15/11/2006
carnet de campagne: Vote utile ou vote futile ?
Des procès en machisme infondés qui ne servent ni la cause
des femmes ni la crédibilité du PS ni la fiabilité de Ségolène
« Cà risque de déraper », avait averti Ségolène après les quelques sifflets du Zénith… Elle avait : dérapage, il y a. Et c’est elle qui en est responsable. En caricaturant le machisme de ses concurrents « compétiteurs » et en forçant sur un féminisme plus lyrique que programmatique, avec un ton de mauvais rappeur ou de slameur. En jouant à fond la carte d’une victimisation soigneusement cultivée. Et en esquivant les questions de fond sur lesquels elle n’a guère apporté de réponses de fond. Au PS, les champions du vote utile se retrouvent en cette veille de scrutin interne (très primaire) devant la perspective d’un vote futile…

Dominique Strauss-Kahn a qualifié d'"assez indigne" les accusations de Ségolène Royal qui lui a "prêté des propos machistes qui sont faux sans la moindre preuve"."Le féminisme est une belle cause. On ne la grandit pas en utilisant des arguments de ce genre", a-t-il déclaré sur Europe 1, invitant la députée à faire "du féminisme par la preuve".Dominique Strauss-Kahn a observé que "dans l'équipe de Ségolène Royal, il ne voyait pas beaucoup de femmes", alors que "autour de moi, j'en vois beaucoup".
Dominique Strauss-Kahn estime avoir passé la campagne interne à "essayer de proposer", tandis que "Ségolène Royal a passé cette campagne à corriger ses déclarations, à les modifier. Cinq semaines de campagne, cinq corrections majeures", a-t-il dit, citant la carte scolaire, l'encadrement militaire, les jurys citoyens, le nucléaire iranien et les enseignants.

Deux proches de Dominique Strauss-Kahn ont elles aussi donné de la voix, mardi, afin de mettre Ségolène Royal en garde.Lundi soir, lors d'un meeting à Paris, la candidate avait accusé Dominique Strauss-Kahn d'avoir tenu ce propos machiste au terme du dernier débat télévisé du PS: "elle aurait mieux fait de rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine".
Des propos "mensongers", selon Catherine Trautmann. "Depuis le début de la campagne, l'argument du machisme de ses compétiteurs est un refrain lancinant qui vise à contrecarrer tout argument adverse et à justifier toute lacune de sa part", s'est agacée l'ancienne ministre de la Culture. "DSK n'a pas construit sa campagne sur la faiblesse de Ségolène Royal en tant que femme, mais sur la différence de leurs propositions politiques".
"Ségolène Royal a attaqué scandaleusement Dominique Strauss-Kahn en lui attribuant des propos misogynes qu'il n'a jamais tenus", a renchéri Catherine Tasca, également ancienne ministre de la Culture. "Ce n'est pas rendre service à la cause des femmes, à laquelle je suis profondément attachée, que d'utiliser constamment l'argument de la féminité malmenée et s'enfermer dans une plainte factice, au lieu d'affronter sereinement le débat politique", a-t-elle sermonné
Egalement mis en cause, Laurent Fabius a démenti les accusations de Ségolène Royal. La candidate l'accuse d'avoir déclaré à son sujet lorsqu'elle s'est lancée dans la campagne pour la primaire: "qui va garder les enfants?" "La phrase qu'elle a citée, je l'ai démentie dix fois, ça n'a aucun sens", s'est justifié Laurent Fabius sur France-2."Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas machiste bien au contraire", a poursuivi le député PS de Seine-Maritime. "On peut avoir des désaccords politiques (...) Il faut les traiter bien sûr, mais ne pas se victimiser soit même".
Et Laurent Fabius de rappeler qu'au congrès de Dijon du Parti socialiste en mai 2003, il était le premier à dire "je veux une loi contre les signes religieux à l'école, parce que le foulard, le voile c'est une atteinte au droit des femmes". "Les dirigeants du Parti socialiste à l'époque étaient d'un avis différent. Mais grâce aux militants j'ai emporté la conviction. Donc quand on parle de machisme attention !"
Tout en écrivant ce « Carnet », j’écoute Brigitte Fontaine sur « en aparté de Canal+ : « Ni poupée Barbie, ni fée du logis :je suis libre ! ». « Je crois que je préfère… Marie Georges, Mme Buffet. Elle a dit qu’elle ne se présenterait pas s’il y avait quelqu’un de valable à gauche »… Vous ne voyez pas le rapport avec ce qui précède ? De la cause à la glose des femmes, avec une clause d’inconscience et d’inconsistance. « Etre libre, dit Fontaine, c’est réconcilier ce qui il y a d’inconciliable en soi ». Inspirée, Brigitte ! Mais j’arrête : Ségolène-l’Amazone va se sentir agressée, humiliée, bafouée, insultée … et victime d’un macho parmi les macho
Pour Bernadette, "la messe n’est pas dite"
Affaire de femmes encore. De Dame première en puissance à la première Dame en titre…Pour Bernadette-la-catholique, « la messe n’est pas dite ». Une exclusivité du Nouvel Observateur ! Qui remet les pendules élyséennes à l’heure. Et Sarkozy à sa place. La « François Hollande » de l’actuel Président est très claire… Chirac candidat une troisième fois ?
« Il est trop tôt pour le dire. Nous ne sommes qu’en novembre. On verra les choses plus nettement au premier trimestre. Quelle que soit sa décision, elle sera importantissime, mais ce sera la sienne. C’est une chose qu’il ne partage pas avec moi. C’est le choix d’un homme, pas d’un couple."Mais une chose est sûre : « On n’est pas dans l’après. Il y a trop de gens qui croient qu’on est déjà dans l’après (…) La messe n’est pas dite. (…) Vous savez, on peut avoir des surprises. La situation du monde est complexe. Et parfois, cela bouscule tout (…)
Vous avez vu comme il est en forme ? »
Une confirmation, entre les lignes, à l’Elysée, si Jacques ne se représente pas, on aurait une faible pour Ségolène même si Bernadette ne tient pas à faire le jeu du PS…Je cite encore le Nouvel Observateur : « Ségolène Royal est, chez nous, la première à avoir levé le drapeau » (…) « Elle a un look, elle est très photogénique, il faut le reconnaître. Vous savez, le fait d’être une femme ne suffit pas pour s’imposer mais c’est important, cela joue dans le subconscient de toutes les autres ».
Ah ! Ce subconscient ! Psychanalyse de la vie politique française : cela s’imposerait. Mais quel divan serait assez grand ? Et quel psy assez compétent. J’aimerais en parler à Brigitte Fontaine… Sa « Libido » vaut d’être écoutée et regardée… Cela n’a rien de futile !
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