11/11/2006
Le « Boche » et « l’ami allemand » : Repères sur des relations passionnelles qui demeurent la colonne vertébrale et le coeur de l'Europe
UN DOSSIER RELATIO PAR DANIEL RIOT

11 Novembre 2006… Devoir de mémoire et constat : Les relations franco-allemandes n'ont pas fait la Une de l'actualité depuis longtemps. Un bon signe? On parle peu de ce qui fonctionne bien… Un peu. Il y a comme une routine dans les relations franco-allemandes, avec des contacts réguliers, des Conseils des ministres communs, de bonnes coopérations transfrontalières et bilatérales, de bonnes concertation sur les grandes question diplomatiques et géopolitique.
Mais il est possible aussi que ce silence médiatique révèle comme une stagnation, l'absence de progrès nouveau dans une coopération qui est loin d'avoir atteint tous ses buts. L’Allemagne a ratifié le projet de Traité constitutionnels pour l’Union européenne : la France, non. Nous l’avions prévu (simple bon sens !) : Le « NON » français allait faire des satisfaits sur les bords de la tamise, et des déçus sur les bords du Rhin… C’est fait et c’est grave.
De même, la géographie impose à l’Allemagne des soucis que la France a moins : « Nous sommes responsables de notre Histoire, pas de notre géographie », disait déjà Kohl à Gorbatchev. Une vision commune d’une politique énergétique convergente est difficile. Un langage commun face (ou à côté) de la Russie demande bien des efforts. Les relations avec une Pologne en pleine crise de croissance démocratique sont difficiles, d’autant plus que les dirigeants actuels de Varsovie n’ont rien compris à l’utilité de ce « Triangle de Weimar » conçu avec intelligence par Dumas et Genscher
Ce 11 novembre 2006 est l’occasion de refaire le point, en plusieurs épisodes, sur les relations franco-allemandes (hier, aujourd'hui et demain). Petite radiographie de relations qui restent la colonne vertébrale de l'Union européenne. Sur ce site, bientôt.

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10/10/2006
AIRBUS: GALLOIS AUX COMMANDES
C’est clair : Airbus change de pilote… Le scoop du Nouvel Obs.com était une vraie info… Le hasard fait que je connais (un peu) Louis Gallois. Le voir à la tête d’AIRBUS me rassure plutôt… J’avais appris à l’apprécier à la tête de l’AEROSPATIALE… Ce n’est pas si ancien…Il appartient à cette « race d’entrepreneurs » qui savent ce qu’il faut faire dans une situation S à un temps T. Il sait surtout affronter les réalités en face
Pas de temps à perdre…Cet homme sait que « le temps, c’est de l’argent ». Le plan de compétitivité Power 8 d'Airbus commence "tout de suite" malgré la démission de Christian Streiff, a annoncé Louis Gallois, le nouveau patron de l'avionneur européen sur Europe 1. Il y aura "des suppressions d'emploi de structure et il faudra se poser la question des sites", a-t-il ajouté, avant de se rendre à Toulouse pour rencontrer salariés et cadres.
Louis Gallois a estimé que le fait de cumuler désormais les fonctions de coprésident exécutif d'EADS et de président d'Airbus constituait une "simplification très forte". "Christian Streiff est parti parce qu'il croyait qu'il y avait une difficulté entre Airbus et EADS (...) avec moi il n'y a plus de conflit potentiel puisque c'est la même personne" qui dirige. "Le président d'Airbus doit avoir les moyens de travailler, ça n'empêche qu'Airbus détenu à 100% par EADS doit des comptes à EADS", a-t-il ajouté. Son cumul a, selon lui, l'avantage de "simplifier" les choses entre EADS et Airbus. Rationnel.
Le nouveau patron d'Airbus a indiqué que les difficultés industrielles de l'A380 en partie dues aux difficultés d'intégration ne remettent pas en cause la qualité de cet avion "parfaitement sûr, qui sera certifié à la fin de l'année". Il "aura deux ans de retard", en raison d'un "goulot d'étranglement dû au câblage électrique" qui empêche la chaîne de produire les avions. Louis Gallois estime que les retards accumulés coûteront 4,8 milliards d'euros au groupe. Bonne chance, Monsieur Gallois.
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01/02/2005
Le Boche et l’ami allemand (III)
III) Le mystère franco-allemand...
"L'esprit winstub" devrait rester très utile pour l'avenir Parce que la "winstub", c'est aussi le lieu des explications franches, des discours directs, des mises à plat. Or, Français et Allemands, pour progresser sur le même chemin de l'unité européenne doivent sans aucun doute approfondir le pourquoi et le comment de quelques divergences. Certains mots restent difficilement traduisibles.
Certains concepts passent toujours difficilement le Rhin. Il faut dire que malgré l'élan fantastique donné par De Gaulle et Adenauer à la réconciliation puis à la coopération franco-allemande, les deux peuples se connaissent encore mal. Tous les stéréotypes et les préjugés n'ont pas été vaincus. Pesanteur des mémoires collectives si sélectives. Lourdeur du passé. Diversité des réalités actuelles. Et antagonisme des intérêts.
