06/06/2007

UMP et PS: De la "publicité mensongère" en politique

 " Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques."
  (Mark Twain)
" Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui".
  (Denis Diderot)
 
 

Pierre LARROUTUROU, délégué national à l’Europe du PS et porte-parole d’Urgence sociale , et Eric HALPHEN, président du comité de parrainage d'ANTICOR ,  publient aujourd’hui dans Libération un article documenté qui, à leurs yeux, démontre que François Fillon et son gouvernement « mentent sur le bilan de l’UMP » en matière de réformes des retraites, de création d’emploi et sur la réalité du projet social annoncé.

« Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité », écrivent-ils.

medium_fillon_livre.jpgA condition qu'on lui dise....

« Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers? »

Bonne question…

Ils poursuivent : « L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans.

Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs… Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité »

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La bouche de la Vérité, à Rome...

Le problème, c’est que ce type de « démonstration » n’a pas d’impact électoral. Et vient bien tard…La vraie fontaine de la vérité, c'est le suffrage universel. Même si le matrage médiatique nourri  plus de propagande que d'informations font oublier aux électeurs qu'une "vérité officielle n'est pas vraie,mais officielle"...

Le PS n’a pas su démonter la machine à gagner de Sarkozy. Parce que durant cinq ans son opposition a été stérile, inefficace, non construite.

>>>Je ne suis pas expert en analyses statistiques, mais je constate que les « thermomètres » de l’activité économique, financière et sociale de la France ne sont pas crédibles. Seul Bayrou l’a mis en relief en étant trop peu relayé durant sa campagne… Le PS n’a guère insisté parce que lui-même quand il était au gouvernement a triché avec bien des chiffres !

>>>Je constate aussi que le programme économique de Ségolène Royal était aussi  peu crédible en termes de chiffrages que celui que Fillon met en application.

>>>Je constate encore que si la majorité sortante, malgré son bilan plus que mauvais, va être réélue dans un fauteuil, c’est parce que le PS préoccupé par ses soucis internes, ses querelles de personnes,son vide idéologique, ses contradictions tactiques et son impuissance critique n’a pas joué son rôle…

« Publicité mensongère », chez Sarkozy et Fillon ? C’est évident. Ce n’est pas même du ressort de la justice : le mensonge en politique est un art que Leo Strauss (inspirateur des néo-conservateurs américains) a conceptualisé et érigé en vertu…

medium_mensonge_fontaine_de_la_vérité.2.jpgLa fontaine de la Vérité...

Mais « Publicité mensongère », il y a aussi au PS. "Un éléphant, çà trompe énormément", dit l'une des chansonnette de notre enfance...

Non, le parti de M. Hollande n’est pas la force d’opposition que la démocratie exige. Il n’a  été ni crédible ni efficace ces cinq dernières années et il n’est pas crédible dans ses exhortations actuelles. Il a été, selon la formule de Bayrou, « un pouvoir contre » et non un « contre pouvoir ».

Le fait que Ségolène Royal (que Sarkozy, il l’a dit!, rêve de voir en « chef de l’opposition ») appelle ses « camarades » éléphants à renoncer à leurs méthodes d’opposants « frontaux » et systématiques n’y change rien. Ce sont les méthodes de travail du PS et pas seulement la tactique de ce parti sclérosé qu’il faut changer.

Si Sarkozy a été élu, bien que « sortant », si l’UMP va connaître un succès législatif digne du livre des records en dépit du mauvais travail fait depuis cinq ans, c’est parce que le PS n’a pas travaillé du tout ces cinq dernières années. Les opposants aussi doivent être jugés sur leur bilan… Celui du PS est catastrophique.

Pourtant bien des « sortants » socialistes espèrent être réélus. Face à la déferlante bleue n’aurons-nous que l’impuissance rose ? Les enjeux de dimanche sont grands. Et cela, ce n’est pas de la « publicité mensongère »...

Daniel RIOT

10/05/2007

"Les événements font plus de traîtres que les opinions" (Chateaubriand)

 Comédie humaine…

>>>>Chirac et Sarkozy unis comme jamais. Il est loin le temps où Le Président élu, à l’époque ministre, proposait à Bayrou un pacte «anti-Chirac….Mais le Président sortant a peut-être lu le livre de Bayrou sur Henri IV:" La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment: celle que nous donne  la clémence est éternelle"

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>>>> Emouvants, les adieux de Chirac au dernier Conseil de ministres. Face à lui, tous des « lâcheurs » (sauf De Villepin et Barouin). Mais Chirac connaît les affres de la traîtrise en   politique : « Les événements font plus de traîtres que les opinions », écrivait Chateaubriand

>>>> L’un des champions, c’est Besson, bien sûr. Mais il a un conscience :il ne se présentera pas devant ses électeurs...C'est devant sa glace qu'il a pris cette décision héroïque.

>>>> Claude Allègre, l’ami de Jospin,  n’est pas mal non plus dans le genre. Mais lui aussi a une conscience : il a refusé un poste de ministre que personne ne lui avait proposé…

>>>> Tout cela pour dire que les députés sortants udf qui vont à la soupe d’une « Etat Sarkozy » qu’ils avaient dénoncée par anticipation quand Bayrou grimpait dans les sondages ne sont pas les seuls "à s’accrocher au yacht de Sarko". Qui disait que certains traîtres ont une étonnate faculté de se convaincre eux-mêmes de la sainteté de leurs intentions?

