle est blasée fatiguée. En même temps, elle semble timide, effarouchée, comme prise de vertige devant les aventures de la vie »

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L’Europe ? Une femme surréaliste.

C’est précisément un surréaliste qui, pour moi, illustre bien le triple objet de ce livre écrit avec la complicité de Sandrine Kauffer.

>>>L’Europe dans ce qu’elle a d’inachevé.Entre espoirs et déceptions

>>>Le journalisme tel que je le conçois c’est-à-dire questionnant les choses, le monde et les gens au-delà des apparences

 >>>Et les mystères de la vie, ces hasards et ces nécessités qui font l’essence et l’existence, ce Destin qui n’est que rarement le dessin de nos desseins… 

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Ces apparences trompeuses

« Ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, a toujours constitué pour moi, la plus belle leçon de journalisme. Et de communication…Ne pas se fier aux apparences, à cette « écume des choses » que sont les « événements » selon Valéry.

« Ceci n’est pas une pomme ». « La trahison des images » est encore plus nette en cette ère de l’audiovisuel, du virtuel, des faux-semblants…

L’Europe est-elle une emmerdeuse ? D’ailleurs, l’Europe est-elle une femme ? Magritte est-il un peintre ? « Non, un grand peintre », a-t-on dit. C’est vrai, mais comme tous les vrais peintres, il sait « voir la pensée ». L’œil regarde, mais pas seulement. Il écoute, aussi. Et il décrypte l’invisible quand il « voit » la pensée. Quand il nous permet d’accéder à la pensée imagée de l’invisible.

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L’Europe est d’abord une pensée. Elle doit être surtout une revanche sur cette « Défaite de la pensée » si bien décrite par Finkielkraut voilà longtemps déjà. Parce qu’elle ouvre des fenêtres, parce qu’elle nous permet de dépasser nos horizons, de mettre un peu de ciel sur notre terre…

« Ceci n’est pas une vie »

Des fenêtres, des coins de ciel, des oiseaux d’espérance (malgré les nuages) : Magritte en a peint des séries. Qui donnent des ailes à nos rêves de paix et de bonheur. Des rêves qui se sont si souvent transformés en cauchemars….

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Fragilité des choses, versatilité des Humains… Avec des imperfections en tout genre. Y compris de nos reflets dans nos miroirs. Avec aussi et surtout ce sentiment d’inachevé qui persiste même quand on écrit, imagine, ou vit le mot « FIN ».

« Ceci n’est pas un texte ». « Ceci n’est pas une vie »…

Toujours regarder vers le ciel en conservant les pieds sur Terre : une vraie règle de vie. Et de pensée. N’est-ce pas la base même de l’idée européenne transformée en projet par Monnet, Schuman et d’autres esprits, qui ont su être à la fois des visionnaires et des pragmatiques ? 

 

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« La Magie Noire de Magritte »

N’est-ce pas ce que Magritte suggère dans sa série sur la « Magie Noire, avec cette femme bleue comme le ciel en guise de « haut » et avec le « bas » teinté par l’ocre de la terre ?

Mystérieuse, cette femme. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. « La peau, c’est la profondeur », redirait Valéry.

Magie Noire : Dans cette ancienne collection de Mme Georges Renée Magritte, disséminée à travers le monde, j’étais certain de trouver ce que je cherchais pour illustrer une partie des réflexions échangées dans mes conversations avec Sandrine Kauffer.

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Encore fallait-il trouver le tableau et son cadrage qui ne choquent pas trop les yeux qui se ferment devant des nus trop crus et obtenir les indispensables droits de reproduction.

Notre éditeur Christian English a fait le voyage de New-York pour pouvoir utiliser celle qui en couverture vous donnera, je l’espère, envie de mieux découvrir ma passion pour Europya, le journalisme et … la vie.

 

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Mais aussi les raisons de mes refus de céder à la mode du « déclinisme », du renoncement, de la démission. De la résignation. 

L’Europe est un chantier. Son inachèvement est un terrain d’action, non un motif de déception. Elle est Vie et elle ne vit que par celles et ceux qui savent voir ce que peut être, grâce à elle, l’invisible advenir au-delà des difficultés et des problèmes visibles…

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 Ceci n’est pas une illusion.