D'ailleurs, il y a un vrai mystère franco-allemand. Une affaire de tempérament ? Peut-être une affaire de langue, d'abord. De bouches et d'oreilles, plus exactement. L'Allemagne n'a-t-elle pas enfanté nombre de grands musiciens parce que la langue allemande n'est guère musicale ? Il y a goût français et goût allemand... Mme de Staël le soulignait dans son "De l'Allemagne" en 1913 : en allemand "le sens n'est ordinairement compris qu'à la fin de la phrase". La langue allemande est donc sans doute plus civile, moins "piquante", moins "claire" et moins "rapide". Peut-être. Cela n'explique pas l'ampleur, la force et le nombre des préjugés.
Pourtant, nous avons connu des époques riches en échanges. Frédéric II le Grand, roi de Prusse, ne parlait que français. Sa cour était d'abord française. Pendant la campagne d'Egypte, Bonaparte relisait "Les Souffrances du jeune Werther". De chaque côté du Rhin, on admire les talents et les génies respectifs. Mais, les programmateurs d'ARTE ont été condamnés à l'apprendre : il y reste des différences très profondes entre l'imaginaire français et l'imaginaire allemand. Une affaire de climat dirait Montesquieu. De sensibilité géophilosophique, aussi. Et de stéréotypes.
Ce que les Français ignorent trop, c'est que l'Allemagne - et les Allemands - ont changé considérablement ces dernières années. Daniel Cohn-Bendit ne manque jamais une occasion de le souligner avec force (et raison). "C'est sans doute la société qui a le plus évolué, qui est organisée de la façon la plus fédérative et décentralisée, donc la plus démocratique. La société allemande aujourd'hui est beaucoup plus libérale, beaucoup plus ouverte que la société française alors qu'il y a trente ou quarante ans on saluait encore en claquant des talons [7]."
Ces évolutions ne sont d'ailleurs pas toutes positives. L'Allemagne où tout est propre et net, bien organisé, crédible et fiable, c'est fini. Surfaite, la bonne réputation allemande... En fait, il y a eu trois grandes révolutions.
• Celle des voyages et des vacances à l'étranger. Le niveau de vie des années du miracle et l'aptitude d'apprendre des langues étrangères y est pour beaucoup.
• Celle de la table. "Aujourd'hui on mange des courgettes, des aubergines, des tomates, des pâtes italiennes et on boit du vin français ! Ce Marché Commun a fait la révolution dans nos assiettes", sourit Cohn-Bendit.
•Celle du trouble des têtes. "Que l'Allemagne, pays de Goethe, de Beethoven, de Kant et de Hegel ait pu être libéré par des cow-boys mâchant du chewing-gum, a quelque chose à la fois de fascinant et d'insupportable. Cela a marqué profondément l'inconscient de la société allemande. Nous n'avons pas encore réglé nos problèmes avec l'Oncle Sam libérateur", confie Daniel Cohn-Bendit.
Cette triple révolution s'accompagne d'autres évolutions en profondeur. Les Français mesurent très mal l'importance des conséquences de trois grands phénomènes.
1. La réunification a relancé le trouble sur l'identité allemande. Nietzsche le constatait déjà : "La nature profonde de l'Allemagne est de se demander sans cesse : "Qu'est-ce qu'être allemand ? ». Les débats personnels sur la nationalité (du sang ou du sol) ne sont que l'illustration de l'extrême fractionnement du corpus national germanique. Un fractionnement accru par les phénomènes démographiques de la dernière décennie : une immigration très nettement plus importante qu'en France ; le retour d'Allemands "de sang" de Russie, d'Ukraine de Roumanie ou d'ailleurs ; les clivages entre les Allemands de l'Ouest et ceux de l'Est. Sait-on que 13% de la population allemande est en fait "étrangère" ? A coté du mythe de la "France terre d'accueil", on trouve la réalité d'une Allemagne ouverte, en dépit des mesures restrictives prises depuis 1993. 2 200 000 arrivées de "gens d'ailleurs" par an : le double de l'immigration légale en France actuellement.
Entre 1945 et 1950, l'Allemagne accueille 12 millions de rapatriés d'Europe centrale (20% de sa population) : des problèmes plus amples que ceux posés par les deux millions de Français rapatriés d'Algérie (4% de la population de la France).
De 1950 à 1990, l'Allemagne a accueilli deux fois plus d'immigrés que la France - la moitié de toute l'immigration dans l'Union Européenne.
Ces dix dernières années, "l'Allemagne a accueilli 7 millions d'immigrés, légaux ou non, contre un million en France. Jusqu'en 1994, l'Allemagne a reçu chaque année l'équivalent d'environ 1% de sa population : où en serait la cote de Jean-Marie Le Pen si la France voyait s'installer non pas 100 000 mais 600 000 immigrés par an ?" [8]. En Allemagne, l'asile politique est une obligation constitutionnelle et pas seulement une générosité plus proclamée qu'effective [9]. L'Allemagne connaît un flux d'immigration inconnu ailleurs.