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La palme revient sans doute, dans cette famille que Saint de Robien se fait un plaisir de réunir avec des huiles et du saint crème, à Hervé Morin. Pendant la campagne du premier tour, il a été l’un des plus sévères  pourfendeurs de Sarkozy et de « l’absence de sérieux de son programme ».Et l’un des laudateurs les plus vils flatteurs de Bayrou, « homme d’Etat dont la passion de la France et le caractère d’acier » le situe dans la lignée « du général de Gaulle et de Pierre Mendès-France »… Il a gommé sur son blog les propos les plus acides envers ceux qu’il rallie en raillant « la stratégie d’échec » de Bayrou.

« Le flatteur est proche parent du traître », dit un proverbe basque… que le béarnais connaît bien depuis longtemps ! Ce n’est pas la première fois qu’il est lâché et sali par des amis, le biographe d’Henry IV. Il sait mieux que quiconque, comme l’Homme au panache blanc, que « les déplaisirs talonnent toujours les contentements »…

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Femme fatale

Pauvre Ségolène et pauvre François. A la défaite, s’ajoute le livre (pudique et nuancé) de deux journalistes du Monde. J’ai lu les bonnes feuilles publiées sur le nouvelobs.com. Pas de révélation. La confirmation (sans détail croustillant) sur les rapports de cause à effets entre la vie privée du couple et la vie publique de Ségolène. Et sur les amitiés particulières qui se sont nouées entre BHL, le penseur-séducteur, (qui « adore son cou »), et Ségolène Royale en quête de gourou. De quoi sourire un peu. Mais le couple le plus étrange de la vie politique française a pris tout cela au sérieux :la justice est saisie. Ce qui n’empêche pas au livre d’être en librairie. Et de faire un petit tabac. Publicité fatale…

Menés en bateau…

Sondage a été fait ; les Français ne sont pas choqués par le cabotage du cabotin élu Président de la République au large de malte sur le « boat people » (comme dit Libération) de Bolloré (dont le grand père n’a jamais hébergé Blum et qui a bénéficié de marchés publics dignes d’intérêts contrairement aux affirmations officielles).

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C’est que les Français aiment rêver ! D’où le succès de la presse people et de émissions qui vident les cervelles. Ce sondage va encourager Sarkozy  à en faire plus encore… « Le candidat du peuple » élu va nous offrir un peu de pain et beaucoup de jeux. Cela dit, cette mini-croisière n’a rien de choquant. Sarkozy qui « ne mentira pas, ne se cachera pas, ne trahira pas » à voulu seulement envoyer un message subliminal à ses électeurs : « je vous ai menés en bateau ». La croisière s’amuse va durer cinq ans.

Majorité absolue

Les sondages sont formels : la vague bleue va atteindre des sommets. C’est ce qui fait dire à De Robien (qui ne manque pas d’aire) qu’il n’y a pas « d’espace politique pour Bayrou »… Mais pourquoi, dans ces conditions,  Sarkozy tient-il tant à liquider le Centre ? Relisez l’histoire de la V ième République : il fut une époque où le Centre faisait contrepoids aux « godillots ». Bayrou s’en souvient aussi, lui. Et il a bien raison d’appeler à la résistance. Ce n’est pas la gauche si maladroite qui va jouer les contre-pouvoirs…Dans la précédente Législature, elle a brillé par sa nullité. 

Les Invalides éliminées

Le prince de Neuilly devenu Roi de France cherche un lieu symbolique pour marquer son couronnement. Le Panthéon n’a pas même été évoqué : L’ombre de Mitterrand… Ses conseillers ont songé aux Invalides. Mais là ce serait un peu trop, quel que soit sa passion pour la Corse et sa fascination. Même ses amis le qualifient de « bonapartiste » et le surnom de Sarkopéon lui colle déjà à la peau !

 

Ces socialistes amusants et pathétiques....

