<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Le Blog-notes de Daniel RIOT - les_grenouilles_de_noel</title> <description>&amp;quot;Les événements ne sont que l'écume des choses&amp;quot; (Paul Valéry)</description> <link>http://www.danielriot.com/les_grenouilles_de_noel/</link> <lastBuildDate>Mon, 12 May 2008 09:01:04 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2005/10/08/ou-andre-wenger-revit.html</guid> <title>Où André Wenger revit...</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2005/10/08/ou-andre-wenger-revit.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Sat,  8 Oct 2005 03:45:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_wenger.jpg&quot; src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_wenger.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; Bravo et merci Joelle: Internet est une arme contre la mort, contre l'oubli. Tu viens d'ouvrir un beau site sur ANDRE, sur ton papa qui reste VIVANT pour toutes celles et tous ceux qui l'ont connu. Les artistes authentiques ne meurent jamais.&amp;nbsp; &lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://joe67.free.fr/wengerandre/&quot;&gt;A VISITER &amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&amp;gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_wenger_2.jpg&quot; src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_wenger_2.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_suite_et_fin.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (suite et FIN)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_suite_et_fin.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 13:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;Z&lt;br /&gt;
Zodiaque&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;L’horoscope des grenouilles&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_zodiaque_1_jpeg.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;« Pourquoi les humains si friands de prédictions  et si superstitieux n’ont-ils pas fait  de la grenouille un des signes du zodiaque, une figure de leurs cartes, un de leurs outils de leur voyance, mon BOB d’Amour ? Tu dois le savoir, toi qui est le magicien de l’étang …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu sais, Fabienne, FAFA ma sorcière bien aimée, que c’est parce que, nous les grenouilles, nous sommes de tous les signes, sous toutes les latitudes . Nous sommes aussi de tous les chiffres. C’est pour cela que nous sommes les reines de la métamorphose. Les déesses  des magiciens sont souvent des grenouilles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Certains scouts nous prennent comme totems. Mais ce n’est pas toujours gentils :  « Aime aider les autres. Parle à tord et à travers », dit-on de nous…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est parce qu’ils ne comprennent ce qu’on chante et ce qu’on dit. Et ceux qui croient nous comprendre se trompent : la batromancie est un piège à naïfs. C’est comme les météorologues  qui comptent que nous jouions les baromètres au fond d’un bocal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tout de même, nous savons mieux que quiconque quand il sera agréable de sortir et quand il vaut mieux se mettre à l’abri…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Parce que nous sommes de la Lune et du Soleil et de tous les éléments : la terre, l’eau, l’air. Nous sommes même du Feu, puisque notre sang froid ne nous empêche pas d’avoir le cœur chaud. Les Chinois le savent puisqu’ils nous relient à la fois au ciel et au centre de la terre. C’est d’ailleurs pourquoi nous n’avons jamais eu peur des dragons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu es un vrai poète, mon BOB chéri…Il paraît que, grâce à nous, les Chinois pouvaient mesurer les tremblements de terre. Le premier sismographe était, paraît-il, constitué d’un vase rempli de billes et de statuettes nous représentant bouche ouverte. Quand séisme il y avait, les billes tombaient dans nos bouches. Et ils les comptaient. La première échelle de Richert, pardon de Richter, c’est Nous !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et c’est parce que nous sommes des créatures sensibles que nous savons comment le Cosmos évolue. La grosse erreur des humains, dans tous leurs horoscopes, dans leurs jeux de chiffres, de cartes, d’astres, d’arbres, de pierres, de boules de cristal, de marcs de café et autres, c’est de ne pas se préoccuper de « l’ascendant grenouille » qui est en tout en en chacun&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
-Tu veux dire, BOB mon coeur,que nous jouons un rôle qui est ignoré dans tous les horoscopes : l’Occidental, le Celte, l’Egyptien, l’Hindou, le Chinois, l’Arabe…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Absolument, FAFA ma fabuleuse. L’ascendant grenouille, c’est le facteur qui détermine la force de la libido de chacun. La grenouille est un vrai libidomêtre ou un libidographe, comme tu veux. L’échelle de Grenouiller, ce thermomètre des secousses sexuelles, compte évidemment sept degrés, sept barreaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et on arrive au huitième ciel quand les amants font exploser le thermomètre, quand leurs &quot;travaux&quot; ne s'arrêtent pas en cours de chantier…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est là, FAFA mon élue, qu’ils ont l’impression de décrocher la Lune, d’approcher le soleil, de féconder l’univers…De détenir le vrai pouvoir.Celui de la jouissance totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Les mages disent beaucoup &lt;br /&gt;
de choses et si leurs assertions&lt;br /&gt;
 sont exactes, il faudrait regarder&lt;br /&gt;
 les grenouilles comme&lt;br /&gt;
 plus utiles aux sociétés que les lois »&lt;br /&gt;
Pline l’Ancien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais comment les Humains pourraient-il calculer leur « ascendant grenouille », mon BOB qui sait tout ? Ils manquent déjà d’esprit pour être pleinement bien avec leurs corps, dans leurs corps et avec d’autres corps. Et ils semblent tout confondre. Le désir, le besoin, le manque…Le don, la possession, la domination…Le sexe et le sens…Le cœur et le Cul. L’Amour et la bestialité. L’érotisme et la pornographie. La viande et l’âme. Où est-il cet « Amour-force » que chantait Rimbaud, ce chemin qui mène au cœur de la Grande Rose des Elus que décrivait Dante ? Nous sommes dans l’ère de l’Amour falsifié&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ne joue pas les pessimistes, FAFA d'Amour. La grande Rose des Elus est toujours là. Le problème, c’est que les Hommes ont peur de tout, y compris du Bonheur. Ils ont même peur de ne plus avoir peur…C’est ce qui les empêchent d’assumer leur « ascendant Grenouille » Ils ont même peur de le calculer…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais comment veux-tu qu’ils le calculent ? C’est trop complexe…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Chacun, FAFA de mon Coeur,  doit faire le calcul en appréciant la « portion grenouille » de chaque signe dans tous les horoscopes. Un exemple : Notre ami Doudou est Bélier dans le zodiaque classique, Pommier dans l’horoscope celte, Chien dans le Chinois&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et alors, mon BOBY (building)? Je peux même ajouter qu’il est sous la protection de Thôt dans l’astrologie égyptienne. Tu sais ce dieu d’Hermopolis qui avait huit dieux grenouilles avec lui et qui était l’incarnation de la Parole, le patron des scribes, et saint protecteur des magiciens, bien avant saint Jean Bosco, fêté aujourd’hui sans doute parce que les farceurs sont rarement des sanctifiés…Ce Piémontais a d’ailleurs  été canonisé un 1er avril (en 1934 par pie XI). Cela ne s’invente pas…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Cela assure à notre ami Doudou un bel « ascendant grenouille ». Cela ne m’étonne pas, d’ailleurs. Il est comme nous ou comme nous aimrerions être, si nous 'étions pas contaminé par le mal qui nous entoure: il aime aimer et il déteste les injustices et la méchanceté. Mais il faut évidemment tenir compte des autres facteurs Il est aussi sous le signe du grand « Li Zombi », le dieu serpent des vaudous, paraît-il. Et dans l’horoscope arabe, son arme, c’est le poignard. Sans doute parce qu’il utilise souvent sa langue pour fendre les cœurs ou dénoncer les travers du genre humain, ce qui ne lui vaut pas que des amis. Il faudrait également connaître son horoscope Karmique : les vies antérieures sont inscrites dans les cartes du ciel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu parles du kama-sutra, BOB mon athlète? Tu es si souple...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Fadaises ma FAFA!Le karma, pas le kama...La reine Chanchant te le dirait si tu ne l'avais pas rejeter de notre Cour pour lui faire payer ta jalousie et son refus de la courtisannerie te le dirait:le karma, c'est important. Il suffit d’y croire pour le voir.  Et là encore, l’influence « grenouille » peut être plus ou moins forte, plus ou bénéfique ou bienfaisante …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 -D’accord mon BOB, mais nous voilà bien avancés... Il faudrait mettre tous ses éléments dans l’ordinateur, rajouter les cartes du ciel de son heure de naissance et celles d’aujourd’hui et lui faire tirer quelques cartes en plus. Quel chantier ! Même une plytechnicienne s'y perdrait...Si nous passons notre temps à savoir ce que notre avenir sera, nous sommes sûrs de ne rien faire de notre présent, mon bon BOB…Si nous retournions dans notre étang ? Ma peau attend tes ventouses magiques.ET les astres me disent que mon corps attend le tien »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
« On rencontre sa destinée&lt;br /&gt;
Souvent par des chemins qu’on&lt;br /&gt;
 Prend pour l’éviter »&lt;br /&gt;
Jean de La Fontaine&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, Bob voulait impressionner sa Fafa, sa prtenaire de tandem, par son érudition. Magicien sait parler pour mieux cacher ses tours…Mais il avait raison sur un point : il faut avoir la sagesse, pour tous les signes, de mesurer le plus précisément possible l’influence intrinsèque des grenouilles, omniprésentes. « Connais-toi toi-même » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_zodiquze_2_jpeg.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici, puisés aux meilleures sources de l’intuition, quelques conseils, signe par signe, donnés avec l’aide posthume de maître William Shakespeare. Seul un Maître d’Outre-Manche pouvait servir de parolier pour cet horoscope des admirateurs (et des mangeurs) de grenouilles…Merci ,William.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Bélier &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vous plongez dans l’action comme les grenouilles dans l’étang. Mais la grenouille sait, en hibernant, se reposer. Par les deux bouts, elle ne suce pas la vie en permanence. Vous avez raison : « les hommes ne sont que l’instant », « la vérité a un cœur tranquille » et « nous glissons de jour en jour jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit sur le livre de notre destinée ». Un conseil argent : ne vous contentez pas du « Est bien payé celui qui est satisfait »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Taureau&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Venus, donc la grenouille, est au centre des cornes du signe. Et le culte du phallus est d’origine céleste. Mais plaisirs et sécurité, élans et stabilité sont mariages difficiles. Attention : « Le sang attire le sang » et « les puissants ne travaillent qu’à marcher sur nos vies ». Assumez : « être grand, c’est épouser une grande querelle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Gémeaux&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mercure aux commandes. Les grenouilles coassent et vous communiquez. Restez en mouvement sans oublier que « lorsque l’esprit est libre le corps est délicat » et que « les hommes ne sont que des oiseaux de passage »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Cancer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La Lune gouverne la grenouille au cœur et au corps. Restez sensible, mais n’oubliez pas : si « les caresses prouvent l’affection », « elles ne sont pas un remède ».Un conseil de vie : il faut savoir « faire une folie qui rend gai » plutôt qu’une « expérience qui rend triste »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Lion&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En plein Soleil. Cà chauffe !. La grenouille envient, mais elle a toujours su, bien avant La Fontaine qu’un seul soleil suffit à l’équilibre général. Oui à l’énergie, mais attention aux coup de soleil sur un égo trop exposé ou démesuré.  « Nous doutes nous assaillent et nous font échouer. Et nous manquons le but que nous pourrions atteindre par crainte seulement de ne pas l’atteindre »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vierge&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le symbole même de la grenouille (et réciproquement). Mercure monte parfois partout, y compris dans les thermomètres.  « La vertu accouplée à la beauté, c’est le miel servant de sauce au sucre ». Méfiez-vous : « faire du zèle est dangereux »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Balance&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Venus sur les plateaux, donc la grenouille en quête d’équilibre.. « Pour leurrer le monde , ressemble au monde. Ressemble à l’innocente fleur, mais sois le serpent qu’elle cache ». Attention : « La sécurité est la plus grande ennemie des mortels » Coté cœur :  « L’amour contient tout juste ce qu’il faut pour l’éteindre »&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Scorpion&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pluton au gouvernail. Et la grenouille est à l’aise dans les eaux. Assumez vos passions… « Fées répandez partout la rosée sacrée des champs » et « Tout esclave a en sa main la pouvoir de briser sa servitude ». Un conseil : « Etre dans le doute, c’est déjà être résolu »&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
Sagittaire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Jupiter inspire et un double feu entretient énergie et esprit de liberté. La grenouille en sourit de bonheur.  « Le temps n’a pas la même allure pour tout le monde »…« Celui qui peut sourire alors qu’on a volé , vole lui-même quelque chose à son voleur »…Une question : « pourquoi faut-il que l’amour qui est si doux d’aspect, mis à l’épreuve, soit si tyrannique et si brutal ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Capricorne&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ca tourne, grâce à Saturne. Et grenouillette envie les cornes qu’elle n’aura jamais. Ambition et sensibilité font parfois mal…  « Qu’ils sont pauvres , ceux qui n’ont pas de patience »… « Qui veut élever en un instant une flamme puissante commence par l’allumer avec de faibles brins de paille »…  « Etre furieux, c’est être vaillant par excès de peur »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Verseau&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les grenouilles aimeraient bien jouer les commères avec les humains de ce signe gouvernés par un Uranus plein de bonté. Elles savent , comme eux, que « c’est à l’endroit où l’eau est la plus profonde qu’elle est le plus calme » et que si  « les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes ». Attention :  « Là où loge le souci, le sommeil ne s’abat jamais ». Etre heureux, c’est d’abord ne pas refuser l’idée du bonheur :  « Il y a des gens qui n’embrassent que des ombres. Ceux-là n’ont que l’ombre du bonheur »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Poissons&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Neptune tient la barque, et les mystères de la personnalité sont profonds…Grenouille le sait : « Il n’y a pas d’art pour découvrir sur le visage les dispositions de l’âme ». Attention : « Le malheur se fait d’autant plus lourd qu’il s’aperçoit qu’on le supporte difficilement »… Une consolation : « Quand il est sans remède, un chagrin est fini. Qui n’a plus d’espoir n’aura plus de regret »…«  Un feu qui brûle en éteint un autre »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous l’aurez compris : dans chaque signe la grenouille est un facteur, équilibrant et stimulant…Mais arrêtons là puisque « les hommes de peu de mots sont les meilleurs ».Tout, même cet abécédaire (où toute ressemblance avec des personnages existants est évidemment dûe aux... astres) se termine dans l’inachevé. &lt;br /&gt;