 Daniel RIOT

 

En savoir plus sur L’Europe, cette Emmerdeuse

Voir le photoblog consacré à l’Europe cette emmerdeuse

[1] (« L’Europolitain », Anstett ed. )

27/12/2006

Andre Malraux l'EUROPEEN


 

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Même si parfois, dans ses discours, l'orateur adopte un ton “gaullien”, se faisant le chantre de la France, pour l'essentiel la pensée et l'esthétique de Malraux possèdent une visée universelle, particulièrement sensible dans les écrits sur l'art et le Musée imaginaire. Mais ne peut-on aussi reconnaître à son oeuvre une dimension plus strictement européenne ?
La question paraît d'autant plus légitime que dès 1927, soit cinq ans après la publication par Valéry de “L'Européen”, Malraux signe un essai intitulé “D'une Jeunesse européenne”, qui a une valeur programmatique : “La jeunesse européenne est plus touchée par ce que le monde peut être que par ce qu'il est”.
Et de fait, l'Europe n'a cessé d'être au coeur des préoccupations de Malraux. De la description critique de l'Europe par Ling dans La Tentation de l'Occident à Vincent Berger rêvant dans le désert d'Afghanistan aux musées européens, de la lutte contre le fascisme dans Le Temps du mépris à la mise en scène des grandes figures politiques et artistiques européennes (Le Miroir des limbes), de L'Espoir où l'on assiste à la révélation de l'importance du fait national (la terre, au sens moral et spirituel) au discours d'hommage à la Grèce, Malraux semble requis par le “vieux continent”. Le numéro 34 de la Revue André Malraux/Review se propose d'explorer la dimension européenne de l'oeuvre de Malraux.

EN SAVOIR PLUS >>>>>>>>>>>>>>

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16/11/2006

"La création du monde", revue et corrigée par Jean d'Ormesson. Un chef d'oeuvre!

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Pour l’humour de Dieu et pour l’Amour de la vie, Saint-Jean d’Ormesson recréa et Dieu et le Monde. Un instant d’éternité. Un moment de bonheur. Plus qu’un livre : une Ecriture. Davantage qu’un ouvrage : un festival d’intelligence, une fête de l’esprit, un régal d’humour, un chef d’œuvre donc une œuvre rare, hors du commun, hors normes… Qui restera, j’en  suis sûr, inscrit en lettres d’or dans les futures « histoires de la littérature française »"La création du monde", chez Rober Laffont.

D’Ormesson dans son meilleur rôle : « un appariteur de Dieu dans un monde sans Dieu », dit Claude Imbert… Un éclaireur des Hommes dans un monde en quête (et en panne) d’espérance, d’Espoir, d’avenir… Un jouisseur de ce présent qui n’existe pas puisqu’il est déjà passé quand il s’affiche…   

Vertige devant les mystères de la vie, effroi devant les mystères de la nature humaine , angoisse devant la fuite du temps.

Vertiges, surtout,  devant le « gouffre » des interrogations sans réponse sur le temps et l’espace (ces « frères jumeaux »), le zéro et l’infini, le hasard et le nécessité, le créationnisme et l’évolutionnisme, l’infini et la finitude, l’éternité et la mortalité, la vie et la mort.

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Un roman ? Bien sûr. « Le romancier est, de tous les hommes,  celui qui ressemble le plus à Dieu », disait Mauriac. « C’est le singe de Dieu »

Mais ce roman est aussi et surtout un livre littéraire (que de références affichées, cachées et masquées !), philosophique (dans le sens de Marc Aurèle : « la philosophie c’est la méditation sur son dieu intérieur »), théologique (« C’est simple, comme dieu et dieu font trois », disait Prévert), métaphysique (L’au-delà est toujours  en deçà de l’entendement humain), cosmologique (« Nous sommes tous des poussières d’étoiles ») … Un livre qui ose , en tout modestie, se mesurer au  Livre. Avec une écriture qui ose, sans blasphème, jouer avec les Ecritures…

 

Vous avez dit « écriture » ? Valéry disait que le travail doit « finir par effacer le travail ». Jean d’Ormesson le suit à la lettre. Quelle légèreté pour tant de profondeur ! Quelle fluidité pour autant de complexité ! Quelle simplicité et de lisibilité pour une telle exploration de l’obscurité ! Le bon écrivain, c’est celui qui sait faire de la nuit un jour. Notre académicien atteint ici le sommet de son art. A déguster sans modération.