2. Le coût de la réunification entraîne une crise du fédéralisme. Les Länder riches ne veulent plus payer pour les politiques de solidarité du pouvoir central et pour les gens de l'Est. Il est vrai que l'alourdissement des prélèvements obligatoires pour les nouveaux Länder a représenté 2,6% du PIB du Bade-Wurtenberg et 4% de celui de la Bavière. Trop c'est trop. Cet "égoïsme local" très logique joue également sur le plan européen. "Ras le bol de payer pour le Sud"... ou pour les paysans français. L'expression "travailler pour le roi de Prusse" a trouvé sa version allemande... à l'envers.
3. La crise de l'économie sociale de marché est venue comme une remise en cause existentielle, d'autant plus que l'Allemagne moderne est un système économique avant d'être une entité politique. Dans ce contexte, l'abandon du DM en faveur de l'euro a encore une portée symbolique que les Français peuvent difficilement comprendre. Il faut réellement ignorer les réalités allemandes - ou les juger à travers des fantasmes personnels - pour dénoncer l'arrogance monétaire ou l'impérialisme économique germanique . Les Allemands éprouvent les pires difficultés pour réformer un système trop rigide, libérer des pesanteurs bureaucratiques une économie plus subventionnées et plus protégée que la française... L'Allemagne libérale face à une France étatiste ? C'est le choc de deux mythes, le heurt de deux contre-vérités. En fait, les deux pays ont les mêmes problèmes à résoudre et les mêmes défis à résoudre - c'est d'ailleurs une vraie chance pour l'Europe si on sait tirer toutes les leçons de ce constat à Paris et à Berlin.
Ces convergences renforceront-elles l'ancrage européen de l'Allemagne ? Oui, à deux nuances prés :
• A Munich notamment, se développe ce qu'Alexandre Adler appelle justement un "national-mondialisme". Le fédéralisme allemand est dépassé ; l'Union Européenne est trop petite : seul importe la Bavière dans le monde. Désintégrée l'Allemagne ; dépassée l'Europe ! Le nouveau "modèle bavarois" commence à fasciner une partie des droites européennes : un conservatisme local mal assumé et un internationalisme libéral cultivé.
• Globalement, l'opinion publique allemande est saisie par ce que l'on peut appeler la "tentation helvétique". Ceux qui sont hantés par "l'impérialisme allemand" devraient trouver dans cette évolution l'apaisement de leurs peurs.
Les Allemands n'ont vraiment plus envie de dominer le continent, d'une façon ou d'une autre. Ils veulent défendre leurs intérêts, c'est évident. Mais ils aspirent à une "normalité quotidienne". "Mitteleuropa, c'est fini ! Il n'y a plus de colosse allemand" note Dieter Wild, directeur adjoint de la rédaction du Spiegel .
On comprend mal outre-Rhin le besoin de grandeur (donc d'activisme diplomatique) de la France (donc de l'Europe). On comprend mal surtout le pourquoi des procès d'arrière-pensées sans cesse nourris en France, le besoin qu'ont certains dirigeants français d'alimenter les peurs et les craintes. La Bundesbank n'a jamais été l'état-major de Bismarck.

"L'Allemagne, note justement Alexandre Adler a un chiffre secret. C'est de porter comme à regret de fardeau gréco-romain de l'empire universel de Rome que d'habiles prélats italiens lui ont remis en gage comme malgré elle, alors que la volonté profonde serait plutôt d'oublier les Hohenstaufen, les Habsbourg, les Marx-Engels et les Reich successifs et éphémères pour se retrouver un jour chez elentre Rhin et Oder, à contempler les aquarelles de Caspar David Friedrich, abandonner enfin - comme le dernier Thomas Mann - la gravité dodécaphonique du Docteur Faustus pour s'incarner joyeusement dans le chevalier d'industrie Félix Krull ?" C'est peut-être caricatural mais ce n'est pas faux.
Cette "tentation helvétique" a une retombée négative sur la politique européenne ; l'Allemagne ne rejoint-elle pas ainsi les pays neutres ou scandinaves, voire les Anglo-saxons : une "Europe-espace", oui, une "Europe-puissance", non. Que chaque "canton" du Continent s'occupe de ses oignons ! A quoi bon des "politique communautaires" et des "responsabilités mondiales" ? Après avoir eu peur d’une Allemagne militariste, voici la peur d’une Allemagne neutraliste. Que ferons les Français quand ils n’aurons plus peur de l’Allemagne ? Peur d’eux-mêmes peut-être…
Cette "tentation helvétique" s'explique très facilement en raison des deux traumatismes complémentaires que l'Allemagne réunifiée doit assumer. C'est d'autant plus vrai que les Allemands ont su, mieux que tous les autres, souvent dans la douleur, se regarder tels qu'ils sont, analyser honnêtement leur passé, tirer les leçons des quatre grands malheurs qu'ils ont connu : le nationalisme exacerbé, le nazisme, la dictature communiste, la division haineuse.