En attendant les coa-coa de l’Eternité…&lt;br /&gt;
					&lt;br /&gt;
					FIN&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonne et heureuse année à toutes et à tous:je n'ai pas lu un seul &quot;horoscope des grenouilles&quot; pour 2005 qui soit pessimiste sur l'avenir ds &quot;roseaux pensants&quot; que nous sommes au bord du &quot;lac des incertitudes&quot;...Coa-Coa-Coa:entendez-vous les chants de l'Amour? &lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_grenouille_sauteusejpe.jpg&quot; alt=&quot;medium_grenouille_sauteusejpe.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille4.html</guid> <title>Eloges de la grenouille (26)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille4.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 12:50:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;Y&lt;br /&gt;
Le i grec&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                     &lt;strong&gt; « L’origine du monde »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_courbet.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;em&gt;(en hommage à Gustave Courbet)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yolande-de-la Lande aimait jouer à cache-cache dans les champs, avec les enfants d’Ornans…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « Venez », lançait-elle aux bambins. « Des prés, j’ai la clef…La clef magique qui déverrouille les portes des mystères les mieux cachés »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les gamins se croyaient malins  « On va t’attraper Yoyo. Et tes cuisses, on va écarter… »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_coubet_nu_allonge.jpg&quot; alt=&quot;medium_coubet_nu_allonge.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Yoyo, chevilles déliées et poignets de fée, savait, de bas en haut et de haut en bas, sautiller sans cesse et échapper aux petits chasseurs qui, même avec une ficelle, ne pouvaient l’attraper. Le jeu de Yoyo, d’ailleurs, est ainsi né…  «  Le mystère le mieux caché est en moi », ironisait Yoyo-l’insaisissable : « C’est mon champ secret. Et ce n’est pas vous qui le labourerez.. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, pourtant, le petit Gustave, qui savait observer, réussit à attraper Yoyo-la sauteuse. Il la prit dans sa main et la caressa gentiment. « Tu as gagné, Gustave. Tu as le droit de me regarder », dit-elle en se mettant sur le dos, en étirant tous ses membres et en dévoilant son camp secret. Gustave en resta coi. La porte de la vie sidère. Médusé, le jouvenceau. Figé comme un pinceau au repos.  « Eh oui ! Tout est là, dans ce paysage de tous les paysages, dans les branches de ce Y, source de vie, origine du monde »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yoyo, bien vite, se retourna et, d’un saut , se dégagea d’une main à jamais marquée par le destin. Devenu grand, et habile du pinceau, Gustave Courbet se souviendra de Yoyo, quand, pour la première fois, dans les champs d’Ornans, une fermière dévêtue, les fesses dans les blés en herbe, écarta langoureusement des cuisses fermes et douces, et offrit tout ce qui  fait monter la sève dans les arbres de vie: une toison qui pousse à la déraison, une orchidée épanouie qui engendre la folie et un nids de lèvres fleuries qui conduisent au paradis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_courbet_origins_dumonde.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;« L’Origine du monde »  est dans le Y, en effet. Les grenouilles, toujours saintes , le savent bien, même sans cette imagination qui , selon Bachelard, est  « une faculté de surhumanité »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Y, c’est Upsilon, Yakintos,  « fleur de jacinthe ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est surtout , en hébreu, si bien décrypté par Marc-Alain Ouaknin, YTEPA, la matrice, l’utérus, le bas ventre. Ce sexe féminin qui donne le jour, le YOM. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette « Porte des hommes » qui est l’outil de Dieu, de YHWH (Yahweh)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette source de l’Histoire qui n’« accouche » d’événements que parce que des enfants naissent dans cette « base », ce « fondement », ce YESOD &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce Temple, où « le Verbe s’est fait chair pour que la chair devienne Verbe », ainsi qu’il est dit dans le prologue de l’Evangile selon Saint-Jean. Et c’est dans  cette source de vie que se recherche le YOD qui est à la fois « éternité » et « moi profond »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_courbet_baigneuses.jpg&quot; alt=&quot;medium_courbet_baigneuses.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la tradition judéo-chrétienne, souvent, voue aux gémonies la grenouille, c’est, bien sûr, parce que les batraciens, par leur impétus naturel, désacralisent ce i grec, si chargé de forces réelles, de puissance symbolique, de sens divin et de… signes païens , avec ses Histoires d’ O et  son triangle d’Or si brûlant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous avez dit « brûlant » ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La femme, toujours en hébreu , c’est ICHA, « le feu qui émane d’elle »… « La parole du féminin est brûlure », résume Marc-Alain Ouaknin.. Pas seulement parce qu’elle joue avec les mots comme on joue avec le feu : elle transforme les « paperoles » chères à Kafka en redoutables « flammeroles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais surtout, parce que, face à elle , souvent , l’homme reste coi. Pourquoi ? Mystères de la « quoibilité », sourit Ouaknin en  faisant chanter les mots… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce  ce sexe ? ». Histoire de l’Histoire. « Quoi ? Question. Coït ? Silence ». Effroi.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aimer, c’est le mot qui ouvre l’âme dans le corps » , a écrit joliment Pascal Quignard en nous incitant à « accepter d’être le fils de ses rêves ». Alors rêvons et aimons. Rêvons d’amour et aimons l’amour. En permanence, puisque tout vrai bonheur est « un émerveillement qui se dit lui-même adieu ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les champs d’Ornans, de coquines « Yoyo », sautillantes et souriantes, font toujours courir des enfants qui deviendront grands…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_25.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (25)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_25.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 12:36:17 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;X&lt;br /&gt;
(Classé) X…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
			&lt;strong&gt;Dieu est une femme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par définition, « X » est une inconnue. Ou une variable. En tout et pour tout…Dans les équations, comme dans les inadéquations ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rayons X mettent plus qu’à nu: Dame Grenouille, sous X,  devient un squelette….Et l’on voit mal où l’érotisme se glisse dans les appareillages de l’X condition…Les rayons de la vie se font rayons de la mort. Ce n’est pas la chair transfigurée, c’est la chair décharnée. Désincarnée. Désenchantée. Mystères de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, en Alsace, dans cet espace rhénan où l’histoire du monde s’est si souvent joué, Margueritte de Navarre posa à Georges d’Armagnac, son batracien préféré, une question difficile :  « Pourquoi suis-je une femelle et pourquoi  êtes-vous un mâle ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Georges d’Armagnac tergiversa : « Une histoire classée sous X, ma Margueritte d’Amour…La vie est une équation , avec de nombreuses inconnues…Le hasard et la nécessité !…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-De moi, vous vous moquez. Et cela, je ne peux supporter ! Aux rayons X, je veux tout passer, y compris vos sentiments les plus cachés…Votre peau, je veux dépasser. Dans vos os, je veux voir. Vos nerfs, je veux écouter. Et dans votre cœur, je veux me lover.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais que voulez-vous , Margueritte d’Amour? Je vous aime et vous attends. Dans mes os, je sens, tout votre être, vibrer. Et tous mes muscles, pour vous, se bandent…Mon cœur est au bord de l’explosion. Que voulez-vous de plus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Arrêtez votre Cour, Georges mon bien-aimé. A me séduire, vous n’avez plus:c'est fait...Mais sérieuse, je suis. Et je veux savoir pourquoi femme je suis et pourquoi homme vous êtes. Si j’étais homme, j’aimerais être vous. D’accord. Si vous étiez femme, vous aimeriez être moi. D’accord. Mais vous êtes homme et je suis femme. Et c’est très gênant…Nous devrions pouvoir être l’un et l’autre, ensemble ou à tour de rôle. Ce serait plus drôle. Et entre homos et hétéros, toute guerre serait évitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Préféreriez-vous être hermaphrodite, comme nos amis les escargots ? Diderot s’était posé la même question en répondant : « Peut-être l’homme n’est-il que le monstre de la femmes, ou la femme n’est-elle que le monstre de l’homme ? » C’est une affaire de chromosome X. Jean Rostand, un jour, répondra à votre question, grâce à ses travaux sur les grenouilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh ! Je peux aussi le prédire grâce à mon intuition féminine… « Si un œuf XY donne un mâle et un œuf XX une femelle, ce n’est pas parce que le premier renferme un chromosome Y et que le second n’en contient pas, mais parce ce que le premier contient un seul chromosome X alors que le second en contient deux » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Cela confirme bien que la femme mène le monde. X, c’est le chromosome le plus grand : 4 à 5 microns pour un micron et demi chez le Y. Et c’est le chromosome le plus déterminant. Celui qui contient « des gènes à effets sexuels ». C’est pour cela que je pense que Dieu , en fait, est une femme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Arrêtez de blasphémer, Georges d’Armagnac, aussi spirituel que spiritueux. Dieu n’a pas de sexe. Ou plutôt, il est Sexe, puisque vous êtes mon Dieu. Et puisque nous sommes tous à la fois mâle et femelle. Progestérones et testostérones sont les deux laits de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Cessons cette conversation sous X.Peu importent les mystères de la Création. Tu es moi, je suis moi. Nous nous aimons. Allons faire des enfants. Des XX et des XY. Peu importent les gènes : il nous faut du plaisir. Je veux stimuler vos oestrogènes Je trouverai votre point G. Mon nez vous aurez sur votre périnée. Dix orgasmes différents , vous connaîtrez. Avec mes mains, ma peau, mes sucs, ma langue et tout ce qui, chez moi et chez vous, est Classé X. &lt;br /&gt;
-Oh ! Votre langue, Mon Georges ! Je l’aime partout, et pas seulement dans ma gorge.Lui ferez-vous, coquin, soigner mes pétales et mes sépales de roses ? Les transformerez-vous en ailes de papillon ? Anulingus et cunnilingus : aucun jeu n’est interdit. Et je saurai, moi aussi, vous transformer. Shiva vous deviendrez et Shakti je serai. L’Amour, c’est la transcendance »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’activité heureuse dispense de penser au bonheur et aux mystères qui nous dépassent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_24.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (24)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_24.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 12:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;W&lt;br /&gt;
Winstub&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Conversation de stammtisch…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_germain_muller.jpg&quot; alt=&quot;medium_germain_muller.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;em&gt;(en hommage à André Wenger, tendre croqueur, et de Germain Muller,irremplaçable)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une de ces winstubs qui font de l’Alsace une terre de chaude convivialité (un peu comme les  « bouchons » lyonnais), les habitués du stammtisch, cette « table d’hôte » qui est un peu au bistrot ce que l’autel est à l’église, des anciens wagges, tendres voyous un peu espiègles mais très embourgeoisés, devisaient… Sur le « Arsch », si essentiel, mais pas seulement … « L’esprit alsacien, redirait Alfred Kern, est un mélange très subtil des excès et de l’ascèse. Ici, la pensée n’est pas une abstraction, c’est une image »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les grenouilles de bénitiers, lança Robbes, anticlérical cultivé, ne sont pas que les Bigottes qui « vieillissent à petit pas de petits chiens, en petits chats », qui « meurent à petits pas, à petits feu, en petits tas »…Celles, chantées par Jacques Brel, qui, au diable, donnent l’idée de se châtrer et au bon dieu, fait perdre sa foi…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ah Bon !, soupira Seppele le sceptique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-La grenouille de bénitier existe bel et bien. A Narbonne, pour être précis. Je l’ai vue. De mes yeux vus ! A la basilique Saint-Paul, pour être précis. Une histoire pas très drôle  C’est parce qu’elle voulait mêler son chant au « Gloria » des fidèles, qu’une grenouille pieuse fut frappée par la crosse d’un prélat. Assommée, elle se transforma en pierre…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu parles !, reprit Seppele. Encore un miracle ! je préfère les histoires de grenouilles-princesses si tu veux nous faire rêver. J’en des tonnes en stocks, et pas seulement pour les enfants…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais laisse-le parler, bondit Gusti qui adorait les histoires où les curés se font manger&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Stupéfait, l’Archevêque !, poursuivit Robbes. Un signe du Ciel ! Oui, mais du diable ou du bon dieu ? Dans le bénitier, il la fit porter. Pour la purifier, sans doute. Mais il n’a pu la retirer : la grenouille s’était collée au fond du bénitier, se coulant  dans le marbre. Pour l’Eternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Elle n’est vraiment drôle ton histoire, insista Seppele&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Aujourd’hui, elle n’a que trois pattes. Car elle fut victime d’un jeune tailleur de pierre, Calixte, un fils de Lorraine, qui tenta de la briser. Seule une cuisse fut touchée. L’eau du bénitier est devenue rouge de sang. Et l’Eglise résonna comme si une bombe avait explosée. L’archange qui domine le chœur a soufflé dans sa trompette Le tailleur fut hospitalisé. Puis mourut, deux ans après , jour pour jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, et tu l’as vu cette grenouille à trois pattes sculptée dans le marbre ? ironisa Seppele. Avec un bénitier rouge de vin, oui, mais pas de sang…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_logo_grenouilles_2_jpe.2.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_logo_grenouilles_2_jpe.2.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ici, il y a plus de grenouilles de winstubs que de grenouilles de bénitier, commenta Gusti. Si André était là , il nous en ferait un dessin, de ta grenouille »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