Décidément , le PS dans sa misère électorale, dans ses paralysies idéologiques, dans ses querelles de personnes et de clans, dans ses hésitations stratégiques et tactiques m'amusent. Et me désolent! Quelle hypocrisie, et quelque misère intellectuelle! Ils sont déjà les premiers responsables de la victoire programmée de Sarkozy, par leurs incohérences, leurs illusions et leurs prétentions... Ils font tout pour que la vague bleue annoncée soit encore plus grande que Sarkozy l'espère... Ne serait-ce que parce qu'ils ne tirent pas plus les leçons de leur échec des Présidentielles 2007 que de leur fiasco de 2002: "La rénovation? Oui, plus tard..." Ils se présentent aux Législatives avec un éttat d'esprit strictement défensif, un programme improvisé et une unité de façade qiu ne trompe personne. n l'occurence, leur Union fera leur faiblesse...
J'ai beaucoupaimé ce petit article de David Revault d'Alonnes dans LIBE de ce matin: "Le PS ne «jouera pas de la mandoline sous le balcon de Bayrou».Il ne se sent plus contraint à une entente avec une UDF qui a perdu 22 députés sur 29.". S'ils attendent le deuxième tour pour jouer du violon avec le MMouvement Démocrate, ils devront jouer de la grosse caisse! 
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"Surtout, ne pas bouger. Alors que François Bayrou devait aujourd'hui préciser contours et orientations stratégiques de son Mouvement démocrate, les socialistes, dans l'ensemble, ne semblent guère disposés à convoler électoralement avec lui. Même dans la perspective de législatives délicates. Dès lundi, François Hollande avait donné le ton : «Ce serait une erreur fondamentale que de faire vivre François Bayrou par quelque moyen que ce soit.» Une position partagée par une majorité de socialistes : «Il ne faut pas en parler, estime un parlementaire. On ne va pas jouer de la mandoline sous le balcon de Bayrou. Le problème, c'est d'en jouer sous le balcon des Français.» 
Balle. Pour les dirigeants du parti, la balle est dans le camp du centriste. Et le rapport de forces ne contraint plus le PS à une débauche d'énergie en sa direction, comme durant l'entre deux tours de la présidentielle : «L'UDF n'existe plus, il a perdu 22 députés sur 29, estime Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de Hollande. Et pas sûr que les autres vont rester. C'est Bayrou qui doit savoir ce qu'il veut faire, et faire son choix.» 
Même dans l'entourage de la candidate, d'où se sont élevées plusieurs voix plaidant en faveur d'un tel axe, on laisse venir le troisième homme : «Après ce qui s'est passé pendant la campagne présidentielle, parler à Bayrou n'est pas un problème. Mais ce qu'il faut savoir, c'est de quoi Bayrou va parler...» 
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Certains des partisans de Royal, ces derniers jours, ont bien «tendu la main» aux centristes. Comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, celui de Dijon, François Rebsamen, ou Jean-Noël Guérini, patron du département des Bouches-du-Rhône. Instinct de conservation politique lié à une configuration locale délicate ?
Un candidat, partisan de Royal, ne cache pas l'évidence : «Si dans ma circonscription, le gars du Mouvement démocrate appelle à voter pour moi, ça m'arrange...» Réplique d'un proche de Dominique Strauss-Kahn : «Il ne faut pas avoir l'oeil rivé aux résultats de sa ville. Car ils n'ont pas les moyens de passer un accord. Même nous, on ne le votera pas. Et ils se feront battre.» 
«Siphonné». Les socialistes, au fond, n'ont pas manqué de mesurer les risques d'une telle entente. «S'allier avec quelqu'un qui est plus dynamique que nous, c'est risquer à terme d'être sinon siphonné, du moins entravé», résume un parlementaire. Car la course pour la figure de premier opposant pourrait rapidement mettre centristes et socialistes en concurrence. «Si Bayrou a une stratégie pour 2012, c'est bien d'être un leader d'opposition à Sarkozy, estime Stéphane Le Foll. Ce n'est pas notre problème.» Mais ça pourrait le devenir".
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Le plus beau constat est dans ce dernier paragraphe: Le Mouvement démocrate (qui a déjà enregistré 10 000 pre-dhésion avant sa création) s'ennonde DYNAMIQUE en effet. Parce qu'il regroupe des jeunes convaincus qui "en veulent" .Parce qu'il a un soubassement idéologique clair. Et parce qu'il a un positionnement nouveau: à quoi élire des députés PS qui constitueront une opposition systèmatique et stérile? Le PS devra rendre des comptes dans cette campagne qui commence sur son bilan d'opposant sortant: stérilité et sclérose.... C'est la faiblesse du PS dans l'opposition qui a fait la force de la majorité sortante...

06/05/2007

LEGISLATIVES: La vague bleue déjà annoncée dans les sondages...

Le premier sondage Ifop réalisé pour les législatives de juin prochain donne une avance à l'UMP. L'UDF est à 13%, le FN à 7%.L'UMP obtiendrait 34% des voix au premier tour des élections législatives le 10 juin prochain, le PS 29%, l'UDF 12%, et le Front national 7%, selon un sondage Ifop pour Profession politique réalisé les 3 et 4 mai et rendu public dimanche.
Le Parti communiste recueillerait 4%, l'extrême-gauche 4%, les Verts 5%, Chasse Pêche Nature Traditions 1%, le MPF 2% et les sans étiquette 2%.
Sur cette base, il y aurait très peu de triangulaires au second tour le 17 juin, jugeait samedi un expert électoral.
Selon Jean-Luc Parodi, conseiller pour les études politiques de l'IFOP, la chambre des députés issue des scrutins des 10 et 17 juin pourrait, toujours sur cette base, être l'une des chambres les plus à droite de l'histoire de la cinquième République.
La chambre la plus à droite avait été élue en mars 1993. Au soir du second tour, RPR, UDF et divers-droite avaient obtenu 485 sièges. Le RPR (247 sièges) devançait l'UDF (213) de 34 sièges. Le PS (54) avec le MRG (6) avait tout juste atteint la barre des 60 députés nécessaire pour saisir le Conseil constitutionnel.


Sondage réalisé par téléphone auprès d'un échantillon de 883 personnes âgées de plus de 18 ans représentatif de la population française et inscrites sur les listes électorales, issu d'un échantillon de 961 personnes (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la commission des sondages.

Des contre-pouvoirs LIBRES, INDEPENDANTS et CONSTRUCTIFS

Comme les télevisions n'ont diffuser que des bribes de la réaction de Bayrou, je la réproduit ici en la reprenant sur le site de Chantal Cutajar.

"La démocratie, ce n'est pas seulement l'affaire des vainqueurs" a déclaré François Bayrou après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont gagné et ceux qui n'ont pas gagné "sont coresponsables de l'avenir du pays".

Toutes les forces politiques "vont devoir apprendre à travailler ensemble" a-t-il ajouté. François Bayrou a annoncé que sa nouvelle formation, le Mouvement démocrate, prendra toute sa part dans la reconstruction et la rénovation de la vie politique : "les démocrates seront des rénovateurs et des rassembleurs". Voici le texte de sa déclaration:

"Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La campagne électorale nous a souvent opposés. Mais je veux lui adresser mes félicitations et mes vœux de citoyen pour son mandat. Et ces vœux sont en même temps des vœux pour la France.

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Je pense à ceux, autour de lui, qui se réjouissent ce soir, en pensant qu’un grand pas a été fait pour eux et pour leur pays. Je souhaite de toutes mes forces qu’ils aient raison.

Mais nombreux aussi sont ceux qui sont déçus et inquiets et ceux-là je ne les oublie pas.

La campagne électorale a été le temps des promesses. Mais la situation du pays est telle que les réalités vont reprendre le dessus. C’est un pays fragile, c’est un pays fracturé, c’est un pays endetté.