« C’est le produit d’une vie », confie-t-il. « Et ce sont deux années d’écriture…Le jour où je réussissais à mettre huit lignes publiables était un bon jour ». Je le crois. Comme je le crois quand il me répète l’un des mots d’enfance de sa fille quand elle avait six ans : « Qu’est-ce qu’il fait mon papa ? Quand il écrit vite et beaucoup, il fait un article. Quand il reste longtemps devant une feuille blanche, il écrit un livre ». Ecrire, c’est attendre. « Comme une femme avant et pendant un accouchement ». Un « bébé » très réussi, cette « Création du Monde »…

Je résume …Le décors, une « île grecque ». parce que « les vacances sont une île ». Les personnages : Quatre amis comme les aimait Colette : usés, blasés,(un peu) rassis. Depuis dix ans, ils se réunissent chaque été sur une île grecque pour y passer ensemble leur unique semaine de vacances. Voici André, énarque, ministre sous Mitterrand et Chirac, futur sénateur, qui approvisionne les autres en cigares (parce que dieu est un « fumeur de Havane », comme chantait Gainsbourg ?) et vins fins. Edgar (« sans d, il y tient), qui enseigne la psychiatrie à Harvard et qui, malgré sa préférence pour le bourgogne, ne déteste pas le Pomerol. François, professeur au Collège de France où il enseigne la physique mathématique appliquée aux sciences de la vie. Et puis le narrateur, qui est écrivain. Et reste anonyme : la pire des vanités, c’est modestie, non ? Jean d’Ormesson le sait mieux que quiconque…

Entre les repas servis par Melina, les siestes sous le figuier de la cour, les baignades et les balades en mer, ces gros messieurs ne manquent pas d'occupations. A quoi s'ajoute un peu de remue-méninges, car Edgar a apporté un manuscrit sur lequel il aimerait l'avis des copains. Chacun à son tour en lira un chapitre à haute voix.

L'auteur de ce manuscrit? Un monsieur personne, un "n’importe qui"... qui  fait n’importe quoi…Ce Français moyen est un archiviste paléographe, Simon Laquedem (comme Lequidam ?).Il a 33 ans, l'âge supposé du Christ à sa mort,(bien que les dernières découvertes scientifiques l’estiment à 42 ans : détail..) Célibataire et parisien un peu falot, il est troublé par des rêves qui deviennent obsédants : Dieu l'a choisi pour délivrer un message aux hommes. Un message qui dépasse (transcende) ceux délivrés à Abraham, Moïse, Mahomet, Socrate et d’autres…

Décoiffante, ébouriffante, époustouflante, la  cosmogonie de Jean d’Ormesson ! Surtout sur ce « hasard et la nécessité » : « La nécessité, c'est moi quand je me promène en uniforme pour faire respecter la loi. Le hasard, c'est moi quand je me déguise en chenapan pour la contourner par en dessous. ». Ou sur le mal : « Dès le début, les hommes se sont séparés de moi. Je suis leur maître, et ils sont libres. Par ma volonté, et pour qu'ils puissent être libres, le mal s'est glissé entre les hommes et moi ». Ou sur l’avenir de l’ Homme, prisonnier de « l’irréversibilité » du Temps et de son orgueil qui le pousse à prétendre tout , y compris la « mort de Dieu ». Comme disait Christian Chabanis, « l’athéisme qui évince Dieu, évince-t-il les questions sur Dieu ?». Sûrement pas.  

