04/10/2007

Le scandale EADS : Un crime contre l’Europe

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT:Il faisait beau en ce 10 juillet 2000 quand dans un grand hôtel strasbourgeois, Jean-Luc Lagardère et ses associés annonçaient la grande nouvelle, à grand renfort de médiatisation orchestrée…

Une nouvelle ère avec la fusion de grandes entreprises européennes de l’aéronautique et de l’espace que sont le Français Aerospatial-Matra, l’Espagnol CASA et l’Allemand DASA (filiale de Daimler-Chrysler).

Dès le 18 octobre 2000, la Commission Européenne donne son accord à la transformation du consortium quadrinational Airbus (né en 1965) en une société de plein droit. Ainsi, détenue à 80% par EADS, la succursale en deviendra l’un de ses emblèmes plus importants, les plus prestigieux, les plus chargés de symboles positifs.

Chacun des témoins de ce mariage estival avait le sentiment de vivre un moment historique :l’Europe se dotait enfin d’un géant industriel et financier capable de faire plus et mieux que Boeing et d’autres titans américains dans des secteurs clefs pour l’avenir, civils et militaires. « L’Europe puissance » en marche, avec des entrepreneurs plus audacieux que les politiques !

Las… Les pires désillusions naissent toujours des plus belles espérances. Surtout quand elles semblent s’ancrer dans des actions réelles !  Trois ans plus tard Jean-Luc Lagardère mourrait et aujourd’hui EADS est devenu un très mauvais feuilleton. Qui est loin d’être terminé.

Il n’est ni sain ni digne de commenter des affaires qui restent plus inconnues ou méconnues que connues, quelles que soient la qualité et la crédibilité des informations (partielles) publiées. Il n’est pas non plus ni sain ni digne de se réfugier dans de faciles « la justice s’en occupe ». Il n’est surtout ni sain ni digne de pigmenter davantage encore un plat déjà trop épicé par des sous-entendus et des propos “politichiens” de café du commerce.

Alors, attendons. En faisant tout pour que cette affaire lancée par une « note » de l’Autorité des marchés financiers (tout à fait dans son rôle) ne soit étouffée ni en France ni en Allemagne. Et en espérant que l’on saura tirer les leçons de ce qui (au-delà des arguments « à charge « ou « à décharge » rendus publics) s’apparente à de la  « délinquance en cols blancs », cette délinquance dont on parle si peu dans les discours politiques « sécuritaires » et qui fait tant de ravages au détriments  des contribuables, des salariés et des consommateurs.

En attendant la suite, une seule certitude : c’est un très sale coup qui est porté ainsi aux intérêts de l’Europe. Les coupables, les responsables (et les deux réunis) ne pourront jamais, quelles que soient leurs condamnations éventuelle, réparer les pots cassés et payer ce qui est un vrai crime. Contre l’intérêt général et contre l’avenir. Contre l’Europe.

Daniel RIOT

03/03/2007

De Gaulle : « Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France ! Prétendre représenter la France au nom d’une fraction est une erreur impardonnable »

Quand Ségolène compare nos régions aux Länder…

>>> Ségolène prend Airbus au vol. Avec une déclaration qui n’engage à rien : elle « soutient » l’Intersyndicale d’Airbus. ET une idée géniale :  les huit régions (toutes PS) concernées  pourraient, "comme l'ont fait les Länder allemands", aller "jusqu'à une entrée dans le capital d'Airbus si cela peut se révéler utile à la stabilisation du capital" de l'entreprise. Elle compte aborder le dossier Airbus lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, mardi à Berlin, en évoquant la gouvernance bicéphale, qu'elle juge "source d'inefficacité".