Pour se réparer, notre pays a besoin d’être considéré. La France a besoin de redevenir une démocratie, où tout le monde est entendu et où tout le monde est respecté. C’est à ce prix qu’est notre unité nationale.

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Et la première loi de la démocratie, c’est que tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir. Personne ne doit avoir le pouvoir tout seul. Je ne ménagerai aucun effort pour faire naître des contre-pouvoirs libres, indépendants, constructifs.

Trop de choses vont se jouer pour l’avenir, qui touchent au social, qui touchent à l’économie, qui touchent à l’unité nationale, pour que le même pouvoir ait tous les leviers de commande entre les mains.

Je le dis à Nicolas Sarkozy : le pouvoir absolu, cela paraît être un confort, on peut décider ce qu’on veut, il n’y a personne pour s’y opposer, mais cela c’est l’apparence. Car il n’y a personne pour vous empêcher de vous tromper. C’est pourquoi quand le pouvoir absolu se trompe il se trompe absolument, et c’est tout le pays, toutes les familles, qui paient l’addition.

Il faut équilibrer le pouvoir. C’est cela l’enjeu des élections législatives. La France donne le pouvoir, oui, elle le donne nettement, mais elle ne doit pas donner tout entier sans aucun équilibre.

En même temps, la démarche de ces contre-pouvoirs doit être constructive.

Chaque fois que le président de la République et son gouvernement proposeront quelque chose de bien, quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutiendrons. Dans ces circonstances, nous voterons oui et nous nous engagerons. Nous serons constructifs et positifs.

Mais nous serons vigilants. Chaque fois que nous percevrons un risque, nous le dirons de la même manière et nous exercerons ainsi un devoir d’alerte.

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Cela exige, pour le bien de la France, de sortir du camp contre camp. On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine.

Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement.

Dès cette semaine, je proposerai de lancer un nouveau mouvement, le mouvement démocrate, qui permettra à tous ceux qui veulent renouveler ainsi la politique, ses mœurs et ses pratiques, la reconstruire et la rénover, de se retrouver et d’agir ensemble.

Les démocrates défendront les libertés publiques. Ils exigeront que l’on dise la vérité aux Français. Ils défendront du même mouvement la modernisation de l’économie, son énergie créatrice, et la justice sociale. Les démocrates défendront l’éducation et la recherche. Ils garantiront la défense de notre patrimoine écologique et climatique. Ils se comporteront en constructeurs d’Europe. Les démocrates seront des novateurs et des rassembleurs.

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Je ne veux pas finir sans avoir un mot pour Ségolène Royal, et les autres candidats malchanceux, et tous ceux qui se sont battus pour elles et pour eux. Je connais l’amertume des soirs d’insuccès. Mais je veux leur dire ceci : la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs ; ceux qui n’ont pas gagné ont aussi leur rôle à jouer dans la modernisation et dans l’équilibre de la France.

En vérité celui qui a gagné, et ceux qui n’ont pas gagné, même s’ils ne le savent pas, ils sont coresponsables de l’avenir du pays.

Nous avons un grand pays en charge, une grande histoire, un grand peuple. Nous devons à ce peuple de conjuguer nos forces pour préparer son avenir.


Je vous remercie."
ECOUTER ET VOIR >>>>>>>>>>>>>>>>>

 REJOIGNEZ LE MOUVEMENT DEMOCRATE >>>>>>>>>>>>>>

Un vote royal pour Sarkozy…Il l’avait dit : « La France se donnera à celui qui la voudra le plus »…Elle aurait du s’en douter : un « miracle rose » était impossible !

Les dés sont jetés. Et le score est sans appel (et sans surprise). Celui « qui voulait le plus la France » l’a gagnée. La machine la plus huilée et la mieux organisée lui a permis de l’emporter. Requiem pour la Madone. L’exorciste va gagner son paradis en passant, dit-on, par un monastère. Une voie royale vers l’Elysée…Une belle réussite personnelle préparée depuis longtemps. Chapeau bas !

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Bienvenue en « Sarkoland » ? Pas de plaisanterie : la France  a connu d’autres risques…Et le suffrage universel, souverain, impose le respect. A Nicolas Sarkozy de se montrer digne de ses responsabilités et à la hauteur des (nombreux) défis qu’il a à relever. L’épreuve des faits sera vite là, sur le plan européen notamment. Il a montré qu’il était un Super-Champion de la conquête du pouvoir. C’est l’exercice de ce pouvoir qui va compter : cela exige d’autres qualités.

Explosions de joie à l’UMP : c’est bien naturel. La droite « décomplexée » triomphe !

Jubilation chez les « sarko-centristes » (qui vont tout faire pour brûler celui sans lequel le « Centre », même borgne, n’existerait plus depuis… 2002). Rien que le sourire de Juda de De Robien a de quoi mettre de mauvaise humeur les esprits les plus sereins en cette journée de vote qui est d’abord, pour tous les démocrates, une fête de la démocratie…Et ne parlons pas du duo Santini-Charasse !

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Déceptions plus ou moins grandes chez les socialistes : trois PS (au moins) s’affrontent déjà, comme pendant les primaires faussées par les « effets magazine à couverture glacée »…Ils étaient tellement sûrs qu’elle pourrait battre Sarkozy, les supporters de Ségostar ! Mais reconnaissons-le : Ségolène n’a pas explosé en vol. Elle a mené une campagne qui force sinon l’admiration du moins le respect. Sarkozy va se payer le luxe de lui rendre hommage dans quelques minutes…Mais seuls ceux qui ont mal apprécié la sociologie politique de la France d’aujourd’hui pouvaient croire à un « miracle rose » de la part de cette Jeanne de Lorraine plus marquée par  ND d’Epinal que par l’ENA !  