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« La pire des choses, confie Jean d’Ormesson dans un débat à la Salle blanche de la librairie Kléber, à Strasbourg,  serait que l’on prouve soit l’existence de Dieu soit son inexistence ». A qui et vers qui se tournerait-on ? Se souvient-on du cri de  Fernando Passoa ? : « Dieu existe donc afin que je puisse te haïr ! ». Se souvient-on du trait d’humeur et d’humour de Bossuet ? : « Dieu se rit des créatures qui se plaignent des effets  dont ils chérissent les causes »…

Comme disait Saint-Exupéry, « Que Dieu existe ou pas m’importe peu ! Dieu donne à l’homme de la divinité… ». Comme disait Thierry Maulnier : « La force de celui qui croit en Dieu, n’est pas en Dieu mais en sa foi ». L’essentiel n’est pas de crier, même sur le ton de la supplique « SEIGNEUR ! SEIGNEUR ! », mais de vivre en aimant les hommes et les femmes qui sont là, avec nous autour de nous, et d’aimer la vie… Dans ce présent qui est déjà du passé.

« Dieu ? Ce sont les hommes qui ne peuvent pas s’en passer », sourit Jean d’Ormesson… qui sait que même les « petits hommes verts » de l’Académie française n’ont rien d’immortels. « Heureusement »… Même si chacun meurt sans répondre à la question des questions : « Et toi qui dis-tu que je suis ? ».

« Je suis un homme de Dieu » : c’est la première phrase du livre de Jean d’Ormesson « Allez savoir » : c’est la dernière…

Daniel RIOT

01/05/2006

Merci Jean-François REVEL

medium_revel.jpgComment peut-on qualifier, comme je viens de l’entendre, sur des radios et des télés, Jean-François Revel d’intellectuel « de droite » ? Intellectuel, oui. De droite ? Oui si a droite est synonyme de réalisme… Mais est-ce le cas? .....Il savait mieux que d’autres que l’un de nos problèmes d’aujourd’hui proviennent des artifices créés par ces clivages politiciens dépassés. Conservatisme et progressisme, archaïsme et modernisme, esprit d’ouverture et de fermeture, compétitivité et solidarité, élitisme et égalitarisme, dépassent les clivages hérités d'un passé révolu.  Ce philosophe dépourvu d’esprit de système, cet écrivain qui savait que l’amour des belles lettres est d’abord un amour de la vie, ce VRAI journaliste, au sens noble du terme, (celui qui tente de faire sortir la philosophie des greniers pour la faire descendre dans la rue)  avait sans doute mieux que quiconque médité  la formue célèbre de Lénine : « Les faits sont têtus ».
Il s’attachait d’avoir aux faits, ce qui suppose la plus belle des postures : la lutte contre les impostures, surtout celles qui naissent de la soumission aux modes (qui par définition se démodent), aux emballements mimétiques qui aveuglent et à ces idéologies qui font que les réflexes remplacent la réflexions . C’est dur la lucidité….Cette quête de vérité.
Revel était d’abord un anti-totalitaire, donc un authentique démocrate. Une vraie Lumière. Pro-américain ? Non contre l’anti-américanisme stupide, cette signature d’une certain infantilisme européen, français surtout. Anti-fasciste ? Oui. Avec cet esprit de Résistance qui ne se manifeste pas qu’épisodiquement et que superficiellement. Anti-communiste ? Oui. En raison des réalités communistes. J’ai aimé nombre de ses livres. J’ai apprécié chacune de nos rencontres. Jean-François Revel fait partie de ces gens à qui j’ai envie de dire Merci. Non par hommage, à l’heure du « dernier mot », mais par reconnaissance. Ses livres vivent toujours dans ma bibliothèque : ce sont eux, et non l’Académie,  qui l’ont rendu « immortel ». Merci, donc, Monsieur REVEL. Vous restez un de ces « esprits d’Europe » dont nous avons besoin.
Daniel RIOT

17/01/2006

STRASBOURG: Deux rendez-vous à ne pas manquer

Strasbourg: Clôture de la chaire Lévinas avec Peter SLOTERIJK

Peter Sloterdijk dialogue avec Siegfried Mauser & Andrei Ujica.
Le 20-21 Janvier 2006 à Strasbourg.

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Depuis une année, Peter Sloterdijk est titulaire de la Chaire Emmanuel Lévinas créée en 2005 par la Ville de Strasbourg. Ces deux dernières séances, du 20 et 21 janvier, marquent la clôture de ce cycle philosophique.