André, c’est Wenger. André Wenger. Il a été victime de la vie «  cette maladie mortelle sexuellement transmissible », mais son esprit règne toujours dans les winstubs alsaciennes, où souvent ses pinceaux et ses tableaux lui permettaient de profiter du sirop des vignes qu’il aimait tant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Il nous manque celui-là, enchaîna D’r Gilles. Dieu l’a rappelé près de lui parce qu’il avait besoin d’un caricaturiste de talent pour se consoler des turpitudes humaines. Dieu ne doit pas s’amuser tous les jours en voyant vivre ses créatures possédées si souvent par le diable.&lt;br /&gt;
-André disait toujours : « j’ai appris à haïr la haine », se souvint Robbès. Un tendre croqueur.  Son crayon n’était pas un scalpel ou un couteau. Il ne griffait pas : il caressait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Te souviens-tu de ses illustrations de l’Ami Fritz ?, reprit Gusti.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Un chef d’œuvre…,s’exclama D’r Gilles. Le ton d’Erckmann et de Chatrian lui convenait bien…«Quiconque aime les autres connaît Dieu. Dieu est Amour»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-«Suzel, Tu l’aimes?» ajouta Seppele. «Oh! Oui, j’ai comme une meule qui tourne dans ma tête»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_winstub_2.jpg&quot; alt=&quot;medium_winstub_2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Moi, ce sont ses têtes que je préférais. Ce Poulbot strasbourgeois a fait un vrai  « who is who » local de toute une génération, reprit. Gusti en évoquant Germain Muller et les décors du Barabli. « Avec lui, le stammtisch prenait une dimension métaphysique. Il était aussi salé que sucré, à la fois charcutier et pâtissier. Avec de bonnes bouffes sans esbroufe. Et avec, en refrain, le couplet de Raoul Ponchon : « Quand mon verre est vide je le plains. Quand mon verre est plein , je le vide »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sans sombrer dans « les miasmes fangeux du vice alcoolique !», précisa Gusti.  Comme disait Courteline :  « Ce n’est pas pour boire un verre ensemble, c’est pour dire qu’on est ensemble » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’était un temps où l’on savait encore cultiver l’utopie, commenta D’r Gilles. On savait soigner nos racines en les plantant dans le ciel, dans les étoiles, redirait le bon pasteur Martin Graff, premier des Alsakons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Assez de nostalgie, gronda Gusti. C’est la mort qui donne de l’importance à la vie. Et « les mauvaises idées sont encore souvent les meilleures » redirait Tomi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les « schnappes-idées » ne viennent qu’avec un peu de schnappes : c’est une évidence, ajouta Robbès Nous ne buvons pas assez. Si André avait été une grenouille de Grendelbruche, il aurait transformé tous les étangs en bistrots et tous les nénuphars en lits d’amour. La winstub, c’est notre étang, non? D’ailleurs, les petites alsaciennes d’André avaient des airs de grenouillettes coquines. Et ses grosses têtes ne sont pas de Montgolfier : elles sont batraciennes. Batrachiennes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je l’imagine bien au paradis, transformé en grenouille, notre André, rêva Seppele. Heureux, faisant de jolis tableaux avec les roseaux. On le retrouvera un jour : il doit être en bonne compagnie, à commencer par Salvador Dali et André Breton.…Ce n’est pas la gare de perpignan, le « centre du monde », c’est le bistrot du coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Nous avons le temps de le rejoindre, intervint Robbès. D’abord, il est encore parmi nous. Et, comme disait Courteline ;: « Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le sur-lendemain ». C’est encore plus vrai pour la mort que pour le travail…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_chat_bleu_waydelichjpge.jpg&quot; alt=&quot;medium_chat_bleu_waydelichjpge.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;(&lt;em&gt;le chat bleu de Raymond-Emile Waydelich&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Waydelich, lui, c’est sans doute en rat qu’il va finir. En rat, en rhinocéros , en crocodile ou en corbeau , intervint Gussti&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Raymond-Roger Waydelich  intégrera aussi le paradis des grenouilles de wynstubs, coupa Seppele…Il fait partie de ces gens qui, comme disait  René Char, se promènent souvent au bord de la Folie. L’ami Bricka, qui a connu ces rivages, y est déjà. Avec d’autres si riches de talents &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Peut-être, mais ce génie va être capable de nous refaire des tableaux sur l’horrible guerre des rats et des grenouilles, insista Robbès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Homère revu et corrigé ! « Et le soleil levant monta du lac splendide ».. La Batrachomyomachie ! Distelli, un artiste suisse, en a fait un tableau surréaliste. Cette guerre de Troie là n’a vraiment jamais eu lieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Quelle érudition, mon Gusti!, reprit Robbès Il y a aussi la grenouille et le corbeau, la grenouille et le serpent, la grenouille et le tigre, la grenouille et le scorpion…Avec, toujours ou presque, des grenouilles faibles et craintives mais vantardes et pas spécialement gentilles. Le coq gaulois donne d’ailleurs parfois l’impression d’avoir avaler une grenouille, vous ne trouvez pas… ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Arrêtes, tu vas repartir dans ton anti-patriotisme, coupa Seppele. Les mangeurs de grenouilles que sont les Français sont suffisamment critiqués dans le monde pour qu’ils ne soient pas accablés chez eux. Moi, j’aime les grenouilles et le coq. Comme oncle Hansi !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Il y a aussi des grenouilles dévoreuses, tu sais, intervint Gusti. Une espèce ne survit pas aussi longtemps, sans qualités. Le venin de certains crapaud est d’une efficacité redoutable : qui s’y pique en meurt. Et tu n’imagines pas toutes les substances que renferment les batraciens dans leurs petits corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et tu les trouves partout, les grenouilles, reprit Seppele. C’est comme les Alsaciens et les Bretons… Du bord de la mer jusque dans les montagnes de plus de quatre mille mètres. Dans les pays chauds comme dans les pays froids. Son sang froid est capable de devenir glaçon et de se décongeler la température monte. Elle fait de la cryobiologie : à partir du glycogène de son foie, elle synthèse du  glucose à haute dose. Son cœur le répand dans tout son corps. Elle fabrique aussi des protéines anti-gel qui permet à son organisme de vivre en état d’anaérobie .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je ne vous savais aussi portés sur les sciences naturelles , ironisa Robbès&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-J’ai horreur des fabulistes qui présentent les grenouilles comme « une gent fort sotte et fort peureuse » ou comme des paumées qui cherchent un Roi ou un Empereur, se fâcha Gusti. Elles ne sont pas lasses de leur état démocratique, les grenouilles ! Jamais elles n’éprouvent le besoin de se tatouer des croix gammées, des faucilles et des marteaux ou je ne sais quoi sur le dos. Elles ignorent les mirages du populisme, du conservatisme, du révolutionnarisme. Et elles ne s’abritent pas derrière Dieu pour faire le jeu du Diable &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Si elles survivent depuis 350 millions d’années, c’est parce qu’elles ont une sagesse que les hommes n’ont pas, opina Seppele. Même les crocodiles ne leur font pas peur. Elles les voient venir, elles !… Contre les rats, elles n’auraient pas eu besoin du secours des crabes pour se défendre. Et les rats de Waydelich, elles sauront les vaincre par la ruse, sinon par la force. Quant à ses corbeaux, ils sont comme tous les oiseaux noirs du ciel. Personne ne peut les empêcher de voler. Mais on peut les empêcher de faire leurs nids…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Arrêtes ton chant !, coupa Robbès en avalant son verre de Gewurtztraminer, sirop des vignes du seigneur où les grenouilles sont heureuses même sans eau à proximité… Tes grenouilles ne sont que de sales petites bestioles. Elles se mangent entre elles. Elles bouffent même leurs enfants…Une espèce championne du monde de l’infanticide et des fratricides. Je me demande d’ailleurs pourquoi on les idéalise autant dans les publicités. Pour l’eau, le cirage, les chaussures, les produits d’entretien, des sous-vêtements, du matériel de bricolage…La grenouille ferait-elle vendre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu ne comprends vraiment rien à la magie des grenouilles, lança D’r Gilles. Un sanglier te le dirait : le frai de grenouille  est la plus haute friandise que la terre offre à un solitaire. Ce n’est pas un hasard : un ami scientifique m’a fait déguster du sperma ranarum…Cela passe en saveur le meilleur des caviars. Un fruit d’amour divinement bon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je n’ai pas ton expérience gustative, mais je suis sûr que les grenouilles font partie intégrante de notre univers neuronal, ajouta Gusti.  Nous sommes tous des grenouilles. Ne serait-ce que parce que la grenouille c’est l’hystérie qui nous habite tous. La grenouille est « en connexion fondamentale avec le phallos et la vulve », explique le professeur Lévêque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu donnes dans la psychanalyse, maintenant ?, reprit Robbès. « Toute femme est une rebelle, en général en révolte sauvage contre elle-même », disait Oscar Wilde en ajoutant : « Les femmes sont faites pour être aimées , par pour être comprises ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais tu le sais : l’hystérie n’est pas que féminine. Il y a des grenouilles mâles aussi, ironisa Gusti…Chez les Egyptiens, la grenouille symbolisait même le sexe masculin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ah ! C’est vrai : le crapaud n’est pas le mari de la grenouille. On le croit trop souvent. C’est un problème de vocabulaire … Le genre des mots reste souvent un mystère. Pourquoi dit-on une verge et un vagin, par exemple ? En allemand, la Lune est masculine et le soleil féminin. A propos de langage, qui coasse et qui croasse ?, demanda Robbès subitement modeste .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les grenouilles coassent et les corbeaux croassent, répondit avec assurance Gusti. Qui ne le sait ? Comme la pie  jase ou jacasse, la pintade criarde, le pinson ramage, la bécasse croule, l’alouette grisolle, la grue glapit, la cigogne claquette, la cigale stridule, le héron craquette, le bélier blatère… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_grenouille_gif.jpg&quot; alt=&quot;medium_grenouille_gif.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et toi, tu nous assommes…Sais-tu que les coassements des grenouilles ne sont pas tous les mêmes ? Ils varient en fonction des espèces, mais aussi des lieux et des circonstances, précisa Seppele.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Pourquoi voudrais-tu qu’elles aient des voix monocordes ? Selon de très grands spécialistes, toute la voix humaine est déjà en germe dans la voix des batraciens. Dans ses « Grenouilles » , Aristophane fait chanter ses chœurs de l’étang: «Brekekekex, brekekekex, coax, coax ». Nous, les humains sommes plus doués pour le bla-bla que pour imiter, en des onomatopées nuancées, le « coa coa », fin et distingué des déesses aquatiques qui, en fait, chantent l’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu parles d’un beau chant ! Infernal, oui !, scanda Robbès, soudain de mauvaise humeur. Au bord de l’étang, on se croirait dans les mauvais moments de « Musica ». Sérielle est leur musique…Des cotons-tiges, je veux dans mes oreilles. Et des musiques d’ascenseurs, je veux me protéger. Le bruit, c’ est l’ennemi. Ouir n’est pas toujours jouir ! Il est des chants qui désenchantent…Ouir, c’est obéir, a joliment écrit Quignard en dénonçant « l’épouvantail sonore », la « musique qui méduse l’âme »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ne dénigre pas Musica : c’est l’un des festivals les plus intelligents.Et tu aurais dû mieux lire Pascal Quignard , réprimanda D’r Gilles, amateur de bons livres et de bonne musique. Quignard, en homme d’esprit, parle de « nos aïeules les grenouilles ». Et il célèbre, comme Ovide, le chant-brâme des grenouilles mâles et le chant rauque des bruyants accouplements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ovide prétend même que les grenouilles femelles se sont enrouées à jamais dans des cris du refus et que les mâles ont mué en criant en vain leurs envies, insista Seppele&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu parles, rectifia D’r Gilles. Les Batraciens se cassent l’organe par excès d’orgasme, et non par frustration amoureuse. Vos maîtresses ont-t-elles des orgasmes silencieux, mes amis ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Gai, gué, guet, ô gué ! Coa-coa-coa-cloaque ! Frais, frayer, effrayer ! D’effroi ! J’ai chaud pour vous Ouh ouh ouh ! Mamadou aime, Mamadou chante…Are are, are ! Aaaaaaah! Ooooooh! Uuuuuuh…Non, oui, encore, arrêtes, non continues. Ouf-ouf-ouf ; j’suis out ! Aout ! Toc-Toc-toc, qui-qui-qu’est-là ? Qui-qui-frappe à ma porte ? Mais c’est toi ma Charlotte, ma Charlotte ma bien aimée…, plaisanta Gusti en chantant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh ! Elle est belle ta Charlotte, plaisanta D’r Gilles…Elle est comme les grenouilles : elle n’a plus de culotte. Tu connais la blague de je ne sais plus quel humoriste bigarré à la mode sur l’évolution des mœurs : « Avant, il fallait écarter la culotte pour voir les fesses. Maintenant, il faut écarter les fesses pour voir la culotte »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh ! C’est d’un drôle…, ironisa Seppele. Sais-tu que « blaguer » est un terme néerlandais qui veut dire « gonfler » ? Tu me les gonfles, un peu…Mes sacs résonateurs, comme dirait un crapaud, vont exploser…Sais-tu que l’abbé Spallanzani, qui s’est rendu célèbre, par ses expériences sur les grenouilles avait une pudeur qui nous fait défaut ? Chaque matin, il habillait ses grenouilles de petites caleçons de taffetas avant de leur faire subir sa gégène…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tous les savants sont un peu fous, non ? Quand je pense que nous sommes partis d’une histoire de grenouille de bénitier ! Dieu, au moins, était avec nous, pauvres pêcheurs… Mais, avec ce type de débats, j’ai peur : je ne suis pas sûr qu’on rejoindra André Wenger au paradis des grenouilles de winstubs ! », s’interrogea Seppele en donnant le signal du départ, puisque même les stammtisches ont une fin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pythagore, au quatrième siècle avant Jésus-Christ, disait : « Je me souviens d’avoir été laurier-rose et poison muet ». Moi, je me souviens que ma grenouille m ‘attends dans mon étang. En faisant « J’t’attends, j’t’attends, j’t’attends ! Et tu me voles mon temps ! » Dans une prochaine vie, c’est le temps qui peut-être ne comptera plus. Alors nous aurons tout le temps…d’avoir le temps. Donc de prendre notre temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Le temps est ce qu’on en fait, repris Gusti. Ronsard avait raison : ce n’est pas lui qui s’en va ; c’est nous. Mais, comme Raymond Devos,  je suis sûr qu’il y a un au-delà non seulement du réel mais de l’imaginaire.  « Un au-delà de l’Au-delà ! » C’est une grenouille de comptoir qui me l’a dit. Salut les fêtards, bonsoir les têtards ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En quittant leur winstub préférée, les fidèles du stammtisch croisèrent une petite reinette, qui, dans la rue, non loin de la cathédrale,  boitillait et marchait comme un crapaud. Elle n’avait que trois pattes. « Boiter n’est pas un pêché », redirait Lucien Israel imprègné de Freud&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle les regarda avec un brin d’ironie au fond des yeux . En pensant à Paul Valéry : « Je sais beaucoup plus de choses que mon chien , mais si je savais ce qu’il sait, je saurais bien des choses que j’ignore ». Et si les hommes , un jour, interrogeaient les Batraciens ? L’homme, peut-être, devrait se rêver aussi petit que la grenouille. Cela ferait un effet…bœuf. Et personne n’éclaterait. Le fabuliste deviendrait (enfin) fabuleux. Mais ce n’est qu’un de ces  contes qui ne font pas les bons amis…&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_logo_grenouille_jpe.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_logo_grenouille_jpe.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_23.html</guid> <title>Eloges de la grenouille (23)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouille_23.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 02:34:32 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;V&lt;br /&gt;