L'âme allemande demeure fractionnée. "Deux âmes, hélas, habitent ma poitrine", soupirait déjà Schiller . « Ce peuple reste très romantique », disait de Gaulle. A l'Ouest, le passé ne passe toujours pas. A l'Est, c'est le présent qui pèse.
Les Français face aux phénomènes de la collaboration avec le nazisme, de l'attraction fasciste, de la fascination raciste et sectaire une attitude fondée sur l'arrangement, l'art de savoir "mettre le couvercle", "refermer la marmite"... D’où, d’ailleurs, en partie, la folie raciste, antisémite et arbophobe qu’elle connaît aujourd’hui…
Les Allemands ont le mérite de l'honnêteté intellectuelle, de l'examen de conscience. Mais les Allemands de l'Est ont un double problème qui explique leur dépression collective : ils doivent se dédouaner simultanément du nazisme et du stalinisme. Or le Communisme les avait blanchis artificiellement du premier... et les slogans antifascistes les avaient fait adhérer au second.
Force symbolique de Weimar, la ville de Goethe, capitale culturelle de l'Europe en 1999, située à huit kilomètres du camps de Buchenwald ! Puissance empoisonnée des dossiers de la Stasi ! 180 kilomètres ; 34 millions de fiches : qui n'a pas trahi quelqu'un ? La Stasi comptait 300 000 collaborateurs pour 16 millions d'habitants et un réseau d'informateurs qui se glissaient dans les familles ou les cercles d'amis. Personne n'échappe à la remise en cause.
L'Allemagne reste un vrai "chaudron de sorcière" pour reprendre une expression de Christa Wolf. Pour oublier, il faut se souvenir. L'odeur nauséabonde du passé s'accroche d'autant plus que les réalités présentes de la vie quotidienne n'incitent ni à la joie, ni à l'optimisme. Tout est source de culpabilisation, y compris une inévitable mais certaine... nostalgie. Rien n'incite aux grands desseins, pas même cette "dernière utopie" qu'on appelle Europe.
L'un des problèmes allemands, dans ces perspectives, c'est de ne pas toujours être compris par les Français. Pour reprendre une expression de Lucas Delattre : "l'Allemagne pense comme la France, mais elle aimerait aussi que la France pense comme l'Allemagne". Le "Bonheur allemand" n'est plus dans les grands desseins.
Pourtant la construction européenne exige l'énergie et l'imagination des "grands desseins". L'heure d'un nouveau "bond en avant" [16] doit sonner.
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30/01/2005
Le Boche et l’ami allemand (II)
Sacré Charlemagne ! Le serment de Strasbourg….
Sacré Charlemagne ! Est-ce à lui qu'il faut remonter ? N'aurait-il pas dû être notre père à tous ? N'était-il pas le premier Européen ? Son bel Empire couvrait une bonne partie du "petit cap d'Asie" - sans nos amis britanniques, il est vrai. "Vicissitudes de l'Histoire" redirait De Gaulle... Problème de famille. Ou plutôt de succession. Louis-le-Pieux a tout gâché. Ses trois enfants ont tout gaspillé. Envolé, l'héritage ! Piégé, l'avenir...

Nous voici en 842, à Strasbourg. Pour un "serment" doublement historique. Louis et Charles s'unissent contre Lothar. En langue romane et en haut-allemand. Deux langues ? Oui. Deux peuples ? Ce n'est pas aussi simple... En tous cas, Joseph Rovan a raison. C'est de ce printemps 842 que date le début des grandes relations franco-allemandes. Drôles de relations ! Faussées d'entrée par la géographie, l'histoire et la démographie. Strasbourg 842 annonce Verdun 843. Les lieux comptent et racontent.
Les Francs deviendront vite les Français. Une nation ? Davantage. Un Etat-nation. Grâce à Clovis, un Belge. Grâce à Richelieu et à une centralisation précoce et très forte. Les Germains, chers cousins, devront attendre Bismarck... pour trouver leur unité nationale. Une Kultur-notion. Quel décalage ! Comment cet écart-là ne laisserait-il pas des traces ?
Les Français qui aujourd'hui encore affichent une réelle peur de l'Allemagne ont une mémoire bien sélective... "L'ennemi héréditaire", pendant des siècles, ce n'était pas l'Allemand pour le Français : c'était le Français pour l'Allemand. Pour cause...
C'est le sol allemand qui, longtemps, fut le champ de bataille privilégié. L'impérialisme, l'hégémonisme, l'esprit de domination ont été longtemps plus français que germanique. En quatre siècles ; 19 des 23 guerres franco-allemandes se déroulèrent exclusivement sur le territoire germain.