S’élever

   La musique de l'antigravitation

Dialogue avec Siegfried Mauser
et Andrei Ujica

The End of Gravity. C'est sous ce titre que, en 2001, Andreï Ujica a, comme prolongement à son film Out of the Present, conçu un conte cinématographique en collaboration avec Dan Simmons, l'auteur américain de science-fiction bien connu. L'œuvre est une tentative ambitieuse de transposer à l’écran la pensée sur l'Exode issue du célèbre paragraphe intitulé « Dans l'horizon de l'infini » dans Le Gai Savoir de Friedrich Nietzsche. Le dessein en est resté jusqu'alors au stade littéraire. Malgré cela, Andreï Ujica et Siegfried Mauser ont tenté, dans le cadre d'une série de « concerts-conversations » donnés durant le 1er semestre 2002 à la Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe, de développer un concept musical de ce film imaginaire.
Peter Sloterdijk, qui a entamé le cycle de ses conférences données dans le cadre de la chaire Emmanuel Lévinas par la mise en relation de ses réflexions sur la gravitation et l'apesanteur avec Out of the Present, se propose, parvenu à présent au terme de son parcours strasbourgeois, de refermer le cercle avec des considérations sur The End of Gravity et l'Exode planétaire. Cette soirée aura lieu sous la forme d'un concert-conversation avec Siegfried Mauser et Andreï Ujica.

Invité par de nombreuses formations réputées dans le monde entier et interprète de nombreux enregistrements, le pianiste Siegfried Mauser enseigne également la musicologie à la Hochschule für Musik und Theater de Munich, institution dont il est le directeur depuis 2003.

Vendredi 20 janvier, 20 heures
Palais Rohan, place du Château

 

Le lieu de l’homme [9]

Séminaire public. Nouvelle anthropologie philosophique.

Samedi 21 janvier, 10 h 30
Auditorium du Musée d’Art moderne et contemporain,
place Jean Arp.

 

Peter Sloterdijk

Philosophe, écrivain, essayiste, professeur de philosophie et d’esthétique à Karlsruhe et Vienne, né en 1947, formé à l'école de la phénoménologie, de l'existentialisme et de la théorie critique, Peter Sloterdijk est sans doute aujourd'hui le penseur allemand le plus novateur et le plus expressif. Comparable, par la radicalité de sa pensée à Nietzsche et à Bataille, inventeur de ce qu'il nomme un discours poétique « flottant », familier de la philosophie et de la poésie françaises, qu'il s'agisse de celle de Bachelard ou de celle de Michaux, il a fait sauter le cadre de la philosophie académique. Avec la Critique de raison cynique (traduite en 32 langues et constituant sans aucun doute un des plus grands succès d'une œuvre philosophique), en passant par Le Matérialisme de Nietzsche, Dans le même bateau, jusqu'à sa trilogie Sphères, Peter Sloterdijk a cherché à établir une nouvelle pensée : une théorie de la révolution et des analyses tant sociologiques que culturelles intégrées à ce qu'il appelle la « microsphérologie », c'est-à-dire l'interprétation de relations symbiotiques individuelles.

 

Bibliographie
Sphères III - Ecumes (Maren Sell, 2005)
Sphères I - Bulles (Maren Sell, 2002)
Critique de la raison cynique (Bourgois, 2000)
Le matérialisme de Nietzsche (Bourgois 2000)
La Mobilisation infinie (Bourgois, 2000)
Dans le même bâteau (Rivages, 1997)
Règles pour le parc humain (Mille et une nuits, 2000)
La Domestication de l'être (Mille et une nuits, 2000)

 

Renseignements :
1 parc de l’Etoile
67076 Strasbourg
www.euracademie.org
info@euracademie.org
03 88 43 65 05

06/01/2006

Ouvrir les archives de Heidegger

A lire sur RELATIO>>>>>>

15/12/2005

Europe: Ces écrivains d'hier qui nous sont si utiles aujourd'hui...

Sur Relatio, un excellent travail de Tiscali-Europe (Alice) >>>>>>>>>>>>

22/09/2005

Rappel:demain, le début de MUSICA

Voir le site MUSICA >>>>>>

Commentaires et programmes sur RELATIO >>>> 

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04/12/2004

Au Parlement des philosophes

Le printemps de la réflexion….