Comme dit Bayrou : l'initiative de Ségolène Royal "n'est pas une mauvaise idée". "Simplement, il ne faut pas se faire d'illusions : les régions françaises n'ont pas la possibilité d'intervenir financièrement avec l'argent du contribuable pour entrer dans Airbus comme les régions allemandes » (…) En Allemagne, "les régions sont dix ou quinze fois plus puissantes que les régions françaises". Mais Bayrou est réaliste, lui…

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>>> Ségolène se dit pour « un volontarisme industriel ». C’est beau le « volontarisme » : « Du sport en chambre « , comme se plait à dire Jean-Louis Bourlanges. Cela ne vaut pas la « volonté ». Où sont les propositions royales de véritable « politique industrielles » ? Seul Bayrou a mis de son programme sans reprendre le nom de « plan » qui fait peur depuis le « Gosplan », une cellule d’anticipation, comme le Commissariat au Plan crée par De Gaulle et animé par Jean Monnet

Sarkozy exhorte à faire ce qu’il n’a pas fait…

>>>  Dominique de Villepin recevra lundi 5 mars à Matignon les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat pour évoquer avec eux la situation d'Airbus. Les présidents des commissions des affaires économiques des deux Chambres participeront également à cette rencontre programmée à 15 h 30. Il était temps, non ? Quand on ne sait pas prévoir le prévisible, comment prévoir l’imprévisible ? Voilà des mois que le « dossier Airbus » aurait dû être débattu sérieusement… Il est vrai que le premier ministre fait là un « geste » : il s'était d'abord montré, jeudi encore,  des plus réservé sur l'opportunité d'une réunion d'urgence du Parlement sur la politique industrielle de la France et l'avenir d'Airbus, demandée par les socialistes.

 

>>> Lundi en début d'après-midi, Nicolas Sarkozy rencontrera les organisations syndicales d'Airbus. "Il ne faut pas laisser tomber Airbus", a déclaré jeudi le ministre de l'intérieur lors d'un déplacement en Gironde, au lendemain de l'annonce du plan de restructuration de l'avionneur européen. "L'Etat peut parfaitement intervenir", car "il est actionnaire", a souligné le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. Voilà un beau programme… Pourquoi diable le gouvernement dont il est le premier des ministres n’est-il pas intervenu ?

>>> AIRBUS : L’EUROPE EN ECHEC ? Les commentaires pleuvent… Encore un « échec » européen ! Les plus critiques sont ceux qui prenait Airbus comme bel exemple de la simple coopération entre Etats européens… Ils n’en sont pas à une paradoxe ou plutôt à une contradiction près… Airbus montre les limites d’une simple coopération européenne, à la carte. L’Union européenne dans le respect de Schuman et Monnet, de la CECA et du traité de Rome, c’est une Europe intégrée, constituée, forte d’une vraie politique industrielle… Si on avait fait l’Europe du charbon et de l’acier à la carte, il n’y aurait pas d’Europe du tout en dehors de celle, si méprisée par les Etats, du Conseil de l’Europe….

Fabius expert en « mystification »

>>>> Oh ! Qu’il est audacieux Fabius : il traite Bayrou de « mystificateur »….  Le mot dans sa bouche prend ue saveur particulière… Celui qui a dit non à la Constitution européenne   pour cause de clauses « trop libérales » qu’il avait lui-même signées, cela s’appelle comment ? De la mystification, non ?  Soutenir Royal malgré son sabotage de la construction européenne, ce n’est pas de la mystifications ? Et que dire de l’invention du Plan B ? Le seul Plan B, c’est Bayrou qui ne mystifie et ne mythifie rien…

>>>> BHL revient du Darfour. C’est à son honneur : il n’est pas comme tant d’autres un « penseur en chambre ». Du coup des politiques découvrent un Darfour qu’ils sont bien incapables de situer sur une carte. Un rappel. Bayrou y est allé au Darfour. En 2005.Deux ans de retard, BHL… Et il a tiré la sonnette d’alarme au niveau européen. Mais les gouvernements  européens n’ont pas réagi. Surtout pas celui où le ministre de l’intérieur, ministre d’Etat  mettait son grain de sel sur tous les sujets, ou presque. Il est vrai qu’avec le bon Douste-Blazy au Quai d’Orsay, la diplomatie française ne peut être qu’audacieuse....