Soulagement à l’extrême gauche où l’esprit d’irresponsabilité va continuer à l’emporter sur les délices d’une contestation stérile. D’un communisme périmé et d’un trotskisme préhistorique. Dépit à l’extrême droite où même les consignes d’abstention du « grand chef » ne semblent guère avoir été suivies…

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Et chez les amis de Bayrou ? Chez les militants de ce Béarnais que les sondages ont toujours donné vainqueur au deuxième tour… mais qui n’a pas  franchi les éliminatoires ? Une fois cette soirée électorale vécue en spectateurs, il faut attendre de leur part dès jeudi : détermination, esprit de combat, mobilisation. L’ampleur de la défaite de Mme Royal renforce encore sa responsabilité d’homme « central », non pas entre mais au-dessus des deux camps.

Mais oui ! Bayrou n’est-il pas le seul qui ait fait bouger les lignes dans le champ républicain (Sarkozy les ayant fait bouger à la droite extrême) ? N’est-il pas le seul qui, avec sa social-économie et sa démocratie sociale, ait rénové la pensée politique pendant cette campagne marquée par une droite « décomplexée » mais classique et par une gauche bien « floue » et archaïque ?

Nombre de celles et de ceux qui ont voté pour lui au premier tour ont bien des raisons de croire  en l’avenir de sa « révolution tranquille » malgré la désertion des notables soucieux de leur « soupe », les tentatives d’OPA sur tout (y compris sur le sigle UDF), les traîtrises en tous genres (qui ne sont pas nouvelles, il suffit de voir avec quelle facilité des élus UDF et fiers de l’ être sont déjà passés depuis longtemps à l’UMP, l’Alsace en est riche, n’est-ce pas Mme Keller ?)…

« Ceux qui ont rejoint l’UMP n’étaient pas de vrais UDF » a déjà dit Bayrou. Ceux qui ont conservé leur étiquette udf en appelant à voter Sarkozy dès le premier tour ou en cassant la campagne du même Bayrou de « l’intérieur » (j’en connais trop sur Strasbourg) auraient moins de cas de conscience et se laveraient une âme bien noire  en rejoignant avec clarté l’UMP aujourd’hui…

« Il y a une chose plus grave que la trahison, c’est la bêtise », disait Michel Audiard.

« Un traître en nous quittant nous affaiblit bien moins qu’un lâche défenseur », lançait Jean Racine.

Il leur sera beaucoup pardonné. Alexandre Sanguinetti l’avait bien noté : « Les grandes trahisons  sont toujours effacées par l’Histoire »…Alors, courage, les valets du centre excentré, les amateurs de potages servis par l’UMP, les champions de valeurs proclamées mais oubliées ou plutôt dévoyées ! L’UMP terre d’accueil pour vos ambitions ! Il est des moments où la  clarté est un devoir citoyen…

La vie continue. Et les combats politique aussi. Avec les Législatives en ligne de mire.

Sarkozy, « président de tous les Français », a déjà annoncé qu’il se lancerait à fond dans la campagne de ces législatives, comme si c’était là le rôle d’un chef de l’Etat. Il est vrai que le nouveau président n’a pas promis de réformer en profondeur notre monarchie républicaine qui va rester dotée du parlement le plus passif d’Europe. 

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Après le plébiscite, la vague bleue ? Attention : majorité trop grande devient vite incontrôlable, même "à la botte"…Déjà, la bataille de Matignon et des Quinze postes à pourvoir dans le gouvernement « paritaire » va faire des déçus. Mais avec sa force de conviction, Sarkozy va renforcer l’importance politique des « ministres délégués » et des « secrétaires d’Etat » : l’équipe restreinte aura ses annexes…

Personnellement, clin d’œil en passant,  je suis content pour… le Canard enchaîné, l'un des rares journaux qui "sortent" encore des infos dans notre paysage médiatique bien terne : son avenir est assuré, sauf si les ciseaux d’Anastasie  redeviennent à la mode. Mais non ! Sarkozy sera garant de la Constitution dès la passation des pouvoirs...Alors, pas de procès d'intentions, SVP. Pour Nicolas Ier , le Canard pourra réinventer "La Cour", peut-être...Souvenirs d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

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Je me pose aussi, avec malice, une petite question : Secrètement, Chirac n’aurait-il pas préféré passer la main, le 16 mai,  à une femme ? Ce n’était visiblement pas l’avis de la Bernadette, la Dame aux pièces jaunes, qui, contrairement à Claude,  a soutenu ce « fils ingrat » de la Chiraquie… Cette photo-là, au moins, serait restée dans l’Histoire…

Mais l’Histoire, c’est bien connu, ne se réécrit pas… Les pages que rédigera Sarkozy seront jugées sur pièces. Un feuilleton de cinq ans !

Daniel RIOT

04/05/2007

Derniers sondages: vers une élection-plébicitaire

Minuit va sonner. Silence... Finis les sondages... Du moins les sondages publiés. Les derniers tournent au plébiscite pour Sarkozy. Si c'est le cas, la Madone du PS désignée par son parti parce que considérée comme la seule à pouvoir battre Sarkozy n'a plus qu'à prier le Ciel. Et les électeurs de gauche qui ont résisté à la tentation de voter Bayrou (par peur de Le Pen) n'auront plus qu'à se mordre les doigts... des deux mains.Attendons tout de même. Et n'oublions pas deux choses; S'abstenir c'est se faire récupérer par Le Pen. Et voter blanc, c'est en l'état faire le jeu arithmétiquement de Sarkozy. Mais dans l'isoloir (profitons-en avant que les machines à voter cassent le symbole!), chacun fait ce qu'il veut. En conscience!

Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal par 55% (+3) à 45% (-3) au second tour de la présidentielle, selon un sondage BVA pour Orange rendu public vendredi soir. Le résultat est identique selon la dernière livraison de la vague quotidienne Ipsos-Dell (+1 pour Sarkozy, -1 pour Royal)

Ce sont les 28e et 29e enquêtes réalisées depuis l'annonce des résultats du premier tour donnant le candidat UMP vainqueur. Mais il s'agit des premiers à le placer aussi haut.

Les électeurs de Bayrou répartis quasi-également

Selon BVA, sur 100 électeurs de François Bayrou au premier tour, 41,3 se reporteraient sur Ségolène Royal, 37,7 sur Nicolas Sarkozy. 8,1 voteraient blanc ou nul, 2 s'abstiendraient, 9,2 ne savent pas. 1,6 refusent de répondre.  11,4% des électeurs de Jean-Marie Le Pen se reporteraient sur Ségolène Royal, 67,7% sur Nicolas Sarkozy. 9,5% voteraient blanc ou nul, 6,6% s'abstiendraient. 4,9% refusent de répondre. La gauche non socialiste se reporterait à 69,5% sur Ségolène Royal, 16,5% sur Nicolas Sarkozy. 5% voteraient blanc ou nul, 0,6% s'abstiendraient, 7% ne savent pas. 1,4% refusent de répondre.

Selon Ipsos-Dell sur 100 électeurs de François Bayrou au premier tour, 35% (=) se tourneraient vers la candidate PS, et 36 (+1) vers Nicolas Sarkozy, 29% (-1) s'abstenant ou ne s'exprimant pas. Les électeurs de Jean-Marie Le Pen seraient 70% (+12) à choisir Nicolas Sarkozy, et 9% à choisir Mme Royal (-5), 21% (-7) s'abstenant ou ne s'exprimant pas. Les électeurs de la gauche non socialiste (Besancenot, Bové, Buffet, Laguiller, Schivardi, Voynet) seraient 64% à choisir Mme Royal (-2), 21% Nicolas Sarkozy (+8), 15% (-6) s'abstenant ou ne s'exprimant pas.

En guise de repères...

Par souci d'écairer les indécis qui sont décidés à juger le "match" télévisé sur le fond des divergences et non seulment sur la forme, je rprends ici, lerécapitulatif fait par l'EXPRSS qui me semble le mieux fait. un regret: dans ce type de duel, aux Etats-Unis , ce sont les jouranlistes qui auraient à chaud départager les deux "champions".Il est vrai qu'outre(atlantique, ce sont les journalistes qui mènent le bal, alors qu'en France, réduits au rôle d'horloge parlante (PPDA) ou de piquet sans voix (Arlette Chabot) ils  se font mener par le bout du  nez. Une autre conception du journalisme et de la démocratie . ...

Temps de travail
Nicolas Sarkozy : "Le problème de la France est qu'il y a 1% de croissance de moins que les grandes démocraties, les grandes économies qui progressent dans le monde. Pourquoi? Parce qu'on travaille moins que les autres. […] Dix pays en Europe ont le plein emploi, cinq vraiment très fort. Je pense au Danemark, à la Suède, à l'Irlande, au Royaume-Uni et, d'une certaine façon, l'Espagne. Cela devrait vous frapper, Mme Royal, pas un seul d'entre eux n'a fait le partage du temps de travail. Pas un seul a fait les 35 heures. Monsieur Zapatero m'a dit que jamais il ne ferait les 35 heures en Espagne, qu'il ne voulait pas porter atteinte à la compétitivité des entreprises."

ERREUR: Les Français ne travaillent pas moins que les autres. L'Expansion s’est déjà intéressé à cette question. Comparée à six autres pays, la France affiche la durée hebdomadaire légale du travail la plus faible, 35 heures obligent. Mais elle est dans la moyenne en terme de durée annuelle effective du travail, qui tient compte des divers types de congés et des heures supplémentaires... En 2004, l'ensemble des salariés français ont ainsi travaillé en moyenne 1531 heures. C'est bien moins que les Américains (1869 heures), les Espagnols (1767 heures) et les Italiens (1715 heures). C'est proche des Britanniques (1631 heures). Et c'est plus que les Allemands (1468 heures) et surtout que les Pays-Bas (1378 heures).

L'Etat de la France
Ségolène Royal : "Un déficit de la Sécurité sociale qui s’élève à 11 milliards d’euros".

ERREUR : En mars dernier, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, annonçait que le déficit de la Sécurité sociale atteignait en 2006 8,7 milliards d’euros, contre 11,6 milliards en 2005.

Nucléaire
Ségolène Royal: "Savez-vous quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France?
Nicolas Sarkozy: "Oui, mais confirmez-vous ce choix ? Nous avons, grâce au nucléaire, une indépendance sur l'électricité de la France à hauteur de la moitié."
Ségolène Royal: "Vous défendez le nucléaire, mais vous ignorez la part du nucléaire."
Nicolas Sarkozy: "Non. La moitié de notre électricité est d'origine nucléaire."
Ségolène Royal: "Non, 17% seulement de l'électricité."
Nicolas Sarkozy: "Ce n'est pas exact, Madame."

ERREUR : Aucun des deux candidats n’a raison. La part du nucléaire dans la production électrique française n'est ni de 17 %, ni de 50 %. En réalité, les 58 réacteurs nucléaires français fournissaient, en 2005, 78,5 % de l'électricité produite en France. Il s’agit pour le reste des énergies fossiles (11,5 %) et des énergies renouvelables (10 %). Les 17 % avancés par Ségolène Royal correspondent à la contribution du nucléaire à la consommation finale énergétique française. Quant aux 50% évoqués par Nicolas Sarkozy, ils sont à rapprocher des 42 % de l'énergie primaire d'origine nucléaire consommée en France en 2005.