(Amour) Vache&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
					&lt;strong&gt; « Je t’aime. Et alors? »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un jour, un bœuf comtois rêva de tomber amoureux d’une grenouille vosgienne. Une fable plus plausible que celle de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. Mais, en fille émancipée, la grenouillette n’aimait que…l’Amour-vache !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le premier jour…&lt;/em&gt;« Madame, je vous aime.&lt;br /&gt;
-Et alors ? »&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le deuxième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame, je vous aime.&lt;br /&gt;
-Moi non plus »&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le troisième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame , je vous aime.&lt;br /&gt;
-Je m’aime aussi… »&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le quatrième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame, je vous aime.&lt;br /&gt;
-N’en parlons plus »&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le cinquième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame, je vous aime.&lt;br /&gt;
-Ce n’est pas une question » &lt;br /&gt;
&lt;em&gt; Le sixième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame , je vous aime&lt;br /&gt;
-Je ne suis en rien responsable&lt;br /&gt;
des amours que j’inspire » &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le septième jour…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
« Madame, je vous aime.&lt;br /&gt;
-Aimer, c’est donner quelque chose qu’on&lt;br /&gt;
n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La batracienne lacanienne retourna à son étang…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est en taureau et non en boeuf que la grenouille aurait dû se transformer », expliqua Nadia-de-Xonrupt, bien installée. sur le canapé d’un sexologue, qui venait de lui raconter cette fable qu’Esope n’avait pas inventée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Peut-être, répliqua l’expert aux grandes oreilles, Drusus-de-Bittenheim. L’amour ne se déclame pas : il se démontre. Et même mille fois assénée, une vérité proclamée ne devient pas réalité. Un  amour sans retour n’est qu’une maladie narcissique infantile. Le bœuf n’est qu’un mythomane hystérique. Et il est lâche de laisser à la grenouille le monopole de l’Amour-Vache »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme cette consultation ne respectait en rien les secrets de la confession, Fifi-de-Berschett, fit irruption et, se mêla à la conversation . Plein de certitudes mais riche de doutes , ce Crapaud-chercheur, fort d’une union sans tâche avec Fred-la-Tendresse, adorable mignonnette, s’écria :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « C’est la carte du Tendre qu’il faudrait réinventer. Entre ceux qui n’ ont le cœur que dans les couilles et celles qui n’ont leur libido que dans le cerveau, on renoue avec la plus grave des misères sexuelles. Et pas seulement en milieu étudiant ! Les Situationnistes d’Avant-68 devraient ré-écrire des manifestes libérateurs. Pour que Mille Fleurs s’épanouissent dans un Mai radieux qui illumine les cœurs toute l’année, et pas seulement le temps d’un muguet »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interloqué, le sexo-sophrolo-psycho-spécialo-logue du cœur  ne trouva qu’une réponse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous , vous avez raison. Aujourd’hui, nous sommes tous en échec. Les romantiques et les réalistes. Les frustrés comme les comblés. Les coincés comme les libérés. Ce bœuf est un âne. Jamais, il ne faut déclamer sa passion. Un amour trop avoué est un amour sacrifié. Mais la grenouille, aussi, est stupide : un Amour refusé, c’est une orchidée écrasée. Un moment de bonheur assassiné. Cueillez dès aujourd’hui, les roses de la vie  »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evoquant, l’une de ses mésaventures personnelles, Drusus-de-Bittenheim se lança dans un chant que ni Denis de Rougemont, maître en « Amour d’ Occident », ni Philippe Sollers, réincarnation de Casanova, ni Catherine M., le sexe en encrier, n’auraient pu entonner …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Je sais…J’ai pêché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vrai séducteur&lt;br /&gt;
Masque ses ardeurs &lt;br /&gt;
Fait taire son cœur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je sais…J’ai fauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour se faire aimer&lt;br /&gt;
Il faut appâter&lt;br /&gt;
Sans trop caresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je sais… C’est manqué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se faire désirer&lt;br /&gt;
C’est savoir garder&lt;br /&gt;
Un air dégagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je sais , c’est raté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amour déclaré sans détour&lt;br /&gt;
Appelle un soufflet en retour&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez-m’en excuser,&lt;br /&gt;
Ma Très Chère bien-aimée…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sachez seulement,&lt;br /&gt;
Qu’en rien, mes compliments&lt;br /&gt;
Ne sont des harcèlements&lt;br /&gt;
Ou de stupides investissements.&lt;br /&gt;
Seule, ma sincérité&lt;br /&gt;
Peut être blâmée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon pêché d’amour &lt;br /&gt;
Est faute de velours »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Drusus-de-Bittenheim, sexologue malade du sexe, se précipita sur Nadia. Qui n‘attendait que cela. En taureau, il se transforma. Et Nadia soigna son mal par le mâle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fifi, en deux bonds, retrouva Fred qu’il engrossa. Sur un lit de lis, de roses et d’orchidées en fête. Dans un concert où les musiques les plus chaudes se mêlaient aux rythmes les plus torrides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le pré d’à coté, une grenouille, par les cris d’amour alertée, lança à un bœuf avachi, le chant des Grands Elans…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y eut un soir, il y eut un matin. Et ce fut le premier jour…Nous en aurons sept, au moins. Et rien ne dit que le septième, nous nous reposerons…Viens mon Bœuf. Même chez le plus Bof des Bœufs, l’Amour-Vache est la négation de l’Amour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est vachement que je t’aime. Et si Âne, tu es, bitte d’âne , tu dois avoir. Ce n’est pas si mal. Je serai ta meuf. Et nous ferons un effet bœuf. Dieu a crée le monde pour que toutes ses créatures fassent l’Amour, vivent l’Amour »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« L’enfer, c’est de ne plus aimer »&lt;br /&gt;
Georges Bernanos&lt;br /&gt;
« Baise m’encor, rebaise moi et baise : &lt;br /&gt;
Donne moi un de tes plus savoureux »&lt;br /&gt;
Louise Labé&lt;br /&gt;
« Le christianisme a beaucoup fait pour &lt;br /&gt;
l’amour en en faisant un péché »&lt;br /&gt;
Anatole France&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moralité : Aucune !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Aimer, c’est se surpasser »&lt;br /&gt;
Oscar Wilde&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouilles_22.html</guid> <title>Eloges de la grenouilles (22)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/31/eloges_de_la_grenouilles_22.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Fri, 31 Dec 2004 02:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;em&gt;U&lt;br /&gt;
Usurpation&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;                                     Juliette, la  Tatouée&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_tatouage.jpg&quot; alt=&quot;medium_tatouage.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur son sein gauche épanoui&lt;br /&gt;
La Belle au sourire fleuri&lt;br /&gt;
Arborait, en tatouage,&lt;br /&gt;
Une grenouille très sage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une rainette des prés&lt;br /&gt;
Sur une reine gravée : &lt;br /&gt;
Un totem tatoué…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La marque d’un signe—dessiné&lt;br /&gt;
Le signe d’une marque—déposée&lt;br /&gt;
Marque d’un dessein –travaillé&lt;br /&gt;
Signe d’un Destin—maîtrisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un vrai sceau sur le sein. Un vrai seing dans la peau…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Pose –moi comme un sceau, &lt;br /&gt;
sur ton cœur comme un sceau, &lt;br /&gt;
sur ton bras. Car l’amour est fort,&lt;br /&gt;
 comme la mort »,&lt;br /&gt;
 Le Cantique des Cantiques&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pourquoi une grenouille ?, demanda un quidam en quête de Dame qui se prenait pour Casanova sans avoir lu Sollers le magnifique…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Farfouille ton cerveau , Arsouille, répondit Juliette, la Dame qui aimait draguer mais détestait être dérangée par des mâles affamés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Un acte d’allégeance à un rêve d’enfance ?&lt;br /&gt;
-Peut-être…Il n’y aurait là aucune engeance.&lt;br /&gt;
-Un culte mystique des vertus amphibiennes ?&lt;br /&gt;
-Une cartésienne peut être épicurienne&lt;br /&gt;
-Une nostalgie féminine de la nuit ovipare ?&lt;br /&gt;
-Ou le refus du mâle tintamarre des vivipares ?&lt;br /&gt;
-Un exorcisme des maléfiques batraciens ?&lt;br /&gt;
-Ou le rejet malin des mystères oedipiens…&lt;br /&gt;
-Un fruit de l’humain, cet Amour des Anoures ?&lt;br /&gt;
-Une quête du divin tatouée pour toujours »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais toujours, chez les humains, s’arrête toujours un jour…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, Juliette la Tatouée&lt;br /&gt;
Près d’un étang, s’est promenée.&lt;br /&gt;
La mousse d’une pierre&lt;br /&gt;
La faucha sans prière !&lt;br /&gt;
Dans les eaux troublées,&lt;br /&gt;
La Belle fut emportée…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lourd silence dans les flots&lt;br /&gt;
Tout le marais en sanglots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les oiseaux ont chanté—gravement&lt;br /&gt;
Les roseaux ont pleuré—douloureusement&lt;br /&gt;
Les libellules ont dansé – macabrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Requiem pour la Belle Tatouée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sept jours durant, les corbeaux croassant&lt;br /&gt;
Jouèrent les croques-morts de l’étang…&lt;br /&gt;
Sept jours sans soleil et sept nuits sans lune&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alléluia pour la Belle Tatouée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur une feuille sacrée&lt;br /&gt;
Des nymphes inspirées&lt;br /&gt;
Où coule le nectar lacté &lt;br /&gt;
Des femmes fécondées,&lt;br /&gt;
Grenouille s’est posée&lt;br /&gt;
En serein presse-papier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle coassa, souriat&lt;br /&gt;
S’étira et sauta…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur son ventre blanc&lt;br /&gt;
Poitrine au vent, &lt;br /&gt;
Un tatouage luisait.&lt;br /&gt;
                    			&lt;em&gt;Héraldique&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Celui d’une Belle &lt;br /&gt;
Qui souriait…&lt;br /&gt;
                    			&lt;em&gt;Erotique&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Ex-libris in folio&lt;br /&gt;
A fleur de peau&lt;br /&gt;
Mythique graffito&lt;br /&gt;
A pleine peau…&lt;br /&gt;
Mystique ex-voto &lt;br /&gt;
Sur le sein d’Erato.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Belle était sereine. &lt;br /&gt;
Et Grenouille chantait sur les flots.&lt;br /&gt;
                     			&lt;em&gt;Ironique&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/30/eloges_de_la_grenouille_21.html</guid> <title>Eloges de la grenouille (21)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/30/eloges_de_la_grenouille_21.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Thu, 30 Dec 2004 18:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;T&lt;br /&gt;
Toilette&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
			&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Où la belle prend son bain…&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En une fin d’après-midi, Julia, une grenouille verte de La Robertsau, s’introduisit dans l’appartement de la  coquette Alexanda, qui à l’Opéra, se préparait pour aller. Elle se fit discrète : Alexandra prenait son bain…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pourquoi donc, cette mousse ? Pourquoi tous ces flacons parfumés ? Moi aussi, je me lave. Et, même de l’eau sale, je sais propre et pure sortir… »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Julia pensait trop fort…La coquette Alexandra la remarqua  et poussa un cri de vierge effarouchée, chez elle peu imaginable…« Quoi ? un crapaud, dans ma salle de bain? Ces vermines ne respectent rien. !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_baigneuse_2.jpg&quot; alt=&quot;medium_baigneuse_2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Allons, la Belle, rassurez-vous !…Je ne veux ni vous violer, ni vous voler, ni vous agresser. Je ne suis pas un crapaud, mais une grenouille. Et dans votre bain, je ne veux pas plonger. J’aurais bien trop peur de me blesser avec vos brosses, vos pierres-ponces, vos gants de crin…J’aurais bien trop peur de m’empoisonner avec vos huiles, vos sels, vos mousses, vos savons, vos parfums et vos crèmes. Je vous regarde. Et je suis fascinée. Par votre beauté. Et par le soin que vous prenez à vous faire plus belle encore. Prenez-vous autant de temps à soigner votre esprit ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