La guerre de Trente Ans ? Entre 1618 et 1648, l'Allemagne s'est vidée de sa population. De 20 à 7 millions : les deux tiers de perdus ! Ce sont les huguenots français qui repeupleront Berlin...
Le Traité de Westphalie, en 1648, est un modèle de chef d'œuvre d'une diplomatie d'arrière-pensées ! Le couronnement d'efforts constants pour contrôler "la puissance germanique". L'un des "fils rouges" essentiels de l'histoire de l'Europe, de François 1er... à François Mitterrand, c'est-à-dire jusqu'à l'acceptation de la réunification allemande sous la cape de l'unité européenne... Par le Traité de Westphalie, la France s'arrogeait même un droit de regard sur le "devenir allemand". Ingérence.
Après Louis XIV, il y a eu... Napoléon. Bonaparte était encore supportable. Le souffle de la liberté, des idées révolutionnaires d'émancipation, le code civil, une modernisation administrative... Mais Napoléon ! On comprend que Beethoven ait débaptisé sa Symphonie Héroïque quatre ans après l'avoir écrite en l'honneur de l'Empereur !
C'est, en fait, Napoléon qui, à coups de bottes et de sabres, a suscité le vrai "nationalisme allemand". Le "Discours à la Nation allemande" de Fichte, recteur de l'université de Berlin, date de 1807. Il est le fruit d'une résistance à l'hégémonie française, donc aux valeurs incarnées par les "impérialistes" de Paris : la raison, l'individualisme. Mystique du sol et du sang. Triomphe du "Volk". Le romantisme fera le reste... Avec les suites que l'on connaît. Une révolution territoriale et culturelle.
Un retour des choses, logique : c'est à Leipzig en 1813 que l'empire napoléonien commença à s'effondrer. Les Allemands en 1815 seront dans le camp des vainqueurs. Avec quelques belles rancunes et rancœurs.
Ce n'est pas un hasard si en 1871, le Reich est proclamé dans cette galerie de Versailles dont Louis XIV "dans sa vanité avait fait le temple de sa propre grandeur". Plus qu'un symbole : une vengeance. L'Histoire remettait d'autant mieux les pendules à l'heure qu'en 1870 c'est la France qui avait déclaré la guerre à la Prusse d'un "cœur léger" pour ce que Thiers lui-même appelait un "détail de forme" (la dépêche d'Ems).
Humiliée, la France ! Envahie, amputée, meurtrie. "L'année terrible". 140 000 soldats tués, 400 000 civils morts, l'Alsace et la Lorraine perdues : la ligne bleue des Vosges devient la crête de la haine et le front de la peur. "L'ennemi héréditaire" devient l'Allemagne pour les Français. La guerre-boucherie de 14-18 et l'imbécile Traité de Versailles ne résoudront rien. Faut-il en rappeler la "facture" ? 1 400 000 morts, 3 millions de blessés en France, 2 300 000 morts en Allemagne. Et la suite... L'horrible suite. Malgré les "plus jamais ça" ! Malgré Aristide Briand et Streseman. C'est le siècle de la folie collective.
Heureusement, le XXe siècle restera aussi dans les livres d'histoire avec d'autres images : celles du Général De Gaulle et d'Adenauer à la cathédrale de Reims ; celles de Mitterrand et du Chancelier Kohl, main dans la main, à Verdun, celle de Chirac et de Schroeder à Caen pour le cinquntième anniversaire du débarquement... La réconciliation franco-allemande est le vrai tournant du XXieme siècle et la grande promesse u XXI ième. Plus qu'un événement : un mouvement de bascule de l'Histoire et un signe d'espérance. Il n'y a aucune fatalité de la guerre... Fêté pour son Prix Nobel de la Paix, John Hume, eurodéputé irlandais, déclarait en novembre 1998 devant le Parlement Européen à Strasbourg, "C'est sur le pont du Rhin qu'une pensée a jailli : si la paix a été possible ici, elle sera possible partout."
Que fait Gerhard Schröder dès son élection en 1998 à la chancellerie ? Il fait le voyage de Paris. Pour rencontrer Chirac et voir Jospin - cohabitation française oblige... Ce n'est même plus une information : l'événement eût été dans une absence de déplacement, dans une non-visite. Ce n'est qu'une tradition - de bon voisinage, de partenariat. Qu'avait fait Kohl en 1882, dès son investiture ? Il avait volé vers Paris. Qu'avait fait Chirac dès son installation à l'Elysée en 1994 ? Il avait dîné avec Kohl, à Strasbourg. Cordialement. Chez son amie Yvonne, la reine des "winstubs", une de ces tavernes strasbourgeoises où l'on se retrouve entre amis, autour d'un bon verre et quelques cochonnailles, pour mieux se connaître (s'apprécier) et, éventuellement, refaire le monde - ou, très sérieusement - construire l'Europe.