Le réacteur EPR
Ségolène Royal : "L'EPR n'est pas une centrale. Vous mélangez tout. C'est le prototype. De quelle génération?"
Nicolas Sarkozy: "C'est la quatrième génération."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération."
Nicolas Sarkozy: "Nous venons de le vendre à la Finlande, Madame. Les centrales nucléaires classiques ont une durée de vie. Les experts discutent, est-ce trente ans, cinquante ans pour le chapeau de couverture. Nous avons été obligés de déclencher les centrales de la quatrième génération, c'est le processus EPR qui a été acheté."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération. Non, la Finlande a son prototype."

ERREUR: Au petit jeu de l'EPR (European Pressurized Reactor), c’est Ségolène Royale qui l’emporte. L'EPR est bien un prototype de troisième et non de quatrième génération. Le réacteur en construction en Finlande par Areva est le frère jumeau de celui qui sera érigé à Flamanville (Manche).

Les pôles de compétitivité
Les deux candidats s’écharpent pour savoir à qui revient le mérite de la création des pôles de compétitivité, zones de développement économique qui réunissent entreprises, centres de formation et de recherche engagés dans des projets innovants. "Qui les a crées ?" demande Nicolas Sarkozy. "Les entreprises pas vous. Ne vous l’attribuez pas", répond Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy insiste: "Les pôles ont été créés en 2004, à la suite du rapport parlementaire remarquable de Christian Blanc. J’étais ministre des Finances. C’est alors que l’Etat les a créés. Cela ne pouvait pas être les régions, car les pôles sont des exonérations fiscales et sociales".

PRECISION: Les deux candidats jouent ici sur les mots car si l’Etat a lancé un appel à projets à la suite du rapport parlementaire, ce sont ensuite les entreprises qui ont fait acte de candidature, avant d’être labellisées par l’Etat. La candidate socialiste met également en cause la mise en œuvre de ces pôles, qui n’ont pas, selon elle, bénéficié "des avantages fiscaux que vous aviez promis". Ce que dément Nicolas Sarkozy. En tant que présidente de région, Ségolène Royal dit aussi avoir "attendu deux ans avant d’avoir l’accord du gouvernement pour ouvrir une usine de biocarburants à la Rochelle". Dans les faits, le processus d’aide publique est en effet assez long et complexe, notamment parce que le Conseil d’Etat a mis deux ans a définir les zones qui allaient en bénéficier. Sur les 1,5 million d’euros promis par l’Etat, seuls 900 millions ont pour l’instant été débloqués.

Bouclier fiscal
Au sujet du bouclier fiscal -qui plafonne à 60 % des revenus d'un contribuable le montant cumulé de ses impôts sur le revenu, sur la fortune, et de ses taxes d'habitation et foncière pour la résidence principale- appliqué pour la première fois à partir du 1er janvier 2007 pour les impôts payés en 2006, Ségolène Royal lance: "Quand je vois que le bouclier fiscal que vous venez d’instaurer vient d’autoriser une ristourne de 7 millions d’euros à une personne qui a dû être même très surprise d’ailleurs de les recevoir au nom du bouclier fiscal, je dis en effet qu’il faut faire attention aux injustices sociales et à la façon dont vous voulez exonérer un certain nombre de patrimoines élevés".

APPROXIMATIONS: Sarkozy n’est pas au courant… Pourtant, l’histoire est connue depuis le 28 avril. Le quotidien Libération a révélé dans un article qu’une "riche héritière a récemment perçu un chèque de 7,7 millions d'euros au titre d'un trop perçu fiscal", selon "une section parisienne de la CGT-Impôts". Notons une petite erreur dans l’article de Libé, qui affirme que "le principe [du bouclier] consiste à ne pas surtaxer (via l'ISF, la CSG ou l'impôt sur le revenu, IR) certaines catégories de contribuables, bénéficiant d'un important patrimoine mais d'un faible revenu annuel": le bouclier fiscal ne concerne pas la CSG…

Ségolène Royal devra également réviser son dossier: cette dame n’a probablement pas été surprise de recevoir ce chèque puisque pour obtenir le remboursement de la part d’impôt qui excède la limite de 60% fixée par le bouclier, l’intéressé doit en faire la demande en adressant à son centre des impôts un formulaire!

Lois Fillon
Ségolène Royal veut "remettre à plat" les lois Fillon sur les retraites en prenant en compte "la pénibilité du travail pour décider de la durée de cotisation". Nicolas Sarkozy rétorque: "La pénibilité du travail est déjà prise en compte dans les lois Fillon".

PRECISION: Dans le texte, l’article 12 de la loi 2003-775, dans sa version consolidée au 31 décembre 2006, dit que "dans un délai de trois ans après la publication de la présente loi, les organisations professionnelles et syndicales représentatives au niveau national sont invitées à engager une négociation interprofessionnelle sur la définition et la prise en compte de la pénibilité".

L'Express

SUR LIBERATION, MEDIAMETRIE A PRIS LES TEMPERATURES DES TELESPECTATEURS? PHASE PAR PHASE>>>>>>>>>

Le « Président de tous les Français »….

Une fois encore, Sarkozy est clair : il sera d’abord un président partisan et non « le Président de tous les Français » promis .   Il l’a dit aujourd’hui avec le culot qui est le sien….Un culot dont on voit mal comment il se débarrassera s’il trône à l’Elysée : Il a indiqué qu'il s'engagerait "fortement dans la bataille législative, car, s'il est élu président de la République, il aura besoin d'une majorité "pour mettre en oeuvre" son projet. "Tous les élus et les électeurs du centre auront leur place dans cette majorité, ils s'organiseront comme ils l'entendent", a-t-il ajouté. Tout de même : les centristes amateurs de soupe auront encore le droit  de « s’organiser ». Merci pour eux.