« Ne parfumons pas &lt;br /&gt;
trop les roses »&lt;br /&gt;
Jean Cocteau&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stupéfaite, et en colère, Alexandra, abrégea son bain. En sortant de sa baignoire, comme une baleine en mal de saut. De l’eau partout fut répandue, et aux murs, de la mousse s’accrocha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas  moi qui vous fait peur », osa Julia.« C’est vous, à travers mon regard. Frayeur ou timidité ? Rejet de votre beauté ? Désamour de votre corps ? Honte d’un physique mal assumé ? Vous  vous voudriez plus svelte, peut-être ? Avec un ventre plus musclé, une taille mieux dessinée, des seins plus fermes, un bassin moins large, des jambes plus effilées, des épaules plus dégagées, un cou plus affiné, des fesses plus lisses, des cuisses plus  élancées, des chevilles plus spirituelles, des poignets plus coquins et des doigts plus inspirés ? Je connais les rêves des femmes qui, très rarement, ont une image d’elles-mêmes qui correspond à l’image qu’elles donnent ou aux visons qu’elles offrent …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Rien n’empêche tant d’être naturel &lt;br /&gt;
que l’envie de le paraître »&lt;br /&gt;
La Rochefoucauld&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tais-toi, diablesse. !Ta bave de crapaud n’atteint pas ma blanche peau. C’est aux concours de laideur que tu devrais te présenter. Moi, aux concours de beauté, j’ai été sacrée.. Et tous les hommes qui m’aiment sont de goût. Je suis pressée. A l’opéra, je vais. Et Roméo m’attend…Jamais, m’a-t-il dit, il n’avait vue, nue, une pareille merveille. Je veux m’en montrer digne. Et le surprendre, ce qui est la façon la plus sûre de prendre celui qui veut vous prendre…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_baigneuse.jpg&quot; alt=&quot;medium_baigneuse.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
-Faîtes, Alexanda. Ne vous gênez point pour moi. Ma nudité, toujours, sera d’ailleurs plus grande que la votre. Vous avez des cheveux, je n’en ai point. Vous avez des poils, je n’en ai pas. Vous avez une belle toison : je n’en bénéficie pas. Vous avez même des sourcils, dont je ne dispose pas … « Sourcil qui rend peureux les plus hardis. Et plus courageux les plus accouardis», dit le poète. Vous avez des cils, aussi, dont je ne dispose pas pour nuancer les œillades, armer le clin d’œil, jouer les timides agressées ou les conquérantes habiles. Les cils sont les armes de l’amour, les lances , les flèches de Cupidon, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu parles…Les regards trompent. Ils tuent même, parfois. Comme les voix. Heureusement ,les yeux ont des paupières : ce qui n’est pas le cas des oreilles. « Ouir, c’est obéir ». Guignard l’a bien dit. Du regard, on peut se protéger. De l’oreille, on ne peut. Les tympans n’ont pas de paupières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Savez-vous, que, nous, les grenouilles, nous avons trois paupières ? Deux comme vous. Et une troisième qui nous permet de protéger nos yeux, sous l’eau et dans l’eau…C’est ce qui fait que partout notre regard est toujours à la fois pudique et luisant. Sa transparence nous porte toujours où l’amour nous transporte. Qui plus est, sans être celui des mouches, mon œil me permet de voir alentours. En permanence, je guette, devant, derrière, des deux cotés. Mes ennemis je peux éviter. Et mes amoureux, je peux attirer. Bon pied pour sauter. Et on œil pour me sauver. Ce que j’envie le plus, chez vous, les femmes, ce ne sont les cheveux…Les vôtres sont fantastiques…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Le désir de plaire naît &lt;br /&gt;
chez les femmes avant&lt;br /&gt;
 le besoin d’aimer »&lt;br /&gt;
Ninon de Lenclos&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-J’ai des difficultés à bien les ordonner. Quand ils sont courts, je les voudrais longs. Et quand ils sont longs, je les voudrais courts. Bouclés, je les voudrais lisses. Et plats, je les souhaiterais frisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_baigneuse_3.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu es femme, c’est ton destin. Jamais Sanson n’aurait pensé couper les cheveux de Dalida. Et toujours femme pelée saura trouver perruque. Chez les batraciens, on dit la même chose différemment :  « fontaine sans cresson, mauvaise saison » ou  « marre sans mousse, coït sans pâmoison. Chez vous, les cheveux et les poils ont une importance que nous les sans poils, désopilants… au poil, ont du mal à comprendre. « Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums »…Aucun Baudelaire batracien n’aurait pu écrire les Fleurs du Mal, au bord d’un de nos étangs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Il est vrai que chez nous, le cheveux habille et déshabille…Protège et provoque. « Un cheveu de femme est assez fort pour tenir en laisse un éléphant », dit un proverbe japonais. C’est pour cela que les juives prennent perruques, que les musulmanes se voilent, que les bonnes chrétiennes se couvrent, que d’autres se font des tresses, des chignons, ou rangent leurs chevelures avec des catogans pudiques, des rubans sobres, des pinces serrées ou des peignes protecteurs. Les Cheveux au vent  attirent le diable Et les cheveux jusqu’aux fesses sont le signe des diablesses. D’ailleurs, tous les cheveux longs portent les fourches de l’enfer. Couper les pointes de ses cheveux, c’est limer les ongles du diable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_baigneuse_4.jpg&quot; alt=&quot;medium_baigneuse_4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais pourquoi, vous les femmes, vous épilez-vous, sous les bras, sur les jambes et ailleurs. Nous les grenouilles, des poils, nous aimerions avoir…Vous au moins, Alexandra, vous n’avez pas supprimé cette Toison d’Amour que certaines femmes rasent comme un visage ou taillent comme une moustache. Vous n’éprouvez pas non plus le plaisir malsain de la colorer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Non, je suis, comme vous voyez, plus brune et plus frisée dans le bas-ventre qu’au-dessus du crâne. Parce que je veux qu’en ma plus stricte intimité, ma vraie nature soit préservée. Ma vérité est plus dans la culotte que sous la calotte. Et si de voiles, je peux cacher ma face et mes cheveux, jamais de masque je ne mets sur mes fesses et sur ma toison. C’est le cadeau que je fais aux amants autorisés à s’abreuver au jus de la vie et à me donner le suc divin qui me fait oublier mon corps dans l’union de deux âmes. Mais je cause, je cause, et, à l’Opéra , je vais être en retard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ne me grondez pas , Alexandra. Dans une autre vie, peut-être, je serai Femme et vous, vous serez grenouille »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Julia regarda Alexandra, et rêva…&lt;br /&gt;
« Quand je serai femme, une petite culotte, je mettrai. Mes seins, je les protégerai d’un soutien-gorge coquin et bien adapté. Sur mes ongles bien limés, du vernis, j’étalerai. Même aux pieds…Sur tout mon corps, avec de la crème je me caresserai. Sur mes jambes, des bas je ferai glisser. Mon visage, je maquillerai. Devant le miroir, je m’attarderai. Et partout je me parfumerai »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son rêve fini, Julia retrouva Alexandra, en boule nerfs. La Belle ne savait plus qu’elle robe elle voulait mettre, avec quelles chaussures et quels bijoux, pour paraître à l’Opéra, écouter dieu sait quoi, aller dans un restaurant manger diable sait quoi, finir dan un bar, n’importe où, avec un homme qu’elle n’est pas sûre d’aimer et qui, lui-même, pense peut-être à une autre femme, prise par autre homme, ailleurs, dans une autre soirée préparée dans la nervosité. Sacrée soirée…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui plus est, chaque fois que, devant une glace, elle passait, Alexandra se trouvait moche. « Pas dans un bon jour ». Sa Tête ? « Une sorcière bouffie ». Ses cheveux ? « Une signasse indomptable ». Ses hanches ? « Un cul de vache » . Ses seins ?« Des pendards ». Ses jambes ? « Des poteaux électriques »…Quel tableau !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_oeil_maquille.jpg&quot; alt=&quot;medium_oeil_maquille.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Julia, silencieuse, la regarda, pensive. «Dieu fasse que jamais je ne devienne femme. Tout ce temps pour se faire propre et belle ! Lavage, rinçage, maquillage, démaquillage; habillage, déshabillage: tout cet essorage est-il sage ? Et en plus, jamais contente…C’est à chaque instant que la vieillesse dévore la jeunesse. A tout âge…Chez les grenouilles, nous sommes propres et belles naturellement. Sans perdre de temps. Et l’Amour, je l’aurais fait avant la pièce, pendant et après. Sans maquillage » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/30/eloges_de_la_grenouille_20.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (20)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/30/eloges_de_la_grenouille_20.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Thu, 30 Dec 2004 18:50:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Satan&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
                                          &lt;strong&gt;La Bête du Diable&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Fiches le camp », hurla Elie-la-vertueuse… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Surnommée Sainte- Zabeth-la- Glaciale pour sa sécheresse de corps, et Jurassique Parque pour sa frigidité de cœur, Elie-l’inacessible, lisait, au bord de sa piscine, de Rosheim, protégée des regards indiscrets comme par un bunker, quand une jolie petite « grenouille de Darwin » osa faire irruption dans sa solitude délibérément glacée malgré le Soleil  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grenouille de Darwin est, sur le dos, noire comme le charbon, donc comme le diable, et, sur le ventre, tachetée de rouge comme une coccinelle, donc comme  une  « Bête du bon Dieu ». Elle est telle qu’on la voit. Au choix. « Nos jugements nous jugent » , redirait Paul Valéry. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « Ici, dans cette ville d’Alsace, où même les pierres sont des fleurs, nous sommes bénis des Dieux : Le diable y est hors -la-loi. Hors des murs, Satan ! Ou je veux te voir tomber comme l’éclair », lança Elie-la-vertueuse en tentant de faire fuir la grenouillette avec le livre de René Girard  qu’elle lisait pour se divertir des manuels de psychologie dont elle se gavait habituellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais je ne suis pas le diable, répliqua, calmement, Darwinette, en fixant du regard Elie malgré la menace du livre transformé en arme, ce qui est la marque des lettrés incultes ou des érudits non cultivés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu es le Diable, l’incarnation du Diable, comme toutes tes semblables, quelle que soit leur couleur…C’est écrit dans les saintes écritures., reprit Elie en forçant la voix. Tu es l’une des « immondes bêtes » des plaies d’Egypte. (Exode VIII, 5, 15). Et l’Apocalypse selon Saint-Jean fait de toi le symbole vivant de tous les péchés, de toutes les turpitudes, de toutes les tentations sataniques. Tu es le Diable en personne. Tu viens de l’enfer. Tu es l’Enfer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;«Alors de la bouche du Dragon, de la bouche &lt;br /&gt;
de la Bête et de la bouche du faux Prophète, &lt;br /&gt;
je vis sortir trois esprits impurs, comme des grenouilles. &lt;br /&gt;
Ce sont, en effet, des démons »&lt;br /&gt;
L’Apocalypse (16.13-1)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu sais, femme pieuse, j’ai beaucoup voyagé, répliqua la grenouille  noire. Et je sais toutes les représentations qui sont faites de moi et de  mes semblables à travers le monde. J’ai vu les tableaux de Béatus de Silos, de Béatus de Facundus. J’ai vu les tapisseries der Nicolas Bataille, les croquis de Hennequin  de Bruges, les gravures sur bois de Dürer, les toiles de Jérôme Bosch, champion en fantasmes toute catégorie, avec son « Jardin des Délices ». Dans sa campagne de Bois le Duc, les bourgeois bien pensants obligeaient les prostituées à porter des foulards illustrées d’horribles dessins de grenouilles, ces Bêtes du Diable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Quelle culture ! Et alors ? Toi, tu es encore plus diabolique que tes semblables puisque je crois savoir que, chez  les Rhinodermes de Darwin, ta famille, les mâles avalent les œufs après la ponte des femelles…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, pour qu’ils se métamorphosent dans notre sac vocal. Chez nous, les enfants sont vraiment faits à deux ! Ce n’est pas comme chez vous les humains, où l’homme devient inutile… Je m’étonne qu’une femme aussi charmante que toi soit habitée par des images d’un autre temps. Rosheim est sortie du Moyen-Age, non ? En fait, ce qui te fait peur en moi, c’est ce qui t’effraie en toi…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« La femme est semblable à une &lt;br /&gt;
eau très profonde dont on ne &lt;br /&gt;
connaît pas les remous »&lt;br /&gt;
Vizir Ptahotep (ancienne Egypte, 2600 av J-C)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Que dis-tu là vilaine bestiole ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est une grenouille qui te gratouille quand tes sens sont en effervescence, quand tes papouilles te chatouillent, quand tes seins bandouillent, quand ta vulve se mouille…Tu as peur de toi-même et de tes chaleurs mal assumées, Sainte-Zabeth-la-Glaciale. Et j’imagine que, dans le sexe des hommes, tu vois des crapauds recouverts de pustules. Tu me détestes comme tu détestes les serpents. Car tu es vipère et tu rêves de postures que ta bonne éducation réprouve…pour te mettre à l’épreuve. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais tu m’insultes. Comment, d’ailleurs, connais-tu les surnoms injustes dont on m’affuble ? J’en reste bouche bée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_le_diable.jpg&quot; alt=&quot;medium_le_diable.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
-Bouche béante , oui. Bouche gourmande, plutôt…Tu n’es pas la sainte que tu rêvais de devenir dans ton enfance bercée par des contes trop moraux. Tu te voudrais âme, esprit, vierge pure. Or, ton corps crie ses envies de grenouille baiseuse. A genoux, parfois tu te mets, non pour prier mais pour imaginer te faire prendre par derrière, ou par le derrière. Vieux rêves naturels de fesses à fesses qui valent tous les faces à faces. Je sais de quoi je parle. Ce sont tes propres turpitudes que tu projettes en moi. Mais peut-être aie-je tort. Ce peut être ta frigidité qui te rend si nerveuse…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Si les femmes étaient &lt;br /&gt;
sans fesse , que ferions-nous&lt;br /&gt;
 de nos mains, pauvres humains ? »&lt;br /&gt;