 

Le Darfour : Bayrou avec deux ans d’avance…

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>>> Je reprends  en référence pour l’ami BHL ce texte publié dans Le Figaro, du 5 mars 2005  «  Les plus graves crimes contre l’humanité se répètent sous nos yeux au Darfour. Il faut un engagement international pour imposer la paix. »

Les coprésidents du Parti démocrate européen, François Bayrou et Francesco Rutelli, se sont rendus au Darfour en février 2005 – malgré un premier refus de visa par le gouvernement du Soudan. François Bayrou a mesuré l’ampleur du drame, et appelé à un engagement international pour imposer la fin du conflit.

« Plus de 200 000 civils morts, 2 millions de personnes parquées dans des camps à l’intérieur du Darfour, 200 000 hommes, femmes et enfants réfugiés au Tchad ! Deux millions et demi de personnes dépendent de l’aide internationale pour l’alimentation et les soins médicaux !

C’est une obligation humanitaire, politique et morale pour les gouvernants français, européens, de faire cesser le martyre du Darfour.

Le refus par le gouvernement soudanais d’accepter l’intervention de soldats de l’ONU, et la poursuite d’opérations militaires extrêmement dures, exigent que la France agisse.

Il faut faire véritablement respecter l’exclusion aérienne (des attaques aériennes précèdent souvent les raids djandjawids). Des appareils radars Awacs et quelques chasseurs y suffiront.

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L’Europe doit aussi accroître significativement son aide humanitaire et permettre aux ONG de travailler librement et en sécurité dans les zones de conflit. Elle doit obtenir du gouvernement soudanais qu’il cesse son offensive armée et accepte le déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU, afin de mettre un terme à la violence.

Et elle doit obtenir la réouverture en urgence de négociations afin d’aboutir à un accord politique. Cet accord devra prévoir la représentation des Darfouriens aux différents niveaux du gouvernement soudanais, une garantie réelle de désarmement, et une garantie de sécurité au retour, pour les déplacés et les réfugiés.

Nous avons le devoir de faire quelque chose pour mettre fin à cette horreur. » Cela reste vrai. Il faut même tenter de rattraper le temps perdu par inconscience par des gouvernements d’une ère Chirac-Sarkozy où tant de leçons laissées en diplomatie par De Gaulle et Mitterrand ont été et restent oubliées…

Iran : Des cours du soir de Dumas pour Ségolène ?

>>> Roland Dumas revient d’un voyage en Iran et chez Kadhafi. Je l’ai rencontré hier, pour parler du premier Tome de son « parcours » aux affaires étrangères sous Mitterrand (éditions Fayard). Ségolène Royal ferait bien de le consulter en politique étrangère… Mais saurait-elle profiter des cours de rattrapage qui s’imposent à elle? Pas sûr…. Il est vrai qu’en matière de politique étrangère,  Sarkozy ferait bien de prendre aussi quelques cours du soir. Ne serait-ce qu’en lisant les chapitres du livre de Dumas sur l’art et la manière de savoir parler aux  dirigeants américains….  Reagan sur bien des points était aussi dangereux que Bush pour la paix mondiale…

>>> Petit étonnement de ma part en voyant le public (nombreux) qui assistait à la conférence-débat que j’animais à la librairie Kléber à Strasbourg avec Dumas : les socialistes brillaient par leur absences. Ingratitude, manque de curiosité, irresponsabilité…. Le débat était pourtant « participatif », comme tous les débats démocratiques depuis Athènes.