Le candidat de l'UMP a également plaidé pour "un pôle de gauche dans la nouvelle majorité présidentielle. Beaucoup de femmes et d'hommes de gauche me rejoignent sur une idée simple. Ils ont parfaitement compris que je ne suis pas un conservateur, je ne suis pas immobile, je ne veux pas m'incliner devant les corporatismes", a-t-il dit. Avec Besson qui porte si bien sa traîtrise dans ses autocritiques pubiques dignes du maoisme que vénérait Glucskmann et Charasse, ce Santini  rosé, il est bien parti le « pôle gauche »…

Sarkozy a ironisé sur la main tendue de Ségolène Royal aux centristes. "Il faut qu'elle assume. Elle ne peut pas un jour confier une mission à José Bové, l'autre saluer Arlette Laguiller et le troisième expliquer aux Français qu'elle va gouverner avec François Bayrou", a-t-il estimé. Comme si on pouvait comparer les voix lepenistes et les voix centristes qui se sont portées et vont se reporter sur le patron de l’UMP….

Au sujet de François Bayrou, qui a indiqué hier dans Le Monde  qu'il "ne voterait pas Sarkozy", le candidat UMP a expliqué qu'il trouvait sa position "assez logique. Bayrou est dans une impasse, mais croyez-moi, l'UDF a toute sa place dans la majorité. Je m'engagerai fortement dans la bataille des législatives si je suis élu ", a-t-il renchéri le candidat de droite.. Son adversaire principal, c’est déjà plus Bayrou, le centriste qui ne se laisse pas rouler dans la farine que la gauche….

Logique : entre l’esprit de propagande qui l’anime et  l’esprit de communication qui a trop nourri Royal, Bayrou incarne une autre façpn de faire de la politique qui gêne les archéo-politiciens.

01/05/2007

Le brin de muquet de Le Pen à Sarkozy: "Sarko, Ségo, c'est le même pipeau"...

Il avait déjà "piqué" un million de voix à Le Pen, il va sans doute (si l'on en croit les sondages) récupérer au moins 80% des suffrages du "führer " du FN au second. Et Le Pen lui offre un beau cadeau: son mot d'ordre en faveur de l'abstention (mot d'ordre bien peu "républicain") permet au présdent de l'UMP de "dédroitisiser" une image devenue extrêmement droitière depuis quelques temps... Heureux Sarkozy! Il passe un excellent premier mai, Nicolas, En attendant le "bouquet" de demain....

Le président du Front National (qui se remet très mal de son score ) a appelé les électeurs (encore trop nombreux)qui l'ont soutenu au premier tour de la présidentielle (10,44% des voix) à "s'abstenir massivement" dimanche prochain. Jean-Marie Le Pen a donné cette consigne de vote à l'occasion du traditionnel rassemblement du 1er Mai du FN."Soumis à un choix entre bonnet rose et rose bonnet, notre pays ne peut, hélas, rien espérer de l'UMP et du PS", at-il dit en imitant une formiule du communiste Jacques Duclos, en 1969, lors de la finale Poher-Pompidou, "bonnet blanc et blanc bonnet."... Ce qui est (encore) un petit cadeau à Sarkozy, soit dit en passant.

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Il a renvoyé dos-à-dos Nicolas Sarkozy - accusé de "hold-up sur les thématiques [du FN]" - et Ségolène Royal. "Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix du 6 mai", a-t-il déclaré à ses partisans, à qui il a demandé de "se réserver pour les élections législatives, les 10 et 17 juin prochains," à l'occasion desquelles le FN entend bien prendre une "légitime revanche". M. Le Pen a d'ailleurs présenté son intervention comme "le premier discours de la campagne législative". D'une campagne pour laquelle il a déjà programmé cinq grands meetings: le "Le Pen Circus" continue....

Le président du FN pense que les élections présidentielles ont montré que les idées défendues par le parti d'extrème-droite ont progressé dans l'opinion. "Il ne s'est jamais ouvert un boulevard politique aussi grand pour le Front National, nos idées sont quasiment majoritaires", a soutenu M. Le Pen.

Ici se pose une question grave: N'a-til pas raison? la lépénisation des esprits, pour reprendre une expression de Badinter, dépasse tous les clivages politiciens, non? Et cela, c'est pour les démocrates un sujet de proccupation majeure. Appel à la vigilance: le pire des liberticides, c'est celui qui agit en douceur, insidieusement, discrètement... Il faut dire que quelques  produits liberticides sont aussi en vente dans des boutiques dites de gauche! Allô, Monsieur Frêche, si mal combattu aysein du PS?

Plusieurs milliers de personnes - 15 000 selon les organisateurs - ont pris part à cette manifestation. Dans le cortège qui scandait "Ségo, Sarko, même pipeau", les discussions, selon le journaliste de l'AFP,  allaient bon train, avec parfois des inquiétudes : "On est là entre gens du FN, et on s'engueule. C'est ça qu'a réussi Sarko. Ca peut être la fin du Front. Maintenant mes plus grands ennemis, c'est ceux qui ont voté Sarkozy" s'énervait ainsi un partisan d'une soixantaine d'années...

Comme quoi les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis. Mais en démocratie, on parle d'adversaires,  de concurents, pas d'ennemi... Du moins, devrait-on. Ce serait le signe visible d'une démocratie "apaisée" et d'une société de civilité, donc civilisée... 

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