Raoul Ponchon&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais tu m’ennuies et me blesses, vilaine créature de l’enfer, petite peste démoniaque, sorcière satanique. C’est stupide que je sois en garbouille avec une grenouille. Je fais de mon corps ce qu’il me plaît. Et je m’offre à qui j’aime et à qui je veux sans fausse honte et sans culpabilité. Pour qui te prends-tu ? Ce n’est vraiment pas un hasard si ton espèce est maudite. Tu es dans ma propriété. Dans ma piscine. Tu regardes mon corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Rassures-toi je te viendrai ni sur ta main, ni sur ton sein, ni sur ton ventre…Es-tu sûre d’ailleurs de bien t’appartenir ?…Paul Valéry avait sans doute raison :«Une femme intelligente, c’est une femme avec laquelle on peut être aussi bête que l’on veut ». Avec toi, je me régale…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ne sois pas aussi misogyne que les humains. Revenons à ton espèce…J’ai lu, donc je sais : je ne suis pas psychologue pour rien…Tu parlais de mes seins. Une grenouille dans la poitrine, c’est le diable de la luxure. Une grenouille dans les mains, c’est la tentation de l’avarice, de la concupiscence, de l’égoïsme. Une grenouille dans l’estomac, c’est le pêché de gourmandise. Et une grenouille dans les pieds, comme toi, en ce moment, c’est l’appel de la paresse. File ! Tu me fait perdre mon temps. Et je vais t’écraser si tu ne disparaît pas de ma vue. C’est en toute tranquillité que je veux prendre un bain purificateur. Ne viens pas polluer ma piscine. Sur une grenouille, je n’ai aucune envie de glisser » , insista Elie, au bord de la crise de nerfs en se couvrant d’un drap de bain transformé en bouclier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un mot encore, si tu permets, petite sotte de femelle coincée », osa la Darwinette insolente en sautillant comme par provocation  «Quand je te vois dans ton drap de bain trop grand pour n’être qu’une tunique pudique et trop mobile pour ne pas être un instrument de séduction mal utilisé, c’est au diable que je pense aussi. Si tu étais grenouille, sais-tu à qui tu ressemblerais, sainte-nitouche à la vulve muselée mais aux envies plus grosses que tes fesses ? A Kaeru, l’une de ces grenouilles géantes que les peintres japonais transformaient en monstres. Et si tu étais crapaud, tu serait Gama, comme la O-Gama de Su-Wo, l’incarnation du diable, qui, par sa seule salive, provoquait un arc-en ciel capable d’empoisonner tous ceux qui le voyaient. Je plains les hommes que tu réussis à séduire. Moi, je m’en vais. Tu m’as appris que la seule vraie beauté, c’est celle qui tu n’as pas :celle de l’intérieur. Ne te noie pas, surtout. L’eau de Rosheim serait empoisonnée. Tu as déjà pollué trop de cœurs généreux pris au piège de tes yeux de fée et de ton âme de sorcière»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Darwinette laissa Elie se purifier, solitaire, dans sa piscine. Et se fit prendre, en crapaudine, par un mâle batracien qui n’avait d’autre état d’âme et d’autres projets que de célébrer Dieu en jouissant de son corps sans penser à Satan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Le « Diable au Corps » est une expression sacrilège. Satan, c’est l’empêcheur de jouir de la vie, donc des dons de Dieu. L’Amour perverti par la mauvaise conscience et la censure des sens est une invention du Diable, non du Bon Dieu qui est Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grenouilles, elles, savent jouir au présent, « ici et maintenant ». L’abbaye de Thélème du  bon et généreux Rabelais est à réinventer : elle était peuplée de moines batraciens et de nonnes à têtes de grenouilles jouisseuses. On y pratiquait la morale authentique mais pas le moralisme ou ce que Nietzsche appelait la « moraline ». La vraie fille du Diable, c’est l’hypocrisie. Un sentiment et un comportement inconnus chez les grenouilles…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_19.html</guid> <title>Eloges de la grenouille (19)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_19.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Sat, 25 Dec 2004 17:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;R&lt;br /&gt;
Rire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
                                              &lt;strong&gt;Leila, la Rieuse…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rire_2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;« Merci, ma Belle. Tu m’as réveillée. Ton rire m’a fait sortir de l’Hiver. Tu m’as ressuscitée… Mais pourquoi ris-tu autant et si fort ? Si tu avais été sur le Titanic, c’est l’iceberg qui aurait coulé. Ne vas pas sur la Mer de Glace : elle fondrait…Et s’il est vrai que « le rire est propre de l’Homme », bien des Hommes, tu dois foudroyer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ton rire doit plaire aux Humains : il donne chaud au cœur. C’est davantage qu’un rire : un aphrodisiaque…Une vitamine de vie.  Mais les Humains ne doivent-ils pas s’en méfier ? Tu as un rire qui tue »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 C’est Phoénix, la grenouille libanaise, née à Byblos et immigrée en Alsace, qui sortait de son sommeil hivernal grâce à Leila, une fée venue du Magreb, enrichir la France, qui savait que le rire, chez les Humains, pouvait faire des miracles…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla-la-Rieuse ? …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une femme, brune. Simple et nature, mais « extra-ordinaire », donc « hors du commun ». Et « hors du temps »…A coté des chemins trop battus, des sentiers trop fréquentés. Ou trop bien tracés. Des « lieux communs » devenus trop anodins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla ? Une muse. Une héritière des déesses non dévoreuses d’énergies masculines mais donneuses de bonheur aux hommes dignes d’elle, donc dotés du privilège de savoir se donner. Un éclat, non de rire mais de cristal et d’or, cette Leïla d’Amour, exigeante mais généreuse…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_femme.jpg&quot; alt=&quot;medium_femme.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
« Entrez par la porte étroite, parce que&lt;br /&gt;
 la porte de la perdition est large (…)&lt;br /&gt;
 La porte de la vie est petite, la voie qui y mène est étroite. &lt;br /&gt;
Il y en a peu qui la trouvent »&lt;br /&gt;
Saint Mathieu&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses yeux ? Des foyers de braise. Avec cette lumière rougissante qui dans chaque crépuscule fait poindre l’espoir d’une aube épanouie. De telles Déesses créent l’impatience.. Et l’effervescence. Malheur aux impatients…Leila sait les gêneurs écarter et les passions excessives maîtriser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son  front ? Une aire à baisers d’amour doux et tendres. Sa  poitrine ? Deux volcans en feu que des mains élues, seules, peuvent maîtriser  Ses lèvres ? Pulpeuses, comme les fruits les plus chargés de jus. Ses doigts ? Gourmands et malins. Coquins et fouineurs. Subtiles et sculpteurs. Son bassin ? Magnétique…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Tout Bonheur que la main&lt;br /&gt;
 n’atteint pas n’est qu’un rêve »&lt;br /&gt;
Joseph Soulary&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rire_4.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La Belle Leïla s’arrêta de rire. « Est-ce qu’un fou rire peut rendre folle ? Est-ce que des pensées solitaires peuvent ainsi provoquer des hallucinations aussi insensées? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais non : Leïla ne rêvait pas. Dans ce parc de la Citadelle, héritage strasbourgeois de Vauban, où elle aimait se promener, seule ou accompagnée, une petite grenouille, la peau encore fripée par un long sommeil, la fixait du regard et lui parlait…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tu es surprise de m’entendre parler? C’est parce que tu oublies que si toi tu parles et tu ris, c’est grâce à mes ancêtres batraciens. Ce sont eux qui ont transmis la parole aux humains…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est cela, oui. Que me chantes-tu là ? Au début était le Verbe. Et la Parole était Grenouille, répliqua Leila, en éclatant de rire à nouveau, bien sûr. Mon nom signifie « une nuit ». Voudrais-tu me faire croire que je rêve en plein jour, toute en éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Attention, tu vas t’étouffer avec ton rire brûlant, reprit Phoénix-la Reinette, heureuse de renaître à la vie en ce printemps précoce qui met toute la nature en fête&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je ne sais pas même si je ris de toi ou de moi. Je revis la création du monde : Big Bang dans l’étang !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_dancing_.jpg&quot; alt=&quot;medium_dancing_.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;-Continues de rire : tu as raison. C’est le soleil qui éclate dans ta bouche. Et je suis fille du SoleiL Ris jusqu’aux larmes : j’ai besoin d’eau. Grâce à toi, je suis comme Homère : « j’entends le rire inextinguible des dieux » Ris si tu es sage, exhortait Martial, bien avant Rabelais pour qui le rire était le « propre de l’homme »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Quelle érudition! Ton étang doit être un vrai bouillon de culture…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les Humains ont la prétention d’avoir le monopole de la connaissance…Crois-tu que l’hiver je ne fais que dormir? Je lis, je réfléchis. Autrement, je ne pourrais pas connaître et comprendre les humains…D’ailleurs, je viens du pays d’Andrée Chédid, poétesse « du sommeil délivré » et de la « Cité fertile ». C’est elle qui disait :  « L’Amour est toute la vie »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Puisque tu es aussi maligne, expliques-moi pourquoi je ris tout le temps, même quand mon cœur est lourd du deuil d’un amour sans retour, quand j’ai l’âme en peine, quand mon corps est dans une solitude glacée et triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
« Si on mourait de toutes les&lt;br /&gt;
 aventures d’Amour, il n’y aurait plus&lt;br /&gt;
 personne pour les raconter »&lt;br /&gt;
Marcel Pagnol&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Rien n’est sérieux en ce monde que le rire, disait votre bon Gustave Flaubert qui se déguisait en madame Bovary…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais le rire est satanique, non ? , reprit Leila, toujours inquiète de touts ses faits et gestes, voire de toutes ses pensées parce qu’elle a la plus belle des intelligences, celle qui conduit aux doutes  et non celle qui forge des certitudes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est pour cela qu’il est si humain…, ironisa Phoénix, pleine d’humour en ce beau jour. Mais le rire est plus sage que satanique. Il faut rire avant que d’être heureux de peur de mourir sans avoir ri. Comme le Barbier de Séville du Sieur Beaumarchais, tu te presses de rire de peur d’être obligée d’en pleurer&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je ne savais que les grenouilles avalaient des dictionnaires de citations…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les Humains sous-estiment toujours les animaux, surtout les petites bêtes de mon espèce… C’est ce qui les rend si souvent ridicules. Heureusement, comme disait Cocteau, les plus ridicules ignorent le ridicule. C’est ce qui les sauve…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Les sots, depuis Adam,&lt;br /&gt;
 sont en majorité »&lt;br /&gt;
J-F Casimir Delavigne&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Là, tu deviens philosophiquement grave, lâcha Leila. Mon rire en est cassé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Parce que ton rire a une source : l’angoisse. Cette angoisse que tu veux gommer en toi. Mais il est plus difficile pour une femme de s’échapper de ses angoisses que pour une grenouille de sortir de l’hiver…Ris encore, je t’en prie. Jules Renard l’avait dit : « Les humains sont ici bas pour rire. Ils ne pourront pas rire après ». Au purgatoire, le rire sera déplacé et dangereux. Et en enfer, ce ne sera pas convenable…Au fait, sais-tu pourquoi Isaac, le fils d’Abraham et de Sarah, fut appelé Isaac ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je sais qu’ils ont eu un peu de difficultés à  faire cet enfant, car Sarah avait abusé « d’herbes de la sécheresse » qui l’avaient rendue stérile. C’est même pour cela qu’Abraham a fait un Ismaël avec Hagard, sa sensuelle servante. Tout n’est pas très moral dans les Saintes Ecritures…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_grenouille_jrieuse_jpeg.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Là n’est pas la question…Isaac, c’est Itshar, ce qui chez les Hébreux, veut dire « il rira », « celui dont le futur sera fait d’un rire éternel » C’est pourquoi, l’éclat de rire marque une cassure du destin, l’ouverture de la « porte du Destin ». Tu connais la formule : « Dieu rit et le monde fut »…Avec nous, les grenouilles toujours là parce que nous avons mieux compris que d’autres espèces que l’humour est un cadeau de Dieu. Par le rire, le Créateur offre à l’Homme ( et à la femme) la chance de son futur…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Une belle histoire. Mais moi, je suis fille d’Ismaël, donc de Hagard, la servante qui savait si bien préparer des bains de lait d’ânesse, de miel et d’huiles parfumées…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sais-tu que c’est le rire qui a réconcilié Sarah, jalouse, et Hagard, engrossée par Abraham dans une nuit d’  « extase gourmande » ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Leur rire ne les a pas empêchées de se fâcher. Sarah a même chassé Hagard, qui est partie, seule dans le désert, avec son ventre plein du fruit de plaisirs adultères&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, mais c’est par le rire qu’Abraham a fêté la naissance d’Ismaël. C’est quand elle a su , grâce à dieu, rire d’elle-même que Sarah, malgré les rides de l’âge, a connu le plaisir jusqu’alors inconnu, « calme et moelleux », que vous appelez l’orgasme. Et c’est par un rire encore que Sarah et Abraham accueillirent Isaac. Marek Halter m’a tout raconté : « Impossible de cacher le rire. Impossible de mentir à Dieu »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais toi, ris-tu ? , interrogea Leila&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rire6.2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-De tout et de rien, surtout de vous les humains. Votre «  Comédie humaine »  est tellement tragique que j’en pouffe de rire en permanence…J’adore votre humour involontaire, surtout, comme dans cette histoire de Lichtenberg reprise par Freud. Tu la connais ?&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
-Racontes toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est l’histoire de l’aveugle qui demande au paralytique :  « Comment vas-tu ? ». Le paralytique lui répond : « Comme tu vois ! »&lt;br /&gt;
-Ce n’est pas bien de te moquer des handicapés.&lt;br /&gt;
-« Boiter n’est pas  pécher » et, nous les batraciens, nous sommes comme vos poètes : nous boitons toujours un peu. «  La vie rieuse s’invente en s’avançant », explique votre lucide Marc-Alain Ouaknin, si amoureux des libellules… et de la libido&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-La libido pose souvent des problèmes qui n’ont rien de risible, reprit Leïla sans rire…&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_baubo.jpg&quot; alt=&quot;medium_baubo.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