"L'esprit winstub", c'est l'Europe rhénane, dans ce qu'elle a de plus chaleureux. De plus latin. De plus extraverti. C'est l'Europe du cœur et des tripes. De l'esprit et de l'estomac. L'Europe des gens. Sans protocole guindé et hypocrite. Sans artifice. L'anti-technocratie. L'anti-formalisme. L'Europe concrète, du contact.
Schröder n'est pas Rhénan. Il est du Nord. De l'Allemagne tournée davantage vers le monde anglo-saxon que vers la ligne (bleue) des Vosges, ou vers la liaison Rhin-Main-Danube. Politiquement, on le dit, sans le connaître plus proche des travaillistes de Tony Blair que des socialistes de Lionel Jospin. Humainement, trouvera-t-il des "atomes crochus" avec Jacques Chirac ? "Un vrai partenaire" dira-t-il très vite. "Un vrai social démocrate"...
Jacques Chirac, lui, n'en est pas à une "cohabitation" près : onze des quinze pays de l'Union ne sont-ils pas (provisoirement, bien sûr) socialisant en 1999 ? Vivre, c'est "vivre avec"... En bonne intelligence, si possible. D'ailleurs dans cette "Europe rose" (et verte), Jacques Chirac ne sera pas forcément mal à l'aise.
Le gaullisme n'est pas le libéralisme : l'économie a une finalité sociale - et "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille". Une belle phrase que tous les Européens devraient reprendre en slogan ! Le gaullisme n'est pas la résignation face aux événements, mais l'art de se donner les moyens de maîtriser les choses, donc l'avenir.
Le gaullisme, dans les incertitudes européennes de ce début de siècle, peut même constituer un message très progressiste : le refus de la soumission au marché ; la volonté de réaffirmer le poids du politique sur l'économique ; la recherche d'une "Europe européenne" dans une mondialisation trop marquée par une américanisation outrancière ; l'engagement en faveur de politiques européennes concrètes : la réinvention d'une planification à la française - conçue par De Gaulle et Jean Monnet ! - qui pourrait servir de modèle à une Europe toujours en quête de méthodes pour anticiper l'avenir.
Le gaullisme, c'est aussi - encore et toujours - la réconciliation franco-allemande. Alors Schröder pourquoi pas ? D'ailleurs avec Helmut Kohl - sacré, comme Monnet, "citoyen d'honneur de l'Union Européenne" - tout n'allait pas toujours pour le mieux, malgré "l'esprit winstub". Tous les malentendus personnels n'avaient pas été dissipés...
Jacques Chirac tenait rigueur au Chancelier d'avoir tenu un discours un peu ambigu à l'occasion du cinquantième anniversaire de la défaite du nazisme. "Nous sommes aujourd'hui les numéros un en Europe. Ce n'est pas la peine de le crier trop fort. D'ailleurs tous nos partenaires le savent..." Qu'est-ce à dire ? L'Allemagne, qui n'est plus un nain politique, masquerait-elle ses tendances hégémoniques sur le continent derrière un européanisme de façade ? Renouerait-elle avec la tentation du "Sonderweg", du "chemin particulier" ?
Le Chancelier Kohl, lui aussi, avait la mémoire encombrée... Il n'avait pas oublié le jeune Chirac, fougueux avocat des agriculteurs français, à qui un ministre allemand de l'agriculture conseille, en plein Conseil des ministres... daller voir un psychiatre ! Il n'avait pas oublié non plus le trop célèbre "appel de Cochin" et sa dénonciation du "parti de l'étranger". Anti-européen, Chirac ? Mais non. Il a fait ratifié l'Acte Unique. Il a fait campagne pour Maastricht (contre Seguin et Pasqua). Il s'est prononcé pour la monnaie unique. Et il veut une défense européenne et une Europe politique. Avant de rencontrer Kohl à Strasbourg, n'était-il pas allé rendre visite à Hänsch, le Président du Parlement Européen ? Plus qu'un geste de courtoisie : un symbole. Un engagement.Mais "l'esprit winstub" ne résout pas tout... Chirac et Kohl : chacun, sans doute, attendait trop de l'autre. Politiquement et diplomatiquement. Chacun a été déçu : c'est logique. Kohl attendait un soutien plus fort de Chirac - des gages politiques plus grands - pour mieux faire passer la dilution du deutsch mark dans l'euro. Chirac attendait de Kohl plus de soutien dans les préoccupations sociales (anti-chômage) de la politique européenne et davantage d'arguments pour atténuer l'euroscepticisme qui caractérise trop une partie de sa majorité.
Les rivalités franco-germaniques dans les conquêtes des marchés de l'Est n’ont pas facilité les choses. Les divergences entre Paris et Bonn sur les dossiers de l'ex-Yougoslavie, encore moins. Kohl, lui, n'avait sans doute pas fait totalement son deuil de sa véritable ambition : avec Mitterrand, il voulait rendre "irréversible" la construction européenne. Cela n'a pas pu être fait. La faible consistance du Traité d'Amsterdam est d'abord un échec franco-allemand. Mais ce petit passage à vide n'enlève rien à l'essentiel. Le couple France-Allemagne, c'est le vrai "miracle européen" du dernier demi-siècle. Une belle victoire, de chacun sur soi-même et un joli triomphe du réalisme.