A coté du « marché de Noël » : un beau marché aux idées. « Strasbourg, Ville de Lumières » : ce slogan se justifie plus à l’Aubette que dans les rues. En plein hiver : un printemps de la réflexion.

Le public ne s'y trompe pas. Il est là, nombreux, malgré le silence imbécilede la presse locale, de 9 heures à plus de 22 heures…Qui parlait de la « Défaite de la Pensée » ? Bravo et merci à la Ville et à tous ceux qui ont permis à ce « Parlement des philosophes » de faire jaillir autant d’étincelles par un « limage de cervelles » de cette qualité.

Cette confrontation des meilleurs connaisseurs mondiaux de la pensée de Heidegger est pleinement d’actualité il est vrai. Comment « Penser l’Europe », aujourd’hui, sans décrypter l’influence de ce Maître-penseur si lié au nazisme, si influent sur la « pensée » contemporaine et qui reste (hélas !) un maître -à -penser pour quelques esprits en quête de certitudes « prêtes-à-porter » qui confirment que l’intelligence et l’érudition ne suffisent pas vacciner contre les tentations d’inhumanité.

lacoue-.jpgJe ne peux évidemment pas rendre compte des interventions et réflexions de la quarantaine de philosophes réunis autour de Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe . Ces deux belles têtes aussi « bien pleines » que « bien faites » n’ont pas toujours été « prophètes en leur pays » et secrètent encore bien des jalousies chez les bureaucrates ou les médiocrates de l’Université. jean_luc_nancy.jpg
Ils confirment aujourd’hui que ceux qui les ont empêché (au siècle dernier !) de constituer un Institut de « géo-philosophie » ont eu tort. Leur projet n’est pas enterré. Heureusement. Des jeunes, encouragés par la Ville de Strasbourg (donc par Fabienne Keller et Robert Grossmann), reprennent le flambeau, réfléchissent au concept et débordent de projets. Intelligence et énergie, respect des autres, esprit d’ouverture, rigueur intellectuelle, soif d’une « Europe de la Pensée » : Joseph Cohen, Jacob Rogozinski et Gérard Bensussan et les amis qu’ils savent réunir (j’en reparlerai) ont de beaux chantiers devant eux. Pourvu que les crocodiles de la sclérose administrative de les dévorent pas…

La « géo-philosophie » de Nancy et Lacoue-Labarthe érigée en « école » authentique ? C’est indispensable dans la logique de la construction d’une Europe « unie dans sa diversité » qui marque la fin de l’ère du triomphe de la géopolitique…

« Géophilosophie » ?

Le mot utilisé par Deleuze a été forgé par Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe à partir d’un constat. Les idées peuvent être « universelles », mais elles s’enracinent dans des contextes, historiques et géographique. Et elles sont muselées, limitées ou faussées par les spécialisations à outrance de la vie intellectuelle, par les frontières érigées entre les « disciplines », par les « doxa »…
C’est l’omni-puissance de la géopolitique (politik) qui était à l’origine des guerres qui ont « fabriqué » « l’Europe-cimetière ». La Révolution déclenchée par la création du Conseil de l’Europe puis la Déclaration Schuman est d’ordre géo-philosophique. Toutes ses conséquences intellectuelles (et mentales) n’ont pas encore été analysées, décortiquées, approfondies.
La « questionnement de la question européenne » passe par des approches géophilosophiques.
Cela n’est pas évident puisque cette démarche dérange bien des habitudes en créant des ponts entre la philosophie, les sciences dites humaines, politiques, économiques et juridiques, les sciences dites exactes et les nouvelles technologies…
Mais seule cette démarche peut nous aider à progresser dans les « labyrinthes de la complexité » face au nihilisme grandissant, à la marchandisation de l’homme, au totalitarisme de « l’individualisme de masse », aux révolutions des « techno-sciences », à l’indispensables redécouverte de la Personne…au-delà de « l’Etre » , « l’étant » ou d’un « Sujet » à définition variable. Au-delà mais aussi … en-deçà du Bien et du Mal.