-Pas chez nous…N’as-tu donc pas lu « Baubo. La vulve mythique » ?, répondit la grenouillette de Phénicie. Pourquoi crois-tu que les Etrusques et les Anciens Grecs nous ont laissé autant de statues, de peintures, de statuettes de femmes, de grenouilles, de Gordonnes, de crapauds (femelles et mâles) qui rient en exhibant leurs sexes ou en tirant des langues phalliques ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Pardonne-moi : je n’ai pas ton érudition, petite grenouille savante. Moi, je suis comme Jean Gabin chantait : « je sais que je ne sais rien ». Et c’est déjà un savoir lourd à porter…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« D’où avons-nous surgi ? Où vont nos pas et &lt;br /&gt;
pourquoi ? Nous habitons cet inconnu, ce mystère. &lt;br /&gt;
Qui ne l’éprouve, qui ne l’a pas éprouvé ?&lt;br /&gt;
 Nous suffoquons à l’intérieur des mots »&lt;br /&gt;
Andrée Chédid (La Cité fertile)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu es sage, Leïla. Et c’est pour cela que tu ris si bien. Le rire vient des profondeurs de l’être, donc du sexe. Rire, c’est jouir. A gorge déployée. Et à sexe excité. De doctes experts l’ont dit bien avant moi. Les hommes rient devant le sexe des femmes pour exorciser les visions et les pulsions inconscientes  que cette caverne charnue engendre en eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Et les femmes ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Elles rient devant leur propre sexe pour se dédouaner d’excitations libérées de toute fonction de reproduction, de fécondité. Le rire, c’est le plaisir pour le plaisir. Et par seul plaisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Il est vrai que les légendes de Déméter la Grecque et d’Amaterasu, la Japonaise lient intimement le rire et des visions de femmes accroupies, jambes écartées, sexes offerts, se souvint Leila, en songeant à quelques gravures jadis aperçues chez des compagnons de route amateurs d’estampes un peu coquines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est ce qu’on appelle la position de la grenouille », lança Phoenix-la- Reinette en s’éloignant d’un saut de Leila-la Rieuse qui, médusée, prise d’effroi, éclata… en sanglots. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chamfort avait sans doute raison :  « La plus perdue de toutes les journées, c’est celle où l’on n’a pas ri » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Séchant ses larmes avec un nouvel éclat de rire, Leïla téléphona à un ami. Rire à deux, c’est encore mieux…&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rire_3.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_17.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (18)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_17.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Sat, 25 Dec 2004 17:45:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;P&lt;br /&gt;
Pâques&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
                  &lt;strong&gt;« Tu es la résurrection »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_tetards_27juin.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maria-la-blonde avait quitté les remparts de Varsovie pour un étang des bords du Rhin où, comme dans sa Pologne natale, on savait respecter les traditions. Un jour de printemps, elle rencontra René Noël, sur les marches de l’Opéra où elle sautillait comme un petit rat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pourquoi t’appelles-tu Noël ? A cause de ta barbe et de ta générosité de Père Noël ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Eh, eh! Grenouillette, tu es bien curieuse …Pour moi, chaque jour est une re-naissance, donc une nouvelle naissance. C’est Noël tous les matins. Et chaque rencontre est une con-naissance, une naissance nouvelle. &lt;br /&gt;
« Je suis qui je croise, qui je rencontre. C’est l’appartenance à l’humanité qui nous rend homme. La spécificité humaine réside dans la capacité de construire une personne à partir de l’individu produit par la nature »&lt;br /&gt;
Albert Jacquard&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu es comme les grenouilles, toi. Tu aimes la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh ! oui, un peu trop même…Il faudrait que parfois, comme toi, je puisse hiberner un peu. Mais pour être franc, j’ai pris ce nom surtout parce que c’est l’anagramme de Léon. Léon, c’était mon père. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Voilà un bel hommage du fils au Père. « Au nom du Père » : c’est l’une des prières des humains que j’aime le plus entendre. Le « minuit chrétien » me plaît bien, aussi. Mais comme tu le sais, à Noël, je dors…&lt;br /&gt;
-Pour être en pleine forme à Pâques et écouter les chants joyeux de la résurrection…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Il m’arrive même, certaines années, de faire le voyage de Rome, pas avec les cloches (je ne crois pas en ces sornettes) mais pour retrouver mes copines du Vatican&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Un long chemin…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, mais plus agréable que celui de Damas ou que le Chemin de la Croix. Tu le sais,nous, les Grenouilles, nous sommes à l’origine de presque toutes les fêtes. Depuis longtemps. Parce que nous sommes, depuis des millions d’années, les symboles vivants de la fertilité, donc de la transmission, de la vie qui survit à la mort. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi, chez vous, c’est le lapin ou les œufs de poules qui symbolisent Pâques. Comme si le lapin et la poule pouvaient copuler ! Tu connais nos œufs : nous les pondons avec plus de générosité que n’importe quelle espèce…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh ! Je le sais depuis que je suis gamin ; deux à six mille œufs sortent de vous pour être par vos mâles fécondés. Quelle portée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est notre vitalité qui nous permet d’être des reines sous toutes les latitudes. Et nos œufs n’ont pas de coquille !C’est notre élan vital qui fait de nous les inspiratrices suprême de Pâques, fête de la résurrection, donc de la vie. La Résurrection, chez nous, les Batraciens, c’est même Pâques sans Vendredi Saint car nous ne sommes pas un peuple violent qui confond la justice et la vengeance. Nous ne sommes pas de ces espèces qui ont besoin en permanence de bouc-émissaires pour excuser leurs propres faiblesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Le bonheur de vivre, sans la douleur du Chemin de Croix et la tragédie de la Crucifixion :On en rêverait ! Et pas seulement dans la civilisation  judéo-chrétienne…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sais-tu que chez les Chrétiens coptes d’Alexandrie, du Caire et d’ailleurs, sur les lampes-grenouilles, on pouvait lire : « Je suis la Résurrection » ? C’est pas parce que nous savons incarner le temps dans toutes ses dimensions &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Là je te sens venir. Vous incarnez le Temps initial, le Temps cyclique, le Temps éternel. Le Temps de tous les Temps…et même le temps qu’il fait puisque vous êtes les idoles, les fétiches des météorologistes. La grenouille d’Albert Simon est dans les mémoires de tous les gens de ma génération. Et dans les journaux, à la télévision, c’est vous qu’on utilise, souvent avec humour, pour symboliser les variations du baromètre et les évolutions probables du thermomètre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ne me parle pas de ces abus de pouvoir de quelques humains sans grande imagination, qui nous ridiculisent avec des lunettes de soleil, des écharpes, des gants ou des maillots de bains. Le temps qu’il fait, il faut le prendre tel qu’il vient. Nous, nous savons nous adapter. C’est dans notre peau. Mais je te parle du temps métaphysique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Les frétillantes et pétulantes bêtes des étangs &lt;br /&gt;
cernent de toutes parts l’univers mental des Humains. &lt;br /&gt;
Genèse du monde, génération spontanée, crue vivifiante,&lt;br /&gt;
 fécondité des femmes et de femelles, &lt;br /&gt;
espérance d’éternité : elles sont partout » &lt;br /&gt;
Pierre Lévêque&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_deluge_jpeg.jpg&quot; alt=&quot;medium_deluge_jpeg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est pour cela que les  Anciens, en Haute Egypte, plaçaient des « frog-lamps » auprès des défunts comme symboles de l’immortalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, nos chants  et nos danses sont d’Amour et de foi en une vie éternelle. Nous devrions d’ailleurs être aussi au centre des Pâques juives. Le Passage, le Pessah, c’est le saut. Nos sauts !  « Exister c’est sauter hors de soi, au-dehors et au-delà de soi-même » , dit Ouaknin. Ce sont des appels de transcendance, de transcen-danse, des danses qui élèvent non seulement le corps, mais l’esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Là , tu exagères…Encore une peu tu vas me dire que la grenouille est le symbole universel non seulement de la fertilité et de la vie éternelle mais aussi de la sagesse, de la quête d’un plein épanouissement…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Un jour, je te présenterai des sœurs venues d’Asie. Tu verras si, nous les grenouilles, nous ne sommes pas l’incarnation de la Grande Harmonie ? Le Tao, c’est la Voie. Et le chemin en tout et pour tout compte plus que le but. Comme le destin importe plus que la destination. Malheureusement, aujourd’hui, ce sont les humains qui ne connaissent plus les voies de la sagesse. Ils en souffrent , mais nous aussi…Ils écourtent nos vies ! En nous assassinant ou en nous empoisonnant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-« ¨Pardonnez-leur… Ils ne savent pas ce qu’ils font »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Pesticides, pluies acides, engrais, DDT, poisons chimiques, excès d’ultra-violets à cause du trou dans la couche d’ozone…Les humains nous empoisonnent en s’empoisonnant eux-mêmes. Et ils nous écrasent en plus, avec leurs camions et les voitures. Ne fais jamais l’amour au bord d’un chemin. C’est la mort assurée. Eros crucifié par une société bagnoleuse . A quoi bon parler de sagesse ? Sainte-Ménéhould, la protectrice des grenouilles et des étangs, devrait se montrer plus active…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Reconnais tout de même que les Humains font des efforts pour vous protéger. Avec des lois, sur terre et dans l’eau,  et des équipements : Ici des filets protecteurs : plus de 1 500 kilomètres dans la seule région du Sundgau, dans le sud de l’Alsace. Là, on construit des  « crapauducs ». Vos migrations nuptiales, dans les régions civilisées, se  font en toute sécurité. Vous êtes tellement protégées, que les amateurs de vos bonne chairs doivent importer vos sœurs venues d’ailleurs, d’Inde , d’Australie, de Hongrie… C’est désespérant. Dieu sait pourtant qu’on vous aime, pas seulement où l’on vous fête en vous dégustant : de Vittel à Pfaffans …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Notre vrai problème, c’est l’urbanisation des campagnes. Les points d’eau sont de plus en plus éloignés les uns des autres :vos villes sont nos déserts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Que veux-tu ? Mais vous savez vous adapter. N’avez-vous pas survécu aux dinosaures ? Vous survivrez aux Hommes …qui semblent rêver d’un Vendredi Saint sans Pâques, sans résurrection. Et d’un Noël sans Nativité, sans étoile du berger, sans espérance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Toi, René ,tu as été et tu seras encore une grenouille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est le sort que j’attends en effet. Je retrouverai Salvador Dali et quelques autres pour qui le paradis est peuplé de grenouilles qui coassent divinement. Et éternellement »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« L’éternité, c’est long. &lt;br /&gt;
Surtout vers la fin »&lt;br /&gt;
Woody Allen&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_18.html</guid> <title>Eloges de la Grenouille (17)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/25/eloges_de_la_grenouille_18.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Sat, 25 Dec 2004 17:45:00 +0100</pubDate> <description> Q&lt;br /&gt;
Quenouille&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
				Zabou et Juju du jujubier&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un soir d’été, Lolita-la Frayeuse fut prise au piège des allumeuses…&lt;br /&gt;
Follement amoureuse, elle tomba d’un indifférent qui ne l’aimait pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Tu es bien trop frivole &lt;br /&gt;
Pour que vers toi, je vole.&lt;br /&gt;
Je sais aimer comme un fou.&lt;br /&gt;
Mais  pas comme un sot »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outrée et malheureuse d’être rejetée, prise pour une gourde usagée,&lt;br /&gt;
une banale quenouille ou une femme-nouille, Lolita voulut se noyer.&lt;br /&gt;
Mais Zabou, en  reinette malicieuse, policière, juge et guérisseuse, &lt;br /&gt;
vint de la mort et du désespoir la sauver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Tu es bien trop friponne&lt;br /&gt;
Pour que je t’abandonne ! &lt;br /&gt;
Une autre vie t’attend &lt;br /&gt;
Au fond de mon étang »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_seduction_3_jpeg.jpg&quot; alt=&quot;medium_seduction_3_jpeg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Lolita-la-Frayeuse, quenouille, devint Frog-la-Vengeuse, grenouille&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zabou, en cheftaine, lui ordonna : « Depuis des millénaires, les mâles nous transforment  en quenouilles et prennent nos ventres pour des citrouilles… Ouille.. ouille… ouille. Malheur à leurs bouilles. Pas de molles couilles : tu dois être intraitable. L’incorruptible, c’est toi. Aucune tendresse, même pour celui qui célèbre tes fesses. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Frog-la Vengeuse lui promit : « En rien je ne serai faible. Lolita- la- Frayeuse savait  attirer les mâles. Vengeuse et vengeresse, je saurai les châtrer. Je ne les allumerai que pour mieux les faire brûler.  ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout mâle séduit fut éconduit.&lt;br /&gt;
Et le plus sincèrement amoureux&lt;br /&gt;
Fut le plus odieusement malheureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Il est interdit de m’aimer&lt;br /&gt;
Je ne peux le supporter… »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un matin, pourtant, Lolita-la-Vengeuse rencontra Guitou-de Sussheim, un Prince charmant qui faisait profession d’homme de lettres ! A la Poste, ce messager du bonheur ne distribuait que des lettres du cœur… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec ses moustaches bien taillées et ses yeux gourmands, Guitou de Sussheim fit revivre à Frog des sentiments que Lolita adorait mais qu’elle avait juré de ne plus connaître. « Ce jeune Homme séduisant doit être un bon amant. Je le sens latin de cœur et slave de sexe. La poésie et la force. Plutarque et Attila. Pourquoi me priverais-je des plaisirs que peuvent procurer ses talents ?Qui pourrait résister à une telle alliance ? Le violon et le tambour, le luth et le clairon. Après tout, de la vengeance, j’ai éprouvé tous les plaisirs. Je m’ennuie, maintenant. Et Zabou m’a sauvée sans aucune condition me poser. Aux sirènes de Guitou- l’Heureux- Messager, je ne veux résister »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre les jambes de Guitou-de-Sussheim, Frog, qui se souvint de son passé de Lolita, se glissa, malicieusement et voluptueusement. Magiquement. Sur ses mollets bien dessinés, elle se frotta langoureusement…Comme elle savait faire, jadis, quand, avec ses jambes d’araignée, elle savait tisser sa toile fatale autour des hommes pris au piège des amours bien tapissées. De Lolita-la-Frayeuse, Frog-la-Vengeuse avait su conserver les atouts les plus pernicieux. Et les plus diaboliques. La séduction n’est pas qu’un jeu : c’est un sortilège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