Nous l’avons vu : Schuman et Adenauer avaient ouvert la voie. Solidarité démocrate-chrétienne et vision européenne commune. Le chancelier allemand a pu instruire son action dans la durée mais le président du Conseil a été freiné dans ses élans par l'instabilité politique de la IVe République.
Le début des années 50 n'a pas été de tout repos : problème de la Sarre, échec de la Communauté Européenne de Défense, subtilité perverse de la diplomatie britannique, campagnes françaises contre "le réarmement allemand"... Adenauer et Mendès-France, par exemple, n'ont jamais réussi à bien se comprendre. Une affaire de tempérament, sans doute. Trop de non-dits, surtout. Pourtant les deux hommes se sont vus beaucoup après l’échec de la CED.
Il y a d'ailleurs eu d'autres périodes difficiles. De Gaulle, les « noces » rémoises mises à part, n’a jamais beaucoup apprécié Ehrardt, jugé trop "arrogant" - et trop libéral. Pompidou et Brandt n'ont jamais réussi à se trouver des atomes crochus. Mais dans l'ensemble, tout s'est plutôt très bien passé. En dépit des oppositions politiques.
Giscard d'Estaing, le libéral, et Helmut Schmidt, le socialiste, sont devenus se vrais complices. François Mitterrand et Helmut Kohl ont réussi à nouer des relations qui ont permis de surmonter des divergences fantastiques. Sur la réunification allemande, par exemple. Ou sur la reconnaissance de la Croatie. "La véritable amitié, dit Kohl, ce n'est pas d'être d'accord sur tout. C'est de pouvoir surmonter ses divergences et ses désaccords avec intelligence". Sans susceptibilité mal placée. Sans mouvement d'humeur déplacé. Sans arrière-pensées indignes.
(A SUIVRE)
19:20 Publié dans Europe , France-Allemagne , Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Europe
Le Boche et l'Ami allemand (I)
Le Boche et l’ami allemand
Tiens, tiens...Les relations franco-allemandes n'ont pas fait la Une de l'actualite depuis longtemps. Un bon signe? On parle peu de ce qui fonctionne bien. Un peu. Mais il est possible aussi que ce silence révèle comme une stagnation, l'absecnce de progrès nouveau dans une coopération qui est loin d'avoir atteint tous ses buts. Le point, en plusieurs épisodes, sur hier, aujourd'hui et demain. Petite radiographie de relations qui restent la collonne vertébrale de l'Union européenne

I) "Devenir des frères"
« Les Français et les Allemands doivent devenir des frères. La fraternité des deux peuples doit devenir quelque chose d’élémentaire (…) Il est clair que nos intérêts se rencontrent et se rencontreront de plus en plus. Elle a besoin de nous autant que nous avons besoin d’elle ».
Ce n’est pas Robert Schuman, celui que l’on traitait de « Boche », à l’Assemblée nationale, qui parle : c’est le général de Gaulle, l’homme qui avait combattu la CECA, tuer dans l’oeuf la CED, condamné la construction d’une Europe fédérale, ces « billevesées », cette « chimère » et combattu la reconnaissance d’une Allemagne « traitée à égalité », donc tout ce pourquoi Adenauer s’était battu…
La vie est mouvement, heureusement. Et les « grands hommes » savent rester eux-mêmes en se métamorphosant. En l’occurrence, ce n’est pas Adenauer qui s’en plaindra. Schuman non plus : cette réconcliation franco-allemande qui , bientôt va se trduir par le tritéde l’Elysée, c’est aussi sa victoire. La dernière victoire qu’il ait remporté, vivant.
En l’occurrence, de Gaulle renoue avec ce qu’il pensait depuis longtemps : « L’Allemagne n’est pas l’ennemi héréditaire des la France », le Rhin ne doit plus etre une frontière, mais l’artère vitale de l’Europe. Charlemagne ressuscité, presque…
Nous sommes le 27 juin 1962 : le général, dans le salon doré de l’Elysée, tient à s’assurer que la visite officielle que doit faire Adenauer en France sera bien « comprise par la presse » et se déroulera du mieux possible. Il veille à tout, personnellement, y compris aux roses de la chambre du Chancelier, et à la grand croix de la Légion d’honneur qu’il lui dédernera .