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Le Roman de la Nation française de Gallo-le-Gaulois

>>> je me réjouis de revoir ce midi, Max Gallo qui vient de publier un roman de la nation française de 600 pages époustouflant. Cet ancien ministre de Mitterrand rallié à Chevènement puis (aujourd’hui) à Sarkozy me fascine. Quel talent ! Et quelle productivité ! C’est son 96 ième volume publié (sans compter ceux qu’il a écrit et que d’autres ont signé)… Une citation-clef puisée dans son livre que Bayrou pourrait mettre en exergue : « Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France ! Prétendre représenter la France au nom d’une fraction, c’est une erreur impardonnable » (Charles de Gaulle)

 

10/10/2006

AIRBUS: GALLOIS AUX COMMANDES

medium_gallois.jpgC’est clair : Airbus change de pilote… Le scoop du Nouvel Obs.com était une vraie info… Le hasard fait que je connais (un peu) Louis Gallois. Le voir à la tête d’AIRBUS me rassure plutôt… J’avais appris à l’apprécier à la tête de l’AEROSPATIALE… Ce n’est pas si ancien…Il appartient à cette « race d’entrepreneurs » qui savent ce qu’il faut faire dans une situation S à un temps T. Il sait surtout affronter les réalités en face

Pas de temps à perdre…Cet homme sait que « le temps, c’est de l’argent ».  Le plan de compétitivité Power 8 d'Airbus commence "tout de suite" malgré la démission de Christian Streiff, a annoncé Louis Gallois, le nouveau patron de l'avionneur européen sur Europe 1. Il y aura "des suppressions d'emploi de structure et il faudra se poser la question des sites", a-t-il ajouté, avant de se rendre à Toulouse pour rencontrer salariés et cadres.

Louis Gallois a estimé que le fait de cumuler désormais les fonctions de coprésident exécutif d'EADS et de président d'Airbus constituait une "simplification très forte". "Christian Streiff est parti parce qu'il croyait qu'il y avait une difficulté entre Airbus et EADS (...) avec moi il n'y a plus de conflit potentiel puisque c'est la même personne" qui dirige. "Le président d'Airbus doit avoir les moyens de travailler, ça n'empêche qu'Airbus détenu à 100% par EADS doit des comptes à EADS", a-t-il ajouté. Son cumul a, selon lui, l'avantage de "simplifier" les choses entre EADS et Airbus. Rationnel.

Le nouveau patron d'Airbus a indiqué que les difficultés industrielles de l'A380 en partie dues aux difficultés d'intégration ne remettent pas en cause la qualité de cet avion "parfaitement sûr, qui sera certifié à la fin de l'année". Il "aura deux ans de retard", en raison d'un "goulot d'étranglement dû au câblage électrique" qui empêche la chaîne de produire les avions. Louis Gallois estime que les retards accumulés coûteront 4,8 milliards d'euros au groupe. Bonne chance, Monsieur Gallois.

04/10/2006

AIRBUS: Derrière des déboires, un scandale...

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 30% d’économies, donc de coupes sombres en vue… La figure de proue de l’industrie européenne  a un visage bien tuméfié…

Restructurations, réductions de coûts et d'emplois : Airbus s'apprête à vivre ce que les experts appellent  une « thérapie de choc », un « traitement de cheval » ou une « cure de santé » pour mettre fin aux déconvenues de l'A380., un avion « bien conçu » mais pour l’heure mal réalisé en raison de défaillances dans les chaînes de fabrication…  

 

Qu’une entreprise comme EADS connaisse des difficultés n’a rien de surprenant. Dans ce secteur comme dans bien d’autres, la concurrence est rude et la conjoncture est volatile. Boeing, qui a souffert de la concurrence d’Airbus pendant des années, a su redresser le nez, le cours du dollar favorise actuellement le constructeur américain, et l’entreprise européenne, qui a grandi bien et vite, connaît des difficultés de croissance bien compréhensibles… LIRE LA SUITE DE MON EDITO SUR RELATIO >>>>

23/09/2006

Le PDG de RUSSIE SA et l'axe Paris-Berlin-Moscou

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