						&lt;em&gt;« Eh ! Eh ! La grenouille&lt;br /&gt;
						Je te sens bien fripouille »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bonne protectrice de celles et de ceux qu’elles sauvaient pour mieux les posséder, Zabou suivait la scène de près, en vraie veilleuse de l’étang. Elle décida de s’amuser. Et de tester sa Lolita. Elle redonna à Frog-la-Vengeuse les apparences perdues de Lolita-la-Séductrice… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ravissante fée, Frog fut transformée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Médusé, le Prince Charmant, Guitou-de-Sussheim, messager du bonheur, préposé du cœur, facteur de tous les plaisirs, n’en croyait pas ses yeux …Jamais, il n’avait vu de tels attraits froufroutants. Jamais il ne s’était ainsi senti happé par un champ magnétique aussi fort. Jamais son sang, même par les pires fièvres, n’avait bouilli autant. Et jamais ce que les Chinois appellent la « Tige de Jade » n’avait été autant à la fois arbre de vie et buisson ardent.« La bandaison, papa, ça ne se commande pas », rechanterait Brassens, qui n’abusait pourtant pas des liqueurs des Caraïbes, des racines de Ginseng, des confits de gingembre et des laits au miel magique des grenouilles de l’Euphrate, du Nil, du Mékong, de l’Amazone ou du fleuve Amour…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_seduction_1jpeg.jpg&quot; alt=&quot;medium_seduction_1jpeg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses yeux ? Riches de promesses.&lt;br /&gt;
Ses cheveux ? D’une folle noblesse.&lt;br /&gt;
Ses seins ? En pleine allégresse.&lt;br /&gt;
Ses hanches ? D’une vraie déesse.&lt;br /&gt;
Ses jambes ? D’une jolie princesse…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Une telle beauté, &lt;br /&gt;
Jamais n’ai rencontré &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;
Elle dansait, friponne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle souriait, folichonne.&lt;br /&gt;
Elle virevoltait, polissonne.&lt;br /&gt;
Elle s’imposait. En madone.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ebloui, abasourdi, Prince-Charmant  &lt;br /&gt;
Tendit une main, naturellement : &lt;br /&gt;
Les vrais yeux de l’homme séduit &lt;br /&gt;
Ne sont-ils pas au bout des doigts ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Son fiel se crève sur son cœur&lt;br /&gt;
Puis sue, dieu quelle sueur… »&lt;br /&gt;
François Villon&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Mal lui en prit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Pas cette fois…&lt;br /&gt;
Il est de très mauvaise tactique&lt;br /&gt;
De se montrer vite trop tactile…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un bonheur qu’on ne touche pas des doigts reste un fantasme. Mais le rêve impossible qu’on veut prendre en mains ou par le bout des doigts peut se transforme en cauchemar. « Touches pas au Grisby ! ». Les vrais Trésors brûlent les doigts. Blasphémer, c’est se sur-estimer. Et c’est oser toucher. « Ne pas toucher » : c’est le mot d’ordre de tous les musées. Le divin, c’est l’inaccessible. L’intouchable n’est pas le pauvre ou le pestiféré, mais le trop riche, le trop beau, le trop béni des dieux. L’inaccessible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zabou, la geôlière, veillait. Elle n’avait suscité l’hommage que pour mieux condamner l’outrage. Le Prince Charmant perdit sa peau .Et Guitou-de-Sussheim fut transformé en crapaud. Lolita, par Zabou-la-Faustienne une fois de plus transformée, fut condamnée aux travaux forcés au pied d’un Jujubier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_seduction_2_jpeg.jpg&quot; alt=&quot;medium_seduction_2_jpeg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Jujubier ? L’Arbre de l’Eternité et de l’Extrémité. Aux frontières des Divinités. Aux limites entre la vie et la mort. Aux bornes entre le vivable et l’invivable. «  Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite », se plaisait à dire Pompidou, homme d’Etat et de lettres, amateur de poésies et de finances. Le jujubier est l’arbre de tous les défis, de toutes les contradictions, de tous les défis. L’arbre-frontière par excellence…Entre le Nord et le Sud, entre le fertile et l’infertile, entre la Vie et la Mort. C’est l’arbre de tous les défis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lolita-la-Séductrice, tu ne sais pas retenir les leçons de la vie. Trop d’hommes malheureux , tu as rendus. Tu voulais les séduire et non les aimer. Le destin s’est vengé. Un jour celui qui tu as aimé t’as fait le pire des affronts : l’indifférence ! Sauvée par moi d’un désespoir stupide, tu m’as trahie. Et de la séduction encore, tu as voulu jouer envers un Prince Charmant ridicule qui n’as pas su résister aux sirènes de ta fausse beauté, par moi seule ressuscitée. Au Jujubier, tu seras attachée, pour l’Eternité. Et, les faibles femelles, tu sauras protéger de tous les mâles concupiscents. En religieuse du dévouement. En sainte, je vais te transformer »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lolita se transforma une nouvelle fois. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle devint, par le pouvoir de Zabou, « Juste-Justicière », Juju-du-Jujubier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux confins du désert, là où les jujubiers demeurent les seuls végétaux qui résistent à la sécheresse, elle ne se nourrissait que de jujubes, fruits des Immortels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle respectait, à la lettre, les vœux de chasteté prononcés pour l’Eternité. Et elle passait ses journées à sauver, à protéger, les femelles trop agressées par des « Priape » trop gourmands, par des mâles trop concupiscents, par des Phallus ambulants, trop peu conscients des « liaisons dangereuses » qu’ils souhaitaient, bestialement, entretenir avec les Lotis, ces nymphes timides, trop naïves ou trop offertes. Trop généreuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_seduction_4_jpeg.jpg&quot; alt=&quot;medium_seduction_4_jpeg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Obsédés du Sexe qui confondaient Amour et Possession, plaisir et domination, séduction et conquête, se retrouvaient dans les marres au diable, piqués mortellement par les épines du jujubier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils étaient donnés en pâture aux femelles les plus cruelles…Les Lilith,  nymphes vampiriques de la curiosité. Les Lamies, ces suceuses de sang. Les Empuses, ces violeuses de mâles, castrés et vidés de toute leur énergie, pendant leurs sommeils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des millénaires plus tard, Zabou-l’Amazone, métamorphosée en femme moderne, créa des associations de défense des « femmes battues » : la « révolte des quenouilles » s’annonçait comme une vraie une vraie guerre des sexes..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Jujubiers, aujourd’hui, ne sont pas qu’aux confins des déserts. Ils sont au cœur même de nos villes. Malheur à ceux qui s’y frottent ! Ils s’y empoisonneront.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, des « Priape » courent toujours après des « Lotis ». Des Lolita jouent toujours les séductrices inaccessibles ou les amantes homicides. Et des amours sans retour provoquent bien des blessures non guérissables .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Que voulez-vous? Seules les grenouilles le savent :toujours,  dans les tentations d’Eve, Eve retombera. Sans cesse, dans celles d ‘Adam, Adam replongera. Les pommes n’y sont pour rien. Les serpents non plus. Mais dans les étangs, on sait philosopher utilement. Des jujubiers, on sait se méfier. D’autres plantes de l’Eternité ont moins de griffes. Et de poison. Les fleurs des vrais Amours n’ont pas d’épines…&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_logo_grenouilles_2_jpe.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_logo_grenouilles_2_jpe.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;_ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://www.danielriot.com/archive/2004/12/20/eloges_de_la_grenouilles.html</guid> <title>Eloges de la Grenouilles (15)</title> <link>http://www.danielriot.com/archive/2004/12/20/eloges_de_la_grenouilles.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (relatioeurope)</author>   <category>Les Grenouilles de Noël</category>   <pubDate>Mon, 20 Dec 2004 16:40:00 +0100</pubDate> <description> &lt;strong&gt;N&lt;br /&gt;
Noël&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une étoile m’a dit..&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_orion.jpg&quot; alt=&quot;medium_orion.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’où viens-tu Gitane, demanda Caroline-la- rainette, restée sur les bords du lacs de Tibériade pendant que sa vieille avait fait un voyage digne des Croisades, mais en sens inverse… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je reviens de Cologne, répondit Clio-la-Roussette, heureuse de retrouver ses complices batraciennes sur cette Terre trois fois sainte, meurtrie et ensanglantée par le stupide triomphe de ce vice humain qu’on appelle l’intolérance ou la bêtise meurtrière…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Cologne, la ville de l’eau de feu  Celle qui fait croire aux Humains qu’une bonne odeur fait la propreté. Et que la saleté n’est qu’une affaire de nez…, ironisa Caroline-la-spirituelle, toujours faussement naïve pour mieux appréhender, sans cynisme, la complexité de la vie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Ce n’est pas l’eau qui, à Cologne, m’attire régulièrement, répliqua Clio. C’est la Cathédrale. J’y vais me recueillir sur les ossements de Bithisarea, Melchior et Gathaspa…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Tu veux dire Balthasar, le porteur d’encens, Melchior, le donneur de myrrhe, et Gaspar, le distributeur d’or… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;« Les paroles essentielles sont des actions qui se produisent &lt;br /&gt;
en ces instants décisifs où l’éclair d’une illumination&lt;br /&gt;
 splendide traverse la totalité d’un monde »&lt;br /&gt;
Martin Heidegger&lt;br /&gt;
Schelling (1936)&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui, opina Clio. Les trois Rois mages guidés vers la grotte de Bethléem par une étoile plantée dans le ciel, miraculeusement, par nos ancêtres les grenouilles de la Lune et du Soleil. Cette étoile leur avait parlé. Elles les avait guidé, leur avaient permis d’être au rendez-vous de l’Histoire et de la Légende. Un Messie est né, dans une mangeoire…Alléluia ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Que font-ils à Cologne, en Germanie, ces Rois Mages orientaux toujours porteurs du mystère des étoiles qui montrent la voie mieux que les guides les plus sophistiqués d’aujourd’hui ?…, insista Caroline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est une vieille histoire. Leur sarcophage, tu le sais, dormait à Constantinople, l’ancienne Byzance, l’actuelle Istanbul, la grande ville-monde à cheval sur le Bosphore, entre Occident et Orient… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oh , je me le rappelle , coupa Caroline. Les Italiens s’en sont emparé. A Milan, ils l’ont installé. Et bien des miracles, paraît-il, se sont produits en l’Eglise Saint-Eustorg &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Oui , mais tu connais les Humains. Le plus fort se croit tout permis. Barberousse, l’empereur Frédéric II et son chancelier von Dassel, se sont emparés de ces reliques pour les installer à Cologne  le 27 juillet 1164&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Quel puits de science, tu es, Clio !…Tu me donnes des complexes, s’amusa Caroline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Nous, les Grenouilles, nous sommes la vraie mémoire du monde. Nous sommes apparues quand aucun oiseau ne volait dans le ciel, quand aucun mammifère ne  paissait dans les prés, quand aucun singe ne  tentait de se mettre sur deux pieds dans les forêts vierges Et je ne m’appelle pas Clio pour rien…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rois_mages_2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_rois_mages_2.jpg&quot; alt=&quot;medium_rois_mages_2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je sais : L’Histoire est ton présent, ta raison de vivre au présent et au futur. &lt;br /&gt;
-Qui plus est, tu sais aussi que j’ai pris l’initiative de créer un Mouvement pour la réhabilitation des grenouilles dans l’Histoire Sainte des Chrétiens , des Juifs , des Musulmans et des autres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Il est vrai que Noël ne serait jamais la fête mondiale de la Nativité, des cadeaux, de la générosité sans nous. Que le  Père Noël nous ignore, passe encore . C’est une ordure : le cinéma l’a bien montré. C’est surtout un imposteur. Mais que les adorateurs du Petit Jésus nous gomment et nous maltraitent, c’est une vraie injustice. Je suis , avec toi, entièrement d’accord…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;« Seule la faiblesse de nos organes et de notre &lt;br /&gt;
contact avec nous-mêmes nous empêche de &lt;br /&gt;
nous apercevoir dans un monde de fées&quot;&lt;br /&gt;
Friedrich von Hardenberg, dit Novalis&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est un peu de notre faute :le 25 décembre, nous dormons. C’est notre saison du sommeil. Or, la clef du succès, c’est l’Eveil. L’art de savoir de ne pas se complaire dans les paresses ou les fausses jouissances de la nuit, mais de vivre et d’anticiper les aubes, « au bout du bout de la nuit », quand le Soleil triomphe de la Lune &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C’est un peu parce que nous dormons que nous ne sommes pas les vedettes de la Crèche. L’âne et le bœuf  ne connaissent pas ce que Rimbaud appelait les « rythmes instinctifs ». Ils ne connaissent pas ce que Sollers appelle « le saisonnement du temps ». Ils ont une existence spatio-temporelle « toujourisante », comme disait Dante. Le chien et la chèvre, qu’on trouve en certaines mangeoires divines, sont  comme eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais nous, nous ne sommes d’aucun temps et d’aucune lieu . Pas de santon pour les déesses de la chanson, ironisa Caroline …Pas de lumière de Noël dans les étangs. Pas de chant de la nativité dans les marais…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;« Christ serait-il né mille fois à Bethléem,&lt;br /&gt;
S’il n’est pas né en toi, c’est ta perte à jamais »&lt;br /&gt;
Johannès Scheffler, dit Angelus Silesius&lt;br /&gt;
( Pèlerin chérubinique )&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Nous étions là, bien présentes, dans les fêtes de la Nativité, bien avant le Petit Jésus mis dans la Crèche, se consola Clio &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Cyrus le Grand, de la dynastie des Achéménides, grand prêtre du Dieu Mithra, venu de Perse,  avait déjà décidé que le 25 décembre, au solstice, serait fête du Soleil grâce aux conseils de Déesses Grenouille. Lux Mundi. Lumière du Monde. C’est notre fête depuis toujours, même si, en Europe, nous dormons de notre meilleur sommeil en cette période…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_creche-de-bayonne.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.danielriot.com/images/medium_creche-de-bayonne.jpg&quot; alt=&quot;medium_