18/10/2007
Le Conseil de l'Europe renforce la lutte anti-corruption en Géorgie
Le Conseil de l'Europe va lancer en Géorgie un nouveau projet de coopération technique intitulé " Soutien à la stratégie anti-corruption en Géorgie " (GEPAC), dans le cadre de son programme de coopération dans le Caucase du Sud. Le projet, qui se déroulera sur deux ans, contribuera aussi à la mise en oeuvre des recommandations adressées à la Géorgie par le Groupe d'Etats contre la corruption (GRECO). Il est financé par une contribution volontaire du ministère de la Coopération au développement des Pays-Bas.
Le projet regroupera cinq volets d'action : renforcement des capacités des institutions chargées de la lutte contre la corruption ; coordination et suivi de la mise en oeuvre du plan anti-corruption ; élaboration et amélioration de la législation primaire et secondaire concernant la pénalisation et la prévention de la corruption ; renforcement des capacités d'investigation et de poursuite dans les affaires de corruption de haut niveau ; et introduction d'activités pilotes en vue de renforcer l'intégrité et les capacités des institutions comme outils de prévention de la corruption.
Pour de plus amples informations, rendez-vous à l'adresse : www.coe.int/economiccrime
11:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, caucase, georgie, corruption, économie souterraine
16/09/2006
Le coup de semonce des maffieux russes
L’un des événements de la semaine écoulée les plus chargés de sens s’est passé à Moscou : un assassinat qui n’est pas à classer dans une rubrique « faits divers ». Celui du vice-président de la Banque centrale russe, Andreï Kozlov.
Ce numéro deux de la Banque centrale russe, a bien été victime, selon le parquet, d'un "assassinat commandité" à mettre au compte de ses activités professionnelles et notamment de sa lutte courageuse, voire héroïque, contre la collecte, la circulation et le blanchiment de l’argent dit « sale », celui qui vient des trafics en tous genres, des exploitations les plus éhontées « de l’homme par l’homme » (et des femmes bien sûr), des activités illégales… Une économie souterraine qui prospère plus que jamais depuis l’implosion du bloc soviétique avec l’épanouissement de réseaux maffieux d’un type nouveau.
L’enquête reste en cours, et elle s’annonce difficile, mais les faits semblent avérés : La police russe a annoncé avoir trouvé les armes et les silencieux qui ont servi à son assassinat et à celui de son chauffeur. Selon les agences de presse, les tueurs « ont pris la fuite sans que personne ne les ait vus, et les armes ramassées non loin du lieu du crime sont dépourvues d'empreintes. Andreï Kozlov et son chauffeur ont été fauchés quasiment à bout portant, alors qu'ils regagnaient leur véhicule après un match de football amical entre banquiers au stade de Sokolniki, dans la proche banlieue de la capitale. Les tueurs ont ensuite tiré une balle dans la tête de chacun des deux hommes, une méthode qui accrédite la version du meurtre commandité ».
"Andreï Kozlov avait engagé une réforme totale du système, ces dernières années, en faveur d'une plus grande transparence et de nouvelles règles du jeu sur le marché (...), un travail ingrat, surtout quand il est fait honnêtement et sans compromis. Voilà les raisons de cet assassinat", a expliqué à la presse Gareguine Tossunian, président de l'Association des banques russes.
Ces derniers mois, il avait notamment fait annuler les licences de 44 des 1 200 banques existant actuellement en Russie. De quoi se faire bien des ennemis….Quelques jours avant sa mort, il avait déclaré vouloir interdire d'activité "à vie" les responsables de banques impliqués dans le blanchiment qui, selon lui, trouvaient facilement à se recaser dans d'autres établissements financiers une fois le leur interdit. On estime à 10 milliards de dollars l'argent sale blanchi chaque année via les banques russes. C’est énorme et c’est sans doute une estimation minimisée… Et ce n’est là qu’une partie de cet énorme iceberg qui résiste à tout réchauffement de la planète…
Selon Le Monde, Vladimir Poutine a reconnu, vendredi, que l'assassinat montrait à quel point le blanchiment d'argent, le crime et la corruption étaient répandus dans le monde financier russe. "Malheureusement, on continue à se servir des institutions bancaires à des fins criminelles", a déploré le chef de l'Etat lors d'une réunion dans sa résidence d'été à Sotchi (mer Noire).
Ce double assassinat met en relief la puissance d’actions du crime organisé en Russie, capable de frapper au plus haut niveau en toute impunité. Un constat qui n’est en rien rassurant : la plupart des grandes affaires criminelles de ces dernières années liées à l’économie souterraine (assassinat de la député Galina Starovoïtova en 1998, tentative de meurtre contre Anatoli Tchoubaïs, le patron du monopole russe de l'électricité en 2005...) n'ont jamais été résolues. « Il arrive que des exécutants soient jugés mais les commanditaires courent toujours » reconnaissent les médias et les autorités russes.
Cette affaire met en relief l’impérative nécessité de renforcer internationellement la lutte contre l’argent sale et son blanchiment. Les diagnostics ne manquent pas. Ce qui est insuffisant c’est la volonté politique d’apporter les moyens de guérir le monde de cette maladie chronique et de doter les institutions et les organisations qui sont chargées de cette mission de moyens d’actions adaptés. On en revient à cette « Europe de la Justice » qui n’existe toujours pas…
Le Conseil de l’Europe a pris toutes les résolutions, a fait toutes les recommandations, a mis au point toutes les conventions qu’on pouvait imaginer… Dans le cadre des accords partiels ou de l’Union européenne, bien des progrès ont été accomplis. Mais la course de vitesse entre les réseaux maffieux du crime organisés et les autorités policières et judiciaires est comme perdue d’avance par les seconds… Le pire : cette économie souterraine internationale (qui n’est évidemment pas que russe) alimente aussi les réseaux terroristes en tous genres. Le nerf de la « guerre anti-terroriste » proclamé passe aussi, et sans doute d’abord, par les circuits financiers. On ne réfléchit pas suffisamment sur le meurtre du vice-président de la Banque centrale russe….
Serge Rezvani
22:50 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, justice, crime organisé, russie, économie souterraine