« Ce voyage est capital(…) pour lui, nous faisons le grand jeu. Une visite d’Etat comme s’il était président de la République (…) Personne ne peut mieux que lui me serrer la main. Mais personne ne peut mieux que moi la lui tendre. Parce que j’ai été pour eux un adversaire implacable pendant la guerre, c’est de moi qu’ils attendent l’absolution de leurs crimes de guerre (…) L’essentiel c’est que les deux peuples exorcisent les démons du passé et qu’ils comprennent maintenant qu’ils doivent s’unir pour toujours »…
Le 6 juillet, de Gaulle et Adenauer se retrouvent à Mormelon, au cœur de cette Champagne qui a tant souffert. Ils passent les troupes en revue : après la 11ième division légère d’infanterie française, les Panzer-grenadiers de la 13ième brigade de Wetzlar. Dix-sept ans après la guerre. Ce défilé soulèvera moins de polémiques que celui des Allemands de l’Eurocorps le 14 juillet 1994, 50 ans après la Libération, note Alain Peyrefitte…
Puis c’est la messe solennelle dans la cathédrale de Reims, si chargée d’Histoire, presque complètement détruite par les Allemands. « Reims, évidemment… », avait dit le général. « Reims, ville martyre de la première guerre mondiale. Ville qui a reçu la réédition de l’armée allemande à la fin de la Seconde. Dans cette cathédrale où étaient sacrés nos rois, où Jeanne d’Arc est venue pour couronner ce pauvre Charles VII. Ces lieux où a été baptisé Clovis, et où l’on opeut dire que la France aussi a été baptisée »

De Gaulle et Adenauer sont cote à cote, dans le chœur. Mgr Marty célèbre l’office, assisté de deux prêtres, l’un avait été prisonnier, l’autre déporté. Adenauer communie, de Gaulle, chef d’un état laïc, non. Un Alléluia de Haendel retentit quand les deux hommes redescendent la nef, comme pour un mariage …
Tant pis si , à Paris, le peuple « avait montré peu d’empressement » pour accueillir le Chancelier, des cris et des banderoles avaient dénoncé « le militarisme allemand» et les « revanchards allemands » et si à Reims même, dans des rues presque désertes, des colifichets étaient on ne peut plus clairs : « vive la République démocratique allemande », « pas de nazis en France »…
De Gaulle a souligné la « vague des témoignages admiratifs », la « convivialité venue des profondeurs françaises» , « l’approbation » de « l’âme populaire » à ce qui constituait « un acte capital »… Adenauer, lui aussi, « a fait comme si …» La première fois qu’il était venu à Paris en voyage officiel, le 18 avril 1951, pour la signature du traité de la CECA, tout avait été très discret : des menaces d’attentats avaient été proférées, et des manifestations d’hostilité avaient été annoncées Adenauer avait été pratiquement caché…« Le chancelier n’était pas homme à s’arrêter aux formes extérieures, écrira Monnet. Lui aussi avait affaire à ses conservateurs de droite et de gauche et à ses militaires traditionalistes qui le poussaient vers un neutralisme qu’il jugeait illusoire ».
Des manifestations populaires, il y an a eu, en revanche, quand de Gaulle a fait son voyage officiel en Allemagne. Triomphal. « Un vrai délire », commentera Couve de Murville, pourtant expert en litotes. »Un déchaînement d’enthousiasme ». C’est « l’ami français », mais aussi le chef de la Résistance à Hitler et celui qui « voulait faire la paix dans les cœurs » qui était accueilli. « J’ai été pris dans un torrent », dira de Gaulle. « il y avait là un fait historique, aqel on ne pouvait pas se dérober et qui était clair comme la lumière du jour »
Résultats le Traité de l’Elysée dont le quarantième anniversaire a été célébré avec faste, mais qui reste encore à appliquer plus complètement : toutes ses promesses ne sont pas tenues. Et des projets de véritable « union entre la France et l’Allemagne » restent hélas dans des tiroirs. La « fraternité » souhaitée par De Gaulle comme par Schuman reste à trouver le sens qu’elle devrait avoir : les « frères » sont trop soupçonneux l’un envers l’autre. Et les divisions françaises sur l’Europe ne facilitent en rien les choses … même si la plupart de ceux qui parlent d’une « prochaine guerre avec l’Allemagne » fon de la provocation ou affichent un rétrofuturisme d’une pathologie particulière.

En fait les Françis connaissent trop peu les Allemands, ce qui les rend soupçonneux quoique fassent les Allemand. Comme dit, avec un sens du paradoxe humoristique, un journaliste d’outre-rhin : « Les Allemands pensent comme les Français, mais ils aimeraient bien que les Français pensent comme eux »
Derniers soupçons, depuis la chute du Mur : L'Allemagne depuis 1950 n'a-t-elle été "européenne" que par obligation morale et géopolitique ? Conservera-t-elle son engagement pour l'Union Européenne alors qu'elle a recouvré toute sa souveraineté, toute sa puissance économique, tout son rayonnement culturel au cœur du continent ?
" Que devons-nous faire ?Vous pouvez nous reprocher notre histoire, redirait Kohl. Mais pas notre géographie". Cette question allemande reste évidemment au cœur de la "question d'Europe" . Elle est d'ailleurs autant franco-allemande, ou anglo-allemande, ou polono-allemande que strictement germanique. Elle est peut-être même d'abord française...
(A SUIVRE...)
12:10 Publié dans Europe , France-Allemagne , Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe












